Tag: maires

  • Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    « C’est inédit, c’est une marche citoyenne », assure Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13, qui dénonce une police « à bout de souffle ». Sous l’Ombrière, les agents ont commencé à se rassembler, ce samedi 31 janvier, à l’appel du syndicat, dans le cadre d’un mouvement national. Manque de moyens humains, de respect, commissariats insalubres « avec des cafards et dont les plafonds s’écroulent », véhicules qui ont plus de 200 000 kilomètres au compteur… « On en a marre », s’indigne le responsable syndical.

    À Marseille, « on fait la une des journaux tous les jours avec le narcotrafic et le développement de la violence », recontextualise-t-il. Et d’évoquer le manque d’effectifs dans la filière judiciaire, « 20 millions de plaintes en souffrance ». Il appelle aussi à un « choc d’autorité » tout en affirmant que « chez Alliance, on ne fait pas de politique politicienne ».

    En attendant, élus et candidats aux municipales de droite et d’extrême droite n’ont pas manqué de tenir la banderole. Du conseiller régional et candidat Franck Allisio aux députés José Gonzales et Monique Grisetti pour le RN, à Martine Vassal (DVD) présidente de la Métropole, du Département et candidate à la Ville de Marseille, sa directrice de campagne, Laure-Agnès Caradec (LR), les maires LR des 11-12 et 13-14, Sylvain Souvestre, Marion Bareille ou encore Catherine Pila, référente de sa campagne pour les 6-8. Même si cette dernière assure que sa présence n’est pas un soutien de « circonstance ». Munie d’un drapeau, on retrouve aussi Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, de la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux…

  • Hervé Granier défend une croissance « maîtrisée » à Gardanne

    Hervé Granier défend une croissance « maîtrisée » à Gardanne

    Période électorale oblige, le maire sortant et candidat à sa réélection, ne fera pas le bilan de ces dernières années de mandat. « Sachez que nous continuerons à nous investir jusqu’au dernier jour et jusqu’à la dernière heure de mon mandat », promettait Hervé Granier (LR), ce samedi en halle Léo Ferré. Après les hommages, l’heure aura donc été davantage au constat. Sur le plan national, entre autres. À l’échelle locale, le premier magistrat partage celui d’un territoire en croissance. Certes, « la population a évolué ces dernières années (…) nous accueillons à bras ouverts les nouveaux habitants, mais tout en respectant l’âme de notre commune », estime Hervé Granier.

    Un conflit, pour finir

    Il poursuit : « Les afflux trop importants de population dérèglent les fonctionnements et c’est pour cela que j’y suis opposé. De nouveaux habitants, de manière maîtrisée, c’est aussi faire face à la demande pour de nouveaux équipements (…) Prévoir, anticiper, équiper en parallèle notre commune et répondre aux besoins, je dis oui… car on peut très bien grandir sans le traumatisme de barres d’immeubles défigurant notre commune ». Des vœux, qui pourtant se concluront par une passe d’armes. Après cérémonie, le maire relate, sur sa page de campagne, qu’au moment ou « l’ensemble des élus » montaient sur scène pour l’hymne national, « Monsieur La Piana, candidat aux prochaines élections municipales avec ses amis de l’extrême gauche et de la France insoumise, ont décidé de descendre de la scène ». Un geste expliqué par le Collectif Citoyen Gardanne Biver, inclus dans l’union de gauche de Jean-Marc La Piana : le refus d’être sur scène aux côtés d’élus d’extrême droite : José Gonzalez (député RN) et Stéphane Ravier (sénateur RN). « N’ayant rien à partager avec ces personnages, les élus sont descendus de la scène », conclut le collectif.

  • Les vœux réjouissants et volontaristes d’André Molino à Septèmes-les-Vallons

    Les vœux réjouissants et volontaristes d’André Molino à Septèmes-les-Vallons

    C’est en présence du maire de San Damiano d’Asti, Davide Migliasso, avec qui sa commune est jumelée, que le maire de Septèmes-les-Vallons, André Molino (PCF) a présenté ses vœux, vendredi 23 janvier, aux habitants.

    À moins de sept semaines du premier tour des élections municipales, le 15 mars, le maire (qui se représente) n’a pas dressé de bilan mais, comme la loi l’y autorise a détaillé avec gourmandise « les réalisations en cours et celle de l’année écoulée », à savoir 2025.

    « Ne pas céder à

    la pression foncière »

    Sur le plan de l’habitat, André Molino a évoqué « l’opération de réhabilitation-construction des logements acquis par la commune dans les noyaux villageois », en passe d’être terminée. Ainsi que le « dernier dispositif en date, le permis de louer à Notre-Dame-Limite, aux Caillols et à Septèmes-centre ». Ajoutant : « C’est un outil simple et très utile à l’amélioration de l’habitat. »

    Dans cette commune de plus de 12 000 habitants, l’objectif d’André Molino est de « conserver une bonne qualité de vie » et de continuer « d’attirer de nouveaux habitants » mais « sans jamais céder à la pression foncière, en respectant les équilibres existants et en préservant l’intégrité de nos 1 200 hectares en zone naturelle ».

    Outre le logement, le maire de Septèmes a insisté sur l’accès à la santé. « Le travail engagé continue, en lien étroit avec nos partenaires, dont la Communauté professionnelle et territoriale de santé. » Il précise : « Nous poursuivons un double objectif : créer les conditions d’une attractivité suffisante pour maintenir nos professionnels de santé en place et susciter l’installation de nouveaux. » Il annonce l’installation d’un « nouveau médecin dans les prochaines semaines au centre médical de la Gavotte-Peyret, dans des locaux acquis par la Ville à cet effet ».

    Cultiver le bien-vivre

    Le maire de Septèmes-les-Vallons est fier d’annoncer également que « les dix parcelles des jardins familiaux de l’Oliveraie sont prêtes à être mises en culture ». Et de détailler l’objectif de ce projet lancé en 2025 : « L’idée est simple. Que des familles septémoises ne disposant pas d’espace extérieur, puissent bénéficier d’un lopin de terre pour y faire pousser leurs fruits et légumes après avoir reçu une formation adaptée. »

    André Molino a tenu à saluer l’engagement des associations dans la vie de Septèmes-les-Vallons. Faisant montre du volontarisme de sa municipalité. « Cette vitalité associative, nous l’entretenons par une politique de subventions que nous maintenons malgré les contraintes financières, par un soutien technique, et par un travail minutieux de concertation avec chaque structure. »

    De l’importance de l’action communale en ces temps difficiles.

  • Les maires face à la baisse des dotations

    Les maires face à la baisse des dotations

    Danielle Milon, mlaire de Cassis. Bouches-du-Rhône(DVD)

    « Je n’ai plus de dotation de l’État si ce n’est pour la vidéosurveillance. Quand je suis arrivée, on avait 3,5 millions. Cela s’est amenuisé car l’État considère que Cassis est une ville riche par le prix du foncier. Pire, vous savez ce qu’ils m’ont fait cette année au titre du Dilico [dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités territoriales Ndlr] ? On a voté le budget de fonctionnement en mars et un mois plus tard on a reçu une lettre du Premier ministre qui me dit qu’on va nous ponctionner plus de 200 000 euros. C’est injuste. Je serre toutes les lignes de tous les services depuis des années, et je dois bien gérer ma ville puisque je dégage un autofinancement de 3 millions cette année. Alors oui, on a un casino mais on est passé de 38 à 28 millions de rentrées financières. Sans la Métropole je n’aurai pu faire aucuns travaux dans ma ville, le Département nous aide aussi mais ils vont devoir serrer les cordons de la bourse. Tout ça c’est très inquiétant, on est dans l’obligation de réagir et de regarder l’avenir avec optimisme. »

    M.R.

    Edouard Friedler, maire du Beausset. Var(sans étiquette)

    « Cette DGF n’est pas un cadeau de l’État mais un transfert des charges vers les collectivités. Le Beausset est une petite collectivité qui ne dispose pour ressources que de l’impôt et des dotations. Nous n’avons ni marina, ni casino, ni parking payant. La conséquence, c’est que dès qu’il y a un pourcent d’inflation, nous perdons environ 0.33% du budget communal. Chaque année, on fait une chasse au gaspillage. Entre 2023 et 2024, nous avons réduit nos dépenses de 10% et fait 140 000 euros d’économie sur l’énergie. Nous pouvons difficilement aller plus loin. Les besoins de la commune, ce sont les écoles, le sport, la défense anti incendie, la police municipale… Si cet amendement devait aller à son terme, ça entraînerait des réductions budgétaires sur des chapitres importants. Jusque dans les années 2010, la dotation suivait l’inflation. Depuis, le gouvernement l’a désindexée, il y a donc eu des baisses. Elle avait été réévaluée avec l’inflation en 2025, ce qui semble être le minimum. Pour moi, c’est d’autant plus incompréhensible que la candidate RN au Beausset, Madame Fiol est députée suppléante et attachée parlementaire. Je me demande si elle a une idée du fonctionnement du budget d’une commune. »

    Ad.B.

    André Molino, maire de Septèmes Bouches-du-Rhône(PCF)

    « Nous sommes très inquiets et ce n’est pas la première fois. Cela fait plusieurs années que nous sommes dans ce stress. Mais là c’est plus que d’habitude. On ne sait pas où on va, on travaille dans le vide. Pour le moment, on avance dans le cadre de nos projets, on a une maison de santé ou des parcs voltaïques à venir, mais en fonction des versements, il va falloir évidemment qu’on réfléchisse. Une fois de plus, ce sont les communes et les habitants qui vont avoir des problèmes. Alors on a beau jeu de dire que ce sont elles qui dépensent le plus mais si elles ne bouclent pas le budget, elles sont mises sous tutelle. Au-delà ce sont toutes les collectivités locales qui sont concernées. Cette baisse potentielle des dotations va se répercuter sur le Département. Et quand on voit aussi ce vote la semaine dernière inspiré d’une proposition du Rassemblement national… C’est bien beau de faire des déclarations à Marseille et faire tout le contraire à Paris. Selon comment ça se passe cela peut être des diminutions au niveau des services comme les crèches… »

    M.R

    .Robert Tchobdrenovitch, maire de Mirabeau.Vaucluse (sans étiquette)

    « On a des budgets de plus en plus restreints, que l’on ne tient plus que par la taxe foncière et les dotations de l’État [environ 75 000 euros sur 1,4 million d’euros de budget]. La suppression de la taxe d’habitation a été une catastrophe. Cette année, on n’augmentera pas la fiscalité mais nos capacités d’autofinancement diminuent chaque année. Je suis aussi président d’un EPCI [Cotelub] et le problème est similaire. Si c’est pour diminuer les dotations de l’État et derrière faire exploser les taxes foncières, je ne vois pas l’intérêt. On fait des économies mais on a des hausses considérables avec les produits alimentaires et les fluides. Cela se fait donc au détriment des investissements : on ne répare plus les routes, on ne construit plus rien ou alors il faut s’endetter et on se fait taper dessus pour ça. Il faut réfléchir à de nouveaux modes de financement, avec du public-privé, des SEM… Avant, on arrivait à 70-75% de subventions [croisées] pour financer des projets, aujourd’hui c’est plutôt 40 %. Pour rester crédible, il faut tenir nos engagements. Notre programme 2026-2032 sera plus modeste que le précédent. On est un poil maso mais on aime nos villages et on veut qu’ils prospèrent. »

    F.C.

  • Var : les cinq grands défis de Jean-Louis Masson pour 2026

    Var : les cinq grands défis de Jean-Louis Masson pour 2026

    Pour ses traditionnels vœux, le président (LR) du Département Jean-Louis Masson s’est entouré du préfet du Var, Simon Babre, et de ses conseillers départementaux. Étaient également présents de nombreux édiles, l’évêque de Fréjus-Toulon François Thouvet, mais aussi l’ancien maire de Toulon (2001-2023) et président du Département (1994-2002) Hubert Falco, proche de Jean-Louis Masson, qui l’a chaleureusement salué en dépit de sa condamnation en justice : « J’ai une affection spéciale pour lui. Il a parlé d’un département équilibré et unitaire. J’essaie de faire vivre cet héritage et j’espère en être digne. »

    Un hommage en forme d’interlude au cours d’un discours débuté par la présentation d’un « contexte international que je n’avais jamais connu. Je n’avais jamais vu l’armée américaine s’emparer du président d’une autre nation, qu’elles qu’en soient les raisons, ce qui est surprenant au XXIe siècle, comme voir la Russie attaquer un pays voisin. Et pour la situation intérieure, il n’y a aucune majorité et le budget n’a pas encore été voté. Si la France apporte encore des services du quotidien, c’est par l’engagement des collectivités ».

    Normes, budget, enfance…

    Jean-Louis Masson a ensuite énuméré cinq défis à relever pour la collectivité : « Le premier est celui des normes. Il y a dans ce pays 77 codes. L’association des maires de France dénombre 403 000 normes pour les élus. L’adage “nul n’est censé ignorer la loi” est une chimère. » Il a ensuite cité « le défi budgétaire. 3 400 milliards d’euros de dette, c’est une tragédie. J’avais proposé en tant que député une règle d’or : ne pas souscrire d’emprunt pour équilibrer un budget à base de dettes. Ça n’a pas été retenu. L’État a comprimé les dotations générales de fonctionnement des communes, mais la dette a doublé. »

    Troisième défi, celui de la protection de l’enfance : « Le nombre d’enfants placés sous la protection du Département a doublé en 10 ans, à près de 2 400. On a été désigné département d’expérimentation sur le sujet, en compagnie de la Gironde, avec qui on va organiser une mission. » Jean-Louis Masson a ensuite abordé le sujet de la « transition environnementale. On vient de vivre des catastrophes exceptionnelles : 2 ans de sécheresse, des inondations et incendies ravageurs. La réponse publique doit être au rendez-vous. » Dernier défi : la transition numérique et l’IA : « Le Var est quasiment totalement équipé en haut débit, mais la fracture numérique concerne encore un certain nombre de concitoyens. Quant à l’IA, elle ne doit pas prendre la place de l’intelligence humaine mais être un outil », a martelé le président du département, avant de conclure : « Travailler en équipe est essentiel. Et je crois que dans ce département on travaille en équipe, et c’est pour ça qu’on arrive à trouver des solutions. »

  • [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    Fin septembre, les gestes de soutien de plusieurs maires envers le peuple palestinien massacré ont suscité un déferlement de haine.

    A l’instar du maire LFI de Grabels, René Revol, ou de son homologue communiste de Cendras, Sylvain André, le drapeau palestinien a été hissé sur le fronton des mairies le 22 septembre, jour de la reconnaissance par la France de la Palestine.

    Un geste de solidarité aussitôt amalgamé par certains au Hamas et au terrorisme. Certes, de manière incompréhensible, les préfets de l’Hérault et du Gard avaient au préalable interdit cette symbolique. « On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole Ensemble pour la paix quand la guerre en Ukraine a commencé », s’étonnait Sylvain André.

    La seule provocation sera celle d’Alexandre Allegret-Pilot. Le député UDR s’est octroyé le pouvoir d’aller dans la nuit retirer le drapeau de la mairie de Cendras. Il n’a pas été inquiété depuis.

  • Diffamation : Hervé Granier, maire (LR) de Gardanne, obtient gain de cause

    Diffamation : Hervé Granier, maire (LR) de Gardanne, obtient gain de cause

    Seul Hervé Rigaud se tenait à la barre du tribunal correctionnel d’Aix. L’ancien conseiller municipal d’opposition et actuel soutien de Jean-Marc La Piana a été reconnu coupable, ce lundi, de diffamation à l’encontre du maire de Gardanne, Hervé Granier candidat (LR) à sa réélection, et condamné à 500 euros d’amende assortie d’un sursis avec obligation de poster sur Facebook un post faisant état de sa condamnation. Tout comme Laurent Deshaies, élu d’opposition du groupe mené par La Piana, absent à l’audience. Les deux hommes, qui n’étaient pas représentés par un avocat, doivent solidairement allouer à Hervé Granier la somme de 1 000 euros, qui sera reversée au CCAS de la commune.

    « Manque de sérieux »

    Les faits ont été ainsi résumés lors d’une première audience le 18 septembre dernier : dans un post Facebook, Hervé Rigaud faisait état d’un éventuel conflit d’intérêts en assurant avoir, clés en main, des éléments de preuve. Une « enquête manquant de sérieux », estime ce jour la cour. Laurent Deshaies avait republié ce texte incriminant « un maire qui croyait pouvoir faire beaucoup pour ses proches. Dans le conseil, il y avait aussi son ex-beau-père qui avait un grand terrain agricole dont l’intérêt d’urbanisation était proche du néant. Dans un élan de générosité le maire accepta de rendre ce lieu constructible et ainsi réserver un lot pour son ex-femme et un autre pour leur fille (…) soucieux d’éviter les affres de la justice, la procédure sera respectée rigoureusement. Mais c’est oublier que le népotisme, les conflits d’intérêts, le trafic d’influence ne sont pas des appréciations procédurales mais managériales. » Les mis en cause feront appel et transmettront les « éléments de preuve recueillis » à SOS Corruption, convaincus du conflit d’intérêts. « La justice a rappelé que la liberté d’expression ne signifie pas que l’on puisse dire tout et n’importe quoi, surtout en accusant un élu de la République d’avoir porté atteinte à la probité, réagit, Hervé Granier à l’issue de jugement. Messieurs Rigaud et Deshaies sont des membres publics et actifs de l’équipe de Monsieur La Piana dont ils sont très proches. Ce candidat compte donc dans son équipe deux personnes condamnées pour avoir commis une infraction pénale. »

  • Occitanie : ces maires qui se représentent

    Occitanie : ces maires qui se représentent

    Armand Rivière, Pézénas (Hérault)

    « On arrive encore à changer les choses »

    À quelques jours d’officialiser sa candidature (vendredi 12 décembre à 18h place des États du Languedoc), Armand Rivière, élu maire en 2020, a encore faim. « Les raisons de mon engagement et de ma passion sont intactes même si on se confronte aux difficultés financières, administratives et au changement de la société. » En repartant avec une équipe de gauche plurielle (hors LFI qui cherche à bâtir une liste concurrente), l’élu socialiste de 43 ans entend continuer à œuvrer pour le quotidien des habitants qu’il croise dans la rue. « On est amené à s’expliquer sur les projets contestés, sur des travaux qui durent… On est en proie directe avec les gens, on arrive encore à changer les choses. » Fier de son tarif progressif à la cantine (dès 1 euro), de la rénovation de l’école de musique ou encore de la création d’un festival, Armand Rivière insiste. « Gauche et droite ce n’est pas la même chose, il y a des choix politiques à faire. » S’il est réélu face à l’ancien député macroniste Philippe Huppé, le maire maintiendra le cap sur les « valeurs humanistes ». Sujet de discorde, le projet du quartier Saint-Christol avec son réseau de chaleur sera mené à terme « en préservant les espaces ». « Pézenas perd des habitants donc des dotations. Il y a un réel problème de logement. » R.C.

    Pierre Polard, Capestang (Hérault)

    « On va gérer en bon père de famille »

    Après deux mandats à la tête de Capestang, Pierre Polard a la conviction qu’il peut encore apporter à sa commune. Malgré les difficultés, il estime le mandat qui s’achève « satisfaisant car on peut encore agir sur la vie des gens, on se sent utile. L’envie d’agir est plus forte que les contraintes qui pèsent sur les communes ».

    Depuis 2020, la cantine est passée à 1 euro, de l’argent a été injecté dans les écoles et le principe de gratuité des fournitures scolaires a été établi. Une patte sociale et solidaire que le maire veut sacraliser. À l’avenir, il n’envisage pas de « projets pharaoniques ». « En terme d’équipements, on a tout ce qu’il nous faut : salle polyvalente, station d’épuration, bon réseau d’eau… On va investir sur l’espace public, le cadre de vie. Gérer en bon père de famille et attendre des jours meilleurs. »

    Depuis son divorce politique avec Jean-Luc Mélenchon, l’ancien insoumis est aux côtés de François Ruffin (Debout). Mais le « bazar de la politique nationale » ne le passionne guère. Son équipe de gauche renouvelée pourrait avoir face à elle un ancien soutien, Pierre Cuestas, et peut-être une liste aux relents du RN. « Une élection n’est jamais gagnée mais on a de bons retours, je ne suis pas inquiet. »

    Cyril Meunier, Lattes (Hérault)

    « En gestion, il faut être un vrai pro. Je ne laisserai pas Lattes à des incompétents »

    Maire depuis 2001, Cyril Meunier qui à l’époque se revendiquait « frêchiste », n’en a pas fini avec Lattes, 3e commune de la métropole de Montpellier. S’il se représente pour un « dernier mandat », c’est d’abord « parce qu’il y a des choses qu’on n’a pas terminées ». Par exemple le quartier Ode à la mer ou le pôle autonomie santé qui vient d’ouvrir et doit être accompagné. Tandis que la crise immobilière se poursuit, Cyril Meunier veut « embellir l’espace public » et faire du logement une priorité. « Si on se livre aux promoteurs, on est mort. »

    Au contraire, celui qui est aussi vice-président de la Métropole entend « conserver mixité sociale et générationnelle ». « Depuis mon arrivée, le logement social a été multiplié par 10 et ça marche, tout le monde s’intègre. On est passé de 250 à 570 demandes annuelles de logement social émanant de Lattois. Si on veut que nos jeunes s’installent à Lattes, il faut faire aussi de l’accession libre. » Voilà pour les dossiers. Côté motivation : « Je ne laisserai pas la ville à des gens incompétents. » Une manière d’entrer en campagne contre Jean-Noël Fourcade (DVD), le Ciottiste Josyan Oliva et le proche du RN, Wassim Boughnim. Consultant en développement local (auprès des collectivités) de métier, Cyril Meunier insiste. « Le combat contre l’État sera très dur. En matière de gestion, il faut être un vrai pro. » Craignant des jours sombres, il veut continuer « dans l’intérêt général ». « On ne va pas s’en aller au bord du précipice. »

    Florence Brau, Prades-le-Lez (Hérault)

    « Il faut s’accrocher, agir pour le quotidien, être un acteur du changement »

    Le 23 novembre, Florence Brau annonçait qu’elle brigue un second mandat à Prades-le-Lez, près de Montpellier. « On a été confrontés à beaucoup de difficultés : le Covid qui a fait exploser nos devis et le coût des travaux, l’incertitude née de la dissolution et maintenant les errements du gouvernement. C’est difficile de se projeter et de monter un budget », souffle l’édile écologiste qui s’attendait à davantage de subventions. « On va les chercher avec les dents. »

    Au vu de la situation nationale et internationale, Florence Brau concède qu’il peut y avoir du découragement. « On se sent parfois démunis face à la détresse des gens. Mais il faut s’accrocher, je crois qu’on peut encore agir pour le quotidien, être un acteur du changement. » Consciente de ses limites à l’échelle d’une commune de 6 300 habitants, elle imagine un second mandat plus participatif. « On va se rapprocher de la population, des associations, des commerçants. Il faut se serrer les coudes », insiste celle qui se dit soutenue par son équipe municipale et sa famille.

    Côté projets, l’édile écologiste entend poursuivre l’agrandissement des écoles maternelles, la rénovation thermique, la végétalisation, la déminéralisation et l’accessibilité en ville. « Il faut redonner leur place aux piétons. » Et plus généralement, tisser du lien entre les gens. « La ville a beaucoup grandi, il ne faut pas qu’on devienne une commune dortoir. »

  • Un centième édile inscrit aux Maires de Provence

    Un centième édile inscrit aux Maires de Provence

    Le mouvement s’élargit. Ils sont désormais 100 sur les 119 maires de la région Paca à adhérer au label des Maires de Provence créé en 2020 par Georges Cristiani (SE), maire de Mimet. Ce vendredi, à Pélissanne, sous l’œil d’une poignée de leurs confrères, Frédéric Vigouroux (DVG), maire de Ventabren et Patrick de Carolis (Hor.), maire d’Arles, ont couché sur le papier leur inscription au mouvement. Respectivement 99e et 100e maires à rejoindre ce cercle, la signature est actée à 100 jours du premier tour des élections municipales 2026. « J’ai signé un peu tardivement : vous connaissez la situation arlésienne, j’avais fort à faire pour redresser cette ville. On a commencé à le faire en diminuant la dette. Nous, maires, n’avons pas le droit d’avoir des budgets en déséquilibre (…) si la France aujourd’hui tient encore debout, malgré les engueulades, c’est parce que nous assurons une stabilité, qu’on est au feu tous les jours. On nous empêche d’avoir la réactivité nécessaire à notre temps, c’est ça qui nous préoccupe », précisait de son côté Patrick de Carolis, novice dans la fonction. Signature symbolique oui, mais aussi un moment saisi par les différents édiles pour réitérer leurs volonté de « rester des maires de plein exercice » à l’instar de la « France d’en haut », selon Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence.

    Prioriser le rôle du maire

    « Aujourd’hui, nous regrettons de voir chaque jour des instances supra-municipales nous gêner dans notre gestion de ce bien sacré : la proximité (…) qui nous empêchent d’avoir les outils pour réussir des politiques publiques meilleures, si nous avions les coudées un peu plus franches », poursuit l’édile salonnais. Urbanisme et construction de logements sociaux dans une région carencée, gestion des déchets… autant de sujets soumis aux injonctions « contradictoires » dénoncées, régulièrement, par les maires. « Nous arrivons à un mouvement de fond que l’on devrait suivre au plus haut national. C’est anormal qu’à l’Assemblée nationale, ce soit devenu le temple de la discorde alors que c’est un lieu ou doit régner la concorde dans l’intérêt des Français. Ils oublient qu’en France, il y a des gens qui vivent derrière Matignon, derrière l’Élysée, il y a des gens qui travaillent (…) on veut être dissociés de ce monde politique qui nous dirige sans se rendre compte que nous vivons et travaillons ici », introduisait de son côté Georges Cristiani, maire de Mimet. « Il y a beaucoup de sujets où l’on galère seuls dans nos communes, ajoute Pascal Montécot (LR), maire de Pélissanne. Quand on pose les sujets ensemble devant les institutions, c’est déjà plus facile. L’avenir, c’est la fédération des maires. » Des positions déjà évoquées lors de la Convention annuelle des maires, le 13 novembre dernier, où le président du Sénat plaidait pour un très controversé « acte de décentralisation ». « Ce que proposait Gérard Larcher, c’est comme une forme de libération, selon moi », glissait Georges Cristiani.

  • Occitanie : Patrick Malavieille, « La commune reste un îlot de confiance »

    Occitanie : Patrick Malavieille, « La commune reste un îlot de confiance »

    La Marseillaise : Que représentent pour vous, dans le contexte actuel de tensions nationales et internationales, les scrutins municipaux des 15 et 22 mars prochain ?

    Patrick Malavieille : Ces élections municipales de 2026 sont le premier rendez-vous démocratique majeur après une période institutionnelle agitée et dont nous ne sommes pas encore sortis, et la dernière étape avant l’élection présidentielle de 2027. C’est une séquence politique décisive pour la vie des gens.

    Au moment où l’État asphyxie financièrement les collectivités et notamment les communes, c’est l’occasion pour la population de refuser la casse des services publics et de réclamer, haut et fort, la libre administration de nos villes et de nos villages.

    Dans le Gard, mais la question se pose également pour l’Hérault et plus largement l’Occitanie, est-ce que ce scrutin peut réconcilier les citoyens avec la politique ?

    P.M. : Je le crois. Les habitants de nos communes sont profondément attachés à la vie locale, à la proximité. On le voit au travers du mouvement associatif qui reste fort, avec des engagements puissants. On le voit aussi avec des mobilisations locales, pour l’emploi, pour l’école, pour l’hôpital…

    Et en dépit des restrictions budgétaires, il y a beaucoup d’énergie locale, avec des citoyens pragmatiques et ambitieux pour le coin où ils vivent. Je crois que cette énergie pourrait être le levier de la reconstruction du lien civique.

    Pour la gauche, l’enjeu est de conforter des majorités municipales mais aussi de conquérir de nouvelles communes. Je pense notamment à Nîmes. Votre analyse ?

    P.M. : L’enjeu est immense. Reconduire partout des majorités sortantes de gauche, travailler partout pour rassembler autour de projets territoriaux ancrés dans l’intérêt général, voilà à mon sens ce que devrait être notre ligne de conduite.

    Dans les majorités sortantes, les élus communistes travaillent beaucoup et sont reconnus pour leur travail. Il faut l’amplifier. Pas question pour nous, comme l’a rappelé Fabien Roussel à Marseille, de présenter des listes face à des maires sortants, PS, LFI, Verts ou se réclamant de la gauche. Ailleurs, il faut travailler au rassemblement de toute la gauche, pour que nos communes, petites et grandes, soient des points d’appui pour la population. Un rassemblement sur la base d’un projet collectif construit avec les citoyens. C’est la démarche engagée notamment à Nîmes avec Vincent Bouget et Amal Couvreur.

    Face aux défis sociaux, démocratiques et écologiques, nous devons être force de propositions, dans une réflexion renouvelée qui place la commune comme le socle institutionnel majeur en lien avec les intercommunalités, les Départements et les Régions.

    Vous avez été député, maire de la Grand-Combe, vous êtes conseiller départemental. Au regard de vos actions et de votre expérience la question d’une décentralisation réelle se pose-t-elle ?

    P.M. : Cela fait longtemps que l’on en parle. Il y a longtemps qu’elle est promise mais jamais vraiment réalisée. C’est même l’inverse qui se produit depuis quelques années. Il faut redonner aux maires davantage de pouvoir de décision et, j’insiste, d’expérimentation. Les maires sont fatigués de la complexité que nous impose l’État dans de nombreux domaines. L’intransigeance, la tutelle de l’administration centrale sont insupportables. Souvent des décisions prises à Paris sont loin, très loin des réalités du territoire. Exemple : la carte de la politique de la ville… Et parfois, on arrive à des situations ubuesques où l’État en Région, préfets et sous-préfets qui sont souvent à l’écoute des élus locaux, se battent presque contre leurs propres services ! Mais que l’on ne se méprenne pas, les communes ont besoin de l’État, notamment avec des dotations à la hauteur des charges qui leur ont été transférées mais aussi pour accompagner les territoires où l’industrie s’est effondrée. En un mot, ce n’est pas d’un État en moins dont nous avons besoin mais d’un État en mieux.

    Alors que sur le plan national c’est la confusion, les municipales peuvent-elles être un moment de clarification ?

    P.M. : La défiance envers les institutions nationales, Président de la République, Gouvernement, Parlement, atteint des sommets, du jamais vu ! Et dans le même temps, un ancrage demeure encore solide, c’est le lien des Français avec leur commune. Alors que beaucoup de nos concitoyens sont dégoûtés, il faut bien le dire par l’actuelle séquence politique, un récent sondage montre que 70% des Français se déclarent intéressés par les prochaines élections municipales. Cela se vérifie sur le terrain où les élus locaux sont perçus de manière différente. Il me semble que la commune reste un îlot de confiance dans une mer de défiance et notamment ceux qui ont le plus de difficultés peuvent y jeter l’ancre !

    Santé, logements, transports, écoles, services publics, etc. Les priorités sont nombreuses. Comment montrer que l’on peut répondre à ces besoins et tordre le cou à la résignation ?

    P.M. : Il faut partir des réalités locales et des besoins de la population. Et à chaque fois, en faire des batailles publiques en s’appuyant sur les forces vives des localités. L’austérité imposée par l’État aux collectivités locales menace directement nos services publics. L’enjeu de mars 2026 sera de répondre aux besoins de la population par le développement de ces services. Il nous faudra en faire une mobilisation populaire et une question politique majeure par l’intervention des usagers et des travailleurs. Je propose que l’on réfléchisse à la structuration d’une commission locale des services publics par commune en y impliquant les usagers, les agents, cela pour ouvrir un débouché aux luttes locales et contribuer à des avancées immédiates et concrètes. N’attendons pas le grand soir mais travaillons pied à pied pour des jours plus heureux.

    L’extrême droite mène une véritable guerre culturelle et idéologique. Résister est nécessaire mais est-ce suffisant ? Ne faut-il pas aussi la combattre par des projets ?

    P.M. : Le RN et les idées qu’il véhicule, sont un poison pour le pays. Il faut rappeler que ce parti s’est construit sur les vestiges du régime de Vichy, régime contre lequel s’est érigée la République. Cela pour montrer que les attaques continuelles contre les contrepouvoirs, qu’ils soient institutionnels ou médiatiques, ont bien pour objectifs l’affaiblissement du débat public et la ruine de la démocratie. Mais cela ne suffit pas ! Il faut être ambitieux et novateur dans la manière de construire au niveau local les solidarités humaines. Logements, emploi, transports, santé, culture, sport, éducation, sécurité. À chaque fois, prenons bien la mesure de notre capacité à y répondre. Parlons à l’intelligence de nos concitoyens en les requestionnant sur le concept du vivre ensemble. Abordons la question du racisme, de l’antisémitisme, de l’homophobie, des violences faites aux femmes, de la paix, de l’avenir de la planète…

    Mettons en garde aussi contre les vieux refrains réactionnaires, nationalistes, patriarcaux, virilistes. Contre aussi les chansons tristes de déni climatique et du complotisme. Les élections municipales vont nous servir aussi à tout cela.

    Et si, il y a une chose à réarmer en France, c’est bien les consciences. Nous allons nous y employer.