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  • Lucien Molino. Le seuil décisif du printemps 1946

    Lucien Molino. Le seuil décisif du printemps 1946

    À la conférence du Palais Royal, réunie du 4 au 22 juillet 1946, la CGT défendit sa nouvelle revendication officielle. Mais les obstacles s’accumulaient en rangs serrés et le PC était entravé par sa participation au gouvernement désormais dirigé par les MRP de Georges Bidault. Celui-ci, appuyé par la SFIO qui avait décidé de garder le silence et refuser tout poste « économique », n’osant pas allumer son veto à la demande syndicale, fit savoir qu’il n’irait pas au-delà de 15%. Ce piège fut évité car, avec une tactique hardie, l’alliance de la CGT avec la Confédération générale de l’agriculture permit aux salariés d’obtenir, fin juillet, une augmentation légèrement supérieure à 20%. Notre contre-offensive entraîna une réplique efficace des classes dirigeantes, caractéristique des réorganisations consécutives aux engagements économiques pris à Washington.

    Une tornade
    des prix industriels

    L’acquis ouvrier, complété par l’arrêté Croizat du 30 septembre supprimant les abattements sur les salaires féminins, fut littéralement balayé par une tornade des prix industriels, consciencieusement préparée dans les milieux patronaux et les services ministériels. La même tornade sur les prix agricoles fit craquer l’alliance ouvriers – paysans qui mettait en échec la vigoureuse campagne anti-paysanne des minoritaires et du Parti socialiste.

    La situation générale éclaire nos difficultés de riposte, symbolisées par la passivité des CE que nous tentions de mobiliser contre la hausse des prix. À tous égards, le printemps 1946 représente un seuil décisif. Tant que la classe ouvrière avait accepté sinon le sacrifice total du moins, il faut le reconnaître, certains sacrifices impliqués par la priorité donnée à la production, l’expectative pouvait être officiellement respectée. À partir du moment où la CGT rejeta la règle du jeu qu’instituaient les dirigeants économiques et politiques, la guerre fut déclarée.

    C’est ainsi que, dans notre département comme ailleurs, j’ai interprété les grandes manœuvres de juillet-août 1946. Après la grève des PTT, Gaston Defferre vanta, dans son journal, les vertus du retour à « l’autonomie » contre « la mainmise du Parti communiste français sur le mouvement syndical ». Nul ne peut penser que ce mouvement, dont les archives au ministère des PTT ont curieusement disparu, ait eu pour ressort exclusif le mécontentement social. Certes, la profondeur de celui-ci, dont les Postes n’ont pas le monopole, contribue à rendre compte de l’ampleur d’un conflit aboutissant à une scission qui entraîna 15 000 syndiqués dans les rangs d’une Fédération postale autonome.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Eric Pesty, imprimeur-éditeur

    Eric Pesty, imprimeur-éditeur

    Son destin s’est lentement tracé. Avant de devenir vers 30 ans un imprimeur « à l’ancienne », personnage auparavant incarné par des figures tutélaires comme l’instituteur Célestin Freinet ou bien l’éditeur Guy Lévis Mano, Eric Pesty est passé par une longue série d’apprentissages. Il esquive son Baccalauréat, choisit le métier de luthier, répare et fabrique à Mirecourt en Lorraine des violons et des archets. Son diplôme obtenu, il œuvre trois ans chez un aîné marseillais, Charles Leduc Hommel, avant de bifurquer vers des études littéraires, à la faveur d’un stage de magasinier-objecteur de conscience dans la bibliothèque de la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence. La linguiste Claire BlancheBenveniste, les commentaires de Montaigne par Jean Raymond Fanlo et André Tournon le passionnent. Il prend le risque de rédiger sa maîtrise et sa thèse à propos de l’œuvre de Claude Royet-Journoud ; ses livres lui sont révélés pendant les séminaires de Jean-Marie Gleize.

    L’amour de la musique ne le quitte pas, il abandonne la lutherie. L’exposition Poésure-Peintrie, les auteurs qui lisent et performent au CIPM de la Charité, l’établissement à Paris pour les éditions Ivrea d’un volume de Tacite ainsi qu’un voyage en Californie du côté de la « small-press » en compagnie d’Eric Giraud, l’emmènent ailleurs. Entre autres raisons parce qu’au Centre de Poésie de la Vieille Charité, Emmanuel Ponsart le recrute souvent à mi-temps, à la fois en tant que bibliothécaire et secrétaire de rédaction de la revue du CIPM, le Panier est son quartier. Sa machine, les plombs de ses lettres de casse et son stock d’ouvrages ont pour premier domicile la rue des Mauvestis. Une fois qu’on a gravi les rudes escaliers de la place Sadi Carnot, on croise à présent Eric sur la pente de la rue des Belles Ecuelles.

    Songer à la lime
    de Montesquieu

    Il se veut à la fois « lisible et invisible ». Ses amis de l’édition indépendante estiment qu’il est un ultime survivant, « presque une aberration ». Les tirages en offset ne lui sont pas inconnus : il les a pratiqués en 2005, lorsqu’il a débuté. Trois ans plus tard, au terme d’une mue effectuée à Corbières près de Manosque en compagnie du typographe Pierre Mréjen-Harpo, il est devenu un imprimeur comme il n’en n’existe presque plus: à la fois joyeux, silencieux, antique et moderne.

    Sa saisie, lettre après lettre, de l’espace d’une page est un hommage à Mallarmé ainsi qu’à la modernité franco-américaine des poètes des années 1970-1990 comme Daive et Hocquard. Avec une assiduité et une intensité peu communes, six jours par semaine, le matin dès 9 heures et le soir jusqu’à 19 heures, Eric Pesty réalise la plupart de ses livres de manière frontale, avec des pratiques et des encres qui induisent un tact singulier. Pour éditer, il faut savoir lire: une page de poème peut approcher la densité d’un arbre ou bien d’un caillou dans un paysage.

    Ce moine sans religion n’est pas un solitaire, les parfaites habitudes de son corps et de son esprit font de lui un athlète de l’artisanat. Parmi les amis qui l’accompagnent figurent en premier plan la philosophe Michèle Cohen-Halimi et Jean Daive qui lui a confié pendant 12 ans, un lieu de montage et d’affinement, les 27 cahiers d’une revue inframince qui porte un titre difficilement prononçable : « KOSHKONONG » est un lac du Wisconsin où vivait la poète Loraine Niedecker.

    Chacun de ses livres mériterait une précise description. À côté de la rigueur des anciens de la « poésie blanche », prennent relief et s’ancrent les avancées de plus jeunes écrivains, Luc Benazet, Nicolas Bouissy et Kaïl Vezza, des femmes comme Dorothée Volut et Pauline Von Aesch. Des relations très fortes avec la Scandinavie ont engendré des traductions ainsi qu’en 2025 un festival franco-suédois. Le plus beau et le plus conséquent des livres d’Eric Pesty serait sa très fidèle réédition de L’Arbre le temps de Roger Giroux. En face de la centaine de livres de ses éditions, on pourrait éprouver à quoi fait référence Jean Daive à propos de l’outil que préférait Montesquieu : « une lime sourde qui parvient lentement à sa fin ».

    Qui le suivra ? Sur son chemin de crête, la cohérence de ce résistant est rarement flexible. Les aides publiques sont devenues aléatoires, Rachida Dati ampute de 25% le budget

    Livre de son Ministère. À juste titre un groupe d’amis s’inquiète grandement, développe pour son entreprise un financement participatif mensuel plus que nécessaire. On aime l’humour et la ferveur de ses vœux de 2026 : « Fabriquer dans l’ombre, en silence, imperceptiblement d’autres règles, traquer les poncifs, les pompiers ou l’art à la mode, improviser ! »

  • En soutien au peuple kurde du Rojava

    En soutien au peuple kurde du Rojava

    Nous sommes tous Rojava ! » De la Canebière jusqu’au cours Lieutaud, les drapeaux du Kurdistan syrien flottent ce jeudi après-midi dans le centre-ville de Marseille. C’est dans ce territoire du nord-est de la Syrie, que les forces armées kurdes ont vaincu l’État islamique, à l’époque soutenues par la coalition internationale antijihadiste menée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, pour ne citer qu’eux. Dix ans plus tard, le nouveau pouvoir syrien, dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien combattant d’Al Qaïda et de Daech, attaque ces mêmes Kurdes, tentant de reprendre la main sur ce territoire avec l’aide d’Ankara. Dans le silence assourdissant des puissances occidentales.

    « Nous n’avons pas seulement défendu la Syrie contre le terrorisme mais le monde entier, et là, le peuple syrien nous tourne le dos. Comme en 1923, le peuple turc l’a fait », tempête Rosrin, rappelant que des milliers de jihadistes sont toujours retenus en Syrie dans les prisons contrôlées par les Kurdes. « Si les jihadistes prennent le dessus, ils pourront revenir en France et en Europe commettre des attentats à nouveau », signale-t-elle. Autour de la jeune femme, quelque 2 500 personnes – selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône – sont venues apporter leur soutien au Rojava, tandis que des individus ont tenté d’entacher ce rassemblement (lire ci-contre).

    Une manifestation massive qui témoigne de la gravité de la situation. « Ça fait 15 ans que notre peuple combat Daech, on a perdu des milliers et des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, tous assassinés. On ne peut pas en plus perdre notre territoire après ça ! », fulmine Firat, kurde originaire de Turquie. « On est le peuple le plus nombreux du monde à être apatride encore aujourd’hui », tient-il à souligner.

    « Nous ne lâchons pas

    les Kurdes »

    L’appel lancé par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) a trouvé un écho dans tout le pays. Des rassemblements sont ainsi prévus dans les prochains jours dans des dizaines de villes, comme Paris, Toulouse, Montpellier, Nantes, Strasbourg et Vichy. Face à cette colère qui se propage, à un sentiment d’abandon que la communauté kurde déplore, Paris est sommé de réagir.

    « Nous ne lâchons pas les Kurdes, nous savons ce que nous leur devons », a déclaré Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse ce jeudi, sans pourtant s’exprimer sur des actions concrètes. « Il faut continuer à dénoncer la lâcheté des puissances occidentales qui nous ont vendues une fois de plus, nous continuerons à nous battre », jure Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M).

    Témoignages recueillis par Lisa Marchand, Thibaut Carceller et Laureen Piddiu

    Joël Dutto. Secrétaire de la section PCF Marseille 15e

    « Il est important d’être aux côtés du peuple kurde qui a perdu tant d’hommes, de femmes et d’enfants dans les combats contre Daech. Les Kurdes risquent d’être rayés de la carte du Moyen-Orient car le type de société qu’ils promeuvent est insupportable pour les monarchies pétrolières qui les entourent. »

    Barine. Kurde de Syrie

    « Notre message au monde entier, c’est que nous voulons la paix et nous souhaitons que notre voix soit entendue par l’Union européenne. J’ai de la famille en Syrie et j’ai pu parler avec des combattantes. Elles sont actuellement bloquées près de la prison de Hasakah, en Syrie. Cette situation est préoccupante et peut devenir dangereuse. »

    Akram. Kurde de Turquie

    « Il y a une résistance au Rojava [nord-est de la Syrie Ndlr]. Le peuple Kurde a gagné ses droits et, aujourd’hui, ils sont réprimés par les jihadistes et par al-Charaa. Ils sont en train de perdre tous les droits qu’ils ont gagnés. Si j’ai fait le déplacement ici, à Marseille, c’est pour apporter mon soutien au peuple kurde qui résiste. »

    Nathalie Tessier. Conseillère municipale PCF de Marseille

    « À chaque fois que je viens dans les manifestations pour le peuple kurde, je suis saisie par la présence des femmes. Au Rojava, les femmes ont le rôle qu’elles ont décidé d’avoir en étant les égales des hommes. Et ça, c’est un sacré signe pour l’Histoire. »

    Zrng. Kurde originaire d’Iran

    « Les Kurdes sont le plus grand peuple sans territoire qui s’est battu contre les plus grands terroristes du monde. Nous nous sentons trahis, ces mêmes terroristes sont aujourd’hui au pouvoir à cause de l’Europe, ce n’est pas normal. Nous sommes unis, dans la rue et nous n’avons pas peur. »

    Cathy Aubron. Collectif solidarité Kurdistan

    « Je suis venue défendre le projet démocratique porté par les Kurdes, qui accorde une place importante à la paix et au féminisme. Tant que le Parti des travailleurs kurdes sera considéré comme une organisation terroriste, les Kurdes ne pourront être défendus comme ils devraient. »

    Josiane Durrieu. Chargée des questions internationales au PCF 13

    « Si on ne fait rien, Ahmed Al-Charaa va installer un régime islamiste, ils ont déjà libéré des prisonniers jihadistes. Les islamistes ne supportent pas le régime kurde du Rojava parce qu’il est laïc, démocratique, et féministe, tout le contraire des jihadistes. »

  • En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    En difficulté à Marseille, la droite se serre les coudes

    Sauver Marseille. Un nouveau slogan pour sauver une campagne. Distancé dans les derniers sondages par le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, et Franck Allisio, le candidat (RN) de l’extrême droite, Martine Vassal est à la relance. Partie en campagne le 13 septembre sous le slogan « Marseille, je t’aime », la candidate de la droite, a voulu changer de braquet avec le lancement de son comité de soutien.

    « ça fait chaud au cœur », concède-t-elle en prenant la parole pour conclure la soirée. « C’est vrai que c’est dur, j’en prends plein la figure », poursuit-elle en reprenant les mots de Renaud Muselier, le président de son comité soutien « mais je ne vais rien lâcher ». Près de 600 personnes s’étaient inscrites pour ce rendez-vous dans une brasserie de l’Escale Borély (8e). Un peu moins de la moitié était présente. Parmi eux des élus, un certain Yvon Berland, aussi, candidat macroniste qui avait contribué à sa défaite en 2020, ou Titi le boss, ce supporter de l’OM rendu célèbre pour « gratter » les maillots des joueurs à la sortie de la Commanderie.

    « Madame courage »

    à la tribune, quelques membres de son comité qui réunit presque 6 000 personnes, viennent expliciter leur engagement. Il sera beaucoup question de sécurité. Sans surprise. Christine Frontera, commandante de police honoraire, estime que Martine Vassal « a la volonté, le courage et la lucidité nécessaires pour affronter ce défi majeur ». Elle apprécie « l’idée novatrice » de création un hôtel des polices à la Caserne du Muy.

    « Marseille a besoin de constance, d’une autorité qui soit juste, protège et rassure », enchaîne Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille Provence. André Bendano, ex-président de la chambre régionale des métiers et de l’artisanat, s’engage par « sens du devoir » et par « refus du déclin de la ville ». Il cède le micro à Djihane Dib, d’une Génération pour Marseille. Elle, se bat pour une « ville plus accueillante, plus sûre, plus verte », où « sortir le soir ne doit être plus être un sujet ». N’y voir aucun lien avec la fermeture du métro à 21h30, même si elle salue la proposition de gratuité des transports pour les moins de 26 ans. Toute la droite locale qui honnit la gratuité applaudit.

    Invité surprise, le président du club de football de Vivaux Sauvagère, Omar Keddadouche, n’a pas écrit de discours. Il enchaîne les punchlines : « Personne n’a le monopole du cœur et des quartiers », « Je veux travailler pour le peuple », « Mon sang est bleu et blanc », « Martine tu vas gagner car on n’a pas besoin d’amateur mais de gens qui ont fait leurs preuves ».

    C’est finalement Renaud Muselier qui sortira les gants pour boxer les autres candidats, persuadé que « les choses ne se passeront pas comme annoncé » à « Marseille, reine des batailles ». Comprendre un duel entre Allisio, le « candidat à l’étiquette porteuse » qui a « fui à Vitrolles » et Benoît Payan. à l’entrée du « money-time », il invite la salle à ne pas croire aux sondages. Après avoir singé Nora Preziosi, dansant autour du candidat Erwan Davoux de manière « téléguidée », le président (Ren.) de la Région tape sur le maire sortant.

    Les JO 2024 et la coupe du monde de rugby, « c’est moi », et le Pape, c’est Gaudin… La gauche c’est les budgets retoqués en justice, le fiasco d’une adjointe à l’urbanisme qui ne « sortait pas un permis », l’affaire de l’ex-maire (PM) des 6-8 « sorti manu militari de la mairie pour avoir fait des cochonneries ». Après avoir évoqué le cas Hammou, il finit par convoquer « les héritiers de Guérini »… « Martine, c’est Madame courage. Il faut l’applaudir. On la défendra. Cette campagne est difficile, elle va être extrêmement violente. » On veut bien le croire.

    « ça fait chaud au cœur…
    C’est vrai que c’est dur,
    j’en prends plein la figure
    mais je ne vais rien lâcher »

  • [Nuit de la solidarité] Mille volontaires à la rencontre des sans-abri à Marseille

    [Nuit de la solidarité] Mille volontaires à la rencontre des sans-abri à Marseille

    Il est 19h et Kahina, Clara et Kady, ont récupéré le plan du secteur qu’elles devront arpenter, les questionnaires à soumettre aux personnes dans la rue et les tickets de transports à distribuer. Sous la pluie, le petit groupe part en mission.

    Un peu plus tôt, réunies avec une centaine d’autres volontaires à la mairie des 2-3, elles ont bénéficié des conseils de la petite formation. Attentive aux recommandations, Aya, 27 ans, est venue accompagnée de sa petite chienne, Alfie. « C’est ma première participation, ça fait un moment que j’avais envie de m’engager dans des maraudes et c’est l’occasion de commencer dans un cadre rassurant, accompagnée par une personne expérimentée. Et je suis convaincue que cibler les attentes des gens dans le besoin est la bonne démarche », annonce la jeune femme alors qu’une main amicale vient caresser la tête d’Alfie. Le maire qui ne cache pas son affection pour l’espèce canine, est venu témoigner sa reconnaissance à l’ensemble des participants.

    Le « scandale » des enfants à la rue

    « Grâce à vous, nous affinons nos politiques de solidarité, a remercié Benoît Payan , le maire (DVG) de Marseille, ce sont des actes, pas un slogan. » Rappelant l’ouverture en juin dernier de la Grande maison dédiée à l’hébergement d’urgence des femmes avec enfants, il annonçait : « Nous allons inaugurer dans une dizaine de jours des douches municipales de belle qualité. »

    L’édile place la solidarité au cœur des préoccupations municipales « car si on parle beaucoup de sécurité », a-t-il souligné, « protéger les Marseillais c’est protéger les plus vulnérables ». Retraités, mères isolées, travailleurs pauvres, les visages des sans-abri sont divers. « Face au manque criant de prise en charge sociale, ce n’est pas notre compétence, nous choisissons d’agir. L’État a fait un effort, ce n’est pas le cas du Département », a-t-il ajouté. Dans la rue, on trouve aussi des enfants. « Un scandale ! a vivement réagi le maire, des associations apolitisées dénoncent la maltraitance institutionnelle… et le Département détourne le regard ! »

  • L’AVC Aix arrive au finish sur le Grand Prix de Marseille – La Marseillaise

    L’AVC Aix arrive au finish sur le Grand Prix de Marseille – La Marseillaise

    Il devait y avoir 19 formations, mais une 20e fait finalement son apparition. L’AVC Aix Provence Dole, équipe de niveau Continental Fédérale depuis la saison passée, a été intégrée au peloton de la 48e édition du Grand Prix cycliste de Marseille – La Marseillaise. « Ce sera notre première course de la saison, je dirais pratiquement à domicile. C’est une grande motivation pour le club et les coureurs », souligne Sébastien Cottier, directeur sportif du club aixois. Arrivé dans la cité du Roy René en décembre dernier pour pallier le départ du Lituanien Evaldas Siskevicius, parti reprendre les rênes de Cofidis, le Nantais continue de prendre ses marques. « Quand Jean-Michel Bourgouin [manager du club] m’avait appelé pour prendre le poste, j’ai trouvé le challenge très motivant, parce que c’est une région que je ne connais pas forcément », révèle-t-il, en découvrant un nouveau calendrier, « très attractif depuis l’ouverture pour les Conti Fédérales sur les classes 1 en France », et des courses qu’il n’a pas l’habitude de faire.

    Une course ouverte

    À dix jours du départ, l’AVC Aix Provence Dole n’a pas encore finalisé sa sélection. Toutefois, des coureurs comme Julien Marat, vainqueur d’une épreuve des Boucles du Haut Var, des Boucles de la Charente-Maritime et du Grand Prix d’Is-sur-Tille, Bohémond Barillo, ex-stagiaire au niveau continental avec Nice Métropole Côte d’Azur, le Britannique Jack Brough, deuxième du Tour des Deux-Sèvres, ou encore son compatriote Joseph Brookes, lauréat de la Roue d’Or – GP Festa del Perdono, sont pressentis pour porter le maillot vert. « Ce sont des coureurs qui sont confirmés au club depuis plusieurs années déjà », remarque Sébastien Cottier, optimiste sur leurs chances de briller au Grand Prix de Marseille – La Marseillaise.

    Surtout, depuis que la route des Crêtes ne figure plus sur le tracé. « J’ai l’impression que ça va rendre la course plus ouverte », estime le directeur sportif aixois, en soulignant que « les difficultés sont quand même assez loin de l’arrivée ». À ses yeux, le reste dépendra du scénario de la course. « Est-ce que ça va batailler loin de l’arrivée ou est-ce qu’on se tournera vers une échappée qui part de bonne heure, avec un contrôle des grosses équipes ? », s’interroge le Breton, qui a hâte d’en avoir le cœur net.

  • L’OM trop tendre face aux poids lourds européens

    L’OM trop tendre face aux poids lourds européens

    Compte tenu de la récente forme des Reds en Premier League, l’espoir d’une victoire, pour les plus optimistes, ou simplement d’un point pris, pour les plus modérés, était permis. Mais Liverpool, club mythique, a prouvé qu’il ne fallait pas l’enterrer aussi facilement. Dominateurs, malgré quelques actions subies, les Anglais n’ont fait qu’une bouchée d’une équipe olympienne impuissante. Et même trop tendre vis-à-vis du niveau. « On a mal joué, on a pris un but bête, le premier », a noté Roberto De Zerbi, conscient que la terrible faute de son capitaine (Leonardo Balerdi) a mis un premier coup de massue sur la tête des Olympiens.

    « La première période a été jouée à armes égales, ou plus ou moins, mais on n’a pas compris où se situait le jeu. Il était beaucoup sur Pavard et on ne l’a pas compris. S’il l’avait compris lui-même, on aurait réussi à sortir davantage, on n’aurait pas perdu de ballons bêtes », a-t-il poursuivi en mettant en lumière les mauvaises relances d’une défense particulièrement aux abois, notamment Benjamin Pavard, dépassé par les déplacements furtifs d’Hugo Ekitiké. « C’est dur, à la maison, c’est dur », a insisté l’Argentin Leonardo Balerdi. « On voulait les trois points. C’est un gros adversaire. La première période, on n’était pas très bien. C’était un match dur. On a essayé (d’emballer le match), c’était un match intense. Parfois, ça ne se voit pas d’ici, mais sur le terrain, c’est dur, très costaud. Ils sont habitués à jouer comme ça. On a essayé avec des occasions, mais on n’a pas beaucoup cadré. C’est une soirée un peu triste, mais il faut continuer. On va gagner contre Bruges, on va se qualifier », a-t-il martelé.

    Manque de constance

    Si l’OM a eu effectivement des occasions en première période, le retour des vestiaires a également été celui du retour à la réalité. « Le match s’est un peu ouvert et, quand tu donnes de l’espace aux joueurs de Liverpool, c’est évident que tu vas souffrir », a reconnu le technicien italien, persuadé que ses protégés manquent cruellement de constance. « C’est une défaite difficile », a reconnu le piston droit Timothy Weah. « Nous voulions gagner ce match, mais Liverpool a été supérieur, tout simplement. Nous devons continuer à travailler. Nous avons réalisé un bon début de seconde période, mais ce deuxième but a clairement changé la physionomie du match. Désormais, il est essentiel que l’équipe se concentre sur les prochaines échéances, face au RC Lens puis contre Bruges, en poursuivant notre travail à l’entraînement », a enchaîné l’international américain.

    « Ici, il y a toujours de la pression. Mais le problème est de bien jouer », a estimé De Zerbi, lucide sur la qualité de jeu produit par ses joueurs à une semaine du déplacement crucial et décisif en Belgique. « Ce sera une finale. On verra si le nul sera suffisant. Mais on n’ira pas là-bas pour faire match nul. On ira pour faire la prestation du Koweït ou d’Angers. Mais, si on ne veut pas la pression, on ne vient pas à Marseille », a-t-il lancé.

  • Les vœux des juges face au narcotrafic

    Les vœux des juges face au narcotrafic

    Le président du tribunal judiciaire de Marseille, Olivier Leurent, a redit jeudi lors de l’audience de rentrée son inquiétude devant « les atteintes graves et répétées à l’État de droit à travers la mise en cause de la légitimité des magistrats » et alerté sur « l’embolie programmée de la justice criminelle face à la montée de la criminalité organisée ».

    Les effectifs du Siège ont certes progressé de 138 à 146 magistrats avec l’engagement d’atteindre 151 magistrats en 2026, « décision prise par le garde des Sceaux lors de sa venue en novembre dernier à la suite de l’assassinat de Mehdi Kessaci, drame qui révèle l’urgence d’une réaction forte de l’État dans la lutte contre le narcotrafic », a souligné le président toujours préoccupé par l’état de son greffe : 40 postes seront vacants dans quelques semaines, dont 7 de greffiers ou cadres greffiers et 24 postes d’adjoints administratifs et techniques.

    La prégnance du narcotrafic se lit dans « l’explosion du nombre d’ouvertures d’informations en lien direct avec le narcotrafic » au sein des sections « délinquance organisée » et « Jirs ». « Quatre cabinets de la délinquance organisée gèrent en moyenne chacun 90 dossiers et une soixantaine de détenus ce qui génère un épuisement chez les greffiers et juges d’instruction, outre des risques procéduraux accrus en matière de détention », déclare Olivier Leurent qui a rendu un hommage appuyé aux « 11 collègues qui mènent cette guerre acharnée, parfois au péril de leur vie, souvent au détriment de leur équilibre personnel et familial ». Le quartier de sécurité annoncé à Luynes et dédié au haut du spectre de cette criminalité, est « attendu avec impatience ».

    Organiser l’exfiltration

    de mineurs victimes

    Le narcotrafic irrigue jusqu’au tribunal pour enfants qui a connu une augmentation de 18% des mineurs poursuivis. « Cette délinquance est marquée par des passages à l’acte de plus en plus violents, par le recrutement de mineurs dans les réseaux de narcotrafic, mineurs qui deviennent souvent victimes d’actes de torture et de barbarie, de séquestration voire d’assassinats. » En février, seront jugées les premières affaires criminelles Jirs pour des assassinats reprochés à des mineurs de moins de 16 ans, avec des modalités inédites de recrutements sur les réseaux sociaux et d’utilisation d’armes de guerre. Des mineurs victimes aussi de ces réseaux et parfois exposés à des menaces de mort. Une convention « pour organiser leur exfiltration et celle de leur famille, en lien avec la Ville de Marseille et les bailleurs sociaux », est en cours d’élaboration, a-t-il révélé.

    Le procureur de la République, Nicolas Bessone, a réaffirmé la stratégie globale d’attaque systémique pour enrayer le narcotrafic et « la contre-société qu’il veut imposer », soulignant le taux de 66% d’affaires élucidées, d’où par ricochet la baisse du nombre de narchomicides : 49 en 2023, 24 en 2024, 16 en 2025. « Nous sommes la juridiction la plus saisissante » : 50 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis en 2025 et 15 millions d’euros confisqués par jugement. La cellule anti-corruption créée l’an dernier instruit actuellement 21 dossiers.

  • Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des portuaires de Marseille mais aussi de Fos-sur-Mer ont assisté nombreux ce jeudi 22 janvier aux vœux de la CGT. L’occasion pour leur secrétaire général, Pascal Galéoté, de contextualiser ce traditionnel exercice. D’abord, la situation internationale qui concerne au premier chef un port ouvert sur le monde.

    Santé, paix, solidarité, « ces mots peuvent paraître simples mais ils prennent aujourd’hui une résonance toute particulière dans un monde traversé par l’instabilité, les conflits et les dérives autoritaires » pose-t-il. Et de revenir sur un « Donald Trump qui se pose en arbitre du monde et en tuteur autoproclamé des nations ». Il rappelle à quel point le « discours politique s’est décomplexé, glissant sans retenue d’une droite conservatrice vers une extrême droite agressive, autoritaire et prédatrice ». Déplorant la multiplication des interventions militaires, en dehors « du droit international, du rôle de l’ONU et de la souveraineté des peuples », le syndicaliste souligne le cas du Venezuela, revient sur les velléités de Trump de capter les ressources fossiles du Groenland.

    La domination par la force. Une logique « que nous retrouvons en France » décline Pascal Galéoté déplorant « la concentration des pouvoirs, l’arrogance et l’autoritarisme » qui entraîne le pays vers « l’impasse démocratique ». Jusqu’à user du 49-3 faute de pouvoir voter un budget, après avoir « refusé de nommer un Premier ministre issu du Nouveau front populaire pourtant arrivé en tête aux dernières législatives ».

    Remise en cause du 1er mai

    Et de dénoncer le creusement des inégalités, les aides aux entreprises qui atteignent des sommets « sans aucune contrepartie sociale, salariale, environnementale ou industrielle ». Il enchaîne sur la remise en cause des « repères sociaux, des droits collectifs et de nos symboles ». Il entend par là le détricotage du 1er mai avec une proposition de loi LR, soutenue par les macronistes et le RN, pour autoriser ce jour-là le travail de certains secteurs, restaurants, fleuristes ou culture, en débat ce jeudi à l’Assemblée nationale. Pas question pour lui de « s’attaquer aux droits sociaux et à l’histoire ouvrière ».

    En matière de dérive, il revient aussi sur cette Une du journal La Provence le 14 janvier, sur les « grands procès de 2026 », le mettant au même niveau notamment que le chef du clan Yoda. Si depuis, le directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, s’est fendu d’une adresse aux lecteurs, réfutant « l’idée d’avoir voulu porter atteinte à l’honneur » du responsable CGT, une rencontre a eu lieu ce jeudi matin indique Pascal Galéoté, entre « notre fédération, l’Union départementale » et « la numéro 2 de CMA et le directeur du pôle média ». « Profondément attaché à la liberté de la presse », il estime qu’elle « implique des responsabilités ».

    Fort de 42 500 emplois portuaires pour 54 métiers, soit « des dizaines de milliers de familles », il s’inquiète aussi de l’avenir, alors que la campagne des municipales bat son plein. « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs », assène-t-il. Sans industrie, le port deviendrait « une coquille logistique fragile, soumise à la volatilité des trafics et à une concurrence internationale féroce », prévient-il, « la transition écologique ne peut se résumer à une opposition simpliste entre la fin du monde et la fin du mois ». Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 245 millions d’euros, le bilan d’activité reste contrasté analyse-t-il, « le port doit beaucoup à ses activités passagers, à la réparation navale et à la fourniture de ses services essentiels comme l’eau et l’électricité ».

    « Une conjoncture instable », qui ne doit pas faire oublier que ce résultat est celui d’une « capacité collective à produire de la richesse » martèle Pascal Galéoté, fier de revendications qui ont permis la création de 37 emplois supplémentaires en 2025, « dont 4 négociés hier soir pour l’activité voyageurs », de « 87 nouvelles adhésions en 2025 pour atteindre les 867 syndiqués ».

    « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs »

  • Les organisateurs condamnent les dégradations en marge du cortège

    Les organisateurs condamnent les dégradations en marge du cortège

    Ce jeudi après-midi, la grande manifestation organisée en soutien au peuple kurde du Rojava (nord-est de la Syrie) a été entachée par des débordements. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté et sans ambiguïté ce qui s’est passé en marge de la manifestation », martèle Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M). Pour lui, il s’agit d’« éléments infiltrés qui ont provoqué », ne prenant pas part à la manifestation déclarée. « Nos services d’ordre ont été dépassés », concède-t-il.

    Les premières tensions sont apparues devant la préfecture de police, point d’arrivée du cortège, après une déambulation sans accrocs au départ des Réformés. « Au moment de la dispersion de la manifestation en soutien au peuple kurde, cet après-midi, dans le centre-ville de Marseille, les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortiers d’artifice et autres projectiles », indique le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui « condamne fermement ces violences et les dégradations commises. Les forces de sécurité intérieure protègent tous ceux qui souhaitent manifester pacifiquement mais aucune atteinte à l’ordre public ne sera tolérée ». La préfecture de police qui fait par ailleurs état de deux interpellations et de dix policiers blessés.

    Rue Saint-Ferréol, puis sur la Canebière, des stations de tramway ont été saccagées, des poubelles incendiées, du mobilier urbain renversé et des projectiles jetés sur le bureau de la police municipale, provoquant quelques instants de panique. « J’exige la vérité sur ce qui s’est passé », assène la maire GRS des 1er et 7e arrondissements Sophie Camard dans une série de messages postés sur X.

    « Provocations extérieures »

    Rapidement, les images captées ont été relayées par les médias d’État turc sur les réseaux sociaux, présentant ces personnes comme des « partisans du groupe terroriste YPG/FDS », soit les forces armées kurdes qui combattent l’État islamique dans le Rojava. Puis, la fachosphère s’en est emparée et a instrumentalisé ces vidéos pour vomir sa haine anti immigrations. « Les Kurdes combattent au quotidien le terrorisme de Daech dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Cette situation suscite une émotion légitime et doit nous indigner. Néanmoins, je rappelle avec force qu’à Marseille comme partout ailleurs, aucune cause ne peut justifier de s’en prendre aux personnes ou aux biens », tempère le maire DVG de Marseille Benoît Payan.

    « Ces dégradations ne servent que ceux qui attaquent la cause du peuple kurde, qui tentent de le faire taire. J’ai peur que cela salisse l’image de la communauté kurde », regrette Salih Azad qui hésite à maintenir le rassemblement prévu ce samedi sur le Vieux-Port. « Nous ne sommes pas à l’abri des provocations extérieures », estime-t-il.