Tag: Marseille

  • [Info La Marseillaise] Benoît Payan cède son poste de conseiller départemental à Ahmed Heddadi

    [Info La Marseillaise] Benoît Payan cède son poste de conseiller départemental à Ahmed Heddadi

    Le maire (DVG) de Marseille a remis sa démission de son poste de conseiller départemental à la présidente du Département et au Préfet ce lundi matin. Elu en 2021 en binôme avec Sophie Camard (GRS), il sera remplacé dans l’hémicycle départemental par Ahmed Heddadi (Les radicaux de gauche) qui était son suppléant. « Ahmed Heddadi a toute sa confiance pour mener cette mission et défendre les intérêts de Marseille au sein du Conseil départemental », indique son entourage.

    Cette démission sera effective lors du prochain conseil départemental qui aura lieu le 14 avril. Si le maire n’y a guère siégé depuis quatre ans, ce choix est motivé par la nécessité de se « concentrer sur Marseille et son rôle de maire à plein temps », poursuit-on du côté de l’Hôtel de Ville, soulignant que la nouvelle gouvernance qui se dessine à la Métropole suite aux élections municipales et les questions qui vont se poser, nécessiteront un travail et une attention accrue.

  • Pour une mode écolo et responsable sans culpabiliser

    Pour une mode écolo et responsable sans culpabiliser

    La Fabulerie (1er) a ouvert ses portes vendredi 27 mars pour une après-midi dédiée à de la sensibilisation sur l’impact environnemental de la surconsommation dans l’industrie textile. Portée par Sarah Saadi, de la fédération L’Air et Moi, le projet « Slow Fashion Climat » a organisé l’événement pour restituer et prolonger des ateliers organisés les 7 et 8 mars, autour de la mode « responsable et de ses enjeux écologiques et sociaux ».

    Des ateliers intimistes pour mieux échanger

    Quelques semaines plus tôt, une vingtaine de participants, s’étaient réunies dans un format volontairement restreint. « J’ai voulu des événements assez intimistes pour se concentrer sur la qualité plutôt que la quantité », précise Sarah Saadi. Au programme : jeux pédagogiques, discussions et atelier d’upcycling encadré par des couturières. Les participants ont, à cette occasion, transformé des vêtements usagés en nouvelles pièces.

    Ces ateliers ont aussi donné lieu à des échanges approfondis. Un temps de discussion initialement prévu pour 30 minutes s’est prolongé plus d’une heure. « Tout le monde voulait débattre sur leur mode de consommation, c’était sans jugement », souligne la coordinatrice du projet.

    Montrer plutôt que culpabiliser

    Vendredi, l’objectif était d’élargir le public et de rendre visible ces initiatives. Les créations issues des ateliers ont été exposées, accompagnées de photo « avant-après ». Des versions plus courtes des activités ont également été proposées pour permettre à chacun de participer. « Aujourd’hui, on espère toucher un plus grand nombre, c’est ouvert à tout le monde », affirme Sarah Saadi. L’approche se veut accessible et non culpabilisante : « Il ne s’agit pas de dénoncer, mais d’insuffler des bonnes pratiques ». Une philosophie qui se retrouve dans les retours des participants. Pour Aïcha, l’événement « permet de rassembler autour d’une thématique importante ». Elle rappelle que la facilité d’accès à des vêtements bon marché fait souvent oublier les conséquences environnementales et sociales des achats…

    Du côté de l’organisation, le bilan est encourageant. Hassnaa, bénévole en service civique, observe une évolution des mentalités : « Les gens sont conscients de l’impact de la fast fashion et essaient de faire des efforts, même si ce n’est pas toujours facile ». Pour Sarah Saadi, le message est clair : changer ses habitudes de consommation est un processus progressif. « Il ne faut pas culpabiliser. C’est un chemin, étape par étape », assure-t-elle. Chaque petite action compte. Même si elle paraît insignifiante, mises bout à bout avec d’autres, elle peut avoir un réel impact ».

  • La tension sur le logement social au plus haut niveau

    La tension sur le logement social au plus haut niveau

    Jamais les demandes de logements sociaux n’auront été aussi élevées en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Selon le bilan des attributions publié le 12 mars dernier par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), quelque 256 893 familles y sont désormais en attente d’une attribution à la date du 31 décembre 2025, dont près des trois quarts qui résident encore dans le parc privé. Soit l’équivalant, au total, de près du double du nombre de ménages recensés dans la seule ville d’Aix-en-Provence.

    De quoi donner l’ampleur du phénomène. Leur nombre a explosé au fil de la décennie, avec aujourd’hui quelque 116 000 demandes de plus qu’en 2016 (+ 81%), seule l’année de la pandémie de Covid ayant enregistré une baisse au milieu de cette hausse continue. En première ligne, les Bouches-du-Rhône
    – et pour l’essentiel la métropole Aix-Marseille – représentent à elles seules près de la moitié de ces demandes, 117 000 au total, loin devant les Alpes-Maritimes (60 000), le Var (48 000) ou le Vaucluse (22 000). C’est que dans la région, environ 70% de la population est éligible au logement social, et même plus des trois quarts des habitants de Marseille. Pour la plupart, ils pointent comme premier motif pour accéder au parc social un logement inadapté (44%), des raisons familiales (17%) ou professionnelles (9%). Mais surtout, ils sont plus de 18 000 à faire leur demande parce qu’ils ont perdu leur logement, et plus de 13 000 qui pointent les mauvaises conditions de leur logis actuel.

    Deux ans d’attente

    À chaque fois, il y a l’attente. En moyenne dans la région, ceux qui ont signé le bail de leur logement social en 2025 patientaient déjà depuis plus de deux ans. Un délai qui en une seule année a augmenté d’un mois et deux semaines environ. Dans les Bouches-du-Rhône, cette attente dure presque trois mois de plus.

    L’objectif de production de logements sociaux a pourtant été atteint l’an passé dans la région, avec quelque 8 500 agréments accordés en 2025 dont près d’un tiers pour la seule métropole Aix-Marseille. En comptabilisant la reconstitution de l’offre, pour compenser les destructions des grandes opérations de renouvellement urbain, pour la première fois depuis 2019 la barre des 10 000 nouveaux logements sociaux sur une année est franchie.

    Mais cela ne suffit pas, et face à l’afflux des demandes dans un contexte de crise du logement qui continue de s’aggraver, le système est complètement embolisé. Les mutations, soit un quart de l’ensemble des demandes restent coincées dans les tuyaux, bloquant des familles dans des logements inadaptés, parfois trop grands – la moitié des demandes concernent des personnes seules – souvent trop petits aussi pour les familles. Il faut ainsi attendre plus de 28 mois avant d’obtenir un T5 ou un T6. Et sans cette mobilité interne, les attributions restent trop souvent bloquées : depuis 2021, le nombre de signatures de baux diminue.

    En attendant la carence

    La tension sur le parc social atteint ainsi des niveaux records : on compte désormais au 31 décembre 2025 quelque 11,67 demandes pour une seule attribution dans la région, soit une demande de plus qu’en 2024. Derrière les Alpes-Maritimes (16,45 demandes par attribution), ce sont les Bouches-du-Rhône qui sont les plus touchées (13,29), suivies du Var (9,88). Et derrière ces chiffres, la réalité de l’habitat indigne de toutes ces personnes qui, faute de solution, se tournent vers le logement social « de fait », alors que la production de logements sociaux se heurte aux réticences de maires.

    La prochaine réunion du comité régional de l’habitat et de l’hébergement (CRHH) est donc attendue par les acteurs du logement, avec en ligne de mire de nouveaux avis de carence pour les communes n’atteignant pas les 25% de logements sociaux imposés par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain). Et de nouvelles amendes à la clé.

  • La grande fête vire à la désillusion sportive pour les Olympiennes

    La grande fête vire à la désillusion sportive pour les Olympiennes

    Elles ont quitté la pelouse la tête basse, avec le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur de l’événement.

    Pour leur première historique au Vélodrome, samedi soir, les Marseillaises se sont inclinées face à Montpellier, pourtant lanterne rouge de l’Arkema Première Ligue. « Il y a tellement de déception », confie l’entraîneuse Corinne Diacre, quelques instants après le coup de sifflet final, consciente qu’il « vaut mieux tourner trois fois sa langue dans sa bouche » à chaud. « Il y avait beaucoup d’enjeux sur ce match, à deux niveaux : sportif et organisationnel. On est passées à côté de l’enjeu sportif. En revanche, sur l’aspect organisationnel, on peut remercier les 35 000 spectateurs qui se sont déplacés. Mais pour l’instant, on n’a pas trop la tête à faire la fête », poursuit-elle. La technicienne phocéenne estime que l’ensemble du groupe, elle comprise, n’a pas été à la hauteur du rendez-vous, tant individuellement que collectivement. Un sentiment partagé par ses joueuses. « Personnellement, je me sens honteuse », lâche la capitaine Tess Laplacette.

    Trop de pression

    La défenseure de 26 ans, originaire d’Hyères, tenait à faire bonne figure devant les 35 000 spectateurs venus les encourager. « On prend deux buts en début de chaque mi-temps. C’est une faute professionnelle. On ne va pas se voiler la face », ajoute-t-elle, en référence au contre-son-camp d’Inès Kbida dès la 40e seconde de jeu, puis au but de la jeune Justine Rouquet à la 49e minute. « Au final, j’avais raison quand je disais que les cinq premières minutes de chaque mi-temps sont déterminantes, surtout dans des événements comme celui-ci. On n’a pas su gérer la pression. On n’a pas su être à la hauteur. L’adversaire était largement à notre portée », ajoute Laplacette, persuadée que son équipe a « manqué de mouvement, de courses et de qualité technique », malgré plusieurs occasions franches, dont la réduction du score signée Mathilde Bourdieu (51e). « On ne fait pas un non-match. On peut avoir des regrets, mais on est plus déçues qu’en colère. La pression et le double enjeu ont joué aussi », analyse la milieu de terrain expérimentée Laura Bourgouin, déjà tournée vers les trois dernières journées, qui s’annoncent décisives dans la course au maintien.

  • ça tourne chez les jeunes et apprentis de l’Académie Moovida

    ça tourne chez les jeunes et apprentis de l’Académie Moovida

    Allez Tarantino, on tourne ! », plaisante la réalisatrice Nadja Harek, qui accompagne les jeunes et apprentis pour cette 2e journée de tournage, lundi 23 mars. Face au retour caméra, l’apprenti réalisateur Jonas Pellier remet son casque avant qu’une énième prise de la 4e scène soit tournée, dans le square Vaudoyer à la Major. « J’ai pitché le scénario [du court-métrage En ville] devant un jury professionnel et j’ai été choisi en août dernier », se remémore ce jeune de l’Académie Moovida. Une première réalisation émouvante pour Jonas qui se destine à ce métier : « Ce que j’écris, ce que j’imagine prend vie. C’est un peu de l’ego de dire ça mais c’est un sentiment formidable. »

    Aux côtés des apprentis, la réalisatrice et scénariste Vanessa Zambernardi, Nadja Harek et d’autres professionnels guident ces jeunes. Le réalisateur, encore novice, assure : « Nadja a autant envie que moi de faire un superbe film. Tout ce que je n’arrive pas à dire avec mes mots, elle le retranscrit. Elle a compris tout de suite ma vision des choses. » En ce lendemain de journée pluvieuse, l’ambiance s’équilibre entre le travail, la bienveillance et la taquinerie. Le figurant Sidy arbore un grand sourire : « L’équipe est top. On passe un bon moment sous le soleil de Marseille. ». Avec quelques expériences de théâtre et de cinéma avec Kourtrajmé, l’apprenti Moovida d’une trentaine d’années réalise son premier projet avec l’Académie.

    D’horizons différents

    L’équipe réunit 37 personnes d’horizons différents. Désignant l’assistante-réalisatrice Juliette, la script Camille ou encore l’ingénieur-son Alexis, « chacun son rôle. On ne peut pas se passer les uns des autres. Cette imbrication de compétences est magique », s’émerveille Yasmina Er Rafass, directrice de Ph’Art et Balises. Dispositif de l’association, « l’idée de Moovida est de traverser une expérience d’écriture et de tournage. De faire rencontrer pro et apprentis par l’expérience, le didactique. On va chercher des jeunes pour qu’ils découvrent avec nous et apprennent sur le tas ces métiers du”faire” », résume-t-elle.

    Le film scénarise « quatre amis marseillais au fil d’une journée ordinaire, qui bascule lorsqu’une femme les accuse d’avoir volé son téléphone ». Parmi la bande de potes, Zelie Zambernardi joue le personnage principal « Anna. J’ai 19 ans. Je vole le téléphone en question. » Indiquant la scène qui se tourne, la jeune actrice scénarise : « Par rapport au contrôle de police, je les vois j’ai chaud et je veux qu’on se barre. Il y a une grosse course-poursuite qui se fait avec les flics. » Une course tournée sur les deux jours suivants, à travers le Panier jusqu’à la Belle de Mai. Ce court-métrage tente de dénoncer « la stigmatisation qu’on nous attribue dès la naissance, en fonction de nos origines, de nos religions, de notre classe sociale », résume Jonas. Sur le plateau, la plupart des apprentis viennent du quartier Saint-Mauront (3e), « le quartier le plus pauvre d’Europe, souligne le jeune cinéaste en phase avec son scénario. Je suis habitué à un milieu populaire. »

    Être représenté au cinéma

    Impliquant les jeunes de ces quartiers prioritaires, l’association compte sur ces projets « pour créer un écosystème rassurant où les jeunes puissent se sentir légitimes de faire des films. De raconter leurs propres histoires et de se représenter pour sortir des rôles stéréotypés, qu’on voit habituellement au cinéma », liste Yasmina.

    D’autres scénarios déjà en poche, Jonas espère continuer sur cette lancée. Le court-métrage En ville sera diffusé dans les cinémas partenaires et envoyé aux festivals pour une sélection potentielle.

  • Plusieurs centaines de personnes mobilisées pour la Palestine

    Plusieurs centaines de personnes mobilisées pour la Palestine

    Plusieurs centaines de personnes se sont massées samedi après-midi, place de la Joliette, pour la défense des droits du peuple palestinien, mais également afin de protester contre la guerre et l’impérialisme, à l’appel de nombreux collectifs locaux. « C’est important de montrer que Marseille soutient la Palestine, mais qu’ici, on dénonce aussi la guerre en Iran ou au Liban », avance une retraitée venue d’Aubagne. Après des prises de parole et un Bella Ciao entonné en chœur, les manifestants, drapeaux au vent et en musique, ont descendu la rue de la République, avant que le cortège ne termine son parcours au Vieux-Port.

  • Le désarmement, guest-star du carnaval de la Plaine

    Le désarmement, guest-star du carnaval de la Plaine

    Un défilé bien en ordre, c’est juste une parade militaire ! » Derrière ses ailes d’ange, sous le panneau « Attention danger : fête libre », Justine réagit au serrage de vis préfectoral : Fin du bal à 19h sous peine d’écoper de 6 mois de prison assortis de 7 500 euros d’amende. Quant à l’interdiction de vente d’alcool sur la voie publique, carnaval ou pas, pas besoin de produire un arrêté, c’est la loi.

    Le carnaval indépendant de La Plaine, Noailles, Réformés réunit autour de 10 000 personnes chaque année. Afin d’éviter les « graves troubles à l’ordre public » qui, lors des éditions précédentes, « ont mis en danger des manifestants, causé des dégradations matérielles importantes (mobilier urbain, caméras de vidéoprotection) et des incendies nécessitant l’intervention des marins-pompiers, provoquant de fortes nuisances pour les riverains alentours, notamment à partir du début de soirée », la préfecture des Bouches-du-Rhône a pris de nouvelles précautions.

    L’humour pour dénoncer

    Pas de quoi désarmer les 14 000 carnavaliers, selon les estimations de la préfecture, qui, dimanche, ont démarré la fête dans un esprit bon enfant tout autant que revendicatif, fidèle à ses origines : un bateau pirate « Free Palestine », une fusée « objectif loin » avec à bord Trump, Musk, Macron ou Dati, ou Netanyahu en cow-boy sur un missile. Dans la foule, une baignoire réclamait « des bains de mousse pas des bains de sang » aux côtés d’un héros de manga porteur d’un message « Donald, je te yochi à la gueule ».

    Une fête joyeuse anti-militariste, anti-fasciste, anti-homophobie avec pour seules armes l’humour et les fanfares. Le défilé de chars hauts en couleurs a embarqué les carnavaliers de La Plaine à Noailles, via le Cours Julien. Et cette 27e édition n’a pas connu de débordements en soirée.

  • Les Marseillaises ont investi le Vélodrome

    Les Marseillaises ont investi le Vélodrome

    Une imposante masse s’est déplacée jusqu’au stade Vélodrome, ce samedi soir. Jamais dans l’histoire du football féminin français, autant de monde n’avait assisté à une rencontre. Un record a donc été battu lors de ce match d’Arkema Première Ligue entre les Marseillaises et Montpellier, lanterne rouge du championnat. 35 713 spectateurs étaient présents pour assister à la défaite 2-1 de l’OM. L’ancienne marque tenait depuis novembre 2019 et une confrontation entre l’OL Lyonnes et le PSG (30 661 spectateurs). Durant la semaine, les réservations s’étaient envolées avec plus de 50 000 demandes. Même si le nombre final est bien en deçà, les Phocéennes ont investi avec succès l’antre du boulevard Michelet. Notons, par ailleurs, que le précédent record pour un match des Marseillaises était de 2 726 personnes, soit 13 fois moins élevé.

    Familles et écoles

    de foot au rendez-vous

    Il était 17 heures lorsque le public commença à débarquer devant le parvis Jean-Bouin. Les gens arrivent par grappes, bien emmitouflés sous leur doudoune, pour contrer ce vent qui aura gêné les habitants de la ville durant toute la semaine. Beaucoup se prennent en photo avant de grimper les marches menant à l’enceinte. C’est le cas d’Eva et Justine. Maillots domicile et extérieur sur les épaules, elles racontent en chœur que « c’est la première fois que nous venons voir les Marseillaises. C’était l’occasion pour nous. Martigues, ça fait un peu loin quand on n’a pas de véhicule. »

    C’est aussi cette proximité avec la ville qui a amené de nombreux spectateurs au stade, samedi. Marc et Christine sont venus en famille. Accompagné de leurs trois enfants en bas âge, le couple a profité de la rencontre. « ça nous faisait une sortie en famille. C’est rare de pouvoir faire ça tous les cinq, gratuitement. L’ambiance est agréable », disait Marc. En effet, voir un match au Vélodrome gratuitement, ce n’est pas tous les jours – pour ne pas dire jamais. Cette offre a permis à beaucoup de familles, d’écoles de foot de venir au stade. Un public très rajeuni ce samedi, avec également de nombreux groupes de jeunes présents pour l’événement.

    Après le Vel’, retour

    à Martigues

    À l’intérieur du stade, l’ambiance était plus feutrée, le Vélodrome s’est rempli petit à petit et les 35 000 spectateurs n’étaient pas tous là lors de l’entrée des joueuses. Justement, en bord de pelouse, un kop a donné de la voix. Une bâche « Les Marseillaises » a été brandie et des cheerleaders aux pompons bleus et blancs ont assuré l’ambiance. Certains ont d’ailleurs dû manquer le malheureux CSC de Kbida, dès la première minute. Si les encouragements étaient timides, la seconde période était plus rythmée en tribunes. Le but du 2-0 a d’abord fait mal au crâne, mais la fantastique réduction du score de Mathilde Bourdieu a ravivé la flamme dans les travées. L’annonce du « record historique » par la speakerine de la rencontre a vu naître un long frémissement dans le stade. Il restait un quart d’heure et les Phocéennes pouvaient encore revenir dans la partie. Ensuite, les nombreuses opportunités marseillaises ont été poussées par le public, jusqu’au bout du temps additionnel. En vain.

    Une défaite qui fait mal pour les joueuses, mais les fans semblaient heureux de l’expérience. Rencontrée à la sortie de l’enceinte, Jihane a apprécié le moment… et pourrait revenir. « C’était cool, j’ai passé une bonne soirée. Bien sûr, c’est dommage qu’elles aient perdu, mais j’ai bien fait de venir et c’est possible que je revienne les voir jouer cette saison. » Christophe, la trentaine bien tassée, mettait en avant le mérite de ces joueuses. « ça devait être un rêve pour elle. Jouer devant autant de monde, dans ce stade emblématique, c’est quelque chose d’unique. Malgré la défaite, j’espère qu’elles garderont toutes de bons souvenirs de ce match », raconte-t-il.

    Après l’ivresse du Vélodrome, les Marseillaises vont devoir retourner dans leur stade Francis-Turcan, à Martigues. Cette rencontre sur le boulevard Michelet doit les rapprocher un peu plus d’une venue permanente à Marseille. En tout cas, le public a répondu présent à l’appel du club et l’objectif affiché est atteint : le record français pour un match féminin appartient bien aux Marseillaises.

    « C’est possible que
    je revienne les voir jouer
    cette saison »

  • Attaquée par l’extrême droite, « La Marseillaise » en procès le 7 avril

    Attaquée par l’extrême droite, « La Marseillaise » en procès le 7 avril

    Le 7 avril à 14h, La Marseillaise est convoquée devant le tribunal correctionnel de Marseille (6, rue Émile-Pollak, 1er) à la suite de la plainte du député d’extrême droite du Gard Alexandre Allegret-Pilot.

    En cause : deux articles, l’un sur ses tweets tellement outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X et l’autre sur la validation lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée.

    Une information révélée par le journal Le Monde qui témoigne par écrit que l’article de La Marseillaise est en tous points conforme à son enquête et que, pour sa part, il n’a pas été attaqué en justice par le député.

    En conséquence, La Marseillaise maintient ses écrits, dénonce une procédure bâillon et appelle la solidarité financière pour assurer sa défense ainsi qu’à la mobilisation devant le tribunal de toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse comme pilier essentiel de notre démocratie.

    Chèques à l’ordre de Presse
    & pluralisme – La Marseillaise
    à adresser à La Marseillaise 15, cours d’Estienne d’Orves
    13001 Marseille.

  • [Kallisté] Du « Cyrnos » à « L’île de beauté »

    [Kallisté] Du « Cyrnos » à « L’île de beauté »

    Derrière le passage du Cyrnos à L’Île de Beauté, il n’y a pas qu’un simple changement de nom, mais une transformation spectaculaire, révélatrice du savoir-faire industriel marseillais.

    Construit à Nantes à la fin des années 1970 pour la SNCM, le Cyrnos entre en service en 1979 et assure pendant plus de dix ans la desserte entre Marseille et l’île. Mais à la fin des années 1980, l’évolution des usages, notamment la généralisation de la voiture et l’augmentation du trafic, impose d’adapter les navires aux nouvelles exigences de la continuité territoriale.

    C’est ainsi qu’intervient une opération impressionnante appelée « jumboïsation ».

    Mot qui m’était jusque-là inconnu. Le principe est simple en apparence : couper le navire en deux pour y insérer une section supplémentaire.

    540 000 heures de travail

    À Marseille, le Cyrnos est rallongé de 22 mètres, une transformation qui mobilise près de 540 000 heures de travail, notamment par la Compagnie marseillaise de réparation (CMR). Une véritable prouesse technique qui illustre combien la réparation navale pouvait aussi relever de la construction à part entière.

    Devenu L’Île de Beauté, le navire gagne en capacité, pouvant accueillir 80 véhicules supplémentaires, et offre un meilleur confort aux passagers grâce à des aménagements modernisés. Il poursuivra ainsi sa mission entre Marseille et la Corse jusqu’en 2001, avant de naviguer vers d’autres horizons, notamment le Maghreb, jusqu’en 2013.

    Au-delà de l’anecdote, cette transformation raconte une part de l’histoire industrielle de Marseille et de son lien avec la Corse. Elle rappelle aussi l’importance d’un service public maritime adapté aux besoins des populations. Merci à l’association la Navale pour cette belle plongée dans une mémoire maritime qui mérite d’être partagée.