Tag: Marseille

  • La bataille de Marseille sera féroce

    La bataille de Marseille sera féroce

    Les résultats de l’enquête d’opinion exclusive La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, marque un tournant dans la bataille de Marseille. Pour la première fois, ils révèlent le risque d’une victoire RN dans un contexte politique national qui lui est particulièrement favorable.

    Les gauches, unies dans le Printemps marseillais, continuent d’être en mesure de l’emporter avec un niveau d’intention de vote à 30%, équivalent à celui du RN, avec un total gauche qui progresse sur celui de 2020, et cela avant l’entrée en campagne de Benoît Payan puisque l’enquête a été réalisée
    du 2 au 8 janvier. Néanmoins, comme dans la totalité des villes ou une majorité de gauche est sortante, la présence d’une liste LFI pourrait handicaper la capacité des progressistes à avoir le dessus.

    Rien n’est joué

    La droite et le centre-droit ont, quant à eux, l’obligation de se ressaisir s’ils ne veulent pas finir siphonnés par l’extrême droite. Un des enseignements de ce sondage, comme de la période, est que la porosité entre ces deux courants politiques se fait systématiquement en faveur du RN. Il y a donc urgence à recréer des digues et à rappeler les enseignements de l’histoire mais aussi de l’actualité mondiale : il n’y a pas une différence de degré mais de nature entre la droite républicaine et l’extrême droite.

    Rien n’est joué.
    La présentation des programmes, la composition des listes et le déroulement de la campagne pèseront sans nul doute dans le résultat final des urnes.

    La bataille de Marseille sera féroce. Elle ne fait que commencer.

  • [Sondage exclusif] Élections municipales : Benoît Payan au coude à coude avec le RN

    [Sondage exclusif] Élections municipales : Benoît Payan au coude à coude avec le RN

    C’est un coup de semonce dans le champ politique marseillais : d’après les résultats du sondage exclusif La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA réalisé du 2 au 8 janvier sur un échantillon représentatif de 801 personnes, le candidat RN Franck Allisio ferait jeu égal à 30% avec la liste de la majorité sortante emmenée par Benoît Payan (DVG) tandis que Martine Vassal (DVD) est créditée de 23%.

    Début décembre, le sondage La Provence/Ifop-Fiducial donnait déjà le maire actuel à 30% et Franck Allisio, en progression à 27%,devançant pour la première fois Martine Vassal (DVD) donnée quant à elle à 26%. L’écart semble donc se creuser entre la présidente de la Métropole et du Département et le candidat d’extrême droite, alors que celui qui le séparait du Printemps marseillais se réduit à la portion congrue. Partie tôt en campagne, la candidate du bloc central semble pâtir de la situation politique nationale qui s’enlise de plus en plus avec un gouvernement sans budget, confronté à de nombreuses colères.

    Dans le même temps, Sébastien Delogu pour la France insoumise est stable à 14%. Le précédent sondage l’ayant donné à 15% début décembre. Le député des 15-16 élu dans les quartiers Nord depuis 2022 dans le cadre de la Nupes puis réélu dans celui du Nouveau front populaire se situe plus bas que la liste de Manon Aubry aux européennes de 2024 (21,5%) et il est mesuré à la moitié du score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2022 (31,1%) où celui-ci faisait la course en tête au premier tour à Marseille.

    Un élément qui confirme la volatilité des électorats de gauche en fonction des enjeux et des scrutins qui a été constatée depuis la recomposition politique induite par la première élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République.

    Réalisé avant l’entrée en campagne de Benoît Payan

    La liste conduite par Erwan Davoux, secondé par Nora Preziosi est stable également à 2%, même score obtenu il y a un mois. Ouvertement hostiles à Martine Vassal, le premier est un ancien fonctionnaire du Département en procès avec elle, la seconde a été révoquée de sa présidence de 13 Habitat et entend prendre sa revanche dans cette élection.

    Testé pour la première fois depuis sa déclaration de candidature, le candidat trotskiste de Lutte ouvrière Rémy Bazzali est donné à 1% par notre enquête. L’ouvrier dans l’aéronautique conduit une liste à l’échelle municipale qui sera appuyée par seulement trois listes de secteurs, les 2-3, 13-14 et 15-16.

    Réalisé avant l’entrée officielle en campagne de Benoît Payan samedi, le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA témoigne de la dynamique dont bénéficie le RN à l’échelle nationale (lire par ailleurs).

    Difficile de savoir si la mobilisation simultanée des militants de l’arc de forces qui composent le Printemps marseillais : PS, PCF, Écologistes, Génération.s, Mad Mars, Radicaux de gauche, Gauche républicaine et socialiste, Debout!, Place publique ou encore les amis de Samia Ghali regroupés dans Marseille avant tout, a déjà fait évoluer ce rapport de force.

    Rendez-vous dans sur lamarseillaise.fr et dans La Marseillaise de ce mardi pour la publication des réactions à ces résultats mais aussi pour la suite de notre enquête avec notamment la réponse à la question « qui ferait un bon maire ? » et la perception des conséquences pour Marseille en fonction de la victoire potentielle de chaque candidat.

    Rappel des résultats 2020

    Michèle Rubirola PM…….. 23,44 %

    Martine Vassal LR…………..22,32 %

    Stéphane Ravier RN ……..19,45 %

    Bruno Gilles DVD…………….10,65 %

    Sébastien Barles EELV…….8,10 %

    Yvon Berland LREM……….. 7,88 %

    Samia Ghali DVG………………. 6,41 % 

    Fiche technique

    Institut

    Ipsos / BVA

    Échantillon

    801 habitants de Marseille, constituant un échantillon représentatif de la population marseillaise âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales à Marseille.

    Date de l’enquête

    Du 2 au 8 janvier 2026

    Méthodologie

    Échantillon interrogé par téléphone sur système CATI (Computer assisted téléphone interviews). Représentativité assurée par la méthode des quotas selon le sexe, l’âge, la profession, l’arrondissement de résidence.

    La notice de cette enquête est consultable sur le site de la Commission des sondages.

  • Un tram du Nord au Sud, la « révolution » sur les rails

    Un tram du Nord au Sud, la « révolution » sur les rails

    Rapide, pratique, écologique, sécurisé, ergonomique, économique… », ne tarit pas Catherine Pila. La présidente de la RTM estimant un passage à « 93 000 passagers d’ici 2030 contre 38 000 aujourd’hui sur cette ligne ». Sur l’estrade montée devant le parc du 26e Centenaire, Martine Vassal, présidente de la Métropole, et Philippe Tabarot s’accordaient pour voir dans les 6,2 km supplémentaires de rails une « révolution ».

    La présidente DVD de la Métropole se félicite d’un moment « historique », tenant en trois dates : « 1977, pour l’inauguration du métro avec Gaston Defferre, 2007 pour le tramway avec Renaud Muselier et Jean-Claude Gaudin. Et nous ! » C’est pourtant sous l’impulsion de Defferre que le tram disparaissait pour laisser place au trolley puis au bus. La municipalité Gaudin avait quant à elle creusé la fracture Nord-Sud. Alors, en effet, combler enfin le retard marseillais avec un « T3 qui permet de rapprocher l’ensemble des quartiers », précise Martine Vassal, c’est une révolution dans la vision des déplacements collectifs. Même s’il reste beaucoup à faire pour remailler ce territoire.

    Qui se plaindrait d’une nouvelle ligne, avec des fréquences et une amplitude horaire dignes d’une métropole ? Certainement pas ceux qui vont enfin en bénéficier. Comme Alain, aide-soignant, qui pourra « l’utiliser au quotidien pour se rendre à l’hôpital Sainte-Marguerite, parce que même si j’ai le métro, c’est plus sympa le tram ». Ou Carole, qui se déplace à vélo sur les nouvelles pistes « sauf les jours de pluie » et laissera « plus sereinement » son fils « aller à l’école en tram qu’en bus ou métro ».

    Armes et caméras piétons

    Moins d’enthousiasme pour Marie, retraitée qui habite la Gaye : « Ce n’était pas une priorité. Il y a le 47, le 46 et le B1 qui passe toutes les 7 minutes. L’argent pouvait être investi pour désengorger les Goudes ou ailleurs. » Il est vrai que le T3 fait plus le plein côté Nord que côté Sud et double en partie la ligne de métro. « C’est évident que si un service existe, les gens l’utilisent », considère Tania, serveuse, qui peut « lâcher la voiture pour utiliser la ligne de Gèze pour aller bosser, car contrairement au métro, il ne s’arrête pas à 21h30 ». C’est le cas depuis 2023, « pour les essais techniques », a justifié Martine Vassal, avançant une probable réouverture « jusqu’à 1h du matin… en mai ».

    Si à la création de la Métropole « le premier sujet était la mobilité », sa présidente fait de la sécurité une nouvelle priorité, en portant « de 42 à une centaine » les agents de sécurité. L’État, qui a abondé « d’un milliard d’euros dans le plan Marseille en grand », a rappelé le ministre, continue à soutenir le territoire métropolitain pour « la création de plusieurs lignes BHNS, de pôles de report modal et la nouvelle ligne ferroviaire ». La loi Tabarot « permettra aux contrôleurs de la RTM d’être équipés de caméras-piétons et les agents du Groupe d’assistance et de protection (GAP) seront dotés d’armes non létales ». Des mesures seront aussi annoncées pour prévenir les accidents.

  • Benoît Payan reprend la promesse du Printemps marseillais

    Benoît Payan reprend la promesse du Printemps marseillais

    Sur les murs du local de campagne du 41, la Canebière, les affiches aux couleurs vives proclament encore que « le Rassemblement c’est le Printemps », avec la même charte graphique que lors des précédentes municipales. Ce samedi matin face à la presse, le maire sortant (DVG) de Marseille a finalement officialisé son entrée en campagne pour le prochain scrutin municipal, pour la première fois sur son propre nom après s’être rangé derrière Michèle Rubirola en 2020. « Le moment était venu de dire que je suis candidat », confirme-t-il, seul face aux micros tendus pendant que élus et militants distribuent sa lettre aux Marseillais.

    « Nous avons eu à cœur pendant les six ans qui viennent de se passer de rassembler cette ville, de la recoudre », répète-t-il une nouvelle fois, passant rapidement sur son bilan pour se projeter vers l’avenir. « Je n’ai pas d’autre ambition que de me battre pour ma ville, que de rassembler ses habitants, qu’elle redevienne la grande capitale de la Méditerranée, cette place qu’elle n’aurait jamais dû perdre », promet-il. Et d’endosser le costume de l’édile protecteur face à un contexte national et international incertain, alors que l’insécurité s’affiche dans les grandes priorités des habitants, jusque dans la consultation menée par les militants du Printemps marseillais. « Je veux que les Marseillais se sentent protégés dans leur quotidien avec de la police de proximité, de la police municipale, avec des services publics très forts », réaffirme-t-il. De son programme, il ne distille ainsi que sa volonté de doubler une nouvelle fois les effectifs de la police municipale avec la création d’une police de la propreté, d’étendre la gratuité de la cantine pour toucher 15 000 écoliers, d’étoffer les kits scolaires distribués à une valeur de 150 euros.

    « Emporter la Métropole »

    De premières mesures métropolitaines sont aussi posées sur la table. Le maire sortant veut doubler les effectifs de la propreté à Marseille, créer un gendarme du logement. La Métropole Aix-Marseille est en effet dans le viseur de la gauche marseillaise, qui si elle l’emporte espère profiter de l’avantage numérique offert par la réforme du mode de scrutin pour s’assurer d’une majorité plus en phase avec ses demandes. « Est-ce que vous croyez que je vais laisser la Métropole pendant les six années qui viennent continuer à faire ce qu’elle a fait dans cette ville ? », interpelle le maire sortant, alors que propreté et transports s’imposent dans les principales préoccupations recueillies lors des porte-à-porte de l’automne. « En votant pour nos listes, nous pourrons emporter avec nous la Métropole », assure-t-il.

    Mais tandis que se dessinent quatre blocs, au moins pour le premier tour du scrutin, il assume avoir pour principal adversaire l’extrême droite. « Ces faiseurs de haine, ces cracheurs de feu, ce sont en réalité celles et ceux qui risquent de diviser Marseille comme elle ne l’a jamais été » avertit-il. L’édile en prend pour exemple les délibérations votées en conseil municipal. « À chaque fois ils ont voté contre les subventions de solidarité, contre l’aide aux personnes les plus précaires, contre tout ce qui unifie la vie. » Il a beau être seul face à la presse, il promet de renouveler la promesse du Printemps marseillais, « ce rêve que cette ville doit changer ». En commençant par le renouvellement de ses élus. Aucune liste n’est constituée, aucun nom n’est donné pour l’instant. Il promet de repartir « avec celles et ceux qui en ont envie et qui ont bien travaillé ». Mais il esquisse aussi un renouvellement avec sur les 111 noms de la liste municipale, des candidats « qui n’ont pour la plupart jamais fait de politique mais qui sont ancrées dans la ville », qu’ils viennent du monde médical, associatif, culturel, entrepreneurial. En espérant l’emporter sans le soutien des insoumis. « Quand on porte la responsabilité de la division on l’assume jusqu’au bout », balaie-t-il.

    « Les faiseurs de haine risquent
    de diviser Marseille comme elle ne l’a jamais été. »

  • [Entretien] « Une mise en lumière des émotions des cheminots »

    [Entretien] « Une mise en lumière des émotions des cheminots »

    La Marseillaise : D’où vient ce film et pourquoi l’avoir fait ?

    Sébastien Gronnier : Ce film est la fin d’un processus débuté en 2021 en trois étapes. Le premier volet a été la sortie des trois BD Les Seigneurs du Rail, le second avec le livre #TousCheminots. Et enfin le film, pour mettre en lumière la manière dont les cheminots ont vécu l’arrivée de la concurrence dans la région, ce qu’elle a provoqué dans leur vie. Souvent ils sont vus comme un corps social particulier, indépendant ou corporatiste. Et nous voulions montrer qu’au contraire, ce sont des salariés comme les autres, des citoyens avec des vies personnelles. Avec ce film, on voulait donner corps au phénomène de concurrence, qui est un terme répété tant de fois que parfois on ne sait pas ce qu’il y a derrière. C’est quelque chose qui n’est pas palpable : on en entend parler mais tant qu’on ne l’a pas vécu, qu’on ne sait pas ce que ça amène, on ne se rend pas compte des réalités. Et avec le cheminot en tant qu’humain au cœur de ça. C’est une mise en lumière de vécus de citoyens sur leur condition de salariés dans une grande entreprise qui se fragmente. Il y a une forme de réhumanisation des cheminots et on l’a conçu comme une photographie historique de ce moment pour le corps social de la SNCF.

    Dans le livre, il y avait un rapport au réel et à l’émotion, est-ce que c’est ce qui ressort principalement dans l’adaptation ?

    S.G. : Au Casi, nous sommes des syndicalistes. Donc, les cheminots ne nous disent pas les mêmes choses que s’ils parlaient à quelqu’un d’autre de leur métier. Ils parlent en nous identifiant à une organisation syndicale dans une optique d’en faire une remontée à la direction. L’idée du livre, puis du film, était de mettre le cheminot dans une situation où il parle du même sujet mais autrement. On rentre dans l’intime, de comment ils ont ressenti les modifications dans l’entreprise. Pas de le mettre à nu mais qu’il parle à cœur ouvert. Et cela donne corps à notre parole de syndicaliste. Quand on alerte sur les conséquences de l’ouverture à la concurrence, en matière de risques psychosociaux, d’attachement à l’entreprise, de départ des cheminots… Tout cela prend forme avec les témoignages. On a, par exemple, un cheminot qui témoigne dans le film et qui explique avoir choisi de quitter la SNCF pour ne pas subir l’arrivée de la concurrence. Au final, ce n’est pas qu’une mise en lumière du livre.

    Comment s’est déroulé le tournage et le cheminement du projet ?

    S.G. : On n’a pas donné de cahier des charges au réalisateur, Balkan Tekelioglu. On lui a juste donné le livre, en lui demandant si c’était possible d’en faire un film. Après il y a eu des allers-retours entre lui et nous, des choix de témoignages. Et le tournage a été relativement rapide. Mais on voulait avoir son regard extérieur et sans l’influencer. Car justement, quand on fait travailler des personnes extérieures à la SNCF dans nos projets, on veut qu’ils gardent leur sensibilité. Et donc qu’ils gardent leur regard sur le corps social au sein de la SNCF. In fine, on ne gêne pas le processus créatif. Et lui-même avait un regard relativement neutre avant de lire le livre, puis a pris conscience de ce que pouvait provoquer cette ouverture à la concurrence. On ne souhaitait juste pas que les cheminots parlent seulement de risques psychosociaux ou de conditions de travail. Mais plutôt de comment ils ont perçu ce moment de l’histoire.

    Le format documentaire s’est imposé naturellement ?

    S.G. : Le format documentaire était une évidence. Si l’on commence à romancer, à en faire une fiction, ça implique un script, un scénario. Et donc avec l’idée de dénoncer volontairement des choses. Et là, ce n’était pas le but. L’idée c’était de dire : « voilà ce que pensent les cheminots, voilà ce qu’ils nous disent et voilà ce qu’ils vont dire à la caméra ». Et ça n’a donc rien à avoir avec une idéologie ou une organisation syndicale. Le tout, avec une diversité de profils justement. On ne voulait pas imposer le fait que cette ouverture est bien ou mal. C’est donc un documentaire sociologique, intemporel. Et c’est aussi une alerte : le processus qui est décrit dans le film va se reproduire à chaque fois qu’il y aura une ouverture à la concurrence, des appels d’offres. Le processus légal est le même, donc les cheminots d’autres régions vivront les mêmes choses d’année en année.

    Il n’y a pas besoin d’avoir lu le livre pour apprécier le film, ni d’être cheminot ?

    S.G. : C’est accessible au grand public, il a été réalisé par quelqu’un qui n’est pas cheminot d’ailleurs. Il faut juste venir avec un regard curieux et être prêt à déconstruire toutes les idées reçues qu’on peut avoir sur les cheminots. Pas besoin non plus d’habiter la région. On va le présenter dans des festivals et le diffuser au-delà de Paca. Du reste, l’autrice du livre a d’ailleurs été interviewée par le réalisateur dans le cadre du film. Les deux productions se recoupent et sont complémentaires. Et même si vous avez lu le livre, il y a un vrai intérêt à voir le film. Et ça marche aussi si vous ne l’avez pas lu.

    Les projections dans la région

    Le documentaire #TousCheminots va être projeté dans toute la région. Début à Marseille, le 16 janvier, au cinéma du Gyptis. Ensuite, une projection à Six-Fours le 28 janvier au Six n’étoiles. Deux jours plus tard dans le Vaucluse à Avignon, le 30 janvier, au théâtre de la Rotonde. Puis direction les Alpes-Maritimes avec une diffusion, à Nice, le 12 février, au théâtre de la Cité. Enfin, une autre diffusion est prévue le vendredi 13 février à 17h30, aux Rotatives de La Marseillaise (gratuit).

    Réservation possible pour les autres diffusions sur le site billetweb.fr

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Philipon s’amuse, Guizot s’ennuie

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, Philipon s’amuse, Guizot s’ennuie

    Au premier étage du musée des Beaux-Arts, une longue vitrine avec un étage médian les rassemble. On en dénombre 36. Conformément à la funeste idéologie de cette époque, ce sont des « Célébrités du Juste Milieu ». Pour la plupart, ces figures burlesques et quelquefois sinistres, ce sont des portraits-charges de parlementaires. À côté des bustes des députés, voici des ministres, des avocats et des magistrats.

    Ces bronzes de modeste taille – Philipon est à 16 centimètres de hauteur, Guizot culmine à 22 centimètres – ont été réalisés au XXe siècle à partir des terres crues polychromes imaginées par Honoré Daumier entre 1832 et 1835. Leurs noms ne s’inventent pas : souvent ridicules, ils sont dignes d’une liste dressée par Valère Novarina. Ils peuvent s’appeler Docteur Prunelle, Jean-Charles Persil, Chevalier de Valdrome ou bien Jean Vatout.

    Censure et répression, révolte et rébellion jamais éteintes chez des intraitables comme Daumier, ces années 1832-1835 sont les premières années de la monarchie de Louis-Philippe. Le jeune caricaturiste -né à Marseille en 1808, il publiait ses premiers dessins en 1829- fut lourdement sanctionné. Pour avoir dessiné un portrait du roi à la ressemblance d’une poire et d’un Gargantua, la justice l’avait condamné à six mois de prison.

    Aux origines de ce séjour chez Sainte-Pélagie on retrouve Charles Philipon, l’unique personnage point du tout féroce et calamiteux parmi ces 36 grotesques effigies. Au niveau inférieur de ces guignols, à gauche, c’est la quatrième apparition. Daumier éprouvait clairement ce qu’il devait à la complicité du directeur de Charivari : « Si Philipon n’avait pas été derrière moi, jamais je n’aurais rien fait ! » Il faut bien que quelquefois l’arroseur soit arrosé, Philipon a sa place parmi les trognes de ces « ventrigoulus », ces fantoches et ces bouffons.

    Farces et attrapes, Philipon tire les ficelles de ce capharnaüm. Il en avait fait la commande à Daumier qui pour autant ne l’épargne pas. On découvre sa bouche édentée, son nez retroussé plutôt moche, ses sourcils en accent circonflexe et sa masse de cheveux. Il se marre doucement. En revanche, premier en haut à gauche dans cette réunion, tête penchée, le ministre Guizot est un sommet d’ennui. Victor Hugo ne s’y trompait pas : ce brillant manœuvrier, ce faux jeton du libéralisme faisait l’effet d’« une femme honnête qui tiendrait un bordel ».

  • Le sando halloumi du Rosso café

    Le sando halloumi du Rosso café

    Cette semaine nous vous invitons chez Rosso, pour réaliser une recette à la fois street, qui se mange sur le pouce et savoureuse !

    Pour commencer, la veille découpez de belles tranches d’halloumi que vous faites mariner toute la nuit au frais dans de l’huile d’olive, de l’origan, des herbes de Provence et du thym.

    Le lendemain, au moment de réaliser votre recette il vous faudra prendre de belle tranches épaisses de pain de mie que vous pouvez trouver chez un boulanger. Réalisez si vous le pouvez une belle mayonnaise et un pesto maison. Pour le pesto, mélangez le basilic, les pignon, l’ail, le citron et le parmesan puis montez à l’huile d’olive. Salez et poivrez. Si vous ne pouvez pas les faire, le chef vous conseille de les acheter déjà prêts et mélangez les deux sauces pour avoir un seul et même condiment.

    Un fromage avec appellation protégée

    Coupez le concombre en rondelles et émincez l’oignon rouge et la sucrine. Au moment du montage du sandwich, passez vos tranches de pain de mie au grille pain pour ne pas que le pain ait le temps de sécher à l’air libre et ainsi durcir. Déposez une belle cuillère de mayonnaise au pesto sur les deux tranches de votre sandwich et étalez sur toute la surface du pain. Ajoutez sur l’une d’entre elles une poignée de sucrine, quelques lamelles d’oignon, deux tranches généreuses d’halloumi mariné.

    L’halloumi est un fromage chypriote qui se rapproche de la féta et est protégé par une appellation d’origine protégée depuis 2021 à l’échelle européenne. Quatre rondelles de concombre, quelques feuilles de menthe parsemées pour la fraîcheur et enfin les tomates séchées. Refermez avec une tranche de pain de mie badigeonnée de mayonnaise. Vous pouvez fermer le sandwich avec un papier spécialisé un peu comme un paquet cadeau et le couper en deux pour une dégustation plus simple le sandwich étant assez volumineux. Bon appétit !

    Il vous faudra :

    – Des tranches de pain de mie épaisses

    – Un concombre

    – De la menthe fraîche

    – De quoi faire une mayonnaise ou déjà prête

    – Du basilic, des pignons, de l’ail, du citron, du parmesan et de l’huile d’olive ou du pesto

    – Une sucrine

    – Un oignon rouge

    – Du fromage halloumi

    – De l’origan, du thym et des herbes de Provence

    – Des tomates séchées

  • [Portrait] Alèssi dell’Umbria,historien sans permission

    [Portrait] Alèssi dell’Umbria,historien sans permission

    La première édition date de 2006. Sans grand écho médiatique et malgré l’indifférence de l’Université, grâce au bouche à oreille des circuits militants et au pouvoir de prescription de son éditeur qui publiait alors Howard Zinn et Varian Fry, la fine maquette de cette Histoire de Marseille connut plusieurs tirages : un total de 7 000 exemplaires vendus, score rarement atteint par les auteurs de livres d’histoire et de sciences humaines.

    De nouvelles générations de lecteurs sont apparues, avides de comprendre Marseille, ici et maintenant. Vingt ans après, Thierry Discepolo, son éditeur chez Agone qui publiait courant 2024 l’enquête de Victor Collet Du taudis au Airbnb / Petite histoire des luttes urbaines a demandé à Alèssi Dell’ Umbria une actualisation de son livre qui voisine à présent les 900 pages, grâce à l’addition d’un épilogue stimulant et questionnant, titré « Ce qu’il reste à sauver ».

    La Plaine, l’OM,
    Massilia Sound System…

    Tout en confirmant sa grille de lecture, inspirée par Marx et les situationnistes, le récit d’Alèssi est ancré dans des expériences de vie qui peuvent être soit douloureuses, soit jubilantes. Son ouvrage est devenu un classique. On peut le discuter, émettre des réserves mais pour l’heure il n’a pas de concurrent, exception faite pour le livre de Jean Contrucci et Roger Duchêne édité chez Fayard. Son narrateur pense par lui-même. À 15 ans, Dell’ Umbria -un pseudonyme qui évoque en Italie la région de l’Ombrie- avait définitivement quitté l’école. Il n’a pas perdu sa verve et sa combativité des années 1980, quand il prenait le risque d’appartenir à la clandestinité du groupe libertaire Os Cangaceiros. Ses révoltes et son décentrement nettoient « les écuries d’Augias » : il refuse de s’adapter aux formatages et aux injonctions des airs du temps. Ses convictions relèvent de lectures militantes et d’observations sur le terrain. Une coriace auto-formation, les nuits sans lucioles du quartier de la Plaine, les supporters de l’OM, le rock, Massalia Sound System, les mégaphones des manifs, la libre fréquentation des stigmatisés et des relégués, un profond attachement par rapport à la langue occitane, plusieurs strates ont façonné ses outils de réflexion.

    Dell’ Umbria s’est souvenu de l’enseignement en provençal de Peire Simiand quand il a créé en 2000, avec le chanteur-compositeur Manu Theron un Centre culturel occitan qui accueille plusieurs centaines d’adhérents, l’Ostau dau Pais Marselhès, domicilié 15, rue de l’Olivier. Il place très haut Victor Gelu (1806-1885), auteur des Chansons Provençales, « chantre de la plèbe… témoin acerbe et amer de la destruction d’un mode de vie », magnifique interprète « de cette rudesse, de cette brutalité et de cette générosité qui caractérisent Marseille ». Avec une poignée d’amis, Alèssi fut aussi, au début du XXIe siècle l’un des créateurs et des dramaturges de l’intense réappropriation-invention d’une culture populaire que réveille chaque nouvelle édition de la déferlante des chars et du procès du Carnaval de Marseille.

    Marseille, « dernière ville populaire de France »

    Rétrospectivement on est sidéré, on admire les opiniâtres années de lectures et de recherches en archives, le travail de réécriture qu’Alessi Dell’ Umbria aura accompli avec ses découvreurs d’Agone, Charles Jacquier et Thierry Discepolo. On a en mains les leviers d’un ouvrage mené en solitaire, s’appuyant précisément pour ce qui concerne le récent XXe siècle sur les travaux de chercheurs comme Jean-Lucien Bonillo, René Borruey, Xavier Daumalin, Thierry Durousseau, Michel Peraldi, Marcel Roncayolo, Émile Temime et Pierre-Paul Zalio.

    Trop rapidement résumées, la thèse et la conclusion de ce livre seraient l’échec au long des siècles de Marseille, « capitale manquée » quand on la compare à Barcelone ou Naples. Les pouvoirs qui s’y sont exercés n’ont jamais compris sa « vérité qui ne ment pas », son rôle crucial de « dernière ville populaire de France » : la mairie de Gaudin et les dominants voulaient la dévitaliser, faire d’elle une zone d’attraction touristique.

    Sans pouvoir partager pleinement cet argumentaire, on comprend aisément les engagements sans concession d’Alèssi Dell’ Umbria. Sans trop d’illusions, avec un sens aigu du respect de l’intelligence collective, il s’impliqua totalement dans les luttes de l’hiver 2018 autour de la rue d’Aubagne et du mur de la Plaine.

    Aujourd’hui, comme l’indique la postface de son livre, il préfère espacer ses retours dans un quartier en voie de gentrification dont « le quotidien est désormais scandé par le ballet des valises à roulettes qui dessert les Airbnb ».

  • À Marseille, « Les voix du corps » pénètrent Klap

    À Marseille, « Les voix du corps » pénètrent Klap

    Sur la scène, trois corps se mettent en mouvement aux échos d’un Stabat mater, hymne médiéval et religieux remis au goût du jour flamenco par José Sanchez, guitariste et joueur de théorbe, cet espèce de grand luth apparu au XVIe siècle en Italie. Miranda Alfonso, Marina Paje et Ana Perez exaltent leurs gestes au son de ces Voix du corps, qui résonnent samedi 10 janvier à Klap Maison pour la danse. Cette dernière et le musicien « relèvent le défi d’une lecture profane où musique, chant, parole et danse s’entrelacent », indique le programme. Avec eux, et au chant, flamenco cela va sans dire, Alberto Garcia.

    « Le défi, pour nous, c’était de créer notre version de Stabat mater avec un texte qui a été réécrit. Et surtout, ce qui nous a plus, c’est qu’on trouvait que c’était un sujet qui résonnait beaucoup avec l’actualité », expliquait au moment de sa création, Ana Perez, au micro de Théâtres en Dracénie, où la troupe du spectacle était en résidence il y a quelques mois.

    Du Rococo au flamenco

    « Le Stabat mater est l’une des formes de la musique dite classique qui nous touche le plus. Depuis longtemps, j’ai la conviction profonde que le flamenco vient en grande partie de la musique baroque », évoque pour sa part José Sanchez à propos de cet hymne ayant été « travaillé depuis des siècles par de nombreux compositeurs. Les formes qui nous ont le plus touché sont celles de Vivaldi et de Pergolèse ».

    Comme le résument Klap Maison pour la danse ainsi que la scène nationale du Zef, qui co-programme le spectacle, le Stabat mater image à l’origine « la figure d’une femme debout face au supplice de la perte de son enfant. Ce corps meurtri mais droit incarne tout à la fois le chagrin et la dignité ». Autant de caractéristiques « qui participent aussi de l’essence du flamenco ».

    Dans leur version, Ana Perez et José Sanchez tirent la quintessence de « la puissance et la résilience du féminin ». À la fois baroque et contemporain, un « flamenco réinventé, nourri par la spiritualité intense de cet hymne marial et par la force du féminin ».

    Samedi 10 janvier à Klap Maison pour la danse. 5 avenue Rostand, 3e. 5 euros. www.kelemenis.fr

  • [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Ce week-end, Laure-Agnès Caradec, présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône.

    la campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes directrice de campagne de Martine Vassal, ça y est Benoît Payan se lance. Votre ennemi principal est désigné ?

    Quelque part ce n’est pas une surprise puisque tout le monde s’attendait à ce moment. Ça va être l’heure de vérité pour lui parce que la fois dernière ce n’était pas lui qui était candidat, c’était madame Rubirola. Les Marseillais ont eu droit à un switch qui a été douloureux pour eux. Il va se présenter tel qu’il est.

    Didier Gesualdi : De chasseur il est devenu chassé ?

    Oui… je n’attendais pas cette formule.

    Didier Gesualdi : Il avait fait campagne sur la critique du bilan de Jean-Claude Gaudin, cette fois ce sont ses concurrents qui s’en prennent au sien.

    En 2020, il a été chassé par certaines forces politiques qui ne voulaient pas qu’il soit candidat. C’est plutôt à ça que je pensais.

    Léo Purguette : La campagne de Martine Vassal a été lancée depuis septembre sans que son adversaire principal ne soit déclaré. Vous n’avez pas eu le sentiment de boxer dans le vide ?

    Pas du tout parce que ça permet d’avoir une position claire vis-à-vis des Marseillais. Elle s’est déclarée suffisamment en amont en disant « moi je suis candidate » pour dérouler ses propositions, pour expliquer tout ce qu’elle a fait aussi pendant son mandat. Les Marseillais vont voter à la fois pour les mairies de secteur, la Ville de Marseille et la Métropole. Au titre de la Métropole, la séquence de cette semaine qui montre la révolution des transports avec l’inauguration du tramway jusqu’à capitaine Gèze et jusqu’à la Gaye, montre combien, en un mandat, elle aura respecté son engagement envers les Marseillais et les métropolitains aussi puisqu’il y a des BHNS, le Val’tram…

    Léo Purguette : Elle avait avancé sur un sujet qui n’est pas très en vogue dans votre camp politique : la gratuité pour les plus jeunes et les seniors. Pourquoi ne pas viser la gratuité pour tous ?

    La gratuité vous savez… il y a toujours quelqu’un qui paye. Malheureusement, les transports ont un coût important. Les efforts qui ont pu être faits, ont été faits. Après, il y a une réalité économique. Martine Vassal s’est engagée à ne pas augmenter les impôts, comme elle l’a fait au Département et à la Métropole. Je rappelle que Benoît Payan a augmenté de 14% la taxe foncière.

    le Bilan du Printemps marseillais

    Didier Gesualdi : Pour vous tout est à jeter dans le bilan de Benoît Payan ?

    En tout cas, j’attends qu’il nous fasse la démonstration de son bilan parce que justement, aujourd’hui, aux yeux des Marseillais il n’y a pas de projet qui soit sorti durant ce mandat. On ne peut pas dire qu’il y ait eu une piscine, un équipement public… Sur les écoles, on voit bien qu’il y a des couacs sur l’utilisation de l’argent du plan Marseille en grand et que les écoles qui devaient être livrées en temps et en heure ne le seront pas toutes. Donc quel acte majeur durant ces six ans ?

    Didier Gesualdi : Pour vous, le quotidien des Marseillais n’a pas changé ?

    Le quotidien des Marseillais a changé notamment grâce à l’action de la Métropole sur les transports, sur l’habitat indigne, Martine Vassal a mis en place la société publique de rénovation du bâti, mais à l’échelle municipale, démontrez moi ce qui a été fait.

    Léo Purguette : Le plan Marseille en grand, c’est quand même bien Benoît Payan qui l’a décroché. Cet argent-là a même ruisselé – si on peut dire – sur la Métropole.

    On a eu la chance d’avoir un président de la République qui s’est penché sur Marseille et a décidé d’octroyer des moyens supplémentaires, notamment pour la mobilité. Martine Vassal s’est saisie de tous les crédits débloqués par l’État et complétés, bien sûr, par la Région et le Département, pour mettre en place dans un temps record du transport en commun pour les Marseillais.

    Jean-Claude Gaudin

    Didier Gesualdi : En 2020, le Printemps marseillais ne l’emporte-t-il pas du fait de l’immobilisme de Jean-Claude Gaudin ? Renaud Muselier a même parlé de deux mandats de trop.

    Moi je défendrai toujours le bilan de Jean-Claude Gaudin. Non, je ne pense pas qu’il y ait eu deux mandats de trop. Chaque mandat a été rythmé par des choses importantes. Les premières lignes de tramway ont été réalisées sous l’impulsion de Jean-Claude Gaudin et de Renaud Muselier.

    Didier Gesualdi : Avec beaucoup de retard…

    Oui mais l’extension du métro également, la capitale européenne de la Culture, le Mucem, le Parc du XXVIe centenaire la piétonisation du Vieux-Port… En 1995, la Ville perdait des habitants, avait un taux de chômage record, les choses ont nettement évoluées. Marseille est devenue attractive, a accueilli des entreprises, des filières d’excellence.

    Léo Purguette : Vous ne pensez pas que la défaite de 2020 est due à son bilan notamment en matière d’habitat ?

    C’est sûr que le 5 novembre a impacté très fortement la campagne municipale, on est bien d’accord. Ça a été un drame qui a marqué tout le monde. Je pense que c’est essentiellement la division de notre côté qui a causé beaucoup de dégâts. Cela a servi de leçon. Aujourd’hui, l’UDI qui était la dernière pièce manquante, lui apporte le soutien dont elle bénéficie déjà, depuis les LR jusqu’au centre.

    Léo Purguette : Jean-Claude Gaudin était en revanche attentif à la cohésion de la mosaïque de communautés qui constitue Marseille. Où est passé ce discours dans votre camp ?

    Si, on est toujours sur cette ligne-là. Marseille est un port, a toujours accueilli. Marseille espérance a peut-être un peu moins de vigueur que sous Jean-Claude Gaudin, je crois qu’il faut retisser les liens entre les communautés et qu’elle se retrouvent dans un projet commun.

    Le bloc central

    Léo Purguette : Le bloc de droite et du centre qu’incarne Martine Vassal correspond à celui qui gouverne la France. N’est-ce pas un handicap dans un pays traversé de colères ?

    Oui tout à fait mais je pense qu’il faut dissocier le local du national. C’est sûr qu’au plan national c’est compliqué : pas de budget, des crises, la crise agricole et ainsi de suite… Mais ici localement, ce que nous souhaitons c’est que les Marseillais jugent sur ce qui a été fait et sur les engagements pris par Martine Vassal. Elle a une vraie volonté de faire. On est élu pour faire et pas pour gagner du temps comme on peut le voir aujourd’hui à l’échelle nationale. Nous sommes sur la rédaction de notre programme, il sera décliné début février.

    Notre objectif c’est faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait.

    Notre but, c’est de faire, de réaliser, dans l’intérêt des Marseillais.

    le Narco- trafic

    Léo Purguette : Vous dites que la sécurité est une priorité. À Marseille on voit l’ampleur qu’a pris le narcotrafic. Il semblerait que Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur ait préféré mettre plus de moyens contre l’immigration illégale.

    Il a quand même fait passer, avec Gérald Darmanin, la loi contre les narcotrafiquants qui a été un peu vidée de sa substance par le conseil constitutionnel, malheureusement. En tout cas, c’était une vraie volonté d’action contre le narcotrafic. Il faut poursuivre, on voit bien dans cette ville que sa présence est forte.

    Léo Purguette : Peut-on encore gagner face au narcotrafic ?

    Il ne faut surtout pas baisser les bras. On voit bien que la faculté a dû fermer temporairement ses portes à cause de cela. Orange quitte la Belle-de-Mai suite à des impacts de balles, c’est intolérable dans la 2e ville de France. Benoît Payan a minimisé les faits, je crois qu’il faut combattre le narcotrafic avec la plus grande fermeté.

    les adversaires

    Léo Purguette : Vous parlez d’union mais une liste très anti-Vassal se présente avec Erwan Davoux et Nora Preziosi, qui était élue de vos majorités. Ça vous inquiète ?

    Non, je crois qu’il ne faut pas qu’on soit inquiété par ce genre de listes. Je pense qu’elle prendra à la fois sur la liste de Benoît Payan, peut-être sur la nôtre. Je ne sais pas si elle aura un destin important, nous verrons bien. En tout cas, nous, nous sommes concentrés sur ce que nous avons à dire aux Marseillais.

    Léo Purguette : Il y a eu une polémique importante sur la question du rapport au RN. Une clarification a été apportée mais les centristes ont beaucoup grincé des dents. Est-ce que ça va tenir jusqu’au bout ?

    La ligne a été clarifiée de suite. Martine Vassal a toujours combattu l’extrême droite, dans tous les scrutins. Elle continue à la faire. Aujourd’hui, il y a trois blocs. Martine Vassal représente celui de la droite et du centre face à l’extrême droite et à l’extrême gauche car ne nous leurrons pas, Benoît Payan sera avec Sébastien Delogu au deuxième tour. Il ne s’en cache quasiment pas. Et Sébastien Barles qui soutient Sébastien Delogu n’a pas été exclu de la majorité de Benoît Payan, donc on voit bien qu’il y a des connexions. Ne trompons pas les Marseillais.

    Didier Gesualdi : Vous aurez besoin des voix du RN au second tour, à moins que cela ne soit le contraire.

    Mais pourquoi veut-on toujours franchir l’étape du premier tour ? Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Nous allons nous battre pour arriver en tête au soir du premier tour.

    Didier Gesualdi : Que dites-vous aux électeurs du RN ? Ça veut dire quoi quand on dit qu’on « partage des valeurs » ?

    Un des objectif prioritaire et affirmé de Martine Vassal, c’est la sécurité. Est-ce que c’est là dessus qu’on pourrait se dire qu’on a un point commun ? Je n’en sais rien. C’est la priorité de Martine Vassal et aussi des LR dans la continuité de l’action menée par Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Nous avons envie d’une ville apaisée où les Marseillais peuvent déambuler en toute sécurité. Des efforts colossaux ont été faits dans les transports avec 2000 caméras déployées et le Groupe d’assistance et de protection qui maintient des agents de sécurité dans le métro et le tramway. Ce sont des choses concrètes, Martine Vassal a démontré sa capacité à faire et elle veut continuer.

    Didier Gesualdi : La sécurité est plutôt une prérogative nationale.

    La police municipale peut venir en appui. Martine Vassal mettra une priorité sur le recrutement de 1 500 policiers municipaux supplémentaires, sur le déploiement de la vidéosurveillance. Elle veut une BAC municipale pour lutter aussi contre la criminalité. Tous les moyens qui pourront être utilisés le seront pour faire en sorte que les Marseillais puissent vivre en toute sécurité dans leur ville.

    Didier Gesualdi : Franck Allisio du RN semble enclin à venir sur un terrain « probusiness » qui est plutôt le vôtre. Ça vous surprend ?

    Il est député de Marignane, il y a des pôles économiques importants dans sa circonscription. Je ne l’ai jamais entendu défendre l’aéroport, l’aéronautique, le pôle économique de Vitrolles. On ne peut pas dire que le programme de la présidentielle de Marine Le Pen soit très pro-économie.

    Didier Gesualdi : Et pourtant quand il y a sur l’affiche Marine Le Pen ou Jordan Bardella ça fonctionne plutôt.

    Oui, papa-maman sur les affiches c’est un peu désespérant. En fait, je crois surtout que ce sont les Français qui sont désespérés et qui veulent retrouver une France dans laquelle ils se retrouvent. Dans laquelle il y a du respect, de la bienveillance. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les essayer ce n’est pas la bonne solution. Faisons confiance aux élus engagés pour le territoire.