Tag: Marseille

  • [Témoignages] Faire face à la faim en 2025 : ils s’engagent

    [Témoignages] Faire face à la faim en 2025 : ils s’engagent

    Aziz Djezzar, bénévole

    Aziz s’est impliqué dans les actions de l’association à sa création en 2021. Retraité, il était auparavant cariste dans une société de magasinier où il faisait des remplacements. Énergique et ayant la fibre associative, selon ses collègues, Aziz était auparavant bénévole dans une association sportive de judo et musculation. Lorsque Kader lui a proposé de travailler avec lui, il n’a pas hésité longtemps, aujourd’hui : « Je suis épanoui en venant ici, pouvoir aider les gens et aller à leur rencontre… »

    Élie Bonanni, trésorier

    « J’ai eu une intolérance à la farine », explique Élie. Ancien boulanger-pâtissier qui a dû cesser son activité après 30 ans de métier. Lorsque Kader lui a proposé d’intégrer l’association en 2021, il a souhaité y participer et en est aujourd’hui le trésorier. Mandataire pour ses deux parents handicapés l’homme voulait occuper son temps libre pour que les gens vivent mieux : « Aider les personnes dans le besoin c’est une façon d’aller vers l’avenir », explique-t-il. Et « avoir à manger c’est une nécessité ».

    Yoann Faure, bénévole

    Yoann a rejoint l’association après la perte de son travail il y a deux ans. « J’ai eu un accident de travail et je ne peux plus travailler. » L’ancien conducteur d’engins a eu de multiples problèmes de dos et ne trouve plus de travail aujourd’hui. En attendant de retrouver une activité, il a souhaité mettre son temps à disposition pour aider les personnes de la cité. Habitant de Forbin depuis quarante ans il dit trouver « plaisant de pouvoir aider les gens qui n’ont pas à manger et qu’il croise tous les jours ».

  • Faire face à la faim en 2025 : à Marseille, les bénévoles tentent de subvenir aux besoins

    Faire face à la faim en 2025 : à Marseille, les bénévoles tentent de subvenir aux besoins

    « On sait ce que représente la Banque alimentaire, c’est un devoir de participer à cette collecte », appuie Abdelkader Boubeker, fondateur de l’association Forbin. À ce jour la Banque alimentaire nationale estime la portée de son aide à 2,4 millions de personnes, elle approvisionne 6 044 associations partenaires. Forbin est l’un de ces points relais. « Tous les 15 jours, nous allons à l’antenne de la Pomme pour réarmer nos stocks. On décharge trois à quatre tonnes de produits », exprime fièrement Kader, « les commandes se font en amont sur internet ». Forbin aide 200 familles, cela débloque un certain nombre de points et donc un certain nombre de produits disponibles, « par exemple j’ai le droit de commander 200 bouteilles de lait », explique-t-il.

    En arrivant dans le local ou plutôt « la maison du bonheur » comme affiché sur la porte, Fakia Bengana, résidente du Bosquet, s’approche du trésorier pour récupérer un jeton, « cela permet de réguler les flux », explique Kader, mais aussi de vérifier les inscriptions. Elle retourne sur ses pas et s’assoit sur l’un des sièges, entourée d’autres femmes pour attendre son tour. « Pour s’inscrire, il faut présenter une fiche d’imposition, prouver son identité et participer à hauteur de 10 euros symboliques par an », détaille-t-il. Lorsque leur tour arrive, les bénéficiaires peuvent rentrer dans une seconde salle et choisir leurs produits. « L’hygiène est très importante, si les bénéficiaires ne viennent pas avec leur sac surgelé, ils ne peuvent pas en prendre », montre Kader. Fakia ou les autres bénéficiaires ne peuvent pas toucher les produits. Aziz Djezzar et Gérard Data, gants en latex aux mains, déposent les articles sur un chariot à roulette et guident la petite dame à travers ses achats, « ici tout est entre cinquante centimes et deux euros maximum », détaillent les deux bénévoles retraités. Le parcours se termine aux fruits et légumes, à côté de la file d’attente, le rayon de Yoann Faure. « Ça vous fera un euro cinquante, Madame », dit-il après avoir pesé le sachet.

    Les bénéficiaires vont ensuite voir le trésorier Élie Bonnani pour payer. Posté derrière son bureau, l’homme au visage froid surprend par son enchaînement de blagues. « Parfois j’aide aussi les bénévoles. On se sent comme une famille ici, on peut discuter », explique Fakia, qui a été contrainte de venir jusqu’à Forbin après que l’association de son quartier a cessé ses activités il y a deux ans. Kader déplore la baisse des subventions aux associations alors que les besoins ont augmenté : « Depuis le Covid, la précarité s’est accrue ; on a de plus en plus de jeunes qui viennent. » Yamina Mansri, femme de ménage et mère de trois enfants, ajoute à la volée : « Nous sommes en guerre comme dit Macron. Mais la guerre c’est de finir les fins de mois. »

    En parallèle Kader constate une hausse du bénévolat spontané. Pour autant, les temps sont durs pour son association comme pour les autres, il explique que « les 3 000 euros de subventions couvrent à peine le loyer et les charges ». Yamina insiste : « L’équipe est super, ils sont sociables et gentils. J’ai trouvé un endroit où je me sens bien. » En partant, la femme de ménage s’exclame : « Merci les jeunes ! »

    Le nombre de bénéficiaires a doublé dans le Var

    Dans le Var, la collecte de la Banque alimentaire de La Garde est soutenue par 220 commerces, surtout alimentaires. 1 500 bénévoles sont mobilisés pour collecter les denrées, avec comme priorités, pour pallier les manques, les plats cuisinés (ravioli, couscous…), café, riz, compotes, desserts, biscuits et couches pour bébés. Une campagne d’importance, car en 2025, « le nombre de bénéficiaires a doublé, de 30 000 à 62 000 », déplore Martine Hergat, vice-présidente de la Banque alimentaire du Var. Et d’autant plus que le Fonds social européen a réduit ses subventions de 40%. En conséquence, une campagne de dons en ligne a été lancée sur monpaniersolidaire.org. Ad.B.

  • [Grand entretien] Hugues Aufray : « Mon rôle, c’est celui de fraterniser »

    [Grand entretien] Hugues Aufray : « Mon rôle, c’est celui de fraterniser »

    La Marseillaise : Pourquoi le thème de la fraternité est-il au cœur d’un certain nombre de vos titres depuis 65 ans et le début de votre carrière ?

    Hugues Aufray : Si j’ai chanté ça, c’est que cela a toujours occupé la totalité de mon esprit. Pas en tant que chanteur mais en tant qu’être humain. Lorsque j’étais plus jeune, je voulais faire de la sculpture et je ne me destinais pas du tout à la chanson. Malgré tout, quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup chanter à l’église, en chorale car j’ai fait ma scolarité chez les curés, les Dominicains. Nous chantions alors énormément. On avait un professeur de musique qui nous transmettait cela d’une façon incroyable. Il s’appelait Monsieur Bach. C’était un descendant de Jean-Sébastien Bach qui tenait les orgues de l’école de Sorèze [commune du Tarn où il est élevé par sa mère pendant la guerre, jusqu’en 1945, Ndlr].

    L’amour de la musique vous est donc venu en même temps que la religion ?

    H.A. : Chez moi, la musique était liée au christianisme. Moi, je suis chrétien non pratiquant. Je suis agnostique. Je sais que les valeurs fondamentales de l’humanisme, on les retrouve dans le christianisme : la fraternité, la lutte contre le racisme… Après l’aspect négatif de la religion, c’est sa politisation. Ils ont mis de la politique dans les religions, aussi bien dans l’islam que le judaïsme et le christianisme. Mais, à l’origine, si ces religions sont différentes, elles ont quand même le point commun de ne croire qu’en un seul dieu, ce qui ne fait donc pour moi aucune différence entre elles.

    Votre répertoire est aussi marqué par le voyage. D’où provient-il ?

    H.A. : J’ai toujours eu envie de voyager mais je n’en avais pas les moyens quand j’étais jeune. C’était alors la guerre, l’avenir était sombre. Un peu plus tard, j’ai eu le rêve américain en tête. Je lisais des bouquins de Mark Twain et j’étais aussi attiré par leur amour pour la musique.

    Dans les années 1960, vous rencontrez d’ailleurs Bob Dylan et faites partie des premiers Français
    à adapter ses chansons, voire
    l’un des premiers à populariser
    dans l’Hexagone ce type de répertoire anglo-saxon…

    H.A. : À la base, j’ai traduit les chansons de Bob Dylan car je ne comprenais pas ce qu’il disait. Les gens ont souvent perçu cela comme de la facilité mais moi, quand j’étais jeune, je n’avais pas du tout l’intention d’écrire des chansons. Après, pour revenir à mon goût pour l’Amérique, il est aussi né car c’était à l’origine une terre d’immigrés qui y ont emmené avec eux leurs musiques respectives. La musique américaine est née de la plus grande migration de l’humanité : celle qui vient d’Afrique car il y a eu la déportation de tous ces malheureux, noirs, esclaves. Au contact des chrétiens et protestants qui y ont créé des temples, les noirs ont mis tout leur génie pour transformer ces musiques et en faire le blues, le gospel, puis le swing, le jazz… Une histoire d’héritage et de métissage.

    En 1966, à Paris, vous faites partie d’artistes qui chantent lors du premier concert français contre le racisme, devant Martin Luther King…

    H.A. : Oui j’ai chanté Les crayons de couleur [adaptation du titre What color (is a man), Ndlr]. J’ai eu l’occasion de lui parler un peu mais je ne pratiquais pas bien l’anglais. J’étais un enfant de nature dyslexique. J’ai eu beaucoup de difficultés lors de ma scolarité. Je n’ai commencé à lire couramment le français qu’à l’âge de 11 ans. Les premiers livres en anglais que j’ai lus, c’était Mark Twain, Le livre de la jungle de Rudyard Kipling… Lors du concert contre le racisme, les gens ont expliqué à Martin Luther King qui j’étais. J’avais déjà la trentaine. Moi, mon rôle, c’est de fraterniser. Et ce que je crois être juste, je le dis dans mes chansons.

    La fraternité et le voyage irriguent aussi et surtout, votre premier tube « Santiano », sorti en 1961. Une reprise d’un chant de marins irlandais, lui-même repris par la suite par
    les supporters de l’OM au
    stade Vélodrome («
     Hissez haut,
    les drapeaux
     »)…

    H.A. : Enfant, j’avais le rêve d’aller aux États-Unis, où la musique populaire était considérée et merveilleuse. Je m’en suis inspiré sans savoir que j’allais par la suite avoir tout ce succès. Mais, aujourd’hui, quand vous me dîtes qu’ils chantent Santiano pendant les matchs de l’OM, je pense que c’est cela ma réussite. Tout comme quand j’entends plein d’enfants chanter encore Hasta luego, Céline, Stewball et bien d’autres. Ça me touche. L’enfance, c’est quelque chose de capital. Et Santiano, c’est aussi un titre qui est chanté à chaque match par les supporters de l’équipe de rugby de La Rochelle.

  • Des passerelles festives entre les mondes avec Opéra Mundi

    Des passerelles festives entre les mondes avec Opéra Mundi

    Le premier temps fort de l’année, débuté vendredi soir et qui continue samedi, est l’occasion de participer à deux conférences et rencontrer trois grands chercheurs, ainsi que la projection de deux films d’animation sur la question centrale de l’alimentation.

    « Penser l’alimentation aujourd’hui » est l’intitulé du premier temps fort de cette 11e saison. Depuis 2015, l’association Opéra Mundi propose de nombreuses conférences sur un thème central, suivies des « apéros mundi ». « En déconstruisant l’espace, les gens se permettent de s’exprimer plus librement. On remarque que quand ils prennent la parole, ils parlent au nom de tous et non pas pour leur propre individualité », explique Cécile Arnold, cofondatrice de l’association, revenant sur la richesse des temps d’échanges entre le public et les intervenants. Durant ces deux jours, deux conférences et deux projections ont lieu, dont Patate et le jardin potager pour les enfants, en présence de maraîchers locaux. L’événement est d’ores et déjà complet. En février, s’ensuivra le festival Mundi, le cœur de chaque saison. Du 3 au 7 février, une conférence aura lieu chaque jour, avec la présence de chercheurs à portée nationale voire internationale de haut vol.

    Échanges et réciprocité

    Une « conférence, performance surprise », clôturera le festival lors d’une rencontre entre un chef cuisinier et un philosophe qui synthétiseront cette dense semaine, suivie par une « fiesta » pour danser sur un DJ set de Radio grenouille. Au printemps, le programme n’est pas encore dévoilé, mais le cofondateur d’Opéra Mundi, Éric Giraud, souhaite ouvrir de nouvelles perspectives à l’événement et étendre son rayonnement dans le Var. La ville de Toulon « se développe fortement au niveau de la culture » et sera probablement la prochaine destination de l’association explique-t-il, ajoutant son désir de revenir sur ces terres natales.

    L’approche d’Opéra Mundi se fonde sur la réciprocité. « On fait le choix d’inviter des orateurs capables de véhiculer une pensée forte avec des termes simples, sans pour autant vulgariser. » Cette pensée mouvante permet aussi aux experts de se confronter à la société, dans un milieu restreint où les discussions se font habituellement entre pairs. Tout cela permet aux chercheurs comme au public de « revenir à une simplicité dont chacun a besoin » conclut Cécile Arnold, pour encrer concrètement ces discussions dans les pratiques.

    Toutes les conférences et événements sont gratuits sur réservation sauf la fiesta Mundi.

    La Fabulerie, 10 bd Garibaldi, 13001 Marseille.

  • Les Spartiates tombent de haut contre les Dragons de Rouen

    Les Spartiates tombent de haut contre les Dragons de Rouen

    Onze minutes. C’est le temps qu’il a suffi aux Dragons de Rouen pour prendre trois longueurs d’avance sur les Spartiates de Marseille, vendredi soir au Pomge, à l’occasion de la 20e journée de Ligue Magnus.

    James Phelan, Chase Gresock, puis Rolands Vigners ont réussi à tromper le gardien phocéen Libor Kasik, avant de creuser davantage l’écart dans le deuxième tiers-temps. Avec cette sixième défaite de la saison, les protégés de Luc Tardif ne figurent plus sur le podium au classement.

    Une désillusion à rapidement oublier pour les Phocéens, qui ont l’occasion de se racheter de nouveau à domicile, dimanche à 18h30, contre les Rapaces de Gap, 11e et avant-derniers de Ligue Magnus. Les Haut-Alpins, défaits lors du premier round face aux Spartiates (1-4, le 16 septembre), restent sur une série de neuf revers consécutifs, toutes compétitions confondues.

    RÉSULTATS

    MARSEILLE 0

    ROUEN 6

    20e journée – Ligue Magnus

    Au Palais omnisports de Marseille (5 268 spectateurs)

    Arbitre : MM. Martin et Erneck

    Buts : Phelan (1’, 30’), Gresock (6’), Vigners (11’), Nesa (33’), Rech (58’) pour Rouen.

    Pénalités : Schmitt (20’) pour Rouen ; Kasik (47’) pour Marseille

    MARSEILLE : Kasik, Gourdin – Ruusu, Corvez, Cantagallo, Petersson, Bourgeois (A), Lindgren – Thompson, Joubert, Bouvet, Colotti (C), Lavoie, Myllymaa, Dair, Tavernier, Dufek (A), Welsh, Stromberg, Nsonsa Kitala.

    Entraîneur : Luc Tardif.

    ROUEN : Mugnier, Aloyan – Holway, Roy, Schmitt, Yeo (A), Chakiachvili (A), Bouramman – Colomban, Perret, Lafrance, Phelan, Rech, Simonsen, Lamperier (C), Tessier, Gresock, Avonde, Vigners.

    Entraîneur : Csaba Szekely.

  • Jean-Louis Comini analyse le jeu moderne et l’OM

    Jean-Louis Comini analyse le jeu moderne et l’OM

    Jean-Louis Comini a connu son heure de gloire avec le FC Martigues.

    En 1983, il est dans l’équipe Sang et Or qui élimine Saint-Étienne, en 16e de finale de Coupe de France. Au marquage de Laurent Paganelli, il a depuis changé de casquette. Et était avec le consultant de Canal+ sur le match de Ligue des Champions, mardi, au Vélodrome.

    S’il a apprécié le résultat, l’ancien défenseur avoue être resté sur sa faim. « Sur ce que j’ai vu, l’OM n’a pas été assez joueur. Il y a de la bonne volonté, une envie évidente de jouer comme une grande équipe. Mais jouer comme Barcelone ne se fait pas en un jour. »

    En tant qu’ancien défenseur, il a surtout regardé le travail d’Emerson et Timothy Weah. « Ce n’est pas le football que je pratiquai », reconnaît-il. « à mon époque, si un latéral dépassait la ligne médiane balle au pied, il se faisait souffler dans les bronches par son entraîneur ! »

    Concernant l’OM, il reconnaît que ce que fait l’équipe « est plaisant. Surtout si l’on regarde en détail la seconde période. » Il estime que le groupe de Roberto De Zerbi a la capacité d’aller chercher les barrages en Ligue des Champions. « Cela va se jouer sur les deux prochains matches face à Saint-Gilles et Liverpool ».

    Il se méfie des Belges. « Ils ont de la qualité. Leur victoire à Galatasaray en est un bel exemple. » Il voit d’ailleurs dans la confrontation à venir, « un peu le même type de match que face à Newcastle ».

    Enfin, en tant qu’ancien du FC Martigues, il se dit « triste face à ce qui est une grosse catastrophe dont le club aura du mal à se remettre. C’est un peu ce qu’a vécu Avignon. »

  • L’OM peut se faire la belle

    L’OM peut se faire la belle

    Et si, quatre jours après s’être relancés en Ligue des Champions, les Marseillais se retrouvaient leaders de la Ligue 1 ?

    Lorsqu’Éric Wattellier donnera le coup d’envoi d’OM- Toulouse, samedi à 21h05, les hommes de Roberto De Zerbi connaîtront le résultat de Monaco-PSG, joué un peu plus tôt dans l’après-midi. Et si les Parisiens ne gagnent pas en Principauté, voire s’ils s’inclinent, un succès phocéen offrirait le fauteuil de leader aux Marseillais.

    « Tout va bien pour nous en ce moment », clame Leo Balerdi. Comment expliquer ce retour de l’efficacité, dont ont été victimes Brest et Nice en Ligue 1, puis Newcastle en Ligue des Champions ? « L’entraîneur nous demande d’être rigoureux. En l’étant, le jeu arrive tout seul », poursuit le capitaine de l’OM.

    L’Argentin insiste sur les progrès collectifs, « ce qui nous a fait gagner en maturité. Maturité qui, si nous la conservons, nous permettra de réaliser une bonne saison. » Jusqu’à présent, l’OM a connu des cycles plus ou moins efficaces. Une entame ratée, une série de cinq matches victorieux, mais aussi un enchaînement de déboires, notamment en Ligue des Champions, qui aurait pu plomber l’ambiance dans le groupe.

    La réception de Toulouse est l’occasion de poursuivre une série positive, lancée par un festival offensif face à Brest, déjà au Vélodrome. Un stade où l’attaque olympienne se montre redoutable, avec 60 buts marqués dans l’année.

    « Quand nous jouons ici, il y a une magie différente, qui nous fait avoir une meilleure estime de nous-mêmes », souligne Roberto De Zerbi. Néanmoins, il a conscience de la fragilité de cette situation, qui nécessite une concentration de tous les instants, afin de conserver le soutien d’un public à nul autre pareil.

    Face à Toulouse, il a conscience de la tâche qui attend ses hommes. « Nous devons rester lucides, voir le piège qui se cache derrière cette équipe », prévient-il. « Il nous faut être à 100% au Vélodrome, pour avoir le public avec nous. Ses encouragements nous rendent plus forts et c’est plus facile de gagner comme ça », note Leo Balerdi.

    Pour ce match, Roberto De Zerbi aura en tête la gestion de ses joueurs. Néanmoins, il disposera d’une semaine avant le déplacement à Lille (vendredi) : « Je vais voir comment gérer les temps de jeux de chacun, surtout ceux qui jouent beaucoup ou reviennent de blessure. » La tendance serait de reconduire la majorité des joueurs qui ont débuté face à Newcastle. Notamment Pierre-Emerick Aubameyang, qui « est en forme et s’alimente de ses buts ». De quoi lui donner des idées pour sa pointe offensive face aux Toulousains en vue de se faire la belle.

    Nayef Aguerd bon pour le service samedi

    L’OM et son défenseur ont mis les bouchées doubles pour retrouver la forme.

    Nayef Aguerd, qui redoutait de souffrir d’une pubalgie, n’avait pas participé aux matches à Nice et face à Newcastle. Et en sélection du Maroc, il avait eu droit à des soins avant de revenir plus tôt que prévu à la Commanderie.

    En conférence de presse, Roberto De Zerbi a donné de ses nouvelles. « Il peut jouer et sera dans le groupe », a confié l’Italien. Maintenant, il faut voir si Nayef Aguerd est suffisamment rétabli pour débuter la rencontre. S’il est en capacité d’enchaîner les déplacements à Lille, vendredi prochain, puis à Bruxelles, pour le sixième match de Ligue des Champions contre l’US Saint-Gilles.

    Sachant que, dans la foulée, il devrait rejoindre le Maroc pour disputer la Coupe d’Afrique des Nations, il n’est pas certain que Roberto De Zerbi prenne des risques, s’il n’est pas sûr du rétablissement total de son défenseur.

    Le staff médical tranchera.

    Repères

    L’université en partenaire

    En amont du match face à Toulouse, l’OM et Aix-Marseille Université vont signer un partenariat. Pablo Longoria, président de l’OM et Éric Berton, son homologue de l’AMU, en donneront les détails.

    Maillot Bonne Mère

    Pour une fois, les Olympiens n’arboreront pas leur habituelle tenue blanche au Vélodrome. Afin de rendre hommage à Notre-Dame de la Garde, dont la restauration est en cours, les joueurs évolueront avec une tunique couleur or.

    Partenariat

    L’OM et son partenaire numéro 1 ont annoncé qu’ils poursuivraient leur aventure commune jusqu’en 2028. Le nom de la CMA CGM restera donc sur les poitrines des joueurs.

  • Les centres sociaux, une alternative d’avenir face au tout sécuritaire

    Les centres sociaux, une alternative d’avenir face au tout sécuritaire

    Au programme de ces Journées exclusivement réservées aux salariés et bénévoles des centres sociaux : trois jours d’échanges et d’ateliers entre de nombreux acteurs venus de toute la France, outre-mer compris. L’événement prendra place dans un contexte de grands manques de moyens. Situation dénoncée unanimement par l’ensemble du secteur.

    Le rendez-vous réunit entre 700 et 800 personnes qui vont pouvoir débattre sur des thématiques allant de l’accès aux droits aux libertés associatives.

    Au centre de l’événement : l’animation globale, une méthode de travail qui vise à élaborer un projet sur un territoire de proximité. Pour permettre à toutes les personnes de participer à des projets collectifs, à la vie du centre social, du territoire et au dialogue avec les institutions publiques.

    Axes de travail

    Véritables outils de lutte, les centres sociaux offrent des pistes de réflexions sur nombre de sujets, comme par exemple celui du narcotrafic, qui marque tragiquement l’actualité marseillaise. Tarik Touharia, président de la Fédération nationale des centres sociaux développe : « Concernant la question du narcotrafic, il n’y a pas qu’une approche sécuritaire qui est possible, les centres sociaux ont aussi un rôle très important à jouer pour offrir des perspectives, du lien, à des jeunes qui en manquent parfois cruellement. » De son côté, Joseph Richard-Cochet, président de l’union des centres sociaux des Bouches-du-Rhône dénonce un manque cruel de moyens : « Le message que je veux faire passer aux institutions c’est : appuyez-vous sur les centres sociaux ! » et d’ajouter : « Faites-nous confiance et donnez-nous les moyens de travailler correctement ! Parce qu’il y a un vrai travail de fond, qui permet de répondre à des problématiques politiques publiques, de société qui sont très importantes ! »

    Ce rendez-vous va permettre à l’ensemble des participants de travailler de grands axes : « Rendre visible le travail des centres sociaux, partager sur les pratiques d’animation avec des gens venus des quatre coins du pays », rappelle Tarik Touharia, qui conclut : « Nous avons besoin d’être reconnus, sécurisés et soutenus » par les acteurs publics et privés.

  • Une nouvelle feuille de route pour Euromed

    Une nouvelle feuille de route pour Euromed

    « On veut un Euromed qui fasse rêver ! » Après avoir pris le relais de Laure-Agnès Caradec à la tête d’Euroméditerranée, Isabelle Campagnola-Savon a présenté sa « feuille de route » pour l’avenir de l’aménageur, ce vendredi. Une feuille de route qui ne manque pas d’idées et dont le conseil d’administration d’Euromed a déjà connaissance puisqu’il s’est déroulé la veille. La conseillère régionale (Horizons) dresse deux axes principaux pour les années à venir : poursuivre le travail sur « la gouvernance partagée » et sur les « enjeux stratégiques à venir ». Concrètement, elle entend « associer les entreprises, les acteurs associatifs et culturels et les habitants » pour le développement d’Euromed. Et de « travailler de manière concertée avec la Ville, la Métropole et la Région ».

    Un projet architectural « totem » et une Arena ?

    Elle a aussi dans le viseur la finalisation des « projets d’ampleur » déjà, plus ou moins sur les rails, comme celui du « parc des Aygalades et la reconversion du Canet ». Autre volet sur lequel elle insiste : « L’attractivité et le développement économique. » Et évoque un possible renforcement du partenariat avec Rising Sud, l’agence économique de la Région. Et de lancer des idées pour le moins ambitieuses : « La création d’un bâtiment architectural, un nouveau totem à l’image de ce qu’on a avec le Mucem, qui donne de la lumière sur Euromed 2. » Autre exemple : « On pourrait étudier la faisabilité d’une Arena. La ville de Marseille a besoin d’une infrastructure comme ça. » Ou encore « la création de la rue méditerranéenne durable complètement désimperméabilisée ». Elle précise tout de même que « ce ne sont que des pistes de réflexion » et que « rien n’est acté ». Concrètement : le projet « totem » qu’elle porte n’a pas de lieu défini, ni de calendrier et d’enveloppe financière prévue. Pour l’épineux dossier du Dock des Suds, là encore « rien n’est arrêté ». Une stratégie floue ? « Une feuille de route, c’est se donner des perspectives », répond l’élue.

  • L’habitat inclusif en question au Département

    L’habitat inclusif en question au Département

    Un contexte, un besoin, des enjeux. Le Département des Bouches-du-Rhône organisait, vendredi, une journée dédiée à l’habitat inclusif. Un dispositif pour personnes de plus de 65 ans ou handicapées, combinant espaces privatifs et communs pour favoriser autonomie et vie sociale. Objectif ? Lutter contre l’isolement grâce à un projet de vie partagée et un accompagnement adapté.

    « Une journée pour valoriser ce dispositif particulier et échanger les bonnes pratiques avec les porteurs de projets déjà installés qui ont bénéficié de l’aide à la vie partagée », explique Jean-Marc Perrin, conseiller départemental (DVD) et président de la commission des financeurs pour l’habitat inclusif.

    Dans les Bouches-du-Rhône : 41 projets sont ouverts, s’adressant à 623 personnes pour un financement état-Département de 2 millions d’euros en 2025. 4,75 millions sont prévus d’ici 2028. « On est soutenu par l’État via la Caisse nationale de solidarité à l’autonomie mais je suis inquiet », reprend Jean-Marc Perrin. « Sur les premiers appels à manifestation d’intérêt, l’État nous soutenait à hauteur de 85%, aujourd’hui on est à 50%. Le reste est à charge des Départements dans des situations budgétaires compliquées. J’espère que la baisse de ce soutien va s’arrêter. »

    Une précarité

    plus marquée

    D’autant que le dispositif de l’habitat inclusif paraît homéopathique au regard du vieillissement de la population du département. On y compte 558 000 personnes de plus de 60 ans et 70 600 personnes de plus de 85 ans, en hausse de 30% depuis 2015. En 2030, selon les prévisions, le territoire comptera 77 000 personnes de plus de 75 ans en situation de dépendance dont 80% de femmes.

    « Une population sur laquelle pèse une précarité plus marquée que dans le reste du pays », observe Laurence Diederichs-Diop, cheffe du service Observatoire de Provence. Ici les bénéficiaires du minimum vieillesse représentent 8% de la population contre 4,3% en France. Les femmes avec leurs carrières hachées et des retraites inférieures de 40% à celles des hommes, sont particulièrement vulnérables. Côté handicap, 160 000 personnes ont des droits ouverts à la MDPH, 36 900 sont allocataires de l’aide adulte handicapé et 11 600 bénéficient de prestations et d’allocations compensatrices (PCH et ACTC).

    Cette longévité interroge donc les dispositifs classiques au regard des besoins d’accompagnement et de la variété des handicaps. L’habitat alternatif est une des pistes, considérant que 96% des plus de 60 ans et 83% des plus de 85 ans, vivent à domicile. Seuls, pour près de la moitié, et huit fois sur dix des femmes.

    Un contexte compliqué, accentué par la tension sur le parc de logement social. Sur ce sujet, Jean-Marc Perrin, tout nouveau président de 13 Habitat, le bailleur du département, n’a pas voulu s’exprimer. Dans un territoire où de nombreux maires de sa majorité se dérobent à leurs obligations sur la loi SRU, 11 000 personnes âgées sont pourtant en attente d’un logement social. 23% des demandes de mutations sont faites par des plus de 60 ans, réclamant dans 16% des cas un logement adapté à leur handicap. Au total, ce sont 6 000 sollicitations pour un logement adapté ou accessible…

    Autre point de tensions, l’offre insuffisante en matière d’établissements collectifs. Avec 16 252 places en Ehpad, 3 703 en résidence autonomie et personnes âgées et 3 844 en hébergement adapté pour personnes en situation de handicap, le département affiche des taux largement inférieurs à la moyenne. « Et les prix sont ici plus élevés en raison de la faiblesse de l’offre d’établissements publics », explique Julia Rondon, conseillère technique pour le Département.

    à deux doigts de citer la ville de Marseille qui vient de lancer son premier Ehpad social public, en exemple.