Tag: Maire

  • La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    La ville de Vauvert tombe dans les griffes du RN

    Il y a 6 ans, il avait déjà sué à grosses gouttes pour conserver son fauteuil de maire pour 155 voix. Dimanche 15 mars, Jean Denat n’a rien pu faire pour éviter la catastrophe. Avec 956 bulletins de retard, le socialiste (42,5%), battu en duel par le député RN Nicolas Meizonnet (57,5%), a perdu Vauvert, son bastion depuis 12 ans.

    Après Beaucaire en 2014, avant peut-être Bagnols-sur-Cèze ce dimanche 22 mars, Vauvert devient la seconde ville gardoise à se jeter dans les bras de l’extrême droite. Au grand dam de Jean Denat, qui dit ne rien regretter. « Je suis triste et déçu, c’est la démocratie. Je souhaite bonne chance aux Vauverdois car la magie s’arrêtera vite », lâchait le maire déchu au soir du 1er tour.

    Meizonnet, sa bête noire

    Pour ce retraité de l’éducation nationale qui fut conseiller général puis départemental du canton de Vauvert de 1998 à 2015, le coup est rude. À 71 ans, se profile peut-être la fin d’une carrière politique. Laquelle avait déjà subi un coup d’arrêt en mars 2015. Alors président du Département du Gard depuis 6 mois, Jean Denat avait été battu dans son fief à la surprise générale par… Nicolas Meizonnet, sa bête noire !

    Dimanche 15 mars 2026, c’est le même homme qui a réussi à déboulonner l’édile socialiste de sa ville. Élu député de la 2e circonscription du Gard en 2020 à la suite de la démission de Gilbert Collard, dont il était suppléant, Nicolas Meizonnet, réélu en 2022 puis aux législatives anticipées de 2024, a réussi à Vauvert là où son père, Jean-Louis Meizonnet, avait échoué.

    Dimanche 15 mars, celui qui avait adhéré au FN en 2011, est arrivé en tête dans 9 des 10 bureaux de vote de cette terre de bouvine. N. Meizonnet a promis d’être « un maire de proximité, celui de tous les Vauverdois ». Vu la politique antisociale pratiquée par le RN dans le laboratoire voisin de Beaucaire, il est permis d’en douter.

  • À Roquevaire, Hélène Spinelli « sereine » face à l’adversité

    À Roquevaire, Hélène Spinelli « sereine » face à l’adversité

    « C’est l’alliance de la carpe et du lapin », réagit Hélène Spinelli, tête de liste (DVG), arrivée en première place du premier tour avec 38,06% des voix, face à l’alliance au second tour entre la liste (DVC) d’Eric Bouillé et celle de Judith Dossemont (DVD). Annoncé dans un communiqué, ces deux listes – qui ont respectivement obtenu 25,71% et 18,88% des suffrages exprimés – affirment que cette décision est fondée sur « six ans de travail dans l’opposition, des constats partagés et les mêmes priorités pour l’avenir de la commune ». La première adjointe du maire sortant Yves Mesnard, Hélène Spinelli, est assez surprise de cette alliance, qu’elle qualifie de « façade », alors « qu’ils se sont opposés de manière farouche pendant plusieurs années au conseil municipal, et encore plus lors de cette campagne ».

    « L’aveu d’un échec »

    Questionnant leur crédibilité, elle affirme qu’il s’agit de « l’aveu d’un échec », tout en rappelant que Judith Dossemont sacrifie une grande majorité de ses colistiers en faisant le choix de l’union. La liste de Marie-France Bertin (UDR) investie par Eric Ciotti, est arrivée troisième avec 18,88% des voix. Se qualifiant également pour le second tour, elle affirme avoir « initié la démarche de fusion des trois listes », ce que Eric Bouillé a refusé. Pour Hélène Spinelli, le score de la liste de gauche est « la preuve que notre projet résonne avec les attentes des Roquevairois ». Cette campagne d’entre-deux-tours reste cruciale et le résultat incertain. Au premier tour, l’abstention s’élevait à 38% et Hélène Spinelli souhaite aller vers ces électeurs, sur le terrain et reste « sereine » pour la suite.

  • Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans le Var, la gauche perd beaucoup de terrain

    Dans quatre des cinq plus importantes villes du Var, les progressistes n’ont pas passé le premier tour. Il n’y a qu’à La Seyne où Stéphane Sacco, 4e, ira au second tour, maintenant sa liste malgré la menace de l’arrivée du RN, pour conserver une voix de gauche à la mairie. À Draguignan, où tout était à faire après 12 années de quasi-disparition de la gauche et des écologistes, il n’y avait guère d’illusion. « On partait de 0, donc 8,4%, c’est une étape, même si on aurait préféré passer les 10% », analyse la tête de liste (Les Écologistes) d’Uni.es pour Draguignan Christophe Terras, qui a pu jauger « la nécessité de l’union. La division aurait donné un très mauvais résultat. On va continuer de travailler sur cette dynamique. Il reste beaucoup de travail qu’on n’a pas pu faire en un an », affirme-t-il avec optimisme.

    Peu d’illusions à Fréjus, également, où la réélection de David Rachline (RN) au premier tour, quasi certaine avant le scrutin, a ironiquement permis à « Fréjus Riposte » de sauver le siège qu’elle détenait au conseil municipal. À Toulon, en revanche, ne pas passer la barre des 10% représente une sacrée déception. Certes, Magali Brunel réalise un score proche de celui de Guy Rebec en 2020 (8,38% contre 9,12). Mais ce dernier avait bénéficié de la victoire au premier tour d’Hubert Falco pour obtenir trois sièges, ce qui n’est pas le cas cette année puisque l’élection se jouera en deux tours. Et malgré sa « main tendue » à Josée Massi, celle-ci ne l’a pas saisie, ce que « regrette » le collectif, qui ne sera donc plus présent dans l’opposition municipale, mais promet de « continuer à porter ses propositions dans l’intérêt des Toulonnais et des Toulonnaises ».

    Déceptions à Sanary et St-Cyr, espoirs au Pradet et à La Garde

    À Hyères, il y aura un second mandat de suite sans élu de gauche. La liste d’union conduite par Caroline Moulin (Les Écologistes) ne franchit pas le premier tour, comme Philippe Dao en 2020, mais affiche une légère progression (7,86% contre 6,63) et une dynamique enclenchée.

    Il est des endroits où le cœur est plus lourd. À Sanary, Jean-Pierre Meyer (PCF), qui avait ramené la gauche au conseil municipal 12 ans après sa disparition, n’a pas pu réitérer cette performance. « Avec 76 voix de plus nous pouvions être au second tour. Mais ce résultat n’efface pas notre belle progression depuis 2014 » positive le candidat, qui veut continuer de favoriser le « vivre tous mieux à Sanary, y compris sans élu, même s’il faudra parler plus fort ». Situation similaire à Saint-Cyr, sevré de ses deux élus de gauche, où la communiste Sylvie Vinceneux veut poursuivre « le combat pour la justice sociale, la solidarité, la paix, la transition écologique et le pouvoir d’achat par d’autres voies ».

    Pas davantage de réussite à Six-Fours, où la liste de Pascal Cabras ne verra pas le second tour. Notons cependant des éclaircies au Pradet, où le Printemps Pradétan de Laurent Bailloux sera au second tour, tout comme la liste (apparentée DVG) de Julia Peironet-Brémond à La Garde, qui, avec 30,65%, n’est qu’à 793 voix de la maire sortante Hélène Arnaud-Bill (LR).

  • Une autoroute pour le RN se dessine à La Seyne

    Une autoroute pour le RN se dessine à La Seyne

    Le scénario dont n’osaient même pas rêver le RN et Dorian Munoz, arrivés en tête au premier tour avec 35,3% des suffrages, est en passe de se réaliser. Il n’y aura pas de front républicain pour les empêcher de prendre la deuxième ville du Var, giron communiste puis socialiste sur une période totale de 55 ans, entre 1947 et 2020.

    Les trois autres qualifiés au second tour ont décidé de se maintenir. Stéphane Sacco, tête d’une liste d’union de gauche, considère « impensable qu’il n’y ait pas de voix de gauche audible à La Seyne pendant 7 ans. La droite a fait n’importe quoi pendant son mandat », justifie-t-il, affirmant que ni son parti (GRS), ni le PCF, n’avaient donné de consigne de retrait ou de fusion, y compris avec le PS Olivier Andrau, qui se retire, « ne voulant pas porter la responsabilité de l’arrivée du RN », affirme Stéphane Sacco.

    Passe d’armes à droite

    À droite, le maire sortant Joseph Minniti (LR) et le dissident de la majorité Cheikh Mansour (Hor.) se renvoient la balle. Le premier, qui se dit « prêt à discuter, mais encore faut-il qu’on (lui) demande », martèle que le second avait annoncé qu’en cas de 3e place, il se retirerait. « J’en appelle à une réaction républicaine de chacun », lance-t-il, confirmant que sa liste ne bougerait pas. Quant à Cheikh Mansour, il traite son ancien allié de « menteur. Il fait croire qu’il est ouvert, mais pas du tout », réfutant avoir tenu les propos qu’on lui prête. « Son équipe m’a demandé de me retirer contre une aide pour les législatives », jure-t-il, regrettant le fait que « tout le monde savait que le RN serait en haut, personne n’a pris le soin de s’allier ». Seul point d’accord entre les trois candidats : il reste 20 000 abstentionnistes à mobiliser. En une semaine, cela ressemble à nettoyer les écuries d’Augias.

  • Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Ce dimanche, la tendance a changé à Fos-sur-Mer, habituée à voir un maire de gauche élu dès le premier tour. Philippe Maurizot (EXD) est arrivé en tête avec 34,71% des suffrages exprimés, suivi de Rémi Esnault (DVG) avec 30,70% et de Jean-Michel Leroy (DVG) avec 26,49%. Pour rappel, le candidat en tête est soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio La Provence qu’on aime.

    Une union contre nature

    Jean-Michel Leroy, a fait le choix de fusionner avec Jean Fayolle (DVC), arrivé à la 4e place avec 8,10%. Rémi Esnault, confie qu’il lui a proposé une alliance : « Hier [dimanche] soir, je lui ai tendu la main, ouvrant une discussion et prêt à mettre les égos de côté face à la menace de l’extrême droite, mais il a préféré partir de son côté. » Il poursuit : « En général, ce genre d’alliance contre nature est une fausse bonne idée puisque les deux perdent en fin de compte. » Jean-Michel Leroy affirme vouloir dépasser les étiquettes partisanes pour rassembler autour d’un projet local. Pour rappel, il est secrétaire local du PS mais n’a pas reçu l’investiture de son propre parti, qui a préféré soutenir le successeur de René Raimondi, le maire sortant, face à la menace de l’extrême droite. Pour Rémi Esnault, l’alliance est maintenant impossible : « On ne va pas s’allier avec quelqu’un qui veut sacrifier une partie des agents de la Ville et donc le service public », dénonce-t-il. Rémi Esnault reste toutefois optimiste et explique : « Le réservoir de voix est de notre côté. Je pense que nos électeurs n’ont pas pris la mesure du risque potentiel et se sont certainement moins mobilisés que les autres. »

  • Face au RN, un retrait attendu à Carpentras

    Face au RN, un retrait attendu à Carpentras

    Face à la progression de l’extrême droite à Carpentras et pour empêcher qu’elle ne s’empare de la mairie, il faudra mettre les différends de côté pour le maire sortant Serge Andrieu (DVG), qui récolte 25,17% des voix exprimées à l’issue de ce premier tour des élections municipales, et Francis Adolphe (DVG), crédité de 24,29 %. Soit seulement 95 bulletins d’écart. Car devant eux, c’est le candidat du Rassemblement national et député de la 3e circonscription de Vaucluse, Hervé de Lépinau, qui arrive en tête avec 26,17% des voix.

    Derrière suivent surtout deux autres listes d’extrême droite : celle de Bertrand de la Chesnais, qui obtient 14,33 % des suffrages, et celle de Christian Richaud-Simoni, privé de son investiture après la découverte de tweets racistes, avec 9,51 %. Ces deux listes pourraient se rallier à celle du député et franchir, théoriquement, la barre des 50 % des voix exprimées.

    À l’issue des résultats, Serge Andrieu n’a pas souhaité s’exprimer oralement dans « une situation très compliquée » afin d’éviter de dire des choses qu’il « pourrait regretter ». Mais il rappelle, dans un message écrit avec son équipe, que lui et Francis Adolphe – qui avait perdu son siège de maire à la suite de sa condamnation pour violences contre son ex-compagne et avait alors été rendu inéligible – avaient tous deux annoncé que celui qui serait derrière allait « se retirer au profit de celui qui serait devant l’autre ce soir ». Il souligne que « cet engagement réciproque est la seule condition pour empêcher l’extrême droite de faire de notre ville un trophée au profit d’un parti parisien ». Il insiste sur le fait que ces « résultats de ce soir marquent, comme je le redoutais, une forte poussée de l’extrême droite à Carpentras » et que « c’est une très mauvaise nouvelle pour notre ville ».

    48 heures pour réfléchir

    Quelques centaines de mètres plus loin, au sein de son QG, entouré de son équipe, Francis Adolphe reste pour l’heure flou sur ses intentions. Car les relations avec son ancien adjoint Serge Andrieu sont au plus bas et l’hypothèse d’une fusion avait été initialement rejetée par le maire sortant. Un retrait face au risque d’un basculement de la mairie à l’extrême droite en cas de rassemblement de ces listes ? « C’est la question que nous allons nous poser, évidemment. C’est l’enjeu numéro 1 », glisse-t-il sans s’étendre sur la question. Il confie que la « première chose » qu’il va faire est de « consulter mon équipe » pour discuter de ce résultat très serré, et assure qu’il a « toujours été ouvert » aux discussions. « Le match n’est pas fini. Ce n’est que la première mi-temps. Est-ce que je serai dans la deuxième mi-temps ? C’est ce que je vais voir avec mon équipe », conclut-il, avant de sortir sous les applaudissements d’une dizaine de soutiens agglutinés devant son local de campagne.

    Pour rappel, en 2020, Serge Andrieu l’avait emporté avec 45,81% des voix exprimées devant Bertrand de la Chesnais et ses 39,17%. Suivait Claude Melchior (LR) avec 15%.

  • Beaucaire pourrait-elle changer d’ère ?

    Beaucaire pourrait-elle changer d’ère ?

    Ensuite parce qu’il a laissé la place à Nelson Chaudon, 21e sur sa liste, qui, du haut de ses 33 ans, n’a que peu d’expérience en politique. Pour les électeurs, l’heure est aussi à juger le bilan de 12 ans de gestion par le RN. Et là, les points noirs sont nombreux. Car au-delà d’une ville fracturée, le centre-ville est délaissé, les points de deal n’ont pas tous été démantelés comme promis malgré une hausse importante des effectifs de police municipale, le marché est en perte de vitesse, la voirie est en mauvais état et l’investissement sur la base nautique de 8 millions d’euros contraint aussi les finances de la Ville.

    En face, Luc Perrin, à la tête de la liste « Unis pour Beaucaire », tente d’avancer un programme solidaire pour fédérer la commune en ayant par exemple un élu délégué et un référent dans chaque quartier. Le candidat soutenu par les forces de gauche souhaite aussi rénover l’École nationale, végétaliser les cours d’école, remettre la Maison des jeunes en activité, augmenter les places en crèche et créer un « vrai comité des fêtes ».

  • La droite et l’extrême droite bousculées dans l’Est-Var

    La droite et l’extrême droite bousculées dans l’Est-Var

    À droite comme à l’extrême droite, il faut plus que quelques affaires judiciaires pour faire vaciller certains maires solidement arrimés. C’est notamment le cas de Frédéric Masquelier, maire (LR) de Saint-Raphaël depuis 2017, et président d’Estérel Côte d’Azur Agglomération depuis 2020. Celui-ci s’était fait tristement remarquer en août dernier en érigeant une stèle en hommage aux victimes du communisme dans sa commune, au mépris de l’histoire et du rôle majeur joué dans la Résistance par le « parti des 75 000 fusillés ». Une prise de position d’autant plus parlante que celui qui était encore secrétaire départemental LR il y a quelques mois de cela, n’a pas demandé l’investiture de son parti. De quoi y voir un rapprochement avec l’extrême droite ?

    En tout cas, un fait l’en rapproche symboliquement : la procédure judiciaire à son encontre révélée par Mediapart en janvier. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Draguignan pour harcèlement au travail, avec le dépôt d’au moins une plainte de la part d’un agent municipal.

    Bien partis pour être réélus… avant que la justice ne s’en mêle ?

    La situation de David Rachline, maire (RN) de Fréjus, présente quelques similitudes. À la tête de la ville depuis 2014, il vise un troisième mandat, qui pourrait être rapidement écourté par la justice s’il parvenait à l’emporter le 15 ou le 22 mars. Soupçonné de prise illégale d’intérêts dans le cadre de sa nomination à la tête des deux sociétés d’économie mixte, Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus, il a été relaxé en janvier mais le parquet a fait appel. Il doit également être jugé en septembre pour favoritisme quant à l’attribution de marchés publics, ce qui avait valu une perquisition de la mairie en mars 2025. Deux affaires qui ont poussé le RN à lui retirer son investiture, alors qu’il en était l’une des figures de proue dans le Sud.

    Dans les urnes, en tout cas, les deux candidats, élus au premier tour en 2020, semblent bien partis pour un nouveau mandat. À Fréjus, David Rachline bénéficiera encore de la désunion des listes divers droite, tandis qu’à Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier n’aura sur sa route que deux candidats qui se présentent pour la première fois (Écologiste, avec Emmanuelle Cocusse, et Divers Droite, avec Guillaume Jublot). Il n’y aurait alors que la justice qui puisse – hypothétiquement – mettre son grain de sel en cours de mandat.

    Et ce ne sont par ailleurs pas les seules villes briguées par l’extrême droite ou ce qui s’y apparente de plus en plus. Dans le département, 32 listes tenteront de prendre 28 communes, dont les cinq plus grandes (Toulon, La Seyne, Fréjus, Hyères, Draguignan). Avec l’objectif d’en obtenir plus que les deux (Cogolin et Fréjus) acquises en 2020.

  • [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    [Bouches-du-Rhône] À gauche, des bastions à garder et d’autres à gagner

    C’est le cas à Martigues où le maire communiste sortant, Gaby Charroux, va tenter de conserver le bastion communiste qu’il tient depuis 2009. Mais il doit faire face à une extrême droite qui ne cesse de progresser lors des scrutins nationaux (45,47% des voix dès le premier tour sur la ville lors des législatives de 2024). Et surtout une belle division à gauche avec deux listes concurrentes, l’une conduite par l’insoumis Frédéric Grimaud et une autre de son ancienne adjointe Anne-Marie Sudry (GRS). Lors des dernières municipales, il avait été réélu dès le 1er tour (plus de 60%), contre deux listes qui retentent le coup pour ce scrutin : une d’extrême droite et une pour Les Républicains.

    C’est un peu le même principe à Fos-sur-Mer où Rémi Esnault, le successeur désigné du maire, René Raimondi (ex-PS), fait face à une autre liste classée à gauche, et une liste d’alliance entre la droite et l’extrême droite ainsi qu’une liste centriste. À Miramas, là aussi la gauche part en ordre dispersé. Avec d’un côté, la liste du maire sortant, Frédéric Vigouroux (DVG) élu depuis 2008, et d’un autre côté la liste d’union de la gauche. Le tout, face à une liste du RN. Et que dire de Berre-l’Étang où le maire candidat à sa succession, Mario Martinet, se retrouve avec deux autres listes divers gauche et le RN.

    À Istres comme à Vitrolles, les deux maires sortants en place depuis plusieurs mandats et élus dès le premier tour en 2020, font aussi face à des oppositions à l’affût. Pour Istres, François Bernadini (DVG), en lice pour un 5e mandat retrouve une liste du RN, une liste de droite et une autre liste estampillée à gauche pour lui contester cette sous-préfecture. Configuration moins élargie à Vitrolles où le socialiste Loïc Gachon, maire depuis 2009, a le RN et une liste centriste face à lui.

    Des progressistes

    en bonne position

    Il y a des villes où les listes progressistes ont des raisons d’espérer une bonne position au soir du premier tour. À Roquevaire, c’est Hélène Spinelli, la première adjointe du maire sortant Yves Mesnard, qui conduit la seule liste de gauche sur la commune et peut compter sur la division de la droite avec deux listes, ainsi qu’une liste centriste. À Septèmes-les-Vallons, le maire communiste historique de la commune, André Molino vise un 5e mandat. Mais à la différence de sa victoire de 2020 dès le premier tour (plus de 80%) des voix face à une liste RN, il fait face cette fois à un candidat investi par l’Union des droites d’Éric Ciotti et une liste insoumise.

    Des duels et des bastions

    à reconquérir

    Dans deux autres bastions communistes, à Port-de-Bouc et au Rove, la configuration est similaire : le PCF est en duel direct avec l’extrême droite et l’élection sera jouée dès ce 15 mars. Pour la première, le maire sortant, Laurent Belsola est confronté à une liste de droite soutenue indirectement par le RN. Pour la seconde, Paul Sabatino, également maire sortant puisque le défunt Georges Rosso lui avait passé la main, a un duel avec une liste RN.

    Du côté des reconquêtes possibles, trois communes d’importance sont dans le viseur. À Arles, ville longtemps sous pavillon rouge, le maire sortant, Patrick De Carolis (Horizon), voit son siège contesté avec une désunion dans son camp via une autre liste centriste. Une fenêtre donc pour le communiste Nicolas Koukas, arrivé 2e en 2020, à la tête d’une vaste liste d’union de la gauche mais sans les insoumis, qui en conduisent une autre.

    Même principe à Aubagne, également ancienne ville communiste, prise en 2014 par l’actuel maire sortant Gérard Gazay (LR). La présence de deux listes classées au centre, conduites par d’anciens adjoints, risque de ne pas l’aider. Le candidat de l’union de la gauche (là encore hors LFI qui a sa propre liste), Jean-Pierre Squillari, a une carte à jouer. Quid de Gardanne, ville historiquement PCF malencontreusement passée à droite en 2020. Le maire de droite sortant, Hervé Granier (LR) fait face à une gauche largement unie autour de Jean-Marc La Piana et une candidature du RN.

  • [Entretien] « Mettre mon expérience au service des Roquevairois »

    [Entretien] « Mettre mon expérience au service des Roquevairois »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre campagne ?

    Hélène Spinelli : Très bien, nous étions prêts. Nous avions un bilan de dix-huit ans, puisque je m’inscris dans la continuité d’Yves Mesnard. Nous connaissons notre territoire et ce qu’il faut poursuivre et mettre en place : la nouvelle école, un poste de police, un projet de maison du sport et de la santé. Nous avons formé les nouveaux colistiers sur l’urbanisme, les logements sociaux, les finances et les risques qui touchent notre commune concernant les inondations et les feux de forêts. Enfin, nous avons multiplié les rencontres sur le terrain, avec un meeting et des réunions à la demande des habitants.

    Vous êtes la seule liste de gauche ?

    H.S. : Oui, je suis divers gauche, mais qu’on soit de gauche ou de droite, lorsqu’on est maire, on est là pour tout le monde et pour régler les problématiques de nos concitoyens. Dans la gestion communale, il y a quand même une différence. Par exemple, nous savons que les candidats de droite délèguent plus facilement avec les délégations de service public (DSP). Nous, nous avons décidé de récupérer des agents municipaux pour notre centre culturel.

    Comment ça s’est passé avec les listes d’opposition ?

    H.S. : Nous sommes sereins et confiants par rapport à notre programme. Dès que nos opposants affirmaient des éléments faux, nous faisions des démentis avec des communiqués.

    Comment allez-vous utiliser votre expérience de première adjointe si vous êtes élue ?

    H.S. : Je vais utiliser mon expérience de première adjointe et adjointe à l’aménagement du territoire, parce que je suis au courant de tous les dossiers, je sais comment ça marche, j’ai beaucoup travaillé et appris, donc je suis prête. Mais je vais aussi me servir de mon expérience professionnelle : je suis géographe de formation et j’ai une maîtrise en aménagement du territoire. J’ai les compétences et la proximité avec les habitants, puisque je suis roquevairoise, depuis plus de 60 ans.

    Est-ce que vous êtes en rupture par rapport aux trois mandatures d’Yves Mesnard ?

    H.S. : Pas vraiment, mais je vais aller plus loin sur certaines choses, notamment sur le rôle de la police municipale. Parce que je pense, qu’aujourd’hui, face aux incivilités, nous avons besoin de prévention et de sanctions. Pour envoyer un signal fort, j’ai prévu de déplacer le poste de la police municipale au rez-de-chaussée du futur immeuble du Clos Castellan. Et évidemment, je vais embaucher également un peu plus.