Tag: mandat

  • Les indemnités du maire d’extrême droite font réagir à Fréjus

    Les indemnités du maire d’extrême droite font réagir à Fréjus

    Grisé par sa victoire dès le premier tour, le maire de Fréjus n’a de toute évidence rien perdu de sa morgue et a continué d’adresser des remarques incisives à son opposition. C’est sans trembler qu’il s’est octroyé, lors du dernier conseil municipal qui s’est déroulé jeudi dernier, le maximum des indemnités prévues par la loi – soit 6 330 euros –, mais aussi, tant qu’il y était, la fraction la plus haute de ses frais de représentation, à hauteur de 800 euros mensuels. Il faut ce qu’il faut…

    Son opposition s’en est émue publiquement en fin de séance.

    à droite pour commencer. Mickaël Camilleri (Notre parti, c’est Fréjus) explique que les habitants auraient pu espérer que ce mandat commence différemment au regard du lourd endettement de la ville, rappelant « qu’il y a d’autres communes, dans un état financier pourtant meilleur que le nôtre, qui ont décidé d’envoyer un signal aux électeurs ». Et de poursuivre : « Ils ont décidé de servir la commune et non pas de se servir. » L’élu précisant qu’il « ne validera pas ce hold-up ».

    « Carrément ? Un hold-up autorisé par la loi… On imagine bien que vous auriez été bénévole si vous aviez eu la possibilité d’être maire », lui répondra le premier magistrat. Ce dernier jugeant que ce « bruit » ne traduit que de la « politique politicienne ». Et de conclure : « Votre aigreur de votre large et massive défaite ne me fait ni chaud, ni froid. »

    Double discours ciblé

    Du côté de la gauche, Christine Romano (PCF) fait habilement remarquer le double discours de l’extrême droite, et lance : « Malgré la volonté d’austérité votée par le RN avec les 4,9 milliards en moins pour les collectivités locales et les communes, vous, vous prenez le maximum. »

    L’élue de la liste rassemblant toutes les forces progressistes estime donc que, pour être cohérent avec la ligne politique du Rassemblement national, le maire devrait s’appliquer à lui-même la même discipline. « Je trouve que l’austérité, ça devrait être pour tout le monde », conclut-elle sous les applaudissements du public. Ce qui a beaucoup agacé l’édile.

    Ce dernier réplique, sans répondre sur le fond : « J’ai noté que vous étiez désormais partisane de l’austérité. C’est une découverte. Il y en aura sans doute d’autres, j’en suis sûr même. » Puis, l’élue lui faisant remarquer qu’elle n’était pas LFI – étiquette qu’il lui avait attribuée dans une réplique vide de sens –,le maire lance, visiblement à court d’arguments : « Vous êtes aussi communiste, socialiste, on sait, et verte. Et rouge surtout apparemment. »

    Dans un communiqué, la fédération varoise et la section de Fréjus du PCF déclarent : « Les communistes ne se laisseront pas impressionner par les diatribes de M. Rachline qui, par ailleurs, doit rendre des comptes à la justice. » Et de conclure : « Nous continuons à œuvrer pour l’honnêteté et la transparence dans la vie politique, pour des logements accessibles alors que les loyers explosent, pour un accès à des soins de qualité, pour la démocratie, contre l’hôtel de luxe à la base nature… »

    Une invitation à les rejoindre pour mener à bien tous ces combats.

  • Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    Robert Deledda, maire de la Cadière-d’Azur : « Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général »

    La Marseillaise : Vous prenez la succession de René Jourdan, qui a passé 37 ans à la tête de la mairie. Que ressentez-vous ?

    Robert Deledda : Une grande joie. Je veux prendre une belle succession car j’ai un profond respect pour René Jourdan. C’était un maire aimé. Je veux poursuivre toutes ses belles réalisations avec un nouveau projet, mais aussi penser à l’avenir.

    Vous n’aviez pas reçu son soutien, qu’il avait apporté à Marc Benoît. Vous étiez son premier adjoint : comment l’avez-vous vécu ?

    R.D. : C’est démocratique. Il y a des élections, il y avait une équipe en place. Les adjoints en place n’ont pas voulu se présenter et c’est Marc Benoît qui s’est présenté avec une partie de l’équipe. Moi, j’ai fait le choix de partir avec quelques conseillers municipaux, mais une équipe nouvelle, compétente et expérimentée, vraiment ancrée dans la vie locale. Ce qui nous a différenciés, c’est la méthode. La mienne, c’est écouter, agir justement, avec beaucoup de proximité, que ce soit avec les mondes associatif ou économique, et les quartiers. Ça a été un atout majeur, car on me connaissait depuis longtemps dans la commune. J’avais aussi mené des projets intéressants, au CCAS, à la résidence autonomie, au sein de l’Audat [Agence d’urbanisme de l’aire toulonnaise et du Var, Ndlr.], dont j’étais le 3e vice-président.

    La Cadière est une commune historiquement ancrée à gauche. Comment vous positionnez-vous personnellement ?

    R.D. : Notre liste était sans étiquette. Toutes les personnes n’étaient pas intégrées dans un parti politique. Une élection locale se base sur ce qu’on a fait en tant qu’élu, et ce qu’a fait son équipe : est-elle ancrée localement ? J’ai « recruté » dans le milieu associatif, en ciblant tous les quartiers, toutes les catégories socioprofessionnelles et les professions utiles pour notre projet. Moi-même, je n’ai pas de positionnement particulier. J’ai pris mes fonctions dimanche. On va se mettre très rapidement au travail, on va faire ce qu’on a dit et on va le prouver, en étant toujours à l’écoute. Je serai le maire de tous les habitants sans exclusivité. Mon leitmotiv, c’est servir dans l’intérêt général à La Cadière-d’Azur, et je ne dévierai pas de cet emblème.

    Le paysage politique s’est redessiné au sein de la communauté d’agglomération sud Sainte Baume. Quels seront les grands défis ?

    R.D. : On va bientôt faire une réunion avec le bureau des maires. Il faudra trouver un candidat rassembleur pour la présidence. Il y a trois projets sujets aux litiges : le remboursement de la dette du Grand prix F1, l’eau, et le désenclavement de la zone industrielle de Signes. Les communes doivent travailler ensemble et mutualiser certaines compétences. Il faudra trouver des solutions pour régler les problèmes de manière paisible et concertée, au bénéfice des habitants.

  • Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    Le danger RN écarté de la Métropole toulonnaise

    C’est un des effets des victoires du RN dans trois villes de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée (La Seyne-sur-Mer, Six-Fours, La Valette-du-Var) : de trois postes sous la précédente mandature, le RN va passer à 29 au conseil métropolitain. Mais la victoire de Josée Massi à Toulon, ville dotée du plus grand nombre de conseillers (35, contre 24, au total, sur les trois villes précédemment citées), va considérablement limiter son influence et son accès aux postes à responsabilité, déterminé par le vote d’un conseil métropolitain au sein duquel il n’est pas majoritaire.

    Il est ainsi très peu probable de le voir accéder à la présidence, qui devrait être cédée par Jean-Pierre Giran (LR) après sa défaite à Hyères, et à laquelle Josée Massi s’est déjà portée candidate. Il devrait en être de même pour les postes de vice-présidents (au nombre de 15 dans le précédent mandat, qui peut monter à 20).

    Sacco seul représentant de la gauche

    Il ne devrait donc pas y avoir d’élu RN au sein du bureau métropolitain (composé du président et des vice-présidents), organe chargé du pilotage des dossiers, ni aucun à la tête d’une commission (dirigées par les vice-présidents). Si elle pourra toutefois peser sur la construction des politiques, l’extrême droite n’aura donc pas les clés du processus décisionnel, au sein d’une assemblée dont les compétences (énergies, transports, déchets, logement…) sont importantes dans de nombreux domaines.

    Un conseil métropolitain au sein duquel Stéphane Sacco (GRS), tête de liste d’Uni.e.s à gauche pour La Seyne aux élections, sera le seul représentant de la gauche, alors qu’ils étaient trois entre 2020 et 2026. Une position difficile à tenir, qu’il devra toutefois usiter tant que faire se peut pour porter les voix progressistes de l’ensemble de la métropole.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Hyères, la fusion de Giran-Cornileau a tourné au fiasco

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Hyères, la fusion de Giran-Cornileau a tourné au fiasco

    Lors de son entrée en campagne, en janvier, Jean-Pierre Giran apparaissait confiant. Mettant en avant les réalisations de ses douze années de mandat, le candidat LR ne manquait pas de critiquer ses adversaires. Au premier rang desquels son ancienne adjointe au commerce et à l’animation, Véronique Bernardini, passée dans l’opposition en 2023 : « J’ai failli l’appeler Martine, car sa campagne, c’est Véronique à la plage, Véronique au marché… La politique, ce sont des idées, pas des postures, ni des carnets avec une petite blonde magnifique qui fait toujours un sourire identique. »

    Désaveu dès le 1er tour

    Se sentait-il en danger en passant sous silence les aspects moins reluisants de sa mandature avec notamment un rapport accablant de la Chambre régionale des comptes en 2024 ou la gestion calamiteuse de la villa Noailles, tandis que l’association Anticor multipliait les signalements à son encontre…

    La claque du 1er tour, avec une décevante 2e place (21,31%), loin de Véronique Bernardini (26,94%), l’a poussé, après un refus de rapprochement de Nicolas Massuco (SE), à se tourner vers un autre ancien adjoint, François Cornileau. Ce dernier, membre de l’UDR mais non investi par le parti ciottiste – c’est le candidat RN Jean-Michel Eynard‑Tomatis qui l’a été – menait une liste classée à l’extrême droite.

    Cette fusion, tentative de sauver les meubles et critiquée par certains colistiers de Cornileau, a sonné comme une débâcle. Au second tour, Jean-Pierre Giran perd près de 200 voix. Il arrive largement derrière Véronique Bernardini, qui s’impose avec 48,83% (20,82% pour le binôme Giran-Cornileau). Il perd ainsi son fauteuil de maire et la présidence de la Métropole TPM. Un désaveu et un déshonneur.

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Cogolin, la fin de l’ère Lansade suscite un regain d’espoir

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Cogolin, la fin de l’ère Lansade suscite un regain d’espoir

    Attablé dans un café du centre-ville, Francis José-Maria, président de l’association Place publique Cogolin et opposant de longue date à la politique d’extrême droite menée par Marc-Etienne Lansade, savoure l’instant. Sa commune, qui affichait le record de France du nombre de listes d’extrême droite en lice aux municipales (officiellement quatre), va pouvoir tourner la page grâce à la victoire d’Isabelle Farnet-Risso (DVD) : « C’est un soulagement, après douze ans de mandat. Lansade et son équipe ont maltraité la commune, avec une approche très clientéliste. Ils ont monté les Cogolinois les uns contre les autres, en fonction de leurs origines et de leur religion, et porté atteinte aux libertés des associations et de la presse. »

    La chute de l’édile aux onze mises en examen, condamné à 5 ans d’inéligibilité en juillet, « avec trois dossiers toujours en cours » précise-t-il, ainsi que celle de ses successeurs, est suivie d’une autre bonne nouvelle : l’effondrement de l’extrême droite, marqué par la défaite de Pierre-Yves Tierce (DVD), qui avait fusionné sa liste avec celle du RN Philippe Valet pour le second tour. « Lui qui se disait d’une droite présentable a, en plus, reçu le soutien de la plupart des autres listes d’extrême droite, et de Lansade. C’est la même stratégie que Ciotti ou que le maire de Sainte-Maxime, son mentor, qui l’a envoyé à Cogolin, et n’a pas hésité à prendre des membres du RN sur sa liste », explique celui qui a soutenu Isabelle Farnet-Risso, « qui était la plus proche de (ses) valeurs ». Un soutien dont Pierre-Yves Tierce a tenté de se servir : « Il a balancé des mensonges éhontés dans l’entre-deux-tours pour faire basculer une partie de l’électorat, disant que j’étais LFI, que j’avais un projet de camp pour migrants. Ce cocktail est un chiffon rouge ici. »

    Francis José-Maria souhaite que Cogolin devienne un « cas d’école » : « A contrario de ce qu’on veut faire croire, on a déjà essayé le RN, à Cogolin, à Toulon, et ça s’est toujours mal terminé. Les gens s’en sont détournés, surtout pour le côté affairiste. »

    Les habitants entre satisfaction et attentes

    Chez de nombreux habitants rencontrés dans les rues, ce changement de municipalité est également bien perçu : « Le maire a laissé une commune surendettée. Certains pensent que le FN est une solution pour la France, mais rien qu’au niveau communal, ça a été une catastrophe. On imagine ce que ce serait avec 70 millions d’habitants en voyant ce que ça a donné sur une commune de 12 000 », dénonce Christian. « Toutes ces affaires, ce n’est pas top pour l’image de Cogolin, mais c’est du passé maintenant », positive Juliet, jeune adulte à la tête d’une friperie dans la commune. Elle espère un renouveau urbain et intergénérationnel : « Le centre-ville a été mis de côté, il fallait un changement. Il faut redynamiser la ville dans son ensemble, prendre en compte tous les âges. Il faut motiver la jeunesse à rester, lui donner des coups de pouce, ainsi qu’aux saisonniers et aux commerçants, car Cogolin n’a pas atteint le maximum de ses capacités. »

    Un avis partagé par Vanessa, « contente de ce changement » pour l’avenir de ses enfants et qui espère « retrouver l’ancien Cogolin et la joie de vivre du village. On connaît Isabelle Farnet-Risso. C’est une Cogolinoise, elle est à l’écoute. Je crois que c’est ce qui a fait changer la donne, beaucoup de gens se disent qu’on va pouvoir prendre les choses en main avec elle ».

    Certains, comme Sébastien, qui a voté pour Pierre-Yves Tierce, se montrent plus dubitatifs : « On verra dans le futur si c’est positif », demande-t-il à voir. Comme Nicolas, qui a perdu foi en la politique : « Ils sont tous pareils. On verra bien ce qu’elle va faire, si elle suit son programme, c’est du lourd (sic). Cogolin n’est plus le Cogolin d’avant. Il n’y a plus de tourisme. Les voiries sont abîmées, il y a plus d’urgence à faire ça qu’à faire des bâtiments. »

    Quoi qu’il en soit, pour Nathalie, la nouvelle maire et son équipe vont « avoir du boulot » pour effacer les traces de l’ère Lansade. « Il faut prendre conscience que les gens doivent s’unir plutôt que se tirer dans les pattes. C’est ça qui fait la force d’un village. Il faut créer une harmonie, c’est un grand travail et je souhaite bien du courage à la nouvelle maire. »

  • À Nîmes, le nouveau maire Vincent Bouget lance son mandat sur le terrain

    À Nîmes, le nouveau maire Vincent Bouget lance son mandat sur le terrain

    À Nîmes, la première journée de Vincent Bouget (PCF) « maire élu » ressemble à un manifeste en actes. Pas encore officiellement installé – il faudra attendre le prochain conseil municipal – le vainqueur du second tour (40,97%) a choisi d’entamer son mandat au plus près de celles et ceux qui font vivre la ville. Lundi matin, dès 8 heures, au lendemain d’une alternance qui a mis fin à 25 ans de gestion à droite, direction le service des « Ateliers » de la municipalité. À ses côtés, Amal Couvreur, numéro deux de la liste.

    Dans un atelier aux odeurs de métal et de peinture, le ton est donné. Le nouveau maire serre des mains, échange quelques mots, écoute. Aux agents, il adresse un message simple, presque inaugural : la nouvelle équipe veut leur exprimer « toute la considération, le respect et la confiance ». Manière de rappeler que le service public municipal ne se décrète pas depuis un bureau : il se construit au quotidien, sur le terrain, avec celles et ceux qui réparent, entretiennent, aménagent, assurent la continuité.

    Cette entrée en matière n’est pas improvisée. Vincent Bouget l’avait annoncée dès le soir de sa victoire : « Nous nous adresserons aux agents de la Ville », première priorité avant la passation. « Ce sont eux qui feront vivre les politiques publiques », répétait-il pendant la campagne. Dans la continuité, il veut « embarquer » l’administration municipale dans la dynamique nouvelle : dès les prochains jours, il promet d’aller de service en service, de rencontrer les équipes, de prendre la température, de « rassurer » ceux qui doutent, et d’entendre les difficultés du quotidien. Le maire élu évoque déjà une tournée plus large des services entre avril et juin et, fin avril, des Assises du personnel pour partager les constats et recueillir les propositions.

    D’abord écouter

    L’après-midi, changement de décor : cap sur le centre-ville. À 15 heures, départ annoncé depuis la Petite Bourse pour une déambulation au contact des Nîmoises et des Nîmois. Là encore, le geste est politique : montrer, au lendemain d’une alternance historique, que le mandat s’ouvrira dehors, au milieu des habitants, et pas seulement dans les salons de l’Hôtel de Ville.

    Après la nuit de liesse au bar du Prolé et la marche vers la mairie, Nîmes se réveille avec un nouveau visage à sa tête. Et dès le premier matin, Vincent Bouget et Amal Couvreur veulent graver une idée : gouverner, ce sera d’abord écouter, rassurer et travailler.

  • Laurent Belsola élu maire de Port-de-Bouc, l’opposition absente

    Laurent Belsola élu maire de Port-de-Bouc, l’opposition absente

    D’habitude c’est nous qui les installons, cette fois c’est eux qui nous installent », s’amuse Laurent Belsola en référence au conseil municipal des jeunes installé au premier rang de la salle Gagarine samedi matin. Élus avec plus de 70% des voix au premier tour des élections municipales dimanche dernier, les candidats de la liste de Laurent Belsola (PCF) ont installé leur conseil municipal en public à la salle Gagarine, bien remplie. Sous la présidence éphémère du doyen de l’assemblée Christian Torres, accompagné du benjamin et nouvel entrant Samuel Lozano, le conseil municipal a évidemment élu Laurent Belsola maire de Port-de-Bouc à l’unanimité.

    Mais déjà, pour cette première séance d’installation, les cinq conseillers municipaux d’opposition d’extrême droite (RPR, allié au RN) conduite par Pascal Spanu et défaite au premier tour ne se sont pas présentés. « Cinq élus qui bafouent littéralement les valeurs de notre démocratie et méprisent ouvertement les Port-de-Boucains qui ont décidé de voter pour eux » tacle Laurent Belsola, accompagné par les huées de l’assistance lors de l’appel.

    L’extrême droite démissionne en chaîne

    Pire, le maire annonce que plus d’une dizaine de démissions en cascade ont eu lieu au sein de la liste opposante, dont les trois seuls maintenus sont Pascal Spanu (RPR), Véronique Martinez et Dominique Michelini, ce qui amène la 14e de liste Sabrine Mansouri à être appelée pour siéger. En cas de démission de cette dernière, les suivants « seront appelés au fur et à mesure dans l’ordre, et on verra s’ils siégeront » explique Laurent Belsola, qui estime que « la victoire massive qui a été la nôtre, à plus de 70% des suffrages exprimés, semble avoir ôté le goût de la chose publique à nos opposants ».

    À l’issue du conseil municipal, l’ancien 1er adjoint René Giorgetti, véritable mémoire de la ville du haut de ses sept mandats d’élu de 1977 à 2020, n’en revient pas : « Je n’ai jamais vu l’opposition s’absenter ! » affirme-t-il. « C’est un signal fort qui est envoyé » lance l’ancien élu pendant qu’au même moment une de ses connaissances l’apostrophe : « Vous avez vu ça le manque de respect ? C’est une honte ! » s’étonne cet habitant en direction des déserteurs. À noter que Virginie Pepe, élue sous l’ancien mandat, à la 6e place de la liste de Pascal Spanu et directrice de sa campagne fait partie des démissionnaires.

    Après que Laurent Belsola ait rappelé la charte de l’élu local, la présidence provisoire a procédé à l’élection de neuf adjoints au sein de son équipe, le maximum autorisé au regard de la taille de la commune, un choix que justifie Laurent Belsola par « l’inflation législative » à laquelle font face les élus locaux.

    Neuf adjoints élus

    L’équipe d’adjoints élue à l’unanimité est composée de Rosalba Cerboni (PCF) qui continue comme 1ère adjointe déléguée à la citoyenneté, Patrice Chapelle monte 2e adjoint délégué à la culture et à l’éducation populaire, Laurence Casandri devient adjointe déléguée à l’insertion sociale. Akrem M’Hamdi (PCF) qui enfile son écharpe le poing levé, passe 4e adjoint aux finances et au développement durable, Floriane Sotta (PCF) monte comme 5e adjointe au logement, David Guiot reste 6e adjoint au tourisme, aux festivités et au jumelage, Martine Muller devient 7e adjointe à l’éducation, Frédéric Bolano (PCF) nouvellement élu devient adjoint à la sécurité et Marie-France Nunez (PCF) passe adjointe déléguée au personnel et aux mobilités. Avec cette équipe, Laurent Belsola compte « continuer à défendre les piliers qu’ils [l’opposition, Ndlr] ont vilement tenté de dynamiter : le vivre-ensemble, la solidarité, le partage, la paix et l’émancipation des individus ».

    Le prochain conseil municipal aura lieu mardi 24 mars à 17h30. Contactée, l’équipe de Pascal Spanu n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Lionel de Cala, pour un nouveau mandat à Allauch

    Lionel de Cala, pour un nouveau mandat à Allauch

    Sur la place de l’Hôtel de ville, l’ambiance est festive et la météo clémente pour ce conseil municipal d’installation. Plusieurs centaines d’Allaudiens et d’Allaudiennes se sont réunies. Lionel de Cala (DVD) avait récolté 75,77% des voix au premier tour. Le maire sortant a été officiellement réélu pour un deuxième mandat avec 32 voix, à l’issue du vote des conseillers municipaux.

    La première ambition du maire reste : « La préservation de notre cadre de vie. » Il est revenu dans son discours sur son engagement pour « maîtriser totalement l’urbanisation et résister aux pressions foncières », et compare Allauch au « village gaulois qui résiste aux grands promoteurs immobiliers et aux pressions de l’État au titre de la loi SRU ». Un sujet que la gauche, qui revient au conseil municipal, aura à cœur de défendre, promet d’ores et déjà le communiste Frédéric Dutoit. Débat en perspective.

  • L’ombre de l’extrême droite sur Six-Fours et Draguignan

    L’ombre de l’extrême droite sur Six-Fours et Draguignan

    Laure Lavalette n’est pas la seule députée RN à avoir bien avancé ses pions au premier tour des municipales dans le Var. Si Julie Lechanteux, députée de la 5e circonscription, ne semble pas en mesure de prendre Roquebrune-sur-Argens, Philippe Schreck (8e) et Frédéric Boccaletti (7e) sont en bonne position à Draguignan et à Six-Fours, 5e et 7e villes du département, où ils sont en tête après avoir été battus en 2020.

    Le premier, qui n’avait recueilli que 12% des suffrages il y a six ans face à Richard Strambio (DVD), réélu dès le premier tour, en a cette fois obtenu 44,7%, contre 40,03% pour le maire sortant. Le second, candidat à Six-Fours pour la quatrième fois, n’avait pas empêché Jean-Sébastien Vialatte (LR), maire depuis 1995, de rempiler pour un cinquième mandat, lui aussi au premier tour. Il le devance aujourd’hui de 66 voix (45,23% contre 44,86).

    Assistants sulfureux et peine de prison

    Deux candidats qui, comme nombre de frontistes, savent se faire remarquer. Philippe Schreck, notamment, en ce qui concerne ses assistants parlementaires : l’actuelle, Maylis de Cibon, est membre de la Cocarde étudiante et du groupe néofasciste Luminis, proche du GUD. Il avait été contraint par le secrétaire du RN à l’Assemblée nationale de virer le précédent, Raphaël Ayma, chef de file du groupe néofasciste Tenesoun, quand la presse a évoqué sa participation à des hommages à des figures fascistes.

    Quant à Philippe Boccaletti, proche de Jean-Marie Le Pen, admirateur de Charles Mauras, il a détenu une librairie négationniste à Toulon, de 1997 à 1998 et fut condamné, en 2000, à 1 an de prison dont 6 mois ferme pour « violence en réunion avec arme ». Notons tout de même que son adversaire, Jean-Sébastien Vialatte, a récemment conclu un partenariat entre la mairie et la maison d’édition Fayard de Vincent Bolloré, et avait été condamné pour « provocation à la haine raciale » en 2013, assimilant, dans le contexte de la célébration du titre de champion de France du PSG, des fauteurs de troubles à « des descendants d’esclaves ». Quoi qu’il en soit, dans les deux villes, les progressistes, éliminés au premier tour, sont claires : « Pas une seule voix pour l’extrême droite. »

  • Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    « Vous vous êtes manifestement enrichi en ne déclarant pas volontairement vos salariés et ce pour un préjudice très conséquent pour l’Urssaf », a sans détour signifié la présidente Kennedy à un chef d’entreprise qui s’est vu infliger trois ans de prison dont deux avec sursis. « L’année ferme est aménagée sous bracelet électronique. C’est de la prison mais chez vous. »

    Eshat Cakmak, 44 ans, chef d’entreprise de construction turc, comparaissait mardi pour travail dissimulé et blanchiment. Par omission délibérée de déclaration d’embauche, de salaire et de cotisations sociales sur environ 500 travailleurs, ses deux sociétés ont engendré 4 682 927 euros de préjudice à l’Urssaf en 4 ans. « Votre chiffre d’affaires de 2020 à 2023 est de 5,7 millions d’euros. Vous touchez 323 000 euros sur la même période mais n’en déclarez que 15 000 tout en versant 45 000 euros non déclarés à votre épouse, gérante de droit », campe la présidente face à un prévenu mutique ou agaçant dès qu’il s’exprime. « Je ne me souviens plus. Je me sens pas bien. J’ai perdu mon père. »

    « Je ne regarde pas l’argent que je gagne »

    Le schéma délictuel est connu dans le secteur du bâtiment. « Une première société poubelle est créée à Marseille qu’on transfère ensuite à Bobigny pour minorer le risque de contrôle, détaille la vice-procureure Isabelle Candau. Quand elle est repérée, la société qui a pris beaucoup de chantiers – 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires par an – n’existe plus. Une autre société a repris tous les chantiers et fait quelques DPAE (Déclaration préalable à l’embauche) pour donner une apparence de légalité sans faire de DSN (Déclaration sociale nominative) pour ne pas payer les cotisations sociales. C’est un procédé récurrent dans le BTP. »

    Lors de la perquisition de son appartement, avenue Saint-Louis, 15e, pour lequel il touche 536 euros d’APL, les enquêteurs trouvent 5 300 euros en espèces, 22 cartes bancaires, saisissent 4 véhicules dont une Audi Q8, une Mercedes classe S. « Vous avez perçu 450 000 euros de revenus en 4 ans mais vous n’avez déclaré que 5 280 euros dans l’année », rappelle la juge. « C’est pas une vie de luxe, ce que j’ai gagné je l’ai perdu car je joue et j’aide aussi ma communauté. Je ne regarde pas l’argent que je gagne, je le distribue à mes ouvriers. Actuellement j’ai des problèmes de dos, je suis au RSA », crispe le prévenu.

    « Cette fraude sociale cause un préjudice financier colossal en cotisations éludées », expose Me Coralie Renaud pour l’Urssaf. Elle réfute la version proposée d’une négligence systématique et d’une inculture administrative. « On est face à un patron voyou », résume la procureure. « Il utilise notre droit social à son profit. Vous ne déclarez rien, vous ne payez rien, vous passez votre temps à enfumer, à faire disparaître les fonds pour gruger et créer de l’apparence. Tout, strictement tout, va dans votre poche. » Contre cette fraude sociale qui représente « 1 400 euros de pension de retraite pour 283 personnes pendant une année », elle demande 3 ans ferme avec mandat de dépôt.

    « Ce n’est pas le Stavisky du BTP ni un Machiavel de la finance ! » lance Me Olivier Kuhn-Massot « atterré en tant que citoyen de voir la dérisoire facilité à planter 4,7 millions d’euros à l’Urssaf. Et ça n’éveille personne ? » De réfuter un enrichissement personnel. « Il ne serait plus ici s’il avait accumulé une fortune en Turquie. » « Lui un donneur d’ordres ? C’est surtout lui qui en reçoit. Il a la tête du parfait abruti et il a été utilisé comme tel. C’est un pion sacrificiel », tente la défense.

    L’homme écope de 3 ans de prison dont 2 avec sursis, de 20 000 euros d’amende, de l’interdiction définitive de gérer et de l’obligation très théorique de verser 4 682 927 euros à l’Urssaf. Sa société est dissoute.