Tag: Lycéens

  • À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    Pas de cours en présentiel dans 47 lycées des Bouches-du-Rhône, ce vendredi. À cela s’ajoutent quatre arrêtés préfectoraux interdisant « toute manifestation revendicative non déclarée dans les communes de plus de 10 000 habitants », « la vente de carburant au détail », « le port d’équipements de protection individuelle » ainsi que « la détention et le transport d’objets susceptibles de constituer une arme ». Une série de mesures prises en réaction à l’ampleur qu’a prise, jeudi, le mouvement social des lycéens.

    À Marseille, la mobilisation s’est en effet emparée de toute la ville, avec des blocus organisés notamment, devant les lycées Victor-Hugo (3e), Saint-Exupéry (15e), Thiers (1er), Montgrand (6e), Marseilleveyre (8e), Diderot (13e) ou encore Artaud (13e). Lancé par la mobilisation nationale de mardi centrée sur la défense des services publics, le mouvement a poursuivi sa course toute la journée de jeudi, porté par des élèves qui exigent plus de moyens dans l’éducation.

    Ils étaient, selon la préfecture, plus de 1 000 à camper devant les grilles de leur lycée pour être entendus. « Nos lycées sont en ruines. Les conditions ne sont plus acceptables. Au lycée Marie-Curie, il y a de l’amiante dans les murs, s’est indignée Rose, élève au lycée Montgrand. On a juste envie d’avoir des conditions de travail qui soient stables ».

    Au-delà de l’état des locaux, c’est aussi le manque de personnel qui est pointé du doigt, « avec des classes de 35 élèves » et des spécialités « surchargées depuis que des classes ont été supprimées » déplorent les jeunes. Les lycéens, qui n’ont de cesse de répéter qu’ils « ne veulent pas faire la guerre », dénoncent également l’augmentation du budget alloué à la défense.

    Dégradations et violence

    Les mobilisations ont donné lieu à plusieurs dégradations et débordements, notamment l’incendie d’un bus RTM et d’un véhicule des marins-pompiers devant les lycées La Floride (14e) et Saint-Exupéry (15e). Deux proviseurs, une journaliste violemment agressée, un marin-pompier et dix policiers ont été blessés dans le département, d’après la préfecture. 29 manifestants ont par ailleurs été interpellés à Marseille.

    « Vous savez quelle est la pire violence ? 120 000 lycéens n’ont eu aucune affectation Parcoursup cette année, s’est révolté Eustache, élève au lycée Montgrand et militant au Poing levé. Ça fait 10 ans que ce gouvernement mène une politique contre la jeunesse, contre les enseignants, contre l’ensemble de la population. (…) On se mobilise pour que nos services publics soient en meilleur état, et la seule réponse du gouvernement, c’est d’envoyer la police pour nous taper ».

    Lundi, dans le Val-d’Oise, un lycéen a perdu des dents à la suite d’un tir d’un policier en direction de son visage. Mercredi, à Tours, un élève a été blessé à l’œil, probablement par un tir de LBD. L’IGPN a été saisie.

  • Colère légitime, violences intolérables

    Colère légitime, violences intolérables

    De nombreux lycéens se sont mobilisés hier dans toute notre région, marquant un véritable changement d’échelle du mouvement qui proteste à la fois contre le manque de professeurs, de personnels et de moyens, mais aussi contre l’état de certains lycées ou encore contre Parcoursup, un système de sélection injuste où l’orientation des élèves est confiée à un algorithme opaque.

    Dans ce contexte de colère légitime, des violences graves ont éclaté notamment à Marseille : des personnels de l’Éducation nationale et un marin-pompier blessés, un véhicule des pompiers et un bus incendiés, causant un retrait des agents de la RTM et une paralysie de tout le réseau de transports.

    Ces violences sont intolérables d’autant plus qu’elles touchent des personnes et des biens essentiels aux services publics. Elles sont instrumentalisées pour semer le discrédit et justifier les violences policières.

    Priorité à la jeunesse

    Les provocateurs, les casseurs, les violents, n’ont pas leur place dans un mouvement qui exprime une colère et des revendications légitimes.

    La décision d’imposer des cours en distanciel et de mettre la pression sur les rassemblements spontanés ne règle rien des questions de fond posées par ce mouvement.

    Le gouvernement, minoritaire à l’Assemblée nationale, s’est déjà mis à dos les automobilistes, les fonctionnaires, les retraités, les collectivités territoriales… Le voilà confronté à la jeunesse.

    Aucune des vieilles ficelles libérales, pas plus que la potion amère de l’austérité ne sont en mesure de calmer sa colère et – c’est encore pire – de lui tracer un avenir désirable.

    Ce devrait pourtant être la priorité de notre société.

  • Colère des lycéens : pas de reprise du service à la RTM ce soir

    Colère des lycéens : pas de reprise du service à la RTM ce soir

    Les bus, tramways et métro marseillais resteront fermés ce jeudi soir jusqu’à la fin du service, indique la RTM par communiqué de presse en cette fin d’après-midi. Une décision prise «compte tenu de la gravité des évènements intervenus ce jour ayant affectés le réseau RTM avec des personnels blessés», explique la régie qui «regrette d’être contrainte à cette décision justifiée par le caractère inacceptable et inédit des évènements l’ayant touchée».

    Le service avait été interrompu en fin de matinée après que plusieurs bus ont été pris pour cible en marge des mobilisations des lycéens ce jeudi matin et des agents pris à parti, les organisations syndicales ayant appelé ceux-ci à exercer leur droit de retrait.

    La présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali a apporté son soutien aux agents «et tout particulièrement au conducteur agressé». «La jeunesse doit pouvoir s’exprimer, manifester et interpeller. Elle doit pouvoir le faire avec force, mais dans le respect des personnes et des biens publics qui appartiennent à tous», écrit-elle, appelant «au calme et au respect» mais aussi «à entendre ce que notre jeunesse a à dire».

  • [Région Sud] Des lycées en distanciel et les rassemblements non déclarés interdits dès ce vendredi

    [Région Sud] Des lycées en distanciel et les rassemblements non déclarés interdits dès ce vendredi

    Le préfet préfet des Bouches-du-Rhône et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur Jacques Witkowski a affirmé jeudi après-midi que suite aux violences ayant émaillé le mouvement lycéen, il allait acter « le passage en distanciel » en concertation avec le recteur. Le nombre d’établissements concernés doit être précisé dans la journée par les recteurs, le préfet de Région précisant que « ces mesures seront prises également pour l’ensemble des deux rectorats de la région PACA ». « Les lycées n’accueilleront plus physiquement les élèves, et l’enseignement se sera en distanciel pour les prochains jours, selon une méthodologie bien connue désormais », détaille-t-il.

    Jacques Witkowski a également annoncé qu’il allait prendre un arrêté pour « pour interdire ce qui est déjà normalement interdit, ces manifestations qui sont des attroupements autour des lycées qui n’auront pas fait l’objet de déclarations préalables ».

  • A Nîmes et Montpellier, la quasi totalité des lycées sont bloqués

    A Nîmes et Montpellier, la quasi totalité des lycées sont bloqués

    à Nîmes, le mouvement touche quasiment tous les lycées ce jeudi 1er octobre. Il y a eu des blocages ou tentatives de blocage à Camus, Daudet, Mistral, Voltaire, Saint-Vincent, Lamour, Hemingway, Raimu ou encore Gaston-Darboux. La situation a été assez tendue par endroits, avec feux de poubelles et de palettes. Face à quelques dégradations la police est intervenue, notamment à Camus et Saint-Vincent où il y a eu usage de gaz lacrymogène. À Mistral, le portail a été dégondé et les cours ont été annulés. Les groupes de lycéens se déplacent aussi d’un établissement à l’autre, ce jeudi.

    Mercredi 30 septembre, le maire de Nîmes Vincent Bouget (PCF) est allé à la rencontre des jeunes. « Les lycéens nîmois, comme dans de nombreuses autres villes du pays ont manifesté un profond mal-être sur leurs conditions d’apprentissage et sur les perspectives d’avenir», a déclaré le maire dans un message sur les réseaux sociaux. «Je suis allé à leur rencontre en début d’après-midi pour écouter leurs revendications. Ils dénoncent, comme leurs professeurs, les moyens alloués au service public d’éducation. Ils doivent être entendus », ajoute Vincent Bouget. « Quelques violences, qui relèvent d’une minorité, ont émaillé la mobilisation et je le regrette. Dans le même temps, il faut garantir la liberté de manifestation et l’expression pacifique des revendications. Entendre notre jeunesse et investir dans sa formation doit être une priorité nationale », conclut le maire de Nîmes.

    Dans l’Hérault, selon la préfecture une quinzaine de lycées du département de l’Hérault étaient concernés ce jeudi matin par le mouvement. Au cours d’une conférence de presse organisée ce matin, la préfète Chantal Mauchet a fait un point de situation.

    «Le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur. Il y a plusieurs points de blocages, notamment à Montpellier. Des interventions de la police ont eu lieu. C’est une situation très délicate que je suis attentivement. Il faut que les forces de sécurité agissent fermement pour débloquer mais avec tact méthode et proportionnalité, selon les mots du ministre de l’Intérieur, pour que cela soit efficace. Il faut que nous protégions tout le monde, y compris ces lycéens qui vont au contact, sont assez déterminés et dont certains sont déterminés avec cagoules et jets de pierre. C’est une intervention particulièrement délicate.»

    Le témoignage de l’Observatoire des libertés

    Dans un communiqué, L’Observatoire des libertés publiques de Montpellier rapporte que dés le mardi 29 septembre, des actes de violences policières ont été constatées : « Au lycée Jean Monnet, les lycéennes et lycéens ont entrepris le blocage des deux accès aux bâtiments vers 6 h 30. La mobilisation était pacifiste : toutes les personnes impliquées étaient non-violentes. Vers 7 h 35, deux équipages de la police nationale de l’Hérault sont intervenus sur site. Sans sommation, ils ont entrepris le déblocage physique d’un des deux accès : des lycéennes et lycéens ont été violemment poussés, tirés, frappés voire violemment projetés au sol. De nombreux fonctionnaires de police ne disposaient pas de RIO visibles.»

    Vers 8 h, un équipage de la Compagnie Départementale d’Intervention de l’Hérault est arrivée en renfort des effectifs déjà présents, raconte l’Observatoire : « Les lycéennes et lycéens se sont alors assis, sur l’axe sur lequel circulait le véhicule, de manière pacifique. Les fonctionnaires de police sont sortis de leur véhicule, casque en main, en tirant, poussant et projetant là encore les lycéens. L’un d’eux a fait usage de gaz lacrymogène sur les lycéennes et lycéens à très courte distance. Aux lycées Jules Guesde, et Mermoz, les mêmes scènes de violences ont été rapportées. Au lycée Jules Guesde, un lycéen a subi une clef d étranglement par un fonctionnaire de police. Un élu municipal a, lui, été projeté au sol. »

    Du côté de la préfecture, on informe que « la contestation lycéenne a provoqué des blocages et des incendies dans au moins deux établissements de Montpellier ce jeudi 1er octobre. La police est intervenue. Les lycées Mendès-France et Jules-Guesde sont désormais fermés.»

    La CGT 34 réagit et apporte son soutien
  • Mobilisations lycéennes : le réseau RTM paralysé à Marseille

    Mobilisations lycéennes : le réseau RTM paralysé à Marseille

    Dans un contexte de mobilisations lycéennes, tout le réseau de bus de la RTM est paralysé ce jeudi matin. Plusieurs bus ont été incendiés, dont un devant le lycée Floride, dans le 14e arrondissement.

    Les élus CGT de la RTM ont demandé le retour des quatre secteurs par mesure de sécurité. «La priorité doit rester la protection des agents et des usagers, annonce le syndicat. Aucun agent ne doit être exposé inutilement à des situations dangereuses.»

    FO dénombre de son côté deux agressions sur des agents de la RTM, et annonce que ceux du dépôt Saint-Pierre devraient à leur tour exercer leur droit le retrait, le syndicat demandant aux agents de rentrer et d’arrêter le travail. «La situation devient trop tendue», alerte l’organisation, qui a appelé au droit de retrait sur les deux lignes de métro.

    Dépôts de plainte

    Dans un communiqué, ce jeudi matin, la RTM «appelle au calme et au respect du service public». Plusieurs bus ont été pris à partie aux abords de lycées dans l’est et le nord de la ville et des conducteurs ont dû quitter précipitamment leur véhicule indique la régie, qui confirme l’agression d’un chauffeur. «La RTM apporte son plein soutien à ses personnels et déposera plainte à la suite des agressions et dégradations constatées», annonce-t-elle en dénonçant des «comportements irresponsables».

  • Au lycée Saint-Charles, à Marseille, les élèves s’engagent pour leur avenir

    Au lycée Saint-Charles, à Marseille, les élèves s’engagent pour leur avenir

    Alors que de nombreuses mobilisations sont prévues, ce jeudi, dans différents lycées de la région, les élèves de Saint-Charles ont poursuivi, mercredi, leur action débutée la veille dans l’élan des manifestations pour le service public, en intersyndicale.

    À leur propre initiative cette fois, une trentaine de lycéens ont bloqué durant toute la matinée l’entrée à leur établissement à l’aide de grandes poubelles, ne laissant passer seulement les professeurs et les élèves en prépa. Ils soulignent l’importance d’une mobilisation qui les concerne tous. « On se bat pour nos droits, on le fait pour nous tous et pour les futurs lycéens », déclare Suzanne, une lycéenne, alors perchée sur une poubelle.

    Ils militent pour de meilleures conditions d’éducation et dénoncent une politique d’austérité pour les services publics, responsable des manques de moyens, de personnels et de matériels qui menacent, selon eux, le bon déroulement de leurs études. « On manque de moyens à cause des coupes budgétaires de Macron. En classe, on est passé de 29 élèves à 35, c’est juste pas possible pour étudier correctement », explique un élève qui a préféré rester anonyme.

    Les lycéens déplorent également la chaleur qu’ils endurent dans les salles de classe, une problématique de plus en plus alarmante avec l’augmentation affolante de la fréquence des canicules, ces dernières années. « On a hyper chaud le matin quand le soleil tape et chauffe les salles à mort, c’est invivable. On a qu’un seul ventilateur par classe, voire aucun. Ça devient tout simplement irrespirable, on ne peut pas se concentrer parce qu’on a trop chaud », se désespère Noé, un autre lycéen mobilisé.

    Ils condamnent par ailleurs la répression policière que rencontrent les actions lycéennes : « Quand on essaie de manifester comme on le fait, ils envoient les policiers. Il y a des jeunes qui se font tabasser alors qu’ils manifestent pour leurs droits », regrette Noé.

    Solidaires des agents publics

    Dans leurs revendications, ils expriment une solidarité ferme avec l’ensemble des lycées, mais aussi avec leurs professeurs et les agents des services publics avec lesquels certains lycéens ont partagé les manifestations de mardi. « On milite à Saint-Charles, mais on reste un lycée du centre de Marseille, on n’a pas toutes les galères que connaissent les établissements des quartiers nord qui sont encore moins pris en considération. On tient à manifester pour tout le monde, dont les professeurs qui sont de moins en moins bien payés et qui ne sont jamais remplacés et les agents d’entretien qui sont surexploités et très mal payés eux aussi », précise une autre lycéenne qui a préféré ne pas donner son nom.

    Les jeunes insistent sur leur légitimité à exprimer des revendications. « On aimerait se faire entendre, on n’est pas des jeunes de 16 ans qui veulent seulement sécher les cours, on est surtout des personnes révoltées. On va continuer notre lutte, même si l’on n’est pas écouté par l’État, car nous sommes les travailleurs de demain », conclut l’élève.

    Etienne Devillard Lacordaire

  • À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    « Ce n’est pas possible que des milliards d’euros partent dans les poches d’entreprises qui font la guerre, et non pas dans celles des agents. De l’argent, il y en a. Ça suffit de payer pour les autres. » Reçue par le préfet du Var, mardi matin, en compagnie d’une délégation intersyndicale, Francisca Martinez, secrétaire départementale de la CGT finances publiques, brandit un symbole devant le cortège de manifestants, qui a achevé son parcours devant la préfecture : celui du budget de la Défense, rehaussé de 6,7 milliards d’euros en 2026, dans le cadre de l’augmentation de la loi de programmation militaire 2024-2030 (+36 milliards d’euros, pour atteindre 76,3 milliards d’ici 2030).

    « On a d’abord besoin d’un service public de qualité »

    Car, dans le premier port militaire d’Europe, ce sujet résonne plus qu’ailleurs. « Quand on voit des crédits impôts recherche distribués à de grosses entreprises, à savoir 211 milliards d’euros sans surveillance, sans contrepartie, on sait les bidouillages qu’il peut y avoir. Surtout qu’on parle de Défense, mais on est le deuxième exportateur mondial d’armes. Ça montre qu’on ne produit pas pour nous », dénonce Colette Moulun, elle aussi membre de la CGT finances publiques, qui rappelle que la Direction générale des finances publiques a perdu un quart de ses postes (plus de 30 000) en 15 ans.

    Il en va de même dans l’éducation, qui déplore, au niveau national, 4 500 postes d’enseignants supprimés. « Nous sommes 36 élèves par classe », illustre Donia, élève en terminale au lycée Dumont-d’Urville, à Toulon, présente mardi matin, comme plusieurs dizaines de lycéens varois, parmi les 1 600 manifestants mobilisés selon la police, 7 500 selon les organisations. D’autres métiers sont concernés, comme celui de « psychologue scolaire, par exemple », pointe Cédric Turco (SNUIPP – FSU), avec, en conséquence, « de moins en moins de places dans le circuit spécialisé et des élèves qui se retrouvent dans le général sans qu’on ait les moyens de les y inclure ». Une situation dont les élèves ont eux-mêmes conscience. « Il y a un manque d’accompagnants pour les élèves en situations de handicap », constate Donia.

    La situation est comparable chez les pompiers, qui ont vu 30% des centres d’incendie nationaux fermer depuis 2000. Il n’en reste plus que 6 100, dont six sur dix fonctionnent grâce aux volontaires. Mais il y a aussi « le matériel, avec des véhicules vieillissants et régulièrement en panne », rapporte David Vaubien, adjudant-chef à La Seyne, au sortir d’un été qui a mis en lumière ces manques, à l’instar de la vétusté du bâti scolaire.

    « Nos écoles sont des passoires thermiques. On travaille dans des locaux amiantés. C’est une honte pour les salariés et pour les élèves », s’indigne Cédric Turco, élu communiste à La Seyne, qui conclut sur le non-sens de cette impétueuse militarisation : « La paix ne se gagne pas par la guerre. En France, on a d’abord besoin d’avoir des services publics de qualité. »

  • Les lycéens réclament de meilleures conditions d’études et d’enseignement

    Les lycéens réclament de meilleures conditions d’études et d’enseignement

    « Ce n’est pas l’éducation qui coûte trop cher, c’est l’armée, c’est la guerre », n’ont cessé de scander les lycéens, mobilisés mardi pour protester contre la dégradation du service public. Selon la préfecture, près de 350 d’entre eux ont pris part au cortège et en ont occupé la tête afin de dénoncer le manque de moyens dans l’Éducation nationale.

    « Si on est là aujourd’hui, c’est qu’on en a ras-le-bol que des milliards soient dépensés dans l’armée alors que nos profs sont sous-payés et nos classes surchargées. On veut des conditions décentes pour étudier », s’est indignée une étudiante au pied des Réformés (1er), avant le départ de la marche. À quelques mètres, Yasmine et Juliette expriment la même colère : « On ne peut plus faire de sorties, on est trop dans les classes, les conditions sont difficiles pour nous comme pour les profs. Macron donne des sous pour la guerre alors que nous n’avons plus de moyens. Pourtant, c’est nous le futur ! »

    En mars dernier déjà, lycéens, enseignants et parents d’élèves s’étaient mobilisés pour dénoncer une baisse des moyens dans l’éducation, illustrée par la fermeture de 143 classes dans le premier et le second degré, contre 88 ouvertures, soit un solde négatif de 55 fermetures dans l’académie d’Aix-Marseille. Un choix à l’époque justifié par la baisse démographique.

    Plusieurs établissements sont par ailleurs restés portes closes mardi, bloqués par les jeunes militants en colère. Parmi eux, sept lycées marseillais : Saint-Charles (1er), Montgrand (6e), Périer (8e), Rempart (7e), Jacques-Chirac (2e), Marseilleveyre (8e) et Marie-Curie (5e). Trois autres établissements ont aussi été concernés dans le reste du département, à Martigues et Miramas. L’occasion, aussi, d’exprimer une vive opposition aux répressions policières survenues lundi en Île-de-France, où 12 jeunes, 8 enseignants et 12 policiers ont été blessés. « Ici, ça se passe bien, mais ce n’est pas le cas partout à l’échelle nationale, note Eustache, élève du lycée Montgrand. Dans le 93 et le 94, les lycéens se sont fait frapper et gazer par la police. Un jeune a perdu ses dents de devant après un tir [dans le Val-d’Oise]. La répression a été immense ». Quatre lycéens ont tout de même été interpellés à Miramas, mardi, selon la préfecture.

  • A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier, les manifestants, nombreux (7000 selon la CGT), se sont rassemblé sur la Place Albert 1er aux alentours de 14h30 ce mardi 29 septembre. Mathieu Guy, membre du bureau de l’UD 34, revient dans cette vidéo sur l’enjeu de cette mobilisation à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, pour protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.

    Un cortège dense composé des travailleurs des trois fonctions publiques (Etat, collectivités, Hôpital) mais aussi des pompiers, des lycéens ont défilé à Montpellier derrière une banderole de l’intersyndicale qui avait appelé à cette journée de grèves et de manifestations. De nombreux jeunes sont présents et le mouvement de blocage des lycées, parti de la région parisienne, essaime dans l’Hérault : ce mardi, les lycées Mermoz et Monnet de Montpellier ont été bloqués par les élèves.

    Élèves en classe de première au lycée Jean Monnet, Cali et Leoya ont rejoint le cortège de la mobilisation des agents publics. «On demande d’être écoutés et respectés, d’avoir plus de budget pour rénover le lycée, l’internat, et aussi d’avoir de l’argent pour la culture, car Jean Monet est un lycée avec options artistiques. On est inquiètes pour notre avenir».

    «Étudier est un droit, pas un privilège», scandent dans le cortège des étudiants derrière une banderole du Scum (syndicat de combat universitaire de Montpellier).

    Le pouvoir d’achat, grignoté par l’inflation et l’absence de revalorisation du point d’indice ces dernières années, est omniprésent dans les revendications du cortège montpelliérain. En grève depuis plusieurs semaines, les pompiers professionnels étaient également présents.

    À Nîmes, les manifestants se sont rassemblé au fur et à mesure devant la Maison Carrée. On y croise des agents de la fonction publique de tous les secteurs, de l’hôpital à l’école, en passant par le Département. Tous ont le même mot d’ordre : « Des salaires pour vivre, des moyens pour travailler, un service public pour tous. » Le départ initialement prévu à 14h a été repoussé et le cortège finit par s’élancer.

    Christophe Allègre (UNSA Gard) a porté la déclaration unitaire des organisations syndicales de la fonction publique. Face à la dégradation des conditions de travail et à la perte de pouvoir d’achat, les syndicats réclament « une revalorisation significative de la valeur du point d’indice » et de véritables progressions de carrière. Le représentant alerte aussi sur les moyens matériels : « Les piratages massifs et successifs montrent qu’il y a urgence à donner aux services les outils et les moyens d’assurer la sécurité de toutes les données personnelles ». Alors que les difficultés de recrutement s’aggravent et que « les risques psychosociaux se multiplient », il prévient : « C’est bien l’avenir des services publics qui est en jeu ».

    Un grand nombre de jeunes se sont joints au cortège pour cette mobilisation. Cela intervient lors d’une journée également marquée par des blocus dans plusieurs lycées Nîmois, dont Daudet et Dhuoda, et la montée de tensions avec les forces de l’ordre . Le maire de Nîmes, Vincent Bouget (PCF) a appelé « à l’apaisement et la la vigilance de toutes et tous, afin que les mobilisations lycéennes puissent se tenir dans le calme et dans le respect».

    Le message des lycéens est clair : de l’écoute, du budget pour les établissements et les personnels, et la lutte contre l’extrême-droite.