Tag: Marseille

  • La sécheresse a coûté 2 milliards d’euros en Paca

    La sécheresse a coûté 2 milliards d’euros en Paca

    L’addition est vertigineuse. Les impacts conjugués de la sécheresse et des vagues de chaleur en Provence-Alpes-Côte d’Azur, entre les mois de juin et de septembre, représenteront cette année une perte de 2 milliards d’euros, estime une étude publiée ce dimanche dans la revue European Economic Review. De quoi en faire la quatrième région la plus touchée en Europe. Pour les seules Bouches-du-Rhône, ces pertes cumulées pèsent 966 millions d’euros, quand le Var a perdu 358 millions d’euros. Des conséquences encore sous-estimées : les dégâts des feux de forêts en particulier ne sont pas comptabilisés, à l’image de celui qui a ravagé 750 hectares aux portes de Marseille début juillet. « L’impact économique total va bien au-delà des dégâts physiques, écrit la principale autrice de l’étude, Sehrish Usman, chercheuse à l’université de Mannheim en Allemagne, accompagnée par deux économistes de la Banque centrale européenne. Les vagues de chaleur par exemple, causent par essence peu de dégâts physiques mais peuvent réduire de manière substantielle les heures de travail et la production. » Au total, la perte pour l’Union européenne est ainsi estimée à 43 milliards d’euros et à 10,1 milliards d’euros pour la France.

    Rail et agriculture doivent s’adapter

    Dans le dernier numéro de sa revue, SNCF Réseau Provence-Alpes-Côte d’Azur pointait déjà une nette hausse des incidents liés aux aléas climatiques dans la région, en particulier pour les fortes chaleurs et les tempêtes, le principal risque restant lié aux inondations. « Nous faisons évoluer nos organisations en termes de surveillance mais aussi nos processus de gestion de crise », indiquait le directeur régional Karim Touati, avec des tournées fortes chaleurs renforcées et des adaptations du réseau, comme des peintures « athermiques » pour les rails. Si de nombreux trains Intercités ont dû être annulés à Marseille cet été, du côté de la SNCF Réseau, les vagues de chaleur n’ont pas eu d’incidence sur les voies principales de la région. Côté voirie, si aucun impact n’est recensé, le schéma directeur adopté en décembre dernier a inscrit la résilience du réseau face au changement climatique dans ses cinq priorités, indique le Département.

    Pour le monde agricole, « la sécheresse a un impact économique énorme », pointe de son côté la présidente de la chambre d’agriculture régionale, Giorgia Lambertin. Si l’on reste loin de la catastrophe de 2022, « nous avons surtout souffert de la canicule de fin juin, suivie du froid en juillet », précise-t-elle, en pointant une faible productivité pour les cultures pérennes. Et d’alerter : « Nous avons de gros soucis sur la pérennité des exploitations qui ne sont pas irriguées », soit 20% de la surface agricole utile en région.

    Jusqu’à 5,2 milliards en 2029

    L’étude publiée ce dimanche vient contredire la dernière note de conjoncture de l’Insee parue le 11 septembre, qui jugeait que « les épisodes caniculaires de 2025 n’auraient pas d’impact immédiat significatif ». L’analyse mettait ainsi en avant une consommation en hausse, pour l’électricité comme pour certains produits rafraîchissants, et prévoyait une augmentation de la production agricole cette année. Le 4 juillet dernier, l’assureur Allianz estimait de son côté que la vague de chaleur du mois de juin coûterait à elle seule 9 milliards d’euros à la France. Mais pour les auteurs de l’étude, ce n’est qu’un début : les répercussions en série des vagues de chaleur de cet été feront grimper la facture au fil des années, jusqu’à atteindre 5,2 milliards d’euros au total en Provence-Alpes-Côte d’Azur d’ici 2029, et 2,5 milliards pour les Bouches-du-Rhône. « Avec la poursuite du changement climatique, ces conséquences vont probablement s’accroître les prochaines décennies », alertent-ils en conclusion.

    « Les conséquences vont probablement s’accroître »

  • La Foire est prête à célébrer son centenaire

    La Foire est prête à célébrer son centenaire

    « Un centenaire à célébrer, un nouvel élan à donner », c’est l’ambition de la Foire internationale de Marseille, organisée au parc Chanot (8e) du 26 septembre au 6 octobre, avec une exceptionnelle avant-première hors les murs, le 20 septembre. De 10h à 18h, trois « combi vintages » seront installées sur le Vieux-Port (1er) et proposeront, le temps d’une journée, un voyage « temporel immersif et participatif » à travers trois époques marquantes de l’histoire marseillaise et de la Foire, dans un « esprit de fierté et de convivialité ». Des places pour la Foire seront également à gagner, pour découvrir les 200 exposants invités cette année.

    L’offre commerciale de la Foire sera organisée en cinq unités. Répartis sur le hall 1,2, 3 et 8 et sur l’esplanade 8 du parc Chanot, les commerçants de l’habitat, de l’ameublement d’intérieur et d’extérieur et de l’électroménager proposeront un large panel de produits pour repenser sa maison du sol au plafond. Le hall 8 sera aussi celui des « petits plaisirs pour prendre soin de soi », où les visiteurs pourront retrouver marques beauté et bien être et création d’artisans locaux. Mais le vrai repère du savoir-faire marseillais se situera dans l’esplanade 1.

    Du local à l’international

    À l’occasion de cette édition anniversaire, la Ville de Marseille mettra à l’honneur les artisans, créateurs et entreprises labellisés « Fabriqués à Marseille », avec une exposition inédite de plus de 100 objets labellisés, des ateliers participatifs et une quinzaine de stands de producteurs prêts à partager « leur passion et produits ». « Marseille est une ville où l’on fabrique. Et il était bon de renouer avec cette tradition industrielle et artisanale, et faire en sorte que ce qui se fabrique à Marseille soit vu, connu et identifié comme tel », rappelle Jean-Pierre Cochet, adjoint au maire en charge du dynamisme économique (PS).

    4 000 m2 seront également consacrés aux productions issues de l’étranger avec au total 50 pays représentés. Parmi eux : l’Arménie, le Vietnam ou encore l’Italie, qui jouiront chacun d’un pavillon spécifique pour faire découvrir artisanat et gastronomie.

    Célébrer Marseille

    « Notre programmation va célébrer la fierté d’être marseillais. C’est le leitmotiv, c’est ce qu’on va retrouver et on espère que c’est ce que le public va ressentir », s’enthousiasme Hélène Caïco, responsable communication de la Foire de Marseille. Le public sera donc invité à célébrer « un siècle de rencontres, de découvertes et de fiertés marseillaises », grâce à la mise en avant de sportifs, humoristes, musiciens, danseurs et créateurs locaux. La grande scène, qui accueillera les performances artistiques de la Foire, mettra à l’honneur le parler marseillais avec la venue du linguiste Médéric Gasquet-Cyrus, le dimanche 28 septembre. La pièce de théâtre Mon accent marseillais sera également jouée le mercredi 1er octobre.

    Toujours pour valoriser le savoir-faire marseillais, une exposition inédite imaginée en partenariat avec Provence Studios plongera les visiteurs dans les secrets de fabrication du 7e art, qui s’est souvent appliqué, « parfois de façon caricaturale », à raconter Marseille.

    Quatre soirées seront organisées sur les onze jours de Foire, dont trois baptisées « soirées gourmandes » et prévues les 27 septembre, 2 et 4 octobre. Le vendredi 3 octobre promet d’être le point d’orgue de cette édition anniversaire avec une soirée célébration « hors-norme » qui se clôturera avec un feu d’artifice.

    Tarif sur place : 8 euros. Site web : foiredemarseille.com

  • Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Ils sont une cinquantaine à s’être rassemblés dans le hall de l’administration de l’hôpital Édouard-Toulouse, ce mardi midi, pour demander le maintien du service d’accueil familial thérapeutique (AFT). à l’appel de la CGT et FO, familles d’accueil, patients et personnels soignants ont fait irruption lors du comité social et économique (CSE) pour témoigner de l’utilité de ce service.

    Créé dans les années 90, ce dispositif permet à des patients atteints de troubles psychiatriques stables d’être hébergés en famille. L’un des membres doit être agréé par l’hôpital et devient donc salarié de la structure. Un service qui permet à quinze patients, accueillis dans huit familles, d’éviter l’hospitalisation.

    En juin dernier, lors d’un CSE, le directeur de l’hôpital, Thomas Acquier, avait annoncé vouloir utiliser les 750 000 euros de ce service pour financer l’unité de remédiation cognitive et évaluation. Une décision qui laisserait donc sur la touche les huit personnes en CDI, et les quinze patients accueillis. « La plupart des patients sont âgés et il n’y a pas de service géronto-psychiatrique. Beaucoup vont donc aller dans des Ehpad qui ne sont pas adaptés. Ils risquent de faire des décompensations psychotiques et donc revenir après à l’hôpital, alors qu’ils étaient stables », craint Pierre-Edouard Thiebaud, représentant CGT de l’hôpital.

    Quatre familles et deux patients ont témoigné ce mardi, devant le directeur, pour insister sur la nécessité d’un tel service, alors que sa fermeture était à l’ordre du jour. FO, qui a demandé que le sujet soit retiré de l’ordre du jour pour gagner du temps, a refusé de siéger au CSE. La CGT et SUD ont voté contre la fermeture du service, mais le directeur ne s’est pas démonté. « Il se cache derrière le choix des médecins, affirme Olivier Boyer, secrétaire général FO d’Edouard-Toulouse. Mais on sait qu’il n’y a pas eu de vote. Notre prochaine action sera d’interpeller les médecins », affirme-t-il.

    Une pétition pour le maintien des AFT a déjà rassemblé 250 signatures.

  • Real Madrid 3 (0)

    Real Madrid 3 (0)

    Eux aussi étaient lancés dans l’arène européenne, avec un immense défi à relever, comme leurs aînés. Les Minots se rendaient, ce mardi, à l’Estadio Alfredo di Stefano pour affronter les U19 (moins de 19 ans) du Real Madrid. Une première journée de la Youth League comme un premier petit pas sur la longue route menant à la finale à quatre de Nyon (Suisse), en avril 2026. Dans la capitale espagnole, les jeunes marseillais ont été battus après avoir mené deux fois au score
    (2-3). Des regrets après une prestation solide.

    Favori de cette confrontation, les jeunes Madrilènes ont mis le pied sur le ballon pendant une majeure partie de la première période. Certaines de leurs accélérations auraient pu être fatales aux Phocéens, mais le gardien, Yassine Badaoui, s’est interposé par deux fois. L’international U17 marocain a bien gardé sa cage durant 45 minutes, stoppant les tentatives adverses avec assurance. Côté OM, les occasions étaient également présentes, malgré moins de possessions. Les jeunes Marseillais étaient récompensés juste avant la pause, avec une réalisation de Tadjidine M’Madi, après un une-deux avec Antoine Valero (45e).

    Les Marseillais repartaient sur les mêmes bases au retour des vestiaires, avant une improbable situation. Suite à un nouvel arrêt de Badaoui, Gianni Calisto veut tacler le ballon en étant au sol et lobe son coéquipier. Une malheureuse mésaventure et une égalisation pour les locaux. Les Olympiens ne se sont pas avoués vaincus pour autant. Sur des contre-attaques, ils se sont montrés dangereux. Il y a eu, parfois, un manque de lucidité dans les derniers mètres, mais les jeunes du coach Lasaad Hasni ont frappé à nouveau. Sur un centre venu de la droite, Tadjidine M’Madi a repris d’un plat du pied droit la balle, clouant le gardien adverse sur sa ligne. Un doublé pour lui, avant d’attaquer les vingt dernières minutes.

    Une seconde période crève-cœur

    La fin de partie est cruelle pour les U19 de l’OM. Roberto Martin a permis aux Espagnols d’égaliser avant que le Real se voie offrir un penalty légitime avant le temps additionnel. Même en Youth League, les Madrilènes savent comment renverser les matches. Les Marseillais reviennent frustrés de ce déplacement.

    1ere journée de la Youth League

    Stade Alfredo di Stefano

    Buts : M’Madi (45e, 73e) ; Calisto (CSC, 59e), Martin (81e), Barroso (sp, 88e)

    Real Madrid : Navarro – Javi Bailon, Seco, Nkoghe, Valdepenas – Perez, Martinez Perez, Carlos Diez, Izan Regueira, Navascues – Sanz

    Entraîneur : Julian Barahona

    Marseille : Badaoui – Calisto, Camara, N’Zinga Pambani, Clément – Sellami, Issanga – Corbon, M’Madi, Bezahaf – Valero

    Entraîneur : Lasaad Hasni

  • À Marseille, la ville a vibré pour son équipe

    À Marseille, la ville a vibré pour son équipe

    Ils étaient 4 000 à Madrid mais plusieurs dizaines de milliers à pousser leur équipe depuis Marseille. Bars et restaurants étaient pleins un peu partout dans la ville. Le Black Stone, dans le 9e arrondissement, avec une demi-douzaine d’écrans, a accueilli de nombreux fans pour cette rencontre contre le Real. Avant le match, les supporters étaient entre peur et confiance. Une attitude paradoxale. Aurélien, bientôt 30 ans, est fan de l’OM depuis toujours. « Beaucoup d’espoirs, mais il y a plein de nouveaux joueurs donc on va voir ce que ça donne. Il faut avoir de l’humilité mais aussi de l’espoir », raconte-t-il. Loïc, lui aussi né avec le bleu et blanc dans le sang, est encore plus confiant. « Je pense que ça peut être un jour historique pour l’OM. J’ai un peu peur de Mbappé, mais on peut le faire. »

    22e minute, coup de climatisation à Madrid, coup de tonnerre sur la Canebière. Un « qui ne saute pas n’est pas marseillais » est lancé à la suite de l’ouverture du score inattendue de Timothy Weah. Une avance ayant duré six minutes, mais qui suffit au bonheur de tous.

    Rulli fait craquer Carvajal

    L’espoir était vraiment permis après cette première période assez prometteuse. À l’heure de jeu, les Marseillais arrachaient encore un point au Santiago Bernabeu et une explosion s’est entendue au moment du carton rouge de Dani Carvajal, suite à un coup de tête sur le gardien Gerónimo Rulli. « On peut voir venir en Ligue 1, même contre le PSG, ce dimanche » entend-on à travers le bar.

    Le désarroi suivra suite à ce nouveau penalty obtenu par les Madrilènes. « C’est impossible de siffler ça », « la règle a changé », les fans y ont cru pendant très longtemps à ce point, au minimum, sur la pelouse du Real. Mais avec la Maison Blanche, les scénarios sont souvent cruels dans la plus belle des compétitions de clubs.

  • Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    Mobilisation du 18 septembre : les rendez-vous dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse

    La mobilisation s’annonce d’ampleur. Une journée de grève nationale et de manifestation est organisée, ce jeudi 18 septembre, à l’appel de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires), pour protester notamment contre les nombreuses mesures d’économies budgétaires du gouvernement.

    Plusieurs rendez-vous sont programmés dans les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse.

    Bouches-du-Rhône

    Marseille, 10h30 : parcours modifié en raison de la forte affluence attendue, avec un cortège au départ du Vieux-Port qui prendra la direction de la Porte d’Aix, en passant notamment par la Joliette.

    Aix, 10h30 : manifestation unitaire au départ du rectorat en direction de la sous-préfecture.

    Arles, 10h30 : le rendez-vous est fixé au kiosque à musique.

    Salon-de-Provence, 10h30 : rendez-vous donné devant la mairie.

    Vaucluse

    Avignon, 10h30 : les manifestants partiront depuis la cité administrative.

    Var

    Toulon, 14h : départ place de la liberté.

    Saint-Raphaël, 10h30 : rendez-vous au rond-point Kennedy.

    Brignoles, 15h : rendez-vous aux berges du Caramy.

    Draguignan, à 10h30 en sous-préfecture.

  • « Cette politique de l’offre ne marche pas »

    « Cette politique de l’offre ne marche pas »

    La Marseillaise : Quel est votre regard sur la mobilisation « Bloquons tout » du 10 septembre de laquelle Force ouvrière s’est tenue à distance ?

    Frédéric Souillot : On n’oppose pas les mobilisations. « Bloquons tout » était une mobilisation citoyenne, j’y ai d’ailleurs vu peu de revendications syndicales mais nous avions décidé que notre mobilisation serait le 18, et j’y ai appelé, sans m’opposer à ceux qui souhaitaient manifester le 10. Ce serait schizophrène pour un responsable syndical.

    Le succès du 10 septembre donne une dynamique à l’intersyndicale dans le cadre de cet appel au 18 septembre ?

    F. S. : Oui mais des mobilisations, il y en a tous les jours. Je pourrais parler de celle des salariés de Biscuits International en grève le 11 et qui ont obtenu ce qu’ils revendiquaient. Ce mardi, il y a une marche en Loire-Atlantique, en direction des ARS contre les courriers d’économie sur l’hôpital public. FO a déposé un préavis de grève du 1er septembre au 30 novembre parce que les mobilisations construisent celles du 18 à laquelle ne manque aucune organisation.

    Cette intersyndicale vous rappelle celle de 2023 contre les retraites ? Vous sentez la même dynamique ?

    F. S. : Il est écrit sur la feuille de route que m’ont donnée les syndicats au congrès qui m’a mis en place en 2022 : l’unité la plus large possible. Et bien là, en termes d’organisation syndicale elle ne peut pas l’être plus. Et pour Force ouvrière, j’ai appelé à la grève reconductible à partir du 18. Donc il va y avoir des AG le soir, il y en a déjà qui se déroulent avant la mobilisation, pour savoir ce que l’on fait après.

    Vous appelez à la grève reconductible, qu’est-ce qui justifie une telle intensité dans la mobilisation ?

    F. S. : Pour éviter le concours Lépine des mauvaises idées, et qu’à chaque fois on présente juste la facture aux travailleurs. Que dit le communiqué intersyndical ? On veut plus de justice fiscale, plus de justice sociale et la fin des budgets d’austérité.

    Et ça nécessite quelque chose de fort ?

    F. S. : Oui, il faut montrer à ceux qui réfléchissent au budget qu’on n’est pas d’accord avec ces budgets d’austérité.

    Pourquoi n’avoir pas rencontré Sébastien Lecornu avant le 18 ?

    F. S. : Parce que je ne souhaitais pas que ça brouille les ondes vis-à-vis de ceux que nous appelons à se mobiliser, notamment par la grève et par la grève reconductible. Et puis on ne me demande pas mon avis, quand on choisit un Premier ministre. Je rencontrerai Sébastien Lecornu après, je vous l’annonce, ce sera le 22 septembre.

    Avec quelles revendications, sans déflorer ce que vous allez lui dire ?

    F. S. : Plus de justice fiscale, plus de justice sociale et l’abandon du projet de budget d’austérité de François Bayrou.

    La réforme des retraites et le retour aux 62 ans, est aussi une condition obligatoire pour discuter ?

    F. S. : La revendication de FO, reste l’abrogation de cette réforme, aujourd’hui encore plus qu’hier. Nous avions 49,7% de ceux qui liquidaient leurs retraites qui n’étaient plus en emploi, on est passé à 50,3%. Comme quoi, cette réforme ne répond à rien. Nous ne sommes pas assez nombreux à travailler : on a le plus bas taux d’emploi des 15-25 ans et des 55-64, selon la norme OCDE. Il faut trouver des solutions pour contribuer à la cohésion sociale de la République.

    Vous parlez d’un « budget de la violence sociale ». Qu’est-ce qui incarne cette brutalité ?

    F. S. : Elle vient du fait que la facture est juste présentée aux travailleurs. Les deux jours fériés n’étaient qu’un chiffon rouge, car dans le même temps sur l’assurance chômage, on nous demande de réduire encore les droits des demandeurs d’emploi, de responsabiliser les travailleurs en affection longue durée, de multiplier par deux les jours de carence… ça s’appelle de la violence sociale. Les aides publiques aux entreprises, on n’est pas contre mais on veut juste que la première condition ce soit l’emploi. Quand le patron de Total dit « j’ai touché par an 4 milliards de CICE, je n’en avais pas besoin, je peux les rendre », allons-y. Quand on verse des dividendes aux actionnaires, je ne parle pas de bénéfices, on n’a pas besoin d’aides publiques. L’allègement général de cotisation jusqu’à 1,6 Smic va continuer de paupériser les salariés. Cette violence sociale est toujours là.

    Sur les salaires et le pouvoir d’achat, quelles mesures vous défendriez ?

    F. S. : La consommation des ménages, c’est 56% de notre produit intérieur brut et quand ils ont de l’argent, ils consomment. Donc augmenter les salaires avec le dégel du point d’indice pour les fonctionnaires qui représentent 20% de l’effectif salarié en France, et un coup de pouce au Smic.

    Réduire les avantages des Premiers ministres, ce n’est pas un peu une mesure cosmétique ?

    F. S. : Économiquement, c’est cosmétique. Mais c’est juste montrer l’exemple par le haut. C’est la même chose sur la justice fiscale et la remise en place de l’impôt progressif pour que les plus grosses fortunes et patrimoines soient amenés à contribuer. C’est 1 800 familles en France et tous les ans, on atteint un nouveau plafond record. C’est la multiplication des dividendes aux actionnaires… La politique de l’offre ne marche pas.

    Vous êtes en meeting à Marseille, ce 16 septembre pour leur dire quoi ?

    F. S. : Depuis 2022, je fais ma rentrée dans la plus grande Union départementale de Force ouvrière. Je vais dire tout cela, appeler à la mobilisation, expliquer les choses, rappeler qu’en 2017 notre Sécurité sociale était à l’équilibre et que c’est cette politique de l’offre qui a démonté nos systèmes de protection sociale collective.

    Un mot sur le contexte marseillais avec cette scission chez les territoriaux de FO. Quelle est votre position ?

    F. S. : Certains pensent représenter le syndicat mais le culte de la personnalité n’a jamais rien apporté à personne et surtout pas aux travailleurs qu’il représente.

  • « Il va falloir continuer à se battre »

    « Il va falloir continuer à se battre »

    La Marseillaise : Un collège porte désormais votre nom. Qu’est-ce que ça vous fait ?

    Ariane Ascaride : C’est la fin, ma pauvre, c’est la fin ! Je plaisante. C’est impossible, je n’arrive pas à vous dire ce que ça représente, parce que c’était tellement improbable, impressionnant, émouvant, bouleversant et finalement, au bout du compte, réconfortant par rapport à tout ce que je peux toujours dire. J’ai l’impression que je dis toujours la même chose et que je peux apparaître répétitive, et qu’en plus, en tant que femme, je peux me prendre assez souvent dans la tête que je suis une grande gueule, parce que je l’ouvre, vous voyez, tout le temps. Je dirai donc que c’est réconfortant, voilà.

    Que pensez-vous de la féminisation des noms des établissements ?

    A.A. : C’est un fondamental. Je pense que de toute façon, c’est la féminisation de tout qu’il faut. Il faut que les femmes prennent la place qui est la leur. Mais ce n’est pas encore complètement ça. Il va falloir continuer à se battre, il va falloir continuer à parler. J’ai un petit-fils et quand je lui demande comment ça se passe dans la cour de l’école, de son école maternelle, il me raconte que les garçons jouent ensemble, et que les filles, elles, sont collées contre le mur. Voilà, c’est l’image que j’ai toujours envie de donner : il faut vraiment que les filles se décollent du mur, et que les garçons leur laissent le centre de la cour.

    Que pensez-vous des mouvements sociaux en cours, celui du 10 septembre et celui attendu le 18 ?

    A.A. : Écoutez, j’espère que les mobilisations sociales vont être immenses, juste immenses. Je pense que beaucoup de gens sont fatigués. Le danger c’est qu’il y a beaucoup de gens qui vous disent : « Je ne regarde plus les infos parce que c’est ça me file le bourdon, je ne veux plus savoir. » Il est là le danger. Je pense que tous les politiques devraient se reposer cette question-là.

  • Le collège Fraissinet rebaptisé Ariane-Ascaride

    Le collège Fraissinet rebaptisé Ariane-Ascaride

    Ariane Ascaride, comédienne militante marseillaise, passe une nouvelle étape dans sa carrière inspirante : l’ancien collège Fraissinet (5e) porte, depuis lundi, son nom et son prénom. Détentrice du César de la meilleure actrice grâce à son rôle dans Marius et Jeannette réalisé par Robert Guédiguian, Ariane Ascaride est la troisième femme à donner son nom à un établissement des Bouches-du-Rhône depuis le conseil départemental de juin, où avait été votée la nouvelle dénomination de huit établissements du territoire. « Soyez assurés de mon émotion et surtout de mon incrédulité à l’idée de penser que certains vont pouvoir dire : je m’en vais au collège Ascaride. C’est un immense honneur que l’on me fait. Donner à ce collège mon nom, d’une fille quasi du quartier, quelle incroyable coïncidence », s’est ému l’actrice lundi, devant la présidente du Département, le principal de l’établissement et quelques parents d’élèves. Et d’ajouter un mot pour les collégiens : « Apprendre c’est la possibilité d’obtenir un savoir qui vous permet d’être libres. Si vous voulez passer votre temps à ne rien faire, vous saurez l’expliciter. »

    Féminisation des noms de collèges

    « En tant première femme élue au Département des Bouches-du-Rhône, j’ai souhaité que [les nouveaux établissements portent] des noms de femmes », a lancé la présidente. Sur les huit établissements dont le changement de dénomination a été acté en juin, sept porteront le nom d’une femme. « Lorsque nous avons soumis la liste des noms possibles au conseil d’administration du collège, Ariane Ascaride est ressortie presque unanimement, s’enthousiasme Thierry Le Cavorzin, principal du collège. Nous sommes heureux que l’établissement puisse porter son nom, pour ce qu’elle est, mais aussi pour les valeurs qu’elle porte. » Du côté des élèves, qui ne sont pas beaucoup à connaître la comédienne, l’enthousiasme de recevoir une star compense les lacunes cinématographiques. « On peut avoir un autographe ? », « quel film vous a rendu célèbre ? », « quel est le film que vous avez préféré jouer ? », s’enquièrent, çà et là, les jeunes, curieux de découvrir celle qui donne son nom à leur établissement. « C’est là aussi l’intérêt de cette nouvelle dénomination, faire découvrir aux élèves son œuvre », note le principal. Pour l’heure, seuls 14% des établissements du département portent le nom d’une femme. Il y a encore de la marge.

  • Mobilisation pour défendre le service de famille d’accueil en psychiatrie

    Mobilisation pour défendre le service de famille d’accueil en psychiatrie

    « Le service d’accueil familial thérapeutique ce n’est pas du luxe, il limite l’hospitalisation. » Pour Djemilla Tizi, représentante syndicale de FO à l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse, fermer ce service serait une catastrophe. Face à une direction qui compte arrêter le financement de l’accueil familial thérapeutique (AFT), les syndicats FO et CGT appellent à la mobilisation, ce mardi à 13h30, juste avant le comité social et économique (CSE).

    Créé dans les années 90, ce dispositif emploie huit personnes agréées en CDI, qui accueillent chez elles un à deux patients atteints de troubles psychiatriques stables, mais qui ne peuvent pas vivre seuls. Ils sont 15 actuellement à bénéficier de ce type d’accompagnement. Certains vivent dans ces familles depuis de nombreuses années. Ce mode d’accompagnement permet une alternative à l’hospitalisation et un semblant de vie autonome pour les patients. C’est ce dont témoigne José Tréol, qui s’occupe d’Assia et Corinne depuis un an : « Les filles vont souvent chercher le pain seules ou prendre un café. Et puis elles participent à la vie de famille. »

    Fin du financement

    En juin, lorsque le directeur d’Édouard-Toulouse, Thierry Acquier, annonce vouloir financer l’unité de remédiation cognitive et d’évaluation (URCE) avec le budget de l’AFT, c’est le coup de massue pour les familles. Une décision qui pourrait mettrait fin aux contrats des huit personnes agréées pour accueillir des patients et laisserait les 15 patients sur le carreau. Les syndicalistes craignent notamment qu’ils soient envoyés vers des Ehpad. « Il n’y a pas de service de gérontopsychiatrie, se désole Pierre-Édouard Thiebaud, représentant de la CGT d’Édouard-Toulouse. Ce qui fait que la plupart des patients risquent de se retrouver dans des Ehpad, où le personnel n’est pas formé. » Contre cette décision de fermeture, les syndicats de FO et de la CGT appellent donc à une mobilisation à 13h30 ce mardi, dans le hall de l’administration de l’hôpital. « Nous avons deux revendications : pas un seul licenciement et le maintien du service », affirme la syndicaliste de FO.

    Contactée par La Marseillaise, la direction de l’hôpital ne souhaite pas s’exprimer à ce sujet.

    Eva Janus