Tag: Marseille

  • À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    À Marseille, une action « Bloquons tout » vite réprimée par la police

    Patatra. Le blocus qui devait s’organiser, jeudi matin au pied de la CMA CGM (2e), dans le cadre du mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux, a été réprimé avant même d’avoir commencé. À 6h30, quelque 200 militants qui s’étaient donné rendez-vous au métro Joliette (2e) abandonnaient déjà l’éventualité d’une action au pied de l’empire Saadé, d’après eux « surprotégé » par les forces de police.

    Aux alentours de 7h, le cortège a finalement décidé de se déplacer vers les Terrasses du port (2e), où un blocus de l’A55 était envisagé. Mais les policiers, mobilisés en nombre sur la zone, ont immédiatement stoppé les militants qui ont été poussés hors de la route moins d’une minute après leur arrivée. Les forces de l’ordre ont dans la foulée utilisé plusieurs bombes lacrymogènes afin d’encercler le cortège et de procéder à un contrôle d’identité général. Au total, selon la police, 100 personnes ont été contrôlées et 22 interpellées. « Tu n’es pas seul ! », scandent les militants lorsque certains manifestants sont écartés. « Les personnes mises à l’écart ne sont pas systématiquement interpellées. En général, elles le sont parce qu’elles refusent de décliner leur identité. Si elles refusent toujours de coopérer au bout de 4h, elles sont emmenées en garde à vue », explique un policier présent sur place. Les forces de l’ordre ont fouillé l’intégralité des militants contrôlés, photographié leur pièce d’identité et récupéré leurs équipements de protection (gants, lunette de plongée, masque FFP2…). Des bombes de peinture et pétards ont également été confisqués aux militants.

    Violence et revendications du blocus

    Si les bombes lacrymogènes, utilisées dès 7h10, ont permis aux policiers d’encercler la majorité des manifestants, certains sont parvenus à s’extraire du groupe, parfois violemment repoussés par les forces de l’ordre. Dans une vidéo enregistrée par l’Agence France Presse et diffusée en masse sur les réseaux sociaux, on aperçoit un policier pousser avec son pied une manifestante avant de lui exiger de se « casser ». « Oui je me casse », répond la jeune femme avant qu’un policier ne la pousse de nouveau et qu’elle tombe au sol. Une vidéo qui a suscité, sur les réseaux, une vive émotion, notamment chez Clémence Guetté, députée du Val-de-Marne (LFI). « Partout ce matin, la répression frappe et cogne sans distinction ni retenue. Les images qui nous parviennent sont honteuses », s’est indigné l’élue sur X.

    « On est là pour dire au gouvernement qu’on n’est pas d’accord avec ce qu’il se passe au niveau national comme international, détaille Lucie, militante de 23 ans présente à la tentative de blocus. On exige notamment que les ultrariches donnent davantage à l’état ». Et son amie, Line, d’ajouter : « On reviendra même si ça s’est mal passé aujourd’hui, on ne se laissera pas faire ». « On essaie de créer un rapport de force car on voit bien que les manifestations traditionnelles n’ont pas d’effet. L’intensité de la présence policière montre que le ministère de l’Intérieur n’est pas serein », justifie Luidji, en fin de manifestation.

    D’autres blocus étaient en parallèle organisés à Marseille, notamment devant l’usine d’armement Eurolinks (13e), qui a fourni des composants militaires à Israël depuis le 7-Octobre.

  • Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Visite surprise d’Hendrik Davi à la prison des Baumettes

    Journée chargée pour Hendrik Davi. Entre un passage par le Vieux-Port sur la manifestation intersyndicale dans la matinée, et une assemblée générale de circonscription Nouveau front populaire pour « discuter des perspectives du mouvement social et penser ensemble une gauche unitaire et radicale » en fin d’après-midi, le député (L’Après) a effectué jeudi une visite inopinée au centre pénitentiaire des Baumettes.

    208% d’occupation

    Ce déplacement s’inscrit dans l’exercice de son droit parlementaire. Il y a notamment visité le quartier des nouveaux arrivants et l’unité de soin. « Il y a eu un drame l’année dernière, avec un détenu qui s’est égorgé mais aussi une infirmière qui s’est fait violer. Et on a eu aussi ce rapport parlementaire qui nous expliquait qu’il y avait une situation complètement dégradée notamment sur la prise en charge des soins psychiatriques dans les lieux de privation de liberté », explique ce dernier peu rassuré par sa visite, sur fond de surpopulation carcérale. Aux Baumettes le taux d’occupation est de 208%.

    « On voit encore des lits par terre, parfois quatre personnes dans 9m2, 22 heures sur 24, pendant plus de deux mois », rapporte le député insistant sur les conséquences psychiques et psychiatriques, et ironisant : « Cerise sur le gâteau, les infirmières qui s’occupent d’eux se voient supprimer neuf jours de congés par l’AP-HM. »

    Hendrik Davi a déjà effectué plusieurs visites dans des établissements pénitentiaires marseillais. En juin 2024 aux Baumettes, déjà, il s’était intéressé aux conditions de détention et aux problèmes liés à la chaleur. En mars, il s‘est rendu au centre pour mineurs de La Valentine. Un établissement dont la contrôleure générale des lieux de privation de liberté a préconisé, il y a quelques semaines, « la fermeture au moins partielle » en raison de conditions de détention « indignes ».

  • Le diocèse conteste avoir tardé à agir face à des agressions sexuelles

    Le diocèse conteste avoir tardé à agir face à des agressions sexuelles

    « L’Église de Marseille s’efforce d’être à la hauteur de la confiance de tous ceux qui se tournent vers elle », insiste le diocèse de Marseille. Ce jeudi matin, c’est par un communiqué de presse que les autorités ecclésiastiques sont venues répondre à une enquête de l’hebdomadaire Paris Match, qui accusait le cardinal Aveline d’une gestion « erratique, voire complaisante », face à des signalements de violences sexuelles au sein de l’archevêché.

    Ainsi l’article indique-t-il que l’archevêque de Marseille n’a alerté le parquet qu’en 2019 pour des faits d’agressions par le curé d’Auriol, cinq ans après avoir été alerté. « Si le Cardinal Aveline avait reçu, au milieu des festivités de son ordination comme évêque auxiliaire une information à propos d’agissements du père Sighieri, il aurait sans aucun doute proposé à la personne, selon son habitude, de prendre rendez-vous », oppose le diocèse, qui rappelle qu’il a été suspendu dès septembre 2020, dix mois après le signalement au procureur et trois ans avant sa condamnation.

    Le communiqué indique aussi qu’il n’a pas connaissance d’abus par un formateur du séminaire d’Aix, relevant du diocèse d’Aix et Arles, malgré les accusations ciblant le recteur de la formation, qui avait reconnu un « manque de chasteté » à l’encontre d’une femme de 28 ans. S’il a été suspendu le temps de l’enquête préliminaire, il a réintégré son poste après le classement sans suite de la plainte.

    De même, le diocèse indique avoir immédiatement prévenu, en août 2020, la congrégation des Oblats de Marie Immaculée et demandé qu’un signalement soit fait au parquet après avoir été alerté avec des aveux filmés sur des faits d’agressions sexuelles présumées, dans les années 1990, du père Hours – ce qui sera fait à l’automne. Mais le cardinal « dément formellement » avoir invité une victime à « ne pas faire de vagues », comme le rapporte l’hebdomadaire.

    Enfin, « il n’a jamais été question de violences sexuelles ni même de gestes équivoques ou ambigus de nature sexuelle » en ce qui concerne le vicaire général de l’archidiocèse, accusé d’une relation « anormale » avec une famille, termine le communiqué. « Certes, il y a encore beaucoup à faire et à mieux faire », conclut le diocèse, « mais il est indéniable que […] des progrès ont été réalisés ». Promettant de poursuivre ces efforts.

  • Le Ciné plein air finit de tisser sa toile à Marseille

    Le Ciné plein air finit de tisser sa toile à Marseille

    En sa fin de marathon, le 30e Ciné plein air maintient la cadence. « Malgré les aléas climatiques » de l’été et de la rentrée, indique l’association qui le porte, Les écrans du Suds, il a sillonné depuis début juillet Marseille, mais aussi La Ciotat, de ses projections gratuites et à la belle étoile. Et voilà le festival qui remet un dernier coup de collier dans la cité phocéenne jusqu’au 26 septembre. À commencer, vendredi 19 septembre à 20h15, avec la diffusion d’Alamar au Muséum d’histoire naturelle. Une fiction-documentaire initiatique réalisée en 2008 par Pedro Gonzales-Rubio, autour d’un jeune garçon et son père qui renouent leurs liens, la barrière de corail de Chinchorro, au Mexique, en toile de fond.

    Des films exquis

    Le lendemain, le Ciné plein air met le cap vers le Jardin du musée d’Histoire de Marseille, où sera projeté L’heure exquise, de René Allio (1981). Le maestro y narre ses souvenirs de jeunesse et de famille qui s’inscrivent dans les pas de la ville, le triptyque Bon Secours – Belle de Mai – Panier, bille en tête. Un héroïsme du quotidien des années 1920-1950 qui prend aux tripes. Dans le même temps, le Palais Lumière de La Ciotat abritera la projection de la comédie dramatique French Cancan (1955) de Jean Renoir. Clap de fin du Ciné plein air prévu le 26 septembre avec No de Pablo Larrain, au Musée d’Histoire de Marseille. Une œuvre dans les pas d’un des travaux d’un publicitaire pour le compte de l’opposition, afin de libérer le Chili du joug de Pinochet.

  • Quartiers Nord fait à nouveau clinquer le metal pour « Le 20e »

    Quartiers Nord fait à nouveau clinquer le metal pour « Le 20e »

    « Le mal de la macaque, Fais la pute à Paris, Engatse planétaire… À égrener les noms des premiers morceaux du 20e, opus qui sort samedi 20 septembre, et à écouter leur faconde marseillo-metaleuse, pas de doute. Le groupe Quartiers Nord sort bien un nouvel album, qu’il jouera samedi 20 septembre au Théâtre de l’Astronef. « C’est à nouveau du metal », prévient son leader Robert Rossi, après quelques albums et spectacles qui avaient pioché dans l’opérette marseillaise. Jusqu’au point de « désarçonner » leur public. « Certains ont suivi, d’autres ont décroché. Pour eux, c’était pas du rock, mais nous, on s’est régalés à faire des comédies musicales déjantées et sociales. Le Toursky était le seul théâtre qui nous ouvrait ses portes pour cela. Le public s’était tellement habitué qu’il y a même une mémé du secteur qui nous a appelés cet été pour qu’on vienne faire des saynètes de Pagnol. Mais on fait pas du Pagnol, nous, c’est hallucinant », s’amuse celui que l’on surnomme « Rock » depuis près de 50 ans et le lancement du groupe. Et puis, il faut dire que le metal, typique de l’identité de Quartiers Nord, résonne bien avec leurs indignations, comme l’illustre Le 20e.

    « Rock et autodérision »

    « Si tu vas à Versailles sucer le roi Soleil, pour rafler la médaille des artistes officiels… », chante le groupe, notamment en direction des « artistes domestiques », sur des lignes de rock bien sales et efficaces. Ou encore : « Allons enfants de la patrie, de la traitée des colonies. Souillez vos cocardes flétries, vous les fils de la République, celles des hommes d’affaires : larbins nationalistes, ex-collabos, néonazis. Liberté, austérité, précarité », scande Robert Rossi sur le titre Hymne inversé, comme pour exorciser tous ces malheurs. Avec Le 20e, Quartiers Nord délivre 10 morceaux, comme autant de bombes dopées à l’anti-impérialisme ainsi qu’à l’humour marseillais. Des saillies drôles et réfléchies sur ce « monde qui marche sur la tête », l’esprit des journaux satiriques Hara Kiri et Charlie Hebdo toujours chevillé aux cordes, comme peut aussi en attester Onanisme, titre « anticlérical et rigolo. Ce qui symbolise Quartiers Nord, c’est le rock et l’autodérision », aime à rappeler « Rock ».

    « Les poings dans les poches »

    Comme le prouve encore son vingtième album, il a toujours les religieux et le complexe militaro-industriel dans le viseur. Sans compter un monde de courtisans que l’industrie porte au pinacle. Une Culture quèque, dit l’une des musiques, érigée en norme. « Après, le problème, c’est que la fiction a dépassé la réalité. Quand tu vois un mec comme Trump, il n’y a même plus besoin de caricaturistes tellement c’est une caricature ambulante », ajoute Robert Rossi, qui avait réalisé en 2014 la comédie musicale et sociale Tous au piquet. Son regard sur le mouvement social à l’œuvre actuellement ? « Je suis à fond derrière eux. Mais le capitalisme possède tellement tout aujourd’hui que ça devient dur pour certains de résister », rappelle-t-il lucide, un poil désabusé, mais le cœur toujours vaillant. Et aussi « les poings dans les poches », suggère un titre du dernier album de Quartiers Nord, intitulé Pugni in tasca. Une référence au film éponyme et annonciateur d’une révolte, réalisé en 1965 par Marco Bellocchio. Robert Rossi explique : « Je l’avais vu quand j’étais jeune. C’est surtout son titre qui m’a marqué. Je me suis dit : putain, en ce moment, c’est le chaos et j’ai les pognes dans les poches. Mais elles sont toujours là et si besoin, je les sors. »

  • Premier gros test pour les Spartiates

    Premier gros test pour les Spartiates

    Depuis leur accession en Ligue Magnus, lors de la saison 2023-2024, ils n’ont jamais réussi à commencer leur aventure par un trois sur trois. Suite à leurs victoires sur Anglet (3-2) et Gap (1-4), les Spartiates de Marseille ont l’occasion d’y parvenir, ce vendredi (20h), à condition de venir à bout de Rouen lors de cette troisième journée de championnat. Une équipe bien connue de Luc Tardif, puisque l’entraîneur marseillais a été formé et a débuté sa carrière professionnelle chez les Dragons, avant d’y revenir en 2009 pour remporter la Coupe de la Ligue, la Coupe de France et le championnat de France, par deux fois. Comme les hockeyeurs marseillais, les Rouennais ont pris six points sur les deux premières journées.

    Un adversaire en forme

    Après avoir brillamment battu les Gapençais (4-1), ils sont venus à bout des Bordelais (2-4), demi-finalistes la saison passée et bête noire des Spartiates. Parmi les joueurs à surveiller chez les Dragons, le tandem canadien composé de Chase Gresock et Michael Regush, qui ont déjà évolué côte à côte à Coventry, risque de mettre à rude épreuve la défense marseillaise. Ils cumulent déjà quatre buts et trois passes décisives en seulement deux rencontres sous le maillot normand. Comme face aux Rapaces de Gap, Luc Tardif va sûrement devoir compter sur un grand Libor Kašik dans les cages pour aller chercher la victoire.

    3e journée – Ligue Magnus

    À 20h, à l’île Lacroix, à Rouen

  • Les Marseillaises découvrent leur nouvelle maison

    Les Marseillaises découvrent leur nouvelle maison

    Les célèbres couleurs rouge et jaune du FC Martigues laissent désormais place au bleu et blanc de l’Olympique de Marseille. Les féminines du club phocéen, récemment rebaptisées « Les Marseillaises », ont posé leurs valises au stade Francis-Turcan, dans lequel elles disputeront ce vendredi (21h) leur deuxième journée d’Arkema Première Ligue face au Havre. « C’est une nouvelle étape dans le projet du club », souligne l’attaquante Mathilde Bourdieu, consciente de passer d’un OM Campus à 500 places à un stade « premium », qui peut accueillir jusqu’à 8 000 spectateurs, afin de répondre aux exigences de la Ligue.

    Toutefois, seule la tribune « Canal », composée de 3 000 places, sera dans un premier temps ouverte au grand public et un peu plus de 1 000 supporters sont attendus ce vendredi. Le prix des places varie entre cinq et douze euros. « C’est super pour notre image. On a hâte que les supporters viennent nombreux pour nous soutenir. On en a besoin », ajoute celle qui a pu s’entraîner pour la première fois avec ses coéquipières au complet, jeudi, sur la nouvelle pelouse naturelle financée par l’OM. « On se sent comme chez nous », sourit Bourdieu, qui a inscrit trois buts lors des deux premiers matches de la saison.

    En quête d’un premier succès en championnat

    Après la défaite à Lyon (3-1), où elles n’ont pas démérité face à l’un des plus grands clubs européens, Les Marseillaises ont dû s’employer la semaine passée en Coupe de la Ligue (LFFP) pour s’imposer face Montpellier (2-2, 3-4 aux tirs au but). Une bonne opération avant d’entamer leur premier match au stade Francis-Turcan avec un seul mot d’ordre : « Gagner », martèle l’entraîneur Dalin Anrifani. « Que ce soit Le Havre, Lens ou Paris, l’idée est de véhiculer l’image la plus compétitive possible pour prendre le maximum de points », poursuit-il. « On fait les efforts à 200%, c’est le fil rouge du collectif », insiste Mathilde Bourdieu, qui n’hésite pas à donner de la voix sur le terrain pour encourager et motiver ses coéquipières. « J’essaie de conseiller les filles qui n’ont pas joué en Division 1 pour leur donner de la confiance, même si elles en ont déjà. »

    Parmi celles qui ont roulé leur bosse au plus haut niveau, Marie-Charlotte Léger et Laura Bourgouin devraient faire leur retour sur le terrain. Aussi, l’internationale espagnole Marta Carro (34 ans), dernière recrue des Marseillaises, pourrait faire ses premiers pas sous le maillot olympien.

    2e journée – Arkema Première Ligue

    À 21h, au stade Francis-Turcan, à Martigues

  • Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Déferlante de colère sociale sur Marseille

    Il faut savoir dire stop ! Stop à l’injustice sociale, stop au non-respect du vote du peuple, stop aux centaines de milliards qui sont versés aux entreprises sans contreparties ! Stop à m’ment donné ! » Devant le Mucem à Marseille, Stéphane Martins De Araujo, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, donne le ton de l’état d’esprit des manifestants qui battent le pavé marseillais ce 18 septembre.

    À ses côtés, les travailleurs de la métallurgie des usines du bassin de l’Étang de Berre allument une myriade de fumigènes. Devant lui, des milliers de chasubles rouges estampillés CGT marchent d’un pas déterminé. En fond, on aperçoit à peine le camion avec ballon de la FSU et à l’autre bout du port, des manifestants attendent encore leur tour avant de prendre le départ. Le Vieux-Port est plein à craquer. C’est dire l’ampleur du cortège, au niveau des plus grosses manifestations contre la réforme des retraites. Et tous dénoncent avec force les politiques libérales. « On se bat pour obtenir de nouveaux conquis sociaux, pas en perdre comme on le subit année après année depuis trop longtemps. La retraite doit revenir à 60 ans », tonne Stéphane Martins De Araujo. Avant de développer sur la réalité des conditions de travail des ouvriers : « Entre la pénibilité et l’exposition à plusieurs produits nocifs, on a une explosion des maladies professionnelles, année après année. Travailler à 64 ans dans ces conditions, c’est impossible. »

    La retraite toujours dans les têtes

    Il fait également le lien avec les débats autour du budget : « C’est ahurissant, on ne peut pas donner des millions d’euros à un milliardaire et lui laisser la main sur l’industrie française qui s’en sert pour de la casse sociale ! » Des propos qui font écho aux messages inscrits sur les pancartes des manifestants : « Toujours les mêmes qui subissent : les travailleurs pauvres et de la classe moyenne », « Taxons les super riches et leurs super profits pour l’école et la santé » ou encore « Plus rien à traire ici ». Cette demande unanime de justice fiscale est sans doute symbolisée par le refus toujours aussi prégnant de la réforme des retraites et son passage de l’âge de départ à 64 ans. « Il faut une rupture complète des politiques menées. L’abrogation de la réforme des retraites ne serait pas que symbolique, mais ça montrerait un changement radical. C’est la première mesure d’urgence à prendre. Depuis 2023, une majorité de la population est toujours hostile à cette réforme », insiste Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca.

    Entre le combat syndical de 2023 et aujourd’hui, le lien est tout trouvé : « Ce 18 septembre, les travailleurs se mobilisent massivement. À des niveaux qu’on n’a pas vus depuis des années, au moins depuis les mobilisations contre cette réforme. » Avis partagé par Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13, qui évoque « une grève massive dans les établissements scolaires et les services publics ». « Il y a un monde fou dans les rues aujourd’hui, plus que le 10. Ça montre que la population veut une autre politique, sans budget d’austérité. Et on a des propositions pour un budget qui finance les services publics, l’abrogation de la réforme des retraites », développe le syndicaliste.

    Encore plus fort que le 10

    Plus de monde que le 10 ? Tout le monde s’accorde pour le dire, comme un signe que la colère sociale s’enracine profondément. Dans les cortèges, on retrouve la même fougue de la jeunesse qui s’y était exprimée tout en ajoutant une présence massive d’une grande diversité de travailleurs du public comme du privé. Les ouvriers CGT de Coca-Cola des Pennes-Mirabeau, les travailleurs des autoroutes du Sud de Vinci, de Technicatom, les cheminots, des travailleurs du BTP ou de la logistique, les dockers et agents portuaires du Grand port Maritime… « 48 milliards d’euros d’économies ou 38, on n’en veut pas ! Les travailleurs se mobilisent contre les politiques de casse sociale. On veut que les choix politiques permettent de vivre et travailler dignement », tonne Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Si elle juge la mobilisation réussie, son organisation planche déjà sur la suite, au niveau national comme départemental. « On construit la suite du rapport de force. La journée du 9 octobre sera départementalisée, c’est en lien avec le budget de la sécurité sociale », explique la syndicaliste. Le combat ne fait donc que commencer pour les militants.

    Sur tout le territoire, une déferlante populaire a battu le pavé, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Var , le Vaucluse ou encore l’Occitanie. Nos reporters étaient dans la manifestation.

    A Avignon, Marseille à Montpellier.

    A Béziers !

    A Toulon

  • Le Medef Sud combat LFI mais « discute » avec le RN

    Le Medef Sud combat LFI mais « discute » avec le RN

    En conférence de presse, ce mercredi à Marseille, le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou, a décidé d’envoyer les pieds à l’encontre de différents partis de gauche, sur fond de débat autour du budget et des consultations du Premier ministre, Sébastien Lecornu. « La démagogie, le clientélisme, l’incurie et l’inculture des politiques, notamment LFistes, m’insupportent de plus en plus. Raconter à ce point des bêtises, ce n’est pas possible ! », entame-t-il, visiblement remonté. Il fait notamment référence au passage d’Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, sur BFMTV, le 11 septembre dernier, qui s’était pour le moins emmêlé les pinceaux à propos du fonctionnement de la taxe Zucman. « LFI, Mélenchon, Coquerel… Ils surfent sur les angoisses des gens qui ne voient pas de perspectives et qui considèrent que faire payer les riches peut apporter des réponses à leurs difficultés, ce qui est totalement faux », développe Stéphane Benhamou. Il s’attaque également à l’économiste Gabriel Zucman et ses soutiens. « Ce nouvel économiste… Un pikettyste punaise ! [sic, référence à l’économiste classé à gauche Thomas Piketty] Il n’a jamais vu une entreprise. Il ne sait pas faire la différence entre un résultat d’exploitation et le patrimoine virtuel. » En passant, le PS en prend aussi pour son grade puisque l’entrepreneur varois dénonce ses « gesticulations ». « On ne peut pas se revendiquer élu de la république et tenir des propos clientélistes comme ça », tacle-t-il, accusant les socialistes de « surfer à 6 mois des municipales ». En bref, Stéphane Benhamou suit les traces de Patrick Martin, président du Medef, dans sa montée au créneau contre une potentielle reprise de mesures proposées par la gauche par le nouveau Premier ministre.

    « Ils veulent la stabilité fiscale »

    Mais il va bien plus loin dans son raisonnement, dressant un cordon sanitaire à l’encontre de LFI : « Je reconnais le travail des élus locaux et régionaux, de toutes couleurs politiques confondues, à l’exception de LFI. » Par contre, il n’a visiblement aucun problème à tendre l’oreille en direction d’élus d’extrême droite. « Je discute très régulièrement avec des députés du RN, tous me disent qu’ils veulent la stabilité fiscale, qu’ils demandent à ce que les entreprises ne soient pas davantage taxées », explique-t-il sans sourciller. De quoi contraster avec la position de son prédécesseur, Jean-Louis Maurizi, qui pointait un « programme économique vide et [qui] n’a aucun sens » du côté du RN lors des dernières élections européennes. Après l’invitation de Jordan Bardella à l’université d’été de l’organisation patronale, espérons que le grand patronat ne reprenne pas des positions que l’on croyait révolues depuis 1944…

  • Le nom de Pape Diouf donné au centre sportif de Belsunce

    Le nom de Pape Diouf donné au centre sportif de Belsunce

    C’est une forte personnalité de la ville de Marseille qui a été honorée, ce mercredi, à Belsunce. Le centre sportif Pape-Diouf (décédé en mars 2020 du Covid-19) a été inauguré en présence de sa famille, dont son fils Karim, ainsi que de la maire des 1er et 7e arrondissements Sophie Camard (GRS). Ce nouveau lieu voit enfin le jour, quinze ans après les premières idées de transformation.

    Un relooking total pour l’ancien couvent des Visitandines devenu un complexe de 885 m² sur trois étages. Des salles multisports, sports de combat et danse ont été créées et serviront aux écoles, centres aérés et associations sportives du quartier. Ce bâtiment, avec ses voûtes et sa charpente en bois, a été sublimé pour pouvoir offrir aux locaux un terrain d’épanouissement. Cette inauguration vient compléter le fait que le city stade jouxtant la bâtisse a été ouvert en 2015. À l’ombre des immeubles, non loin de la gare Saint-Charles, les jeunes ont maintenant un lieu pour pratiquer de nombreuses activités physiques.

    Lors de son allocution, Sophie Camard a mis en avant le pourquoi du choix Pape Diouf pour ce centre sportif. « Il fallait quelqu’un symbolisant le quartier, une personnalité synonyme d’ascension. Pape Diouf était simplement aimé des Marseillais et Marseillaises. » La maire poursuit : « En avril 2024, les élus, quel que soit leur bord politique, ont validé à l’unanimité le choix de Pape Diouf pour le nom de ce centre sportif. » Après le feu vert de la famille, la décision a été entérinée. Sur l’estrade installée devant la façade de l’édifice, Karim Diouf a pris la parole pour évoquer le souvenir de son père. Des applaudissements ont suivi. « C’est une immense fierté et un grand honneur d’inaugurer ce lieu. Mon père est arrivé à Marseille à 18 ans. C’est là où il s’est installé, là où il a appris la vie et a créé ses premières connexions dans la ville. »

    Pape Diouf, marseillais de préférence

    Belsunce, lieu de rencontres, celle avec son premier amour, la mère de Karim, et simplement l’endroit où il aimait revenir, pour aller au café ou au restaurant.

    Journaliste pendant 12 années à La Marseillaise (lire ci-contre), Pape Diouf a grandi grâce à sa ville d’adoption. Adopté, le mot est évident pour désigner la relation entre Marseille et l’ancien président de l’OM (2005-2009). La cité phocéenne l’a couvé et Pape Diouf a voulu le lui rendre tout au long de sa vie. « Il était fasciné par la ville, au point qu’il a longtemps repoussé son retour au Sénégal », en sourit son fils. S’il lui faudrait « trois millions de signes » pour décrire ce qu’il garde de son père, Karim apprécie l’image conservée par son aîné : « C’était un homme juste, simple et généreux. Je suis heureux qu’il ait laissé un héritage à Marseille, en France et en Afrique. »

    Pape Diouf aimait le sport, la compétition mais aussi la jeunesse. L’idée de transmettre était essentielle. Avec une fresque en son honneur dévoilée face au centre sportif, il veillera à jamais sur le complexe portant désormais son patronyme.

    « Je suis heureux qu’il ait laissé un héritage à Marseille »

    Karim Diouf