Tag: Lycéens

  • À Aubagne, la fin de la gratuité suscite l’incompréhension des usagers

    À Aubagne, la fin de la gratuité suscite l’incompréhension des usagers

    Il est 13h passé, vendredi, et la foule se presse au pôle d’échanges intermodal d’Aubagne. Entre les collégiens et lycéens qui quittent leurs établissements, les voyageurs de la gare en transit, et les simples passants, les queues se font et se défont à l’ombre des abribus.

    Gilles habite Auriol. Il rentre de Marseille où il est descendu faire des papiers rue Grignan. Ce retraité a le temps, alors prendre les transports en commun est évident. D’autant que c’est gratuit. « En plus pour moi c’est sur tous les Bouches-du-Rhône », sourit-il avant de rapidement cacher ses gencives : « Maintenant… Samia Ghali (la présidente DVG de la RTM, ndlr), de gauche, bravo ! »

    L’annonce la veille par Nicolas Isnard, président (LR) de la Métropole, de la fin de la gratuité des transports en commun en vigueur depuis 2010 sur le pays d’Aubagne et de l’étoile, et depuis un an sur toute la métropole pour les moins de 11 ans et les plus de 65 ans, le met en colère. « Elle, ne veut pas supprimer la gratuité mais elle veut la diminuer en fonction des revenus. Je ne suis pas d’accord. Les retraités ne sont fortunés et on sait que la limite du tarif social sera très basse. »

    « On recule »

    Le sujet est dans les têtes, entre colère et fatalisme. Le « tous pourris » s’impose dans la discussion de Sandrine et Nourdine qui tancent ces élus jugés loin des préoccupations de leur quotidien et moins enclins à « faire des économies sur leurs gueuletons ». Assis sur un banc, en pleine lecture, Sébastien utilise les transports pour aller travailler sur Marseille.

    « C’est une décision que je pourrais comprendre vu la situation financière de la Métropole mais je me demande si toutes les solutions ont été étudiées », s’interroge ce quinquagénaire pour qui seul le trajet Auriol – Aubagne est gratuit. « On n’est quand même pas sur du superflu. C’est une compétence de la Métropole, ça impacte les collégiens, les étudiants, ça risque de mettre la révolution. »

    Lena, 16 ans, habite aussi à Auriol. Elle arrive d’Aix où elle étudie. Son trajet sur sa partie non gratuite lui coûte 11 euros. « Ça fait déjà cher quand même » glisse timidement la jeune fille. Noa, 19 ans, vient lui de Saint-Maximin avec sa carte Zou à 90 euros par an pour effectuer son alternance à Aubagne. « La gratuité pour un étudiant ça compte. Mis bout à bout, les petits frais ça pique », sourit le jeune homme qui gagne moins de 1 000 euros par mois.

    Femme de ménage à la retraite, Nanou, 75 ans, habite Aubagne et entend conserver sa gratuité. « On s’est battu contre le maire sortant qui voulait nous faire payer. Il va falloir se battre encore », prévient la sexagénaire qui a connu le ticket à 1,20 euro avant 2010 et n’entend pas payer tous les jours pour se rendre au secours populaire où elle y est bénévole. « On a été les premiers à faire la gratuité et aujourd’hui on recule alors que d’autres s’y mettent je ne comprends pas. »

    ET AUSSI

    La ville d’Aubagne lance une pétition

    « La gratuité des transports est notre bouclier. Ne laissons personne le briser. Pour dire non à la décision de la Métropole et appuyer les démarches engagées par la ville, chaque signature compte ». La ville d’Aubagne a lancé dans la nuit de jeudi, sur son site internet une pétition pour la gratuité des transports. 2 000 signatures ont été recueillies dans la nuit. Vendredi soir, la barre des 5 000 était passée.

    La ferme opposition de Frédéric Szabo

    Frédéric Szabo, maire (DVD) de La Penne-sur-Huveaune, affirme dans un communiqué s’opposer fermement à la décision de la Métropole. « Dans le contexte actuel, la gratuité des transports est à la fois une mesure de pouvoir d’achat, une réponse aux difficultés quotidiennes de nos concitoyens et un engagement concret en faveur de la transition écologique et de la sécurité publique », explique-t-il après avoir rappelé la baisse significative des incivilités sur le réseau. Et d’en appeler aux maires du territoire : « Nous devons préserver ce dispositif et défendre les habitants ».

    LFI veut supprimer la Métropole

    La liste de La France insoumise aux élections sénatoriales, conduite par Michelle Blanchard-Svoboda, dénonce fermement la fin annoncée de la gratuité des transports. Les insoumis estiment qu’elle pénaliserait les ménages, sans garanties d’économies réelles, et défendent la gratuité comme un outil de justice sociale, écologique et de mobilité pour tous. « La gratuité des transports, comme les autres services publics, ne doit pas être sacrifiée au nom d’une pseudo-rentabilité », affirme la tête de liste qui entend « redonner leur pouvoir aux communes, concerter les citoyens et mettre fin à cette organisation métropolitaine responsable de nombreux maux de notre territoire ».

    Ch.C.

  • À Istres, les enseignants du lycée Rimbaud font bloc après une agression

    À Istres, les enseignants du lycée Rimbaud font bloc après une agression

    Le lycée Arthur-Rimbaud était vidé de ses élèves, ce jeudi 24 septembre. Les enseignants ont voté l’arrêt des cours et exercé leur droit de retrait suite à l’agression d’une professeure le matin même. Rachel Véran, représentante syndicale Snes-FSU, raconte : « Un étudiant avait son téléphone à la main dans le lycée à 8h du matin. C’est interdit pour les lycéens comme pour les BTS par le règlement intérieur depuis juin dernier. Un encadrant lui a fait la remarque, l’élève n’en a pas tenu compte, et ma collègue a donc insisté. Elle a reçu un coup de poing très violent, est tombée au sol, puis a été prise en charge par les pompiers avant d’être transportée aux urgences. » Elle y était encore en fin d’après-midi, dans l’attente de réponse à ses examens.

    Pour l’équipe enseignante, cet incident reflète « l’insécurité croissante » au sein de l’établissement. Cyril Belmonte professeur d’histoire géographie et représentant Snes-FSU, l’affirme : « La violence physique de ce matin est le point d’orgue d’une dégradation des relations entre certains élèves, certains parents et la communauté éducative, avec un certain nombre d’altercations agressives. En mars dernier, une collègue a été menacée de mort sur les réseaux sociaux ». Une plainte a été déposée et est en cours d’instruction.

    Un manque d’encadrants

    Devant le lycée, Adam et Romain sont adossés à un muret. Pour ces deux terminales, l’agression survenue le matin même était « un événement ponctuel ». « En tant qu’élèves, on a pas l’impression qu’il y ait une montée de l’insécurité », assurent-ils. Eux y décèlent plutôt la conséquence d’un manque d’effectif. « On est plus de 1 300, pour très peu de surveillants », confient les deux amis. Selon l’équipe pédagogique, il y aurait six assistants d’éducation (AED) en équivalent temps plein dans l’établissement.

    Rachel Véran confirme : « Notre lycée est plein comme un œuf avec 1 350 élèves alors qu’il n’est pas dimensionné pour ça et qu’on a des moyens constants : on n’a pas d’AED, ni de professeurs supplémentaires. » La représentante syndicale s’agace : « On a pourtant de bons résultats, avec 99% d’élèves qui fonctionnent correctement. Mais avec cet accroissement des effectifs et le manque flagrant de moyens humains, on se retrouve dans des situations ingérables et intolérables ».

    Réunie en assemblée tout l’après-midi, la communauté éducative demande des AED supplémentaires, la mise en place de protocoles de prévention pour être mieux armée face à ce type de situations, et un meilleur accompagnement du ministère de l’Éducation national et du rectorat pour faire appliquer les nouvelles règles, à l’instar de l’interdiction des portables.

    L’adjoint du Directeur académique et le maire (LR) d’Istres, Robin Prétot, sont venus apporter leur soutien aux enseignants. Les cours doivent reprendre ce vendredi. Une cellule psychologique va être mise en place.

  • À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    Mille quatre cents élèves et cent trente agents. Jeudi 10 septembre, quelques jours après la rentrée des classes, le lycée de Cournonterral a été inauguré en présence de la philosophe et essayiste Elisabeth Badinter, dont l’établissement porte le nom ainsi que celui de son défunt époux. Il s’agit bien sûr du célèbre garde des Sceaux, Robert Badinter, dont l’engagement humaniste avait conduit à l’abolition de la peine de mort en 1981, puis à la dépénalisation de l’homosexualité en 1982.

    Dans l’ouest de Montpellier soumis à la pression démographique, ce nouveau lycée est un soulagement pour les familles de nombreuses communes dont les enfants étaient contraints aux longs trajets en cars jusqu’à Montpellier. Pourtant, rien ne fut facile. Faire sortir de terre le 11e lycée (le second dans l’Hérault après celui de Gignac en 2020) depuis 2016 que Carole Delga est à la tête de la Région Occitanie, a eu des airs de parcours du combattant sur le plan juridique et administratif. « Ça a été un lourd combat avec 2 ans de retard et 6 millions d’euros de surcoût en raison de normes environnementales (coût total : 52 millions d’euros) », regrette Carole Delga qui a fini par hausser le ton auprès du préfet de Région. « Je lui ai rappelé l’essentiel : que le diplôme est le meilleur moyen de lutter contre l’isolement et le chômage. »

    « Un lourd combat »

    À l’instar de tous les nouveaux lycées, celui de Cournonterral est à énergie positive, c’est-à-dire qu’il produira plus d’énergie qu’il n’en consomme grâce à un système de géothermie et de panneaux photovoltaïques. Sur une surface de 17 200 m² sur un site de 6 hectares dont 60% d’espaces verts (un millier d’arbres ont été plantés), le lycée est doté d’un plateau sportif de 4 000 m², d’un internat (50 places) et d’une maison des lycéens. L’établissement propose des formations générales, technologiques et professionnelles vers les métiers du numérique et de l’informatique. Des métiers d’avenir à l’heure de l’intelligence artificielle.

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.

  • Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Des chiens, des policiers et des gendarmes devant les grilles du nouveau bahut. C’est ce qu’ont vécu des élèves de seconde des lycées Nelson-Mandela à Marseille (12e) et Fourcade à Gardanne, mardi, le jour de leur rentrée. Au programme : fouille des sacs des élèves sélectionnés et contrôle des chauffeurs de bus. Une pratique possible depuis la circulaire de mars 2025, conjointement signée par Élisabeth Borne et Bruno Retailleau, alors respectivement ministre (Ren.) de l’Éducation nationale et ministre (LR) de l’Intérieur, qui autorise donc aux forces de l’ordre des fouilles aléatoires et inopinées des sacs et cartables aux abords ou à l’entrée des collèges et lycées.

    Des méthodes déjà dénoncées dans le passé par l’intersyndicale des enseignants du secondaire et que le Snes-FSU juge d’autant plus violentes le jour d’une rentrée. « Ce qui nous a particulièrement choqués, c’est que ça se fasse le jour de la rentrée des secondes, s’indigne Salima Ouannaï, secrétaire académique adjointe du Snes-FSU Aix-Marseille. Nous avons été contactés par les personnels des établissements en question, qui ont été particulièrement choqués, de même que les élèves. »

    L’opération a en effet fortement mécontenté plusieurs enseignants du lycée Fourcade, prévenus lundi, lors de la pré-rentrée, de la venue des officiers de gendarmerie. Ils parlaient alors, dans un communiqué de presse, d’un déploiement « inadapté » et susceptible de « créer un stress inutile pour les enfants et leurs parents », cités par La Provence. « Voilà donc le message envoyé à la jeunesse pour son premier jour au lycée : bienvenue, vous êtes d’abord considérés comme une menace. (…) Beaucoup de stress, aucun objet découvert et une rentrée transformée en opération de communication sécuritaire. Nous dénonçons fermement ces pratiques. Elles instaurent un climat de suspicion et stigmatisent les élèves », fronde de son côté le Snes-FSU.

    « Masquer un manque

    de moyens »

    Au-delà des méthodes jugées inadéquates, c’est l’utilité même de ce genre d’opération que le Snes-FSU réfute. « On envoie un mauvais message aux jeunes, en leur faisant comprendre que ce sont des fauteurs de troubles, tout en suggérant que l’école est un lieu dangereux, note Salima Ouannaï. Une vision passéiste d’abord, mais aussi totalement inefficace. » Pour elle, comme pour ses camarades du Snes-FSU, c’est de personnels dont a besoin l’Éducation nationale pour lutter contre les violences scolaires, pour que les élèves puissent être accompagnés. « On veut de la prévention et des solutions qui soient éducatives, poursuit-elle. On manque de CPE, d’AED [surveillants], de psychologues et d’assistantes sociales et, à Marseille comme ailleurs, on refuse la création de postes. Cette circulaire est juste une façon de communiquer pour masquer le manque de moyens. »

  • Dernière rentrée pour le président Macron auprès de lycéens de Lozère

    Dernière rentrée pour le président Macron auprès de lycéens de Lozère

    Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est rendu mardi au lycée Chaptal, à Mende (Lozère), avec le président Emmanuel Macron, qui a échangé avec des élèves sur l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de cette rentrée scolaire.

    Des manifestants en guise de comité d’accueil

    « Bonne rentrée à toutes et tous. On vient perturber une journée qui est déjà particulière », a lancé le président aux élèves, qui ont dû déposer un à un leur téléphone sur un espace dédié et numéroté accroché au mur de la classe. À l’extérieur de l’établissement, une quarantaine de manifestants, dont plusieurs arboraient un drapeau de la FSU et de la CGT Éducation, ont attendu le président en demandant davantage de moyens et notamment la fin des classes « surchargées ».

    Parmi les autres nouveautés de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué en novembre aux élèves, de la grande section à la terminale.

    Après plusieurs années marquées par des réformes successives et malgré des candidats à la présidentielle multipliant les propositions sur l’éducation en cette rentrée, la reprise reste relativement calme.
    « Il n’y aura pas de réforme Geffray », a répété la semaine dernière le ministre. Il a mis l’accent sur la maîtrise du langage et du raisonnement scientifique. « On a encore beaucoup de travail à faire. Il y a un effritement du niveau notamment sur les années collège depuis maintenant très longtemps », a-t-il reconnu, lundi, alors que sont attendus la semaine prochaine les résultats de l’étude internationale Pisa, qui évalue le niveau des élèves de 15 ans en français et en sciences.

    Cyberattaque

    Dans certaines régions, les enseignants étaient surtout accaparés en cette rentrée par des perturbations engendrées par l’importante cyberattaque révélée fin juillet par le ministère. Le piratage a entraîné la suspension préventive de nombreux outils numériques, entraînant des difficultés dans les académies de Toulouse et de Nantes. Les personnels doivent encore composer avec l’absence d’accès aux messageries professionnelles, aux bases de données des élèves et des familles ou à certaines applications administratives. À Toulouse, les emplois du temps seront distribués en version papier.

  • [Rentrée des classes] Renaud Muselier vient de débuter sa tournée des lycées aixois

    [Rentrée des classes] Renaud Muselier vient de débuter sa tournée des lycées aixois

    Pour rappel, s’il est élu dans un mois, il ne sera plus la tête de la Région. Au cours de sa tournée, Renaud Muselier a également distribué des tablettes numériques aux lycéens.

  • Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    Lycées : la Région poursuit sa quête de l’égalité des chances

    « Protéger plutôt que laisser faire. Investir plutôt que subir. » Même si l’État a une nouvelle fois fait faux bond à la Région Occitanie (un demi-milliard d’euros d’enveloppe en moins), la majorité de Carole Delga (PS) a fait le choix de maintenir l’éducation comme priorité. Et ce afin de « permettre à chaque enfant, quelles que soient ses origines sociales, sa couleur de peau, de pouvoir rêver en grand, choisir son destin », insiste la présidente.

    Pour tendre vers « l’égalité des chances », il faut encore agir en faveur du pouvoir d’achat. Avec 74 millions d’euros (ME) injectés, l’Occitanie conserve, selon Carole Delga, « la rentrée la moins chère de France ». En dépit de difficultés d’approvisionnement et d’un surcoût (9 ME), l’ordinateur portable reste gratuit, de même que les manuels scolaires, les premiers équipements des apprentis et les formations aux premiers secours. L’aide à la licence sportive UNSS est maintenue à 15 euros et celle à la lecture passe de 15 à 20 euros dans les librairies indépendantes. Pour cette rentrée, l’aide à la cantine pour les familles en difficulté augmente même de 20%. Si l’on ajoute l’aide aux vélos (200 euros) pour les boursiers de seconde, les transports scolaires gratuits et la gratuité à l’usage des trains et cars Lio pour les 12-26 ans, on atteint le millier d’euros économisés pour chacun des 231 000 lycéens.

    Plan de prévention contre le protoxyde d’azote

    Contre l’assignation à résidence et le déterminisme social, la Région met aussi les moyens pour « une orientation choisie et non subie ». La plateforme « ID stages », propose à 31 000 jeunes 8 300 offres de stages. Dans les 13 départements, les salons « ID métiers » ont sensibilisé 27 000 collégiens de 4e et 3e. « 70% des jeunes ont découvert un métier dans ces salons », se félicite le vice-président Kamel Chibli. 28 000 jeunes ont été accueillis dans une maison d’orientation mobile.

    Dans le cadre de son grand plan « Occitanie résiliente » qui vise à faire de l’Occitanie la première région à énergie positive d’Europe, la majorité poursuit ses actions de rénovation et sécurisation de ses établissements scolaires. Les travaux pour l’inclusion et la rénovation énergétique avancent bien. « On est quasiment au bout de l’accessibilité de nos bâtiments », confirme K. Chibli, qui évoque une « sécurisation pragmatique, pas dogmatique » à base de tourniquets, d’accès via la carte jeunes et de caméras de vidéosurveillance. 10 ME ont été débloqués pour faire face à la canicule (brasseurs d’air, films anti-UV sur les fenêtres, protection solaire, isolation thermique…). « On n’a pas attendu d’être reçus par le ministre pour agir. »

    Enfin, Carole Delga est déterminée à poursuivre « la lutte contre toutes formes de discrimination ». Désormais, s’ajoute le combat contre le protoxyde d’azote, véritable fléau. Après concertation avec le Rectorat, un grand plan de prévention sera présenté à l’automne. S’ensuivra une campagne de sensibilisation avec un kit d’action pour les maires et les professionnels de l’éducation.

    Un nouveau lycée à Cournonterral

    Ce sera le 11e à sortir de terre depuis 2016 !

    Jeudi 10 septembre sera inauguré, en présence d’Élisabeth Badinter le lycée Élisabeth et Robert Badinter de Cournonterral, à l’ouest de Montpellier. Sur une surface de 17 200 m² et un site de 6ha, ce lycée à énergie positive accueillera 1 400 élèves et 130 agents. Le coût (52 ME) financé par la Région a été gonflé de 6 ME en raison de procédures environnementales. « Ça a été un lourd combat qui nous a retardés 2 ans », souffle Carole Delga.

  • Des véhicules sous main de justice pour les futurs mécanos des lycées pro

    Des véhicules sous main de justice pour les futurs mécanos des lycées pro

    Une Polo et une Peugeot 2008 pour commencer… Une convention a été signée, ce jeudi 9 juillet, entre le tribunal judiciaire de Marseille et le rectorat pour attribuer à deux lycées professionnels de la ville des véhicules sous main de justice. De quoi permettre aux élèves de s’entraîner en mécanique ou en carrosserie. Pour le moment, celui de La Floride (14e) et des métiers de l’automobile et des services aux entreprises, Frédéric-Mistral (8e) se sont manifestés.

    « Cette convention répond à un triple objectif », se félicite Olivier Leurent, président du tribunal judiciaire de Marseille. D’abord, « pédagogique puisque ces véhicules seront destinés à former les lycéens de ces deux établissements » estime-t-il, mais aussi « éducatif, puisque les élèves sauront d’où proviennent ces véhicules, et sauront que quand on transgresse la loi, on peut se faire confisquer sa voiture » ; et enfin, un « objectif de réduction des frais de justice ».

    Du gagnant-gagnant

    Car cet accord gagnant-gagnant permet de faire des économies non négligeables de gardiennage. Sur la juridiction marseillaise, pas moins de 919 véhicules saisis et en attente de confiscation sont stockés dans des garages agréés, moyennant 3,20 euros la journée soit environ 3 000 euros par jour, calcule rapidement de procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. De 80 à 100 voitures par mois viennent grossir les rangs.

    « L’intérêt, c’est que ces véhicules rapportent à l’État plus qu’ils ne coûtent », précise-t-il. Si les grosses cylindrées « des criminels, des voyous » sont souvent remises aux services enquêteurs ou vendues avant jugement, la justice entend donner un certain nombre de véhicules moyenne et bas de gamme voués à la destruction, explique-t-il.

    « Pour nous, chefs d’établissement, il est important de proposer des supports pédagogiques à nos élèves, qui leur permettent d’acquérir des connaissances, des compétences et, à la fin, un diplôme qui leur permettra, soit de poursuivre des études, soit de s’insérer dans la vie professionnelle », commente Gilles Pierrisnard, proviseur du lycée La Floride, dont l’établissement est spécialisé sur les poids lourds et motocycles. Ces modèles vont donner aux lycéens un aperçu d’innovations technologiques sur lesquelles ils ont besoin de travailler, pour « être les plus compétitifs possibles dès leur entrée en entreprise » poursuit-il. Mieux, l’apport régulier de véhicules « va être une plus-value, en plus de l’aspect civique sur lequel on va pouvoir réfléchir avec les élèves, sur le fait que l’erreur se paye », complète Rémi Formaggio, proviseur du lycée Frédéric Mistral.

    Pour Pascale Darras, directrice de greffe, il s’agit également d’ouvrir un peu les horizons en travaillant avec de nouveaux partenaires, cette dernière espérant que cette convention donne des idées à d’autres lycées…

  • Des lycéens récompensés pour leurs projets solidaires

    Des lycéens récompensés pour leurs projets solidaires

    Dans la cour du lycée Le Chatelier, les élèves brandissent fièrement leur diplôme encadré, le « Prix Édith Arnoult-Brill du Projet Solidaire », et lancent leur toque en l’air. Cette réussite est la leur : deux ans au sein du programme « Lycées Pro’Solidaires », durant lesquelles ils ont pu développer des projets concrets. Huit classes, douze groupes de lycéens de La Viste, La Calade, l’Estaque et Le Chatelier à Marseille, mais aussi de Jean-Monnet, à Vitrolles. Quand l’une des classes a organisé des sorties pour des petits placés au sein d’une maison d’enfants à caractère social (Mecs), d’autres ont appris à des femmes précaires la couture.

    Face aux élèves, Amine Kessaci, adjoint EELV au maire en charge de la Jeunesse, évoque son propre parcours, étant lui-même titulaire d’un bac pro : « C’est la preuve que tout est possible ». « Un déclic suffit à déplacer une frontière et changer un destin », abonde Sabrina Roubache, ministre déléguée en charge de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, rappelant qu’elle a grandi à quelques mètres d’ici, rue Félix-Pyat. Les élèves ont par la suite présenté, devant un jury, un projet pour un voyage pédagogique. C’est ainsi qu’ils se sont rendus à Montréal, Copenhague, Stockholm et Amsterdam. « Vous êtes fiers de vous et ça, il faut le revendiquer, ce que vous avez fait est assez extraordinaire », pousse Charles Lantieri, directeur général délégué de FDJ United, devant les élèves chaleureusement applaudis.