Tag: Marseille

  • Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Benoît Payan veut prendre en main la propreté

    Marseille est « pourrie » et c’est la faute de la Métropole, entendre sa présidente et candidate de la droite et du centre à la Ville, Martine Vassal, a martelé Benoît Payan, maire DVG sortant et candidat du Printemps marseillais. La propreté, « c’est une question sur laquelle nous sommes interpellés tous les jours, il y a une confusion très grande sur les compétences et les Marseillais attendent des résultats » dans une ville « abandonnée sciemment, consciencieusement » pose-t-il. C’est bien pour lui « la Métropole qui a fait le choix de ne pas recruter, de bouleverser les tournées, de ne pas implanter les poubelles et centres de tri » en nombre suffisant. Alors que les Marseillais paient une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, « la plus importante de la métropole et de France » assène Benoît Payan.

    Son idée : reprendre la main, tout en laissant les compétences à la Métropole, le nouveau mode de scrutin lui permettant de peser dans l’hémicycle du Pharo s’il venait à remporter les municipales. Une méthode différente de celle tentée en 2022, dans le cadre de la loi dite 3DS qui permettait le transfert de compétences de proximité de la métropole vers les communes. « J’avais poussé une gueulante et proposé de nous mettre autour d’une table pour récupérer la compétence » raconte-t-il, mais « patatras plus rien n’était possible, la Ville se serait retrouvée dans une situation où elle n’aurait eu que les difficultés, sans les moyens nécessaires pour appliquer sa politique », résume Benoît Payan. Quand Martine Vassal lors de ses vœux fin janvier évoquait, elle, un travail de trois mois « pour trouver un terrain d’entente » avorté, le maire de Marseille estimant que c’était « trop compliqué ».

    La donne a changé : « Pour la première fois, si nous gagnons la ville, nous avons la possibilité de prendre en main la propreté » estime le candidat du Printemps marseillais qui se donne trois ans pour « mettre les choses au carré », les maires de secteur reprenant la gouvernance pour le reste du mandat.

    Deux fois plus de poubelles

    Concrètement, sur la collecte, ce temps lui permettrait de faire un point sur les actions du public et du privé qui se sont vus répartir les différents secteurs de la ville et notamment sur les « avenants aux contrats à plusieurs millions d’euros », sans pour autant un retour total en régie. Sur le nettoyage des rues, il veut revoir le nombre de cantonniers, en le multipliant par deux, même s’il en convient, il ne le connaît pas, faute de réponse là encore, de la métropole. Il se fait plus précis sur les poubelles, qu’il veut passer de 7 000 à 15 000.

    Benoît Payan souhaite aussi sensibiliser les Marseillais avec de la pédagogie et également de la répression par le biais d’une police de la propreté qui dépendrait directement de la police municipale. Il s’agit aussi de mieux trier. « Réduire le contenu de la poubelle noire » rappelle Sophie Camard, maire GRS des 1-7 et tête de liste du Printemps dans son secteur, expliquant qu’en centre-ville, ce qui fait déborder les bacs, « c’est le mélange des déchets des particuliers et des professionnels ». Pour Anthony Krehmeier (PS), maire des 2-3 et lui aussi tête de liste de son secteur, « il n’y a pas de fatalité ». Considérant que « ramasser des poubelles n’est pas en soi insurmontable », il entend associer « commerçants, habitants et agents ».

    Au sein de l’équipe de Martine Vassal, la réaction n’a pas tardé. « La panique fait sacrément mentir le trouillard » a lancé son porte-parole, Romain Simmarrano, sur les réseaux sociaux, estimant que le maire allumait « un contrefeu de plus pour tenter de faire oublier l’enquête qui le concerne ».

  • Des idées pour « booster » l’économie marseillaise

    Des idées pour « booster » l’économie marseillaise

    « On est là pour aider les futurs élus à améliorer notre ville, on espère qu’ils s’engageront », exprime avec enthousiasme Jean-Luc Chauvin, président de la CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIAMP) et membre du collectif « Tous acteurs ». Cette association regroupe 180 acteurs économiques du territoire. Réunis ce mardi à la Bourse du commerce, ils ont annoncé 42 propositions concrètes destinées aux candidats déclarés aux municipales, de tous les bords politiques. Ces idées ont été transmises ce mercredi.

    Elles sont articulées autour de cinq grands axes stratégiques : foncier économique et logement, mobilité, centre-ville, attractivités-grands projets et enfin jeunesse.

    Des propositions « audacieuses »

    « L’audace entrepreneuriale, c’est notre moteur, nous voulons proposer de l’ambition », insiste Jean-Luc Chauvin. Une ambition qu’ils veulent insuffler au monde politique. Elle se matérialise dans ces propositions présentées comme « audacieuses », comme la construction d’ici 2030 de 1 200 km de pistes cyclables structurées à l’échelle métropolitaine. L’un de leurs projets les plus ambitieux serait de transformer le terre-plein central de l’autoroute A51, entre Plan de Campagne et La Pioline, en voie réservée sur rail, afin de le connecter au réseau ferroviaire.

    S’adaptant aussi aux besoins à court terme, « Tous acteurs » propose de « petits pas », comme l’idée d’aménager un espace de stationnement dédié aux autocars dans toutes les gares ferroviaires. Le collectif demande également « un engagement public des futurs élus pour débuter une collaboration structurée entre les services publics et le monde économique ».

  • La mer, enjeu vital pour l’emploi

    La mer, enjeu vital pour l’emploi

    Des débats stratégiques sur l’avenir des industries maritimes se tiennent depuis mardi dans la capitale française de la Méditerranée, Marseille. Le salon Euromaritime, au Parc Chanot, se déroule dans un contexte très particulier : la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer s’apprête à écrire une nouvelle page historique en prenant le virage de la décarbonation tandis que les marins des compagnies La Méridionale et Corsica Linea, en grève reconductible depuis le 2 février, exigent des décisions au plus haut niveau contre le dumping qui transforme la Méditerranée en nouveau Far West avec des compagnies sans scrupule.

    Les marins veulent être entendus

    D’un côté, des milliers d’emplois à la clé, de 60 000 a minima jusqu’à 115 000 selon les estimations du préfet de région. De l’autre, le risque de destructions d’emplois de marins et la perte de liaisons maritimes au profit de rapaces.

    La France est, dit-on, une « puissance maritime » mais sa stratégie mérite grandement d’être précisée et tenir compte, justement, des enjeux d’emplois de qualité, aux normes sociales de haut niveau. La tenue ce jeudi d’un « comité stratégique de filière des industriels de la mer » en présence des ministres de la mer et de l’industrie en marge de la dernière journée du salon Euromaritime, apportera-t-elle des réponses concrètes ? L’État ne peut se contenter de mots et de déclarations sans lendemain. Il doit s’engager et soutenir ces industries stratégiques, les travailleurs.

    Les marins de la CGT veulent aussi être entendus.

    La mer est un enjeu vital pour l’emploi.

  • Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    Deux ministres en visite à Marseille pour décarboner le port

    « Mettre Marseille au cœur du jeu méditerranéen. » Jean-Pierre Cochet (PS), l’adjoint au maire de Marseille en charge du dynamisme économique, résume l’enjeu du salon Euromaritime qui a débuté mardi, et prend fin ce jeudi, au parc Chanot à Marseille. Un grand raout qui réunit « industries navales, armateurs, ports, logisticiens, énergéticiens, start-up ou institutionnels », de 16 pays différents.

    Et surtout des visites ministérielles prévues aujourd’hui pour la clôture. Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, doivent y tenir le « comité stratégique de filière des industriels de la mer » et y faire quelques annonces de taille en lien avec la décarbonation. Lesquelles sont particulièrement attendues par les acteurs économiques. « C’est un enjeu pour le territoire, en matière de croissance économique, de souveraineté industrielle et de réorganisation des routes commerciales mondiales », rappelle Jean-Luc Chauvin, le président de la Chambre de Commerce et d’Industries. Dans son viseur, des parts de marché à conquérir pour la zone Marseille-Fos et toute l’économie qui en découle. « À côté de la route de la soie de la Chine, il y a l’Inde et le Moyen Orient qui se réorganisent avec l’Imec [Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe, Ndlr.]. C’est une route d’avenir pour recréer une souveraineté, il y a plusieurs points de croissance à prendre. » De quoi faire le lien avec l’objectif dessiné par Jacques Hardelay, président d’honneur du salon et de Marseille Provence Croisières  : « Développer de nouveaux partenariats et nouer des coopérations industrielles et commerciales. »

    Plus facile à dire qu’à faire à l’heure où les voies maritimes font les frais de la géopolitique mondiale. « La convergence espérée dans un monde globalisé n’aura pas lieu, il y a un retour des impérialistes et des distorsions de concurrence », juge Timothée Moulinier, délégué à la recherche et développement au Gican (Groupement des industries de construction et activités navales), principal syndicat professionnel du secteur.

    « Préservation des modèles sociaux »

    La CGT des Marins de Marseille appréciera (lire article ci-contre). « Il y a des enjeux de préservation de nos modèles sociaux, d’emplois. Il faut réfléchir à quelles sont les industries de demain et la décarbonation en est une. C’est l’occasion de faire de nouvelles usines », plaide Timothée Moulinier, appelant à un « protectionnisme intelligent ». En résumé, les patrons du secteur maritime français, historiquement construit sur le mantra du libre-échange et largement exportateur, en appellent à la planification et au « soutien de l’État » face à la concurrence américaine et asiatique. « Développer des énergies alternatives, des navires plus sobres, des systèmes propulsifs innovants, suppose plus d’un milliard d’investissements par an », insiste Jacques Hardelay.

    D’où la venue des ministres et d’où l’attente des industriels pour des actions très concrètes sur les infrastructures de Marseille-Fos en lien avec l’Axe Méditerranée-Rhône-Saône (MeRS). « On ne parle plus de lignes maritimes mais de corridors et on a la chance d’avoir un hinterland élargi avec l’axe MeRS. On travaille à le développer avec des questions d’intermodalité, sur le fleuve et sur le rail », résume Amal Louis, directrice du développement commercial du port Marseille-Fos. Jean-Luc Chauvin ajoute : « On a 6% de trafic fluvial par le Rhône contre 20% en Europe en moyenne dans les corridors fluviaux. Tant qu’on n’est pas connecté de façon fiable, on ne pourra pas prétendre à rendre nos infrastructures indispensables pour rejoindre l’Asie et l’Orient. »

    Mais la réindustrialisation verte de Marseille-Fos reste suspendue à des mesures concrètes, à l’instar de la ligne électrique à très haute tension de 400 000 volts entre Jonquières-Saint-Vincent dans le Gard et Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône. Vitale pour les projets industriels décarbonés, la ligne doit être construite par RTE à qui l’État, bien qu’ayant validé le projet le 18 décembre, demande la poursuite du débat public sur le volet environnement. « On a la nécessité de disposer d’une alimentation électrique sécurisée, rénovée et quantitativement adaptée aux besoins des industriels », précise auprès de La Marseillaise, le préfet de région, Jacques Witkowski. Il rassure : « Des industriels cherchent des tours de table financiers. Les délais seront ce qu’ils seront. Nous rechercherons des voies d’acceptabilité. Notre mission est de construire un dossier solide. » Et accepté par les citoyens.

    Repères

    Un salon incontournable pour les acteurs de la mer

    Euromaritime est un salon majeur pour le secteur puisqu’il rassemble pas moins de 300 exposants et reçoit plus de 5 000 visiteurs venus du monde entier dont moults consuls et ambassadeurs. On y retrouve un stand XXL de la Norvège, un autre de l’île indonésienne Batam mais aussi des chantiers navals de Marseille, de la CMA-CGM, de l’Université de Toulon, de la Région Sud…

    Une décarbonation porteuse d’emplois

    La réindustrialisation verte du golfe de Fos et du pourtour de l’Étang de Berre comporte une trentaine de projets au coût estimé autour des 20 milliards d’investissements au total. Lesquels concernent principalement l’acier vert, l’hydrogène, la chimie et évidemment les activités portuaires à l’instar de l’éolien flottant. Les premières prévisions tablaient sur la création de 60 000 emplois mais le préfet de région, Jacques Witkowski, a évoqué 115 000 emplois récemment. De quoi renflouer les flux du port de Marseille-Fos.

    500 000

    Selon Jacques Hardelay, président de Marseille Provence Croisières, la filière maritime en France représente 500 000 emplois pour une production estimée à 120 milliards d’euros. Pour la seule industrie navale c’est 57 000 emplois directs.

    50

    La filière mer française réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’export, dont 95% pour la construction navale civile, selon les chiffres gouvernementaux. C’est 43% pour le versant Énergies Marines Renouvelables (EMR), selon Business France cette fois.

  • Narcotrafic : le Printemps marseillais cible Delogu

    Narcotrafic : le Printemps marseillais cible Delogu

    À travers un communiqué ce mercredi soir, le Printemps marseillais « exige des explications immédiates de Sébastien Delogu » après la publication d’un article du Canard enchaîné, de « nouvelles révélations d’une extrême violence », estime la majorité municipale sortante. L’hebdomadaire satyrique révèle en effet que, selon plusieurs sources judiciaires, le nom du député insoumis apparaît dans une enquête ouverte le mois dernier à Aix-en-Provence. Alors que deux personnes avaient été interpellées lors d’une intervention pour démanteler un point de deal, l’examen du téléphone d’un des suspects a dévoilé des échanges très réguliers avec le candidat Insoumis avec l’évocation à plusieurs reprises de livraisons de « colis », expliquent nos confrères.

    « Manœuvre électorale »

    « Il n’y a absolument rien de concret ou matériel dans ce qui est dit, c’est de la rumeur pour déstabiliser à l’approche d’une élection ! » s’indigne auprès de La Marseillaise l’entourage du parlementaire, qui estime qu’il s’agit là d’une nouvelle offensive médiatique contre les Insoumis. Et d’ajouter que « le Printemps marseillais se déshonore à suivre les manœuvres de Franck Allisio [le candidat du RN, Ndlr.] ». L’extrême droite dès la matinée avait bondi sur la nouvelle pour réclamer des tests de dépistage pour tous les candidats.

    « Dans notre ville ensanglantée par le narcotrafic et alors que la Commission nationale des comptes de campagne et des formations politiques alerte sur le risque d’ingérence des narcotrafiquants dans la campagne des municipales, toute forme de lien avec eux doit être combattue et condamnée avec la plus grande fermeté », insiste de son côté le Printemps marseillais.

  • [Entretien] Alain Soultanian : « Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance »

    [Entretien] Alain Soultanian : « Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur l’Olympique de Marseille, cinq ans après avoir quitté le club ?

    Alain Soultanian : Les temps ont changé. Aujourd’hui c’est une autre époque à laquelle je ne me suis pas adapté. Pourquoi ? Parce que mon travail je l’ai toujours fait de la même façon, mais j’ai toujours travaillé dans une certaine forme d’affect. Aujourd’hui tout est scindé. Il y a l’administratif, la direction, les joueurs, l’entraîneur, et une institution qui s’appelle le médical, mais qui est totalement à part et qui n’est pas mélangée à tout le reste. Alors qu’avant, nous étions une grande famille, où tout le monde se connaissait, tout le monde se côtoyait, on faisait des grands repas ensemble, pour que ceux qui ne se connaissent pas fassent connaissance, et ça facilitait les rapports, ce qui fait que le bateau allait toujours dans la même direction. Aujourd’hui c’est quelque chose que je ne reconnais plus, qui existe peut-être encore, mais que moi je ne reconnais plus. Et je répète, ce n’est pas péjoratif, c’est un constat personnel. Mais aujourd’hui avec l’OM j’ai mal et je souffre. Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance, parce que c’est le club de tout Marseille. Je regarde beaucoup de matches à la télé, et sur deux heures de match, je passe la dernière demi-heure debout, et je fais le tour du canapé, les yeux fixés sur la télé, parce que je ne tiens pas en place, parce que j’ai peur, parce que je sais qu’on a l’habitude de prendre des buts en fin de match, et qu’un match n’est jamais terminé. On n’a pas de tranquillité.

    Même si vous ne faites plus partie de la maison olympienne désormais, comment analysez-vous la gestion des joueurs du point de vue médical ? Est-ce que les entraîneurs sont vigilants sur le côté prévention ?

    A.S. : S’il n’y a pas une étroite collaboration entre le chef d’un service médical et le chef d’un service technique, c’est compliqué d’arriver à un résultat positif. Il faut se parler, il faut expliquer et il faut argumenter pourquoi je pense que tel joueur ne devrait pas jouer ce match-là parce que nous, on sait peut-être qu’il a des problèmes familiaux qu’on ne va pas dévoiler, mais on va faire comprendre que ça serait bien qu’il ne joue pas parce qu’il n’est pas bien dans sa tête. Je prends le cas de Rulli. Tout le monde voit que Rulli qu’aujourd’hui n’est pas le même qu’avant la trêve. Ce garçon, il a peut-être des problèmes internes qu’on ne connaît pas. Il se confie certainement à certaines personnes qui savent. Mais ces personnes-là ont peut-être peur de dire à l’entraîneur ou au directeur sportif qu’il a des problèmes et qu’il faudrait peut-être le mettre sur la touche pendant deux ou trois matches pour qu’il se refasse une santé, mentale surtout. Parce que je pense que son problème est plutôt mental qu’autre chose. Je sais qu’il y a des joueurs qui vous disent je ne suis pas bien, ça ne va pas avec ma femme, ou j’ai le bébé qui est malade, il doit rentrer à l’hôpital. Ce joueur-là ne va pas forcément s’étaler devant tout le monde. Je ne suis ni entraîneur, ni préparateur physique, mais mon expérience me fait dire que nous sommes des confidents. C’est-à-dire qu’on enregistre certains messages que les joueurs nous font passer, on essaie de les récupérer mentalement comme on peut, mais il faudrait pouvoir avoir aussi la possibilité d’avoir un dialogue direct avec l’entraîneur. Et non pas simplement bonjour, au revoir, alors son genou, comment il va ? Son dos, comment va-t-il ? Son épaule, ça en est où ? Il faut une cohésion. Je ne sais pas comment ça se passe aujourd’hui. Moi, ce que je sais, c’est que quand il y a la cohésion, il y a un dialogue, il y a des échanges, et de ça ressort quelque chose de positif. Vous constaterez que dans tous les sports, que ce soit la natation, le cyclisme ou le tennis, ils ont tous un suivi psychologique. Demandez à Djokovic s’il n’a pas un préparateur mental.

    Tout le monde n’a donc pas le bagage mental nécessaire pour s’imposer à l’OM, selon vous ?

    A.S. : Il y a des joueurs qui dans leur tête peuvent jouer à Marseille, peuvent jouer à Naples, peuvent jouer à Liverpool, peuvent jouer à Manchester, peuvent jouer au Bayern Munich. Dans leur tête, ils sont prêts. Il y a des joueurs qui sont faits pour jouer à Toulouse, qui sont faits pour jouer à Nantes, qui sont faits pour jouer à Bordeaux ou à Lille, mais pas pour Marseille. Quand vous avez les Carlos Mozer, quand vous avez des Basile Boli, Eric Di Méco, Manuel Amoros, Franck Sauzée, Bernard Pardo, Jean-Pierre Papin, Klaus Aloffs, Karl-Heinz Forster dans l’équipe, mais vous craignez quoi ? Ils ne vont rien lâcher les mecs. Ils ne vont rien lâcher.

    Vous citez principalement des joueurs qui ont connu les grandes années olympiennes. L’un des grands moments reste cette malheureuse finale européenne perdue à Bari face à Belgrade…

    A.S. : Dans le vestiaire, tout le monde est en pleurs, moi y compris, parce que moi je suis une pleureuse, je suis très émotif, et la déception l’emporte, mais tout le monde était en pleurs. Et je vais voir Franz Beckenbauer, qui était un peu à l’écart avec son adjoint, Holger Osieck, et je lui dis, mais Franz, comment on fait pour perdre ce match ? Et la réponse c’est, on perd ce match, parce qu’on ne joue pas pour le gagner, on joue pour ne pas le perdre, justement. On a joué petit bras. On était tellement sûr de la gagner, que je pense que les joueurs se sont dit, la veille déjà, ils se voyaient en train de soulever la coupe, et au moment du match, ils ont dû avoir quelque part une réflexion, en se disant, pourvu qu’on ne prenne pas un but, ça va tout foutre en l’air. Donc, ça les a inhibés quelque part. Et on est allé jusqu’aux tirs au but, et on connaît la suite, on perd ce final aux tirs au but. Mais, cette défaite nous rend plus forts. Chaque défaite rend plus forts. L’année d’après, 92, c’est l’année où on digère la déception de l’année précédente, et puis arrive 93. Et là, en 93, les joueurs n’ont plus la même attitude. Ils n’ont plus du tout la même attitude. Ce sont des monstres qui ont déjà l’expérience de la défaite, et ils se disent, là, on n’a plus rien à perdre, on va tout donner. Et on va jouer. Et on a gagné. Contre l’équipe la plus forte, peut-être, du monde à cette époque-là. Comme quoi, le football, c’est aussi dans la tête.

    Cette époque est notamment marquée par la présidence de Bernard Tapie. Quel homme était-il à vos yeux ?

    A.S. : Je me félicite d’avoir connu un tel personnage. C’est quelque chose qu’on rencontre une fois dans sa vie. Le charisme, ce n’est même pas la peine d’en parler, parce que c’est reconnu de partout. Mais c’était quelqu’un, je pense, qui savait y faire. Et pour ce qui est, je parle de mon cas, j’ai toujours gardé mes distances avec lui. Je ne l’ai jamais tutoyé, contrairement à d’autres qui l’appelaient Bernard. Moi c’était bonjour Président, au revoir Président. Et quand il arrivait souvent, comme je me souviens d’une fois à Moscou, je suis en train de fumer ma clope sur le parvis de l’hôtel où nous étions à Moscou, et on venait de finir le repas, et il monte les escaliers, il me voit, il vient, il me donne un coup d’épaule, il me dit ça va ma poule, comment ils sont ? Et je le regarde et je lui fais la moue. Il me dit tu crois qu’il faut que je leur parle ? Je le regarde et je lui fais la moue. Il me dit ça va j’ai compris. Il a fait ce qu’il fallait, il les a ouverts en deux. Et après il savait aussi les remercier. Mais c’était un patron, un vrai patron. Quelqu’un à qui on ne peut pas manquer de respect. Pendant toute cette période où il était à l’OM, il nous a régalés à tous, les supporters, le staff, on était tous heureux de travailler. C’est quelqu’un d’unique, j’en ai pas connu deux comme lui. Quelquefois, dans une discussion, vous sentez qu’il est en train de vous mener en bateau. Et vous dites toi tu es en train de me mener en bateau, mais surtout continue parce que tu es en train de me régaler.

  • Médina, le soldat fidèle (re)devenu incontournable

    Médina, le soldat fidèle (re)devenu incontournable

    Avec Facundo Médina, c’est blanc ou noir. Soit on adore sa grinta, soit on déplore son excès d’engagement parfois agaçant. Mais peu importe dans quel camp on se trouve, on ne peut que reconnaître sa très bonne prestation face au Stade Rennais. Présent au rendez-vous comme dernier rempart défensif, en réalisant un marquage très efficace sur l’avant-centre breton Esteban Lepaul – soit dit en passant le troisième meilleur buteur de Ligue 1 cette saison avec neuf buts – le défenseur central international argentin a également apporté sa pierre à l’édifice offensivement en relançant proprement et sans trembler.

    Lieutenant de choix du capitaine Balerdi

    Pour sa sixième titularisation de suite, lui qui a longtemps été blessé à la cheville dans la première partie de saison, « Facu » trouve enfin de la régularité dans ses performances. Avant d’être indisponible pendant un peu plus de deux mois, l’ancien lensois affichait une réelle volonté de s’imposer dans cette charnière centrale olympienne, avec des matches plus que cohérents lors des victoires à Strasbourg (1-2) et face à l’Ajax (4-0).

  • Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    La camionnette « Au fil de la Ligue », garée sous le soleil de la place Jules Guesdes, à Marseille, a été inaugurée ce mardi, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le cancer. Les représentants du projet ont coupé le ruban, ouvrant les routes des Bouches-du-Rhône à ce véhicule décoré à l’effigie de la Ligue contre le cancer.

    En ralliant trois communes par semaine, dans « les marchés, sur les plages ou dans les entreprises », la camionnette est un « nouvel outil pour aller là où sont les gens, les rencontrer dans leur lieu de vie » notamment « ceux qui manquent d’information, isolés », détaille Magali Maugeri, directrice générale de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône.

    En commençant par le marché de Gardanne le vendredi 6 mars, cet espace mobile de prévention parcourra le département, avec des missions de prévention et de dépistage. Avec une psychologue, une onco-esthéticienne et une médecin interne à son bord, les habitants pourront être sensibilisés à l’importance du dépistage, dans une région où le cancer est la première cause de mortalité. Pour Michelle Philip, retraitée et bénévole depuis 4 ans au sein de la Ligue, la camionnette « est magnifique, et va permettre d’aller au plus près des gens, partout », chose importante car « le cancer touche toutes les familles, tous les environnements possibles ».

    « Au plus près du dépistage »

    Le dépistage précoce d’un cancer permet très souvent un meilleur traitement, moins lourd et avec plus de chances de guérison. Or, sur les traitements des cancers du colon ou de la prostate, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur constate un retard de 20 à 25 points par rapport aux autres régions, en raison d’un « manque de prévention sur le dépistage, sur lequel il nous reste encore des choses à faire », insiste Renaud Muselier, président du conseil régional PACA. Ambition régionale donc que de travailler à une meilleure prévention, « faire en sorte d’être au plus près du dépistage ».

    Mais pour se faire dépister, il faut oser. La peur de connaître le diagnostic freine : un sondage réalisé par l’IFOP pour Biogroup à l’occasion d’octobre rose en 2025 montre qu’une personne sur deux interrogées redoute le dépistage, quand 12% renoncent à la démarche. Justement, Charlotte Douchet, responsable de la prévention au sein de la Ligue, affirme qu’il s’agit bien « d’être disponible, d’aller contre les peurs des personnes ». En se rendant dans « des lieux retirés ou populaires, pour aussi aller vers des personnes qui ont moins accès à l’information », la camionnette est une tentative de généraliser le dépistage dans le département.

    Ainsi, c’est avec le soutien de la première région française à avoir adopté un « Plan cancer » que la Ligue souhaite rendre accessible sa connaissance de la maladie. Déjà pionnière, la branche des Bouches-du-Rhône, qui accueille entre 650 et 700 personnes par mois dans ses centres, lutte notamment contre les déserts médicaux. La camionnette « Au fil de la ligue » rejoindra donc des communes isolées, dans lesquelles les rendez-vous médicaux sont parfois longs à obtenir.

    Rendre la santé mobile est une manière de généraliser l’accès au soin et à l’information. Si la camionnette n’a pas encore entamé son périple, Renaud Muselier est confiant : en 2020, la région avait développé une camionnette de vaccination et de tests Covid, qui avait « très bien fonctionné ». Selon lui, « pour un développement harmonieux de la région, il est nécessaire de lutter contre les déserts médicaux, d’aller vers les habitants dans les lieux où il y a moins de médecins ».

  • Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Cinq structures sont soutenues financièrement par le Fonds de dotation de Marseille, initié par des entrepreneurs pour mettre en œuvre des actions destinées à réduire la frature sociale sur le territoire. La 3e édition de leur gala « à jamais solidaires ! » se déroule le 30 mars pour récolter des fonds.

    A chacun son domaine pour favoriser l’égalité des chances : la cuisine du bouillon de Noailles, le Rugby club marseillais côté sport, Castelife pour l’entreprenariat, l’accès à la culture par Action Bomaye reliant l’éducation et la réinsertion, deux vecteurs aussi soutenus par Ambition 360.

    Vecteur de cohésion

    Certains représentants d’associations ont été poussés par leur histoire personnelle, à l’image d’Ismaël Cousin, le directeur d’Action Bomaye. Déscolarisé à 17 ans, placé en foyer, il sert aujourd’hui d’exemple aux minots tout en dressant un constat alarmant : « des jeunes de 7 à 10 ans souhaitaient être livreur plus tard », se désole-t-il… Il faut « casser le plafond de verre », lance-t-il, pour favoriser l’égalité des chances et que ces jeunes développent des ambitions.

    Le Fonds de dotation de Marseille, créé en 2019, a déjà soutenu une cinquantaine de projets grâce à plus de 600 000 euros collectés. Ce collectif d’entrepreneurs appelle à les rejoindre, comme l’a fait, fin 2025, Cécilia Barontini, ancienne cadre de l’OM : « j’avais coutume de dire, à tort, que l’OM était le seul vecteur de cohésion sociale », avant de découvrir ce projet. Sa participation présage l’arrivée « d’anciens bleu et blanc », comme celle de l’ancien défenseur de l’OM Eric Di Meco déjà annoncée. Cet invité d’honneur présidera d’ailleurs le Gala 2026.

    Plus de 100 mécènes, 10 000 euros défiscalisables par table, et un menu en 6 actes présenté par les Toques Françaises. Le Gala 2026 s’ouvrira le 30 mars. Avec pour principal enjeu de donner de la visibilité aux cinq associations et de la montée des « enchères » pour les investissements des mécènes et de leurs invités.

  • Face aux trafics, Benoît Payan en tribun au tribunal

    Face aux trafics, Benoît Payan en tribun au tribunal

    Dans la salle d’audience du palais Monthyon, la publication du sénateur (LR) des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier est lue, répétée de nombreuses fois. « Il y a un sentiment d’impunité à Marseille, son maire de gauche est du côté des trafiquants et refus de froisser son électorat communautaire. Il rend la ville otage du communautarisme, de la racaille du foot et des trafiquants », écrivait l’ex-maire de Rognac le 4 novembre 2023 sur le réseau social X pour relayer son entretien auprès du Figaro. Des propos qui avaient conduit le maire (DVG) de Marseille à déposer plainte contre lui, tandis que le parlementaire promettait par communiqué d’en faire autant. Sans aller jusqu’au bout.

    Deux ans et demi plus tard, le sénateur ne s’est pas rendu à l’audience. Mais Benoît Payan, lui, est bien là. « Dans les fonctions que j’exerce, il m’arrive chaque jour de lire des choses plus ou moins diffamantes, difficiles. J’ai reçu un certain nombre de menaces de mort. Mais c’est la première fois que je dépose plainte pour injure et diffamation », témoigne-t-il à la barre. Il rappelle le contexte de cette année 2023, marqué par un triste record de « narchomicides », plus de cinquante au total. « J’ai toujours eu une attitude féroce face à ces hommes qui tuent et assassinent », assure l’édile. Avant d’interpeller : « On peut faire de la politique, on peut ergoter, je peux répondre. Là, nous avons dépassé tout ça. Ce n’est pas de la politique, c’est de l’injure. Je n’ai pas le sang des Marseillais sur les mains ! Même au-delà de l’injure, c’est insupportable : vous imaginez ce que c’est, de devoir annoncer à une mère que son fils a été tué par un trafiquant, et deux jours après lire ça ? Cela, je l’ai vécu. J’ai des limites, elles ont été allègrement franchies. » En face, le conseil du sénateur LR avance un contre-feu, face à l’enquête ouverte par le parquet après un signalement de l’ancien préfet de région concernant la Société publique des écoles de Marseille. « Ils m’ont dit hier qu’ils venaient, ça n’a aucun rapport », interrompt la procureure.

    « Écriture vipérine »

    L’avocat du maire, Me Pezet, en profite pour dresser le portrait du sénateur, ciblé dans une enquête préliminaire du parquet d’Aix pour sa gestion à Rognac, dénonce son « écriture vipérine », réclamant 10 000 euros de réparations. Stéphane Le Rudulier voulait dénoncer des « salles de shoot » inexistantes ? « La halte soins addictions doit se faire, elle se fera, j’en suis sûr », rétorque le ténor du barreau, après que le maire a rappelé que « Marseille a besoin d’avoir des “salles de shoot” ». En face, le conseil du sénateur souligne que « quand un tweet renvoie à un article, il doit être lu à la lumière de l’article ». Lequel dénonçait une responsabilité indirecte et ciblait surtout le moratoire sur la vidéosurveillance et l’implantation de haltes soins addictions. Il plaide l’erreur de qualification et la polémique politique, et donc la relaxe. La procureure de son côté s’en rapporte « à la sagesse du tribunal ». Délibéré le 7 avril.