Tag: Manuel Bompard

  • La gauche veut des mesures d’urgence

    La gauche veut des mesures d’urgence

    La date n’a pas été choisie au hasard. C’est bien en réaction au projet de budget de l’État et de la Sécurité sociale que les centrales syndicales se sont unies et ont lancé cet appel à la manifestation et à la grève ce jeudi 5 novembre. « C’est donc le moment de faire des choix politiques de priorité budgétaire », insiste le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard qui liste « l’augmentation du Smic et des salaires, le blocage des prix et l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires. Des réponses formulées par les organisations syndicales et sur lesquelles le gouvernement doit désormais donner des réponses à la hauteur de l’ampleur des difficultés sociales que rencontrent un grand nombre des concitoyennes et des concitoyens ».

    Même son de cloche du côté des communistes qui réclament la mise en place de ces mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat, et qui, au-delà du blocage, continuent de plaider pour la nationalisation de TotalEnergie. « Les raffineurs sont des profiteurs de guerre qui créent les conditions d’une spéculation sur le dos des Françaises et des Français et il est temps que ça s’arrête ! », tempête le secrétaire de la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, Jérémy Bacchi. Il plaide également pour « des mesures d’encadrement des prix du gaz et de l’électricité » alors que dans le pays « un tiers des Françaises et des Français déclarent ne pas se chauffer comme ils le devraient en raison des coûts de l’énergie. Dans un pays comme la France, c’est extrêmement dramatique », fustige le sénateur communiste.

    L’élu s’appuie sur le baromètre 2026 du médiateur national de l’énergie publié mardi qui révèle que « 34% [des foyers interrogés] déclarent avoir rencontré des difficultés à payer certaines factures d’électricité ou de gaz, contre 18% en 2020 ». C’est 55% chez les moins de 35 ans. À cela s’ajoute l’augmentation de 35% des prix de l’alimentation depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017. C’est, par exemple, 56% de plus pour les légumes et 61% pour l’huile et le beurre selon les données de l’Insee. « On propose une loi pour choisir un panier de 100 produits à prix bloqués. Ce qui permet aux gens de manger sainement sans se ruiner. Quand on voit les milliards de profits de la grande distribution, on a juste envie de pleurer », cingle le sénateur écologiste Guy Benarroche qui critique les orientations gouvernementales : « Ce n’est pas en facilitant la dérégulation des grandes entreprises et en ne touchant ni à leur capital, ni à leur profit, ni à leur dividende, qu’on va faire en sorte que les citoyens vivent mieux. Ce n’est pas la solution. Et pourtant, c’est celle qu’on continue à appliquer. C’est celle que défend encore l’État libéral, qui est le nôtre actuellement », tacle le Vert.

    Des discussions en vain ?

    Au crépuscule de la macronie, les discussions autour des amendements permettent surtout de dresser un bilan. « Le gouvernement nous balade. Vous avez, sans accord formel, un axe entre la droite et l’extrême droite qui fait tomber tous les amendements qui permettraient d’améliorer ce texte », dénonce le député PS Laurent Lhardit. « Le plus probable, c’est qu’on aboutisse aux ordonnances, c’est-à-dire que le gouvernement reprendra son texte de départ. » Sans oublier l’article 49.3, qu’il peut dégainer à tout moment.

    Le socialiste appelle à s’inspirer du modèle espagnol avec « un changement de politique qui passe nécessairement par une relance économique qui favorise le pouvoir d’achat. Donc l’inverse de ce qui a été fait depuis 10 ans en aidant directement les secteurs de l’économie avec cette théorie du ruissellement ». Il rappelle par ailleurs que son groupe portera, lors de sa journée réservée le 19 novembre à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à baisser les prix du carburant à la pompe par l’encadrement des marges des raffineurs.

    « On a vraiment beaucoup à faire sur l’accompagnement de celles et ceux qui prennent leur voiture tous les jours, qui viennent généralement de milieu rural, des ouvriers et ouvrières, qui ont besoin de faire des kilomètres et en payent le prix fort beaucoup plus que dans les villes », pointe Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée nationale de Place publique. « La revalorisation du Smic telle que nous la proposons permet de donner un peu d’air à des personnes qui, aujourd’hui, se retrouvent asphyxiées par le coût de la vie », souligne-t-elle.

    Pour se dédouaner, l’exécutif aime à rappeler à l’envi, qu’en l’absence de majorité et à six mois de l’élection présidentielle, il a les mains liées. « Ce que le gouvernement a du mal à comprendre, c’est qu’il y a des millions de Français aujourd’hui qui n’ont pas le luxe d’attendre six mois pour avoir des réponses à leurs difficultés », alerte Manuel Bompard qui sera dans la rue ce jeudi. « Si nous voulons l’emporter, il faudra que ce débat budgétaire au Parlement soit accompagné d’une mobilisation sociale de grande ampleur », renchérit Jérémy Bacchi.

  • L’exigence de justice résonne toujours dans la rue d’Aubagne

    L’exigence de justice résonne toujours dans la rue d’Aubagne

    Huit poignantes minutes de silence respectées devant les 63-65, rue d’Aubagne en mémoire des victimes du 5 novembre 2018, puis une minute de bruit à hauteur des Halles Delacroix pour Mohamed El Khalfioui, décédé suite à l’effondrement d’un immeuble en travaux en juin. Dimanche, Noailles et Marseille ont rendu hommage aux victimes du mal-logement.

    Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l’appel du Collectif du 5 novembre et de nombreuses associations, pour cette marche pour un logement digne organisée à la veille de l’ouverture du procès en appel du drame de la rue d’Aubagne. « Nous voulons faire de ce procès un moment d’éducation populaire », lâche Kévin Vacher au nom du Collectif du 5 novembre, appelant à des « condamnations exemplaires » y compris pour Marseille Habitat, le bailleur social de la Ville.

    « Le modèle économique qui a conduit à ce drame n’a pas changé, la municipalité doit aller plus loin », martèle de son côté Patrick Lacoste (Un centre-ville pour tous), citant le maire de New York, Zohran Mamdani, avant d’appeler à faire pression pour la mise en place d’un encadrement des loyers sur la commune.

    Plafonner la protection fonctionnelle de Julien Ruas

    « Ils ne comprennent que le rapport de force. Si on ne reste pas déterminé et en colère, ils nous roulent dessus comme d’habitude », assure de son côté Camille François (Syndicat du logement de Marseille). « Ce drame qui n’aurait jamais dû avoir lieu pourrait se reproduire », prévient Bernard Eynaud (LDH) aspirant à faire du logement un droit pour tous à Marseille, en France et en Europe.

    En tête du cortège qui a déambulé dans la rue d’Aubagne de la place Paul-Cezanne à la rue Vacon, Mariella et Domenico, les parents de Simona, et Liliana, la maman de Fabien, tiennent le portrait de leur enfant disparu à la main. « Ne lâchez rien. Moi, je ne lâcherai jamais. Il y a eu un avant et un après effondrement, j’espère qu’il y aura un avant et un après procès », pose avec dignité, Liliana, s’avouant prête à reconnaître sa culpabilité, celle d’avoir inculqué à son fils la confiance en la parole des autres, et par là même celle de ceux qui lui disaient que l’immeuble ne s’effondrerait pas, si les accusés reconnaissent leur responsabilité à la barre du tribunal.

    Les députés (LFI) Manuel Bompard et Sébastien Delogu, suivis du maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, se sont joints à la foule. Ils ont signé dans la semaine avec Hendrik Davi (L’Après), présent du début à la fin de la marche, un courrier adressé au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, relayant la demande portée par les associations de plafonnement de la prise en charge des frais de justice de Julien Ruas. L’ancien adjoint (LR) de Jean-Claude Gaudin, en charge des périls, a été condamné en première instance. Sa défense aurait, selon les calculs du collectif, déjà coûté 365 000 euros.

  • Un cortège joyeux et revendicatif de retour à Toulon

    Un cortège joyeux et revendicatif de retour à Toulon

    « Tout s’est très bien passé, c’était une manifestation joyeuse et revendicative », se félicite Manon Magagnosc, secrétaire générale du syndicat CGT du centre hospitalier intercommunal Toulon – La Seyne-sur-Mer. Dans le Var, les syndicats étaient à l’initiative des mobilisations. L’intersyndicale CGT, FSU et Solidaires avait déposé un parcours de manifestation, validé en préfecture, pour ne pas voir se reproduire la situation de la semaine précédente, où la mobilisation avait été ballottée entre interdiction et autorisation de dernière minute après une contestation en justice. Le cortège s’est élancé depuis la Bourse du travail à 14h. « A 17h, nous avons quitté la place du marché où était en place un dispositif policier monstrueux avec une interdiction de passer pour rentrer par l’endroit le plus important ». Les forces de l’ordre indiquent avoir procédé à huit interpellations pour port d’armes, port de masque et cagoules, tentative d’usage de mortier, outrage et rébellion. Ch. C.

  • Cinq ans d’inéligibilité requis contre Sébastien Delogu

    Cinq ans d’inéligibilité requis contre Sébastien Delogu

    « J’ai décidé de laisser mon conseil s’expliquer à ma place, c’est mon droit ». Le député LFI Sébastien Delogu s’est ainsi positionné face aux juges devant lesquels il comparaissait, mercredi, pour recel de vol, atteinte au secret des correspondances et divulgation d’informations privées mettant en danger. Des délits qui lui font encourir jusqu’à cinq ans de prison, 350 000 euros d’amende et surtout l’inéligibilité.

    « On est privé d’un débat attendu », s’est alors étonnée la présidente, Anne Joncoux. « J’étais certainement mal conseillé à ce moment-là et j’ai agi dans l’urgence. Je ne comptais pas porter atteinte à M. Aragones et je lui présente mes excuses », a finalement consenti à dire le parlementaire, visiblement perdu dans sa défense, tout en multipliant les rictus goguenards. « C’est comme si vous lui aviez mis une cible dans le dos. Et s’il lui était arrivé quelque chose ? », l’a relancé la magistrate. « Je m’en serais voulu », a dit Sébastien Delogu, avant d’opposer de nouveau son droit au silence aux questions du parquet.

    « C’est du mépris manifesté à la justice ! Il n’est pas digne d’être député, a réagi Isidore Aragones. Il m’a sali et mis en danger moi et ma famille à cause de ses propos diffusés à ses followers ! Respecte un peu la justice ! »

    « Détourner la puissance de son mandat pour nuire »

    À l’origine des poursuites figure le vol d’une pochette de documents appartenant à l’avocat Isidore Aragones, lors du conflit social au sein de Laser Propreté, la société de nettoyage de la gare Saint-Charles. Une centaine de salariés grévistes avaient fait irruption, le 19 septembre 2024, dans le bureau de d’Isidore Aragones, qui venait de prendre la présidence de la société. Le matin même, une altercation avait eu lieu, provoquée par la fille de M. Aragones qui avait apostrophé et filmé Sébastien Delogu et Manuel Bompard, place Lulli, leur disant de faire attention à « leur bipeur », allusion à l’opération israélienne qui venait de décimer des dizaines de cadres du Hezbollah, au Liban.

    Quelques jours après, le 24 septembre, Sébastien Delogu balançait sur Instagram les documents de la pochette beige visible sur la vidéo, dénonçant le voyage à venir en Israël de M. Aragones, ancien président du Crif Marseille-Provence, pour témoigner de sa reconnaissance aux soldats de Tsahal. La folle story du député a été diffusée à l’audience. « Un député ne peut pas détourner la puissance de son mandat pour nuire, c’est trop indigne », a plaidé Me Dominique Mattéi, pour la victime. « La justice protège les citoyens, mais aussi la démocratie. Nul n’est au-dessus de la loi, pas même un député. Mérite-t-il encore de l’être ? »

    Pour la procureure Audrey Jouaneton, Sébastien Delogu ne pouvait ignorer que les documents avaient été volés. Il a exploité des tensions communautaires dans un conflit social « en jetant l’opprobre sur quelqu’un parce qu’il appartient à la communauté juive. C’est du doxing. De la part d’un député, c’est impardonnable ! » Au regard de « la particulière gravité des faits », elle a requis 2 ans de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité assortis de l’exécution provisoire : « Il a sali la fonction en accrochant des cibles dans le dos à des citoyens. Il a définitivement franchi la ligne rouge ».

    « Nous sommes dans l’apaisement et la reconnaissance », a conclu la défense, plaidant la relaxe. « Je m’excuse sincèrement. J’étais mal conseillé et j’ai fait des erreurs, des maladresses », a conclu le prévenu, penaud. Il doit encore comparaître en novembre pour une affaire d’outrage.

    Délibéré le 11 décembre.

  • Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Police municipale : des propos racistes révélateurs du RN

    Ils roulent vite ces bougnoules (…) J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan… ». Les propos racistes mais aussi misogynes, transphobes et complotistes de policiers municipaux de Carcassonne filmés à leur insu et dévoilés mardi 8 septembre par Midi Libre sont si abjects que le RN – dont est proche l’un des agents incriminés – s’est lui-même vu obligé de réagir.

    Christophe Barthès, le nouvel édile RN de Carcassonne, a qualifié les propos « d’inacceptables » et promis d’engager « des procédures et des sanctions (…) à la hauteur de la gravité des faits ». Lesquels remontent à novembre 2025, mais semblent, depuis son arrivée fin mars, avoir été portés à sa connaissance sans provoquer de réaction.

    Du côté du RN, pour lequel le principal auteur visé, un ex-militaire de 50 ans, était bénévole (notamment auprès de Jordan Bardella), il a été « immédiatement suspendu de ses fonctions de bénévoles auprès du service d’ordre du parti ». Une « procédure d’exclusion » a été engagée par le RN. « Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l’ensemble du corps de la police municipale. C’est évidemment un cas isolé », tempère le maire RN de Perpignan, Louis Aliot.

    Pour beaucoup d’autres au contraire, ce scandale est révélateur. À la fois des maux dont souffre la police et du vrai visage du parti d’extrême droite. « Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le RN ouvrent les yeux : rien n’a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme », a lancé sur X Manuel Bompard (LFI). La présidente PS de la Région Occitanie, Carole Delga, s’est dite sur X « écœurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne ». Elle a appelé à des sanctions.

    Du côté de SOS Racisme, qui a porté plainte et se constituera partie civile en cas de procès, « cette affaire grave montre une fois de plus la réalité crasse du racisme des individus qui gravitent autour du RN. Et l’absence de fermeté des élus face au racisme dans la police ». Le parquet de Carcassonne qui a fait suspendre les policiers, a fait savoir qu’une enquête est en cours depuis plusieurs mois. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’Inspection générale de l’administration (IGA). En 2023, le même prétendait qu’« il n’y a pas de racisme dans la police »…

    En novembre 2025, une patrouille de 4 policiers municipaux avait filmé à son insu 6h de ses interventions. Sur la vidéo, s’enchaînent les tirades tantôt misogynes : « Le patriarche, c’est celui qui commande à la maison, celui qui bande et qui a les muscles (…). les connasses à l’époque dans les grottes, si elles n’étaient pas avec leur mec, elles se faisaient buter à l’extérieur ». Tantôt complotistes transphobes visant Brigitte Macron. Et systématiquement xénophobes, comme sur la guerre d’Algérie. « Et alors ? On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! Et eux, combien de soldats ils ont niqué ? (…) Après, où commence la torture ? ». Enfin des relents colonialistes sur les peuples africains. « Entre tribus, ils se vendaient, ces singes (…) Je crois que je commence à devenir raciste ». Un éclair de lucidité dans un océan de vomi.

  • La caravane LFI en campagne à Marseille

    La caravane LFI en campagne à Marseille

    « Réveillez-vous, sinon, rien ne va bouger ! » Depuis son adhésion récente à La France insoumise, Daouiya encourage ses voisins à voter. Ce vendredi, cette habitante de la cité Jean-Jaurès a participé à l’unique étape marseillaise de la caravane populaire.

    Comme chaque été depuis 2016, l’opération sillonne la France. « L’objectif est de faire du porte-à-porte pour inciter les gens à s’inscrire sur les listes électorales et présenter le programme pour la présidentielle 2027 », résume Juliette, l’une des caravanières.

    Lutter contre l’abstention

    En 2022, selon l’Insee, plus de 10 millions de Français étaient mal ou non inscrits. Pour Manuel Bompard, député LFI de Marseille et coordinateur du mouvement, « une démocratie où 20 % des citoyens ne peuvent pas voter, c’est une démocratie qui ne marche pas ».

    Les militants sont allés frapper aux portes des immeubles, formulaires d’inscription en mains. « Vérifiez que toute la famille soit inscrite, c’est important ! », lance Manuel Bompard à un habitant. Plus loin, une habitante explique être toujours inscrite à Félix-Pyat, où elle vivait auparavant : un exemple de « mal-inscription » que les militants cherchent à éviter.

    Pour Philippe, militant des 13e et 14e arrondissements, le choix de Jean-Jaurès ne doit rien au hasard. « La clé pour 2027, ici comme ailleurs, c’est la mobilisation des quartiers populaires, assure-t-il. C’est ici que l’abstention est la plus forte. » Une conviction partagée par Krissi, membre du collectif des habitants du quartier : « J’encourage les jeunes à aller voter parce que, sans eux, rien ne pourra bouger ».

  • Alerte sur l’hébergement d’urgence à Marseille

    Alerte sur l’hébergement d’urgence à Marseille

    D’année en année, les recours dans le cadre du droit à l’hébergement opposable (Daho) explosent dans la région. 2 195 demandes ont été déposées en 2025, en hausse de 24% sur une seule année, concentrés essentiellement dans les Bouches-du-Rhône. Plus des deux tiers obtiennent une réponse favorable. « L’effectivité de l’accès à une offre d’hébergement n’est pas systématique », alerte cependant le rapport annuel publié à la mi-juin. Chaque mois, 11 246 nuitées ne sont pas pourvues par le numéro d’urgence, le 115. Jusqu’à la mise en place de critères qui « peuvent impacter la notion d’inconditionnalité de l’accueil prévue par le législateur » note pudiquement le rapport.

    Et les signaux d’alerte se multiplient. Dans un courrier adressé le 24 juin dernier à la préfète déléguée à l’égalité des chances, le réseau Hospitalité de Marseille dénonce des expulsions de lieux précaires qui se sont multipliées ces derniers mois, avec l’annonce de nouvelles interventions cet été. « La multiplication des expulsions sans perspectives crédibles de relogement ou de mise à l’abri risque d’alimenter une véritable fabrique de la grande précarité, écrivent les 17 associations du réseau. Elle entraîne des ruptures de parcours, fragilise les liens sociaux, nourrit le découragement et compromet les efforts engagés depuis plusieurs années. » Elles soulignent les conséquences directes « particulièrement lourdes », de la privation des accès à l’eau et électricité à une exposition accrue aux violences et risques sanitaires. « Les personnes concernées ne disparaîtront pas à la suite de leur expulsion », alertent-elles en réclamant un dialogue « constructif ».

    Lors du conseil municipal de Marseille le 26 juin, Audrey Garino l’adjointe (PCF) au logement avait aussi alerté sur le risque de fermetures de places. « On nous annonce une nouvelle fois des coupes budgétaires dans les crédits de l’hébergement quand trop de personnes appellent sans obtenir de réponses », dénonçait-elle (notre édition du 27/06), déplorant que les expulsions ne soient plus suivies systématiquement de mises à l’abri. Un message aussi relayé par le député LFI Manuel Bompard ce jeudi : à travers un courrier, il sollicite l’appui du préfet « afin d’éviter toute réduction des capacités d’hébergement sur notre territoire ».

  • Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau

    Depuis quatre mois, une famille vit dans une chambre d’hôtel relogée en urgence à la suite de menaces. Le couple dénonce depuis plusieurs années l’indignité de leur logement suite à des fuites actives d’eaux qui ont entrainé des interventions des marins-pompiers, des fissurations des murs, des infestations de souris et de punaises, des courts-circuits et des surtensions qui détruisent l’électroménager, une ventilation insuffisante, un manque d’entretien générale des parties communes, une dégradation importante de la cage d’escaliers.

    La veille, le 5 février 2026, trois inconnus s’étaient présentés à leur domicile pour une expulsion sauvage. « Tu as jusqu’à lundi pour quitter les lieux sinon on met le feu à ton appartement et on te tue avec ta famille » consigne le dépôt de plainte. Le matin même, une audience s’était tenue devant le tribunal de proximité avec leur bailleur pour dénoncer l’indignité du logement.

    Après avoir déjà connu la difficile copropriété du Gyptis, la famille emménage en février 2014 dans un studio au 4e étage du 5 rue des frères Perez (3e) un immeuble ancien et dégradé en contrebas de la tour Bel Horizon, cette copropriété privée de grande hauteur dont un réseau de drogue a investi des parties communes. Le 5, rue Pérez compte 24 studios issus de division d’appartements sur 5 étages dont une grande partie sont à présent squattés. A noter que depuis janvier 2025, le « permis de louer » s’applique dans le secteur Hoche-Versailles.

    « Depuis trois ans, les problèmes se sont aggravés. J’avais monté un dossier à l’ADIL et porté plainte contre l’ancien propriétaire qui a fait ensuite des travaux mais de camouflage » raconte Djamila, la mère. « Le 6 février au soir, deux types armés et un troisième qui se tenait en bas sont venus frapper à la porte. Je vais te butter, je sais où ta fille va à l’école. Je leur ai répondu que je n’avais pas peur. Les policiers qui sont venus m’ont répondu « on n’est pas payé pour vous protéger ». La mère qui milite à la France insoumise, obtient l’intervention des députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard. La préfecture le trouve un refuge d’urgence. « On était en danger. C’est trop de peur. J’avais préparé de quoi partir rapidement. Mais même à l’hôtel, on n’est pas tranquille. Un gars en trottinette est venu il y a trois semaines à la laverie me menacer. On n’est pas en Colombie pourtant… »

    Leur immeuble appartenait jusqu’en juillet dernier à Louis Dalbert, 89 ans, qui l’a revendu à la société I.A 2022 dirigée par le marchand de biens Chouki Hedhiri pour la somme de 326 000 euros. Les baux et quittance de loyer étaient tamponnés par une obscure association dénommée « Un abri pour tous » que gérait l’octogénaire. Un montage singulier qui explique que huit locataires soient titulaires de baux de sous-location de six mois à un an pour un loyer mensuel, charges comprises, de 450 euros, que trois studios sans loués sans bail, le restant étant squatté.

    Suite à cette vente, la SPLA-IN a visité l’immeuble et repéré des « désordres extrêmement importants » dans cet immeuble aux « logements très dégradés » et procédé à un signalement immédiat à la Ville, laquelle a déclenché des visites les 10, 15 octobre et 20 novembre et engagé une procédure contradictoire avant mise en sécurité, faute de travaux. Le document a été un temps affiché à la porte de l’immeuble.

    La semaine dernière, la situation s’est accélérée. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un commando d’une quinzaine d’individus cagoulés aurait fait irruption à 1h50 du matin dans l’immeuble, terrorisant les occupants, brisant les serrures pour les pousser au départ. « Ils étaient très nombreux. Ils ont cassé les serrures des logements. Mon appart est squatté alors qu’on a encore le bail. Ils ont frappé une personne » raconte Djamila sur la foi de contact gardé sur place. Une patrouille de policiers aurait alors interpellé 4 individus dont un jeune de 18 ans, les autres prenant la fuite vers la tour Bel Horizon Trois interventions policières ont eu lieu dans l’immeuble vendredi et dimanche pour des tentatives de squat. Contactés, ni le propriétaire, ni le syndic D’Agostino n’ont donné suite à nos requêtes.

    David Coquille

  • Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    Le Printemps marseillais s’affirme et la droite s’efface

    1er secteur

    1er et 7e arrondissements

    Quadrangulaire. Avec 43,25%, quatre points de plus qu’en 2020, Sophie Camard, la maire (GRS) sortante, réalise le meilleur score du Printemps marseillais sur la ville et se présente en ballottage favorable dans la quadrangulaire qui s’annonce au second tour. Arrivée en deuxième position, la candidate de l’extrême droite, Clémence Parodi (RN) atteint les 21%, le score réalisé il y a six ans par Sabine Bernasconi (LR). Omniprésent dans les médias, Romain Simmarano (Ren.) ne franchit pas la barre des 14%. Pour éviter cette déroute annoncée, le porte-parole de Martine Vassal (DVD) avait pourtant « fait tapis » en annonçant, vendredi, à 24 heures du 1er tour, un référendum sur le tram des Catalans, projet phare de sa candidate défendu mordicus depuis des mois au grand dam du Printemps marseillais… La liste insoumise de Sébastien Barles (Vaï) recueille 18,62% des suffrages.

    2e secteur

    2e et 3e arrondissements

    Triangulaire. Fief de la gauche et terre d’élection de Benoît Payan en 2020, le 2e secteur a renouvelé sa confiance au maire sortant Anthony Krehmeier (PS). Malgré plus de 60% d’abstention, le Printemps marseillais progresse même de 14 points (39,55%) par rapport à 2020. Dans ces arrondissements qui ont élu successivement Jean-Luc Mélenchon et Manuel Bompard à l’Assemblée, le candidat insoumis Alladine Abdallah Salim obtient 27% des suffrages. Ils se retrouveront en triangulaire avec Marie Bermejo (18,38%), la candidate RN. La droite qui avait 40% des suffrages éparpillés en trois listes en 2020, en récolte rassemblée, six ans plus tard, moins de sept. Solange Biaggi (LR) est créditée de 6,69%.

    3e secteur

    4e et 5e arrondissements

    Quadrangulaire. Didier Jau, le maire (EELV) sortant progresse légèrement (38,93%) par rapport au score réalisé par Michèle Rubirola en 2020 (37,38%). Dans ce secteur qui a profondément basculé à gauche, Bruno Gilles, l’ex-député maire (Hor.) a perdu pied (16,89%) et devance in extremis l’insoumise Léa Bijaoui (16,64%). Le candidat de l’extrême droite, Thomas Battesti (RN) est en embuscade, en 2e position avec 20,18%. En décrochant 7,34% des suffrages, la candidate trotskiste de Révolution permanente est en mesure de fusionner. Aucune décision n’a été prise pour l’heure. Reste une inconnue, les abstentionnistes, sachant que seuls 57% des électeurs se sont rendus aux urnes dimanche.

    4e secteur

    6e et 8e arrondissements

    Triangulaire. Après la victoire de Laurent Lhardit (PS) aux législatives, la gauche confirme son ancrage dans ce fief historique de la gaudinie. Olivia Fortin, la maire (Mad Mars) sortante arrive en tête avec 36,6% des suffrages. C’est douze points de plus qu’en 2020, et 2 300 voix d’avance (32,21%) sur le candidat d’extrême droite Jean-Baptiste Rivoallan (UDR). La triangulaire qui se profile au second tour avec Catherine Pila (LR) la place en ballottage favorable, délestée des candidatures de Victoire Diethelm (LFI), Christine Juste et du représentant d’Erwan Davoux. « Je veux croire que notre projet fraternel, solidaire et écologique puisse remporter la confiance des habitants », glisse la candidate du Printemps marseillais.

    5e secteur

    9e et 10e arrondissements

    Triangulaire. « Historique. » Le Printemps marseillais ne boude pas son plaisir de voir Pierre Huguet (G.s) pointer en seconde position (28,77%) d’un secteur compliqué qui a élu en juillet 2024 un député UDR quasi inconnu. Sans surprise, l’extrême droite arrive largement en tête du 1er tour : Éléonore Bez double son score de 2020 et s’affiche à 44,87%. Orpheline de Lionel Royer-Perreaut (Ren.), la droite dérape avec Laure-Agnès Caradec (LR) en 3e position (16,46%). Pour le Printemps marseillais, les réserves de voix de la candidate de la France insoumise (8,10%) ne suffiront pas mais Pierre Huguet veut y croire : « Il va falloir aller chercher les abstentionnistes [47, 44%, Ndlr] et ceux qui n’ont pas fait le choix du Printemps marseillais au 1er tour mais ne veulent pas du RN. Le seul bulletin qui permet de faire barrage est le nôtre à Marseille comme dans les 9-10. »

    6e secteur

    11e et 12e arrondissements

    Triangulaire. Comme dans les 9-10, le RN était favori sur ce secteur aux mains de la droite. Si le maire (LR) sortant, Sylvain Souvestre, résiste (23,47%), le grand remplacement de la droite est à l’œuvre. En 2020, les listes LR, Horizons, et Renaissance, éparpillées, représentaient 45% des suffrages. Olivier Rioult, transfuge de la droite vassaliste, en totalise désormais 43% sous l’étiquette RN. Il devance de plus de 10 000 voix, le candidat du Printemps marseillais, Yannick Ohanessian (PS). Arrivé second avec 26,67%, il « appelle l’ensemble des électeurs attachés à la République à prendre conscience de l’enjeu », et espère convaincre un électorat très peu mobilisé dans le 11e arrondissement. « Il y a un vrai delta de participation à aller chercher, comme cet électorat centriste qui au 1er tour a fait des choix différents mais n’acceptera jamais de voir le RN gagner une mairie de secteur. Une mobilisation générale doit s’opérer dimanche. »

    7e secteur

    13e et 14e arrondissements

    Quadrangulaire. Sandrine d’Angio, nièce de Stéphane Ravier et ex-maire de secteur, est arrivée en tête dimanche (39,78%). L’équivalent du total de voix réalisé par Tina Biard-Sansonetti, la candidate (PS) du Printemps marseillais (26,42%), et l’insoumis Mohamed Bensaada qui plafonne à 13,10%, juste devant la maire (DVD) sortante, Marion Bareille. « Dans les 13-14, on sait le mal qu’a fait le RN », rappelle Tina Biard-Sansonetti. « Il n’y a pas eu plus de sécurité, ils ont fermé des services publics de proximité et ont divisé notre secteur en excluant des enfants sur leur religion supposée ou la nationalité de leur parent. Je suis convaincue que ce secteur peut se relever, pour cela il faut être unis et j’appelle les habitants à se rassembler derrière ma candidature pour transformer ce secteur. C’est la seule alternative. »

    8e secteur

    15e et 16e arrondissements

    Triangulaire. Dans ce secteur d’élection du député Delogu, où 62% des électeurs n’ont pas voté, Samia Ghali (DVG) s’est imposée avec force (36,96%) et devance les candidats RN, Thibaut Charpentier (29,22%), et LFI, Rabyata Boinaheri (23,8%). On notera qu’avec 5,15%, le candidat (Ren.) Gérard Blanc obtient le plus faible score de la droite sur la ville. Samia Ghali va s’évertuer à convaincre et lance un message à Delogu : « Dans sa circonscription, son score est divisé par quatre. Moi, je le multiplie par deux. Après les municipales, il y aura d’autres élections et dans la vie on est responsable de ses actes, pour aujourd’hui comme pour demain. Moi j’ai toujours été claire face au Front national. Si on est un homme de gauche qui aime le peuple, quand on arrive 4e on se retire. »

  • À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    Au lendemain de David Fournier (PS), l’autre candidate de gauche à Avignon, Mathilde Louvain (LFI) tenait, ce jeudi soir, son ultime grande réunion publique à la salle de Montfavet. Deux salles, deux ambiances, mais un objectif commun affiché : être en tête de la gauche dimanche soir. « La ville est à un tournant, il va falloir tourner à gauche, très à gauche », campe Mathilde Louvain, en maîtresse de cérémonie, donnant la parole à plusieurs colistiers – venus du PCF, Génération.s ou Avignon collectif -, lançant clips de campagne et même un intermède musical avant de laisser conclure Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise.

    « Nous sommes la gauche la plus proche de l’esprit du Nouveau front populaire, qui tient bon ses promesses, car on ne peut localement se mobiliser contre le logement insalubre et pour l’école et accepter les budgets à l’Assemblée nationale », pique Manuel Bompard à l’endroit, sans le citer, du PS. Le député marseillais s’est attelé aussi à déconstruire « l’extrémisme » dont on affuble son parti. « Est-ce violent que de réclamer des repas de qualité gratuits à la cantine ou du logement social de qualité ? », questionne-t-il. Juste avant, Mathilde Louvain a décliné la même idée. « Notre radicalité fait peur ? Peur des cantines bio et gratuites, de la régie publique de l’eau, de la gratuité des transports », abonde la tête de liste qui a oscillé entre mantras programmatiques (fabrique des communs, démocratie) et punchlines : « L’écologie sans les besoins sociaux, c’est du jardinage » ou Olivier Galzi (DVD), qualifié de « technocrate fascisant ».

    Fusion oui, désistement non

    Mathilde Louvain s’est aussi revendiquée de Louis Gros, ancien maire bâtisseur et député qui avait refusé les pleins pouvoirs à Pétain. La veille, David Fournier, l’a aussi cité en exemple. « Nous travaillerons à une liste unique à gauche, dans le respect de nos marqueurs », annonce Mathilde Louvain quand son concurrent réserve sa réponse après le premier tour. Si côté David Fournier on serine l’idée d’un vote utile, Manuel Bompard répond « vote efficace » pour Mathilde Louvain, car « elle tendra la main pour rassembler la gauche au second tour et battre la droite et son extrême ». « Si on n’est pas en tête à gauche, on sera disponible pour une fusion technique pour constituer un front antiraciste et antifasciste », assure Manuel Bompard déclinant tout désistement, comme certains le réclament. « Pas au programme », certifie aussi Mathilde Louvain.