Tag: Mal Logement

  • L’insalubrité du parc social dans le débat à Marseille

    L’insalubrité du parc social dans le débat à Marseille

    Ce vendredi, dans le local de campagne du Printemps marseillais dans les 13e et 14e arrondissements, les langues se délient rapidement. « J’ai préféré quitter mon logement, il y avait des moisissures, des cafards », souffle une mère du Clos la Rose (13e), sous gestion de 13 Habitat. Alors que de premières victoires commencent à être remportées face à la lutte contre l’habitat indigne du parc privé, c’est l’état des logements sociaux qui focalise les critiques dans cette campagne.

    Dès le mois de novembre, le maire (DVG) pas encore candidat Benoît Payan avait haussé le ton contre le bailleur social du conseil départemental. C’est qu’à sa gauche, les Insoumis jouent de la confusion en mettant au même niveau les offices gérés par la droite, 13 Habitat et Provence Métropole Logement (ex-HMP) et celui de la gauche, Marseille Habitat. « Le problème est systémique chez les bailleurs, le propre d’une politique de rupture c’est de considérer qu’il y a une logique globale qui n’est pas respectée », répondait le directeur de campagne de LFI Hedi Bounouar. Le Printemps marseillais à l’inverse, qui a achevé le mandat en recapitalisant largement son bailleur social, veut démontrer la différence de gestion. « Marseille Habitat a enclenché une rénovation de 15 millions d’euros à la Paternelle, d’autres majorités ont fait le choix de mettre leur argent ailleurs », illustre Tina Biard-Sansonetti, candidate dans les 13-14, rappelant la volonté de créer un gendarme municipal du logement et d’une phase 3 de la rénovation urbaine, là où LFI s’oppose aux démolitions aujourd’hui lancées. Au risque de perdre des crédits de l’Agence nationale pour le renouvellement urbain parmi les 650 millions d’euros fléchés vers Marseille.

  • Logement social, bataille oubliée du scrutin

    Logement social, bataille oubliée du scrutin

    Après la déflagration des effondrements de la rue d’Aubagne, la bataille pour un logement digne avait été au cœur de la bataille des municipales en 2020 à Marseille, jusqu’à la défaite inattendue de la droite en gestion. Six ans plus tard, la thématique peine à s’imposer dans le débat.

    « Le sujet a plus ou moins disparu des discussions », s’alarme ainsi le directeur régional de la Fondation pour le logement des défavorisés, Francis Vernede. La crise pourtant n’a jamais été aussi aiguë. « On parle d’une année noire sur le logement, pointe-t-il. On n’a jamais eu autant d’expulsions locatives : à l’échelle des Bouches-du-Rhône, ce sont plus de 1 000 ménages ! » Dans le même temps, l’attribution de logements sociaux a atteint son plus bas niveau, avec seulement 21 100 demandes satisfaites en région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour 2024 sur 337 800 demandes (notre édition du 12/05/2025). De quoi nourrir l’envolée des prix et la prédation des marchands de sommeil, alors même que les besoins vont s’envoler entre l’attractivité de la région et la réindustrialisation annoncée.

    « Les candidats n’ont pas souhaité aller sur ce sujet parce que ce n’est pas ce qui sera payant », déplore Francis Vernede. Quand ils ne font tout simplement pas campagne contre la construction de logements, en particulier social. « Pour préserver le cadre de vie des Allaudiens, il faut résister à la pression foncière des promoteurs et de l’État qui nous impose 25% de logements sociaux », défendait auprès de La Provence le maire sortant (LR) d’Allauch Lionel de Cala, se vantant même qu’« aucune construction n’est sortie ». Et pourtant plus de 1 100 familles étaient en attente d’un logement social dans sa commune. À Marseille, ce sont les trois quarts des habitants qui sont éligibles pour en obtenir. « Le premier poste de dépense des ménages, c’est le logement, on ne peut pas l’oublier », insiste Francis Vernede. Et la publication en tout début de mandat d’arrêtés préfectoraux de carences en logement sociaux, pour les communes qui n’atteignent pas l’objectif de 25%, devrait le rappeler aux maires qui, dans les Bouches-du-Rhône, ont déjà dû payer 15,8 millions d’euros de pénalités en 2025.

    À Marseille, seuls les Insoumis y ont consacré une séquence de campagne, promettant de produire au moins 30 000 logements sur le mandat (notre édition du 06/03). « On sort des gros chiffres à la sulfateuse sans parler de l’assise financière nécessaire », déplore le directeur régional de la Fondation pour le logement des défavorisés. Au moment de présenter son programme le 17 février, le maire (DVG) sortant était de son côté revenu sur le travail réalisé au fil du mandat. « C’est extrêmement important de travailler encore et encore sur cette question », assurait Benoît Payan. Six pages de son programme y sont consacrées, promettant d’atteindre 25% de logements sociaux à Marseille et de mener une action foncière d’envergure. S’ajoutent l’augmentation des aides à la production de logements sociaux, des baux réels solidaires pour faciliter l’accès à la propriété et l’encadrement des loyers.

    « Vide sidéral » à droite

    Quant à la droite, le programme publié ce lundi n’a même pas de séquence dédiée. Si elle promet de « réhabiliter massivement le logement dégradé en reconstruisant la ville sur la ville » dans la continuité du travail conjoint entre la Ville et la Métropole, la candidate Martine Vassal mettait bien plus l’accent sur l’accès à la propriété, par un bail réel solidaire ou un prêt à taux zéro. « C’est le vide sidéral », souffle Francis Vernede, alors que l’accession à la propriété « concerne une part infime de la population ». Reste l’extrême droite, qui n’en dit pas un mot dans ses discours mais annonce dans son programme économique « pro-business » qu’il veut déréguler davantage le secteur. « Nous assouplirons la délivrance de permis de construire », s’engage le RN, en promettant de défendre les investisseurs et les propriétaires. Loin de l’urgence sociale.

    Et aussi

    16 communes carencées dans le Vaucluse

    Seize des 151 communes du Vaucluse restaient carencées au titre de la loi SRU en 2025. Pertuis arrive en tête des villes les plus sanctionnées, avec une amende qui dépasse les 660 000 euros, la plus élevée du département. C’est à Pernes-les-Fontaines que la pénalité a le plus progressé : la commune enregistre une hausse de +375%, passant de 95 000 à 454 000 euros. Une envolée qui illustre le retard important de la ville, qui n’a réalisé que 60 logements sur les 455 attendus sur la période précédente. Malgré l’inauguration de 27 villas sociales et plusieurs opérations engagées avec le bailleur Grand Delta Habitat, Pernes reste loin des objectifs de la loi SRU. Les deux communes incarnent les difficultés persistantes du département à rattraper la production de logements sociaux exigée par l’État.

    Dans le Var, le rythme reste insuffisant

    Le Var reste confronté à un déficit massif de logements sociaux. Le département compte 55 504 logements sociaux, alors qu’il en faudrait près de 47 000 de plus pour que toutes les communes respectent la loi SRU. Toulon, Roquebrune-sur-Argens, Six-Fours-les-Plages ou Saint-Cyr-sur-Mer, cumulent les pénalités les plus importantes au titre de la loi SRU.

    Sans surprise, la demande explose, avec 48 132 dossiers en attente. Face à cette pression, la préfecture tente d’accélérer la cadence : 1 261 logements ont été livrés en 2023, 1 458 en 2024 et 1 433 entre janvier et octobre 2025. Surtout, l’État a relevé les financements : 1 672 logements sociaux agréés en 2024, contre 2 500 prévus en 2025, portés par des bonus de subvention pour les opérations d’amélioration ou de reconstruction. Malgré cette dynamique, le rythme demeure insuffisant pour combler le retard, dans un département où la population continue de croître…

    Les efforts de Rosans dans les Hautes-Alpes

    Rosans, petit village de 500 âmes dans les Hautes-Alpes, compte 389 logements, dont 214 résidences principales. La commune se caractérise par un habitat majoritairement individuel (81,5% de maisons) et un petit parc social : 21 logements HLM (9,8% des résidences) initié par la commune. « On est les premiers à faire du logement locatif. Il y a un volet social important », indiquait dans nos colonnes le maire, Lionel Tardy.

  • À Aubagne, un groupe sonde les candidats sur le logement

    À Aubagne, un groupe sonde les candidats sur le logement

    « Nous voulons interpeller les candidats sur la place qu’ils font à ce sujet majeur, désormais première source de dépenses des Français », écrit, dans sa lettre ouverte envoyée la semaine dernière, le groupe logement solidarité Aubagne. Le courrier a été adressé aux candidats Gérard Gazay (LR), maire sortant, Mohammed Salem (SE), Giovanni Schipani (SE), Jean-Pierre Squillari (gauche, citoyens et écologistes), et Elodie Malek (LFI). À Aubagne, ville de 47 529 habitants, les problématiques de logement sont bien identifiées par ce groupe, créé il y a deux ans. Ce jour-là, autour de la table, figurent Roland Bourglan, référent à Aubagne de la Fondation pour le logement (anciennement Abbé Pierre), Christine Vandrame, Carmen Heuman, Cristel Migliaccio.

    « Le besoin local est immense »

    Et la situation est plutôt effrayante. Si la ville se trouve dans les clous du taux de logement social voulu par la loi, avec 27,4% et 5 500 logements sociaux selon le groupe ; 60% des demandes à Aubagne le sont « pour du logement très social, pour un public en grande précarité, dont les revenus sont en deçà de 13 000 euros par an », éclaire Roland Bourglan. Par ailleurs, 72% des Aubagnais sont éligibles au logement social. « Le besoin local est immense : 10 000 demandes de logement en cours à Aubagne, dont un peu plus de 3 000 concernent le logement social », cite Christine Vandrame. Aussi la lettre interroge : « Quel type d’offre de logements sociaux avez-vous l’intention de favoriser, en direction de quelle population ? » L’autre problématique majeure est celle du logement indigne. « Aubagne compterait le chiffre record de 21% de logements privés potentiellement indignes, soit environ 2 700 logements sur la ville », expose la lettre. Dans « logement indigne », on trouve le péril (danger pour la vie), et l’insalubrité (danger pour la santé). D’où la question aux candidats : « Quelles sont vos préconisations ? » Reste « le scandale des familles sans solutions de logement », épingle le groupe. Ils seraient 40 à 60 dans la ville, qui dorment dans la rue, dans des voitures ou des abris de fortune. Ouvrir une pension de famille serait une solution pour héberger, de façon pérenne, des personnes qui ne peuvent pas vivre seules. Gérard Gazay tout comme le candidat Jean-Pierre Squillari en souhaitent une. Le groupe voudrait savoir où elle serait localisée. Encore faudra-t-il se pencher sur le cas des personnes en situation de mal logement extrême.

  • La gauche dévoile ses priorités lors d’une réunion à Draguignan

    La gauche dévoile ses priorités lors d’une réunion à Draguignan

    La liste « Uni.e.s pour Draguignan » poursuit son cycle de consultations. Vendredi, ce sont les thèmes du logement, de la santé et des discriminations qui ont été portés par l’équipe progressiste, lors d’une nouvelle réunion publique.

    La première thématique avait fait l’objet d’une enquête auprès des habitants. Il en ressort « un mal-logement chronique dans les quartiers prioritaires : logements dégradés, problèmes d’isolation… 62% des sondés renoncent à se chauffer pour des raisons financières », analyse Sylvie Borgogno, colistière (LFI). Les prix des logements demeurent par ailleurs prohibitifs pour 67% des personnes interrogées.

    Pour un centre de santé

    Pour lutter contre la précarité, la liste souhaite encadrer les loyers, favoriser l’accession sociale à la propriété et lancer un programme de rénovation pour intensifier le « zéro logement vacant » et atteindre les 25% de logements sociaux fixés par la loi SRU, dont la construction sera priorisée. L’ensemble doit être réalisé selon un modèle durable, qui s’appliquerait également aux nouveaux programmes immobiliers.

    Concernant la santé, « comme partout en France, il y a un manque de médecins. On est classé en zone d’action complémentaire (ZAC) par l’ARS, on n’est pas complètement sous-doté par rapport aux zones d’intervention prioritaires, mais des gens sont tout de même obligés d’aller jusqu’à Fréjus », analyse Sylvie Borgogno. Alors que 42% des sondés renoncent aux soins faute de moyens et de médecins, que 58% se disent insatisfaits par les services hospitaliers et que 72% ont des difficultés à trouver un spécialiste, « Uni.e.s pour Draguignan » propose de créer un centre de santé (avec des médecins salariés et sans dépassement d’honoraires), un service de téléconsultation et de médecine de garde. La liste souhaite également encourager l’installation de médecins en finançant des étudiants en médecine qui s’engageraient à exercer cinq ans à Draguignan.

    La liste veut aussi favoriser la pratique du sport, la prévention (addiction, santé mentale…), l’environnement (transports verts, végétalisation…) et la nutrition (cantines et marchés bio, épicerie solidaire municipale, repas itinérants à faible coût dans les quartiers prioritaires…).

    Enfin, sur le volet discriminations, la liste veut mettre en place un guichet municipal destiné à la lutte contre les discriminations et les violences intrafamiliales, assorti d’un service d’accompagnement psychologique. Elle souhaite également renforcer les subventions aux associations œuvrant dans ces domaines et augmenter les capacités d’accueil d’urgence. Un plan de prévention est également prévu, incluant des ateliers d’initiation aux métiers de la tranquillité publique, ainsi qu’un moratoire et un audit sur la vidéosurveillance.

  • Noailles veut que le logement reste au cœur des municipales

    Noailles veut que le logement reste au cœur des municipales

    À Marseille, le sujet n’est pas nouveau. Alors, à l’approche des municipales (15 et 22 mars), eux entendent bien rappeler qu’il reste une urgence quotidienne et souhaitent donner la parole habitantes et habitants de Noailles pour le dire. Ce dimanche, à la Halle Delacroix, l’Assemblée des délogés et le Collectif du 5 novembre organisent un temps public pour faire entendre les voix mal-logement. L’objectif : dresser un bilan des politiques menées depuis sept ans et le drame de la rue d’Aubagne, et formuler des revendications claires à destination des candidats. Dans ce quartier marqué par les effondrements et hanté par les évacuations, la rencontre veut redonner aux citoyens un rôle central dans le débat.

    « Le but principal est de donner la parole aux habitants et d’attirer l’attention des candidats à la mairie. On ne voit pas grand-chose sortir sur le logement et encore moins sur le relogement », regrette Anissa, membre de l’Assemblée des délogés. Elle annonce une ambiance vivante : « Il y aura des crieurs de rue et peut-être une batucada », confie-t-elle, pour favoriser la participation et recueillir un maximum de retours sur les situations de mal-logement.

    De l’application de la charte

    Trois animateurs seront chargés de noter les propositions, afin de bâtir un socle commun de revendications : droit au retour des personnes délogées, encadrement des loyers, respect des engagements municipaux, avenir du lieu ressource de la rue d’Aubagne qui prend forme sur la « dent creuse »… L’enjeu est autant social que politique : réinscrire la crise du logement au centre des priorités, au-delà des seuls discours sur la sécurité.

    Pour nourrir les discussions, plusieurs acteurs associatifs du quartier seront présents : Kevin Vacher, Laura Spica, Dominique Carpentier ou encore Assia Zouane, des Minots de Noailles. Tous souhaitent revenir sur ce qui a été entrepris et laissé de côté, depuis 2020. Anissa rappelle que le Printemps marseillais avait fait du logement un pilier de sa campagne, avec des engagements forts sur le relogement et la charte du relogement qui devait l’encadrer. « Aujourd’hui, elle n’est pas appliquée. On aimerait la voir réapparaître dans les futurs programmes », souffle la militante.

    Si les organisateurs entendent peser sur l’agenda politique, c’est qu’au-delà du bilan se profilent, dans les années à venir, les vastes chantiers de rénovation urbaine portés par l’Anru. Près de 2 700 logements sociaux sont en cours de démolition, plus de 6 000 logements sont en réhabilitation et 1 000 logements du parc privé font l’objet d’interventions lourdes, selon les derniers chiffres de la Ville. De nouvelles vagues de délogements s’annoncent avec cette même crainte que, sans cadre clair, sans garanties sur le droit au retour et sans stratégie de relogement transparente, les mêmes erreurs se répètent.

  • Logement social à Aubagne : la Maison de l’habitat en première ligne

    Logement social à Aubagne : la Maison de l’habitat en première ligne

    Effet de la tension sur le logement, la Maison métropolitaine de l’habitat*, ouverte à Aubagne le 17 mars 2025 suite à une convention entre la Ville et la Métropole Aix-Marseille, a enregistré 1 119 sollicitations jusqu’en décembre dernier, détaille la Métropole. Cette structure a vocation à constituer un guichet unique, offrant information, orientation et accompagnement pour l’ensemble des démarches liées au logement. L’an dernier, l’essentiel des demandes ont concerné « le logement social, avec 533 sollicitations, portant sur le suivi des dossiers, les démarches et les délais d’attribution », nous a répondu la Métropole.

    Une offre étoffée en 2026

    Les questions juridiques arrivent en second, avec 337 demandes liées aux rapports locatifs (droits et obligations, dettes, charges, conflits). 77 signalements ont été transmis sur le mal-logement. Enfin, la Maison de l’habitat a accompagné des usagers dans leurs projets de réhabilitation, notamment pour l’accès aux aides de l’Agence nationale de l’habitat (121 sollicitations). Elle s’appuie sur un accueil physique et téléphonique, ouvert à tous. Afin d’apporter des réponses fiables et adaptées, elle mobilise un réseau de partenaires spécialisés, tels que Action logement, des associations sociales (…).

    Des permanences sur rendez-vous permettent un accompagnement personnalisé, notamment juridique, ou pour le montage de dossiers complexes. La Maison de l’habitat a observé « une hausse de demandes d’accompagnement » à partir de septembre dernier. De nouvelles permanences et un renforcement de l’offre d’accompagnement devraient être proposés cette année.

    * 71, allée des Verriers.
    Tél : 04.42.62.80.90.

  • Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    À la Beaucaire, 4 300 habitants répartis dans 1 761 logements, la question du chauffage revient chaque hiver. Mobilisés en 2023 contre la hausse de 40% des factures d’eau chaude et de chauffage, ce ne sont pas les prix -qui n’ont pas baissé- qui suscitent la colère des habitants cette fois, mais la température des logements. « Beaucoup de résidents ont froid. La situation est inégale selon les bâtiments, étages et appartements. Souvent, la régulation du chauffage collectif à 20°C (18 la nuit) ne permet pas d’atteindre 19°C », dénonce le Groupement d’action des locataires de la Beaucaire (Galb), qui a réuni trente personnes mercredi au pied de la tour 80. Alors que l’hiver s’installe, « dans les tours 78,79 et 80, le chauffage est hors-service dans les salles de bains depuis des années, provoquant des moisissures alors que les locataires payent. Dans les tours 81 et 82, des salles de bains sont sans chauffage malgré les travaux de 2023 », déplore le collectif. « Le radiateur de ma salle de bains, installé en 2012, ne fonctionne que depuis deux jours, grâce à de nouveaux travaux », note sa présidente, Sara Rozas Millan, 71 ans, locataire de la tour 81 depuis 27 ans.

    Ateliers de concertation

    Celle-ci dénonce une situation qui ne peut plus durer : « On a vécu ici avec beaucoup de problèmes, l’ascenseur notamment. On paye le chauffage au m² alors qu’on a des pièces non chauffées. On a de gros problèmes d’isolation. On veut un chauffage égal et constant pour tout le monde », lance cette ancienne aide-soignante à la retraite depuis deux ans. Mais aussi « pouvoir monter au-dessus de 19 degrés dans certaines pièces, et que les salles de bains soient enlevées des charges de chauffage pour les tours 78/79/80 », exige le groupement.

    Le bailleur social Toulon Habitat Méditerranée (THM), que le Galb doit à nouveau rencontrer le 9 décembre, indique, via son directeur de la gestion urbaine Julien Amoruso, que « la sonde extérieure, qui sert à réguler, déclenche le chauffage selon la température mais celui-ci ne se ressent pas de suite. J’ai demandé aux services techniques d’anticiper, il y travaille. »

    Selon lui, les travaux entrepris ne sont pas vains : « Des relevés dans des logements indiquent entre 19,5°C et 22,7°C. Les désordres sont localisés. L’amélioration des courbes de température gérées par le prestataire a permis de réchauffer. » Quant à l’isolation, « les DPE sont classés C à 70%, le reste D. On ne peut signaler une mauvaise isolation. Néanmoins, le ressenti ne se règle pas techniquement mais en écoutant les besoins. On peut ajuster la température selon les heures passées à domicile. C’est ce qu’on veut proposer via des ateliers de concertation. En réhabilitation, on planche sur un plan stratégique du patrimoine pour redéfinir les besoins au regard de la vétusté des bâtiments. La Beaucaire sera sûrement prioritaire », conclut Julien Amoruso.

  • Un si grand besoin de réparation

    Un si grand besoin de réparation

    Sept ans. Le même silence, la même souffrance. Lors de l’hommage rendu aux victimes des effondrements de la rue d’Aubagne, à l’heure du drame, la plaie est toujours béante.

    Les familles des huit Marseillais décédés sous les décombres le 5 novembre 2018 n’ont pas trouvé la paix après un procès tant attendu mais qui s’est soldé par un jugement très en deçà des réquisitions du procureur de la République.

    Ce mercredi, s’ajoutait à ce sentiment douloureux, une injustice supplémentaire : celle de l’expulsion de Reda Manaa, ressortissant tunisien, partie civile au procès, victime des effondrements de la rue d’Aubagne, malgré la demande de grâce adressée par sept parlementaires des Bouches-du-Rhône et le maire de Marseille, au président de la République.

    Enjeu de l’année à venir

    La Marseillaise, s’associe à l’hommage rendu aux victimes et à toutes celles et ceux qui réclament justice à l’occasion du procès en appel qui se tiendra dans un an.

    Engagée pour le droit au logement, elle avait lancé l’opération de #BalanceTonTaudis qui a provoqué des dizaines de révélations sur les profiteurs de misère et des milliers de délogements, avec la conviction qu’il fallait faire changer la honte de camp.

    Marseille, elle-même, a été touchée au cœur par ce drame et ses habitants doivent pouvoir se loger dignement avec des loyers abordables. La clé réside dans la rénovation et la construction de logements sociaux du XXIe siècle.

    Beaucoup a été fait mais beaucoup reste à faire. C’est l’un des grands enjeux de l’année à venir.

  • La réhabilitation de la cité des Aygalades prévue fin 2026

    La réhabilitation de la cité des Aygalades prévue fin 2026

    Inquiets pour leur sécurité en raison de l’avancée des dégradations du bâti, les locataires du bâtiment 4 de cette cité du 15e arrondissement, construite en 1965, ont lancé une alerte dans La Marseillaise du 25 octobre. « Les inquiétudes des locataires peuvent se comprendre, mais ne sont absolument pas justifiées », considère le bailleur social, assurant que des travaux « devraient débuter dans le courant du 4e trimestre 2026 ».

    13 Habitat prévoit une réhabilitation générale et thermique de l’ensemble de la cité et de ses 598 logements. « Ce chantier d’envergure est préparé depuis plusieurs mois, précise le bailleur. La maîtrise d’œuvre a été désignée l’année dernière. » Le programme, qui a été présenté à l’amicale des locataires, le 15 septembre, n’avait pas eu l’heur de rassurer les habitants du bâtiment 4. « Depuis 2023, on nous annonce les travaux, mais on ne voit rien. Un budget avait été validé pour un démarrage en 2025, mais on n’a rien vu », déplore Dalila Hezaima, qui « bataille depuis six ans » et a vu sa confiance mise à l’épreuve.

    Suite à notre interpellation, 13 Habitat s’est dit « parfaitement conscient de l’état actuel de la cité et de la nécessité de rénover les bâtiments et les logements ». Concernant la présence de fissures sur les immeubles et les balcons, la direction assure qu’elles « ne mettent pas en cause la sécurité du bâti. La maîtrise d’œuvre et le bureau d’études Axiolis ont réalisé des sondages au niveau de ces dégradations : les immeubles et les balcons sont stables ». Elles seront traitées dans le cadre du plan de réhabilitation.

    Quant aux fuites de canalisations qui se déversent en continu dans les parties communes et dans certains logements, « les agents de terrain de 13 Habitat vont aller vérifier sur place, pour engager si besoin une procédure d’intervention », explique-t-on.

    L’entretien en panne

    Les travaux qui doivent être entrepris sont d’ordre général et d’amélioration thermique. Des réunions « seront organisées l’année prochaine afin de présenter aux locataires de manière détaillée les travaux à venir. Dès le mois de décembre, une première concertation se tiendra dans le cadre d’ateliers organisés par la maîtrise d’œuvre sociale associée à la conduite du projet », indique encore 13 Habitat.

    Il faudra donc un an de patience supplémentaire aux habitants de la cité pour voir leurs conditions de logement s’améliorer. En attendant, les locataires demandent que l’entretien courant soit réalisé : « Pannes d’ascenseurs qui perdurent, interventions à la va-vite sur un chauffe-eau pas raccordé, un plafond troué laissé béant… », liste Djamal, également locataire du bâtiment 4.

  • Aymeric Lompret : « En spectacle, je me permets de faire les blagues que je veux »

    Aymeric Lompret : « En spectacle, je me permets de faire les blagues que je veux »

    La Marseillaise : Vous avez débuté le théâtre au lycée, avant de découvrir le one man show. Comment cette passion est-elle née ?

    Aymeric Lompret : C’est en allant voir Franck Dubosc en one man show. Mon père m’avait emmené le voir au Zénith de Lille, j’avais trouvé ça fou. Le théâtre, je m’y étais seulement inscrit pour séduire une fille. Je faisais partie d’une troupe qui s’appelait « Les Farfadets de Tourcoing ». Et ça a grave marché. J’ai fait mon premier one man show en 2010, sur une scène ouverte, au Moonlight Café de Lille. On faisait un sketch contre une pizza. Si le sketch était bien, on avait droit à toute la pizza. J’ai réussi à l’avoir en six mois.

    Après votre bac, vous avez entamé une prépa HEC (hautes études commerciales), dont on vous a exclu. Vous avez ensuite enchaîné les petits boulots, notamment comme ouvrier à la chaîne. Est-ce là le socle de votre engagement politique ?

    A.L. : Tout à fait, car j’étais apolitique avant cela, sinon, je n’aurais pas fait de prépa HEC. C’est le fait de bosser à l’usine qui m’a fait m’intéresser aux inégalités et aux questions de société. Je n’étais quand même pas syndiqué, car pour ça, il faut avoir plus de 50 ans et une moustache, que je n’avais pas à l’époque.

    Votre début de carrière s’est notamment joué dans le milieu des médias, avec une participation à l’émission « On ne demande qu’à en rire » de 2011 à 2013. douze ans plus tard, quel regard portez-vous sur cette aventure ?

    A.L. : Ça m’a apporté une rigueur de travail, mais c’était hyperstressant, hypercompliqué. Ça m’a fait avancer un peu plus vite, mais le problème, c’est que les sketchs n’étaient pas terribles et sont restés sur internet, donc ça m’a fait baisser en notoriété. Mais je ne regrette pas. Je ne regrette rien sauf mon ex.

    En juin 2024, en soutien à Guillaume Meurice (*), vous quittez « Le grand dimanche soir » sur France Inter. Cela vous attriste-t-il d’avoir dû vous détourner de l’audiovisuel public ?

    A.L. : Oui, c’est hyperdommage qu’on ne soit plus sur le service public, je pense qu’on aurait tous préféré y rester. Mais bon, tel qu’il est maintenant… C’est compliqué. Il y a plein de gens qui continuent d’écouter France Inter par réflexe et par conviction, mais après, on est bien à Nova aussi, et ça marche bien notre petit truc. Heureusement d’ailleurs, sinon, on aurait été un peu dégoûtés de ne plus avoir d’auditeurs, les médias étant aujourd’hui majoritairement à droite.

    Qu’est-ce que ça dit du métier d’humoriste ? Avez-vous la sensation de pouvoir l’exercer comme vous l’entendez ?

    A.L. : Il y a des choses qu’on ne peut plus dire, mais c’est tant mieux. C’est bien qu’on ne puisse plus faire des blagues homophobes, racistes, sexistes. Je pense que l’humour évolue très bien. Je ne sais pas trop si la liberté d’expression est bridée. Peut-être dans les médias, mais en tout cas, en spectacle, je me permets de faire les blagues que je veux.

    Vous êtes aujourd’hui sur Nova, dans l’émission « La Dernière », chaque dimanche, où vous défrayez l’actualité avec engagement et humour. Est-ce pour vous un bastion de liberté d’expression ?

    A.L. : On se censure quand même un peu, car il faut que ce soit drôle, et puis il faut que ce soit un peu intéressant et engagé, un peu politique quoi. C’est la seule contrainte qu’on se pose. De faire rire et de dire des choses.

    Depuis 2023, vous êtes en tournée avec votre spectacle « Yolo », dans lequel vous vous glissez dans la peau d’une personne sans domicile fixe. De quoi traite-t-il ?

    A.L. : J’y joue un sans-abri qui a perdu son chien dans la ville dans laquelle je joue. Il va donc le chercher et traiter de plusieurs sujets comme la solitude, la malbouffe, la montée du fascisme, de la solitude… C’est un spectacle social plus que politique. Je travaille avec la Fondation pour le logement, dont je suis parrain. Le mal logement est un sujet qui m’intéresse, donc c’était très cohérent de parler de ça.

    Au-delà de cette question d’engagement, comment l’idée vous est-elle venue ?

    A.L. : Je l’ai écrit avec Pierre-Emmanuel Barré, je suis arrivé avec cette idée de marginal qui a perdu son chien. Ça marchait bien avec le côté seul en scène, car souvent, ils sont seuls dans la rue. Et puis, c’est un personnage qui n’est pas très éloigné de ce que je peux composer sur les chroniques, où je suis un peu à l’arrache, où je parle de fait, d’abus… C’est un personnage qui me ressemble un peu.

    Comment rend-on drôle une thématique aussi lourde ? Y avait-il l’idée de sortir le public de sa zone de confort ?

    A.L. : Au-delà d’être un sans-abri, le personnage est un marginal. J’ai essayé de faire en sorte que toute la première heure soit rigolote. Mon personnage est en pleine montée, il rigole avec les gens. Ce n’est que lors des dix dernières minutes qu’il commence à bader un peu (sic). On n’a pas voulu faire un sans-abri cliché avec sa canette.

    Guillaume Meurice a été licencié « pour faute grave » par Radio France après avoir réitéré le 28 avril 2024 sur France Inter, une blague du 29 octobre 2023 sur le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qu’il qualifiait de « sorte de nazi mais sans prépuce ».