Tag: médecins

  • Des associations demandent des assises de la santé environnementale

    Des associations demandent des assises de la santé environnementale

    « Il est hors de question de remettre en cause le développement industriel, on dit juste qu’il faut des réponses environnementales », affirme Gérard Casanova, comme un préambule indispensable à son propos. Le cheminot Saint-louisien à la retraite représente dix associations environnementales du territoire industriel de Fos et de l’étang de Berre, associées dans un plaidoyer environnemental publié le 27 juillet dernier. Parmi ces acteurs, Vigueirat nature, l’Association santé environnement France (Asef), France nature environnement (FNE) ou encore l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF).

    « C’est dans des constats communs que nous nous retrouvons », explique le militant issu de l’association Au fil du Rhône et de la Fédération d’action régionale pour l’environnement (Fare). D’une part, « les différentes pollutions auxquelles nous sommes exposés, qu’elles soient de l’agriculture, industrielles ou des transports, sont présentées au public de manière segmentée », développe Gérard Casanova. « Ce saucissonnage est une vue de l’esprit que nous dénonçons, car il y a une bioaccumulation avec le temps », des polluants selon le militant.

    Dès lors, se pose la question de savoir « ce à quoi nous sommes exposés dans le détail », « mesures et analyses sont indissociables », pour le représentant. Là où le bât blesse, « la directive européenne pour la surveillance met l’accent sur les grosses villes, mais on a tendance à moins surveiller les zones industrielles », relève-t-il. Ce « saucissonnage » se révèle aussi dans les capteurs de particules : « certains captent jusqu’à 10 micromètres, d’autres entre 10 µm et 2,5 µm », mais l’un ne fait pas le travail de l’autre. « On avait un capteur 10 µm en ville, il a été remplacé par un 2,5 µm et du coup on a plus de surveillance des 10 µm », illustre-t-il.

    « Ce n’est pas adapté aux changements qui se préparent » considère Gérard Casanova, « bien que nous soyons conscients de la qualité du travail de l’observatoire public qui fait en fonction de contraintes budgétaires et réglementaires », nuance-t-il.

    « Il faut se rencontrer »

    À l’heure des grands changements industriels, notamment pour la production d’acier, le collectif d’associations passe un appel : « les nouvelles techniques de production vont apporter de nouvelles molécules. Nous avons déjà un manque de connaissance sur l’existant, il faut qu’on se rencontre », insiste Gérard Casanova.

    Le débat public de zone étant passé, le représentant affirme que « le vrai fond du débat public global était de se conformer à la loi. Ce n’est pas une amélioration du débat public », au sens de l’appropriation du grand public et du traitement complet des enjeux de chacun. La proposition n’est pas de refaire le débat public sur la même forme : « Nous proposons l’organisation d’assises pour mettre à plat les connaissances actuelles sur la santé-environnement pour établir des constats sur lesquels on se retrouve tous, État, associations, élus, syndicats ».

    « Une étude* de l’Agence nationale de sécurité sanitaire [Anses] suggère que la pollution de l’air peut provoquer des maladies neurodégénératives. D’où le besoin d’associer les médecins à la table ronde pour documenter la prévalence de ces maladies ou des cancers », conclut le représentant.

  • [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    [C’est l’été] Les métiers de la Sécurité civile : Angel, infirmier volant depuis 26 ans

    Discret et entier, Angel Lara, 63 ans, infirmier volontaire à la retraite de sapeurs-pompiers professionnel depuis 2023, a débarqué à la base de Marignane voilà 26 ans. Après 17 ans de carrière militaire, cet ancien commando marine a bifurqué dans le médical. Après avoir exercé un temps en libéral, il a trouvé chez les pompiers son équilibre… Ou presque. « Je suis tombé dedans, passionné. Je me suis beaucoup investi, au point que ça a joué sur ma vie de famille », convient-il sans rentrer dans les détails. À la retraite, il s’est porté volontaire. Une libération, car plus besoin de poser de jours de congé pour celui qui avant avait jusqu’à « quatre plannings différents ». Ce qui lui plaît : « être confronté à l’urgence, tout faire pour que la situation ne s’aggrave pas et amener [la victime] à l’hôpital. On est un maillon de la chaîne ».

    La petite difficulté supplémentaire : travailler dans un hélicoptère. Le maître à bord reste le pilote mais l’équipage de 5 personnes doit être parfaitement coordonné pour être efficace. Chacun a sa place, chacun sa mission, pour une action millimétrée. « L’environnement est beaucoup plus confiné, il y a beaucoup moins de place que dans une ambulance. Cela nécessite une anticipation, de préparer avec le médecin »,, explique Angel, « dans la machine, on peut difficilement communiquer avec la victime pour peu qu’elle soit en état de communiquer. Et quand on communique par casque, il ne faut pas qu’on perturbe la partie pilotage. On va gérer la surveillance du patient en visualisant les appareils car on n’entend pas les alarmes, on a des codes de communication ».

    Le bruit, le fait d’être treuillé, récupéré, sortir d’un hélicoptère en vol, « ce n’est pas naturel »,, indique-t-il, même si avec l’expérience, « cela devient instinctif ». Mais pas question pour autant de ne pas être concentré quand chaque geste compte insiste Angel.

    « Nous, on a cette capacité de prendre en charge des victimes dans des endroits inaccessibles, et il y a pas mal de points à connaître pour sa propre sécurité et exercer son métier », raconte-t-il.

    Il se souvient avoir démarré au temps de
    l’ « Alouette 3 », un modèle sorti dans les années soixante. « On ne pouvait quasiment faire aucun geste en vol », témoigne l’infirmier. Avec le tout nouveau Dragon actuel, de son petit nom H145, d’Airbus, l’équipage a pu prendre (un peu) ses aises.

    Repartir à pied

    avec le sac sur le dos

    La systématisation du treuillage de l’infirmier « s’est faite petit à petit », de quoi permettre de « travailler à deux sur place », précise Angel, « la décision est prise en fonction de la gravité du patient. et la durée d’autonomie et des conditions météo ». Quitte à ce que parfois, il faille laisser repartir la machine et se rapatrier tout seul… « Cela nous est arrivé d’être déposés et pas récupérés, quand par exemple il y a trop de vent sur la Sainte-Victoire… Il faut alors avoir un peu de condition physique, et marcher avec du matériel sur le dos », sourit-il.

    Si chaque opération est débriefée, Angel compartimente. « Au même titre que le Smur, on fait face à des choses dramatiques de temps en temps comme très valorisantes. Il y a beaucoup de collègues qui arrêtent au bout de 7 ou 8 ans, du moins dans les 10 premières années car ils ont été trop exposés à des drames. Cela peut avoir un impact psychologique », reconnaît-il. Lui se consacre « à 100 % à chaque intervention » mais dit parvenir à se « détacher quand c’est fini ». Tant et si bien « que j’arrive à ne même plus me souvenir des interventions que j’ai faites en fin de journée. J’ai développé ça de manière inconsciente », assure-t-il. Même si certains accidents restent évidemment marqués au fer rouge. « En arrivant sur les gardes d’hélicoptères début 2000, j’ai la malchance de faire trois noyades d’enfants jeunes dans la même saison. Quand les statistiques sont d’un cas par équipe et par an », déplore-t-il. Voyant les médecins « aussi stressés que lui », il décide alors de se former sur le pédiatrique. « Et de devenir formateur pour maintenir mes compétences, égoïstement », ironise-t-il. Une manière aussi de rebondir et de se projeter. « Maintenant », il prend « un vrai plaisir à transmettre ». « J’ai fait tout ce qui existe dans les méthodes anglo-saxonnes avancées. Avant on agissait sans vraiment réfléchir, aujourd’hui on doit être source de propositions. En tant qu’infirmier, on est devenu très polyvalent. »

    Il a même en projet une formation universitaire, reconnue par la faculté de médecine, de « médicalisation en milieu exceptionnel ». Le but : « proposer une sensibilisation à tout cadre différent de la pratique habituelle, que ce soit l’hélicoptère, les risques inondations, effondrement bâtimentaire… », histoire d’établir des protocoles d’intervention les plus efficaces possibles.

    Dans tout ça, il n’oublie pas non plus le positif et heureusement, « il y en a plein ». « Comme d’arriver à emmener une personne suffisamment tôt au bloc opératoire. Une petite victoire ! » s’enthousiasme Angel. Surtout, « chaque journée est différente tant en termes de personnes avec qui on travaille que de type d’interventions. C’est très varié. On ne sait jamais à quoi s’attendre » quand on lui demande ce qui le fait tenir. L’avenir, c’est aussi de savoir se retirer au bon moment avoue-t-il quand on lui pose la question de la relève. « À un moment, il va falloir arrêter, mettre du sang neuf », reconnaît-il volontiers même s’il estime arriver à « encore faire le boulot ». Une certitude : « il faut injecter des nouveaux, petit à petit. De moi-même si je ne me sens plus la capacité de faire, je demanderai à sortir du tour… »

  • Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    Quatre ans après, un bilan positif pour « Ma Santé, Ma Région »

    C’était une promesse de campagne de Carole Delga. Dès juillet 2022, la Région Occitanie mettait en place un service public régional de médecine à travers la création du dispositif « Ma santé, Ma Région », consistant à salarier des professionnels de santé pour lutter contre les déserts médicaux. Depuis, 133 professionnels ont déjà été recrutés (119 médecins et 10 sages-
    femmes), dans 26 centres de santé répartis en Occitanie. 507 500 consultations ont été réalisées et 38 854 patients ont retrouvé un médecin traitant grâce à ce service. « Le 27e centre de la région ouvrira ses portes ce mercredi 24 juin à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, s’est félicitée la présidente de Région Carole Delga mardi 23 juin, lors d’une conférence de presse donnée à Toulouse. L’objectif est d’ouvrir cinq nouveaux centres de santé en 2026. »

    Le tout premier centre de santé du dispositif a ouvert à Sainte-Croix-Volvestre, en Ariège, dès 2022. Le seul médecin de la commune venait de partir à la retraite et n’avait pas trouvé de remplaçant, laissant la zone sans solution de proximité. Le médecin généraliste Béranger Irondelle s’y était alors installé immédiatement grâce au dispositif « Ma santé Ma Région ». Il raconte : « Nous, les médecins salariés du centre, partageons le bâtiment financé par la communauté de communes avec des professionnels libéraux. Il y a une vraie collaboration entre nous et des échanges permanents pour fluidifier le suivi des patients. » L’un des avantages du centre de santé repose dans la prise en charge des tâches administratives par une équipe dédiée, ce qui soulage les médecins. « Je ne regrette pas du tout mon choix car désormais, je me consacre à 100% aux soins, se réjouit Béranger Irondelle. Cela nous permet aussi d’avoir du temps à consacrer aux activités de prévention, qui sont absolument essentielles. » Il ajoute que, comme tous les autres médecins salariés du dispositif, il pratique des visites à domicile.

    Pallier les inégalités

    « Le dispositif Ma santé Ma Région a été pensé dans un esprit d’équité des territoires, avec l’objectif de créer un véritable réseau de centres de santé qui sont en lien entre eux », détaille Vincent Bounes, vice-président en charge de la santé à la Région. Si la priorité a été donnée aux territoires ruraux, les inégalités d’accès aux soins existent aussi dans les territoires urbains, qui bénéficient donc également du dispositif. C’est
    ce dont témoigne Audrey Lacipière, médecin au centre de Cugnaux, proche de Toulouse : « En ville aussi, nous sommes confrontés au manque de médecins. Depuis sa création, le centre de Cugnaux a permis de désengorger les urgences, mais aussi de travailler en lien avec l’aide sociale de proximité, notamment le CCAS et le Cada. »

    Sur le terrain, les habitants semblent ravis. « En Ariège, on m’en parle spontanément, affirme Carole Delga. Il y a une forme de soulagement, pour des personnes qui, parfois, n’avaient pas vu de médecin pendant plusieurs mois, voire années. » Depuis novembre 2024, la Région a aussi mis en place un dispositif ayant permis le déploiement de 20 médecins spécialistes dans les hôpitaux, en partenariat avec l’ARS, la faculté de médecine Montpellier-Nîmes, la faculté de santé de Toulouse et les trois CHU. Six postes supplémentaires de médecins spécialistes seront créés dès novembre 2026, dans les hôpitaux de Castres-Mazamet, Rodez, Albi, Uzès, Clermont-l’Hérault et Narbonne.

  • Briser le silence autour du don d’organes

    Briser le silence autour du don d’organes

    Dans le bassin aixois, on recense toujours 30% de refus de don d’organes. En France pourtant, « tout le monde est considéré comme donneur d’organe, souligne le docteur Laurent Lefebvre. Dans notre pays, on demande aux familles s’il y a eu une opposition du défunt au cours de sa vie. Si la famille ne reflète pas d’opposition, alors on part sur une procédure de don d’organe. »

    À l’hôpital d’Aix-en-Provence Pertuis (CHAPP),à l’occasion de la Journée nationale du don d’organes ce lundi, médecins et bénévoles d’associations ont tenu un stand pour lever les tabous et combattre les méconnaissances autour de cette démarche. L’établissement, déjà agréé pour les prélèvements d’organes, devient aussi « Ambassadeur du don d’organes » et concrétise ce label en cosignant une charte avec l’association Espoir 13. « Ce n’est pas un titre, mais l’engagement de faire vivre la culture du don », rappelle Maryse Blangero, cofondatrice d’Espoir 13.

    Du côté de la direction, le label permet de « relancer » les équipes, qui viennent de connaître des changements. Mais surtout « de nous motiver, d’être plus responsables, plus engagés dans le don d’organe », estime Francis Saint-Hubert, directeur de l’hôpital. Car le sujet reste crucial. « On a progressé depuis une dizaine d’années. Mais il en manque tout le temps [des dons]. Les listes d’attente dépassent le nombre de donneurs. On a chaque année des patients qui décèdent faute de greffe », pointe Malika Valenza, cadre de santé au sein de l’unité de réanimation. « Je ne pense pas que le don d’organe soit tabou, mais les gens ne parlent pas de la mort, donc n’évoquent pas cette possibilité-là. Il y a donc un manque de communication à ce sujet. Il faut en parler spontanément », encourage le docteur Annabelle Hamon, de la coordination du don d’organe.

  • A Mimet, un nouveau cadre pour accueillir les enfants « Dys »

    A Mimet, un nouveau cadre pour accueillir les enfants « Dys »

    Dans l’une des salles de classe ultra-modernes, dont les baies vitrées donnent sur la Sainte-Victoire, un tableau tactile permet de faire défiler l’avant et l’après du lieu. Dans ce qui était autrefois une maison de famille, dont les murs sont loués par un particulier, une unité dite Dys vient d’être inaugurée ce vendredi, en présence des équipes et des partenaires officiels. Parmi lesquels l’Agence régionale de santé (ARS), l’Éducation nationale, la Ville de Mimet et l’association Climatique d’Aide à l’Enfance, qui gère l’établissement.

    Extension du service de Soins médicaux et de réadaptation (SMR) historique du Valprévert, cet espace, l’un des rares sur le territoire, permettra dès la rentrée prochaine d’accueillir une trentaine de jeunes élèves atteints de troubles sévères et spécifiques du langage et des apprentissages, plus communément appelés troubles Dys, puisque regroupant la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, les troubles du langage oral… L’unité n’a pas attendu l’inauguration des locaux officiels – spacieux etmodernes – pour enclencher les accompagnements. Depuis septembre 2023, l’installation de pré-fabriqués permettait d’accompagner une dizaine d’enfants et les équipes. En parallèle étaient menés les travaux sur cette bâtisse qui garde ses murs ocres et ses espaces verts.

    Quarante élèves accueillis en septembre

    D’ici la rentrée, quarante élèves – certains accueillis en hôpital de jour, d’autres sous le statut d’internes – occuperont les lieux pour un suivi spécialisé, le temps d’une à deux années. « Ils seront sur place pour une rééducation intensive avec un projet thérapeutique propre à chaque enfant, détaille Pascale Colas, médecin pédiatre en charge de l’unité Dys. Ils ont une pédagogie différenciée suivie par des enseignants spécialisés. On a des enfants qui ont des difficultés scolaires, des apprentissages avec une lecture non fonctionnelle. Qui sont intelligents, mais qui ont un trouble neuro développemental (…) qui, avec de la rééducation, à plutôt une évolution favorable. » L’objectif du travail dans ce lieu, reste « de consolider les apprentissages fondamentaux, pour que l’enfant retourne en milieu ordinaire en sachant lire, en ayant un niveau de transcription, d’orthographe et de grammaire suffisant pour pouvoir, avec des adaptations, continuer en milieu ordinaire », poursuit Pascal Colas. Pour qu’un enfant puisse être intégré au suivi de cet établissement, une orientation du médecin généraliste est nécessaire, sur recommandation de l’école ou référent MDPH. « On a quand même beaucoup plus d’espaces, de moyens, et le fait d’avoir d’autres professionnels qui soient arrivés apporte un peu plus de richesse », estime Blandine, neuropsychologue. Dans ce lieu, les équipes confient espérer gommer les stigmates qui planent autour des troubles Dys. « Nous inaugurons un lieu dédié à des enfants que l’on a parfois regardé trop vite, trop mal, ou trop peu, rappelle Christophe Imbach, directeur du SMR Valpérevert. Des enfants dont les difficultés d’apprentissage ont parfois été confondues avec du manque d’effort, d’attention, du manque de volonté (…) Cette unité est née pour cela, pour regarder autrement.»

  • Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Réorganisation provisoire des services de psychiatrie du Centre hospitalier de Toulon – La Seyne

    Une béquille pour assurer la continuité des soins pendant l’été. Le CHITS annonce une réorganisation provisoire de son pôle psychiatrique, à compter de ce lundi. Une réponse attendue face à l’avenir incertain du service, pour lequel syndicats et soignants sont mobilisés depuis plusieurs mois, notamment eu égard au départ de trois de ses quatre médecins.

    En conséquence, la capacité de l’Unité de psychiatrie sans consentement (UPSI) de La Seyne passe de dix à sept lits d’hospitalisation, au profit de celle de l’Unité intersectorielle d’hospitalisation en soins sans consentement (UIHSSC) de Toulon, renforcée de 15 à 18 lits.

    Un « beau projet » qui nécessite du recrutement

    Ce réajustement permet aux autres unités de poursuivre leurs activités normalement, et « s’accompagne d’un redéploiement des ressources soignantes (six infirmiers de La Seyne à Sainte Musse) et de renforts médicaux (recrutement de quatre praticiens en formation : deux à Toulon et deux à La Seyne-sur-Mer + recours à l’intérim) afin de garantir des conditions de prise en charge adaptées aux besoins », précise le CHITS. Des mobilités que voulait éviter l’intersyndicale CGT-Sud-CFDT, qui a toutefois obtenu qu’elles reposent sur le volontariat. Mais, à ce jour, « le nombre de volontaires reste insuffisant », alerte-t-elle.

    Pour faciliter le recrutement, notamment via l’accueil d’internes, une fédération médicale regroupant une unité de l’hôpital Sainte Musse et les deux unités seynoises a été créée, sous la responsabilité d’un professeur associé de territoire. « Le médecin de l’Unité G1 de Toulon s’est proposé de fusionner les unités G4 et G5 de La Seyne pour développer l’ambulatoire et limiter les hospitalisations en privilégiant le fait d’aller vers le patient », détaillent Bérangère Mas (Sud) et Valérie Lardet (CGT), représentantes de l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT, pour qui ce dispositif incarne « la psychiatrie de demain ».

    S’il a permis « d’éviter le pire, à savoir la fermeture de six services psychiatries essentiels pour la population seynoise », reconnaissent les syndicats, ce plan global n’en reste pas moins une solution d’urgence, et « sera réévalué dès que les recrutements permettront un retour à une organisation pérenne », appuie le CHITS. Il conviendra donc de « rester vigilants. On espère un recrutement rapide, on ne lâchera pas la pression. Le professeur propose un beau projet mais sans psychiatres, on ne fera rien », annoncent Bérangère Mas et Valérie Lardet. En plus de cela, l’intersyndicale réclame « le maintien d’une psychiatrie de proximité à La Seyne, le respect du volontariat dans les mouvements de personnel et une transparence totale sur l’avenir des structures psychiatriques du territoire. »

  • Un « grand plan » pour protéger les soignants des agressions

    Un « grand plan » pour protéger les soignants des agressions

    À l’échelle du territoire national, ce sont 21 000 incidents recensés à l’encontre de soignants en 2024, rappelait mardi le préfet, Jacques Witkowski. Et 130 « plaintes ont été recueillies, contre 120 l’année précédente » dans le département. « Pour une plainte déposée, on peut supposer que nombre de faits restent en dessous de la ligne de flottaison », poursuit le préfet, qui insiste : « J’engage les professionnels de santé à faire savoir lorsqu’ils sont agressés. »

    Au pied de la Maison de santé du quartier d’Encagnane, les représentants de l’État, la Région, de l’Agence régionale de santé (ARS) et la maire (UDI), Sophie Joissains, ont présenté, face aux soignants, leur Pacte régional pour la sécurité des soignants, conjointement signé. Une association « inédite ». Dans un contexte de hausse de violences à l’égard des professionnels de santé, cette stratégie vise à renforcer les dispositifs de sécurité sur les lieux de santé et protéger l’intégrité physique des médecins sur place, ou libéraux.

    Sécuriser, accompagner

    Il s’agit aussi de garantir un meilleur accompagnement des médecins victimes d’agressions. « Nous avons des difficultés à recruter des confrères qui préfèrent s’installer dans des quartiers considérés comme plus faciles », témoigne le docteur Charlotte Lévêque. « C’est d’autant plus d’actualité qu’hier [lundi] au CHU de Nice, il y a eu une agression de deux soignants et deux pompiers », alerte Yann Bubien, le directeur général de l’ARS, avant de détailler longuement ce plan.

    Celui-ci se décline en six volets avec notamment un axe « zéro impunité », incluant un numéro dédié aux professionnels de santé et un référent chez les forces de l’ordre. Second axe, un volet « sécurisation des établissements de santé. Chez l’ARS, on finance ce plan de sécurisation en fonction des établissements », précise Yann Bubien. Il permet aux établissements de santé de demander des interphones, visiophones, vitrages pour les guichets d’accueil, des systèmes d’alarmes dans les cabinets, boutons d’alerte… « Pour l’année 2026, à partir de maintenant et pour les six mois qui viennent, ce sont 3 millions d’euros de sécurisation pour les établissements de santé, 500 000 euros pour les Maisons de santé, 500 000 euros pour les professionnels à domicile », précise Yann Bubien. Soit « 4 millions d’euros rien que cette année ».

    Côté Région « on a fait un plan global qui s’appelle une “Région Sud, une région sûre”. On est passé sur une autre logique dans ce budget global ou l’on paie à 80% les demandes validées par l’ARS et le service hospitalier, précise Renaud Muselier, le président (Ren.) de l’institution régionale. En fonction des moyens et des plans qui sont conjoints avec l’État et donc l’ARS, les mairies, nous ont fait l’effort de moyens financiers et techniques. Sur l’ensemble de la Région, on est pratiquement à 20 millions d’euros », précise-t-il.

  • La chirurgie robotique fête ses 10 ans à Sainte-Musse

    La chirurgie robotique fête ses 10 ans à Sainte-Musse

    Cela fait désormais 10 ans que le centre hospitalier Toulon-La Seyne (CHITS) a acquis son premier robot de chirurgie. Renouvelé en 2021, celui-ci permet des avancées majeures : récupération postopératoire facilitée, diminution des complications et des douleurs, amélioration des résultats grâce à une meilleure précision… Elles ont été célébrées, jeudi, à l’hôpital Sainte-Musse.

    Plusieurs spécialités sont concernées : chirurgie viscérale, thoracique, urologie et ORL. Certaines opérations sont désormais essentiellement réalisées par ce biais, notamment pour les cancers : « 100% pour la prostate, 90% pour le colon, 80% pour le rein », détaille Pierre-Olivier Faïs, urologue et chef du pôle de chirurgie.

    Deux robots, bientôt trois ?

    « On a augmenté de 25% le recours à la robotique, qui offre un meilleur confort et supprime les tremblements de mains », ajoute Georgiana Dinescu, chirurgienne viscérale. Un outil rapidement intégré par les jeunes médecins, formés à son utilisation lors de leurs études, qui « génère un surcoût de 1 000 à 2 000 euros par opération, compensé par des séjours à l’hôpital plus courts », affirme Pierre-Olivier Faïs, qui précise que « ça reste l’homme qui transmet le mouvement au robot ». L’automatisation totale « pourrait être envisagée à l’avenir » grâce à l’IA, mais « plus pour des opérations classiques sans spécificité anatomique », complète Georgiana Dinescu.

    Le CHITS vient aussi d’acquérir un robot dédié à la chirurgie orthopédique, permettant d’inciser et « cartographier » un genou pour personnaliser au millimètre les poses de prothèse. Et il aimerait en acquérir un deuxième en chirurgie viscérale, pour pouvoir doubler le nombre de 300 opérations réalisées en 2025.

  • Face au manque de médecins, un nouveau centre de santé ouvrira en juin à Béziers

    Face au manque de médecins, un nouveau centre de santé ouvrira en juin à Béziers

    C’est une problématique qui touche l’ensemble de l’Hexagone. Attirer des blouses blanches s’apparente de plus en plus à un véritable casse-tête chinois. Béziers n’échappe pas à la règle, tout comme le Biterrois. C’est en tout cas le constat dressé par la Communauté professionnelle de santé (CPTS) Ouest Hérault, organisation regroupant l’ensemble des professionnels de santé du territoire. « Il y a un manque de médecins généralistes, beaucoup partent à la retraite, ils ne sont pas remplacés et nous avons des difficultés à recruter de jeunes médecins dans l’immédiat. Nous sommes plus optimistes pour l’avenir mais pour les dix prochaines années, cela va rester compliqué », soutient Laurence Safont, pneumologue et présidente de la CPTS Ouest Hérault. La communauté, qui englobe un vaste territoire allant de Sérignan à Prémian et d’Olonzac à Faugères, regroupe 1 200 professionnels de santé pour 185 000 habitants dont 18 000 sont sans médecin traitant.

    Conséquence, ces derniers se retrouvent souvent aux urgences, risquant ainsi de les saturer. « De plus, les urgences de l’hôpital de Béziers et de la polyclinique Saint-Privat nous ont signifié qu’ils auraient du mal à assumer l’afflux de population estivale et qu’il fallait qu’on les aide », reprend Laurence Safont. La CPTS a donc décidé d’ouvrir un centre libéral de santé à la mi-juin en profitant des locaux de la maison médicale de garde, située à côté du centre hospitalier de Béziers.

    Actuellement, les médecins libéraux y exercent la nuit en semaine (20h-00h) et toute la journée le week-end (12h-00h le samedi, 8h-00h le dimanche). L’idée est donc d’ouvrir la maison médicale la journée. « Les médecins ont été d’accord pour céder une demi-journée par semaine, par mois, en fonction de leur activité, pour aller travailler dans ce centre – soit en présentiel, soit en téléconsultation assistée – pour voir des patients sans médecins traitants ou des patients qui se sont présentés aux urgences mais qui n’ont pas besoin de l’infrastructure des urgences », détaille la pneumologue.

    Une trentaine

    de médecins attendue

    Une trentaine de médecins libéraux est attendue dans les prochains jours, épaulée par 22 infirmiers libéraux, qui viendront assister lors des téléconsultations. « Le chariot de télémédecine a un logiciel qui permet de stocker les données des patients. De cette manière, s’ils sont vus plusieurs fois en un temps réduit, le médecin suivant pourra avoir accès au dossier de la téléconsultation précédente », fait valoir Laurence Safont.

    Si le centre ouvrira dans un premier temps de midi à 20h – « nous avons consulté l’hôpital, il y a des pics de fréquentation des urgences entre 12h et 14 puis aux alentours de 17h », indique la présidente de la CPTS Ouest Hérault – les professionnels espèrent l’ouvrir également le matin. Un dispositif unique en France à en croire la pneumologue, et nécessitant peu de coûts : les locaux ainsi qu’un poste de secrétaire médical sont mis à disposition par l’hôpital. Seul un peu de matériel médical est à financer. « On espère que cela va fonctionner et que ce modèle sera reproductible », soutient Laurence Safont.

    Ce n’est pas la seule mesure pour pallier le manque de blouses blanches. Bien que le numerus clausus ait été levé en 2020, son effet sur le recrutement ne s’est toujours pas fait sentir. En attendant, d’autres solutions ont été mises en place. « Il y a les “nouveaux métiers” qui ont été créés comme les infirmiers en pratique avancée ou les assistants médicaux. Nous allons également avoir une dernière aide qui arrivera au mois de novembre : 12 “docteurs juniors”, des internes qui feront leur 4e année dans des cabinets médicaux », annonce Laurence Safont. Une bouffée d’oxygène que beaucoup attendaient.

  • Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    L’hôpital public est en souffrance, et le centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) ne déroge pas à ce triste constat. Alors que la mobilisation, menée depuis de longs mois, reste importante au sein du pôle psychiatrie face à la perspective imminente d’une perte de moyens (notamment celle de trois de ses quatre médecins), c’est cette fois l’ensemble de l’établissement qui est appelé à se mobiliser pour défendre son droit à exercer dans des conditions dignes.

    Soumis à une « activité qui ne cesse de croître » et « des conditions de travail qui s’effondrent », l’ensemble des personnels sont appelés à faire grève, le 18 juin. Un mouvement initié par Force ouvrière, syndicat majoritaire de l’établissement, pour qui « le point de non-retour a été atteint ». L’organisation dénonce ainsi « une réalité de terrain devenue insoutenable : difficultés d’accès aux remplacements et aux heures supplémentaires, manque criant de matériel, lits fermés par manque d’effectifs, services d’urgences saturés, sous-effectif, épuisement des équipes et perte de sens au travail ». En particulier dans certains services, marqués par la « fermeture d’unités cruciales faute de médecins : les soins palliatifs, l’hôpital de jour pour enfants en pédopsychiatrie et des services sous contrainte en psychiatrie adulte ».

    Le projet social « instrumentalisé »

    Malgré cette situation, « l’information aux agents est réduite au minimum et l’accompagnement fait cruellement défaut, plongeant les personnels dans une profonde insécurité professionnelle », appuie le syndicat, qui déplore le choix de la direction « de passer en force, multipliant les décisions unilatérales et ne prenant pas en compte systématiquement les revendications ». À cet égard, FO pointe notamment le nouveau « plan de formation et les nouvelles modalités d’accès au financement des études promotionnelles », « l’instauration de quotas arbitraires sur l’évaluation de la valeur professionnelle des agents », « un dispositif de mobilité des agents mis en place sans aucune évaluation » et, plus généralement, « un déni des instances démocratiques ».

    Autant de constats qui mettent en branle « le projet social de l’hôpital », établi à l’horizon 2027, censé « sécuriser les organisations pour améliorer l’équilibre vie privée-vie professionnelle avec la mise en place des cycles de travail ».

    Un « accord local garant de l’équilibre social de l’établissement, seul levier d’attractivité et de fidélisation pour des agents hospitaliers touchés de plein fouet par une smicardisation rampante », sans avantages sociaux. Mais que « la direction instrumentalise pour déconstruire le référentiel du temps de travail en place depuis 25 ans », estime le syndicat, qui appelle, en conséquence, à se réunir devant l’hôpital Sainte-Musse, le 18 juin, à 12h.