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  • Dudon, champion du monde dans l’ombre

    Dudon, champion du monde dans l’ombre

    Son handicap ne l’a jamais empêché de viser les sommets. À seulement 24 ans, Nohan Dudon est déjà double champion d’Europe et champion du monde 2025 de parakaraté en kata (démonstration).

    Atteint d’une déficience visuelle sévère depuis l’âge de 3 ans, le jeune Marseillais a su transformer l’adversité en force. À l’origine de son handicap, le syndrome de Lyell, une maladie rare qui provoque une nécrose aiguë de l’épiderme et touche également les muqueuses. « C’est comme si le corps se défendait et, pour se défendre, il se détruit tout seul. Comme chez les grands brûlés, la peau se détériore et ça atteint même les muqueuses, notamment dans les yeux. Aujourd’hui, j’ai quasiment perdu la vue et je crains beaucoup le soleil », explique Nohan Dudon. Après plusieurs mois passés en réanimation, sa famille s’installe à Vins-sur-Caramy, petit village varois situé à une dizaine de kilomètres de Brignoles. C’est là que commence son histoire avec le karaté. « Il n’y avait qu’un club sur place. J’y suis allé un peu par hasard », se souvient celui qui débute à seulement 4 ans.

    D’abord, la pratique reste ludique. « Au départ, c’était simplement pour me faire plaisir, comme n’importe quel enfant. Pour m’amuser avec mes copains de l’école. » Mais rapidement, les choses évoluent. « Petit à petit, on a commencé à faire des petites compétitions entre clubs. On essayait de trouver des solutions pour me faire participer », raconte-t-il.

    De l’UNSS au titre mondial

    Durant son adolescence, son entraîneur dirige également la section UNSS (Union nationale du sport scolaire) de son collège, ce qui lui permet de participer chaque année aux championnats de France, aux côtés d’enfants valides.

    Parallèlement, le parakaraté se développe progressivement. À 16 ans, Nohan Dudon franchit un cap en remportant son premier championnat de France. « L’équipe de France voulait que je les rejoigne, mais j’étais encore trop jeune. Il fallait attendre d’être majeur. Alors je me suis dit que j’allais travailler à fond pendant deux ans pour être sûr d’y être », raconte le jeune prodige. Mais la pandémie de Covid freine son élan.

    Il poursuit malgré tout sa progression et décroche une deuxième place lors de ses premiers championnats du monde en 2021, synonyme de sélection en équipe de France. Il s’impose depuis comme l’un des leaders de la discipline. Son palmarès parle pour lui : champion d’Europe en 2024, puis à nouveau en 2025, année où il décroche également le titre mondial en Égypte, tout en devenant numéro un mondial.

    Malgré ce parcours impressionnant, Nohan Dudon ne bénéficie toujours pas du statut de sportif de haut niveau. Une situation qu’il juge incompréhensible. « Je ne trouve pas ça normal, surtout dans le sens où je m’entraîne comme un athlète valide », explique-t-il.

    Le parakaraté, discipline encore récente, compte encore trop peu de participants pour être pleinement reconnu par l’État. Sans ce statut, le karatéka passe à côté d’aides essentielles. « Vivre cette vie, c’est beaucoup de dépenses, d’énergie, d’argent et de temps à gérer au quotidien », souligne Nohan.

    En parallèle de sa carrière sportive, il poursuit un master en ingénierie ergonomique de l’activité physique à la Faculté des sciences du sport de Luminy. « Il me faudrait plus d’aides pour rester au sommet de ma forme », confie-t-il. Depuis 2024, il peut toutefois compter sur le soutien de l’association Valentin-Haüy, qui l’accompagne dans sa préparation physique et mentale.

    Un soutien précieux à l’approche de sa prochaine échéance : le championnat d’Europe 2026, prévu à Francfort, en Allemagne, du 20 au 24 mai. « J’ai énormément travaillé sur mes études récemment et je me suis un peu moins entraîné, mais j’ai repris progressivement. Je me sens prêt pour aller chercher un troisième titre européen consécutif », conclut-il avec détermination.

  • Une semaine olympique à Luminy et au Département

    Une semaine olympique à Luminy et au Département

    Le Comité départemental olympique et sportif des Bouches-du-Rhône (CDOS 13) et le Département des Bouches-du-Rhône ont ouvert le bal de la Semaine olympique et paralympique, lundi, respectivement au campus de Luminy et à l’hôtel du Département. Au cours d’une journée labellisée « Charte des 15 engagements écoresponsables » du ministère des Sports, le CDOS 13 est devenu le premier du genre à labelliser un événement, au cours duquel la matinée a permis aux scolaires, via l’Union sportive de l’enseignement du premier degré, de participer à diverses animations sportives et d’être sensibilisés à des questions sociétales, telle que l’inclusion, ou environnementales, avec un jeu des déchets.

    Des stars au rendez-vous

    De son côté, le Département s’est investi au travers de la tournée Provence Terre de Sports. Gratuite et ouverte à tous, elle propose une multitude d’activités sportives dans l’esprit sportif et des valeurs olympiques. En famille ou entre amis, petits et grands ont pu, dès lundi, s’essayer au badminton, au canoë-kayak ou encore au judo. Dès ce mardi, onze autres disciplines viennent s’ajouter aux treize animations déjà installées depuis le premier jour.

    Au-delà des activités, les visiteurs auront l’occasion de rencontrer sur place plusieurs sportifs de haut niveau lors d’une séance de dédicaces et photos. Les talentueux joueurs de tennis-fauteuil, Ksénia Chasteau et Nicolas Charrier, seront présents à l’hôtel du Département le mercredi 1er avril à partir de 13h. Et la prodige du VTT, Lily Planquart, sera quant à elle disponible le jeudi 2 avril de 10h à 12h.

    Depuis son lancement, la tournée Provence Terre de Sports a déjà réalisé 45 étapes dans 36 communes des Bouches-du-Rhône. Elle se poursuivra 18 au 20 mai au complexe sportif Pierre-de-Coubertin, à Châteaurenard.

    Provence Terre de Sports à Marseille

    Du 30 mars au 3 avril de 9h à 12h et de 13h à 16h. Accès gratuit et ouvert à tous. Animations accessibles à partir de 6 ans.

  • Les anciens du club vivent une nouvelle vie loin de l’OM

    Les anciens du club vivent une nouvelle vie loin de l’OM

    Adrien Rabiot

    Depuis son départ houleux, suite à sa bagarre avec Jonathan Rowe dans les vestiaires rennais lors de la première journée de la saison, Adrien Rabiot a rapidement retrouvé une dynamique positive sous les couleurs de l’AC Milan. Le milieu de terrain français âgé de 30 ans s’est imposé comme un élément clé du système de Massimiliano Allegri, retrouvant un rôle de leader technique et physique au cœur du jeu milanais. Associé notamment à Luka Modric, Rabiot a contribué à solidifier l’entrejeu des Rossoneri, tout en se montrant prolifique en termes statistiques : 5 buts et 4 passes décisives après les 21 premières journées de Serie A. Un rendement qui lui a permis d’être convoqué à chaque rassemblement des Bleus cette saison.

    Valentin Rongier

    Pilier de l’Olympique de Marseille, son départ l’été dernier a été mal vécu par les supporters olympiens. Valentin Rongier, a entamé un nouveau chapitre de sa carrière sous les couleurs du Stade Rennais. Après six saisons passées sur la Canebière, dont plusieurs comme capitaine, le milieu de terrain français de 31 ans a rejoint la Bretagne aux côtés de Quentin Merlin, avec l’objectif d’apporter son expérience à un effectif rennais en reconstruction. Rapidement intégré dans l’entrejeu breton, Rongier s’est distingué par sa fiabilité et son intelligence tactique, retrouvant un rôle de régulateur du tempo qui avait fait sa force à Marseille. Moins exposé médiatiquement mais toujours aussi précieux dans l’équilibre collectif, l’ancien Nantais s’est imposé comme un relais important entre la défense et l’attaque, tout en apportant son leadership dans le vestiaire.

    Azzedine Ounahi

    Il ne porte plus le maillot de l’OM depuis 2024, mais Azzedine Ounahi fait officiellement partie des départs de l’intersaison. Après s’être brillamment relancé au Panathinaïkos, le milieu de terrain marocain âgé de 25 ans a retrouvé l’un des cinq grands championnats européens en débarquant au sein du prometteur effectif catalan. Techniquement au-dessus de la moyenne, Ounahi a rapidement retrouvé de l’influence dans le jeu, se distinguant notamment par plusieurs performances marquantes face à des adversaires majeurs, avec des buts importants contre Bilbao ou le Real Madrid, contribuant directement à des points précieux pour Gérone.

    Luis Henrique

    Acheté 25 millions d’euros cet été par l’Inter Milan, Luis Henrique a rejoint la cour des grands. Arrivé pour apporter de la vitesse et de la percussion dans le couloir droit, le Brésilien a toutefois connu une adaptation plus délicate que prévu dans un effectif très concurrentiel. Utilisé principalement comme piston ou ailier de rotation, il a dû composer avec un temps de jeu limité lors de ses premiers mois en Serie A, ne faisant que quelques apparitions au début de saison, sans parvenir immédiatement à s’imposer. Encore en phase d’adaptation au très haut niveau italien, Henrique apparaît ainsi comme un pari à moyen terme pour l’Inter.

    Amir Murillo

    Poussé vers la sortie après des performances jugées irrégulières et plusieurs erreurs défensives en janvier, Amir Murillo travaille à faire taire ses détracteurs. Son adaptation en Turquie s’est révélée rapide pour le défenseur de 29 ans. Dès ses premières apparitions, Murillo s’est illustré offensivement, notamment lors de sa troisième rencontre où il a inscrit un but spectaculaire d’une frappe puissante depuis l’aile droite, confirmant son apport dans le couloir droit et sa capacité à se projeter vers l’avant. Ce début encourageant contraste avec sa fin de parcours marseillaise, marquée par une mise à l’écart progressive du groupe professionnel et des critiques sur ses performances défensives. Désormais davantage libéré dans son jeu, Murillo apporte son expérience et sa polyvalence à Besiktas, où il s’impose progressivement comme une solution crédible dans la rotation défensive.

  • Une restauration enfin en vue pour le Palais des sports

    Une restauration enfin en vue pour le Palais des sports

    En pleine campagne des municipales, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, le reconnaissait : le palais des sports « est dans un état catastrophique ». Après plus d’une décennie d’alertes sur sa vétusté, celui-ci va enfin pouvoir bénéficier d’une requalification discrètement glissée dans le programme de la majorité sortante. Ainsi, le 18 mars dernier, la municipalité marseillaise a-t-elle commencé à consulter les entreprises pour réaliser une nouvelle expertise de six mois, avant un chantier de restauration de la toiture aujourd’hui chiffré à 900 000 euros. « Le complexe d’étanchéité et d’isolation de la toiture principale du Palais des sports est d’origine, soit une réalisation en 1988 », pointe le cahier des charges qui cible cette isolation « non-conforme » et l’étanchéité à l’eau de pluie « déficiente ».

    De doux euphémismes. Dès 2016, un audit réalisé par la société Apave alertait : « De manière générale, le bâtiment présente des signes de vétusté due à son âge. » Et d’énumérer une « importante » fissure sur une des poutres qui supporte les gradins, avec « des investigations nécessaires pour assurer la pérennité du bâtiment », une « déchirure importante de l’étanchéité en toiture » qui s’ajoutent aux « déchirures, craquèlement, signe de réparation » de la membrane et causent des infiltrations d’eau… Sans compter des garde-corps mal fixés, des installations électriques non-conformes.

    Trop tard pour l’Open 13

    Neuf ans plus tard, un nouvel audit de contrôle décennal est commandé par la Ville de Marseille afin de permettre l’homologation de l’enceinte sportive. Sans requalification du Palais des sports, les conclusions restent les mêmes. Les dégradations de la structure, des façades, sont qualifiées « de faible importance ». Mais le rapport égrène, photos de moisissures et de corrosion à l’appui, toutes les infiltrations d’eau dans l’enceinte, cible la « vétusté et accumulation d’eau » sur la couverture.

    En février 2025, le président de l’Open 13, Jean-François Caujolle, avait ainsi largement alerté sur cet état de vétusté. « Marseille doit se doter à terme, et le plus vite possible, d’un Palais des sports à la mesure de la ville », interpellait-il, face aux pluies qui tombaient sur les courts. Les travaux prévus sont une première réponse. Mais trop tard pour sauver l’Open 13, qui a annoncé, l’été dernier, partir pour Lyon.

  • Les « bars américains » de l’Opéra, un procès vintage

    Les « bars américains » de l’Opéra, un procès vintage

    Treize femmes et trois hommes, dont dix septuagénaires, comparaissent depuis lundi, à Marseille, pour proxénétisme aggravé et tolérance habituelle de la prostitution dans un lieu ouvert au public. Avec ce procès tardif de tenancières de « bars américains », de barmaids et d’hôtesses aguicheuses, ressurgit l’ancien monde des nuits chaudes du quartier de l’Opéra, remplacé depuis dix ans par des cafés bobo et des commerces attrape-touristes.

    Le Brazilia, le Beverly, le John’s, le Ginger, le Dark Side, le 5e Saens, la Crémaillère, le Sweet Lady, le Tropical ou la Grange ont tous tiré le rideau après le coup de filet opéré en 2015 par la police judiciaire. La nostalgie des « bars à hôtesses » pour clients esseulés alpagués par des entraîneuses pour boire du faux champagne à 350 euros la bouteille, c’est la défense de Florence G., 62 ans, ex-patronne du Ginger et du John’s. « Je trouve qu’aujourd’hui on est beaucoup plus rigoriste, on ne sait plus vivre », a-t-elle confié au juge d’instruction. « C’est vieux tout ça », soupire, agacée, la matrone un peu raide qui lève les yeux aux écoutes et témoignages qui disent qu’au contraire, ses filles faisaient des « gâteries » aux bons clients derrière un rideau ou au fond des toilettes. L’ex-patronne avance surtout la volonté des autorités d’aseptiser et gentrifier le quartier.

    « La foire à la saucisse »

    Prostituée à l’âge de 18 ans, Florence G. a toujours voulu diriger un bar. « C’est festif et marrant », d’autant que « racoler, c’est pas un souci ». « Pour acheter le Ginger 20 millions d’anciens francs, il fallait se prostituer, car les banques ne font pas crédit. » En 2003, elle est condamnée pour proxénétisme : « Déjà, ils voulaient fermer les bars. Il n’y avait rien, mais j’ai fait deux mois de prison, j’ai fermé deux ans, puis j’ai rouvert. Et là, on m’a collé cette affaire alors qu’il n’y a rien. Je suis responsable de mes bars. J’ai mis en place des barmaids de confiance. J’avais engueulé Jackie car elle se faisait masser le bas du dos. » Pour elle, les filles s’accusent par jalousie. « Elles savent que si j’apprends qu’elles franchissent la ligne rouge, je les renvoie. Regardez le dossier, il n’y a rien ! » lance-t-elle à la présidente Clémence Heinemann, qui menace de l’expulser et lit les dépositions d’un habitué de la rue Glandevès : « Oui, il y a eu bisous, caresses, danses et fellations dans tous les bars. » « Si on veut faire du chiffre, comme nous le demandent les patronnes, il faut fermer les yeux », a admis aussi une barmaid.

    Martine, 48 ans, ex-entraîneuse transgenre en dépression, met l’ambiance à la barre. « La prostitution, c’est pas le but des bars américains. Moi, j’ai adoré y travailler. J’avais acheté un boa en plumes aux puces. C’était la comédie, tout le monde rigolait alors que la prostitution de rue, à 30 euros la fellation sur le Prado, c’est la misère. Là, j’étais rémunérée 50 euros par jour et un pourcentage sur les consommations. »

    La magistrate cite un barmaid qui raconte que c’était « la foire à la saucisse » dans le grand salon où, tous les soirs, telle hôtesse avait « une bite à la main ». Max, 79 ans, le barmaid poursuivi mais absent, relate que « pour un verre à 20 euros, elle va derrière ». « Moi j’ai eu plein d’amants, j’adorais la bite, réfute Martine, vraiment sans filtres. J’étais nympho, dévorée par les hormones pour ma transition. Mais, j’ai jamais sucé un client. On avait des beaux mecs dans le bar, on rigolait de pleins de conneries. Le client, il se prend pour un jeune premier, c’est un sketch. On offrait ce qu’un psychiatre ou une prostituée ne peut pas offrir. La personne devient quelqu’un, on lui redonne ses 20 ans. Le client croit qu’il plaît. Cela n’a pas de prix pour quelqu’un qui doit rentrer chez lui avec ses crédits, ses ados qui font la gueule… Si le client paie 350 euros pour une pipe et qu’il revient, c’est qu’il a besoin d’un psychiatre. »

    L’association Équipes d’action contre le proxénétisme s’est constituée partie civile.

    « Le client croit qu’il plaît. Cela n’a pas de prix »

  • La gauche veut une hausse du budget Solidarité du Département

    La gauche veut une hausse du budget Solidarité du Département

    Sa campagne électorale ponctuée d’une lourde défaite à Marseille, la candidate Martine Vassal (DVD) a repris, lundi, les rênes du conseil départemental qu’elle préside depuis 2015, avec une séance publique consacrée au débat sur les orientations budgétaires. « Le premier épisode » d’une séquence qui se poursuivra avec le vote du budget, le 14 avril, puis celui du compte administratif, rappelle Yves Moraine (LR).

    Grève des agents de la DGAS

    Le rapporteur général du budget ne se fendra que d’un « update » en guise de présentation, la situation financière ayant, estime-t-il, été largement débattue à l’automne. Dans les grandes lignes : « La situation s’améliore », même si « les prévisions restent soumises à incertitudes », en raison du contexte international.

    « Avec un baril à 200 dollars, ce n’est pas pareil, avec une inflation qui monte, ce n’est pas pareil, et, surtout pour nous, avec une remontée des taux d’intérêt qui auraient une influence sur les Droits de mutation à titre onéreux, les conséquences ne seront pas les mêmes », note l’élu marseillais, rappelant comme à son habitude toute l’importance du seul levier fiscal de la collectivité.

    Sans précision utile si ce n’est servir son discours, maître Moraine insiste sur la progression des recettes de fonctionnement (+105 millions par rapport à 2024), l’épargne brute (200 millions) et nette (60 millions) en amélioration, une capacité de désendettement de 12,4 années avec un cap fixé sur 9 ans en 2029, et des dépenses de fonctionnement « contenues » (+0,4%), traduisant un « très gros effort ». « On a traqué le superflu comme le cholestérol chez les plus de 50 ans », image Yves Moraine, tablant sur une capacité d’investissement de « 400 à 500 millions, dont la moitié liée à de l’emprunt ».

    Une question de point de vue. Quand l’extrême droite, l’œil figé sur la dette (2,5 milliards), réclame des « mesures drastiques », Gérard Frau (PCF) note que « l’effort » en question est sans doute la cause des difficultés des agents des affaires sociales (DGAS) « en grève pour l’amélioration de leurs conditions de travail et pour défendre leurs missions d’accueil, d’accompagnement et de protection des publics ».

    « Pas à la hauteur »

    Plusieurs centaines d’agents en action, dans la foulée des mobilisations des travailleurs de la protection de l’enfance en 2025. Dans l’hémicycle, les élus de gauche leur apportent leur soutien. Sophie Camard (GRS) rappelle que les organisations syndicales attendent d’être reçues par l’exécutif départemental, et les communistes promettent de défendre « une hausse substantielle pour le secteur » lors de l’examen du budget.

    « Vous estimez le besoin supplémentaire pour 2026 à +3,8% dans le domaine des solidarités, cette petite hausse ne nous semble pas à la hauteur des besoins », assure le président du groupe PCF. Lui souhaite que la majorité de droite sorte de sa « posture répressive » dans ses politiques d’insertion, clarifie ses aides au handicap, engage des moyens contre le non-recours, et fasse un geste en direction des politiques de l’enfance, où la situation a dépassé « le seuil critique ». « Un allocataire du RSA éloigné de l’emploi ne trouvera pas un travail avec un coach, un enfant en situation de handicap ne cessera pas de l’être tout comme un mineur confié à l’ASE ne grandira pas tout seul », conclut Gérard Frau.

    Si Anthony Krehmeier (PS), au nom du groupe de la gauche marseillaise, prend rendez-vous pour le 14 avril, Samia Ghali (DVG) donne un peu de mordant à cette fade séance en précisant que les orientations de la collectivité vis-à-vis de son bailleur social, 13 Habitat, seront suivies de près de ce côté de l’hémicycle. « La situation nous inquiète très fortement, des gens vivant dans des conditions très dangereuses », insiste l’élue des 15-16. « Je partage ses inquiétudes » lui répondra Martine Vassal, alors que le ton monte avec Jean-Marc Perrin (LR), président de 13 Habitat. « Faites-moi une liste et nous irons sur place, vous, M. Perrin et moi », lance la présidente. Rendez-vous est pris.

  • Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Déjà en campagne en coulisse depuis plusieurs mois (notre édition du 24/03), le maire (LR) de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, a profité de la conférence des Maires de Provence, ce lundi soir à Saint-Victoret, pour officialiser sa candidature à la présidence de la Métropole Aix-Marseille, à mi-chemin entre le second tour des municipales et la réunion du premier conseil métropolitain de la mandature, le 7 avril.

    « L’occasion est belle de prendre une nouvelle orientation et de faire de ce que l’une d’entre nous [l’ex-maire LR d’Aix-en-Provence Maryse Joissains, Ndlr] appelait la “Monstropole” un outil au service de chacun d’entre nous », défendait-il face aux 83 maires du département présents, en s’engageant « pour une Métropole des maires, au service des maires, œcuménique, transpartisane ». Et d’annoncer : « Si vous le souhaitez, j’aspire modestement à porter cette voix, non pas d’un maire, non pas d’un territoire, mais de 92 maires. »

    Des promesses qui viennent répondre à l’aspiration de la plupart d’entre eux, souvent exprimée dans la campagne des municipales. « Quand la Métropole s’occupe de ses compétences, elle travaille bien. Par contre, c’est dans la proximité qu’il y a un problème », partageait le président (DVD) du groupe métropolitain des Maires de Provence, Jean-Pascal Gournès. Avant d’assumer : « Une Métropole à la carte, ce n’est pas un gros mot ! »

    Pas de RN dans l’exécutif

    « L’action publique en circuit court, nous savons produire et faire. Mais là, il y a souvent un écran dans nos compétences de proximité », opine aussi le président (SE) des Maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, qui a cependant pris le soin de faire applaudir la présidente sortante de la Métropole, Martine Vassal, et son « courage presque sacrificiel » pour avoir tenu l’institution.

    Alors Nicolas Isnard promet « une Métropole au service des maires et pas au-dessus des maires, aux mains des maires et pas aux mains d’une technostructure », un établissement public de coopération intercommunale « ramassé sur ses compétences régaliennes et laissant les compétences de proximité au service des communes qui voudront s’en emparer ». Et ébauche la création d’antennes métropolitaines dans chacun des anciens conseils de territoire.

    Surtout, la majorité marseillaise devrait faire son retour dans l’exécutif. « Le soutien du maire de Marseille est indispensable », souligne Nicolas Isnard. Dans la matinée, il a ainsi échangé pendant plusieurs heures avec Benoît Payan (DVG). « Les échanges ont été plutôt constructifs, avec un alignement global sur ce que doit être la Métropole », apprécie-t-on dans l’entourage du maire marseillais. « Mettre en place les mesures que l’on préconise à Marseille coûtera de l’argent », reconnaît-on cependant dans les couloirs de l’hôtel de ville, tout en assurant ne pas réclamer plus que « sa part du gâteau ». Surtout, si l’heure de la répartition des postes et des outils métropolitains n’est pas encore venue, « si dans l’exécutif métropolitain, il y a des personnes d’extrême droite, ce ne sera pas pareil », avertit-on. Une option écartée par le candidat à la présidence : « Ils n’en ont pas fait la demande. Mais il est compliqué de dire comme l’extrême droite nous présentons des listes contre vous tous et une fois que vous êtes élus, nous voulons travailler avec vous ! » Même si, promet-il, chaque commune sera traitée de façon équitable.

    « Le soutien
    du maire
    de Marseille est indispensable »

  • [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    En première ligne depuis le début du mouvement, lancé le 5 mars, les lycéens ne s’essoufflent pas. Déterminés à défendre la qualité de leurs enseignements et les conditions de travail de leurs professeurs, ils prendront part, ce mardi, aux mobilisations organisées dans le cadre de l’appel de l’intersyndicale (FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation formation et recherche publiques, CGT Educ’Action et Sud Éducation), lancé le 20 mars.

    En proie à d’importantes coupes budgétaires, impliquant notamment la suppression de 4 000 postes dans l’éducation nationale, le secteur de l’enseignement est poussé à de sérieuses restructurations à la rentrée 2026. Dans le cas des lycées, c’est d’abord le nombre d’heures d’enseignement délivré qu’on menace de réduire, avec 22 établissements publics concernés dans les Bouches-du-Rhône, dont 11 à Marseille. « Certains de mes proches vont être directement impactés par cette politique d’austérité, s’inquiète Gwendal, élève de terminale au lycée César-Baldaccini (7e) et membre du Mouvement national lycéen 13 (MNL). Des spécialités doivent être supprimées, comme humanité, littérature ou philosophie. C’est triste que les générations futures n’aient pas accès aux dispositifs que nous avons connus nous. »

    D’après un communiqué de Sud éducation, publié le 9 mars, ce sont 80 heures qui devraient être perdues au lycée Nelson-Mandela (12e), 180 heures à Jean-Perrin (10e), 146 à Marie-Curie (5e), 100 à Montgrand (6e), 80 à Diderot (13e) ou encore 77 à Saint-Charles (1er).

    Luc, entré au MNL 13 au début du mouvement et élève de première à Saint-Charles, est, lui, directement concerné par ces importantes baisses de moyens : « 77 heures (…), c’est un énorme impact sur la qualité de l’enseignement qui est donnée. Par exemple, dans les classes de spécialité, qui sont les cours les plus importants, aujourd’hui on est 25 élèves. L’année prochaine, avec ces baisses de dotations, on sera 35 par salle. » Et Gwendal d’ajouter : « Notre objectif est d’élargir le plus possible la lutte, à la fois au niveau national, pour que d’autres lycées nous rejoignent, mais aussi aux autres institutions du service public. Nous nous sommes déjà unis avec certains étudiants postbac. » Le MNL 13 annonce une série d’actions organisées sur les deux prochaines semaines, qui ne prendront pas forcément la forme de blocus.

  • Retour gagnant à Marseille pour l’impériale Chloé N’Gazi

    Retour gagnant à Marseille pour l’impériale Chloé N’Gazi

    Deux joueuses rêvaient de fouler la pelouse du Vélodrome sous les couleurs olympiennes, mais l’ont désormais fait en portant le maillot de l’équipe vainqueure. L’attaquant américaine Ashley Clark, ex-capitaine et serial-buteuse de l’OM Féminines entre 2021 et 2024, qui a récemment fait son retour dans l’Hexagone après une saison aux États-Unis et un bref passage en Islande, puis la gardienne algérienne Chloé N’Gazi (29 ans), présente dans l’effectif durant l’année civile 2025. « Franchement, c’était parfait. C’est passé comme prévu », se réjouit la portière montpelliéraine, auteure d’un grand nombre d’arrêts face aux nombreux assauts de l’attaque phocéenne. « J’avais de la pression, c’est normal de revenir dans son ancien club et en plus de jouer au Vélodrome devant tant de personnes. Mais je suis contente, on a répondu présentes en tant qu’équipe et ça fait du bien à la confiance », confie celle qui a rêvé toute la semaine de ce rendez-vous.

    Montpellier survit jusqu’au bout

    Sa prestation sur la mythique pelouse du stade Vélodrome a amplement contribué à la victoire des Héraultais, en grand danger dans la lutte pour le maintien avec Saint-Etienne et Lens. « Je me suis préparée mentalement pour faire un bon match, surtout pour gagner les trois points parce qu’on en a besoin. On a un objectif maintenant et c’est le plus important. J’ai mis de côté tout ce qui a pu se passer avant, tout ce qui a pu être dit et on a fait le boulot », souligne N’Gazi, persuadée que la courte défaite face au Paris Saint-Germain, la semaine dernière, leur a mis « un coup derrière la tête la semaine dernière ». « Je pense qu’on a fait preuve de sagesse en se remettant vite au travail, en oubliant ce qui s’était passé, en gardant seulement le positif. Et aujourd’hui, je pense qu’on a montré qu’on avait quand même du mental, qu’on n’est pas encore mort et que tout est encore possible. En tout cas, nous, on veut y croire et on travaille pour ça », ajoute l’internationale algérienne aux 23 sélections. Elle tient d’abord à se concentrer sur la fin de saison avec Montpellier, avant de songer à la Coupe d’Afrique des Nations féminine qui a été reportée du 25 juillet au 16 août 2026.

  • [Entretien] « Il faut modifier le regard des valides sur le handicap »

    [Entretien] « Il faut modifier le regard des valides sur le handicap »

    La Marseillaise : Quel est l’objectif des journées handicitoyennes qui se tiennent du lundi 30 mars au vendredi 3 avril à Marseille ?

    Michel Collomp : L’objectif est de sensibiliser les collégiens et lycéens au handicap et de leur apporter des connaissances sur le sujet. La sensibilisation se fait par une mise en situation à travers des activités et des ateliers, pour se mettre à la place des personnes handicapées pendant une demi-journée. Il y aura une multitude d’activités organisées par des associations de personnes handicapées : parcours en fauteuil roulant, parcours d’obstacles avec les yeux bandés ou des jeux de société les yeux bandés. L’association Sport et Loisirs pour Aveugles (ASSLA) viendra animer un atelier de tir à la carabine laser pour les aveugles. Le concept est simple : le tireur a des écouteurs dans les oreilles et se repère à l’aide du son, plus le « bip » est frénétique, plus la cible est proche.

    Pourquoi est-ce aussi important de se mettre à la place des personnes handicapées pour
    les enfants
     ?

    M.C. : C’est un âge où ils découvrent, par des cas particuliers ou dans leur famille, des personnes en situation de handicap. On veut apprendre aux 900 élèves qu’on va recevoir cette semaine : le vivre-ensemble. On cherche, par ces ateliers, à leur faire comprendre que, quand ils voient une personne handicapée dans la rue, il ne faut pas avoir peur ou s’en méfier, mais au contraire aller vers elle pour lui proposer de l’aide. Parce qu’on fait tous société et qu’il faut vivre ensemble plutôt que dans une séparation : handicapés et non handicapés.

    Est-ce que c’est par la sensibilisation des enfants qu’une société peut prendre davantage en compte les personnes en situation de handicap ?

    M.C. : Oui, on le constate déjà par les retours de certains professeurs qui sont là depuis la première édition. Ils observent des changements de comportement dans leurs classes. On fait le maximum pour que cette action porte ses fruits et améliore les comportements des valides avec les personnes handicapées. Les élèves repartent, à la fin de la demi-journée, avec un diplôme « d’handicitoyen » qui atteste qu’ils ont été sensibilisés au handicap. C’est moi qui m’en occupe et je leur fais promettre de ne jamais se garer sur une place handicapée quand ils seront adultes.

    Aujourd’hui, notre société
    est-elle encore trop peu adaptée aux handicapés
     ?

    M.C. : On a fêté les 20 ans, l’année dernière, de la loi sur l’égalité des chances et des possibilités pour les personnes en situation de handicap (déplacement, emploi, civilité). Il y a encore beaucoup à faire en matière d’égalité devant l’emploi et d’accessibilité. Le préfet Parisot de Bayard, a créé ces journées handicitoyennes à Montpellier puis a développé le concept dans d’autres villes, notamment à Marseille. Il partait de son constat de personne handicapée. Il disait que le handicap était une souffrance physique en soi, mais que ce dont il avait le plus souffert, c’était le regard des autres et l’indifférence. Notamment par l’impossibilité d’entrer dans certains lieux, comme au cinéma où on lui disait que son fauteuil ne pouvait pas entrer. Moi, je suis à la retraite, mais j’étais kiné, donc le handicap, je l’ai connu dans ma profession. Dans les pas de Parisot, ce qu’on veut, c’est modifier le regard des valides sur le handicap.