Tag: Marseille

  • Dégradations en marge d’une manifestation en soutien au peuple kurde à Marseille

    Dégradations en marge d’une manifestation en soutien au peuple kurde à Marseille

    Ce jeudi après-midi, la grande manifestation organisée en soutien au peuple kurde du Rojava (nord-est de la Syrie) a été entachée par des débordements. «Nous condamnons avec la plus grande fermeté et sans ambiguïté ce qui s’est passé en marge de la manifestation», martèle Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M). Pour lui, il s’agit d’«éléments infiltrés qui ont provoqué», ne prenant pas part à la manifestation. «Nos services d’ordre ont été dépassés »,concède-t-il.

    Les premières tensions sont apparues devant la préfecture de police, point d’arrivée du cortège, après une déambulation sans accroc. «Au moment de la dispersion de la manifestation en soutien au peuple kurde, cet après-midi, dans le centre-ville de Marseille, les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortiers d’artifice et autres projectiles», indique le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui «condamne fermement ces violences et les dégradations commises. Les forces de sécurité intérieure protègent tous ceux qui souhaitent manifester pacifiquement mais aucune atteinte à l’ordre public ne sera tolérée».

    La préfecture de police qui fait par ailleurs état de deux interpellations et de dix policiers blessés. Sur la Canebière, des stations de tramway ont été saccagées, des poubelles incendiées, du mobilier urbain renversé et des projectiles jetés sur le bureau de la police municipale, provoquant quelques instants de panique. «J’exige la vérité sur ce qui s’est passé », assène la maire GRS des 1er et 7ème arrondissement Sophie Camard sur X.

    Rapidement, les images captées ont été relayées par les médias d’Etat turc sur les réseaux sociaux, présentant ces personnes comme des «partisans du groupe terroriste YPG/FDS», soit les forces armées kurdes qui combattent l’Etat islamique dans le Rojava. «Les Kurdes combattent au quotidien le terrorisme de Daesh dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Cette situation suscite une émotion légitime et doit nous indigner. Néanmoins, je rappelle avec force qu’à Marseille comme partout ailleurs, aucune cause ne peut justifier de s’en prendre aux personnes ou aux biens», tempère le maire DVG de Marseille Benoît Payan. «Ces dégradations ne servent que ceux qui attaquent la cause du peuple kurde, qui tentent de le faire taire. J’ai peur que cela salisse l’image de la communauté kurde», regrette Salih Azad qui hésite à maintenir le rassemblement prévu ce samedi sur le Vieux-Port. «Nous ne sommes pas à l’abri des provocations extérieures », estime-t-il.

  • Une ambiance très rock ‘n’ roll au Vel’

    Une ambiance très rock ‘n’ roll au Vel’

    Vingt-deux garçons dans le vent et tant d’autres en tribunes. Les ultras ont annoncé « une soirée grandiose », depuis quelques jours, et ils n’ont pas déçu. Le public olympien a fait dire à Arne Slot, au micro de Canal+, que « même une heure avant le match, tout est quasiment plein des deux côtés. » En effet, les travées sud et nord étaient coordonnées, ce mercredi. À 45 minutes du coup d’envoi, pas un siège de libre à l’horizon. Les chants ont débuté à l’échauffement des gardiens et ne se sont pas arrêtés jusqu’au coup d’envoi.

    Les tifos étaient également attendus et ils se sont déroulés en plusieurs phases. Les feuilles de papier « OM » sont rapidement passées au second plan pour laisser poindre plusieurs éléments. Les Beatles, les quatre de Liverpool, sont apparus au sud, lisant attentivement un exemplaire du Provençal. Lennon, McCartney, Harrison et Ringo Starr descendus, un portrait de Rolland Courbis est apparu pour un dernier hommage à l’ancien technicien marseillais, disparu il y a peu. Au nord, le côté guerrier est ressorti avec le message « Prêt à mourir pour la gloire de mon étendard ».

    Des huées puis le grand silence

    Les quelque 65 000 supporters ont continué de pousser et de donner de la voix pour leur équipe, tout au long du match. Une bronca terrible est intervenue au moment du coup-franc donnant le premier but aux Reds. Mais Dominik Szoboszlai, peut-être le meilleur spécialiste de la planète football, n’a pas tremblé et le stade s’est tu. Immédiatement. Les fans anglais se sont fait entendre à cet instant, lorsque le brouhaha s’est évaporé. Les différents groupes ultras ont bien enfilé leur plus beau costume, pour cette soirée européenne.

  • [Entretien] Alain Bideau : « Lorsque je me lance dans un projet, je me donne à 200% »

    [Entretien] Alain Bideau : « Lorsque je me lance dans un projet, je me donne à 200% »

    La Marseillaise : Pourquoi accepter ce challenge alors que vous n’avez plus rien à prouver ?

    Alain Bideau : Quand Gérard Schneider (président de la FIPJP) et Stéphane Pintus (vice-Président) m’ont proposé ce rôle, j’ai été à la fois surpris et flatté. Je n’ai pas mis longtemps pour accepter (avec l’accord de mon épouse). C’est un challenge excitant avec des fonctions différentes que celles qui m’ont incombé durant ces longues années.

    Justement, quel sera votre rôle précis ?

    A.B. : Je dois travailler sur les règlements du jeu en collaboration avec la commission d’arbitrage dirigée par Jean Luc Fuentes. Une réunion importante aura lieu en avril prochain pour affiner ou introduire de nouvelles règles. Je me suis penché sur le sujet et j’ai des propositions concrètes à proposer portant sur le lancé du bouchon, le balayage du terrain, notamment devant la boule avant de tirer, l’introduction d’un carton intermédiaire, le cercle et sur le tir de précision.

    Quelles que soient les décisions prises, elles ne seront pas appliquées avant 2027.

    On peut supposer que votre rôle est plus élargi…

    A.B. : Oui bien sûr, il y a la formation, domaine que j’ai la prétention de maîtriser. Elles sont mises en place par le Centre International d’Enseignement Pétanque (CIEP, centre de formation agréé par la FIPJP depuis 2002). Il faut également étudier les conventions, connaître les formateurs. Savoir comment ils travaillent avec les autres pays. C’est un travail de fourmi. Je veux justement œuvrer en osmose avec les autres nations, les écouter, échanger avec eux, pour mieux les connaître et faire évoluer les choses.

    Vous semblez motivé, mais est-ce que vous vous fixez une limite dans le temps pour ce rôle ?

    A.B. : Lorsque je me lance dans un projet, je me donne toujours à 200%. Ma forme physique me permet de tenir encore la route mais le temps passe vite et le poids de l’âge se fait sentir. Je me donne quatre bonnes années pour leur apporter ma modeste contribution.

  • Cyclisme : Burgos Burpellet BH, l’équipe cosmopolite du peloton

    Cyclisme : Burgos Burpellet BH, l’équipe cosmopolite du peloton

    Burgos Burpellet BH fait partie des quatre équipes espagnoles présentes, cette année, au départ du Grand Prix de Marseille – La Marseillaise. Comme ses trois homologues, la formation de Castille évolue depuis maintenant plusieurs saisons en ProTeam, la deuxième division mondiale. Son statut, dans les Bouches-du-Rhône, est donc celui d’un outsider. Les sept coureurs sur la ligne de départ sont déjà connus et, parmi eux, nous retrouvons le vétéran Jesus Herrada.

    L’homme aux 35 bougies est un transfuge des Français de l’équipe française Cofidis. Après six ans passés chez les Rouges, il a décidé de rentrer au pays. Ce spécialiste des Grands Tours et des classiques a accroché trois étapes du Tour d’Espagne à son palmarès. La dernière en 2023, lors d’une étape de montagne où il avait battu le Tricolore Romain Grégoire dans le final.

    Les équipes professionnelles sont désormais très nombreuses et chacune possède une particularité. Celle de Burgos Burpellet BH est simple : son caractère cosmopolite. Vingt-quatre coureurs, treize nationalités, et certaines peu représentées dans le cyclisme : Guatemala, Grèce, Mongolie, Uruguay, Île Maurice, Érythrée, Mexique, pour ne citer que celles-ci.

    Un Français dans cet effectif multiculturel

    Ces nationalités variées permettent à la formation continentale pro de glaner des titres nationaux, que ce soit en course en ligne ou en contre-la-montre. Un atout précieux pour engranger des points UCI sur des épreuves où la concurrence est moindre. La méthode fonctionne : neuf titres ont été remportés sur les trois dernières saisons.

    Clément Alleno est le seul Français dans l’effectif 2026. Le cycliste de 25 ans est arrivé il y a trois ans en provenance de sa Bretagne natale et a déjà performé au niveau professionnel. Pas plus tard que l’automne dernier, il a remporté, en Chine, le Tour de Mentougou. Il est actuellement en lice à Pune, en Inde, sur l’une des premières courses du calendrier mondial. À mi-parcours, il figure dans le top 10 du classement général.

    En 2025, les Espagnols de Burgos n’avaient pas pu faire mieux que 17e au Grand Prix cycliste, par l’intermédiaire de leur champion de Mongolie, Jambaljamts Sainbayar. Est-ce que ce parcours 2026, amputé de la route des Crêtes, est à leur avantage ? Rien n’est moins sûr. Mais les hommes du directeur sportif français, Damien Garcia, auront un coup à jouer dans les Bouches-du-Rhône. Les voir attaquer tôt dans la journée ne serait pas une surprise. Rendez-vous le 1er février pour le découvrir.

  • Les inscriptions au Mondial La Marseillaise 2026 lancées

    Les inscriptions au Mondial La Marseillaise 2026 lancées

    Le compte à rebours est lancé. Ce jeudi 22 janvier à midi, les inscriptions en ligne pour le Mondial La Marseillaise à pétanque 2026 ouvrent sur le site officiel. Une date que des milliers de passionnés cochent déjà sur leur calendrier, impatients de s’aventurer dans la plus grande fête bouliste de la planète. Cette ouverture plusieurs mois à l’avance vise à permettre aux équipes internationales de planifier au mieux leur voyage.

    Du 3 au 8 juillet à Borély

    Les inscriptions seront définitivement closes le jeudi 2 juillet à midi. La 65e édition du concours général, ouvert à tous, licenciés ou non, sans limite d’âge, se déroulera du dimanche 5 au mercredi 8 juillet au parc Borély, transformé chaque été en temple de la pétanque. En amont, le Trophée Crédit Mutuel Mondial des jeunes et le Grand Prix féminin Paprec auront lieu du vendredi 3 au dimanche 5 juillet.

    Difficile de ne pas se souvenir de l’édition 2025, entrée dans l’histoire du Mondial. Record de participation avec plus de 16 000 joueurs engagés, audiences historiques, ambiance populaire au rendez-vous… et surtout une victoire historique : celle de Madagascar, première nation étrangère à s’imposer à Marseille. Dans le détail, 14 532 joueurs, soit 4 784 équipes, venus de 26 pays et 90 départements, s’étaient élancées sur les terrains. Le Grand Prix féminin Paprec avait accueilli 513 joueuses, le Mondial des jeunes 492 participants, sans oublier le Handi Mondial, les tournois annexes et près de 600 participants supplémentaires.

    Autant de chiffres qui confirment le Mondial comme le plus grand rassemblement bouliste au monde. Un succès bâti grâce à l’engagement sans faille de quelque 450 bénévoles et à une organisation solide, aujourd’hui renouvelée.

    40 euros par triplette

    À la tête des événements du journal La Marseillaise, Maryan Barthelemy est désormais chargé d’impulser une nouvelle dynamique. « L’objectif en 2026 est de faire aussi bien, voire mieux peut-être, même si ce sera dur. Toute l’équipe y travaille en tout cas d’arrache-pied. C’est un énorme challenge à relever même si le Mondial n’a jamais couru après les records. L’ambition est d’accueillir tous les joueurs dans les meilleures conditions possibles. C’est ce qui fait qu’ils reviennent toujours plus nombreux chaque année. »

    Des évolutions sont annoncées pour cette édition anniversaire, en discussion avec Ici Provence, partenaires TV et radio, dans le but de donner encore plus d’éclat au rendez-vous. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler. Pour l’heure, la première, concrète, concerne le prix de l’inscription qui passe à 40 euros par triplette.

    Une hausse de 4 euros par joueur en moyenne, alors que son prix n’avait pas évolué depuis le Covid malgré des coûts d’organisation en hausse, inflation et prix de l’énergie obligent. « En parallèle, nous allons revaloriser le welcome pack, améliorer le confort des joueurs et réévaluer les dotations. Le Mondial reste le concours numéro un au monde mais pas le plus cher », souligne Maryan Barthelemy.

    Licence obligatoire à partir du lundi

    Autre nouveauté, dans le cadre d’une relation toujours plus resserrée avec la Fédération française de pétanque et de jeu provençal, l’inscription donnera droit à une licence offerte au Club bouliste du Mondial pour les joueurs non-licenciés encore en lice le lundi matin. « Nous avons acté le fait que le dimanche reste une grande fête populaire, ouverte à tous. Mais dès le lundi, la compétition monte d’un cran. Nous mettons donc en place un dispositif pour permettre aux joueurs concernés de se voir délivrer une licence sur place », précise le nouveau responsable de l’épreuve.

    Le programme 2026, lui, est encore en cours d’élaboration. Mais l’ossature historique est conservée : quatre concours majeurs, des épreuves annexes et, déjà, « de belles nouveautés en réflexion ». « Nous nous inscrivons dans les pas de nos prédécesseurs, de Pierre Laugier à Pierre Guille », promet Maryan Barthelemy. « Comme eux, nous veillerons à préserver l’esprit des pères fondateurs qui règne chaque été sur le parc. » Rendez-vous début juillet pour voir si la promesse sera tenue.

  • Leonardo Balerdi, impeccable jusqu’à la faute qui coûte cher

    Leonardo Balerdi, impeccable jusqu’à la faute qui coûte cher

    Face à la flopée de stars offensives présente à Liverpool, à l’image de Mohamed Salah, Florian Wirtz ou encore Hugo Ekitiké, la défense olympienne a longtemps tenu bon. En première ligne, Leonardo Balerdi a admirablement tenu la barque, grâce à ses multiples interventions décisives. En tour de contrôle, l’international argentin a su anticiper les centres adverses, en se positionnant intelligemment au cœur de la surface de réparation. Il s’est également montré vigilant lorsque les milieux de terrain anglais ont mis davantage de pression sur la relance phocéenne, à l’image de la perte de balle terrible de Geoffrey Kondogbia, où l’ancien défenseur du Borussia Dortmund s’est jeté comme il le fallait pour stopper l’action. Avec élégance et propreté.

    Une ombre au tableau

    Après 43 premières minutes rigoureuses, le capitaine Balerdi, parfois critiqué pour commettre quelques maladresses, a retrouvé sa seconde nature agaçante. Sur une offensive menée par Ryan Gravenberch, loin d’être dans une posture favorable, il a manqué de sérénité en se jetant dans ses pieds avec excès et a offert aux Reds une occasion en or de prendre les devants, juste avant de rentrer aux vestiaires. Plus qu’une simple erreur, ce tacle est en vérité une faute professionnelle : Liverpool possède dans ses rangs Dominik Szoboszlai, diabolique sur les coup-francs courts. Le Hongrois s’est fait un malin plaisir de faire culpabiliser l’Argentin en plantant le ballon au fond des filets. En une fraction de seconde, Balerdi est devenu le bouc émissaire de l’OM.

  • Les premières têtes d’affiche du Festival des cinq continents

    Les premières têtes d’affiche du Festival des cinq continents

    L’annonce des dix premiers artistes du festival s’est tenue ce mercredi 21 janvier. Pour cette 26e édition, l’objectif reste le même, « la musique instrumentale doit se défendre en continuant de travailler sur un modèle de communauté », campe Hugues Kieffer, directeur du festival. C’est donc « poursuivre l’évolution » de cette manifestation culturelle, qui se tiendra du 1er au 12 juillet prochain, avec une programmation qui rassemble et qui mélange.

    Une fois de plus, le festival projettera sur le devant de la scène son identité singulière : « l’expression de la diversité que l’on défend », souligne le directeur du festival. Au programme : Abdullah Miniawi, Obradovic-Tixier duo, Gilles Peterson, Awa Ly, GoGo Penguin, le Marseillais Cyril Benhamou, le groupe Kyoto Jazz Massive ainsi que le retour attendu du groupe Ezra Collective, récompensé comme meilleur groupe de l’année en 2025.

    Défenseur d’un jazz « ouvert », le festival poursuivra ses initiatives en matière d’accueil du public et d’aménagement des espaces investis. Le festival, qui historiquement prenait place au Parc Longchamp, investit cette année quatre lieux emblématiques : la Vieille Charité, le conservatoire Pierre-Barbizet, la Friche Belle de Mai ainsi que, pour la première fois, le nouveau site du parc Henri-Fabre. Pour cette nouvelle année, l’objectif est à nouveau double : « Nous nous voulons utiles pour favoriser un accès à la culture au plus grand nombre et nous souhaitons créer un lien fort avec l’environnement social dans lequel on s’inscrit », souhaite Hugues Kieffer.

    Hommage à Miles Davis

    Pour cette nouvelle édition, le festival célébrera l’un des plus grands jazzman de tous les temps, le célèbre Miles Davis. Au programme, une rétrospective musicale allant des années 1960 aux années 1980, fil conducteur de cette célébration jazz. Cette année, le festival s’ouvrira par la rencontre entre le trompettiste Michael Leonhart et l’icône du flamenco contemporain, Israel Galván. La clôture, quant à elle, rendra « un hommage flamboyant » à Miles Davis avec sur scène, la figure de l’époque dorée du jazz, Marcus Miller.

    La billetterie est ouverte : marseillejazz.com

  • La « politisation » du portail des Chutes Lavie ne passe pas

    La « politisation » du portail des Chutes Lavie ne passe pas

    « Il déplace le débat et le politise, il se victimise. » Le collectif d’habitants des Chutes Lavie en lutte contre la fermeture de la cité-jardin du quartier qui prive les habitants d’un accès direct au noyau villageois et aux équipements publics, n’a pas apprécié la sortie de Bruno Gilles (La Marseillaise du 15/01).

    Empêtré dans « l’affaire du portail », l’ex-maire (HOR) des 4e et 5e arrondissements, engagé dans la campagne municipale avec Martine Vassal (DVD), avait dénoncé une tentative de déstabilisation.

    « Notre mouvement est apolitique et citoyen », précise le collectif qui assure avoir, au départ, demandé de l’aide à Bruno Gilles. « Il n’a jamais voulu nous aider, du coup c’est Didier Jau [le maire EELV du secteur, Ndlr.] qui l’a fait mais ça ne veut pas dire qu’on est politisé. On a juste pris l’aide d’où elle venait », explique le collectif dénonçant une attitude irresponsable.

    « Il a reçu des menaces de mort, son local de campagne a été cambriolé, et il laisse entendre dans tous les articles de presse que ça vient du portail et du collectif. C’est inconcevable », explique un responsable. « Depuis on a nous-même reçu des menaces avec un message disant qu’on allait nous tirer dessus. Il a développé une haine contre nous, ce n’est pas responsable pour un homme public. Dès qu’il a été menacé, notre responsable a condamné formellement ces menaces. Notre collectif n’est pas du tout violent, les gens qui témoignent de leur difficulté ont entre 60 et 90 ans. »

    Pour arguer de sa bonne foi, le collectif qui se bat contre cette fermeture ayant « des conséquences concrètes sur la sécurité, l’accessibilité et le quotidien des habitants », souligne aussi que le combat n’a pas été lancé en 2025 à des fins politiques, ce qu’affirme Bruno Gilles. « C’est complètement faux de dire cela. Le portail a été fermé fin 2019 et avec le Covid on n’a pas fait grand-chose. Mais dès 2022, on fait des lettres et des pétitions. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’en 2025, un membre du collectif nous dit d’arrêter de faire des pétitions papier et d’en faire une en ligne. Et là, on a plus de 500 signatures et ça a commencé à être médiatisé », conclut le collectif.

  • À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    À Marseille, leur carte de séjour a expiré, des salariés sont suspendus

    Émoi chez les salariés de Kalhyge, la blanchisserie industrielle située chemin de Saint-Jean-du-désert (5e) à l’annonce par la direction de la suspension des contrats de travail de salariés dont le titre de séjour n’a pu être renouvelé. Trois salariés plongent dans l’inconnu. Parmi eux une mère de quatre enfants.

    « Vendredi après-midi, deux salariés en CDI et un autre en CDD ont reçu un coup de téléphone de la direction leur annonçant que leur contrat de travail était suspendu suite au non-renouvellement de leur titre de séjour », alerte Kamel Bouanani, délégué syndical CGT de l’établissement qui emploie 134 salariés dont environ 80% sont de nationalité étrangère. « C’est très inquiétant. Ces salariés résident légalement en France depuis de nombreuses années. D’autres entreprises sont confrontées à des situations similaires, liées aux délais et décisions des préfectures. Nous constatons également que certaines entreprises profitent de ce contexte pour ne pas remplacer les salariés concernés, ce qui engendre une forte précarisation des salariés, des difficultés organisationnelles sur les sites, et surtout un véritable vide juridique, les salariés comme les employeurs se retrouvant sans recours immédiat, la décision relevant exclusivement de la préfecture. Cette situation crée une impasse sociale et humaine inacceptable », alerte le syndicaliste.

    « Ça sera trop dur sans salaire »

    Mariama, 43 ans, mère de quatre enfants, est agent de production en CDI depuis 2023. « Le travail m’a appelé pour me dire de ne pas venir lundi car mon récépissé avait expiré. » Ressortissante comorienne, elle vit en France depuis 1998. « C’était ma 2e carte de séjour après celle de 2015. J’ai fait les démarches de renouvellement en juin avant son expiration le 23 septembre. On m’a dit que tout était ok. Puis j’ai eu une prolongation de 3 mois qui a fini le 23 décembre. » Depuis juillet 2024, les démarches sont dématérialisées sur le site Anef (Administration numérique pour les étrangers en France). « Sur mon dossier en ligne, ils me marquent que ma carte est “en construction” », ne comprend pas Mariama qui s’est rapprochée de la Cimade pour interpeller la Préfecture. « Ça sera trop dur sans salaire. J’ai quatre enfants de 9, 12, 15 et 16 ans, un loyer de 935 euros et des factures à payer. » Elle a perçu son dernier salaire de 1 700 euros et se raccroche à la promesse faite par son employeur de la reprendre dès qu’elle obtiendra la carte.

    L’UL CGT des quartiers nord avait alerté la semaine dernière du refus de délivrance par la préfecture d’une carte de séjour à un salarié de Primark.

  • Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    « Je suis prêt à dormir là », Mohammed Benmeddour, éducateur au sein de l’association Apis, a entamé, comme annoncé, sa grève de la faim ce mercredi 21 janvier. Il campe devant la préfecture avec Kaïs, 19 ans, tout juste sorti de prison et qui n’a nulle part où aller. Mohammed l’a récupéré à proximité d’un point de deal. « Je m’étais fait mon squat dans un bâtiment abandonné, un lit avec des couvertures, mais l’eau elle sort orange des tuyaux et il n’y a pas d’électricité », raconte Kaïs. Il est allé à France Travail affirme-t-il mais on ne l’a pas rappelé.

    Après avoir interpellé Emmanuel Macron lors de sa venue à Marseille le 16 décembre puis le ministre du logement la semaine dernière sur le manque de moyens mis dans la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans le narcotrafic, sans succès, Mohammed réclame un dispositif d’urgence pour « ces jeunes qui veulent s’en sortir ».

    La préfète à l’écoute

    Interrogée, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, assure avoir fait le nécessaire. « M. Benmeddour a contacté la préfecture de police la semaine dernière, on a regardé ce que l’on pouvait faire. Ce jeune homme est suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Aucun retard n’a été pris dans la prise en charge », précise-t-elle ajoutant qu’une place a été trouvée en centre d’hébergement. Et d’ajouter que la préfecture a « fait le lien » entre France Travail et la mission locale. Mais pour Mohammed, la place trouvée ne correspond pas au profil du jeune homme…