Tag: Marseille

  • Nasser Al Aswadi façonne la tolérance à la Vieille Charité

    Nasser Al Aswadi façonne la tolérance à la Vieille Charité

    Dans les travées de la Vieille Charité, l’ombre de Nasser Al Aswadi rôde et se confond parfois à celle de pièces qu’il a façonnées. Dansant avec les cimaises et parée de ses dentelles en inox, l’une d’elles est baptisée Tolérance. « Un mot prononcé par beaucoup de monde mais qu’on ne voit pas forcément en actes », estime cet artiste franco-yéménite vivant à Marseille depuis une quinzaine d’années devant cette sculpture qui dessine et déforme à l’infini ses lettres issues de l’alphabet sudarabique. « Une fois à Marseille, je me suis tout de suite senti chez moi », se remémore-t-il avec une discrétion toute fière. Logique car Nasser Al Aswadi s’inscrit aussi dans les échanges migratoires, culturels et socio-économiques entre le Yémen et Marseille, liens historiques pluriséculaires retracés au cours de l’exposition Aden-Marseille, d’un port à l’autre, à l’œuvre jusqu’au 29 mars.

    L’oiseau messager

    « Quand je travaille, je ne respecte pas vraiment les codes de la calligraphie. Moi, ce qui m’intéresse, c’est le sens des mots », souligne ce peintre et sculpteur devant une huile sur toile circulaire de 2m40 de diamètre intitulée Respect, triturant ce mot à coups de pinceaux pour le rendre « illisible même pour les arabisants. Il faut que ça soit international ». Autant de termes qui font écho aux guerres aux quatre coins du globe, y compris celle qui s’abat depuis 2014 dans son pays natal. « Chaque fois que j’appelle ma famille pour prendre des nouvelles, on me dit tout le temps : ne t’inquiète pas, Dieu veille sur nous », rappelle-t-il devant le triptyque peint Lion – Bouquetin – Allah. Si beaucoup de dirigeants agitent la paix comme un mot-bélier, Nasser Al Aswadi la sculpte quant à lui avec sa pratique, illustre encore sa Série de huppes, Houdoud 1 et 2, oiseau apparaissant « dans le récit coranique, messagère sage et éloquente entre le roi Salomon et la reine de Saba ».

  • Un nouveau président à la tête du lamanage

    Un nouveau président à la tête du lamanage

    Une fois dit « larguez les amarres », qui s’occupe ensuite de les accrocher au quai ? Voilà précisément la mission principale des lamaneurs du port de Marseille-Fos. Chaque navire qui se présente à l’entrée est pris en charge à l’approche du quai afin de l’arrimer correctement. Une mission que les marins de la société coopérative du lamanage remplissent depuis 1946.

    Des marins expérimentés sont à la manœuvre. C’est le cas de Franck Rossi, qui a récemment quitté ses fonctions de PDG de la société coopérative « après 38 ans de service », d’après un communiqué datant de mi-décembre.

    Pour le remplacer, l’ancien directeur adjoint Yohann Repiton, ancien sous-officier du Bataillon des marins-pompiers de Marseille et lamaneur depuis 20 ans. Son expérience l’a conduit à être appelé à la barre de la société lors d’une assemblée générale à la fin novembre en tant que nouveau PDG.

    Le quarantenaire se retrouve à la tête d’un groupe coopératif comptant 80 lamaneurs associés et 8 filiales, dont les emblématiques navettes du Frioul et du Château d’If, depuis le Vieux-Port de Marseille, qui font partie de la coopérative depuis 2022 après le rachat d’Icard Maritime.

    À ses côtés, le nouveau PDG est assisté de Sébastien Le Floch, directeur de la coopérative et de ses filiales, ainsi que Marion Rossi, directrice administrative et financière. « Bien que portée par une équipe renouvelée, cette passation s’inscrit dans la tradition coopérative », affirme la société. La nouvelle direction entend « préserver le savoir-faire historique de la coopérative, tout en innovant en matière de technologies portuaires et de sécurité ».

    Tous les jours, à toute heure et par tous temps

    Les motivations énoncées sont d’autant plus importantes que la sécurité des 70 millions de tonnes de marchandises, de plus d’un million et demi de conteneurs et plusieurs millions de passagers qui transitent chaque année par le Grand Port maritime de Marseille-Fos dépendent de la bonne exécution des missions des lamaneurs.

    Car le métier, pourtant méconnu en dehors du monde maritime, est exigeant. Les 80 lamaneurs de la coopérative et leurs 20 canots spéciaux sont amenés, tous les jours de l’année et à toute heure, à permettre l’arrimage des navires arrivés au port et ce, par tous temps. Au total plus de 18 000 opérations par an sont menées par les travailleurs du lamanage. « L’amarrage d’un bateau peut prendre vingt minutes comme une heure trente, voire deux heures », nous expliquait le lamaneur Julien Poli de la station de Port-de-Bouc à l’été 2024, « tout dépend de l’équipage, de la météo, de la cohésion de tout le monde » dès réception des demandes émanant de la vigie du Port, autorité régulatrice du trafic maritime

    Nouvelle direction et nouveaux enjeux donneront le ton de l’anniversaire des 80 ans de la société coopérative du lamanage, qui sera fêté en 2026.

  • La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La CGT des agents territoriaux de la Ville de Marseille débute l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a déposé un « préavis de grève reconductible du 1er au 31 janvier 2026, couvrant l’ensemble des services municipaux ». Et si le préavis reprend, sans surprise, des revendications d’ordre national sur fond de « politique d’austérité depuis le mandat d’Emmanuel Macron », une « nouveauté importante » s’est ajoutée dans les demandes des agents. « Face aux nombreuses situations injustes remontées par les agents ces dernières semaines, la CGT a décidé d’ajouter une nouvelle revendication au préavis : la fin des inégalités dans l’attribution du CIA », explique la CGT Territoriaux Ville de Marseille. Et cette dernière ne parle pas de l’agence de renseignement états-unienne mais du complément indiciaire annuel (CIA). Une sorte de prime, versée pour l’année 2025 en ce mois de décembre, intégrée au régime indemnitaire des fonctionnaires, lequel est une partie de la rémunération de l’agent public. « C’est la première année que le CIA est attribué d’une manière aussi injuste », dénonce Mikael Casanova, secrétaire général de l’organisation. Avant de développer : « Le CIA est en place depuis un moment à la Ville, mais auparavant il dépendait de “raisons exceptionnelles”. Par exemple pour les agents qui ont aidé sur les Jeux olympiques ou les événements de la rue d’Aubagne. » Et c’est là où ça coince pour l’organisation syndicale. Car selon elle, le CIA a été attribué « au soi-disant mérite» pour 2025. « Ce sont les supérieurs hiérarchiques des agents qui l’ont donné de manière subjective. Certains se sont investis et ont eu le niveau 1, donc 0 euro, d’autres beaucoup moins et ont eu le niveau 3, plusieurs centaines d’euros », poursuit le syndicaliste. Il y voit là « un outil opaque, source de divisions entre collègues, générateur d’injustices et de frustrations, sans critères clairs ni équité de traitement ».

    Un réexamen pour FO

    En tout cas, la CGT n’est pas la seule organisation à se pencher sur le sujet. Le 14 décembre dernier, Patrick Rué, figure du syndicat FO de la Ville, s’alarmait sur les réseaux sociaux : « FO a demandé à ce que les agents privés de prime sans critères objectifs puissent demander la révision de cette décision ! ». Deux jours plus tard, son organisation explique avoir obtenu « le réexamen des décisions de niveau 1 » après « une alerte auprès de la direction des ressources humaines ». « Les procédures d’évaluation […] ont été appliquées d’une manière différente d’un manager à l’autre ou d’une direction à l’autre. De nombreux agents s’estiment injustement lésés par la décision d’attribution », développe le syndicat. Avant de se féliciter : « Le maire [Benoît Payan Ndlr] a donné suite favorable à la demande de réexamen. »

  • Le mouvement Marseille Populaire s’active

    Le mouvement Marseille Populaire s’active

    « Nous sommes là où le politique passe sans s’arrêter. » Devant plusieurs dizaines de personnes réunies à la salle Magallon dans le 15e arrondissement de Marseille, ce dimanche, Farid Soilihi, président de Marseille Populaire, vient délivrer un message à quelques mois des élections municipales : « Personne ne parlera pour nous ! ». Un tour de chauffe, alors que ce mouvement qui « s’est construit quartier par quartier » prépare un meeting le 11 janvier prochain au Parc Chanot. « Le Rassemblement national progresse, l’abstention est une norme. Si nous restons passifs, si les mêmes logiques perdurent, nous serons responsables de ce basculement », martèle l’ancien candidat aux législatives de 2012 et condamné pour fausses accusations à l’encontre de l’ex-député socialiste Patrick Mennucci.

    « Au-delà des partis »

    Sophia Bouchoucha, membre du mouvement, insiste sur l’aspect « au-delà des partis politiques » de Marseille Populaire, lesquels sont jugés « hermétiques ». Elle prend l’exemple de la France Insoumise : « Certains ont pu avoir l’impression que c’était le parti du peuple mais ceux qui sont avec Sébastien Delogu pour ces élections ne viennent quasiment tous que de LFI. » À l’inverse, son mouvement joue la carte « des citoyens lambda d’horizons différents qui s’unissent pour Marseille » sur fond de « défense des quartiers ». Les membres mettent d’ailleurs en avant les communautés dont ils sont issus (comoriennes, ivoiriennes, asiatiques etc.) afin qu’elles soient « mieux représentées ».

    Concrètement, le mouvement ne se positionne pas encore clairement sur sa présence via une liste aux élections municipales ou par secteur. Notons enfin la présence de Sami Benfers (GRS), actuel conseiller municipal délégué aux taxis à la mairie de Marseille.

  • À Marseille, quatre copropriétés enfin dignes d’intérêt national

    À Marseille, quatre copropriétés enfin dignes d’intérêt national

    Enfin. Réclamées par la Ville de Marseille en novembre 2022, lors de ses États généraux du logement, elles avaient fait l’objet d’un engagement signé par le préfet et la Métropole. En juin 2023, au pied de la cité Benza, le président de la République, en visite d’étape du Plan Marseille en grand, en avait acté le principe.

    Dix ans après le rapport Nicol, comme un cadeau au pied du sapin, les décrets déclarant d’intérêt national les Opérations de requalification des copropriétés dégradées (Orcod-in) du Mail (14e), de la Maurelette (15e), des Rosiers-Super Belvédère (14e) et de Consolat (15e), ont été publiés. Au printemps, des études de préfiguration ont évalué le montant global de l’opération de 577 à 613 millions d’euros.

    « S’agissant d’énormes investissements et d’opérations très longues, il a fallu du temps pour qu’elles se mettent en place. Marseille c’est aussi 28 copropriétés avec des problèmes lourds, dont dix font l’objet d’un programme d’intérêt national », rappelle Patrick Amico, adjoint (GRS) au logement de la Ville de Marseille, satisfait de voir ce dossier « mobilisant l’ensemble des collectivités », et passé entre les mains de plusieurs préfets, franchir cette étape.

    L’EPF à la manœuvre

    Qualifiées d’intérêt national, ces opérations facilitent la mobilisation d’une large boîte à outils comprenant un droit de préemption urbain renforcé et des prérogatives plus spécifiques. De quoi répondre à la situation de ces quatre copropriétés privées comptant parmi les plus fragilisées de la ville. Elles font partie du Programme d’intérêt national qui priorise depuis 2023 treize sites métropolitains dont les parcs Bellevue, Bel Horizon I et II, Corot, le Gyptis, Kallisté et Maison Blanche. La Mariélie à Berre, les Facultés à Aix et le Florida Parc à Marignane complètent le sinistre tableau. Les attendues Orcod-in concernent 98 immeubles, 2 600 logements et plus de 9 000 habitants. Depuis des décennies, les plans de sauvegarde s’y sont multipliés sans succès. La Maurelette (2 500 habitants) a par exemple bénéficié en 2024 d’une subvention exceptionnelle de 18 millions de l’Agence nationale de l’habitat pour des travaux d’urgence. 33,2 millions avaient été engagés sur sept copropriétés dans l’année. 21 millions étaient programmés en 2025. Sans réels résultats.

    Si Euromed a un temps été évoqué, leur réalisation sera confiée à l’Établissement public foncier Provence-Alpes-Côte d’Azur, chargé de lancer dès 2026 les études d’aménagement, tout en poursuivant la mise en œuvre des plans de sauvegarde. « Ces opérations vont se dérouler sur une dizaine d’années, ce sont de véritables opérations d’aménagement avec du foncier, de l’acquisition publique, du relogement, des démolitions parfois, de l’équipement et de l’espace public… énormément de choses vont réintégrer ces copropriétés dans le tissu urbain », poursuit Patrick Amico.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les 47 654 copropriétés recensées représentent 60% des logements du territoire et Marseille en concentre plus de la moitié (24 863) et se trouve en première ligne face à leur vieillissement, accentué par la précarisation croissante des locataires, des propriétaires occupants et des bailleurs, l’infiltration de marchands de sommeil et de syndic inopérants.

    Les quatre « orcodées » sont la partie immergée d’un iceberg. Début 2025, une note de la préfecture des Bouches-du-Rhône, compte 9 000 copropriétés « considérées comme fragiles ou en difficulté ». Parmi elles, 64 devraient faire l’objet de dispositifs de redressement ou de recyclage au vu de « leur indice de dégradation avancé ou de fragilité », pour éviter la chute.

  • Du cœur à l’ouvrage

    Du cœur à l’ouvrage

    Un jeune homme de 35 ans est mort de froid, à Reims, la nuit de Noël, « dans son coin où il avait l’habitude d’aller », précise l’équipe de maraude qui le connaissait bien à notre confrère de l’Union. Il s’appelait Morgan. Deux autres sans-abri sont morts en l’espace de quelques jours à Nantes, durant les fêtes, un autre encore a trouvé la mort dans l’incendie d’un box de parking ce samedi à Paris… L’an passé, plus de 900 sans domicile fixe sont décédés en 2024, selon le collectif Les morts de la rue. La mort rôde, la nuit, le jour dans les rues de nos villes, avec pour alliés le froid, la malnutrition, les pathologies diverses et variées dont souffrent les SDF, les addictions « pour tenir le coup », et cette indifférence quotidienne aussi.

    Bienveillance anonyme

    Pourtant, de petites mains, par centaines, par milliers, ont décidé de se regrouper et de se battre, pour redonner courage, offrir des repas, des couvertures, de la chaleur humaine, une oreille attentionnée, dépourvue de jugement. Pour considérer l’autre pour ce qu’il est, un être humain en difficulté. Cette grande bienveillance, discrète, anonyme, sans couronne de lauriers, mérite tout notre respect. Et un soutien inconditionnel. Mais la volonté ne peut pas tout. Les coupes budgétaires qui se succèdent et encore annoncées pour l’année à venir toucheront immanquablement les services de l’État dédiés les collectivités et l’ensemble des trop frêles dispositifs d’aide mis en place par ou avec les associations et les bénévoles œuvrant chaque jour sur le terrain. Dire « stop » à ce macabre décompte est aussi un choix politique à l’échelle nationale.

  • Claire Juchat : « Le risque zéro n’existe pas en mer Méditerranée »

    Claire Juchat : « Le risque zéro n’existe pas en mer Méditerranée »

    La Marseillaise : L’Ocean Viking reprend la mer après 120 jours d’arrêt forcé. Comment cette attaque a impacté vos missions ?

    Claire Juchat : On a dû complètement stopper les opérations après l’attaque du 24 août. C’était une attaque inédite, d’une violence extrême, où les garde-côtes libyens financés par l’Union européenne ont tiré pendant 13 minutes sans relâche sur le bateau avec des impacts de plus de 100 balles. On a encore récemment retrouvé des balles qui étaient logées dans certaines parties du bateau. Suite à cela, on a dû réparer le bateau dans son ensemble, il y avait énormément de dégâts matériels sur la coque, sur les fenêtres de la passerelle dont quatre ont complètement explosé. Les gardes-côtes libyens s’étaient particulièrement acharnés sur nos canots de sauvetage d’intervention rapide qui étaient complètement hors d’usage. Tout le système de communication a été impacté, nous avons dû tout racheter. On a ensuite fait les débriefings psychologiques et une analyse poussée des risques sécuritaires encourus en Méditerranée centrale pour adapter nos protocoles. On a dû se retrouver en tant qu’équipe pour se préparer à tous les niveaux, mentalement et psychologiquement, à repartir dans ce contexte-là, en sachant que le risque sécuritaire est toujours aussi persistant. Il y a eu d’autres attaques depuis celles de l’Ocean Viking en Méditerranée centrale, moins violentes, mais toujours à l’arme à feu. On est conscients que le risque zéro n’existe pas.

    Qu’avez-vous dû faire pour assurer la sécurité de l’équipage ?

    C.J. : Nous avons dû faire une analyse de nos pratiques qui ont été confirmées comme étant bonnes par les experts extérieurs. On est désormais encore plus conscients des zones plus faibles et plus fortes du bateau, celles considérées comme étant pare balles ou pas. Ce qui nécessite pour nous ensuite d’adapter nos protocoles pour être sûrs que – même si on espère que ça n’arrivera jamais – si une attaque de la sorte a lieu à nouveau, qu’on soit sûr de se protéger au mieux. Le fait qu’il n’y ait pas eu de blessés, voire de morts le 24 août montre que nos protocoles étaient bien en place et suffisants, car ils visaient vraiment pour tuer. Cela reste un miracle que personne n’ait été blessé. Après une attaque pareille, on a été obligé de prendre du temps pour s’assurer qu’on fait le maximum pour garantir la sécurité de nos équipes et des rescapés.

    Dans une tribune publiée dans Le Monde, des parlementaires français ont demandé au président de réagir à cette attaque. Avez-vous eu des retours au niveau national voire européen ?

    C.J. : Non, à ce jour, la seule réponse que nous avons eue c’est celle de la Commission européenne disant qu’ils continueront à financer les pays tiers, car cela, pour eux, fait partie de la stratégie de réduire le nombre de personnes noyées en mer. Malheureusement, on sait que la réalité est tout autre. Il y a eu deux immenses naufrages, dont un, il y a quelques jours, de potentiellement plus de 100 personnes qui auraient disparu. On voit bien que quand il n’y a pas de moyens de sauvetage en mer, qu’ils sont arrêtés à cause d’attaques ou d’autres barrières administratives et juridiques, la conséquence directe c’est l’augmentation des noyades. Malheureusement, et malgré nos appels, la coopération avec la Libye ne fera que continuer en dépit des violations flagrantes du droit maritime international.

    L’équipe à bord est 100% SOS Méditerranée, qu’est-ce que ça signifie ?

    C.J. : On repart en équipe 100% SOS Méditerranée parce que le partenariat avec la Fédération internationale de la Croix-Rouge a malheureusement pris fin à cause de coupures budgétaires sévères. Nous repartons en équipe réduite, avec 21 personnes de SOS Méditerranée, mais les quatre personnes de la Croix-Rouge n’ont pas pu être remplacées, ce qui modifie nos protocoles.

    Dix ans après sa création, l’ONG a plus que jamais besoin d’aide ?

    C.J. : Dans le monde actuel, la solidarité est cruciale parce qu’on se rend compte que les États se défaussent complètement de leurs responsabilités en terme de sauvetage et de protection des vies humaines. C’est assez incroyable de se dire que, depuis 10 ans déjà, c’est grâce aux citoyens par milliers qu’on peut continuer. Mais c’est vrai que là, plus que jamais, avec toutes les coupures budgétaires dont on est indirectement touchés par les autres organisations, et directement aussi par une baisse de la solidarité, il est crucial de continuer à avoir le soutien individuel de chacun et de chacune. C’est que comme cela qu’on arrive à être en mer.

    L’Ocean Viking a repris la mer après 120 jours où le navire de SOS Méditerranée aura été contraint à l’arrêt. Le 24 août dernier, les équipes ont été violemment attaqué par des garde-côtes libyens qui ont directement visé le navire d’une centaine de coups de feu. Si aucune victime n’est heureusement à déplorer, cette attaque marque un tournant pour l’association citoyenne européenne de recherche et de sauvetage. Au delà du coût des réparations estimé à plus de 130 000 euros, l’impact psychologique est là. Et le drame se poursuit, avec près de 300 disparus en Méditerranée centrale entre octobre et novembre.

  • Entre deux réveillons, le marché entretient la magie

    Entre deux réveillons, le marché entretient la magie

    Ambiance de lendemain de réveillon au marché de Noël de Marseille, ce jeudi. Le 25 décembre était férié mais pas pour tout le monde. Si quelques chalets ne sont pas ouverts, une très grande majorité se dévoile aux passants. En famille, en couple, entre amis, tous déambulent par grappe avec gourmandise et curiosité. Certains prennent des photos, se filment ou font la queue pour se ravitailler avec un bretzel ou une tartiflette.

    « Ce n’est pas la foule des grands jours mais il y a du travail », glisse un agent de la sécurité posté à l’entrée, juste après l’immense sapin trônant en bas de la Canebière. À l’autre bout de l’allée marchande, à hauteur du Monoprix où une artiste de rue dont Marseille a le secret, ambiance le secteur avec une chanson de Mariah Carey, Julie tient le chalet Lueur florale.

    De très loin comme

    du bout de la rue

    « C’est assez calme aujourd’hui mais le marché se passe bien, il y a du monde, une bonne ambiance, je sens que les gens sont plus dans l’ambiance de Noël que l’an passé », apprécie la créatrice marseillaise. Pour la deuxième année, elle vend ses bougies végétales fleuries qu’elle conçoit avec des fleurs séchées dans de petits pots en béton, qu’elle même fabrique.

    Un peu plus bas, un couple est penché sur des foulards en cachemire de la créatrice Une indienne en Provence. En face, des poupées russes attirent les regards et arrêtent les badauds. Juste à côté, Amandine vend des chocolats en trompe-l’œil. Ils sont « réalisés à partir d’une fève de cacao à 65%, moulés et poudrés pour un maximum de réalisme ». D’ici la fin du marché programmée le 4 janvier, ses coffrets « passion ou métiers » sont vendus « deux pour le prix d’un », glisse la vendeuse.

    Bernard, habitant de Montolivet (12e) y reconnaît un cadeau acheté par sa femme pour un ami, quelques jours plus tôt. « C’est très original », note le fringant septuagénaire qui en vieillissant se plaît à redécouvrir le goût des traditions : « Cette année j’ai acheté mes premiers santons sur le marché du Vieux-Port. Je trouve ces endroits très fédérateurs, l’ambiance est légère et ce centre-ville sans voiture est très apaisant, on ne sent pas de tensions. »

    Un peu plus loin, le chalet L’arbre à papa propose les créations végétales d’une artiste des Pennes-Mirabeau. Sophie est préposée à sa tenue en ce 25 décembre. C’est sa première à Marseille. Si elle aurait apprécié comme d’autres que le marché ait la forme d’une placette plutôt que d’une simple allée passante, elle apprécié son côté melting-pot. « Le marché de Marseille est très diversifié, on parle toutes les langues de l’italien au japonais, il y a beaucoup de touristes, c’est très sympa, on prend le temps d’échanger avec tout le monde », note-t-elle.

    « I’m just looking », lance justement une touriste avec ce qui ressemble à un accent Russe, sur le stand d’en face. C’est celui de Jean-François. Lui habite à Châteauneuf-les-Martigues où il fabrique des « bijoux en acier inoxydable au goût du jour », avec le signe Jul, Notre-Dame de la Garde, la ville de Marseille… Il participe au marché de Noël de Marseille depuis quatre ans. Si lui a moins bien vendu cette année, il apprécie aussi l’ambiance avec ces clients venues des quatre coins du monde.

    « Il y a à la fois des gens qui viennent de très loin et des gens du bout de la rue, c’est ce qui est vraiment intéressant », reprend Elsa, calée derrière le comptoir du stand 22. L’association Ravages, installée à l’année entre la Plaine et le cours Ju’, s’est pour la première fois délocalisée sur le marché de la Canebière. Trois artistes, photographe, illustrateur et créateur y vendent leur production.

    « Beaucoup de monde est passé, c’est très enrichissant, on a pu discuter de notre travail axé sur les questions environnementales, de fabrication locale, à la main, en matière recyclé », apprécie la jeune photographe. « Ça nous permet de nous ouvrir, c’était notre but en venant ici et le résultat est plutôt chouette. »

  • Alice Rufo : « Le bellicisme est du côté de nos adversaires »

    Alice Rufo : « Le bellicisme est du côté de nos adversaires »

    La Marseillaise : Quel est le but de votre visite à Marseille ?

    Alice Rufo : Je suis venue voir le bataillon des marins-pompiers. En cette période de fêtes de fin d’année, il est de tradition de se tenir aux côtés des forces à l’étranger comme sur le territoire national. J’étais aux Émirats arabes unis avec le président de la République, je suis à Marseille aujourd’hui, j’irai les 30 et 31 décembre en Roumanie auprès des militaires français déployés sur le camp de Cincu et serai avec les militaires dans le cadre de l’opération Sentinelle le 2 janvier à Paris. C’est important de le faire parce que la permanence de l’activité de nos forces est absolument remarquable. Si on peut tous passer les fêtes de Noël tranquillement, c’est parce que le bataillon est sur le pont. Il faut être là pour leur apporter la reconnaissance qui leur est due. Être au contact du terrain c’est le seul moyen pour apprendre et comprendre la réalité du quotidien. Le bataillon des marins pompiers développe également des capacités dans le domaine maritime qui sont quasiment uniques en Europe.

    L’actualité a été marquée par la concomitance entre l’annonce d’un service militaire volontaire et les propos du chef d’état major demandant à la France d’« accepter de perdre ses enfants » qui ont suscité de l’émoi dans la population. Comprenez-vous l’inquiétude qui s’exprime ?

    A.R. : D’abord, le service militaire volontaire existe déjà en France. C’est un dispositif qui a d’ailleurs une antenne à Marseille et il a pour vocation de faire de l’insertion sociale de jeunes en grandes difficultés, en plein décrochage, avec un encadrement militaire. C’est un dispositif qui a de très bons résultats puisqu’il affiche un taux de 86% d’insertion des 1 600 jeunes à l’issue de leur service militaire volontaire. Mais ce qui a été annoncé par le président de la République est très différent : c’est le service national sur une base volontaire. Notre armée qui est professionnelle est la plus efficace d’Europe, on veille à la rééquiper face à la somme des menaces auxquelles nous sommes confrontés. C’est utile pour nos armées de densifier les effectifs et donc, l’ouverture sur une base volontaire de ce service national, vise à permettre à nos jeunes qui le souhaitent de s’engager pour 10 mois dans un dispositif sélectif et très qualifiant. L’idée étant de répondre aux besoins de nos armées sur le territoire national. De nombreux pays, notamment d’Europe du Nord comme la Norvège, la Suède, le font déjà. Dès l’année prochaine, 3 000 jeunes seront sélectionnés. À l’issue des 10 mois, ils pourront soit choisir l’engagement militaire, soit s’inscrire dans la réserve soit faire complètement autre chose mais ils auront dans leur parcours cet élément de cursus militaire très important dans un environnement où la conflictualité est de plus en plus hybride. Par exemple, si vous êtes ingénieur dans les domaines technologiques, cyber… vous aurez en tête cet élément de défense civile et ce grâce au service national volontaire. Sur les inquiétudes auxquelles vous faites référence, attention : il s’agit d’un engagement sur le territoire national donc non l’idée n’est pas d’envoyer les jeunes du service national en Ukraine ou sur d’autres théâtres d’opérations extérieures. Il y a eu un peu de confusion…

    … Néanmoins comprenez-vous cet émoi, ces propos ont touché les familles.

    A.R. : Oui cela fait partie de mon travail d’expliquer, tout comme cela fait aussi partie de mon travail de rétablir les faits et de défendre l’institution militaire et en particulier son chef d’état-major des Armées. J’insiste et je continuerai d’insister sur le sujet : quand vous êtes le chef d’état-major, vos soldats sont jeunes et cette hypothèse du danger fait partie de la condition militaire. Peut-être qu’on ne l’a pas bien compris mais c’est normal qu’un chef militaire dise cela, ça fait partie de leur activité. Regardez les marins-pompiers, ils s’engagent, ils sont jeunes et vont littéralement au feu. Ils prennent un risque pour nous tous. Maintenant je veux être très claire : il n’y a pas de rapprochement à faire entre cette déclaration et le service national volontaire.

    N’assiste-t-on pas, tout de même, à un glissement de doctrine, entre l’idée de Défense nationale et une orientation beaucoup plus belliciste ?

    A.R. : La Défense nationale est un concept qui dépasse largement depuis le départ les seules Armées. La défense du pays, c’est défendre notre souveraineté, notre liberté, notre état de droit, ce que nous sommes. C’est la responsabilité de chacun. C’est quelque chose qu’on doit rappeler dans la période contemporaine. S’agissant du bellicisme, il n’est pas de notre fait, il est du fait de nos adversaires, de ceux qui agressent. Il y a des puissances importantes comme la Russie, membre permanent du conseil de Sécurité de l’ONU, qui ont décidé de faire la guerre en Europe. Ça c’est belliciste ! La menace ne vient pas que de l’Est. On est ici au bord de la Méditerranée, regardez tout ce qui s’est passé avec le regain de conflictualité au Moyen-Orient. La prolifération nucléaire en Iran. La menace terroriste qui n’est pas du tout derrière nous. La violence, le bellicisme, sont malheureusement des éléments du contexte international, avec de moins en moins de capacité de régulation diplomatique. Cette violence ne vient pas de nous. Il faut trouver le bon équilibre, c’est ce que je m’emploie à faire : ne pas inquiéter inutilement, ne pas instrumentaliser tout en disant, en devant la vérité à nos concitoyens. C’est la responsabilité de la ministre déléguée aux Armées que je suis. C’est la responsabilité des chefs militaires, celle du président de la République qui a fait paraître la Revue nationale stratégique en juillet dernier. Oui la menace augmente, oui la conflictualité se déploie. La question ce n’est pas de faire peur ou d’avoir peur, notre responsabilité c’est de préparer le pays et de faire en sorte que l’on soit suffisamment fort pour qu’il n’y ait pas de conflictualité qui arrive chez nous et que l’on ait cette paix dans laquelle on vit depuis la Seconde guerre mondiale.

    Sur le dossier ukrainien, l’administration Trump propose un plan de paix, le Pape invite à l’occasion de Noël à trouver un chemin de dialogue. Quid de la France ? Vous qui êtes à la fois ministre déléguée aux Armées et diplomate de profession, pouvez-vous nous dire si elle pèse pour sortir de ce conflit pour la voie de la négociation ?

    A.R. : Oui, il faut sortir de tous les conflits pour la voie du dialogue. Quand vous avez une armée forte et que vous soutenez militairement l’Ukraine, c’est au service d’une solution par le dialogue. C’est très important de comprendre ça. Pour nous, il s’agit de mettre l’Ukraine dans une position de négociation qui ne conduise pas à la reddition, à la capitulation. Le soutien militaire de la France et des Européens à l’Ukraine a vocation à lui permettre de se défendre contre une agression. Les Russes pilonnent les infrastructures civiles, énergétiques dans une période difficile où il fait très froid. Pourquoi on donne des armes à l’Ukraine, y compris de longue portée, c’est pour se défendre et pour être dans une position de force dans les négociations. La France est une puissance de paix.

    Un député européen du camp présidentiel, Bernard Guetta, parlait récemment de la forte probabilité d’aboutir à deux Ukraines. Est-ce un scenario que vous envisagez ?

    A.R. : Je n’envisage aucun scenario qui passe à côté de la souveraineté de l’Ukraine. C’est à l’Ukraine de décider de son destin. Au fond, les acteurs du conflit ont des positions qui sont assez claires. La Russie a annoncé dès le départ ses buts de guerre : l’annexion ou en tout cas la partition d’une partie de l’Ukraine par la voie militaire, par l’agression armée. Cela revient à empêcher l’Ukraine d’être un pays souverain et libre. C’est aussi, au-delà chercher à affaiblir l’Union européenne et diviser l’Alliance atlantique. Du côté de l’Ukraine, il y a la volonté de défendre sa souveraineté, donc sa liberté, sa capacité à choisir son système politique, à maîtriser son destin… Les négociations qui ont été impulsées par les États-Unis d’Amérique en lien avec les Européens. Qu’avons-nous dit à cette occasion ? On a dit que la question territoriale dépend des Ukrainiens parce que c’est sa souveraineté, son territoire. On respectera les choix de l’Ukraine mais en revanche si jamais il devait y avoir une discussion sur ce sujet, il faudra tout de suite l’accompagner de ce qu’on appelle les garanties de sécurité. Pourquoi ? Parce que si cela repose juste sur l’engagement de la Russie de s’arrêter là, ça ne tiendra pas, la paix ne sera pas robuste et l’Ukraine ne sera pas respectée. Il faut des garanties solides en cas d’accords de paix ou de cessez-le-feu. Concrètement ça veut dire donner à l’Ukraine les moyens d’avoir une armée très forte pour être dissuasive vis-à-vis de la Russie, avec des éléments de réassurance à l’arrière, pas sur le front, dans les airs, sur terre et en mer.

    Le chef de l’État a annoncé un nouveau porte-avions, quelles conséquences pour le Port de Toulon ?

    A.R. : La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur est la première région militaire de France avec 48 000 personnes du ministère des Armées et 220 000 anciens combattants. La Base industrielle et technologique de défense est très forte ici. Avec des grands groupes comme Airbus Hélicoptères mais aussi de nombreuses PME et sous-traitants. Il y a ici des pépites dans le tissu industriel. Je veux saluer l’opération d’intérêt régional menée par le gouverneur militaire de Marseille et le président de Région. Être plus souverain, ça veut dire avoir une industrie plus forte sur nos territoires après des années de sous-investissement. Cela va changer, en espérant avoir rapidement un budget. Notre première base navale est à Toulon, j’y étais il y a quelques semaines, justement pour préparer les infrastructures d’accueil du futur porte-avions. Cela demande beaucoup d’investissements, pour disposer d’infrastructures elles aussi de nouvelle génération, lorsqu’il sera à l’eau en 2038.

    Avez-vous quelques idées de noms pour le baptiser ?

    A.R. : Non, non… et vous ?

    Une figure de la Résistance… forcément ! Cela nous amène au devoir de mémoire qui fait aussi partie de vos attributions. Dans une France où les repères sont de plus en plus brouillés y compris dans le champ politique, comment assurer sa transmission ?

    A.R. : Nous allons organiser une journée de commémoration à l’attention des jeunes. Je me suis rendue au Mont Faron à Toulon, au camp du Struthof en Alsace, il faut amener les jeunes dans ces lieux de mémoire. Mais cela ne relève pas que de l’institution. Vous y participez aussi, ce n’est pas du tout un hasard pour moi d’être ici. La Marseillaise, au-delà du fait que c’est un journal, c’est un symbole de la Résistance. Je veux en profiter, puisque je suis dans vos locaux pour saluer ce symbole que vous représentez. La place de La Marseillaise qui est juste en face de nous, les plaques qui sont là pour témoigner de ceux qui sont tombés, qu’est-ce que cela dit ? Que des femmes et des hommes, il n’y a pas si longtemps, se sont battus pour que l’information soit libre, que la presse soit libre. La guerre informationnelle ne date pas d’aujourd’hui. On voit que la conflictualité s’accompagne de désinformation. Le révisionnisme historique qu’on a vu se développer est un des prémices de la guerre. Le rapport à la vérité, la défense de la liberté de la presse sont absolument essentiels. Il faut le dire à nos jeunes, en faire venir encore plus ici à La Marseillaise comme vous le faites déjà. L’histoire de Mala Kriegel, FTP-MOI, abattue par les nazis tandis qu’elle distribuait votre journal, les touchera au cœur. J’ai vu avec intérêt qu’un collège avait pris le nom de Jean de Bernardy, l’un de vos fondateurs. Tout cela est précieux. Cela fait partie des anticorps démocratiques qu’il faut absolument entretenir.

    Vous avez des attaches personnelles avec notre territoire. Comment résonnent-elles avec vos responsabilités ?

    A.R. : Oui, je suis née à Toulon. J’ai fait mon collège, mon lycée et ma prépa à Marseille. J’ai grandi dans le 12e arrondissement, à Saint-Barnabé où j’ai côtoyé une importante communauté arménienne. J’ai été imprégnée de la mémoire du génocide des Arméniens du sauvetage du Musa Dagh, où la marine française, sans réel ordre de Paris a sauvé des milliers d’Arméniens acculés à la mer par les Ottomans. C’est ici que la panthéonisation du groupe de l’Affiche rouge a particulièrement été défendue. On ne peut pas grandir ici sans être marquée par l’occupation, le débarquement de Provence, l’insurrection de Marseille, la guerre d’Algérie, les vagues successives d’immigration, le jumelage avec Odessa et Erevan…

  • La préfecture donne son feu vert au tramway mais alerte sur l’accessibilité

    La préfecture donne son feu vert au tramway mais alerte sur l’accessibilité

    Il n’y a plus qu’à couper le ruban. Le vendredi 19 décembre dernier, le préfet de région Jacques Witkowski a signé les autorisations de la mise en service commerciale des extensions du tramway T3 au nord et au sud, avec l’approbation de leur dossier de sécurité. De quoi concrétiser les 350 millions d’euros d’investissements, cofinancés par l’État dans le cadre du plan Marseille en grand, pour prolonger la ligne jusqu’à Capitaine-Gèze au nord et la Gaye au sud. Après les inaugurations prévues les 6 et 10 janvier prochain, les Marseillais pourront enfin profiter de ces 6,2 km de rails supplémentaires.

    Mais ces autorisations s’accompagnent de quelque dix-sept prescriptions imposées par les services de l’État, auxquelles s’en ajoutent dix supplémentaires pour le dossier de sécurité de la phase deux de l’extension du tramway vers le nord, jusqu’à la Castellane. Ainsi, les services de l’État ordonnent-ils de retirer avant la mise en service un panneau directionnel au croisement de la rue d’Anthoine et le boulevard Salengro (2e) « situé au milieu de la piste cyclable ». Des aménagements supplémentaires doivent aussi être réalisés, d’ici un mois, au niveau du carrefour du parc Bougainville, « afin d’interdire aux cycles d’emprunter le site banal en contresens », alors que les conflits d’usages des voies entre cyclistes et tramway font partie des points noirs de la marche à blanc. « Les stations de l’extension devront respecter la réglementation d’accessibilité », réclame aussi la préfecture. Deux points qui inquiètent pour la phase 2 de l’extension du tramway : l’État demande plus de vigilance « à la continuité et la lisibilité des aménagements cyclables », plus particulièrement sur le boulevard de la Méditerranée (15e) et rappelle à la Métropole qu’elle ne peut pas demander à déroger aux règles d’accessibilité pour la future station La Castellane. Et de pointer des quais « parfois en dessous des largeurs préconisées ».

    La Métropole rassure

    « L’accessibilité est au cœur du projet », nous répond la Métropole, qui indique que « toutes les nouvelles stations sont pensées pour être faciles d’accès », avec chemins piétons continus et rampes lorsque le terrain le nécessite. Quant aux aménagements cyclables, « ils sont travaillés avec les services techniques et les associations de cyclistes, afin de garantir des déplacements sûrs et confortables, même dans des rues étroites », promet l’intercommunalité.