Tag: Marseille

  • Un succès, des questions et un printemps à clarifier pour l’OM

    Un succès, des questions et un printemps à clarifier pour l’OM

    Les deux semaines qui arrivent vont être décisives. En fait, chaque match sera décisif, jusqu’à la fin de saison, pour cet OM toujours sur un fil alors que le printemps s’apprête à pointer le bout de son nez. Les Olympiens se sont rassurés comptablement en s’imposant à Toulouse (0-1), samedi, mais Habib Beye reste lucide. Plusieurs questions se posent à quelques jours de recevoir Auxerre, vendredi.

    Quel avenir pour la charnière Pavard-Balerdi ?

    C’est peut-être la bonne surprise du samedi soir. Benjamin Pavard et Leonardo Balerdi ont réalisé un match plein à Toulouse, n’encaissant aucun but. Un paramètre de plus en plus rare pour la charnière centrale marseillaise. Un clean-sheet, ce n’était plus arrivé depuis le 3 février, en Coupe de France, contre Rennes. Et en championnat ? Depuis le 14 décembre face à Monaco. Une éternité, donc. Cette prestation à Toulouse est à prendre avec toute la réserve possible car une rechute est vite arrivée, mais le duo a montré qu’il était capable de serrer la vis. Surtout que Nayef Aguerd est toujours diminué par cette pubalgie qu’il traîne péniblement depuis l’automne.

    Paixao va-t-il garder sa dynamique ?

    Un autre homme est transformé depuis l’arrivée du nouveau coach : Igor Paixao. L’ailier gauche brésilien brille de mille feux avec deux buts et deux passes décisives sur les six buts marseillais incrits sous Habib Beye. Un joueur enfin souriant, plus confiant, plus dangereux. Le coach ne lui a dit qu’une seule chose : « Au vu de ses qualités, de sa générosité, de ce qu’il est capable de faire en un contre un, dans l’attaque, la seule chose qu’il doit avoir tout le temps dans les yeux, c’est le but adverse. » L’OM va devoir compter sur lui et ses hommes forts pour aller chercher le podium de la L1.

    L’OM les yeux rivés sur ses adversaires ?

    Avec un classement toujours aussi serré, les Phocéens sont contraints de regarder derrière eux. Comme souvent à Marseille, mille choses peuvent se passer jusqu’au 16 mai, date de la dernière journée. L’équipe est à égalité avec Lyon et ne possède que trois points d’avance sur Rennes. Lille est à cinq longueurs : avec autant de rencontres restant à jouer, tout peut encore basculer, dans deux mois. Si l’OL traverse une période délicate, avec des joueurs à bout de souffle, Rennes est dans une forme lumineuse. Quatre victoires consécutives et un seul but concédé face au PSG. Et si les Bretons étaient le plus grand danger pour l’OM ?

    Les supporters vont-ils retrouver le sourire ?

    Qu’en est-il du moral des supporters marseillais ? Ces derniers sont en colère après l’élimination en Coupe de France et, globalement, tout ce qu’il se passe autour de leur club de cœur. Une spirale négative et un moral en berne pour le peuple olympien. « Peut-être que la déception [des fans] s’atténuera si nous arrivons à enchaîner les matches avec ce tempérament », a tenté Habib Beye à l’issue du match à Toulouse. Il faudra sans doute plus que des victoires, contre Auxerre et Lille, pour rassurer le public du Vélodrome.

    OM – Reims (F) : match arrêté après des propos racistes

    Ce dimanche se tenaient les quarts de finale de la Coupe Nike U18 (Gambardella féminine). L’OM était opposé au Stade de Reims. Ce match a été stoppé durant une dizaine de minutes. La raison ? Des insultes racistes proférées à l’encontre de joueuses marseillaises, depuis les tribunes du centre de vie Raymond-Kopa. L’OM a réagi dans un communiqué, lundi : « Le club condamne avec la plus grande fermeté ces agissements inacceptables, qui n’ont leur place ni sur un terrain de football, ni dans le sport en général, ni plus largement dans notre société. (…) L’OM tient à apporter tout son soutien aux joueuses qui ont été visées par ces insultes. Le club (…) se tient à la disposition des instances sportives pour contribuer au perfectionnement des dispositifs existants, afin que de tels incidents (…) ne puissent plus se produire. »

  • « Specimen », apparitions de marionnettes à Marseille

    « Specimen », apparitions de marionnettes à Marseille

    Quadragénaire employée dans la poissonnerie d’un supermarché depuis des lustres, Mme Afarensis est harassée et humiliée par la tâche. Voilà qu’un matin, son patron « la traite de Cro-Magnon ». Cette goutte d’eau fait déborder le vase de son conditionnement et la propulse ainsi « dans une faille spatiotemporelle qui la fait reculer dans le temps ». Le point de départ de Specimen, création fantastique et marionnettique qui déploie son fil mardi 10 et mercredi 11 mars au Théâtre Joliette. « Elle va avoir des visions. Lui apparaissent des motifs qui ont à voir avec l’évolution de la vie. Elle va reculer dans toutes ses strates jusqu’à la première bactérie qui serait apparue dans un océan il y a des milliards d’années », pose sa metteure en scène et conceptrice, Emilie Flacher.

    Préhistoires

    Appuyant son squelette sur ce texte écrit par Gwendoline Soublin, Specimen fait jaillir ces « visions » à travers des marionnettes à long fil manipulées à distance. Des spectres fantastiques qui stratifient les vies actuelles et passées de Mme Afarensis grâce à quatre acteurs marionnettistes et leur maestro. « On utilise les possibilités du théâtre de marionnettes pour ouvrir les imaginaires et traiter des liens qui existent entre les vivants passés, présents et futurs », développe Emilie Flacher à propos de cette fiction aussi bien poétique et biologique qui explore nos préhistoires pour éclairer l’avenir.

    Mardi 10 mars à 19h et mercredi 11 mars à 18h. Entre 3 et 22 euros. www.theatrejoliette.fr

  • [Entretien] Sébastien Tellier : « Nous sommes les moutons de forces qui nous sont supérieures »

    [Entretien] Sébastien Tellier : « Nous sommes les moutons de forces qui nous sont supérieures »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que vous inspire le fait d’être programmé dans un festival de chanson francophone, vous l’artiste électro qui n’utilisez pourtant pas tout le temps la langue de Molière ?

    Sébastien Tellier : On est facilement cantonné à une case. Ça fait partie du jeu. J’ai été connu du public avec la chanson La ritournelle dans laquelle le chant n’intervient qu’au bout de 5 minutes, et en plus, je chante en anglais. Beaucoup me voient encore par ce prisme car c’est ma chanson la plus connue. Pourtant, j’ai tout le temps adoré chanter en français. Je fais une musique de plus en plus romantique et le français est la langue idéale pour parler d’amour, encore plus dans mon dernier album. Ces chansons romantiques emmènent ma musique dans une clarté apaisante.

    Votre denier opus « Kiss the beast » parle d’amour, hormis peut-être le titre « Mouton ». Un animal plutôt mignon mais un peu con, qui n’a au bout du compte que l’abattoir comme échappatoire. C’est donc ça la vie ?

    S.T. : J’ai l’impression qu’on a une existence qu’on ne maîtrise pas vraiment. On est déjà les marionnettes de notre biologie, de la nature : il faut respirer, manger, dormir… et on est aussi les marionnettes de nos sentiments, de nos peurs… Nous sommes finalement les moutons de forces qui nous sont supérieures. Nous, petits humains, n’avons pas vraiment la main sur nos vies. Nous sommes plus des méduses qui se laissent aller sur le courant, que des dieux qui prendraient leur existence entre leurs mains. Mais sur l’album, il y a aussi une autre chanson, Loup, qui est son pendant. Dans ma vie de tous les jours, je vis comme un mouton. Mais quand je deviens le Sébastien Tellier artiste, j’ai l’impression de maîtriser les choses.

    « Kiss the beast », c’est en fait un album qui vous permet d’embrasser et apprivoiser la bête qui sommeille en vous ?

    S.T. : C’est l’idée. J’ai plusieurs choses à dire dans la même phrase : je suis à la fois le kiss et la beast, le bisou et la bête. Et à travers cette dualité, il faut s’accepter tel que l’on est, accepter son côté sauvage, et l’exprimer. Je trouve aussi dommage que l’humanité entière soit comme frustrée de ne pas pouvoir être la bête qu’elle souhaiterait être. Je constate qu’on est tous sur le frein alors que ça serait tellement mieux si on pouvait se lâcher.

    Un antidote à notre monde ultra-violent, dans les relations humaines comme au niveau géopolitique ?

    S.T. : J’imagine toujours des parcs d’attractions pour adultes, c’est dommage qu’il n’y en ait pas plus. Il faudrait plus voir le monde comme un parc d’attractions que comme un échafaud. On vit une période relativement sombre. Il faut retrouver la lumière et mettre davantage en avant le bien-être.

    La folie contre laquelle chacun de nous lutte a pu être exprimée par l’auteur et poète marseillais Antonin Artaud, dont vous êtes un lecteur fervent…

    S.T. : Artaud, c’est un poète de l’intensité. C’est l’inverse de ce qu’on pourrait appeler de la soupe. C’est presque de la poésie de requin. C’est féroce, hyper stylé. Il y a une recherche profonde de vérité. Quelque chose que j’aime beaucoup chez lui comme chez René Char. J’aime ces mecs qui sont prêts à tout sacrifier pour être au plus près de la vérité.

    Sur « Kiss the beast », vous chantez notamment « J’suis grand, j’suis pur, j’suis sincère. C’est bizarre mais ça plaît pas ». Pourquoi ?

    S.T. : Car c’est parfois douloureux de rentrer dans l’âme de quelqu’un. Cela demande un effort, il faut ouvrir son cœur, alors que les gens, en général, et moi le premier, on aime tout ce qui est facile. En tant que musicien, évidemment que je vais m’acheter des disques rares, écouter du jazz japonais complexe. Mais quand je vais au cinéma, je vais voir des comédies. Dans beaucoup de domaines, les trucs prémâchés marchent beaucoup mieux. Mais je ne vois même pas ça comme une injustice. C’est juste que les gens aiment le confort et ne veulent pas faire d’effort dans le divertissement.

    Jeudi 12 mars à partir de 20h. Places restantes entre 39 et 45 euros. www.festival-avecletemps.com

  • Une mère de cinq enfants dans un immeuble en péril à Marseille

    Une mère de cinq enfants dans un immeuble en péril à Marseille

    Une mère isolée veut quitter l’immeuble en péril où elle demeure avec ses cinq enfants. En septembre dernier, le 25 rue Fongate (6e) à Noailles a été frappé par un arrêté de mise en sécurité, sans évacuation, pour des pathologies diverses dont la corrosion et la putréfaction des poutres dans les caves, des fissurations dans un logement et sur le mur de clôture limitrophe. Mise en demeure, la propriétaire de l’immeuble dispose de 12 mois pour réaliser une liste de travaux exigés par la mairie.

    « Depuis cet arrêté, on ne vit plus normalement. Les enfants ont peur. Ma plus jeune fait des cauchemars qui la réveillent. Mon deuxième garçon préfère dormir chez ses amis tant il a peur de rester dans l’immeuble », raconte Ilham Belbard, cette mère courage de 52 ans, qui porte encore son tablier de cuisinière du restaurant qui l’emploie. « Vous savez on a le souvenir de la rue d’Aubagne qui est juste à côté. Heureusement que je les ai mis au sport. » Le péril a suspendu le loyer de 954 euros.

    « Grande précarité domiciliaire »

    L’association de médiation Asmad du groupe Addap13 a alerté depuis longtemps les autorités sur la situation de « grande précarité domiciliaire » qui « s’aggrave de jour en jour » avec en novembre dernier « l’effondrement partiel du sol dans une des chambres », conduisant la mairie à demander de ne plus utiliser cette pièce. Le logement ne comporte plus que deux chambres pour une famille de cinq enfants. Un relogement adapté s’impose. « Il en va de la sécurité de la famille et du bien-être des enfants notamment mineurs », a écrit l’association tout en rappelant qu’un inspecteur de salubrité de la Ville avait émis en juin 2020 une mise en demeure pour non-décence du logement. Un rapport de 2021 des Compagnons Bâtisseurs Provence, missionnés par la CAF, diagnostiquait déjà l’« affaissement du sol dans une chambre » et conduisait à un constat de non-décence qui suspendait l’allocation logement versée au bailleur. Le propriétaire est décédé depuis. Sa veuve qui vit en dessous, s’est vue réclamer de la CAF un rappel de 23 000 euros d’allocations versées et reste redevable de 13 500 euros à l’égard de sa locataire. Des travaux ont remédié depuis à l’indécence, mais reste le péril. Entre-temps, en août dernier, la commission Dalo a reconnu pour la seconde année de suite le caractère prioritaire de sa demande d’attribution en urgence d’un logement social qu’elle réclame depuis huit ans et il lui a été proposé un logement T5, avenue de la Croix-Rouge (13e) relevant du contingent réservé de l’État auprès du bailleur social 13 Habitat. Ce qu’elle a accepté mais saisis de deux autres candidatures, la commission Caleol a préféré allouer le T5 à une autre famille.

  • Dans les coulisses de la grande collecte des Restos

    Dans les coulisses de la grande collecte des Restos

    Depuis vendredi, les camions arrivent chargés de palettes d’environ 500 kg en provenance des points de collecte du département. Ils sont accueillis sur la plateforme mise à disposition par la fondation du géant maritime, spécialement aménagée pour répondre aux besoins de stockage des associations caritatives. « On va traiter près de 300 palettes jusqu’à mercredi », estime Gérard, responsable du service approvisionnement des Restos, occupé à la pesée des arrivages, « parce qu’on doit des résultats aux enseignes ».

    Dans les 5 000 m2 que se partagent le Secours catholique, le Secours populaire, Andes et les Restos du cœur qui en occupent la moitié, une équipe d’une vingtaine de bénévoles des Restos et de la CMA-CGM se relaient, de 8h à 16h, sur la chaîne de logistique bien rodée. Ils trient, vérifient et répartissent les denrées alimentaires et les produits d’hygiène destinés à la distribution de colis essentiels aux 51 000 personnes aidées par l’association.

    Des produits frais en plus

    Après la pesée, la palette est débarrassée de ses 32 cartons que la petite armée de bénévoles éventre et répartit en catégories bien précises. « Dans les magasins, il y a un premier tri, mais parfois quelques erreurs, explique Mariam, qui sépare les boîtes de conserve de bœuf et de porc. On apporte aussi une attention aux dates de péremption. » La jeune femme participe pour la deuxième fois à « un petit effort de solidarité bien normal au regard des besoins ». Elle a répondu à l’appel d’un ami associatif « parce que j’avais un jour de congé et que les gens sont sympas ». À ses côtés, « c’est une première en entrepôt », confie Julia, employée du groupe CMA-CGM et bénévole dans le cadre du mécénat d’entreprise, « curieuse de voir l’autre côté de la logistique ».

    Les denrées sont reconditionnées dans leurs nouveaux cartons, étiquetées, passées au film et repositionnées sur le transpalette pour être embarquées en direction des huit allées de stockage bordées de rayonnages à quatre étages. « On a de l’espace, mais il faudrait toujours plus de moyens en bras et en achats de denrées pour mieux faire », lâche Alexandre, coordinateur de l’entrepôt solidaire, recruté spécialement depuis la mise en place du partenariat entre la Fondation et les associations en 2024. Le fruit de la collecte annuelle des Restos, « c’est trois semaines de distribution alimentaire », précise Alain Avezard, le président de l’association dans les Bouches-du-Rhône. « Nous approvisionnons entre 70 et 90 tonnes dans nos 47 centres par semaine et les besoins augmentent chaque année », regrette-t-il. Parfois des denrées manquent, « c’est conjoncturel, comme les œufs en ce moment », ou plus constant, « comme les produits d’hygiène pour femmes et enfants ». Le soutien du groupe logistique aux associations « a été renforcé par un don de 50 tonnes de produits d’hygiène infantile », se félicite Marion Dupuy, responsable de la Fondation.

    Au fond de la plateforme, les salariés du sous-traitant Onet remplissent les ventres de deux réfrigérateurs et d’un congélateur de 300 m2. Un autre avantage apprécié par Alain Evezard, heureux d’avoir pu abandonner les anciens locaux des Restos, bien « trop vétustes pour que nos bénévoles y travaillent dans de bonnes conditions et que les produits y soient stockés en toute sécurité ». Cet équipement professionnel, loué aux associations et dont 50% des frais de fonctionnement sont pris en charge par la Fondation, permet « d’emmagasiner les dons de fruits et légumes des producteurs locaux ».

  • [Entretien] Thierry Ganzerla : « On dénonce le mal-être du médico-social »

    [Entretien] Thierry Ganzerla : « On dénonce le mal-être du médico-social »

    La Marseillaise : Pourquoi appelez-vous à la grève aujourd’hui ?

    Thierry Ganzerla : Nous rejoignons l’appel de l’intersyndicale à une mobilisation nationale des salariés du secteur social et médico-social ce mardi 10 mars. La grève est interprofessionnelle car le constat est le même partout : la dégradation de nos conditions de travail et de notre convention collective, celle des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées. Plus largement, nous dénonçons la baisse des budgets qui entraîne un sous-financement chronique et engendre de la souffrance.

    Quelles difficultés rencontrent les salariés de votre association ?

    T.G. : L’Unapei Alpes Provence emploie 1 500 salariés, sur trois départements, et gère près de 60 établissements pour accueillir et accompagner des enfants et des adultes en situation de handicap. Depuis 2023, nous constatons un gel des salaires qui stagnent autour du Smic. Les salariés sont épuisés par le manque de moyens. Il y a un gros turn-over et les postes ne sont souvent pas remplacés. Résultat, on dépend en grande partie d’intérimaires, et ce sont les titulaires qui en paient le prix, avec un mal-être croissant. Il y a aussi des disparités entre salariés : l’Unapei refuse par exemple de verser la prime Laforcade aux apprentis.

    Ce n’est pas la première fois que vous vous mobilisez…

    T.G. : Oui, depuis la fusion des associations qui a vu la naissance de l’Unapei en 2019, le dialogue social est compliqué. Les représentants du personnel subissent des pressions. C’est devenu difficile de continuer à exercer notre mandat.

    Quelles revendications portez-vous devant votre direction ?

    T.G. : Nous demandons d’abord à être entendus et que la délégation syndicale soit reçue par la direction générale au plus vite. Nous voulons des réponses concrètes face au mal-être des équipes : des revalorisations salariales cohérentes avec l’ancienneté et l’expérience, un accès plus facile à la formation, la reconnaissance de la pénibilité de notre travail. Les conditions doivent s’améliorer pour fidéliser les salariés et stopper l’hémorragie. Pour que les salariés du médico-social soient bien-traitants, il faut qu’ils soient bien traités.

  • [Tribune] Renforçons la mobilisation contre l’extrême droite

    [Tribune] Renforçons la mobilisation contre l’extrême droite

    Nous faisons face à un danger grave, sans précédent et imminent, un risque jusqu’à il y a peu inimaginable, de victoire politique des idées d’extrême droite. Ce qui apparaissait il y a peu comme des limites infranchissables devient aujourd’hui possible, voire carrément accompli, les dernières digues sont en train de lâcher, la limite entre partis d’extrême droite et partis démocratiques s’estompe, certaines voix dites de gauche comme de droite ne se font plus entendre pour dénoncer le péril d’une république qui accueille en son sein des idées racistes et xénophobes. La minute de silence unanime à l’assemblée nationale à l’occasion de l’assassinat d’un jeune militant néonazi témoigne de ce trouble car le risque est grand d’oublier que derrière cette violence inacceptable, il y a l’expression d’idées de groupes néonazis qui elles seraient devenues acceptables. De même on a pu entendre sans pudeur une candidate à la mairie de Marseille revendiquer les valeurs Pétainistes traditionnelles de « travail, famille, patrie… ».

    Il est évident que ce que nous observons ici s’intègre dans un phénomène mondial, de nombreux pays démocratiques ayant opté pour des gouvernements autoritaires, racistes et violents, dont les milices anti-immigration de Trump sont l’expression la plus révoltante. D’aucuns pensent que c’est une logique capitaliste poussée à son extrême, le fruit d’un technocratisme sans limite servant des intérêts financiers profondément inégalitaires poussé par la propagande des réseaux sociaux et de la presse financée. Quelle est la part de responsabilité de chacun dans le laisser faire ? Peut-on continuer à accepter cet état de fait sans trop se soucier des conséquences, en détournant le regard ? Le racisme est implanté, il s’exprime librement et il tue.

    Les appels à un front républicain, le discours moralisateur qui consiste à dénoncer le discours d’extrême droite comme étant celui des méchants fascistes ne suffit plus. Il n’a d’autre effet que de renforcer la méfiance et le rejet car il nie l’évidence. La tolérance aux idées fascistes est désormais partout. On la retrouve à l’Assemblée Nationale, dans les médias, au travail, dans la rue, dans nos écoles, dans les hôpitaux. C’est un mal profond qui ronge et qu’il n’est pas si facile de nommer. Nous appelons à une prise de conscience de chacun sur ce qui pousse au laisser faire. Quelle violence est à l’œuvre, poussant à ne plus vouloir agir, à se résigner, voire à cohabiter ? Certaines voix s’élèvent aux USA, la résistance s’organise contre l’état fédéral. En France, on entend des prises de paroles isolées qui dénoncent les glissements qui s’opèrent. Nous appelons à rejoindre ces groupes et former une coalition des voix qui ne veulent pas se taire afin de continuer à faire entendre qu’un autre monde est possible, que les idées qui consistent à légitimer le rejet d’un groupe ou d’un individu ne sont pas compatibles avec notre idéal républicain, et qu’il s’agit de le défendre, de le faire vivre.

    Mobilisons-nous pour les élections municipales, pas d’abstentions ni votes blancs, faisons barrage à l’extrême droite et luttons contre ceux qui se sentiraient prêts à s’y allier.

    Signez et faîtes signer l’Appel des Voix de Marseille : https://voixdemarseille.com/

  • Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Dans la ligne droite des municipales, François Rufin vient afficher son soutien à Benoît Payan, le maire (DVG), candidat à sa succession avec la liste « Pour Marseille » du Printemps marseillais. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le député et président du mouvement Debout ! avait annoncé sa venue. Il insistait sur la nécessité de lutter contre le narcotrafic et rappelait que la mairie a « comblé les manquements de la République » en doublant les effectifs de la police municipale. Une rencontre avec des policiers municipaux est d’ailleurs au menu de sa visite. « Il doit aussi rencontrer la police nationale et va s’entretenir avec le maire de Marseille », indique Hervé Street, coordinateur départemental de Debout !. Une visite à l’usine Fil rouge, l’entreprise de confection made in France de la Capelette qui emploie une centaine de salariés placée en redressement judiciaire, est prévue aussi.

    La réunion publique aura lieu (20h) au Butcher’s, 49 boulevard d’Arras (4e). Environ 150 personnes sont attendues. « Il y aura du monde », assure Hervé Street. François Ruffin participera à un porte-à-porte rue Albe, à deux pas du siège social de 13 Habitat, et rencontrera Tina Biard-Sansonetti, candidate (PS) du Printemps marseillais dans les 13-14. Sophie Camard, la maire GRS des 1-7, et Didier Jau, le maire (EELV) des 4-5, sont annoncés.

  • Les prétentions écologiques de la droite à Marseille

    Les prétentions écologiques de la droite à Marseille

    Alors que les élections approchent à grands pas, les colistiers Christophe Madrolle et Anne Claudius-Petit, de la liste « Marseille je t’aime », ont exposés leurs engagements sur les thématiques de l’environnement et de l’écologie accompagnés de Romain Simmarano, deuxième de la liste. L’occasion pour ce dernier de critiquer le bilan du maire sortant, qu’il accuse « d’un énorme gâchis en matière environnementale les six dernières années ».

    « Capitale de l’écologie »

    Christophe Madrolle, écolo-centriste, a affirmé sans détour avoir « le seul projet vraiment écologique pour la ville », présentant des mesures destinées à faire de Marseille la « capitale de l’écologie ». Il propose par exemple un passage à 30% d’énergie photovoltaïque en cinq ans, contre 12% actuels, sans détailler le modèle d’action. Dans le même élan, Anne Claudius-Petit déclare : « L’écologie devait irriguer toutes les politiques publiques », exposant ses idées pour obtenir « des effets concrets pour les habitants ». Elle a notamment proposé de faire « pousser des haies sur les grandes avenues pour assurer la continuité écologique », et de végétaliser la ville, assurant que « la biodiversité doit aller le long des avenues et sur les places des noyaux villageois »…

    Romain Simmarano, qui a annoncé l’installation d’un
    « corridor vert » pour les navires Corsica Linea, d’ici 2031, a conclu de manière piquante, vantant la liste d’une politique environnementale « non dogmatique : on ne supprime pas les sapins de Noël, sans pour autant être dans l’inaction comme la mairie sortante ».

  • L’insalubrité du parc social dans le débat à Marseille

    L’insalubrité du parc social dans le débat à Marseille

    Ce vendredi, dans le local de campagne du Printemps marseillais dans les 13e et 14e arrondissements, les langues se délient rapidement. « J’ai préféré quitter mon logement, il y avait des moisissures, des cafards », souffle une mère du Clos la Rose (13e), sous gestion de 13 Habitat. Alors que de premières victoires commencent à être remportées face à la lutte contre l’habitat indigne du parc privé, c’est l’état des logements sociaux qui focalise les critiques dans cette campagne.

    Dès le mois de novembre, le maire (DVG) pas encore candidat Benoît Payan avait haussé le ton contre le bailleur social du conseil départemental. C’est qu’à sa gauche, les Insoumis jouent de la confusion en mettant au même niveau les offices gérés par la droite, 13 Habitat et Provence Métropole Logement (ex-HMP) et celui de la gauche, Marseille Habitat. « Le problème est systémique chez les bailleurs, le propre d’une politique de rupture c’est de considérer qu’il y a une logique globale qui n’est pas respectée », répondait le directeur de campagne de LFI Hedi Bounouar. Le Printemps marseillais à l’inverse, qui a achevé le mandat en recapitalisant largement son bailleur social, veut démontrer la différence de gestion. « Marseille Habitat a enclenché une rénovation de 15 millions d’euros à la Paternelle, d’autres majorités ont fait le choix de mettre leur argent ailleurs », illustre Tina Biard-Sansonetti, candidate dans les 13-14, rappelant la volonté de créer un gendarme municipal du logement et d’une phase 3 de la rénovation urbaine, là où LFI s’oppose aux démolitions aujourd’hui lancées. Au risque de perdre des crédits de l’Agence nationale pour le renouvellement urbain parmi les 650 millions d’euros fléchés vers Marseille.