Tag: maires

  • Christophe Bouillon : « Ne pas faire l’impasse sur les petites villes »

    Christophe Bouillon : « Ne pas faire l’impasse sur les petites villes »

    Le maire (DVG) de Barentin (Seine-Maritime) était jeudi soir à Avignon pour une rencontre avec des maires et élus vauclusiens. L’occasion de poser leurs attentes avant la présidentielle.

    La Marseillaise : Quel rôle joue l’APVF et quel est le sens de votre venue à Avignon ?

    Christophe Bouillon : L’association est un réseau qui s’adresse aux communes entre 2 500 et 25 000 habitants. C’est un lieu de ressources qui permet de se nourrir de l’expérience des territoires que l’on représente. On n’est pas simplement du côté des problèmes, on est aussi du côté des solutions. Les solutions, je m’en nourris tous les jours, mais d’abord auprès de mes collègues, ici à Avignon mais aussi demain [vendredi] dans le Gard ou l’Hérault. La force d’un réseau c’est important. Ça permet aussi à des maires de dire « je ne suis pas tout seul ». Je suis élu en Normandie mais heureux de savoir qu’ici, on a quasiment les mêmes sujets, les mêmes centres d’intérêt et sans doute les mêmes solutions.

    Vous avez engagé un tour de France en vue d’interpeller les candidats à la présidentielle. Quelles sont vos priorités ?

    C.B. : La conviction que l’on a, c’est que les défis se jouent dans les petites ou moyennes villes, où vivent 26 millions de Français. On ne peut pas traiter la question du vieillissement de la population, des enjeux d’accès aux soins, de transition écologique et énergétique, de mobilité… si on ne passe pas par les petites villes. C’est même là que se joue le basculement de ce pays : le sentiment d’abandon, de mépris y est très fort et nourrit une certaine forme d’extrême. Si on se destine à devenir président, on ne peut pas faire l’impasse sur les petites villes, il faut être dans les radars des différents candidats à la présidentielle. En ce moment, ils nous font la danse du ventre en disant « parrainez-nous », nous, on a envie de dire « engagez-vous pour les petites villes ». Le but c’est d’ici à octobre de mettre sur la table des premières propositions. S’il y avait une priorité, ce serait d’avoir plus de liberté. Le prochain président devra poser un acte de confiance vis-à-vis des territoires, en disant « on sait qu’un euro dépensé sera un euro utile, on vous donne les marges de manœuvre suffisantes pour adapter le pays ». Il y a besoin de simplifications, aujourd’hui, on crève des procédures trop longues et la multiplication des normes.

    Vous parliez aussi de « situations kafkaïennes » mais aussi qu’être maire était « épanouissant ».
    Ce n’est pas contradictoire
     ?

    C.B. : Maire, c’est l’anagramme d’aimer. Même s’il y a des violences faites aux élus, on reste parmi les élus qui sont les plus appréciés. On ne fait pas ça par hasard, il y a un lien très fort avec le territoire. La plus belle des récompenses, c’est quand on voit que tel ou tel projet a rempli sa fonction. Le côté décourageant, en effet, c’est quand on est confronté à un État tatillon, à des procédures à n’en plus finir. Il y a des risques parfois qui sont réels. Mais quand on fait la balance, ça penche plutôt côté épanouissement que côté découragement.

  • Vincent Jeanbrun veut simplifier les normes pour relancer l’investissement locatif

    Vincent Jeanbrun veut simplifier les normes pour relancer l’investissement locatif

    C’est une loi attendue par les professionnels de l’immobilier et par les propriétaires. Le projet de loi « Relance Logement » dit « Dispositif Jeanbrun » – en écho au nom du ministre de la Ville et du Logement – a été adopté en première lecture par le Sénat mercredi. Objectif : relancer l’investissement locatif et créer 2 millions de logements d’ici 2030. Avant son passage devant l’Assemblée nationale en octobre, Vincent Jeanbrun est venu en discuter avec les professionnels du secteur, à Hyères, jeudi, dans les locaux de « la Boîte Immo ».

    Il y a découvert les pratiques de cette entreprise technologique au service de 14 000 agences immobilière grâce à une plateforme logistique basée sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Les outils d’IA sont nécessaires et très pertinents, car ça permet de gagner du temps, et surtout, ça opère une véritable révolution, qui limite le temps où un logement reste vacant », abonde Vincent Jeanbrun. Et cela va dans le sens de son projet de loi, qui se veut être « un choc de simplification ».

    « Figer les règles du jeu »

    Une notion qui revient souvent à droite et qui ressemble parfois à une volonté de contourner les lois. Et d’éviter « que la grenouille argentée » ne vienne entraver des projets, a illustré le ministre au cours d’une table ronde organisée avec les professionnels dans la foulée de la visite. Derrière cette pique aux défenseurs de l’environnement, une disposition de la loi qui fait débat, surtout à gauche : celle qui vise à permettre au préfet de « figer les règles du jeu » pour éviter tout obstacle entre le début et la fin du projet. « Ce texte de loi est dérogatoire sur les procédures administratives. L’ambition environnementale est maintenue. C’est essentiel », s’est défendu Vincent Jeanbrun.

    De manière plus large et toujours dans la même logique, le projet de loi, qui s’adresse d’abord aux 6 millions d’habitants des quartiers prioritaires, est conçu pour permettre un accès plus rapide au logement : abaissement du seuil minimal de travaux de 30% à 20% du prix du logement pour les rénovations, avec un DPE minimum de D à atteindre (contre B auparavant) pour les 700 000 logements classés F et G, aide à la rénovation pour produire 125 000 logements sociaux par an, déduction des revenus locatifs d’une partie du prix d’achat pour les propriétaires ainsi que des charges liées à la location…

    Le « comble du cynisme »

    Cette annonce phare du projet a été très décriée lors des débats, car la disposition pourrait remettre des centaines de milliers de passoires thermiques sur le marché de la location, sous condition d’une promesse ou d’un engagement à faire les travaux… « Pendant que la France étouffe (…), Vincent Jeanbrun a trouvé sa priorité : sauver les bouilloires thermiques », accuse la Confédération nationale du logement (CNL) tandis que pour Greenpeace, c’est « le comble du cynisme » que de faire une pareille mesure en pleine canicule…

    Autre principe défendu par le ministre, celui de la décentralisation, avec la création d’un nouvel outil : les Opérations d’intérêt local (OIL). Sur des périmètres établis par les maires et validés par les Préfets, la mise en conformité des documents d’urbanisme ne sera plus nécessaire.

    Suffisant pour répondre aux problématiques varoises ? Notamment celles sur le logement des travailleurs, notion sur laquelle le ministre a été interrogé, et en particulier les saisonniers ? « Il faut une réponse spécifique », a-t-il répondu, évoquant « des résidences emploi, qui permettraient de réserver de façon périodique ».

    « Un texte de loi dérogatoire sur les procédures administratives »

  • À Marseille, la mairie des 13-14 propose des escapades à ses habitants

    À Marseille, la mairie des 13-14 propose des escapades à ses habitants

    Lors de sa campagne pour la Mairie de secteur du 13-14, et à la demande des habitants, Tina Biard Sansonetti (PM), élue depuis, avait annoncé vouloir organiser des sorties nature, culture et découverte pour tous, au tarif fixe de 5 euros par personne. C’est chose faite. L’objectif est de permettre à celles et ceux qui n’ont pas les moyens ou la possibilité de se déplacer de sortir de leur quartier, le tout dans une ambiance de rencontre et de partage. « Dans le 15-16, ça existe depuis longtemps sous le nom de sorties oxygène, dans notre secteur, il n’y avait rien en place, alors on l’a fait » déclare la maire de secteur. Pour s’inscrire, rien de plus simple, les habitants se rendent dans leur mairie de secteur munis de leur pièce d’identité, d’un justificatif de domicile et de 5 euros.

    « Merci Tina ! Vive la maire ! Bravo ! » acclament les participants au départ du bus, impatients de partir pour la première expédition au plan d’eau des Salettes, à Mormoiron. Le départ de la soixantaine d’habitants, se fait à 8h. Après 2h30 de trajet qui n’a semblé qu’une poignée de minutes, le bus et ses occupants, de tous âges et horizons, arrivent au calme du lac des Salettes.

    Les enfants courent vers l’eau dans laquelle ils joueront toute la journée. Pendant ce temps, les mamans, majoritairement présentes à la sortie, s’installent sur la petite plage ensoleillée, plantent les parasols colorés, déplient les chaises en toile et offrent le café ou le thé autour d’elles. Rires qui claquent, odeurs de crème solaire et blagues lancées, une ambiance familiale plane.

    « Ce que j’aime dans cette sortie, c’est le partage, la bonne ambiance, tout le monde est soudé. Être au calme ici, c’est aussi reposant. Ce soir quand je vais rentrer j’aurais le sourire et j’aurais rechargé les batteries », déclare Amel, 34 ans. À l’heure du déjeuner, Mamie nana, Nathalie, Bachira et les autres mettent en commun, partagent, offrent à ceux qui n’ont pas ou veulent goûter. « Pour une première sortie, c’est une réussite. Au-delà de ça, on se sent vraiment écoutés par Tina, Des promesses tenues comme celles-ci redonnent confiance en notre mairie de secteur qui a pour objectif la proximité » rappelle Moubila, mère de famille de la Busserine.

    Une douzaine de sorties sont organisées sur l’été, à raison de deux par semaine, le mercredi et le samedi. Le dispositif se prolongera ensuite tout au long de l’année avec des projets de sorties dans les stations des Alpes comme à Orcières.

    Pour tout renseignement sur
    les sorties, s’adresser à la mairie de secteur.

  • La Région part à la rencontre des maires d’Occitanie

    La Région part à la rencontre des maires d’Occitanie

    De nombreux élus locaux ne connaissent pas l’ensemble des dispositifs régionaux auxquels ils peuvent avoir accès. C’est une des raisons pour lesquelles la Région Occitanie organise une grande rencontre avec les maires du territoire, le jeudi 2 juillet à Montpellier et le vendredi 10 juillet à Toulouse, après une première édition réussie en 2023. « Le but est de rencontrer les nouveaux élus et de leur présenter les différents dispositifs à leur disposition », expose Murielle Abadie, vice-présidente de la Région déléguée à la cohésion et à la mobilité territoriale.

    Créer du lien

    À Montpellier comme à Toulouse, la journée s’ouvrira avec un temps d’accueil en présence de la présidente de Région Carole Delga et de Jean-Marc Vayssouze-Faure, président de l’Association des maires d’Occitanie. La matinée sera ensuite dédiée aux échanges autour des politiques publiques régionales, notamment à travers une table ronde des maires du territoire. « Le but est d’avoir des retours des maires qui sont accompagnés par des fonds régionaux, précise Murielle Abadie. Nous veillons à ce que les participants représentent une diversité de communes, en termes de taille et de localisation. »

    Deux grands témoins viendront aussi dialoguer avec les élus : Claude Onesta, ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball, à Toulouse, et Sylvain Tesson, romancier et géographe, à Montpellier. L’après-midi, un village des services sera mis en place avec des représentants de chaque service de la Région. « Ces rencontres sont l’occasion de se mettre à disposition des élus locaux, conclut Murielle Abadie. C’est un moyen de leur réaffirmer notre soutien et l’engagement de la Région à créer un partenariat étroit avec les collectivités. »

  • Dernière séance pour Renaud Muselier

    Dernière séance pour Renaud Muselier

    « C’est sûrement ma dernière plénière... » Après dix ans passés à la tête de la Région, Renaud Muselier (Ren.) se prépare à laisser la place après la séance de ce vendredi 26 juin, en élu fier de son bilan et gonflé à bloc pour l’après, sa candidature aux sénatoriales.

    « Nous avons bien géré, avec une capacité de désendettement de 7,4 ans contre 9,5 prévus, une épargne brute de 420 millions d’euros, un taux d’épargne brut de 17,5 millions. Des indicateurs meilleurs que dans le budget primitif », se félicite-t-il à la veille des discussions sur le budget dans l’hémicycle ce vendredi 26 juin. Et ce alors qu’il « a fallu faire des efforts importants pour assumer 140 millions d’euros de baisse de dotations », ajoute-t-il. Et de citer des délibérations sur le pouvoir d’achat avec l’aide à l’acquisition de kit éthanol, l’environnement avec le plan canicule ou les transports avec un financement pour de nouvelles études sur la ligne nouvelle.

    Deuxième sur la liste

    Pour la suite, prévient-il, « je ne pars pas, je quitte la présidence, ici je resterai conseiller régional spécial sur les Bouches-du-Rhône, les affaires européennes, je serai à une place différente », sans « interventionnisme » mais avec une « envie de transmettre », promet-il. Estimant que la « mère des batailles se mène là-haut » à Paris, il précise : « Je vais aller vers le Sénat en essayant d’avoir le plus d’élus possible sur ma liste » pour « peser et ne pas laisser le pays à l’extrême droite ».

    Une liste d’union de la droite et du centre, sur laquelle il sera finalement en deuxième position derrière la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI) et devant Valérie Boyer (LR) candidate elle aussi à sa succession. « Cela a été validé par le président M. Larcher, le président de la commission d’investiture, et M. Retailleau », assure Renaud Muselier. On ne saura rien pour l’instant d’un ou une quatrième…

    S’il assure être capable de mettre de côté son ego, rappelant qu’aux régionales de 2004, largement battu par le socialiste Michel Vauzelle, il se positionnait à la suite de Viviane Spagnolo (UDF), tête de liste dans les Bouches-du-Rhône, « par contre c’est moi qui pilote la campagne, hein », balance-t-il. Il disposera aussi d’un « directeur de campagne avisé », en la personne de son directeur de cabinet durant 6 ans, Jean-Philippe Ansaldi.

    Il part confiant, fort de sa méthode, « j’ai montré dans mon histoire politique que j’ai fait l’UMP avant l’UMP, le bloc central avant le bloc central, j’ai montré qu’il fallait additionner pour gagner », et il a fait ses calculs, « en l’état des blocs en présence, on aurait plutôt trois sénateurs pour nous, je pense qu’on va les faire ». Il n’a pas peur d’une éventuelle liste concurrente de maires non plus. « J’ai assisté à trois sénatoriales avec Jean-Claude [Gaudin] et Jean-Noël [Guérini], très souvent les maires votaient pour Jean-Noël parce que, Jean-Claude le disait avec élégance, “il a le chéquier et le revolver“, nous, on n’a que le charme et tous les chéquiers », se targue-t-il. Enfin pour sa succession, « François de Canson est le meilleur de très loin », estime-t-il.

  • Les Communes forestières affûtent leur stratégie face au risque incendie

    Les Communes forestières affûtent leur stratégie face au risque incendie

    Après les élections municipales, il est temps pour les communes de renouveler leurs représentants au sein de l’association des Communes forestières du département. Interlocuteur privilégié des collectivités sur les questions forestières, cette structure accompagne les élus dans plusieurs projets : gestion des massifs, prévention des risques d’incendie, valorisation du patrimoine forestier…

    Dans un département particulièrement exposé aux feux de forêt, elle joue également un rôle de relais entre les communes, l’État et les différents acteurs de la filière forêt-bois. « Nous sommes le second réseau d’élus après l’Association des maires de France », rappelle Jérôme Bonnet, directeur général.

    Ce lundi 15 juin, le réseau tient justement son assemblée générale. à cette occasion, l’ensemble des maires et des élus communaux se retrouvent à Pélissanne. Premier enjeu de cette rencontre et « caractère particulier » de celle-ci : renouveler les instances qui siègent au sein de l’association. Le président actuel, le maire de Saint-Antonin-sur-Bayon, Christian Delavet, devrait être candidat à sa réélection. « Les Communes forestières sont une force pour les politiques : elles représentent les maires sur l’ensemble des prérogatives forestières », rappelle Jérôme Bonnet.

    Autre enjeu, à l’approche d’une période à haut risque d’incendies : les obligations légales de débroussaillement (OLD), un levier organisationnel essentiel dans la prévention. « L’association est un outil d’accompagnement dans le quotidien des maires », rappelle Jérôme Bonnet. Le réseau d’élus, rappelle le directeur général, permet ainsi de mieux répondre aux défis des maires : renouvellement des forêts et adaptation au changement climatique, prévention des incendies notamment en matière d’aménagement du territoire et mise en œuvre des obligations légales de débroussaillement, jugées « complexes » par de nombreux élus, selon Jérôme Bonnet.

    L’an dernier, le réseau comptait 68 collectivités adhérentes, soit 55% des communes du département, représentant 78% de la forêt communale. Autre motif de satisfaction : son action sur les obligations légales de débroussaillement, avec 261 élus et agents sensibilisés au cours de l’année.

  • Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    La gauche héraultaise conservera-t-elle ses 3 sièges de sénateurs au Palais du Luxembourg le 27 septembre ? Bien malin qui peut le dire. Car le corps électoral a profondément été modifié avec les municipales et la division guette les uns et les autres.

    Si les jeux sont ouverts, c’est d’abord parce que deux des trois sénateurs de gauche sortants ne se représentent pas dans l’Hérault. Il s’agit des deux élus du PRG qui siègent dans le groupe RDSE. À savoir : le viticulteur Henri Cabanel et le maire de Péret, Christian Bilhac. Le premier, qui a échoué à réformer en profondeur le statut des parlementaires et leurs privilèges, estime avoir fait le tour de la politique. Le second, plus âgé, a envie de « prendre du temps » pour lui. Mais Christian Bilhac ne restera pas spectateur. Il soutiendra Florence Brutus. Déjà numéro 2 sur sa liste en 2020, la conseillère régionale des hauts cantons de l’Hérault a l’investiture du PRG. La conseillère municipale du village de Causses-et-Veyran se dit prête à ouvrir sa liste à « toute personne à gauche en capacité de rassembler, hors LFI ». « Je suis pour une liste d’union. Notre intérêt est d’ouvrir la liste au-delà du PRG. On discute avec nos partenaires. »

    Parmi eux pourraient figurer les communistes, dont la stratégie dans l’Hérault n’a pas encore été arrêtée. Discussions possibles aussi avec le partenaire historique du PS. De ce côté-là, le sénateur sortant Hussein Bourgi a annoncé sa candidature. Qui sera sur sa liste ? Dans le lanterneau, il se murmure que Julie Frêche pourrait être en seconde position, la seule des six a priori éligible. Contactée, la vice-présidente de la Métropole de Montpellier n’a ni confirmé ni infirmé. « Je ne souhaite pas encore m’exprimer sur ce sujet. »

    Il semblerait que rien ne soit facile en raison des équilibres à préserver entre l’urbain et la ruralité mais aussi avec les partenaires potentiels dont le PCF ou peut-être les Écologistes… Le 31 mai, ces derniers ont choisi leurs 6 noms d’une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition à Pézenas, Agnès Gizard. Troisième sur la liste écolo, la Lunelloise Lise Florès, favorable à l’union de la gauche, se dit ouverte à des accords. À une condition : « Ne pas être des supplétifs et faire entendre de vraies propositions écologistes en réponse aux problèmes du quotidien dans les zones périurbaines et rurales. »

    Règlements de comptes ?

    Ça bouge aussi du côté du Département de l’Hérault. Le 30 mai, Audrey Imbert (sans étiquette) a officialisé sa candidature hors des formations politiques. « Doit-on laisser ces élections sénatoriales aux seuls partis politiques quand on constate aujourd’hui leur état ? », questionne l’élue du canton de Mèze, qui estime connaître son territoire en tant que conchylicultrice.

    Elle trouvera sur sa route Aurélien Manenc. Depuis le 1er juin, le maire sans étiquette de Lunas-les-Châteaux dit vouloir incarner la candidature des territoires et de la ruralité. En tant qu’édile et pompier au Sdis, il pense « être le mieux placé pour mesurer ce que vivent mes collègues maires avec la fuite des services publics, la fermeture des écoles, les problèmes de mobilité ». Sa « vision complémentaire aux candidats urbains » concurrence directement Hussein Bourgi, dont il était le numéro 3 en 2020… « Ce n’est pas un règlement de comptes, il y avait aussi des listes PRG à l’époque », répond
    A. Manenc. Reste qu’il est soutenu par le président héraultais Kléber Mesquida (DVG). Lequel, depuis son départ du PS, semble en froid avec Carole Delga à la Région et Michaël Delafosse à Montpellier…

    Enfin, LFI montera aussi une liste sur un « programme de rupture ». Elle sera soit avec des amis de la Nupes, soit Insoumise pur jus. « Au plan national, on discute avec le PCF et les Verts », glisse le co-référent héraultais Sylvain Carrière. Le député sait qu’arracher un siège serait un exploit mais pour LFI l’essentiel est ailleurs : continuer à s’implanter et préparer la course aux parrainages pour Jean-Luc Mélenchon.

    Autant de stratégies dissonantes qui pourraient jouer des tours à la gauche le 27 septembre ? Pas forcément, même si des accords sont préférables. En 2020, 14 listes dont 6 de gauche étaient en lice dans l’Hérault et la gauche avait obtenu trois sièges sur quatre.

  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • Gard : 129 nouveaux maires, un seul rendez-vous

    Gard : 129 nouveaux maires, un seul rendez-vous

    Dans le Gard, les élections municipales ont rebattu les cartes jusque dans les plus petites mairies. Avec 129 nouveaux maires sur 350 communes, des milliers d’adjoints et de conseillers fraîchement élus, le Salon des communes et intercommunalités du Gard arrive à point nommé. Le rendez-vous se tiendra jeudi 4 juin au Parc des expositions, pour une 10e édition qui prend des airs de passage de relais.

    Car derrière les rubans coupés et les stands alignés, c’est bien du quotidien des habitants qu’il sera question : éclairage public, écoles à rénover, réseaux d’eau vieillissants, subventions à décrocher, dossiers administratifs à déminer. En 2025, le salon avait réuni 2 400 participants. Cette année, les organisateurs espèrent faire mieux, avec 145 exposants, dont 80% d’entreprises locales.

    Un espace de ressources

    « Les maires morflent, on a besoin d’être ensemble », résume Joël Roudil, maire de Carnas et élu de l’AMF 30. Dans une période où les communes encaissent les contraintes budgétaires et les injonctions contradictoires, ce salon veut offrir un lieu de respiration, mais surtout d’outillage. Services de l’État, intercommunalités, entreprises, notaires, acteurs de l’énergie ou de l’Europe : tout est pensé pour permettre aux élus de repartir avec des contacts et des réponses.

    La journée s’ouvrira par l’assemblée générale de l’AMF 30, où Philippe Ribot devrait être réélu. Le maire de Saint-Privat-des-Vieux défend une association capable de dépasser les étiquettes politiques : Vincent Bouget, maire communiste de Nîmes, et Christophe Rivenq, maire LR d’Alès, sont ainsi pressentis comme vice-présidents. Une manière de rappeler que, dans les villages comme dans les villes, la défense des communes reste d’abord une affaire de terrain.

  • [Parole de maire] Cathy Venturino-Gabelle : « Un mandat ne suffit pas pour réaliser certains projets »

    [Parole de maire] Cathy Venturino-Gabelle : « Un mandat ne suffit pas pour réaliser certains projets »

    C’est le rendez-vous du lundi deux fois par mois dans La Marseillaise. En interrogeant sans concession les premiers magistrats des communes de Provence, sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, La Marseillaise met en lumière la vie des communes, cellule de base de la République.

    La Marseillaise : Vous avez été réélue avec près de 67% des voix. On vous imagine confortée et satisfaite…

    Cathy Venturino-Gabelle : On en est honorés. Et ça nous donne aussi une obligation parce que quand les gens placent cette confiance en vous, vous ne pouvez pas les décevoir. Nous voulons continuer notre chemin et faire encore mieux. On a eu l’épreuve de devoir revoter en 2024 [après la démission de plus de la moitié du conseil municipal, Ndlr], mais on l’a passée.

    Le mandat a été mouvementé, notamment dans les relations avec votre ex-adjoint, François Volpi, qui a quitté la majorité
    en 2023 et avec qui les relations semblent tendues depuis…

    C.V.-G. : En 2020, il est venu me trouver pour intégrer l’équipe. C’est la question des locations des salles pour les associations qui a mis le feu aux poudres. Une délibération de 2015, bien avant notre élection, dit que pour des animations gratuites, les salles sont prêtées gracieusement, mais que si elles sont payantes, les associations s’acquitteront d’une location pour 24 euros le week-end. Il a utilisé ce moyen pour se dissocier de la majorité, qui voudrait selon lui tuer les associations. Je pense qu’il y avait autre chose derrière, car 24 euros, je ne pense pas que ça mette en péril une association. Je n’ai aucun grief contre lui, je regrette juste ses façons de faire. Pour autant, nous sommes ouverts. On a créé des commissions extra-municipales, des comités de quartier, les rendez-vous du maire. On travaille avec toutes les personnes qui le veulent, y compris eux, d’autant qu’ils sont élus. Mais ils sont présents une fois sur trois aux commissions. Quand ensuite vous arrivez en conseil en disant que vous n’avez pas d’informations, c’est un prétexte pour éviter de prendre position ou pour prendre position contre.

    En 2024, lors des élections partielles, vous avez été accusée d’avoir reçu le soutien du député RN Philippe Schreck. Comment avez-vous vécu cela ?

    C.V.-G. : Nous avons une liste qui va de la gauche à la droite, mais on a toujours évité les extrêmes. Je n’ai jamais reçu le soutien du député. Philippe Schreck avait un contentieux personnel avec François Volpi et à chaque fois qu’il est intervenu, c’était pour parler de cela, mais il n’a jamais invité à voter pour nous. J’ai toujours refusé le soutien des extrêmes, j’ai même fait un communiqué pour dire que je refusais que des personnes extérieures viennent se mêler de la campagne. On n’a pas reçu M. Schreck à Barjols, il est venu une fois à mes vœux mais il n’était pas invité. On n’est pas là pour faire de la politique politicienne. Le seul qui en fait, c’est François Volpi. Quand il est arrivé dans notre équipe en 2020, il était attaché parlementaire de Valérie Gomez-Bassac, qui était LR et a été député macroniste, et a pris les décisions avec nous pendant trois ans, alors qu’il ne se revendique que de gauche…

    Parmi vos grands projets,
    il y a celui de la maison de santé
    de Barjols. Où en est-on
     ?

    C.V.-G. : C’est un projet privé dont la commune est facilitatrice en essayant de déverrouiller les freins au niveau des services de l’état (emplacements, PLU, zonage…). L’investissement est conséquent et dépasse les 3 millions d’euros. Le permis est purgé de tout recours. On est dans les dédales administratifs des débuts de chantier, cela prend du temps. Les travaux devraient commencer à l’automne pour 12 à 18 mois.

    Cela fait écho aux paroles
    du président du département
    Jean-Louis Masson, qui s’exprime souvent à propos du poids des normes sur les projets locaux…

    C.V.-G. : Quand j’ai été élue, on me disait qu’un mandat ne suffisait pas pour réaliser certains projets, et j’ai pu le mesurer. Mais je le modère car ma commune bénéficie du programme « Petite Ville de Demain », qui nous offre un contact privilégié avec les services de l’État via un chef de projet dédié, grâce à qui on ne se perd pas dans les méandres des services. Cela facilite le montage des dossiers et nous a permis de réaliser des projets comme celui de la désimperméabilisation et la végétalisation de la place de la Rouguière, ou la rénovation du centre de loisirs, pour un gain énergétique de 93%.

    Mercredi, à la conférence de l’APVF du Var, vous avez pris la parole sur l’articulation entre vie privée et vie publique. En tant que femme maire, les choses sont plus compliquées ?

    C.V.-G. : Oui. Je suis en plus PMR, mais j’en fais plutôt une force. En 2020, un adversaire avait dit qu’on n’allait pas avoir une femme maire et en plus handicapée. Sur le dernier mandat, dans la Communauté de communes Provence Verdon, j’étais la seule femme. Lors de ma première réunion, j’avais posé une question, on m’avait dit qu’on ne me répondrait pas parce que je n’allais pas comprendre. Ce n’est pas facile d’être une femme en politique, malgré la loi sur la parité. Sur ce mandat, nous avons désormais 4 femmes maires sur 15 à Provence Verdon. Le statut de la femme fait qu’il est plus compliqué d’articuler vie publique et vie privée, car dans notre société patriarcale, ce sont les femmes qui s’occupent des enfants et de la vie de famille. J’ai fait le choix d’emmener mes enfants le plus souvent possible avec moi pour être ensemble et qu’ils prennent conscience de la vie en société. Je pense que ça les aguerrit.

    Quels sont vos objectifs
    pour ce mandat
     ?

    C.V.-G. : Poursuivre la transformation et l’adaptation de notre commune, notamment du centre-ville, et continuer à améliorer le quotidien de nos administrés. On a un gros projet sur la réhabilitation des anciennes tanneries. C’est un dossier très complexe. Il y a eu une DUP, et il doit y avoir reconstruction, mais on n’y est pas encore car il y a des dossiers à monter, des études de pollution, de sol… Et on n’a pas eu assez de temps et d’argent entre 2021 et 2026, car même si on arrive à faire financer 80% de nos projets, on doit faire une avance de trésorerie et payer les taxes. Il s’agira de relier ces friches à la place de la Rouguière et au boulevard Grisolle via la rue de la République à travers une zone de rencontre qui donnera une bulle d’oxygène aux commerçants. On veut aussi poursuivre la rénovation énergétique des bâtiments, et de l’église de la Collégiale, qui est classée bâtiment historique. On a encore de beaux et longs projets.