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  • [Passerelle interculturelle] À Marseille, le « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » met la culture chinoise à l’honneur

    [Passerelle interculturelle] À Marseille, le « Prélude au Gala de la Fête du Printemps » met la culture chinoise à l’honneur

    Le parc Chanot était aux couleurs du Nouvel An chinois ce vendredi. Les nombreux participants français comme chinois issus des milieux politique, culturel et médiatique, ainsi que de nombreux habitants de la région, se sont réjouis de l’initiative culturelle.

    Dans leurs allocutions, les représentants de la partie chinoise ont souligné que la Fête du Printemps, symbole millénaire de la civilisation chinoise, est devenue un lien spirituel reliant les communautés chinoises du monde entier et un pont culturel de plus en plus reconnu à l’international. À travers le Gala de la Fête du Printemps, CMG s’appuie sur un dispositif de diffusion multilingue et multimédia afin de transmettre au public mondial les valeurs de cohésion familiale, d’inclusion sociale et d’harmonie entre l’homme et la nature portées par le Nouvel An chinois.

    Les intervenants français ont, de leur côté, salué l’influence croissante de la culture du Nouvel An chinois en France, estimant que ce type d’échanges culturels contribue à renforcer la compréhension mutuelle et l’amitié entre les peuples français et chinois.

    Le programme de la soirée s’est distingué par sa richesse et sa diversité. Des extraits et bandes-annonces du Gala de la Fête du Printemps 2026 ont été projetés, permettant au public français de découvrir en avant-première la créativité artistique et les innovations technologiques du spectacle. Des performances mêlant inspirations orientales et occidentales ont également été proposées, associant musique, danse et expressions artistiques contemporaines, et ont suscité un accueil enthousiaste.

    De nombreux participants français ont confié qu’il s’agissait pour eux d’une première immersion aussi directe dans la culture de la Fête du Printemps. Grâce à ce « Prélude », le Gala ne se limite plus à une émission télévisée, mais devient une expérience culturelle vivante, accessible et partagée.

    Tradition ancestrale

    Étape importante de la série d’événements « Le monde regarde le Gala de CMG ensemble », la soirée marseillaise a non seulement contribué à annoncer le prochain Gala, mais a également illustré l’attrait croissant de la culture chinoise dans le sud de la France, apportant une nouvelle dimension aux échanges culturels sino-français.

    La Fête du Printemps est un symbole culturel millénaire de la civilisation chinoise. Elle constitue également un lien spirituel profond qui unit les communautés chinoises à travers le monde. Aujourd’hui, près de vingt pays et régions ont inscrit la Fête du Printemps comme jour férié officiel, et environ un cinquième de la population mondiale la célèbre, sous des formes diverses.

    À travers cette tradition ancestrale, de plus en plus de personnes découvrent la Chine, apprécient la culture chinoise et perçoivent les valeurs universelles portées par la Fête du Printemps : la cohésion familiale, l’inclusion sociale et l’harmonie entre l’être humain et la nature.

  • Un plaidoyer populaire pour le Château en santé

    Un plaidoyer populaire pour le Château en santé

    « On a que ça de riche dans nos quartiers, le ministre ne nous enlèvera pas notre château ! » Dans l’espace de la petite bastide préservée au cœur du Parc Kalliste, grand ensemble très dégradé du 15e arrondissement, plus une chaise ni une place de libre sur le canapé. Ils sont venus de toutes les cités du secteur Notre-Dame-Limite former une forteresse autour de l’équipe pluridisciplinaire du Château en santé.

    Exceptionnel par sa forme, ce qui se pratique à l’intérieur de ce centre de soins l’est tout autant. Ici, « on ne va pas chez le docteur, on va au Château ». Au-delà d’une consultation à l’acte, l’accueil avec un thé ou un café, le temps de l’écoute, le suivi par les médecins, infirmiers, psychologue, orthophoniste, médiateurs en santé, assistantes sociales et des interprètes, les activités physiques, les ateliers collectifs, à Kalliste, la Granière, la Solidarité et aux Bourrely, les habitants sont unanimes « ça a changé nos vies ». Démarrée en 2021, l’expérience s’inscrit dans « les engagements pris par l’État après la pandémie Covid, qui a mis en lumière les inégalités sociales et territoriales de santé », rappelle Bénédicte. Fin janvier le gouvernement leur a annoncé « la suppression du dispositif » en avril. « C’est 40% du budget qui est menacé », précise Elisa, chargée de l’accueil.

    Avant d’ouvrir en 2018, « c’était juste un domaine sans vie » se souvient Rabbia, une locataire de la Granière, à « la Solidarité il n’y avait plus de médecin. Et pour un rendez-vous chez un spécialiste, il fallait deux à quatre mois d’attente ». Habitante de Kalliste, Hakima, intervient : « Nous, la classe la plus fragile, ici c’est le contraire, on est soigné comme des princes. Quand on repart on a le smile. Il y a le soin du corps, mais de la tête aussi. »

    Un interprète traduit pour un monsieur Kurde : « Avec l’écoute, on a mieux avancé contre la maladie. Sans interprète, comment on fait ? Il y a les logiciels, mais ce n’est pas bon. » Comment traiter la santé sans savoir ce qui la dégrade ? « Pendant le Covid, j’étais malade, je marchais mal. Ils m’ont fait faire du sport. Regardez comme j’ai maigri ! » s’exclame Khadija les mains sur le ventre. Des rires et des larmes. « Quand il y a eu l’incendie dans mon appartement, toute l’équipe est venue pour m’aider. Vous voyez ça ailleurs ? », témoigne une retraitée. Une maman complète : « Mon fils est décédé en juin, sans vous je serais en psychiatrie aujourd’hui. »

    Une pétition en ligne

    Dans la salle comble, on s’arrache le micro pour témoigner. « On a confiance, vous nous avez montré nos droits, vous prenez le temps sans rechigner. Et pourtant j’en prends beaucoup moi », reconnaît en riant une patiente. Latifa, 76 ans, qui cumule les pathologies, s’est extirpée de son appartement à la Solidarité pour venir soutenir l’équipe. « On m’appelle chaque mardi pour prendre des nouvelles, On se déplace chez moi une fois par mois ! Et quand je vois un spécialiste, il félicite le suivi, il y a tout dans le dossier. »

    Sur les neuf postes, la moitié de l’équipe est concernée par cette révision budgétaire qui entraînerait la suppression des activités ne relevant pas du domaine médical. « Une décision inacceptable », pour le directeur du centre social. Marion de l’association Marseille Handball Nord, plaide aussi : « Les jeunes ont désacralisé leur rapport à la médecine. »

    « C’est fou qu’un Premier ministre amène ça à sa perte. Mais il ne sait pas qu’on a du bagou, réagit Alia, 35 ans, Ils ont pris soin de nous, aujourd’hui, c’est à nous de les sauver. » Une pétition est déjà lancée en ligne. Houria assure à une soignante très émue, « ne pleure pas ! On va gagner ». Déterminés à sauver leur Château, les habitants sont prêts à « aller jusqu’à l’Élysée s’il le faut ».

    Le gouvernement étudie les financements

    Pas de remise en question des 26 Secpa selon le gouvernement. Le dispositif doit être généralisé avec un « modèle financier » qui « sera arbitré très prochainement » précise le ministère de la Santé.

    Le dispositif Secpa doté de 14 millions d’euros en 2025, versés par l’Assurance maladie, représente jusqu’à « un tiers du budget annuel » des 26 structures, dont le Château en santé à Marseille, le Village de santé d’Échirolles en Isère ou la Place santé en Seine-Saint-Denis. Le gouvernement s’est voulu rassurant en s’engageant à « pérenniser » leurs financements. L’exécutif présente cette décision comme un « passage dans le droit commun », mais cela « se traduit en réalité par un basculement vers le Label Maisons France Santé, plafonné à 50 000 euros annuels par structure » contre plus de 500 000 euros pour le dispositif Secpa, et un « recours aux Fonds d’intervention régionaux des Agences régionales de santé (ARS) », explique l’équipe de Château en santé.

    Du côté de l’ARS Paca, on indique que « les crédits délégués par le ministère à l’ARS pour financer ces actions complémentaires n’ont pas encore été communiqués ». Interrogé par la députée écologiste Cyrielle Chatelain devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis que les 26 Secpa seront « pérennisées et financées », renvoyant vers la ministre de la Santé Stéphanie Rist pour le détail des sommes. Un modèle financier sera arbitré en « repartant des budgets adoptés et en mobilisant différentes sources de financement (Assurance maladie France Santé, FIR et collectivités) ».

  • « La famille », toute une affaire au théâtre de l’Odéon

    « La famille », toute une affaire au théâtre de l’Odéon

    Deux frères, incarnés par François-Xavier Demaison et Patrick Timsit, se vouent une rancune tenace. Ils se détestent, ne se voient jamais mais vont être réunis chez leurs parents, arrangeants comme ils peuvent à l’occasion d’un repas. Au sein de la fratrie, celui qui a « réussi », venu aux côtés de sa femme, va devoir demander un sacré service à l’autre, le « glandeur » de La Famille. Le point de départ de cette pièce aux thèmes universels écrite et mise en scène par Samuel Benchetrit. Une comédie qui prend ses quartiers du mardi 10 au samedi 14 février au théâtre de l’Odéon, dans le cadre de la saison hors les murs du Gymnase, fermé depuis plus de quatre ans. Le chantier de rénovation de ce dernier a été lancé en novembre et doit rouvrir ses portes à la rentrée 2027.

    « Émotion universelle »

    « Il y a une unité de lieu. Ça se passe le temps d’un apéritif, en direct, et le public assiste à cette rencontre familiale », a pu décrire Patrick Timsit sur France 5.

    « Je ne sais pas si c’est une famille dysfonctionnelle, mais elle me fait penser à beaucoup de familles. On rit beaucoup au début de la pièce, puis on est saisi par cette justesse, cette émotion universelle qui nous relie à nos frères, à nos sœurs », ajoute François-Xavier Demaison au sujet de cette « soirée qui promet bien des surprises, entre incompréhension, rire et amour ».

    Les 10, 12, 13 et 14 février à 20h. Le 11 février à 19h. Entre 10 et 47 euros. www.lestheatres.net

  • Archipel 49, des îles aux chansons s’amarrent à Marseille

    Archipel 49, des îles aux chansons s’amarrent à Marseille

    En ce vendredi 6 février, le son flamenco Limosna de amores, provoqué par le guitariste Bruno Allary et la chanteuse Sylvie Aniorte-Paz, résonne sur la scène de l’auditorium d’Archipel 49. Des « Aumônes d’amour » laissant entrevoir tout l’éventail des musiques, chants et contes, qui vont s’amarrer dans cet espace de plus de 700 m² sur trois niveaux établi au 49 de la rue Chape, niché entre les Cinq avenues et le Camas. « Un espace de création et d’expression pour les artistes des musiques et des contes », résume Florence Chastanier, présidente de ce lieu désormais géré et animé par « cinq structures aux identités plurielles et aux valeurs communes » : les Voies du chant, l’Éolienne, la compagnie Rassegna, Prodig’art ainsi que la compagnie VBD&CO. Une alliance dans le but de proposer « plus de créations originales autour d’esthétiques multiples en direction des publics de Marseille et d’ailleurs », ajoute-t-elle à propos de cet édifice qui avait accueilli dans le passé le Centre national d’insertion professionnelle des artistes lyriques (Cnipal) et le Conservatoire de Marseille. Puis, l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille-Méditerranée en a eu la gestion entre 2022 et l’été 2025. Archipel 49 a ensuite « signé une convention d’occupation temporaire pour cinq ans » avec la Ville, propriétaire des lieux, rappelle Maxime Vagner, directeur du bureau de production Prodig’art.

    Croisements

    Installée dans ces lieux depuis 2018, la Maison du chant a donc été rejointe par ses « amis et complices pour imaginer un archipel de plusieurs îles », image sa fondatrice Odile Lecourt. Une aventure collective pour la diffusion, la création mais aussi « l’éducation artistique et culturelle » dans laquelle s’embarque donc la compagnie Rassegna, dont l’ADN repose « sur le croisement des musiques populaires de Méditerranée » et la transcendance des « clivages entre musiques savantes et populaires », situe Bruno Allary ; l’Éolienne, ancienne salle de Noailles et « pôle de création et de développement autour de l’art du conte », dixit sa directrice Claire Leray ; le bureau de production Prodig’art, et la compagnie VBD&CO du mandoliniste Vincent Beer-Demander.

    Une programmation 2026 a déjà été esquissée avec des événements communs à toutes les structures, à commencer par « une traversée jeune public en partenariat avec le festival Babel Minots », les 14 et 15 mars, irriguée par les représentations d’Eh bien dansez maintenant!, du Carnaval des animaux, Des rivages et Un jeune coq. Ce qui n’empêchera pas, par ailleurs, chacune des associations à proposer des rendez-vous propres, parmi lesquels de nombreux concerts et autres résidences d’artistes.

    Programme complet sur www.archipel49.fr

  • Christian Ducasse, inconditionnel du jazz et de la photo

    Christian Ducasse, inconditionnel du jazz et de la photo

    Au milieu des années 1970, Christian Ducasse avait suivi des études d’Histoire-Géo à Aix « pour mieux voyager ». Des amis, entre autres Yves Sportis, futur rédacteur en chef de Jazz-Hot, l’avaient emmené écouter depuis le poulailler de l’Opéra de Marseille l’infatigable batteur Max Roach. Un autre jour, avec son ami Claude Vesco il prenait le train de Venise pour la rétrospective de Cartier-Bresson qu’il vénérait.

    Ducasse était tenace, revenait au Prado pour ses cours de photojournalisme dans l’école créée par Pape Diouf. On l’apercevait pendant les manifs autour de la rue d’Aubagne, pour ses expositions de photos du Festival de Nîmes et ses portraits de musiciens à l’Alcazar. Il faisait signe à ses amis de Forum 92, du Pêle-mêle, de Viva de Jean-Claude Izzo et de La Marseillaise de Jacques Roger, Michel Cassel et Jacques Corot.

    Élue écologiste, Christine Juste se souvient très fort qu’elle était son interprète en anglais pour des fous rires et des nuits, du côté du bar Stop de l’Opéra ou bien en voiture, en compagnie de Don Cherry et de Didier Lockwood. Avec Christian, elle avait rencontré chez Toursky Barbara, Ferré et Lavilliers. Jean-Louis Pacull veut très fort qu’une autre passion de Ducasse, le football permette un jour de réunir un livre et une exposition de ses photos de l’OM. Cours Julien, Varoujan Arzoumanian et les éditions Parenthèses publièrent ses noirs et blancs à propos des Batteurs de Jazz, préfacés par Jacques Réda.

    Humour, engagements et gravité

    Il était parti vivre vingt ans à Paris où il avait rencontré sa compagne, iconographe à l’Événement du Jeudi, Joséphine Pannard. Ensuite ils s’étaient fixés en Normandie, leur fils se prénomme Henri. Pierre Ciot lui voue une immense gratitude : pour la reconnaissance des droits des photographes, Christian s’impliquait en première ligne.

    Depuis la Maison Rouge de Sainte Baume, autrefois journaliste à France-Inter, Sylvie Coulomb se rappelle de son goût pour les polars, Manchette et Chester Himes ainsi que pour son homonyme Isidore. Ensemble, ils ont tourné avec des chansons de Jacques Menichetti des bouts de films foutraques comme Cinq gars pour Zacharie.

    Christian Ducasse prenait son temps, les portes les plus difficiles s’ouvraient. On avait confiance, on affectionnait la loyauté, l’humour et la gravité de Pistou for ever. Début février un cancer a vaincu son amour de la vie, la bataille contre l’oubli de ses images s’engage sans lui. Ses merveilles, entre autres ses portraits de Miles Davis, Claude Lanzmann, Michel Petrucciani et Franck Ribéry sont déjà entrés dans la légende du XXe siècle.

  • MMA : Yvan Sorel continue de voir les choses en grand avec ses fidèles gladiateurs

    MMA : Yvan Sorel continue de voir les choses en grand avec ses fidèles gladiateurs

    Sur la scène du théâtre Toursky, rendu célèbre par l’investissement du regretté Richard Martin, le casting s’annonce de qualité. Quatorze combats « bien choisis avec des clubs renommés », dont trois professionnels, se succéderont dans la cage à l’occasion du Spartan Fighting Championship 4, organisé par Yvan Sorel, pionnier du MMA dans la cité phocéenne. « Notre organisation commence à prendre de l’ampleur », souligne l’homme incontournable du 3e arrondissement de Marseille, sous le regard de son maire de secteur (PS) Anthony Krehmeier et de son adjoint aux sports Gérard Azibi. « On parle beaucoup de ce qu’il se passe dans la Capitale, parce qu’ils ont beaucoup plus de moyens financiers et de visibilité, par contre, nous, on a le cœur et la passion », poursuit Sorel, fier de présenter les talents locaux au grand public, à l’image de Sarah Gharsalli, pur produit du Team Sorel chez les moins de 55 kg. À 39 ans, cette infirmière libérale franco-algérienne est « une passionnée ». Un profil assez semblable à Audrey Kerouche, tenante en titre au SFC. Elle va d’ailleurs affronter la même adversaire que son amie et consœur, l’Argentine Camilia Curutchet.

    Terre d’accueil et ouvert vers le monde

    Si la plupart des protagonistes sont membres d’écoles martiales marseillaises, Yvan Sorel a tenu à inviter des combattants venus du monde entier, à l’instar du Camerounais Kodjo Bowel et du Malien Bollo Samake, afin de prouver que « Marseille est une terre d’accueil et ouverte vers le monde ». Même envers les Parisiens malgré « le côté Classico ».

  • Boxe anglaise : Romane Moulai a quasiment réalisé le combat impeccable

    Boxe anglaise : Romane Moulai a quasiment réalisé le combat impeccable

    Comme à son habitude, elle est entrée sur le ring avec un regard féroce et déterminé. Romane Moulai (26 ans, 1,60 m), championne du monde IBO poids mi-mouche originaire de Marseille, a pu savourer sa huitième victoire professionnelle, samedi soir à la Villa M, lors de la défense de son titre face à la boxeuse philippine Althea Shine Pores (24 ans, 1,55 m, 6 victoires, 1 nul, et 1 défaite désormais). « J’ai pris ce combat avec énormément de sérieux, parce que je savais que c’était une adversaire à la hauteur. C’était excitant, même s’il y avait un peu d’appréhension, alors que je savais que l’on était prêt », souligne la combattante toujours invaincue sur la scène principale. Après quelques rounds d’observation où elle a malgré tout dominé son adversaire, grâce à sa vitesse d’exécution et son direct du gauche dévastateur, Romane Moulai a progressivement eu la mainmise sur cet affrontement, jusqu’à la décision unanime des juges (deux des trois ont accordé le gain des dix rounds à la Marseillaise). « Elle a su gérer ses émotions, tout en déroulant sa boxe sans se mettre de pression », se réjouit Kassa Baradji, son coach au club de Drancy, en région parisienne. Dépassée, la Philippine ne savait plus où donner de la tête, dans une salle totalement acquise en faveur de l’ancienne pensionnaire du Challenge Boxing dans le 13e arrondissement de la cité phocéenne. « Elle ne cesse de progresser et je crois que la boxe professionnelle lui va beaucoup mieux que la boxe amateur », lance Louis Lavaly, le célèbre entraîneur marseillais qui a découvert et formé la nouvelle coqueluche du noble art tricolore. Cette dernière, dont la priorité demeure la qualification pour les JO de Los Angeles 2028, retrouve l’équipe de France amateurs dès mardi pour un stage de cinq jours avec des test-matchs à Dublin, avant de disputer avec les Bleues le tournoi bulgare du Strandja à partir du 21 février.

    Kemil, le poing ravageur

    Quelques minutes avant le triomphe de Romane Moulai, un combat entre deux boxeurs provençaux a déchaîné les passions. Le jeune pennois Kemil Mansour (22 ans) a remporté son quatrième combat professionnel face à l’expérimenté marseillais Gianni Carullo (34 ans). « J’étais là pour faire monter la tension électrique et allumer un feu », lâche le boxeur aux poings d’acier. Ses coups lourds ont rapidement impacté son adversaire, qui a tout de même résisté jusqu’au sixième et dernier round grâce à son expérience des grands rendez-vous. « J’étais serein parce que c’est un gros bosseur. On a pris l’initiative et ça a payé », se félicite Samuel Florimond, persuadé que son poulain ira loin.

  • PSG-OM : Benjamin Pavard ne saisit pas la seconde chance qui s’est offerte à lui

    PSG-OM : Benjamin Pavard ne saisit pas la seconde chance qui s’est offerte à lui

    C’est triste d’avoir une telle réflexion envers un international français et ex-champion du monde, mais, mis à part lors des rencontres en Coupe de France, quand est-ce que Benjamin Pavard a gratifié le peuple marseillais d’une bonne prestation depuis le début d’année 2026 ? Une question qui est remise sur la table, dimanche soir, après sa prestation plutôt chaotique face aux Parisiens.

    Censé être l’un des éléments forts de la charnière centrale, compte tenu de son expérience et du talent qu’il a pu démontrer au Bayern Munich et à l’Inter Milan, le défenseur de 29 ans montre de réelles difficultés à tenir son rôle de rempart aux côtés de Leonardo Balerdi et Facundo Medina. Certes, ses coéquipiers ne sont pas parfaits – et ne l’ont d’ailleurs clairement pas été sur la pelouse des champions d’Europe en titre – mais, eux, n’ont au moins pas rechigné à la tâche. Clairement en retard au marquage sur Nuno Mendes dans l’action qui a mené à l’ouverture du score francilienne, Pavard a tenté à plusieurs reprises d’évoluer très haut sur le terrain. Mais comme Timothy Weah agit dans ce même registre, les deux hommes du couloir droit se sont souvent tirés dans les pattes. Son seul fait d’armes positif reste le marquage individuel qu’il a appliqué en tout début de match sur Senny Mayulu, puis Ousmane Dembélé, afin de limiter l’impact technique de ces prodiges. Malheureusement pour les Olympiens, cette prise d’initiative fut trop éphémère.

    Théorie confirmée

    Face au festival du dernier Ballon d’Or, Benjamin Pavard, à l’image de ses collègues défensifs humiliés lors du deuxième but de l’international français, a semblé être totalement impuissant. Il n’a d’ailleurs même pas essayé de faire obstacle entre le génie Dembélé et Jeffrey de Lange. En seconde période, le tandem Mendes-Barcola lui a mené la vie dure, malgré quelques interventions maîtrisées. Et c’est justement ce qui rend la pilule difficile à digérer avec Pavard. Toutes proportions gardées, compte tenu du niveau actuel du PSG, la théorie qu’a lancé Roberto De Zerbi après la victoire face au Stade Rennais, mardi dernier, s’est avérée plutôt juste. « C’est une équipe étrange, qu’on a du mal à comprendre. Quand tu joues avec un défenseur en plus, tu prends trois buts. Et quand tu joues avec quatre attaquants, tu ne concèdes pas un tir… », avait-il souligné. Il en a eu une nouvelle fois la preuve au Parc des Princes.

    Nkoulou tire sa révérence

    Il a connu quelques Classiques durant ses cinq saisons passées dans la cité phocéenne. Le défenseur international camerounais, Nicolas Nkoulou (81 sélections), a annoncé prendre sa retraite de footballeur à l’âge de 35 ans. Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2012 avec l’Olympique de Marseille et d’une Coupe d’Afrique des nations avec le Cameroun en 2017, Nkoulou a également évolué dans le championnat de France sous les couleurs de l’Olympique Lyonnais et de l’AS Monaco.

  • À Marseille, France Cuba organise la solidarité avec l’île

    À Marseille, France Cuba organise la solidarité avec l’île

    « Nous avons une solidarité politique et internationale avec Cuba. » Pour Jean-François Gast, secrétaire de l’antenne marseillaise de l’association France Cuba depuis un an, il est plus que jamais nécessaire d’afficher sa solidarité avec Cuba. C’est dans cette optique que le théâtre du Hang’art, aux chartreux, s’est parée durant la journée de samedi, de drapeaux cubains pour accueillir débats, présentations et festivités.

    Un renouveau pour cette association qui s’est recréée il y a tout juste un an, après que l’ancienne antenne marseillaise se soit arrêtée deux ans à cause du décès des porteurs de projet. « On est super optimistes, parce qu’on est passé de 6 adhérents à presque 130 en un an », s’enthousiaste le secrétaire.

    Ce samedi, entre les murs du théâtre, ils étaient plus d’une centaine, adhérents ou non, à s’être réunis pour découvrir les enjeux cubains et afficher leur soutien. « C’est super important de soutenir les Cubains. Ils en ont besoin, et si nous ne pouvons pas les soutenir, je ne vois pas qui peut faire, affirme Renée Bonsignour, non adhérente. Actuellement, c’est vraiment un mur de guerre que les États-Unis mettent en place. »

    L’arrivée de Donald Trump a resserré l’étau autour de l’île, qui est sous embargo depuis 1962. Depuis l’enlèvement du président du Venezuela Nicolas Maduro, le 3 janvier, le président américain a réduit les exportations vénézuéliennes vers Cuba. Fin janvier, il a également signé un décret pouvant augmenter les frais de douanes des pays échangeant avec l’île caribéenne. Une situation qui limite l’importation de denrées alimentaires, et laisse Cuba déjà enferrée dans une crise économique depuis 6 ans, dans une situation très difficile.

    9 médecins pour 1 000 habitants à Cuba

    La journée de soutien a également été l’occasion de découvrir un peu plus le système cubain et notamment le système de santé. « Il y a une vrai volonté de mettre beaucoup de lien humain dans la santé cubaine. Il y a d’ailleurs plus de médecins qu’en France, puisqu’il y en a 9 pour 1 000 habitants contre 3 pour 1 000 en France, explique Yves Perrin-Toinin, médecin généraliste. Mais ce système est mis à mal par le blocus. »

    « On a du pain sur la planche pour pouvoir aider le peuple cubain qui résiste depuis plus de 60 ans à l’impérialisme américain », s’exclame Nicole Giraudi, présidente de l’association. Pour faire connaître la situation, l’association organise régulièrement des pétitions sur le Vieux-Port. « Quand on parle aux gens, on se rend compte à quel point ils sont mal informés. » L’association a également interpellé les députés européens « car ce blocus est illégal du point de vue du droit international, se désole la présidente de l’association. Ils affament la population, car très peu d’aide humanitaire peut passer. »

    Après ces débats et la projection du film Culpables, les participants ont pu profiter d’un apéritif aux rythmes des musiques cubaines.

  • [Entretien] Julien Talpin : « Traiter autrement les associations »

    [Entretien] Julien Talpin : « Traiter autrement les associations »

    La Marseillaise : Les associations marseillaises sont-elles aujourd’hui menacées ?

    Julien Talpin : De ce que je sais, on a encore peu de cas d’entraves aux libertés associatives à Marseille pour l’instant. Par contre, on sait qu’à l’échelle de la région Paca, il y a des difficultés, notamment émanant du conseil régional. Une charte des valeurs républicaines a été votée par la Région et impose aux associations de la signer pour bénéficier de financements. Cette charte impose des obligations pas vraiment légales ; il y a des recours actuellement. Il y est par exemple prohibé l’utilisation de l’écriture inclusive. L’association « Kourtrajmé » s’est vue refuser ses subventions parce qu’elle l’utilisait.

    Quel constat fait votre enquête sur le monde associatif ?

    J.T. : Une association sur dix déclare avoir connu des sanctions institutionnelles pour des prises de position qui auraient déplu aux pouvoirs publics. Cela peut être des coupes de subventions, des refus de locaux, des procès, des amendes etc… Cela concerne des dizaines de milliers de structures associatives. Un quart des associations déclarent des formes d’autocensure et ne font plus certaines actions pour éviter des sanctions. C’est le cas dans l’éducation populaire. On ne va pas organiser telle conférence sur le conflit Israélo-palestinien, on ne va pas faire tel débat sur la laïcité, où on ne va pas signer telle pétition pour éviter les problèmes. Cela pose un problème démocratique parce que, précisément, la mission de l’éducation populaire, c’est de mettre en débat les sujets qui animent la société et les déconstruire. C’est un travail de conscientisation qui est en partie tué dans l’œuf par ce contexte défavorable.

    Comment en est-on arrivé là ?

    J.T. : On observe une dérive : on a de plus en plus recours aux associations pour assurer des missions de service public, car l’État se décharge sur le monde associatif, et applique aux associations des règles réservées aux institutions publiques. Il y a un flou, alors que le cadre légal permet aux associations de ne pas être neutres. C’est important que les pouvoirs publics respectent le droit.

    Quelles solutions proposez-vous pour lutter contre ce « tournant autoritaire » ?

    J.T. : Le problème n’est pas uniquement lié à l’austérité. La question est : comment on attribue le financement ? Il y a un fonctionnement discrétionnaire en France, inscrit dans le droit : le maire, le préfet, le président du conseil régional ou départemental décident de manière unilatérale. On plaide pour un fonctionnement pluraliste. Si les décisions d’attribution des financements étaient décidées de manière plus collective, par exemple aussi par des élus d’opposition ou des citoyens tirés au sort, ça dépersonnaliserait la relation. Du coup on jugerait la contribution à l’intérêt général des associations et pas si on est d’accord ou non avec leurs idées.

    Est-ce que la fragilisation du tissu associatif que vous évoquez empêche en partie les revendications « populaires » de s’exprimer de manière organisée ?

    J.T. : Les formes de désorganisation de l’expression des colères et leur dimension spontanée, comme les Gilets jaunes ou les émeutes après la mort de Nahel, ne sortent pas de nulle part. C’est en partie parce que les formes d’expression collective comme les associations et les syndicats sont fragilisés par leur relation avec le pouvoir public. Si on veut pacifier la société et permettre que les attentes et colères de la population soient entendues par l’État, cela s’organise. Il faut traiter autrement les corps intermédiaires.