Tag: Marseille

  • Le Château Faguest en ruines abandonné à son triste sort

    Le Château Faguest en ruines abandonné à son triste sort

    Le tribunal administratif a donné entière satisfaction à Eiffage Immobilier et Primosud qui peuvent lancer leur projet immobilier, traverse du Vieux-Moulin, 14e, à Saint-Joseph, sans avoir à réhabiliter la bastide de château Faguest, ou plutôt sa ruine inscrite au plan local d’urbanisme au titre d’élément remarquable du patrimoine bastidaire (EB 184).

    Ce devait être un « marqueur visuel historique fort » dans l’aménagement de ce quartier compris dans le périmètre de l’OAP Bessons-Giraudy qui prétend « valoriser le patrimoine bâti historique ». La bastide du XIXe en ruines est condamnée à s’effondrer puisque sa seule protection, au final, c’est de ne pouvoir être démolie sauf à modifier le PLUi. Les promoteurs n’ont en réalité jamais envisagé sa réhabilitation. Leur projet se borne malicieusement à proposer d’en conserver la mémoire par une « représentation au sol » ! De quoi douter de la portée des servitudes patrimoniales votées en conseil métropolitain.

    Le permis délivré en décembre 2023 pour la construction de deux immeubles comprenant 86 logements dont 46 sociaux, des commerces et une crèche, sur les terres de cette ancienne « campagne » marseillaise est ainsi sauvé. Les juges annulent la prescription de l’Architecte des bâtiments de France (ABF) suivant laquelle « l’intégralité des ruines de l’ancienne bastide, de l’ensemble des bâtiments constituant ses communs ainsi que les éléments constitutifs de ses jardins (bassins, escaliers, arbres remarquables), sont conservées, réhabilitées et intégrées au projet ». Reprenant le raisonnement des requérants, les juges ont considéré que le projet ne portait pas en lui-même sur l’ancienne bastide – sciemment exclue de l’assiette du projet – la prescription qualifiée d’« imprécise » sur la réhabilitation exigée et donc « illégale », ne visait pas à s’assurer de la conformité des travaux projetés.

    « Pas dans l’équation économique »

    La Ville ne fera pas appel, elle qui soutenait la prescription de l’ABF. « C’était très contraignant pour les promoteurs. La réhabilitation n’entrait pas dans leur équation économique », commente l’adjoint à l’urbanisme Eric Méry qui se satisfait d’avoir obtenu de « diminuer la densité » du projet. Il dit à présent « négocier sur la sécurisation du site » accessible au public. Le clos et le couvert ont disparu avec la totalité des charpentes et la majeure partie des travées de planchers, ce qui laisse les murs libres sur une grande hauteur. Les travaux de conservation et de sécurisation de la bastide étaient évalués en 2023 à 500 000 euros. Aucun arrêté de mise en sécurité n’a été pris à ce stade au titre de la police des immeubles menaçant ruine.

    « Il est regrettable que soient progressivement loties et densifiées les terres constituant l’ancien domaine de la bastide, cette dernière se retrouvant progressivement phagocytée par des constructions au point de perdre la lecture paysagère originelle du site » écrit l’ABF dans son avis de juillet 2023 jeté aux orties.

  • Témoigner des atrocités d’Hiroshima et de Nagasaki

    Témoigner des atrocités d’Hiroshima et de Nagasaki

    Plus jamais Hiroshima, plus jamais Nagasaki ! Quatre-vingts ans après les terribles bombardements américains sur le Japon, les militants de la paix sont plus inquiets que jamais. La menace reste vive, brandie par les puissances la possédant. C’est pour alerter l’opinion publique que les associations Hidankyo (confédération japonaise des organisations des survivants des bombes A et H), lauréate du Prix Nobel de la paix en 2024 et Gensuikyo (conseil japonais contre les bombes A et H), effectuent jusqu’au 29 novembre, une tournée dans 18 villes du sud de la France*. « Les gens oublient Hiroshima et Nagasaki », déplore Miko Honma, membre du conseil d’administration de Nihon Hidankyo. Née en 1950, elle est la première de la deuxième génération des victimes de la bombe atomique à présider l’organisation.

    « Ils ne veulent pas seulement témoigner de leur souffrance, ils veulent rassembler pour éliminer les armes atomiques afin que les victimes de Nagasaki soient les dernières victimes des bombes atomiques de l’humanité », insiste Pierre Villard, coordinateur régional du Mouvement de la Paix qui est à l’origine de cet événement. Une délégation de militants était sur place, en août dernier, pour participer aux commémorations, aux côtés de membres du Casi cheminots Paca qui accueillent les pacifistes nippons ce vendredi. Une partie d’entre eux sera reçue lundi par le maire DVG de Marseille Benoît Payan, qui a annoncé en août dernier le ralliement de la ville au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian). Le Rove en a été la première signataire : « l’armement atomique est irréversible, ce village n’a pas spécialement de craintes, il a toutes les craintes », martèle le maire PCF de la commune Paul Sabatino.

    Faire ratifier le traité

    « L’inquiétude principale en ce moment est que, malgré la menace qui est pratiquement quotidienne, très importante, il y a dans la population française en tout cas, un déni sur lequel on a du mal à intervenir », constate Yves Perrin Toinin, représentant de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire. C’est pourquoi ces précieuses paroles seront relayées dans les salles de classe. « C’est en faisant écouter les témoignages d’hibakusha que les jeunes japonais se rendent compte de la menace et se disent qu’ils seront peut-être les prochains », relève Yuhi Shimada, membre du conseil exécutif de Gensuikyo. L’objectif visé par cette campagne est la ratification par la France, l’une des neuf puissances nucléaire, du Tian, à laquelle même le Japon, seul pays ayant subi cette catastrophe s’oppose, « servant d’avant base en Asie dans leur projet américain d’endiguement de la Chine », déplore Yayoi Tsuchida, secrétaire générale adjointe de Gensuikyo.

    Le programme de la tournée sur www.frenchpeacenobeltour.com

  • Le prix Alfred-Nakache met 79 collégiens à l’honneur à Marseille

    Le prix Alfred-Nakache met 79 collégiens à l’honneur à Marseille

    « Alfred Nakache était un nageur juif déporté à Auschwitz. Il y a perdu toute sa famille. » À la fin de guerre, « il est revenu nager au Cercle des nageurs et y a battu un record du monde », rappelle Christina, 13 ans. Cette élève du collège Notre-Dame de la Major se dit très « fière » d’avoir participé à ce relais de natation inter-collèges dans une « super ambiance ». La 4e édition du prix Alfred-Nakache s’est tenue jeudi au Cercle des nageurs de Marseille (CNM), sur l’initiative du Fonds social juif unifié (FSJU) en collaboration avec le Département.

    « Le but est d’inscrire des initiatives dans la cité, nous tenons aux valeurs de laïcité et de République. L’éducation est majeure tout comme la culture et les valeurs universelles du sport », explique Lionel Stora, président du FSJU. Cette année la compétition a réuni six collèges et 79 élèves. Les vainqueurs pourront offrir à quatre élèves ne sachant pas ou peu nager, des cours collectifs pendant un an au CNM. « Chaque année, ils savent qu’ils ne gagnent pas pour eux mais ils s’arrachent », décrit fièrement la professeure d’EPS du collège Gaston-Defferre, entre deux cris d’encouragement. Avec une moyenne de 2 minutes 31 pour 50 m, son établissement termine deuxième derrière Gyptis. Tous se félicitent sous les applaudissements. « Un prix pour celui qui nage le plus vite mais surtout qui s’allie avec un devoir de mémoire », affirme Martine Vassal, présidente (DVD) du Département. Chaque élève a pu repartir avec Le nageur de Pierre Assouline, une biographie d’Alfred Nakache. Sa présence « permet de nourrir la réflexion et met la littérature de haut niveau à la portée des collégiens », estime Lionel Stora.

    Dans une ville où un jeune sur trois ne sait pas nager, la solidarité est à l’honneur pour la nouvelle génération.

  • Un collectif contre le silence du CD 13

    Un collectif contre le silence du CD 13

    Déjà en 2022, l’Igas établissait un rapport alarmant sur le dispositif départemental de l’aide sociale à l’enfance, soulignant une dégradation progressive des structures partenaires du Département dont l’instabilité organisationnelle qui avait des impacts jusque sur les enfants. En réaction, la présidente (DVD) Martine Vassal, débarque la directrice du service enfance famille et « rompt tout dialogue avec nos associations », déplorent les responsables des structures, jadis partenaires à part entière de la collectivité.

    Un nouveau courrier collectif est resté sans réponse. Les directions de ces structures (Dames de la Providence, Saralogisol, Fouque, Anef, Sauvegarde 13, Serena, Bois fleuri, les Matins bleus, Epis, Delta Sud, L’abri, Acte 13, Saint-Michel, Saints Anges…) bravent « les pressions, les contentieux administratifs » de cette autorité de tutelle qui a décidé de les ignorer. « Nous ne serons plus complices des dérives institutionnelles qui mèneront inévitablement à des accidents. Nous ne serons pas les boucs émissaires des failles que nous dénonçons », ont-elles réagi en unissant leur voix. Ils sont clairement conscients du contexte financier mais ont des propositions pour pouvoir accueillir des enfants sans les mettre en danger, pour embaucher des éducateurs sans les décourager. Car les baisses successives des budgets, le non-versement du Ségur, le manque de places d’accueil, la pénurie de personnels conduisent la chaîne de la protection de l’enfance à sa ruine. L’alerte avait déjà été lancée, et chacun avait assisté aux commissions de travail mises en place. Mais le Département a jeté les copies. Faudra-t-il aller devant le tribunal pour éviter de massacrer les petites vies mises sous leur protection ?

    L’alerte des agents

    Ils étaient plus de 150 agents jeudi midi devant l’hôtel du Département à l’occasion de la journée des droits de l’enfant. Une mobilisation qui reflète l’urgence dans les services départementaux, d’autant plus que le forum de l’emploi organisé le même jour était vécu comme une provocation. Les salariés de l’association Sauvegarde 13 étaient présents, dénonçant la suppression de 17 postes. Et déplorant ne pas être reçus par l’exécutif. Y.S.

  • La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    Pour les professionnels de la protection de l’enfance, c’est une décision rarissime. Le jeudi 13 novembre, le conseil départemental a décidé de placer sous administration provisoire la Maison d’enfants à caractère social (Mecs) de Bois fleuri, à Saint-Loup (10e). Une décision motivée par une « situation d’urgence […] toujours d’actualité, en raison de carences manifestes » dans la gestion de l’établissement, pointe l’arrêté pris par le directeur général adjoint de la solidarité publié ce mercredi. Le cabinet DirecTransition disposera ainsi de tous les pouvoirs nécessaires à la direction des différents services de la Mecs pour « mettre fin aux difficultés constatées ».

    Dès le mois d’avril, une inspection de trois jours avait été diligentée par le conseil départemental au sein de l’Association Bois fleuri, qui gère 54 places d’hébergement pour enfants et 24 autres pour les mineurs non accompagnés de plus de 15 ans. Quatre mois plus tard, le 18 août, la collectivité adressait cette fois un courrier d’injonctions, dont certaines ne sont toujours pas satisfaites. « Les administrateurs de l’association ne s’impliquent pas dans le suivi de l’établissement de manière à garantir son bon fonctionnement ainsi que la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des personnes qui y sont accueillies », torpille le Département dans son arrêté.

    Des signalements d’agressions sexuelles

    Il décrit ainsi « la rupture actuelle dans le pilotage et la gestion quotidienne » avec des plannings désorganisés, des difficultés de recrutements sur les postes vacants, des conflits entre la direction et les professionnels, des carences de gestions budgétaires, le non-respect des obligations légales… Mais surtout, la collectivité pointe « la multiplicité de signalements d’agressions sexuelles sur mineurs pendant près de quatre mois concernant plus d’une dizaine de mineurs sans que des dispositions n’aient été prises pour éloigner et protéger les mineurs concernés ». Sollicitée, la collectivité indique ne pas pouvoir s’exprimer davantage, une procédure étant en cours.

    Dès le mois de juin les salariés avaient donné l’alerte, fait remonter des difficultés à fonctionner, à habiller, voire à fournir des repas corrects aux enfants. « Quand il manque des serviettes périodiques pour les ados, c’est nous qui en amenons, quand il faut conduire un enfant en rendez-vous, hormis l’essence, c’est encore de notre poche », explique un éducateur. Un autre confirme : « On manque de tout. Depuis juin, on ne fête plus un seul anniversaire, faute de bougie, de gâteau. » Les budgets ont tellement dégringolé que les crédits sont bloqués.

    Les effectifs ont également beaucoup varié dans les derniers mois, avec un énorme turn-over. « Beaucoup d’anciens ont craqué, d’autres sont partis en maladie. On rogne sur les postes donc on fait des contrats à des jeunes sans expérience, sans formation ni motivation. Les enfants sont laissés sans surveillance », déplore encore une éducatrice. « Quand il y a des enfants tellement traumatisés, atteints psychologiquement, qu’il faut une prise en charge spécifique et que rien n’est fait, on expose tous les autres au danger », regrette le directeur d’une structure associative.

    Le directeur général adjoint de l’association de son côté se borne à constater : « Nous avons été mis sous tutelle. » Et renvoie à plus tard toute communication.

  • Les habitants ont un délai de six mois avant la mise en péril de Bel Ombre

    Les habitants ont un délai de six mois avant la mise en péril de Bel Ombre

    La mobilisation se forme et des manifestants livrent des témoignages effrayants. « Une femme énorme , a été victime d’un AVC. Les pompiers ont dû la faire sortir par le balcon, faute d’ascenseur. Elle vit au neuvième étage à Bel Ombre », s’indigne une copropriétaire. L’hiver commence et « le chauffage ne fonctionne pas ou mal », complète une autre. Cette copropriété du 11e continue de se dégrader, mais aussi celles de la Maurelette (15e), du Mail (14e), de la Belle de Mai (3e), des Rosiers (14e), de Benza (11e), de Mazenode (11e)… Le collectif rassemblant ces copropriétés sous administration judiciaire et des associations (Touche pas à ma copro) étaient présents.

    Mohamed, membre actif de l’association « Préservons Bel Ombre », est chaleureusement accueilli : « Nous avons obtenu un report de six mois pour la mise en péril. » Il est applaudi. Depuis deux semaines, la structure négocie pour faire acter le report.

    Demande de soutiens

    « On n’arrivait pas à avoir des réponses. La providence a fait qu’on tombe au moment de la venue du ministre Darmanin : ça nous a permis d’obtenir l’entrevue avec Patrick Amico [adjoint (GRS) au maire en charge du logement, de l’habitat indigne] », poursuit-il. Il sort de la réunion, prévue la veille au matin. « On pensait qu’on allait être soutenus par la Ville, la préfecture, l’administrateur judiciaire. On se sent punis par les institutions », lance-t-il, avant d‘ajouter : « Il va falloir continuer à se battre contre AJ Associés [leur gestionnaire judiciaire]. Nous espérons que la mise en péril soit annulée. »

  • Un site tout neuf chez RTE mais des agents de sécurité inquiets

    Un site tout neuf chez RTE mais des agents de sécurité inquiets

    Ils étaient une vingtaine, rejoints par des représentants des personnels RTE, à se mobiliser au pied du tout nouveau bâtiment RTE de la rue de Lyon. À l’appel de la CGT prévention sécurité sûreté, les agents de l’entreprise Séris employés sur le site dénoncent « des conditions de travail qui mettent en danger la sécurité des salariés ».

    « Des plannings instables, des agents de sécurité placés sur des missions sans formation adéquate, des personnels non formés, sans enquête préalable, affectés sur des missions dangereuses, un manque d’agents formés à la sécurité incendie pour le contrôle et la vérification des outils… ». Les agents de Séris dressent une longue liste des missions qui leur sont confiées et qu’ils estiment ne pas pouvoir assurer avec les moyens mis en place. En somme, un cahier des charges trop lourd « car sur un site classé » pour le nombre d’agents formés en conséquence, précise Abderrahmane Nibouche, DSC CGT Séris, « de quoi mettre en danger l’ensemble des salariés du site ».

    Remettre en chantier

    Du côté du client, Vincent Izoard, directeur d’exploitation de RTE Sud-Est, reconnaît bien « une installation rapide dans un quartier en reconstruction dans lequel il y a des ajustements à faire ». La guérite du gardien doit « être aménagée et chauffée sous peu ». Quant aux incidents concernant ses salariés, « 15 signalements ont été constatés sur le système d’alerte interne mais relevant de faits d’incivilités », précise le directeur, qui « travaille avec la Métropole et Euromed pour réaliser des cheminements extérieurs mieux sécurisés ».

    L’entreprise, la plus grosse au nord des Fabriques, « mise sur l’avenir de ce territoire de Marseille et nous ne souhaitons pas nous bunkériser mais travailler avec nos nouveaux voisins, comme Ici Marseille… ». Les principales revendications du syndicat relèvent du dialogue social avec sa direction, qui contactée par nos soins n’a pas donné suite.

  • La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    « C’est la troisième convocation en 3 mois ! », s’insurge Stéphanie Escamez, déléguée syndicale de la CGT Monoprix du rond-point du Prado à Marseille, ce jeudi matin. Son organisation appelait à un rassemblement devant le magasin pour dénoncer « une tentative manifeste d’intimidation ». En cause ? Une série de convocations d’élus CGT du magasin par la direction. « Pour l’un, on lui reproche de ne pas avoir fait ce qui n’était pas dans son contrat, pour l’autre, on l’accuse à tort de vol… », explique la déléguée.

    Dans le fond, elle dénonce « une chasse aux sorcières et une politique de répression syndicale » alors que l’organisation est à l’origine de mouvements sociaux réguliers sur le magasin. « Au travers des représentants syndicaux, ce sont les salariés qu’ils attaquent », développe-t-elle. Avant de préciser : « On conteste et contestera toutes les sanctions ! C’est la CGT qui dérange mais on ne lâchera rien. » En tout cas, les militants d’organisations homologues ont répondu présents à l’appel au soutien : Union locale (UL) CGT des quartiers Sud de Marseille, UL Centre ou encore UL Saint-Lazare et de l’UD CGT 13.

    « Aujourd’hui, on est plutôt calme mais on montera d’un cran le rapport de force si cela se poursuit », prévient Guillaume Algrin, secrétaire général de l’UL CGT Marseille Sud. Il fait le lien entre « la forte activité syndicale de l’organisation » et cette « forme de représailles sur le site ».

  • La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    La CGT hausse le ton pour le budget de la Sécurité sociale

    « Il est hors de question de laisser ces débats lunaires se faire dans le silence ! ». À la Bourse du travail de Marseille, ce jeudi, Greg Fontaine, infirmier à l’hôpital de la Timone et co-secrétaire de la CGT AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), tient à « sonner l’alerte » sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) débattu au parlement.

    Le tout, à l’occasion d’une journée de communication nationale de la fédération CGT de la santé et de l’action sociale. Ce budget pour 2026 est jugé comme une « catastrophe » annoncée pour les établissements de santé et notamment les hôpitaux publics. « Ils sont déjà à l’os et une nouvelle réduction de moyens risque de provoquer leur effondrement », dénonce-t-il. La montée au créneau des organisations CGT ne vient pas de nulle part : « Le PLFSS 2026 prévoit une suppression de 7 milliards d’euros pour le budget de la santé, tandis que le budget de l’armée bénéficie d’une hausse sans contreparties », renchérit Ludovic Vergnaud-Rousseau, pour l’USD 13 (Union syndicale départementale de la santé) et aide médico-psychologique à l’association Unapei.

    Si les maux des hôpitaux sont connus, Greg Fontaine tient à les remettre en avant : « Les structures subissent une crise de l’emploi qui met en danger la santé des personnels et des patients. 92% des établissements déclarent des difficultés de recrutement. » L’analyse de la CGT s’appuie sur des données chiffrées : « Pour le seul secteur de la santé, il y a 180 000 postes qui sont à pourvoir selon une étude de la Dares au 1er trimestre 2025. »

    « Manque de matériel

    à tous les niveaux »

    Et l’organisation estime à 74 000 aides-soignants et 43 000 infirmiers et sages-femmes manquants en France. Même constat dans le privé et les structures associatives du reste du secteur : « Des maternités ferment, les Samu sont saturés, les personnes âgées souffrent dans les Ehpad », énumère Ludovic Vergnaud-Rousseau. La faute à « 30 ans de politique libérale et d’une gestion des établissements comme des usines à soins ». Et qui risque de se poursuivre avec ce PLFSS, la CGT ciblant plusieurs mesures qui ne passent pas : « Jour de carence pour les arrêts maladie, gel du point d’indice pour les fonctionnaires et doublement des franchises médicales. »

    Greg Fontaine rappelle les conséquences concrètes de ces mauvais coups dans les services : « Les brancardiers de la Timone se sont mobilisés contre le sous-effectif, les agents de la sécurité incendie également. Et les soignants des Baumettes ont fait grève contre la suppression de jours de repos compensateur ! ». Séverine Jeanroy, aide-soignante à l’hôpital Nord à Marseille et élue CGT confirme que ces exemples ne sont pas des cas isolés : « La situation à [l’hôpital] Nord s’aggrave d’année en année. L’attente pour avoir des rendez-vous est rallongée, les patients sont hébergés dans des services dont ils ne dépendent pas. » Et rappelle « le manque de matériel à tous les niveaux comme les appareils à tension, les couvertures… »

    Alerte à la population

    D’où « l’alerte à la population » lancée par les organisations CGT qui demandent sa participation pour « interpeller les élus ». Notamment en vue d’obtenir un PLFSS en « hausse entre 7 et 10% ». Ou, à défaut, « que les parlementaires s’y opposent » et donc ne votent pas le texte. Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle que le refus de cette politique passe par la mobilisation le 2 décembre dans la rue avec un appel confédéral à la manifestation et à la grève : « On ne pouvait pas ne pas manifester contre ce budget qui est encore pire que les précédents. »

  • Des menaces contre les agents des Flamants

    Des menaces contre les agents des Flamants

    L’emprise du narcotrafic à Marseille, les agents de la maison départementale des solidarités (MDS) des Flamants (14e) ne la connaissent que trop bien. Ce jeudi soir, ils ont décidé avec la CGT d’occuper les locaux du Département à Arenc et de s’y maintenir jusqu’à ce que la collectivité leur accorde de s’y installer pour recevoir les familles en sécurité. Une action lancée après de nouvelles intimidations dans leurs propres locaux, le 6 novembre dernier. « Trois personnes se sont présentées à l’accueil pour rencontrer la directrice, relate d’une voix blanche une agente de la MDS, sous couvert d’anonymat. Ils lui ont demandé de calmer les agents, lui ont dit qu’ils avaient fait un exemple avec un gars du réseau, et qu’ils offriraient des fleurs et des chocolats en gage. Mais ils demandaient de ne plus parler aux médias, de ne plus faire de vagues. » Déjà au début du mois d’octobre, des menaces de mort contre l’une d’entre eux avaient conduit à fermer l’après-midi (notre édition du 14/10). Désormais, les agents sont rapatriés au siège du conseil départemental, recevant les familles dans les autres MDS alentour. Leurs fenêtres, à l’hôtel du Département, donnaient sur le rond-point où Mehdi Kessaci a été assassiné. « Des patrouilles de police ont été renforcées et une demi-unité de CRS a été plusieurs fois mobilisée », assure la collectivité, alors que sa présidente (DVD) Martine Vassal, candidate aux municipales, a indiqué vouloir maintenir les travailleurs sociaux aux Flamants. Et le Département de promettre que le parking voisin de 13 Habitat sera rouvert, des caméras de vidéosurveillance installées, la liaison piétonne qui relie la MDS à l’avenue George-Braque, réaménagée pour « revenir bientôt à un mode de fonctionnement normal ». Pas de quoi rassurer les agents. « Nous avons peur des représailles, nous sommes tous identifiés », glisse une travailleuse sociale. « Nous ne paierons pas ce lourd tribut de l’angoisse », maintient la responsable de la CGT Valérie Marque.

    ET AUSSI

    La piste d’un crime commandité par « Mamine », le chef de la DZ mafia

    L’enquête sur l’exécution du frère d’Amine Kessaci à Marseille s’oriente, d’après les informations du Parisien, vers un contrat commandité par un détenu extrêmement dangereux : Amine O., considéré comme le vrai patron de la DZ. Multi-mis en examen, ce personnage apparaît dans l’enquête sur le meurtre d’un autre proche du militant anti-narcos, affaire fondatrice de son ascension criminelle. À 31 ans, Amine O., né à Marseille, est soupçonné d’être le véritable chef opérationnel de la DZ Mafia en France, un gang de narcotrafiquants historiquement phocéens.

    Royer-Perreaut propose d’ouvrir le débat sur la « dépénalisation du cannabis »

    S’il a pris du recul avec la politique, l’ancien maire des 9-10 et député (Ren), Lionel Royer Perreaut, est sorti de sa réserve jeudi. Dans un long post Facebook, LRP fait trois propositions « pour lutter contre cette hydre des temps modernes ». D’abord, la création d’une « Force d’intervention républicaine », composée d’anciens militaires ou légionnaires qui pourrait s’implanter durablement dans un quartier. Il propose aussi de confier au maire le pouvoir de réguler les commerces de proximité pour éviter les lessiveuses. Enfin plus inattendu, tant il a longtemps été contre cette mesure, il pense venu le temps « de poser le débat de la dépénalisation du cannabis et de la maîtrise de ce marché par l’État au même titre que celui de l’alcool ou du tabac ? »

    Un drame qui laisse « sans voix » Roberto De Zerbi

    Lors de la conférence de presse de présentation du match de l’OM face à Nice vendredi, l’entraîneur italien des Olympiens n’a pas manqué de réagir au drame. « Ce qui s’est produit me laisse sans voix. J’ai vécu des situations similaires dans ma ville, en Italie » a-t-il raconté. Pour lui, « ces choses-là ne devraient pas se produire. » Et de poursuivre : « Dans cette ville, le football n’a pas le même sens qu’ailleurs. À travers les performances que l’OM peut offrir, c’est l’occasion de donner des satisfactions qui vont au-delà d’un simple match de football pour les Marseillais. »