Tag: Marseille

  • Les agents municipaux de la Ville de Marseille au cœur de la campagne

    Les agents municipaux de la Ville de Marseille au cœur de la campagne

    À l’heure de l’embauche, ils sont deux devant les bâtiments de l’administration municipale au 40, rue Fauchier (2e). Ce mardi, les militants de la France insoumise se sont mobilisés pour distribuer la lettre de leur candidat, Sébastien Delogu, à destination des agents de la Ville de Marseille. « Dès mon arrivée à la mairie, j’ouvrirai immédiatement des négociations avec toutes vos organisations syndicales », promet le parlementaire, qui évoque titularisations et lutte contre les risques psychosociaux. En bas du bâtiment, un agent s’agace pourtant : « Comment ils osent se présenter devant des agents de la mairie alors qu’ils disent qu’on travaille pour des employeurs corrompus ? »

    Malgré eux, les agents sont en effet au cœur de la campagne. Ils représentent une ville dans la ville : plus de 18 000 personnes, soit l’équivalent de Châteauneuf-les-Martigues. « On dit souvent que le personnel municipal est un institut de sondage interne », sourit l’indéboulonnable patron du syndicat FO Territoriaux, Patrick Rué. « à part monsieur Allisio [candidat RN, Ndlr], nous avons été sollicités par tout le monde », confie celui qui a été reconduit dans ses fonctions, fin janvier, et se satisfait de voir ses revendications reprises dans différents programmes. Lui-même a présenté à ses troupes le bilan des quatre dernières années. « Nous avons avancé sur beaucoup de points », applaudit Patrick Rué, prenant pour exemple la situation des crèches. Et de souligner le poids des agents : « Cela a toujours été reconnu que le personnel municipal est un gros vecteur d’influence en matière d’élections, ne serait-ce que parce qu’ils sont au contact de la population. »

    Bilan municipal

    De quoi comprendre la lettre adressée par Sébastien Delogu, « soufflée par des gens qui connaissent bien le sujet », reconnaît Patrick Rué, malgré « une erreur » sur le comité d’action sociale. Et l’attention portée par le Printemps marseillais, qui conclut son programme par l’administration municipale. « Je trouve ça très symbolique que cela finisse sur eux, sourit l’adjoint sortant (PS) aux finances, Joël Canicave. Nous allons développer les services publics et ce sont les agents qui le mettent en place. » Aussi veut-il miser sur la formation, mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. « Nous voulons le meilleur pour les agents de notre ville, parce que nous voulons le meilleur pour les Marseillais », se conclut le programme.

    Il faut cependant assumer un bilan. « Même pas je vote », lâche un cégétiste, dégoûté. « Les collègues ne souhaitent pas revivre ce qui a été vécu depuis 2020 », explique le secrétaire général de la CFTC, Philippe Angelelli, inquiet d’une « forte souffrance au travail » face aux réorganisations. En plus d’un pouvoir d’achat érodé par l’inflation. « Les changements de cadres ont entraîné des dysfonctionnements, ça s’est rééquilibré, mais on espère ne pas reconnaître ça », reconnaît aussi Patrick Rué. « Elles étaient nécessaires », défend Joël Canicave, certain qu’avec les primes accordées, les agents « financièrement ont vu la différence ». « Il y a 75 000 demandes pour entrer à la Ville, contre 15 000 au début du mandat », argumente-t-il. Alors que les insoumis ressassent les accusations de clientélisme, il met en avant des conseils de discipline bien plus nombreux, les jurys de recrutement mis en place. « J’ai vu passer 20 CV recommandés, je n’en ai pas recruté un seul », témoigne l’adjoint.

    Surtout, c’est pour leur employeur que voteront ces agents. Avec le risque d’être dirigés par l’extrême droite. « Ils n’y croyaient pas trop, mais il y a une vraie inquiétude quand on voit les sondages », témoigne Patrick Rué, même si, dans certains secteurs qui risquent de basculer, certains ne cachent pas leur sympathie pour le RN. Si FO est prêt à se mobiliser contre ce risque, la CFTC ne veut pas donner de consigne. « On a tous les courants chez nous », reconnaît Philippe Angelelli.

  • [Tribune] Lutter contre le trafic de drogue impose des ruptures politiques

    [Tribune] Lutter contre le trafic de drogue impose des ruptures politiques

    Les violences, assassinats et overdoses liés au narcotrafic ne sont pas des faits divers mais le produit d’un capitalisme mafieux qui prospère sur la misère sociale, la dérégulation financière et l’abandon des quartiers populaires. Il détruit des vies, gangrène les institutions et mine la cohésion sociale. Le combattre ne relève pas de l’affichage sécuritaire, mais de ruptures politiques profondes.

    Le trafic de drogue se développe là où l’État et les services publics reculent, où les politiques d’austérité fabriquent précarité et désespoir. Pointer du doigt une jeunesse prétendument attirée par « l’argent facile » est une hypocrisie commode. Ce sont les inégalités sociales, l’isolement, l’absence de perspectives et la faillite des politiques de protection qui livrent les jeunes les plus fragiles aux réseaux criminels, lesquels exploitent leurs vulnérabilités pour accroître leur emprise.

    Dénoncer la consommation festive des bobos permet d’éviter de parler des addictions liées à la précarité, à la souffrance psychique et aux conditions de travail dégradées. Quant à la surenchère répressive, elle est un échec patent : malgré des lois parmi les plus dures d’Europe, la consommation de drogues reste élevée. Refuser d’ouvrir le débat sur la dépénalisation/légalisation est une erreur politique. Ce débat doit intégrer la prévention, la réduction des risques et des modèles qui rompent avec la logique purement capitaliste.

    Les politiques de la ville, combinant dispositifs dérogatoires, austérité budgétaire et absence de concertation, ont failli. Le discours dominant, relayé par une partie de la classe politique et des médias, criminalise les jeunes des quartiers populaires et justifie leur relégation. Cette stigmatisation alimente la colère, le sentiment d’abandon et, in fine, le terreau du narcotrafic.

    Rompre avec cette logique impose un investissement massif et assumé dans les services publics et les conditions matérielles de l’émancipation. Cela implique le désenclavement réel des quartiers populaires, des transports accessibles et gratuits pour les jeunes et les plus précaires, une politique ambitieuse de logements sociaux répartis sur l’ensemble du territoire et une régulation ferme du marché immobilier.

    La question de l’école est centrale. Le tri social, l’assignation des jeunes des classes populaires à des trajectoires subalternes marque le renoncement à toute ambition émancipatrice. Cette relégation sociale et géographique est aggravée par les réformes récentes, notamment celle de l’enseignement professionnel. Il faut plus et mieux d’école et donc investir massivement dans l’éducation, réduire les effectifs par classe, former et recruter les personnels, garantir l’accès de tous aux formations choisies. L’accès à la culture, au sport et aux loisirs n’est pas un supplément d’âme, mais une condition de l’émancipation.

    Les politiques sociales et de protection de l’enfance sont sinistrées. La saturation des dispositifs, le manque de moyens et la défaillance des collectivités livrent des enfants et des adolescents aux réseaux criminels et prostitutionnels. Vouloir donner encore plus de compétences sociales aux conseils départementaux déjà incapables de les assumer est une hérésie. Renforcer la protection judiciaire de la jeunesse, les services sociaux et la santé de proximité, donner les moyens aux associations de quartier et d’éducation populaire est une urgence absolue. La prise en charge des addictions doit être développée notamment à travers des dispositifs de réduction des risques dont l’efficacité est démontrée.

    Tant que des jeunes seront contrôlés au faciès, discriminés à l’embauche et assignés à résidence sociale, les discours sécuritaires resteront vides. Il faut donc combattre toutes les discriminations qui frappent les classes populaires.

    Les opérations de communication et de chasse aux petites mains occultent le cœur du problème qui est financier et politique : blanchiment d’argent, corruption, complaisances économiques et diplomatiques. S’attaquer réellement aux réseaux impose de renforcer massivement les moyens de la justice, de la police et des douanes, de rétablir une police de proximité digne de ce nom, et de rompre avec toute tolérance à l’égard des paradis fiscaux et des États complices.

    La lutte contre le trafic de drogue est indissociable d’un combat pour la justice sociale, l’égalité réelle, la dignité et l’émancipation.

  • Les supporters ont animé un Olympico enflammé

    Les supporters ont animé un Olympico enflammé

    Avec tous les épisodes troublants qu’ont connus l’Olympique de Marseille ces dernières semaines, le premier Olympico du millésime 2026 n’avait pas, de prime abord, la saveur d’un derby entre deux grandes institutions du football français. Quelques heures avant le coup d’envoi, les vagues de supporters qui se dirigeaient vers le Vélodrome n’étaient pas aussi intenses qu’à l’accoutumée. Une succession de visages inexpressifs, comme si l’envie d’assister à la rencontre était absente. « Je sens que cette soirée ne sera pas grandiose », lance Thierry, abonné chez les Commando Ultra 84, dans le virage sud. Comme tous les passionnés marseillais, il a appris samedi soir la destitution de Pablo Longoria. « Au-delà de la décision, est-ce qu’annoncer une telle nouvelle à vingt-quatre heures d’un des matches les plus importants de la saison est une bonne chose ? », questionne-t-il, persuadé qu’il faut à tout prix rester concentré sur la saison en cours avant de penser à la refonte du projet olympien. Même si leur moral n’était pas au beau fixe, plus de 66 000 supporters ont assisté au 127e Olympico de l’histoire depuis les tribunes.

    Des encouragements aux sifflets

    Si les supporters avaient l’espoir que la semaine de stage allait porter ses fruits, à l’image des matches fructueux qui ont suivi ceux des ritiro à Rome lors de la saison 2024-2025, le but éclair de Tolisso à deuxième minute de jeu a calmé leurs ardeurs. À tel point que les cris d’encouragement se sont rapidement transformés en sifflets. Et même si Paixão, grâce à son but fantastique, a redonné vie au Vélodrome tout entier, la réalisation de Rémi Himbert a éteint le stade une deuxième fois. Mais l’acharnement d’Aubameyang a permis aux supporters de repartir avec le sourire.

  • Mason Greenwood a fait son possible afin de redresser la barre olympienne

    Mason Greenwood a fait son possible afin de redresser la barre olympienne

    Principalement critiqué à cause de ses contre-performances dans les grands matches, Mason Greenwood a rendu, pour une fois, une copie plutôt satisfaisante lors de l’Olympico. Malgré un scénario cataclysmique en tout début de match, l’ailier britannique ne s’est pas refermé sur lui-même et s’est appliqué à la tâche au sein d’une animation offensive plus que qualitative.

    Tantôt créateur, tantôt frappeur, Greenwood a joué un rôle central dans les offensives marseillaises. Souvent pris en grippe par un trio de défenseurs lyonnais quand il était en possession du ballon, l’ancien mancunien est parvenu quelques fois à se libérer du marquage « à la culotte » notamment prodigué par l’expérimenté Corentin Tolisso.

    Lorsqu’il se retrouvait en position favorable, le meilleur buteur phocéen a tenté sa chance sans chercher à comprendre. Au-delà de l’égalisation au tableau d’affichage d’un point de vue collectif, le n° 10 olympien devait sûrement être motivé par un challenge plus personnel : depuis la réalisation de l’Argentin Joaquin Panichelli, vendredi soir, lorsque Strasbourg a reçu Lens, Mason Greenwood n’est plus le seul à cumuler quatorze buts sur l’exercice en cours. Il conserve toutefois sa couronne grâce à un nombre de passes décisives plus important que son concurrent.

    Vital lors du printemps marseillais

    Alternant les deux ailes, Greenwood a multiplié les centres en seconde période. Il a de nouveau endossé le rôle du chef d’orchestre, profitant de la fraîcheur du décisif Igor Paixão, pour lancer ce dernier vers une occasion dangereuse à vingt minutes du terme. Si rien ne lui a souri dimanche soir, le prodige britannique devra absolument conserver ce niveau d’implication lors du printemps marseillais pour permettre à l’Olympique de Marseille d’atteindre ses objectifs. À Habib Beye désormais de l’utiliser à bon escient.

  • Des réalisateurs font leur « première fois » à Marseille

    Des réalisateurs font leur « première fois » à Marseille

    « Cette année, la pression politique sur les lieux de programmation culturelle augmente, mettant en péril la liberté de montrer », observe dans un éditorial l’équipe du festival La première fois, se référant à certains épisodes récents comme la censure par le maire LR de Cannes d’une projection du documentaire autour du génocide à Gaza, Put your soul on your hand and walk, ou « le lobbying politique et médiatique pour la fiction évangéliste conservatrice Sacré cœur »

    Face à cette pression et « à l’approche d’élections qui pourraient voir arriver ces mêmes censeurs à de nouveaux postes de pouvoir », écrivent les jeunes organisateurs, « nous défendons par ce festival notre pratique, notre liberté et celles des réalisateurs et réalisatrices que nous diffusons ».

    Histoire et mémoires

    Créé en 2009 par des élèves aixois du master Écriture documentaire afin de montrer leurs films de fin d’études, le festival La première fois, dont la 17e édition investit quelques salles du centre-ville de Marseille du mardi 3 au dimanche 8 mars, s’est vouée au fil du temps à montrer des premiers documentaires. Cette édition s’ouvrira au cinéma Les Variétés par la diffusion de Festa Major, dans lequel Jean-Baptiste Alazard suit les habitants d’un village des Pyrénées « à l’approche » de cette fête qui « soude la communauté » depuis « au moins 125 ans ». Parrain du festival ce réalisateur dispensera une « masterclass » le lendemain à La Baleine, avant la diffusion d’un autre de ses films, L’âge d’or.

    À partir du 5 mars, le Vidéodrome2 deviendra le centre névralgique de La première fois et théâtre des projections d’une quinzaine de premiers films. Une séquence amorcée par celle de La station, court-métrage de Lisa Chapuisat qui rend un hommage musical à la dernière station uvale de France, « vouée à disparaître », dont le charme désuet mais profondément humain se répand sur le cours Pierre Puget. Le symbole d’une sélection dont la fraîcheur des films échappe à tout formatage, comme pourront l’illustrer notamment De plomb et de charbon de Thomas Uzan, plongée dans les « rêves disparus » des mines désaffectées de l’Est du Maroc « datant du protectorat français », ou encore Je ne suis qu’un corps. Sa réalisatrice Lael Morin « s’unit » à deux femmes qui « font corps pour briser le silence, pour raconter une histoire d’inceste ». De souvenirs et d’histoire, il sera aussi question dans Mémoires croisées, dans lequel Shayma’ Awawdeh fait rejaillir « la peur, l’état de siège et la mort, quotidien d’Hébron, en Palestine, durant la seconde Intifada » à travers « des souvenirs d’enfance entremêlés à la mémoire collective ». Des échanges sont prévus avec les cinéastes à l’issue des séances.

    Programme détaillé sur www.festival-lapremierefois.org

  • [Entretien] Alain Evezard : « Les Restos du Cœur font appel à la bonne volonté ! »

    [Entretien] Alain Evezard : « Les Restos du Cœur font appel à la bonne volonté ! »

    La Marseillaise : L’association a annoncé avoir besoin de 2 000 bénévoles en renfort dans les Bouches-du-Rhône. Vous êtes en sous-effectif ?

    Alain Evezard : De manière générale, on est toujours en manque de bénévoles. Il faut savoir que le bénévolat a un taux de turnover important. On a rappelé ceux qui sont venus l’année dernière. Mais, on fait aussi appel à la bonne volonté. On est à la recherche de bénévoles ponctuels : ceux qui vont venir pour une demi-journée. Par exemple, le samedi 7 mars de 9h à 12h. On a besoin de ces personnes. Ce sont eux qui distribuent les sacs aux clients des magasins, qui réceptionnent les denrées fournies et qui les trient sur place.

    Les Restos du Cœur fonctionne aussi avec des entreprises qui proposent du mécénat de compétences. Elles octroient à leurs salariés une demi-journée par an, qu’ils peuvent utiliser au bénéfice d’associations.

    Comment se déroule cette grande collecte ?

    A.E. : Tous les centres du département s’y préparent, puisqu’on a 145 points de collecte. Chaque centre établi un plan avec des bénévoles, réguliers ou ponctuels. Puis, ces bénévoles récupèrent les denrées alimentaires. Et ensuite, des camions sillonnent les différents points de collecte pour les récupérer et ramener le tout jusqu’à l’entrepôt départemental à Marseille.

    Quel type de produit recherchez-vous ?

    A.E. : Des conserves de poissons, de viande, de légumes ou de fruits, voire même des desserts en conserve qui existent. Et ce que nous appelons des produits mixtes : typiquement, les raviolis. Il y a des gens qui nous donnent un plat de couscous complet ou un plat de poisson plus riz. Ça, ça marche très bien. Alors, tout ce qui est lacté, on ne peut pas le prendre parce qu’il y a une date limite. Il faut qu’on respecte la chaîne du froid.

    En fonction du nombre de tonnes récoltées, la redistribution des denrées tient combien de temps ?

    A.E. : On l’estime à trois semaines. L’année dernière, on avait récolté 250 tonnes. On espère faire la même chose cette année, voire plus. Il y a beaucoup de paramètres qui font que ça peut changer : la météo, parce que s’il pleut, les gens n’ont pas envie d’aller faire des courses. Et on peut aussi ne pas avoir suffisamment de bénévoles. Ce qui fait qu’on collecte, évidemment moins. Si on reçoit 250 tonnes, il nous faut dix jours pour trier l’intégralité de la collecte. Sachant que les premiers cartons rentrent le vendredi 6 mars au soir, on finira le tri à la fin de la semaine suivante.

    Et s’ensuit la redistribution ?

    A.E. : Exactement. Selon le nombre de personnes accueillies, les centres font leur commande de ce dont ils ont besoin auprès du service d’approvisionnement, pour distribuer des équivalents de repas complets : des protéines, des légumes, des accompagnements, des desserts… Donc les produits de cette grande collecte sont ceux qui serviront à faire ces paniers hebdomadaires, y compris les produits d’hygiène. Dans ce service, une équipe prépare ces commandes. Et tous les matins, du lundi au vendredi, des chauffeurs bénévoles livrent ces centres. Chaque semaine, on sort à peu près 90 tonnes de denrées alimentaires.

    Une fois ce stock écoulé, où récoltez-vous les produits pour ces repas ?

    A.E. : Un tiers de ces repas, on les achète. Un tiers vient du Fonds de solidarité européen. Et le troisième tiers vient de dons : nationaux, régionaux ou locaux.

  • Les salariés du groupe Cosquer Méditerranée en grève

    Les salariés du groupe Cosquer Méditerranée en grève

    Ils sont une dizaine de salariés, en ce dimanche matin, à s’être réunis devant le site Cosquer Méditerranée à Marseille. Alors que le lieu s’apprête à ouvrir ses portes pour l’une des journées les plus animées de la semaine, l’effectif, dont une partie est en grève à l’appel de la CGT Cosquer, sera amputé de moitié. Le mouvement, est soutenu par l’Union locale CGT Saint-Lazare Joliette.

    Anaïs Reymond, syndiquée CGT, travaille depuis mai 2022 pour la Grotte Cosquer (exploitée par la société Kléber Rossillon). La mobilisation doit permettre de « défendre nos conditions de travail, évoquer les soucis de sécurité sur site, parler de la problématique du sous-effectif, de la pression constante depuis l’arrivée de la nouvelle directrice, le manque d’équipement [talkies-walkies, audioguides, casques…], d’hygiène on est envahis par les cafards les visiteurs aussi peuvent les apercevoir et les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont insuffisantes », égrène Anaïs Reymond. Les travailleurs via leur syndicat revendiquent une augmentation de salaire pour tous les salariés payés au Smic, une prime pour les dimanches et jours fériés travaillés, une prime polyvalence et une prime d’ancienneté. Des exigences restées lettre morte.

    Une grève reconductible ?

    « On a l’impression de ne pas être écoutés, de ne pas être considérés », témoigne Nicolas Martinez, syndiqué CGT. « Le dialogue [avec la direction, Ndlr] est tendu avec l’ensemble des salariés », ajoute Anaïs Reymond. À la liste des revendications, s’ajoute un « climat de pression et de surveillance constante », qui serait instauré par des caméras de vidéosurveillance, utilisées pour épier les faits et gestes des employés, toujours selon les grévistes. Mais aussi le licenciement récent d’une collègue, considéré comme « abusif » par le syndicat CGT. Selon eux, cette salariée, en poste depuis moins d’un an, aurait été licenciée pour ne pas s’être présentée à un événement de galette des rois « événement non obligatoire », et pour un « geste maladroit » précise Anaïs Reymond. Elle n’aurait pas saisi les prud’hommes à ce stade. « On a beaucoup de soucis au sein de l’organisme et une charge mentale au travail, ajoute Shayma, qui travaille depuis plus d’un an sur le site. Le salaire ne suffit pas, on a des visiteurs toute la journée, on a la pression. C’est désordonné. On a fait remonter ces problèmes à la direction mais ça n’a pas abouti. »

    Parmi les problématiques internes soulevées par les salariés en grève, les soucis de sous-effectif et du « turn-over » sont régulièrement évoqués. Pour rappel, en mars dernier, les salariés du service d’accueil et de billetterie du groupe Cosquer Méditerranée étaient déjà en grève pour des raisons similaires. À ce jour, les grévistes estiment que la grève pourrait être reconduite, dans le cas où les revendications des salariés ne seraient pas entendues.

    Sollicitée, la direction du groupe Cosquer Méditerranée n’a pas pu nous répondre, à l’heure ou nous écrivons ces lignes.

  • Marseille : atelier Bombes à graines au Frac

    Marseille : atelier Bombes à graines au Frac

    Prochain rendez-vous, samedi 7 mars de 14h à 15h30. C’est gratuit. L’équipe de médiation propose de confectionner des bombes à graines : de petites boules composées de terreau, d’argile et de graines de fleurs. Conçues pour être lancées dans des endroits où l’on souhaite voir pousser des fleurs, elles se décomposent naturellement une fois en place, laissant les graines germer et se développer.
    Inscription sur le site Internet du Frac ou au 04.91.91.27.55.

  • Didier Jau accélère sur le portail des Chutes-Lavie

    Didier Jau accélère sur le portail des Chutes-Lavie

    « Ce portail sera rouvert parce que c’est juste ! ». Devant le portail de la copropriété de la Cité-jardin, rue de la Pépinière dans le 4e arrondissement de Marseille, le maire de secteur sortant, Didier Jau (EELV) hausse le ton. « Ce portail soulève la question de quelle ville voulons-nous ? Une ville qui dresse des barrières entre ses habitants ou ville qui relie ? », dénonce-t-il, alors que le contentieux autour de ce portail qui coupe le quartier en deux s’enlise en conflit judiciaire.

    Pour rappel, depuis plusieurs semaines, un collectif de riverains, représenté par Nathalie Prost, s’oppose aux copropriétaires de ladite cité à l’origine de son installation. Un collectif dont l’action est soutenue par la mairie de secteur qui entreprend des études avec ses services juridiques « obtenir l’ouverture de l’accès ». « Dans le mandat, plus de 80 000 euros ont été investis dans le jardin derrière nous. Un jardin public ! Il ne peut pas être réservé à une poignée d’habitants », martèle Didier Jau.

    Il annonce au passage, qu’en cas de réélection lors du scrutin des municipales puisqu’il brigue sa succession au nom du Printemps Marseillais sur le secteur, que « le centre sportif et de loisirs des Chutes-Lavie sera entièrement rénové, modernisé. Il sera solarisé pour réduire son impact énergétique, il va accueillir un terrain de basket 3 contre 3, on va doubler les places en centre aéré. Il sera un espace libre et accessible ». Autre annonce de taille, Nathalie Prost a officialisé sa présence, à la 4e position, sur la liste de Didier Jau. « Je m’exprime en mon nom, plus au nom du collectif. J’ai vu deux façons d’agir pendant ce combat : certains utilisaient leur pouvoir pour contourner les règles, d’autres s’appuyaient sur le droit pour les faire respecter. J’ai choisi la seconde voie », a-t-elle lancé.

  • Rassemblement pour l’unité de la gauche au second tour à Marseille

    Rassemblement pour l’unité de la gauche au second tour à Marseille

    L’objectif ? Unir toute la gauche et les écologistes pour le second tour des élections municipales à Marseille, le 22 mars. « L’heure est grave, l’extrême droite pourrait avoir la majorité au conseil municipal », alerte Alexandre Jurado, du conseil d’administration de Faisons front commun. « On a tous et toutes besoin de l’union de la gauche et des écologistes », renchérit Kheira Fekih, membre de l’association On le fait pour nous. Bernard Alain, habitant du 1er arrondissement, fustige les propos de Benoît Payan dans nos colonnes, qui estimait que Sébastien Delogu « devait prendre ses responsabilités », « le péril est grand, il faut que la gauche s’unisse ! », juge-t-il.