Tag: Marseille

  • Hommage : 44 ans après l’assassinat du juge Pierre Michel

    Hommage : 44 ans après l’assassinat du juge Pierre Michel

    Ils ont déposé des fleurs en souvenir de Pierre Michel, premier juge d’instruction abattu boulevard Michelet, le 21 octobre 1981. « Son engagement dans la lutte contre le crime organisé a fait de lui une figure emblématique du dévouement à la vérité et à la loi, a dit la secrétaire générale du tribunal judiciaire, Audrey Estienne, ajoutant : « Il savait les risques auxquels il s’exposait, mais jamais il ne renonçait à sa mission, convaincu que la justice devait toujours rester debout face à la violence et à la peur. »

  • L’installation de 300 caméras de vidéosurveillance à venir

    L’installation de 300 caméras de vidéosurveillance à venir

    C’est l’enterrement définitif du moratoire sur la question de la vidéosurveillance dans la cité phocéenne. La préfecture des Bouches-du-Rhône a pris un arrêté, en date du 15 octobre dernier, autorisant la mairie de Marseille à augmenter le nombre de caméras de vidéosurveillance dans la ville. Et on ne parle pas d’une hausse à la marge, puisque ce n’est pas moins de 300 dispositifs de vidéosurveillance supplémentaires qui sont prévus.

    « Les modifications portent sur l’ajout de 300 caméras voie publique, portant ainsi le nombre total à 2 201 caméras voie publique », détaille l’arrêté. Un arrêté pris sur « demande de modification de l’autorisation d’un système de vidéoprotection (…) par Monsieur le maire », précise la préfecture.

    Concrètement, entre 2021 et 2025, le nombre de caméras aura augmenté de 22%, passant de 1 558 à 1 901, selon les chiffres de l’audit de vidéosurveillance en date de 2021, obtenu par La Marseillaise sur saisine de la Cada (Commission d’accès aux documents administratifs). Et augmentera encore avec les 300 à venir.

    Contactée, la mairie de Marseille confirme bien que c’est suite à sa demande que l’arrêté a été pris. « Une demande dans le cadre de Marseille en Grand. Il s’agit de la phase 3 de ce déploiement avec plus de 300 nouvelles caméras en 2025-2026 », précise la Ville. Un « déploiement pour favoriser la tranquillité des Marseillaises et des Marseillais et renforcer les moyens d’action de la police municipale, nationale et de la Justice à Marseille », selon la municipalité. Elle rappelle que « le Maire a pris la décision de donner un accès total à la Police nationale aux images de la vidéoprotection déployée par la Ville et exploitées par la Police municipale ».

  • Le think tank écolo présente sa plateforme de solutions de compromis

    Le think tank écolo présente sa plateforme de solutions de compromis

    D’emblée, Fabien Perez reconnaît : « Cette rencontre peut paraître singulière parce qu’on est dans un contexte de précampagne électorale. » Ce mardi soir, le président (EELV) du groupe écologiste au conseil municipal était au côté du conseiller régional (UCE) Christophe Madrolle, pour présenter à la presse les propositions de leur groupe de réflexion Écologie des solutions, qui vise à rassembler toutes les tendances de l’écologie, « de Sébastien Barles [ex-EELV] à Didier Réault [LR] ». Une plateforme de compromis pour chercher à aligner les quatre collectivités du territoire, à rebours des affrontements passés. « Si on est convaincus qu’il y a une urgence écologique, cela nous amène à mettre de côté tout ce qui est partisan », défend la secrétaire générale du think tank, Stéphanie Lux, ancienne conseillère de Dominique Voynet et Nicolas Hulot. Et d’égrener les propositions : développer des coopératives solaires, dérouler le plan Marseille en grand sur les transports, créer une agence municipale de rénovation solidaire, mettre en place 2 000 formations et emplois verts, ouvrir des centres de santé municipaux sur les zones exposées à la pollution et à la précarité, lancer un revenu municipal d’engagement écologique…

    « Il ne s’agit pas d’être ambitieux, il s’agit de faire de la pédagogie », reconnaît Fabien Perez, pour qui les collectivités n’ont pas su coopérer faute de diagnostic partagé, basé sur les constats scientifiques. « Nous pollinisons ceux qui n’avaient pas de conscience sur ces questions », défend Christophe Madrolle.

  • Une revanche pour ces jeunes adultes en rémission de cancer

    Une revanche pour ces jeunes adultes en rémission de cancer

    « Ce n’est pas parce qu’on a eu un cancer que la vie s’arrête », martèle Alexis. Ce père de deux enfants, originaire de Pourcieux, dans le Var, a été touché à l’âge de 13 ans par le lymphome de Hodgkin, un cancer des ganglions lymphatiques, organes du système immunitaire, dont le rôle est de protéger l’organisme contre les infections virales et bactériennes. Mais à 34 ans, ce passionné du ballon rond va troquer sa paire de crampons contre des baskets confortables, afin de se lancer dans le défi de sa vie : être au départ du plus célèbre semi-marathon de l’Hexagone, le Marseille-Cassis.

    Fatigue et résilience

    « Je vois cette course comme un moyen de nous faire gagner en confiance en soi, de pouvoir avoir conscience que l’on peut franchir des étapes comme ça », souligne celui qui a fait deux rechutes après son premier passage à l’hôpital de la Timone, pour ses 21 ans et ses 30 ans. « Et surtout, par rapport à ce qu’on a vécu, on a quand même affronté le cancer. On a réussi à s’en sortir. Et en fait, faire cette course, c’est montrer que même les bonnes choses, on arrive à les franchir. Du moment qu’on arrive, qu’on est en bonne santé, qu’on arrive à marcher, qu’on arrive à se déplacer », poursuit-il, conscient que sa participation au Marseille-Cassis, avec cinq autres jeunes adultes en rémission de cancer, également suivis par le dispositif CAP’AJA (Cellule d’accompagnement personnalisé pour les adolescents et les jeunes adultes) de l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille, envoie un message d’espoir à ceux qui sont en train de lutter contre la maladie. « On veut démontrer qu’il y a un après. La vie ne sera pas normale. On a eu un cancer, donc elle ne sera pas proprement pareille, mais on continue à vivre. »

    « Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort », rappelle Cédric. Cet Avignonnais de 36 ans a été diagnostiqué d’un cancer du testicule en 2017. « Et après, tout s’est enchaîné très vite, parce qu’après, une fois l’opération et la biopsie terminée, j’ai subi trois cycles de chimio. Et les traitements se sont arrêtés en février 2018, avec un suivi, derrière, régulier, de scanner et de prise de sang », raconte-t-il avec beaucoup de recul, persuadé que le sport lui a permis de s’extirper de cette maladie. « Je ne vis qu’à travers le sport. J’adore ça. J’ai intégré un club de course à pied cette année. C’est quelque chose dans lequel je m’épanouis vachement », ajoute celui qui se fixe l’objectif d’aller au bout du Marseille-Cassis, « peu importe le rythme ». Mais pour ces jeunes adultes à la résilience remarquable, la fatigue apparaît plus rapidement qu’auparavant. « C’est l’une des séquelles qui peut être la plus durable, qui peut durer des années après la rémission, et qu’il faut bien sûr prendre en compte dans ce genre de défi, c’est-à-dire adapter les entraînements », explique Chloé Pérez, étudiante en deuxième année de master activité physique adaptée et santé (APAS) à la Faculté des sciences du sport de Marseille. Elle collabore avec l’Institut Paoli-Calmettes sur ce projet sportif qui met en avant la détermination de ces « survivants ». « Dans le sport, j’ai toujours combattu. En gardant ce secret. En montrant aux autres que j’étais capable de faire des choses », souligne Cédric.

    « D’être passé par cette étape-là, c’est très douloureux. Ça m’a rendu plus fort. Et ça m’a donné envie de combattre encore plus que les autres. Quand j’ai une petite baisse, je repense à l’hôpital, aux piqûres qu’on me faisait quand j’étais en traitement. Ça me booste direct. Je me dis à moi-même que j’ai vécu pire. »

  • À Marseille, les Écologistes cherchent la sortie de crise

    À Marseille, les Écologistes cherchent la sortie de crise

    « Il faut qu’on avance et nous allons avancer », assure le sénateur (EELV) Guy Benarroche. Une semaine après l’assemblée générale qui a validé leur stratégie pour les municipales à Marseille, les Écologistes tentent de trouver une issue à la crise qui secoue leurs rangs. Si l’alliance avec le Printemps marseillais a bien été validée, ils n’ont pas encore de candidats, la liste de vingt noms proposée par la tutelle ayant été refusée par les trois quarts des votants. Ni de chef de file : désigné par les militants, Hassen Hammou est temporairement mis en retrait, dans l’attente d’une décision de justice face à des accusations de corruption de mineur qu’il conteste, évoquant un « guet-apens ».

    Alors, pour sortir de l’ornière, chacun en appelle aux instances nationales. Un premier courrier a été adressé, dimanche, au bureau politique des Écologistes, signé par seize militants, dont le mandataire du chef de file suspendu, Thomas Laffare, adjoint dans les 2-3, la responsable des Jeunes écologistes et ex-candidate Mirabelle Lamoureux, le maire des 4-5 Didier Jau, les élus municipaux Hervé Menchon et Lydia Frentzel… Ils réclament « la mise en place de procédures transparentes pour les prochaines étapes des municipales », espérant une « sortie de crise constructive ». Et de mettre en avant un bloc majoritaire au sein du parti, les équipes de Hassen Hammou (55% des votants) et Mirabelle Lamoureux (7%) souhaitant fédérer leurs forces, tandis que dans leurs rangs, on en appelle à « une paix des braves », pour pouvoir enfin lancer la campagne.

    Décision proche

    En réponse, un courrier daté de ce lundi a été envoyé, cette fois, au conseil fédéral du parti, signé par douze militants, dont les conseillers métropolitains Jean-Marc Signes et Anne Meilhac, appelant à « reconstruire sans délai un climat de confiance » pour mener campagne. Et de demander, en creux, que soit désigné un nouveau chef de file au plus vite. « Nous refusons que l’avenir politique de l’écologie à Marseille soit suspendu à une décision judiciaire », écrivent-ils. Prenant la défense de la tutelle mise en place par le national au mois de mars, ils appuient : « Nous n’avons ni le temps, ni le luxe d’attendre. »

    « Sur le chef de file, nous allons prendre une décision en fin de semaine ou début de semaine prochaine pour savoir si l’on s’en passe, si on le remplace par quelqu’un d’autre, ou pas », annonce pour sa part Guy Benarroche, dont les discussions avec la tutelle étaient pointées du doigt. Il espère que sera proposée dans le même temps une liste de candidats « qui soit acceptée par tout le monde sans créer de nouveaux affrontements ». Tout en rejetant un changement de tutelle et n’estimant pas prioritaire une direction de campagne.

  • Le Sporting avance à tâtons avant de recevoir Marseille

    Le Sporting avance à tâtons avant de recevoir Marseille

    L’OM se frotte à un champion national. Ce mercredi, à 21 heures, les Marseillais se rendent à l’Estadio José-Alvalade pour la troisième journée de Ligue des Champions. En face, le Sporting a perdu, en l’espace de quelques mois, son entraîneur Ruben Amorim et son attaquant star, Viktor Gyökeres. Des pertes qui ne les empêchent pas d’être 2e de la Liga Portugal.

    « Leur début de saison est correct. La dynamique est un peu moins bonne sur les trois derniers matches, ils ont difficilement gagné en coupe, ce week-end, face à une D2. Le match contre le Napoli a pu être qualifié de défaite encourageante, mais le contenu n’était pas très bon », rapporte Nicolas Vilas, journaliste franco-portugais, désormais sur la chaîne L’équipe.

    Celui qui se trouve actuellement dans l’œil du cyclone s’appelle Rui Gomes. Le nouveau coach est déjà sous la pression des médias locaux, ainsi que des fans. « Nous sommes déçus du coach. En termes de choix, je suis parfois bouche bée. Il joue trop axial, il n’y a pas de centres. Dès que l’on affronte un gros morceau, on perd », analyse Nuno, grand supporter du club lisboète.

    Des compositions

    de départ discutables

    Ce dernier détaille également ce qui a changé depuis le départ de Viktor Gyökeres vers Arsenal. « Avec Gyökeres, nous jouions plus dans la profondeur, on envoyait la balle devant et on savait qu’il allait l’avoir. Aujourd’hui, il y a quand même une qualité, c’est que nous sommes plus imprévisibles. Finalement, on jouait toujours pour lui auparavant. »

    Nicolas Vilas évoque aussi l’arrivée bénéfique de Luis Suarez, 11 matches avec l’OM en 2022-2023. La recrue estivale est la plus chère de l’histoire du Sporting. « Il a été acheté cher, mais il met but sur but. Le problème n’est pas forcément l’attaque. Il y a des joueurs bons la saison dernière qui le sont moins cette année. Je pense à Morita, à Hjulmand. »

    Deux jeunes joueurs formés au club seront à suivre, mais ne seront peut-être pas alignés. Au plus grand désespoir de Nuno. Geovany Quenda (déjà vendu à Chelsea) et Joao Simoes ont tous les deux 18 ans et sont des phénomènes à leur poste. « Simoes a été excellent contre Naples, puis on ne l’a plus revu. Il était parfois hors de la feuille de match. Quenda est un ailier de débordement, très bon en un contre un. » Le Sporting espère donc mieux et tombe sur un OM dans la meilleure forme possible. Le duel sera exigeant.

  • Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef Sud monte au créneau contre la suspension de la réforme des retraites

    Le Medef n’est visiblement pas ravi de la suspension de la réforme des retraites et de la tournure des débats autour du budget. Et le président du Medef Sud, déclinaison régionale de l’organisation patronale, Stéphane Benhamou, en premier lieu. « La notion de compétitivité du pays n’existe pas en France », tonne-t-il, en préambule de sa conférence de presse qui se tenait ce mardi, à Marseille. Avant de développer, sans forcer sur la caricature : « La réduction du déficit public n’est plus un sujet. La baisse des dépenses de l’État, n’est plus un sujet. Et travailler plus pour gagner plus, c’est passé aux oubliettes ! »

    In fine, c’est surtout la suspension de la réforme des retraites qu’il vise. Une suspension qui ne passe pas pour le patronat : « Au-delà du coût de cet abandon, c’est tout ce qu’il représente pour la dynamique entrepreneuriale qu’il faut nourrir dans ce pays. C’est un signe fort donné à des franges très minoritaires politiquement, puisqu’on parle de 69 députés dans l’hémicycle. » En clair, cette suspension serait pour lui « une décision à l’emporte-pièce visant à préserver des postures d’élus », en l’occurrence celle des députés du Parti socialiste. À l’inverse, évidemment, il rappelle que le Medef plaide pour un « rééquilibrage du système de retraite avec une introduction par capitalisation ». S’il note que « plus de 80% des Français demandent à ce que les entrepreneurs s’engagent dans le débat public », en citant un sondage Odoxa pour appuyer ses propos, il oublie bien de préciser que 70% d’entre eux rejettent le système de capitalisation et que 73% des salariés sont toujours opposés à la retraite à 64 ans, selon l’Ifop. Forcément, le patronat a la réponse à ce « paradoxe », jugeant que c’est « un rejet de la réalité d’un revers de main émotionnel ». Le patron des patrons de la région développe son raisonnement : « Le discours politique est de plus en plus clientéliste et populiste. Face au défaut d’argumentation, on parle au cœur et non à la tête. Et donc, ce qui passe très bien dans notre pays c’est : Il faut faire payer les riches, il faut faire payer les entreprises. » Et de ressortir les vieux mots d’ordre du Medef, dénonçant la « surenchère fiscale ».

    Mais le paritarisme

    a du bon

    Le patron des patrons régionaux explique tout de même que son organisation sera de la partie pour la conférence sociale proposée par Sébastien Lecornu. Une participation sous condition : « Nous y participerons, mais pas pour servir de caution à un processus politicien (…), on voit bien où le conclave a mené. Ces sujets relèvent des organisations patronales et syndicales, mais sur notre calendrier. » Il en profite pour vanter les bienfaits du paritarisme, et paradoxalement ses bonnes relations avec les organisations syndicales de salariés : « Je parle régulièrement avec les organisations syndicales, notre relation est franche, on débat sereinement. »

    Le versement mobilité dans le viseur

    Après le vote en assemblée plénière du conseil régional, vendredi dernier, de la baisse de la contribution des entreprises pour le financement des transports régionaux, alias le versement mobilité, qui passe de 0,15% à 0,08%, le Medef Sud ne saute pas de joie. « Cette réduction, nous en pensons du bien, nous l’avons soutenu, mais nous appelons de nos vœux la descente jusqu’à 0% », explique Stéphane Benhamou. Une opposition de principe visiblement : « Nous sommes naturellement contre tout impôt de production en général au Medef. » Rien de nouveau sous le soleil. A.B.

  • Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Acaride

    Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Acaride

    Acquittée à quatre reprises, Pinar Selek est poursuivie depuis 1998, d’abord pour ses travaux universitaires sur les Kurdes, puis pour un attentat dont elle est innocente. Installée en France depuis 2011, elle est aujourd’hui enseignante-chercheuse à l’Université Côte d’Azur (Nice). Ce mardi, la sociologue franco-turque a poursuivi son combat pour la liberté d’expression à Marseille, entourée de ses soutiens. À l’occasion de la 6e audience de son 5e procès qui se déroule à Istanbul, une nouvelle journée de solidarité a été organisée dans la cité phocéenne. Elle s’est clôturée dans la bibliothèque de l’Alcazar (1er).

    L’actrice marseillaise Ariane Ascaride a proposé la lecture de trois textes de Pinar Selek – « Savoirs nomades », « Acrobatie pour les libertés » et « Aimer ou construire » – où se racontent l’absurdité des frontières, des réflexions sur l’exil, le rapport des humains au reste du vivant, le racisme anti-kurde, et bien d’autres réflexions. « C’est un très grand cadeau pour moi, je n’avais jamais lu mes textes à voix haute. Ariane leur a donné encore un autre sens, car elle a pu ajouter les silences qu’on ne peut pas voir à la lecture », s’est émue Pinar Selek après la performance de la comédienne.

    « Je voudrais insister sur le fait que cette fille-là est vraiment étrange. Je n’ai jamais vu quelqu’un comme elle. C’est une guerrière. Elle se bat pour sa vie et arrive à intellectualiser tout son rapport au monde. Elle le fait pour que d’autres puissent comprendre par quoi on passe sans être simplement submergé par l’émotion, s’est enthousiasmé Ariane Acaride, quelques instants après ses lectures. Et après, cette intellectuelle s’en va dans le pays des fées pour raconter des histoires magiques. Vous avez beaucoup de chance de la connaître ».

    Pour la 6e fois consécutive, le 5e procès de Pinar Selek a, mardi, été reporté par la justice turque. « Il semble que les juges avaient déjà pris leur décision avant même d’échanger avec les avocats », a déclaré Seyda Selek, mathématicienne devenue avocate pour défendre sa sœur, présente lors de l’audience de mardi à Istanbul, aux côtés de la délégation internationale sur place pour soutenir la sociologue. La date du prochain procès est fixée au 2 avril 2026.

    Poursuivie depuis 27 ans par Ankara, Pinar Selek ne peut plus se rendre en Turquie, où elle risque d’être arrêtée. « Ils veulent nous épuiser, mais ils n’y arrivent pas. Nous continuons de résister et ça les énerve, c’est pour cela qu’ils ne font que reporter l’audience et qu’ils envoient des lettres de menace à Ariane », a constaté Pinar Selek, mardi soir. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, j’ai vu tant de solidarité autour de moi, tant d’expériences, d’analyses, de formes d’expressions qui convergent… Ça me donne la pêche. Je peux encore courir longtemps sans m’arrêter ». Définitivement indomptable.

  • [Entretien] Nathalie Roche : « Un non-événement qui éclipse l’important »

    [Entretien] Nathalie Roche : « Un non-événement qui éclipse l’important »

    L’arbre qui cache la forêt… La déferlante médiatique autour de l’ex-président de la République évite, selon la magistrate, d’évoquer les vrais problèmes comme le manque de moyens de la justice.

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous de cette médiatique entrée en prison ?

    Nathalie Roche : C’est un peu désolant, il y a énormément de gens qui entrent en prison tous les jours, dont certains encore présumés innocents, d’autres lourdement condamnés. C’est un non-événement, on a déjà énormément commenté le fait que Nicolas Sarkozy aille à la Santé. Ces avocats ont déjà fait un recours, comme toute personne qui bénéficie de ses droits le fait. Ce qui peut être inquiétant en parallèle, c’est qu’on n’a toujours pas de budget figé pour la justice, en termes d’ambitions, aussi, pour l’aide aux victimes. Nous venons tous de recevoir une circulaire du ministère, qui s’adresse aussi et de plus en plus fréquemment aux juges du siège, pour des invectives à mieux faire, alors que les associations d’aide aux victimes ne peuvent dispenser toute l’aide [nécessaire] avec la baisse des subventions… Il y a un trouble à ce que les choses importantes, les réformes qui devraient être votées au Parlement, soient éclipsées par un non-événement.

    Que pensez-vous de l’attitude
    du président de la République
    et du ministre de la Justice
     ?

    N.R. : La question, c’est quelle pression met-on sur les gens amenés à rendre la justice pour qu’ils aillent dans une direction ou l’autre ? On peut considérer que les magistrats qui, dans les deux mois, en cours d’appel de Paris, devront statuer sur la mise en liberté de Nicolas Sarkozy, auront en tête qu’il y a une affection particulière de Monsieur Darmanin à titre personnel et politique. On pourrait attendre qu’en tant que ministre de la Justice, il préserve sa neutralité, mais ce n’est manifestement pas dans l’air du temps.

    Est-ce une remise en cause
    de l’indépendance des juges
     ?

    N.R. : Il y a un discours qui pourrait être mis en œuvre si certains politiques venaient aux affaires, il y a eu des invectives avec un pseudo-contrôle disciplinaire sur certains magistrats, la catégorisation d’autres en fonction de leur appartenance ou non syndicale, qui peut inquiéter. Ils pourraient se dire qu’ils auront tout bénéfice pour eux-mêmes, par la suite, à laisser les juges faire leur travail. Chacun a une mission dictée par les textes.

    Quels garde-fous existent-ils ? Faudrait-il en ajouter ?

    N.R. : Peut-être pourrait-on déjà réfléchir à la communication de certaines instances judiciaires. Il y a eu notamment de gros progrès avec un cadre légal fixé pour l’intervention du parquet dans certains dossiers. Le conseil supérieur de la magistrature (CSM) a sûrement aussi une voix à porter. Dans la Constitution, c’est le président de la République, garant de l’indépendance de la justice, qui devrait intervenir pour laisser les juges prendre leur décision en fonction de la loi et non du ressenti du grand public. Mais cet exercice-là n’est pas incarné. Et il y a évidemment cette réforme, de plus en plus lointaine malheureusement, sur l’indépendance du parquet. La pression mise sur les juges du siège est subjective, mais qu’en est-il de celle faite aux procureurs ? Celle plus insidieuse sur leur carrière par le ministère ? On touche là du doigt la très grande fragilité de l’institution judiciaire française, quand chacune des institutions ne remplit plus son rôle…

  • Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    « J’étais submergé, j’ai été dépassé, je le regrette. J’ignorais la séparation entre activités de secteur public et activités libérales », a expliqué, mardi à Marseille, le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, dans des déclarations embrouillées mêlant l’erreur, l’ignorance et le complot. Il a in fine éludé la surfacturation à son profit et à grande échelle, entre janvier 2019 et le 21 octobre 2022, d’interventions opératoires d’activité libérale, le plus souvent fictives, puisqu’il détournait les données des patients opérés par plusieurs de ses confrères, ce qui aboutissait en outre à faire payer deux fois un même acte par la Sécurité sociale.

    Le praticien relevait les informations figurant sur les programmes opératoires établis par l’infirmière coordinatrice du bloc opératoire, notamment la date, les prénoms et noms des patients, le nom du chirurgien réellement en charge de l’intervention, ainsi que l’intitulé de l’acte programmé. Il récupérait ensuite, via le logiciel hospitalier, les numéros de sécurité sociale des patients concernés. Ces données lui permettaient de générer, à l’aide d’un logiciel de facturation installé sur un ordinateur portable, des feuilles de soins électroniques qu’il télétransmettait à l’assurance maladie.

    « C’est facturer plus pour gagner plus »

    Il est question de 883 interventions frauduleusement payées au titre de son activité libérale, alors que 768 relevaient du secteur public pour lesquelles il était salarié, percevant déjà 10 000 euros par mois. Il a dit ignorer l’existence du taux maximal de 20% d’activité libérales, lui qui en effectuait jusqu’à 113%. Ses transmissions informatiques, au rythme de 20 par mois, ont trompé neuf caisses primaires d’assurance maladie et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, se faisant créditer de 467 272 euros, dont plus de 400 000 euros rien que de la CPAM des Bouches-du-Rhône.

    Le prévenu s’est défaussé sur un confrère l’accusant de « vengeance », ce dernier ayant lancé l’alerte, d’abord en vain auprès de la direction de l’hôpital, avant de signaler les faits au parquet. « Ma vie a été pulvérisée quand j’ai fait le signalement, a dit ce dernier. J’ai été évincé de l’hôpital d’Aubagne car j’ai dénoncé le système. Il m’a fallu 7 mois pour comprendre ce système frauduleux où l’hôpital y gagne aussi », a ajouté ce chirurgien constitué partie civile.

    « C’est facturer plus pour gagner plus, grâce aussi à des défaillances et des facilités. On peut reprocher à la CPAM de ne pas avoir déclenché plus tôt le contrôle », a dit la procureure, qui a requis 30 mois de prison dont 6 mois ferme sous bracelet et 24 mois de sursis probatoire, ainsi que 50 000 euros d’amende, dont 30 000 avec sursis et interdiction d’exercer une activité libérale au sein d’un établissement public. Délibéré le 4 novembre.