Tag: Marseille

  • Julien Clerc en ouverture de l’été Marseillais

    Julien Clerc en ouverture de l’été Marseillais

    Depuis six étés maintenant, la Ville de Marseille organise son festival estival qui rassemble des centaines de milliers d’habitants et de touristes, fans de rap, électro et house ou simples curieux. Des artistes francophones et internationaux défileront sur le Vieux-Port du 3 juillet au 1er août. Une 7e édition qui confirme les ambitions de ce rendez-vous incontournable avec de belles têtes d’affiche invitées sur scène.

    Des artistes reconnus

    Dès l’ouverture ce 3 juillet, le festival débutera par un concert de Julien Clerc, icône de la chanson française, auteur de véritables tubes tels que Fais-moi une place ou Ma préférence. La chanteuse Blandine complétera le show d’ouverture. Le festival n’est pas seulement un spectacle musical, il célèbre le mois des fiertés avec une soirée Pride organisée le 4 juillet. Les célèbres Drag Queens Mami Watta et la Marseillaise Ruby on the Nail assureront le show, accompagnées par le groupe de pop, Yelle.

    La musique électronique sera mise à l’honneur au fil du mois avec des artistes reconnus comme Sébastien Tellier (10/07), Myd et Cassius (11/07), ou encore Folamour (17/07). La danse sera aussi représentée avec de nombreux spectacles, avec notamment, le 25 juillet, la représentation du spectacle 360, de Mehdi Kerkouche, qui mêle chorégraphie et énergie de concert, portée par Lucie Antunes, et une scénographie d’Emmanuelle Favre. Ce même 25 juillet les amateurs de musique urbaine pourront assister au show de l’étoile montante Jungeli qui sera présent au Vieux-Port pour enflammer la scène. Artiste qui a notamment participé à la célèbre émission Danse avec les stars et auteur du hit de l’été 2024 Petit Génie.

    La 7e édition de l’Été Marseillais se déroulera du 3 juillet au 1er août. Programmation disponible sur le site de la Ville et les réseaux sociaux de l’Été Marseillais.

  • La présidente sortante des LR 13 Laure-Agnès Caradec rejoint le parti d’Eric Ciotti

    La présidente sortante des LR 13 Laure-Agnès Caradec rejoint le parti d’Eric Ciotti

    Elle avait déjà confié à ses proches, jeudi soir, qu’elle ne se représenterait pas à la tête de la fédération des Républicains dans les Bouches-du-Rhône. Ce mardi midi, la présidente des LR 13 et ex-présidente de l’établissement public Euroméditerranée Laure-Agnès Caradec a annoncé qu’elle rejoindre les rangs de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, allié au Rassemblement national (RN).

    «J’ai mené la campagne municipale avec loyauté, écrit sur les réseaux sociaux celle qui était tête de liste pour la droite dans les 9e et 10e arrondissements de Marseille. Mais aujourd’hui, je choisis une ligne claire, une droite à la fois libérale et sans compromission.» Et celle qui avait hérité d’une fédération sans direction en novembre 2023 d’ajouter qu’elle a toujours été «une femme libre, de droite».

    Ce nouveau ralliement de poids à l’extrême droite n’a pas manqué de faire réagir la majorité municipale. «On comprend mieux sa responsabilité dans la victoire de l’extrême droite dans le 9/10, lance l’adjointe (PCF) au logement Audrey Garino, qui avait dirigé la campagne du Printemps marseillais dans le secteur. Les digues comme les masques n’en finissent plus de tomber.»

  • L’OM s’est offert une finale inespérée pour l’Europe

    L’OM s’est offert une finale inespérée pour l’Europe

    Du droit au but au droit au rêve, il n’y a qu’un pas que les Olympiens ont réalisé, dimanche.

    Grâce au penalty réussi par Mason Greenwood au stade Océane, l’OM signe son retour dans la course aux places européennes. Certes, le résultat n’a pas suffi pour lui permettre de se relancer dans celle pour la Ligue des Champions, mais les trois points engrangés au Havre ouvrent les portes de l’espoir.

    L’espoir a minima d’aller malgré tout disputer des joutes continentales en septembre prochain. L’OM s’est, difficilement, hissé à la sixième place de la Ligue 1 et peut donc de nouveau espérer. À condition de ne plus gaspiller, alors qu’il ne reste plus qu’un match avant le palmarès final.

    Cette sixième place est un peu le symbole de ce que vivent les Olympiens depuis quelques semaines. Ils donnent le sentiment de ne plus trop savoir où aller, car leur gouvernail est visiblement bloqué et que Habib Beye peine à trouver le moyen de lui rendre sa mobilité.

    Un but symbolique

    Il est parvenu, malgré tout, à forcer le passage face à des Havrais qui n’ont pas facilité la tâche. Mais ont montré une certaine naïveté qui a permis à Mason Greenwood de retrouver le chemin du but. Même si c’est sur penalty, en marquant, l’Anglais a engrangé de la confiance. Et apporté des réponses à ceux qui doutaient de son implication dans la quête phocéenne.

    En s’imposant au Havre, l’OM a donc repris la main sur sa destinée. Avec 56 points, les Marseillais remontent à la sixième place, dernière qualificative pour une campagne européenne pour l’équipe qui l’occupera au soir de la 34e journée. La conserver serait donc l’occasion pour eux de sauver les apparences, avec un lot de consolation qui serait une finale des barrages de la Conférence européenne.

    Néanmoins, il reste ce rendez-vous au Vélodrome face à Rennes. Rennes qui est juste devant, avec trois longueurs d’avance. Un succès dimanche aux dépens des Bretons serait la garantie de gagner une place au classement, et surtout rejoindre la Ligue Europa, plus en adéquation avec les standings phocéens.

    Ce match contre les Rennais sera aussi l’occasion d’une revanche sur le destin. C’est au Roazhon Park que l’OM avait connu son premier couac avec le clash entraînant le départ précipité d’Adrien Rabiot. La revanche sauverait les apparences.

    Classement

    Pts J G N P bp bc dif

    1. PSG 73 32 23 4 5 71 27 44

    2. Lens 67 32 21 4 7 62 33 29

    3. Lille 61 33 18 7 8 52 35 17

    4. Lyon 60 33 18 6 9 53 36 17

    5. Rennes 59 33 17 8 8 58 47 11

    6. OM 56 33 17 5 11 60 44 16

    7. Monaco 54 33 16 6 11 56 49 7

    8. Strasbourg 47 32 13 8 11 51 42 9

    9. Lorient 45 33 11 12 10 48 49 -1

    10. Toulouse 44 33 12 8 13 47 46 1

    11. Paris FC 41 33 10 11 12 45 49 -4

    12. Brest 38 32 10 8 14 41 52 -11

    13. Angers 35 33 9 8 16 28 47 -19

    14. Le Havre 32 33 6 14 13 30 44 -14

    15. Auxerre 31 33 7 10 16 32 44 -12

    16. Nice 31 33 7 10 16 37 60 -23

    17. Nantes 23 33 5 8 20 29 52 -23

    18. Metz 16 33 3 7 23 32 76 -44

  • Mathieu Claveau encore vainqueur d’une course en duo

    Mathieu Claveau encore vainqueur d’une course en duo

    Parfois, la voile offre également des dénouements incertains et un suspense jusqu’aux derniers instants de la course. C’est ce qu’il s’est passé durant la 2e édition de la CIC Med Channel Race. Ce Marseille – Marseille, avec des passages par la Corse, la Sardaigne et Majorque, a finalement tourné en faveur d’un local. Membre de l’équipe Phare 40, le Marseillais Mathieu Claveau s’est imposé après 5 jours et 23 heures en mer avec son acolyte François Verdier. Les deux hommes ont empoché la victoire pour seulement 10 minutes et 15 secondes, par rapport au duo Naas/Torreilles sur leur bateau Stella Terra Nova. Le podium s’est même joué en 45 minutes avec la 3e place pour l’écurie RDT Logistic – Ocean Connect.

    « Cette victoire valide tout le travail engagé depuis le début de la saison. Nous avons eu des conditions très variées, du portant, du près, du petit temps comme du vent plus soutenu, et le bateau a répondu présent dans tous les registres. C’est extrêmement encourageant pour la suite. Le Class40 [voilier utilisé sur cette course, Ndlr] est très sain, performant et agréable à mener, et avec François nous avons trouvé un très bon fonctionnement à bord », détaille Mathieu Claveau, en pleine préparation pour la Route du Rhum, son objectif de l’année (1er novembre).

    Nouvelle course

    cette semaine

    Le skipper originaire de Lozère améliore son résultat lors de la première édition puisqu’il était 3e en 2025. Il l’évoque rapidement, mais son entente avec François Verdier s’est avérée être une évidence. Les deux navigateurs n’ont eu que trois jours ensemble avant la Paprec 600, à Saint-Tropez, mais « l’osmose » est présente entre eux. Ils ont justement remporté cette première course et enchaînent un nouveau succès avec la Channel Race. « Remporter deux courses d’affilée en Méditerranée donne beaucoup de confiance avant les grands rendez-vous de la saison. Chaque mille parcouru est précieux dans la préparation de la Route du Rhum, et cette course nous permet de franchir un nouveau cap sportivement. »

    Les événements s’enchaînent pour la paire Claveau/Verdier. Dès ce mercredi et jusqu’à dimanche, ils participeront à la Porquerolles Race, mais cette fois en équipage. Avec les deux hommes, des blessés de guerre comme compagnons de navigation. Car c’est bien le but premier de l’équipe Phare 40 et leur bateau Phenix, permettre à des militaires et gendarmes de retrouver une mobilité par la pratique de la voile. Les rendez-vous sont encore nombreux avant ce fameux départ de la Route du Rhum, à Saint-Malo.

  • Le club phare de Château-Gombert triomphe sur la scène féminine

    Le club phare de Château-Gombert triomphe sur la scène féminine

    Quelques semaines après avoir été sacré champion de France par équipes en National 1 de tennis-fauteuil, le Tennis Club de Château-Gombert a décroché, dimanche au Centre de Ligue Paca de tennis à Puyricard, un nouveau titre avec son équipe 1 féminine, sacrée championne régionale R2. Invaincues toute la saison, les Marseillaises ont conclu leur magnifique parcours par une victoire en finale face au TC Vitrolles (4-2). « Notre projet a porté ses fruits », s’est réjoui Stefano Cimtile, président du TC Château-Gombert, dans le 13e arrondissement. Aux côtés de Mathieu Chagachbanian, moniteur et entraîneur de la section féminine, il a assisté au sacre de ses protégées. « Ça fait trois ans que l’on travaille sur le développement de cette équipe », souligne le dirigeant, conscient que la Ligue demande davantage aux clubs de développer la féminisation du tennis. La présence d’Aurélie Sciara, présidente et membre de la commission fédérale Para-Tennis à la Ligue Paca, permet au TC Château-Gombert d’insuffler cette dynamique, au travers d’événements comme des portes ouvertes ou des opérations spéciales comme « ramène ta copine ».

    Franchir le pas

    « On s’est rendu compte que beaucoup de femmes se mettent des barrières et ne franchissent pas le pas », glisse Stefano Cimtile, un président très porté sur la question de l’inclusion au sein de son association. À l’avenir, le président marseillais souhaite continuer à développer le tennis féminin. Avec l’espoir d’être reconnu comme un club pionnier en la matière.

  • « Révoltes et dignités » se hissent sur scène à Marseille

    « Révoltes et dignités » se hissent sur scène à Marseille

    Nous entamons cette année un nouveau cycle en invitant une structure des Suds à s’immiscer dans notre programmation », amorce Fabienne Aulagnier, directrice des Rencontres à l’échelle. Pour sa 21e édition qui se déploie essentiellement à la Friche Belle de Mai du 2 au 13 juin, ce festival qui transmet la création contemporaine du Sud global, ensemble de pays non alignés sur l’hégémonie culturelle occidentale, convie la biennale d’art contemporain de Tunis, Dream City. Parmi les propositions communes de ces deux structures, Dignity, à voir du 5 au 7 juin. Imaginée par Chokri Ben Chikha, une enquête sur les traces « de l’impact des accords migratoires entre Tunisie et Europe pour mesure leurs impacts sur la société tunisienne », contextualise Fabienne Aulagnier. Nourri par des entretiens avec historiens, sociologues, militants et autres personnes issues de la société civile, un projet artistique qui prend pour point d’ancrage les expositions coloniales de Marseille en 1906 et 22, véritables « zoos humains » où figurait notamment « une famille de Tunisiens. Chokri Ben Chikha s’interroge sur la place de la dignité aujourd’hui. A-t-elle changé de place depuis l’époque des colonies ? », laisse planer la directrice des Rencontres à l’échelle à propos de cette pièce qui entend « remettre les droits humains au centre ».

    Afghanistan, Palestine…

    Tirant entre autres son origine du latin, langue dans laquelle l’échelle désignait le nom du bout de bois qui relie le bateau à la terre, le festival amarrera également à la terre marseillaise la dernière création d’Abdul Haq Haqjoo, artiste afghan forcé à l’exil par le retour des Talibans et débarqué à Marseille en 2021. Avec Wanderer, une larme échappée des fleuves afghans, cet homme de théâtre et marionnettiste tisse les 3 et 4 juin à la Friche un portrait autobiographique dans lequel il revient sur « son enfance dans son pays natal, son rapport à la religion ou encore au déplacement », situe Fabienne Aulagnier.

    Au total, une douzaine de spectacles, performances et autres lectures jalonnent Les rencontres à l’échelle, au cours d’une édition 2026 où « révoltes, dignités, travail sur les archives, collectes de témoignages et pluralité linguistique » sont les maîtres mots. Alors que guerres et crises traversent la Méditerranée, autant de marqueurs que le public pourra retrouver dans Language : no broblem de Marah Haj Hussein. Dans cette création qui passe de l’arabe à l’hébreu en passant par le néerlandais, le français ou encore l’anglais, cette comédienne et danseuse palestinienne y « raconte l’occupation israélienne à travers le langage. Car cette occupation annihile la langue arabe », rappelle la directrice des Rencontres à l’échelle, qui proposera d’autres spectacles et lectures en lutte contre l’effacement de la mémoire dans des pays tels que la Syrie ou le Liban.

    lesrencontresalechelle.com

  • Marché du Soleil : le procès de l’insécurité

    Marché du Soleil : le procès de l’insécurité

    Souriant mais affaibli, Georges Dahan, 81 ans, le patron du Marché du Soleil comparaissait lundi pour refus de fermeture d’un établissement recevant du public (ERP) malgré les arrêtés et mises en demeure de la Ville en 2023 et 2025 pour non-conformité aux règles de sécurité et, concomitamment, pour mise en danger d’autrui.

    Ce chef d’entreprise est à la tête depuis 1987 d’un bazar populaire de 3 600 m² près de la Porte d’Aix. Une opération de police et des douanes menée sous l’égide de la loi Narcotrafic a entraîné la fermeture par la préfecture le 30 janvier des 168 boutiques de vêtements, de quincaillerie… et parfois d’articles de sport contrefaits. 14 personnes dont 3 sociétés doivent être jugées en juin pour négoce en bande organisée de marchandises contrefaisantes et blanchiment. Trois policiers municipaux et un agent de la préfecture répondront, eux, de corruption et de trafic d’influence.

    S’agissant du volet sécurité incendie jugé lundi, le Marché du Soleil était sous le coup d’un premier arrêté municipal de fermeture de juin 2008 suite à un incendie, arrêté resté totalement inappliqué sous Jean-Claude Gaudin qui a laissé faire sa réouverture en 2015. Les travaux réalisés depuis n’ont jamais trouvé grâce aux yeux de la commission communale de sécurité et les deux arrêtés de fermeture d’octobre 2023 et octobre 2025, sont restés lettres mortes.

    « On n’était pas dangereux. On a mis pour 450 000 euros de sprinklers sur 3 000 m² et il n’y a plus de faux plafond. Nous avons six sorties de secours balisées. Aujourd’hui les commerçants pleurent d’être à la rue », proteste le patriarche. « à aucun moment le marché n’a été en insécurité », témoigne son frère Théodore, architecte. « On a l’impression d’un capharnaüm mais les choses sont régulées. Il y a des détecteurs, des extincteurs, des sprinklers, des exutoires de fumées asservies, Je ne sais pas où ils ont vu un péril imminent. On a fait 700 000 euros de travaux mais ils nous ressortent toujours les mêmes choses ! »

    « Il y a un risque majeur évident en termes de sécurité incendie sur ce bâtiment », oppose le procureur Guillaume Bricier. « En cas de survenance d’un sinistre, ces manquements exposent à un risque immédiat de mort ou d’infirmité permanente. Oui, tout le monde pense au drame de Crans Montana en Suisse même si notre saisine date d’avant », précise-t-il démentant que ce dossier soit instrumentalisé par l’autre volet pénal. De requérir pour « la gravité des manquements et la persistance à maintenir le marché ouvert » une peine d’un an de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et 5 ans d’interdiction de gérer contre l’octogénaire ; 75 000 euros d’amende et 5 ans d’interdiction contre sa société.

    « Dans ce bal des hypocrites ! »

    Plaidant la relaxe, Me Stéphane Ceccaldi, a rappelé que l’arrêté de fermeture de 2008 a été signé par l’adjoint au maire José Allegrini qui pourtant avait été l’avocat de George Dahan en 2005. « Entre 2008 et aujourd’hui, Il y a eu 25 procès-verbaux de la commission de sécurité, mais il faut attendre le 17 février 2026 pour que la Ville prenne un arrêté de mise en sécurité urgente sur un petit escalier branlant, après la fermeture préfectorale du 30 janvier 2026, ce qui veut dire qu’un arrêté “matraque” était possible. En réalité, chacun trouvait son compte dans ce bal des hypocrites ! » Se fondant sur un arrêt de la Cour de cassation, Me Ceccaldi rappelle que la violation d’une obligation de sécurité ne suffit pas, fut-elle particulièrement grave, pour caractériser une mise en danger délibérée, cynique de la vie d’autrui, « le risque devant être imminent, concret, immédiat et presque en voie de réalisation ce qui n’est pas le cas. Un travail de mise en sécurité progressive et de régularisation était mené face à une administration de plus en plus réticente à valider ».

    Délibéré le 6 juillet.

  • « Un festival pour promouvoir la culture de paix »

    « Un festival pour promouvoir la culture de paix »

    La Marseillaise : C’est la 3e édition du festival à Marseille, pourquoi un tel rendez-vous est important ?

    Michel Dolot : Dans un pays militarisé comme le nôtre, c’est important de trouver un cadre qui sort de l’univers guerrier et qui offre un espace de réflexion pour pouvoir cultiver la paix. Malheureusement, l’événement ne s’adresse pour l’instant qu’à un public restreint, mais l’objectif est de faire participer diverses organisations qui ont la paix au cœur et qui veulent faire de la sensibilisation. La paix, à l’inverse de la guerre, c’est un outil d’émancipation et un moyen d’unir les gens. Toutes les luttes sont concernées. À partir du moment où l’on prend conscience des dynamiques de domination, on comprend pourquoi il est nécessaire de défendre la paix. Cette paix a besoin du collectif et on s’efforce d’en créer un et de le consolider.

    L’art est-il un bon vecteur pour promouvoir la paix ?

    M.D. : L’art permet d’interroger. Il réveille la créativité et l’imagination dans chacun de nous, parce qu’on est tous plus ou moins artistes. C’est un espace qui permet de parler surtout de droit et de solidarité afin de réfléchir aux problèmes futurs liés à la coexistence entre humains sur une terre qu’on a poussée au burn-out. C’est par le prisme de la créativité artistique que l’on réfléchit à des solutions. On veut construire une humanité créative qui tient à maintenir la paix.

    L’événement a-t-il une résonance particulière sur le territoire ?

    M.D. : Il faut savoir que la région est le territoire qui observe le plus d’activité militaire et donc de mobilisation pacifique. Il faut néanmoins distinguer pacifique et pacifiste. Le pacifique considère que s’il n’y a pas de guerre, alors il y a la paix, or c’est plus compliqué. Le pacifiste, lui, pense à construire la paix et en fait une priorité dans son programme politique. Cela reste donc un mouvement national qui s’inscrit dans une culture de paix promulguée par l’ONU. C’est crucial que des organismes offrent cet espace de promotion de la paix puisque c’est pas l’État qui va s’en charger au vu de son implication militaire. On va pas parler de paix alors qu’on promeut notre puissance nucléaire.

    Festival « vivre ensemble pour la paix », du 11 au 16 mai, exposition visible dès ce mardi (vernissage mercredi 13 mai à 17h) à la maison des Associations, 93, Canebière, concert samedi 16 mai à 16 à la maison des associations.

  • Les lycéens lauréats du prix Elie-Kakou contre la grossophobie

    Les lycéens lauréats du prix Elie-Kakou contre la grossophobie

    Plus qu’un concours d’humour, le prix mobilise les lycéens contre les préjugés, par la création de sketchs en hommage à Élie Kakou, figure marseillaise emblématique connue et reconnue pour ses imitations. Cette année, le thème exploré était « la grossophobie ». Deux lycées professionnels se sont fait face dans cette finale : le lycée Charlotte-Grawitz (13e) et le lycée Jacques-Dolle d’Antibes. Les élèves ont su relever le défi en proposant l’imitation d’une modèle Victoria Secret en surpoids, le portrait d’une tante un peu trop proche du buffet et une visite médicale quelque peu décalée. Un spectacle scruté par un jury composé de Jean-Michel Jisphan, neveu d’Élie Kakou, Virginie Foucault, productrice, Emmanuel Fell de Ladurance, directeur artistique, auteur et metteur en scène de Dans la cour des grands et David Galtier, conseiller régional. Le lycée marseillais a finalement remporté la première place et un chèque de 1 500 euros destiné à des cours de théâtre et un prix personnellement remis par Brigitte Kakou, la sœur de la légende de l’humour. Pour Kyllian, grand gagnant du prix : « La grossophobie est devenue banale. Faire passer cette sensibilisation sur le ton de l’humour ça peut faire passer un message plus impactant que des rappels éducatifs et sérieux », estime-t-il.

    Rire pour comprendre

    Au-delà du rire, c’est le message d’Élie Kakou qui résonne. L’humoriste qui influence aujourd’hui encore les plus grands du métier savait imiter le Beauf, le Kabyle ou le Marseillais. Des figures du quotidien, souvent issues de l’immigration, qu’il incarnait avec une tendresse désarmante plutôt qu’une moquerie blessante. Pour Lionel Stora, président régional du Fonds social juif unifié : « On ne se rappelle pas de sa taille, de sa tête ou de ses origines. On se rappelle qu’il cultivait le goût des autres. » Un héritage que Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, résume ainsi : « Il incarnait une manière de voir la société en tant que juif, pied noir, tunisien. Il faisait rire la France entière avec son humour fin, pas toujours décalé et bien adapté. L’utiliser comme exemple pour la jeunesse, c’est leur montrer que l’humour permet de se faire écouter, comprendre, accepter et permet de lutter contre l’intolérance. » C’est précisément cette direction artistique qu’Amine Othmani, professeur au lycée Jacques-Dolle, a transmise à ses élèves : « Ils ne connaissaient pas Élie Kakou. Alors que moi c’était toute mon enfance. Donc, on a essayé de comprendre ses personnages, comme madame Sarfati : un cliché qui cachait une morale. » Lionel Stora a conclu solennellement, en s’adressant aux jeunes : « Vous avez le choix de répéter les préjugés ou de prendre du recul, les comprendre et d’éviter d’être perméable aux clichés. » Les protagonistes de ce prix auront la lourde tâche de décliner les thématiques en lien direct avec le harcèlement scolaire, au fil des éditions.

  • Une collecte de sang sur le Vieux-Port avant la saison

    Une collecte de sang sur le Vieux-Port avant la saison

    Le chapiteau de la collecte du sang vient d’ouvrir depuis une heure ce lundi ensoleillé et déjà les premiers donneurs affluent sur le Vieux-Port. Environ 900 donneurs sont attendus sur l’ensemble de la semaine. Sur place, le professeur Jacques Chiaroni, ancien directeur de l’Établissement français du sang Paca-Corse et spécialiste des groupes sanguins rares, explique les attentes spécifiques pour cette collecte : « Le secteur Paca-Corse n’est pas autosuffisant en poches de sang pour les transfusions. En période de pré-vacances d’été, le risque de pénurie est plus élevé, lié au tourisme dans la région. Grâce à cette collecte, nous allons réalimenter notre stock. » Marseille et Paris sont les seules villes-réserves de sang en France, avec respectivement environ 1 800 et 8 000 poches pour alimenter les différents secteurs.

    « La dimension quantitative est tout aussi importante que la dimension qualitative », continue le professeur Chiaroni. « En effet, il existe 400 groupes sanguins dans le monde. Cela ne se limite pas au système “ABO”, qui représente la surface des globules rouges. La médecine française manque de sangs rares, principalement de populations d’ancestralité africaine. »

    Des donneurs rares attendus

    Le spécialiste explique l’importance des donneurs d’origine africaine dans les collectes. « Des antigènes spécifiques existent en Afrique, le berceau de l’humanité. C’est là que l’on trouve le plus de groupes sanguins différents. Il existe notamment le système Duffy, qui s’est développé dans le sang des populations subsahariennes contre le paludisme. » Un système sanguin que l’on retrouve chez la quasi-totalité des personnes originaires d’Afrique, mais presque inexistant en dehors. « C’est pour cela que les événements de collecte sont importants. Ils attirent des populations moins informées sur le don du sang, mais ces dons sont nécessaires pour la médecine. » Le professeur souligne l’importance de la communication dans des médias faisant le lien avec le continent, mais aussi dans des lieux locaux comme les mosquées.

    Outre ces sangs rares, les donneurs jeunes sont aussi attendus durant la semaine. Il est possible de donner son sang dès 18 ans, jusqu’à la veille de son 71e anniversaire et si l’on pèse plus de 50 kilos. « Notre intérêt est de sensibiliser les futures générations de donneurs », explique le spécialiste. Le parcours de don au chapiteau dure une heure au total. D’abord, les donneurs remplissent un formulaire. Ils réalisent ensuite un entretien avec une infirmière pour déterminer s’ils sont aptes à donner leur sang. Dans la majorité des cas, il n’y a pas de contre-indications et, si tel est le cas, « elles peuvent être liées à des maladies récentes, à des prises d’antibiotiques et sont souvent temporaires », précise le professeur Chiaroni. Le don de sang dure une dizaine de minutes. « Le corps humain contient 5 litres de sang. Lors d’un don, on prélève entre 350 et 450 millilitres. » Le conseil du spécialiste : « Ne pas venir à jeun ! ».

    Chapiteau de l’Établissement français du sang, sur le Vieux-Port, ouvert jusqu’au vendredi 15 mai de 13h à 18h30 et le samedi 16 mai de 11h30 à 17h.