Tag: Lutte

  • Le « courage » mis en avant à Septèmes

    Le « courage » mis en avant à Septèmes

     « Un mot caractérise ceux qui ont lutté contre cette idéologie nazie : le courage ! (…) En ces temps troublés, restons attentifs à ce que les idéaux nés du Conseil national de la Résistance tels que les services publics, la solidarité nationale, la Sécurité sociale (…) ne soient sacrifiés sur l’autel de la mondialisation, de l’indifférence et du renoncement au combat. »

  • Une riposte à consolider face au frelon asiatique

    Une riposte à consolider face au frelon asiatique

    Du jardin de Léandre et Annie Perini à la colline, il n’y a qu’un pas. Le couple de retraités vit dans une maison nichée dans les hauteurs de Velaux, non-loin d’Aix-en-Provence, en bordure d’un quartier résidentiel. Derrière leur piscine, le terrain de jeu des abeilles est immense : les bosquets d’herbes sèches s’étendent à perte de vue.

    Amoureuse des butineuses, Annie Perini a sauté sur l’occasion quand elle a appris qu’elle pouvait obtenir gratuitement auprès de sa mairie un piège sélectif contre les frelons asiatiques (ou frelons à pattes jaunes). « C’est d’abord mon apiculteur qui m’a sensibilisée, puis j’ai regardé un reportage et ça a été une découverte horrifiante : ils mangent les abeilles vivantes, ce qui peut entraîner la destruction totale des ruches, témoigne-t-elle. Ces bêtes sont des aliens pour moi. »

    Ces insectes invasifs sont en effet un véritable fléau. Une seule reine peut, en une année, produire environ 13 000 ouvrières et 500 futures reines. « Elles se servent de l’abdomen des abeilles comme source de protéines pour leurs larves », explique Thierry Desbiolles, agent de la Ville de Velaux en charge des solutions fondées sur la nature.

    Au-delà de la pression sur l’apiculture, ce prédateur des pollinisateurs sauvages représente une menace pour la préservation de la biodiversité, mais aussi pour la santé des habitants.

    Le Département s’est donc saisi de la question et a lancé un grand plan de lutte contre le frelon asiatique et oriental, en partenariat avec Fredon Paca et le Groupement de défense sanitaire apicole des Bouches-du-Rhône (GDSA 13), en 2025. Depuis, 69 villes de moins de 200 000 habitants, ainsi qu’un groupement de 13 communes (Terre de Provence Agglomération) ont signé la charte pour se mobiliser à leur tour et bénéficier de pièges sélectifs financés à 70%. Parmi elles, Velaux. « J’en ai d’abord commandé 30, et devant l’engouement, je viens d’en prendre 20 de plus », annonce Thierry Desbiolles.

    Du vin pour éloigner

    les abeilles

    Impliquée dans la vie locale, membre de son conseil de quartier, Annie Perini participe au succès de ce dispositif. Elle et son mari ont installé le leur en février dernier et ont déjà capturé 54 frelons asiatiques. À l’échelle de la commune, ce sont 725 spécimens qui ont été attrapés en l’espace de trois mois. « Entre le 20 et le 30 avril, les chiffres ont bondi de 200 », précise l’agent territorial en charge de la question.

    Le système est simple : il suffit de mettre un cocktail composé de bière, de sirop et de vin dans le réceptacle central pour attirer les nuisibles qui, une fois engouffrés, tentent de ressortir du côté de la lumière, dans les compartiments adjacents. Là, des trous laissent passer tous les insectes, à l’exception des frelons. Léandre assure : « On n’a pas les petites bestioles qu’on attrapait avec les bouteilles en plastique coupées en deux. Le vin repousse les abeilles ! »

    Chaque piège a son propre QR code. « Les habitants qui participent à l’initiative sont invités à noter chaque spécimen sur une plateforme nationale publique pour suivre l’évolution du phénomène, souligne Thierry Desbiolles. Le but n’est pas d’éradiquer le frelon, mais de baisser l’intensité de sa présence sur la commune. »

    À l’échelle du département, « les résultats sont probants », se félicite Didier Réault, vice-président délégué aux solutions fondées sur la nature et aux risques majeurs. « Les Bouches-du-Rhône sont aujourd’hui le territoire le plus actif, au plan national, en termes de piégeage. » En 2025, ce dispositif a permis la capture de 15 000 frelons sur les près de 36 000 à l’échelle de la France.

    Pour encourager les particuliers à intervenir sur leur terrain, le Département accorde également une aide de 50% plafonnée à 100 euros par intervention de neutralisation de nid de frelons. « On a des entreprises partenaires recensées pour leurs bonnes pratiques », détaille Didier Réault. L’an dernier, le conseil départemental a débloqué un peu moins de 20 000 euros pour ce plan anti-frelon.

    Le frelon est-il mortel pour l’homme ?

    Le venin du frelon asiatique (Vespa velutina) n’est pas davantage toxique que celui du frelon européen ou d’une abeille. Les piqûres mortelles sont donc très rares, sauf lorsqu’elles sont multiples, à proximité d’une muqueuse, ou qu’elles concernent une personne allergique aux hyménoptères.

    Selon les données publiées par Santé publique France, quatre décès ont été recensés, entre 2009 et 2013, tous liés à un choc anaphylactique.

  • [1er-Mai] Manosque, les femmes toujours lésées

    [1er-Mai] Manosque, les femmes toujours lésées

    Militants CGT, PCF ou encore LFI étaient rassemblés vendredi à Manosque pour le 1er-Mai. Parmi les raisons de leur colère, l’élargissement des professions autorisées à travailler le 1er-Mai et les inégalités persistantes entre femmes et hommes au travail.

    « Les salariés ne sont pas payés double s’ils travaillent le 1er-Mai. Par rapport aux autres salariés qui ne travaillent pas le 1er-Mai, qui eux sont payés, tu es juste payé de ta journée de travail. Les femmes seront d’autant plus pénalisées qu’aucun service de garde d’enfants ne sera disponible ce jour-là », a déploré au micro Sylvain Miralles de la CGT.

    « Pour la CGT, c’est inacceptable, car au-delà de faire travailler davantage sans salaire, c’est bafouer la lutte des travailleurs, mais c’est aussi piétiner les tombes des morts au combat social, c’est aussi brider les luttes à venir, c’est aussi une régression sociale intolérable et inadmissible », a revendiqué le syndicaliste. Pour lui, le 1er-Mai n’est « pas un jour de fête, mais un jour de lutte », a-t-il insisté.

    « Les métiers d’hommes sont mieux rémunérés. On a des différences d’avancement de carrière liées aux congés maternité », regrette Nadège Bonanno, la secrétaire générale de la CGT de l’hôpital de Manosque. « On a 81% de femmes à l’hôpital de Manosque, mais 86% de femmes en CDD », ajoute-t-elle. « Il y a une grande précarisation des femmes à l’hôpital », abonde Sandrine Daumeries, trésorière adjointe de la CGT de l’hôpital de Digne-les-Bains. « Il y a beaucoup plus d’hommes dans les postes à responsabilités, les directeurs », déplore Anne-Laure Collado, secrétaire de la CGT de l’hôpital de Digne.

    Un partage des tâches inégalitaire

    « Il y a un recul dans la mise en place du congé maladie ordinaire. On ne touche plus que 90% de son salaire. Cela touche particulièrement les femmes, puisque cela concerne même les femmes enceintes qui sont en arrêt avant leur congé maternité », regrette Ariane Sedes, cosecrétaire de la FSU 04 et référente académique VSS au rectorat. « Le congé paternité n’est pas suffisant pour qu’il y ait un réel partage des tâches », ajoute-t-elle. Dans l’éducation aussi, les inégalités de genre sont encore marquées. « Les AESH, qui sont des accompagnantes essentielles pour les enfants en situation de handicap, subissent des temps partiels imposés et sont contraintes de toucher des salaires très bas », déplore Ariane Sedes.

    Léa, militante au collectif féministe départemental qui travaille auprès d’enfants dans un centre social de Forcalquier, constate ces inégalités au quotidien. « Je vois beaucoup de familles monoparentales. C’est compliqué de trouver un mode de garde pour les mamans qui travaillent la nuit. Elles ne peuvent pas évoluer au niveau de leur carrière », regrette-t-elle. « J’ai surtout des mamans divorcées qui gèrent en majorité les enfants. En plus, en ruralité, elles ont des problèmes de déplacement qui s’ajoutent. »

    « Il y a toujours des inégalités dans le monde du travail, des écarts de salaire et des différences d’évolution de carrière », alerte Marie-Thérèse Fraboni du collectif Femmes 04 contre la guerre, qui lutte contre « la politique de Macron d’embrigader et militariser la jeunesse ».

    Les femmes françaises gagnent en moyenne 21,8% de moins que les hommes hors emplois publics, selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique. Cet écart ne s’est réduit que de 0,4 point en 2024, contre 0,9 point par an en moyenne de 2019 à 2023. À ce rythme, il faudrait 54,5 années avant que cet écart moyen ne soit entièrement résorbé. Les écarts de revenus s’élevaient à plus de 6 000 euros en 2024.

  • [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    C’est devant le temple du syndicalisme que les Toulonnais ont commencé à se rassembler un peu avant 10h. Contents d’être à nouveau là, ensemble et debout contre l’adversité, pour la paix et les droits des travailleurs. Mais aussi pour s’opposer à tous ceux qui s’emploient à torpiller les conquis sociaux, comme en témoigne cette offensive des forces de la réaction contre cette journée de lutte et de revendication.

    « Cette année, le 1er-Mai a une saveur particulière, grâce à la mobilisation, nous avons fait reculer ceux qui voulaient nous voler cette journée », lance le secrétaire départemental de la FSU Alain Tournay. Une première victoire, poursuit le responsable syndical, « contre le patronat et les grands groupes soutenus par Gabriel Attal, la droite et l’extrême droite ». Mais pour autant, rien n’est joué, prévient-il. D’autres assauts vont devoir être repoussés.

    Le secrétaire de l’Union départementale CGT, Richard Roméo-Giberti, précise : « C’est aussi une journée de mobilisation et de lutte contre l’extrême droite qui progresse et qui prend des municipalités. Pour dire que non, ce n’est pas banal. On le voit d’ailleurs avec toutes les décisions qu’ils prennent, souvent contre la CGT d’ailleurs, comme à Carcassonne ou à Liévin. »

    « Une extrême droite qui cherche à diviser les travailleurs et les travailleuses », ajoute Pascal Brun (CGT), contrairement au « syndicalisme, lui internationaliste, qui prône la solidarité et lutte contre le racisme et la xénophobie ».

    « Notre 1er-Mai porte évidemment, en effet, toutes les valeurs antifascistes du mouvement ouvrier », confirme Olivier Rosay (Sud). « Et dans un contexte de racisme débridé porté par une partie, hélas, du patronat et de la classe politique qui se traduit par des agressions de militants et des dégradations de locaux syndicaux ou de partis politiques de gauche, il y a vraiment de quoi se mobiliser », ajoute-t-il.

    Plus loin dans le cortège, l’ancien conseiller municipal communiste de Toulon en Commun André de Ubeda, en appelle à un sursaut républicain : « Le symbole du 1er-Mai est particulièrement important cette année puisque l’oligarchie veut, tout aussi symboliquement, l’attaquer puis, comme toujours, le supprimer. Il est important aussi pour la bataille des idées contre les injustices sociales, et face au danger d’une extrême droite qui rêve d’Ancien Régime sous toutes ses formes, y compris les privilèges de la noblesse fût-elle des deux Siciles. »

    Dans sa prise de parole, l’intersyndicale rappelle que « le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition mais une journée de lutte qui vient de loin, des combats du mouvement ouvrier, des conquêtes arrachées par la mobilisation, comme celle du Front populaire ». Et de poursuivre : « Nous affirmons une fois de plus notre volonté de ne pas laisser les puissants dicter notre avenir. Nous refusons d’être pris pour des sous-citoyens, nous refusons de laisser les riches se gaver sur notre dos pendant que les plus précaires souffrent. L’heure est à la mobilisation et à la lutte collective face à l’extrême droite qui se nourrit des crises. »

    Dans le cortège arrivé à présent à hauteur de la place de la Liberté Stéphane Sacco (GRS), élu à La Seyne, insiste : « La bataille politique doit se jouer d’abord sur le terrain des valeurs, celles du progrès et de la justice sociale, et cette journée est un repère, tout à la fois un héritage et un cap pour les combats à mener. »

    L’élu d’opposition « Alternative progressiste » dit la responsabilité de son groupe face à la majorité d’extrême droite, d’incarner une opposition lucide, déterminée, utile et vigilante face aux dérives, et toujours au service de l’intérêt général.

    Et de conclure : « Leur projet repose sur des réponses simplistes, nourries par les peurs et le repli sur soi, alors que nous, à l’inverse, nous portons une véritable ambition. »

    De quoi donner envie de se retrouver ensemble plus souvent sur le pavé du Port du Levant, plus nombreux, plus fort. Dans la cité « résistante » qui a à nouveau dit non au parti à la flamme.

    « Le syndicalisme, prône
    la solidarité et la lutte contre le racisme et la xénophobie »

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : la lutte pour les salaires

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : la lutte pour les salaires

    Les ouvriers avec de petits moyens avaient manifesté leur enthousiasme et fait tout leur possible pour la reprise économique de notre région, ce qui n’était pas le cas, au départ, de la Chambre de commerce et du patronat. Je me souviens que les établissements Rocca Tassy de Roux, qui avaient réalisé un bénéfice de 145 millions de francs, avaient un stand de 20 m de palissade et quelques affiches, ce qui montrait le désintérêt absolu des employeurs pour la renaissance de la France. Quant au PS, il s’opposa à notre mot d’ordre de « la renaissance de la France » et montra qui, à la tête de ce parti américain, méritait bien la caractéristique « d’aide agissante » que je dénonçais.

    Négociations sous la pression des travailleurs

    En même temps que le redressement de l’économie nationale, nous avions aussi le souci des salaires, avec notre campagne pour les 25%, pour que les travailleurs obtiennent une part plus juste des richesses créées par eux. Nous avons multiplié les interventions auprès des syndicats patronaux et des pouvoirs publics en vue d’obtenir de ceux-ci les nouvelles mesures tenant compte des avantages acquis. De fait, l’augmentation ne s’appliquait pas, aux termes des textes précités, à tous les salaires. La hiérarchie des salaires en vigueur au 1er juillet se trouvait écrasée. L’écart entre le salaire minimum et le salaire moyen était en diminution. Les syndicats patronaux s’en tenaient à l’application stricte de l’arrêté du 29 juillet. L’Union départementale multiplia ses efforts et demanda aux syndicats de manifester pour obtenir des accords maintenant les avantages acquis.

    Des négociations s’engagèrent sous la pression des travailleurs dans la métallurgie, la meunerie, l’alimentation syndicales. Le 26 août 1946, à ma demande, l’inspecteur divisionnaire organisa une réunion de tous les syndicats patronaux de l’alimentation marseillaise et des représentants de l’UD en vue d’un aménagement des salaires qui tienne compte de l’arrêté du 29 juillet.

    Devant les arguments anti-ouvriers développés par les syndicats patronaux, nous exigions l’application de l’arrêté du 29 juillet. L’inspecteur divisionnaire du travail approuvait nos demandes à un tel point que le président de la défense, qui présidait la délégation patronale, reprocha à l’inspecteur de sortir de ses attributions d’inspecteur divisionnaire et informait le président du CNPF, Monsieur Villiers, afin qu’il intervienne auprès du ministre du Travail, Ambroise Croizat. En réalité, le CNPF refusait les demandes que nous formulions, mais c’était mal connaître la combativité des travailleurs qui, par leur action en septembre, obtenaient satisfaction.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    S’opposer physiquement à la déforestation et à la construction de centrales solaires sur la montagne de Lure : c’est la méthode qu’a choisie le collectif Elzéard Lure en Résistance, créé en opposition à la centrale de Cruis. « Quand j’ai appris qu’il y allait avoir une centrale solaire industrielle juste en face de chez moi, je n’en ai pas cru mes oreilles de me dire qu’ils allaient défricher 17 hectares de forêt pour mettre une usine d’électricité », se rappelle Sylvie Bitterlin, co-fondatrice du collectif.

    « Je suis venue ici pour vivre dans la nature, entourée d’un monde vivant. Progressivement, je me suis aperçue à quel point cet environnement était dégradé. On est en train de détruire petit à petit ce lieu emblématique de la montagne de Lure », déplore la militante. « On a constaté que cela ne se passait pas qu’à Cruis, mais que, sur toute la montagne de Lure, il y avait déjà 15 centrales photovoltaïques qui avaient été construites, qui n’avaient pas attiré notre attention puisqu’elles sont cachées dans les forêts. » Selon le collectif, 15 autres projets de centrales sont envisagés sur la montagne.

    À Cruis, quand le défrichage a commencé, en 2022, les militants s’y sont opposés physiquement. « On s’est interposés physiquement face aux bûcherons pour les empêcher de couper des arbres. Mais on n’était pas assez nombreux pour les arrêter, et, en quatre jours, toute la forêt était partie », regrette Sylvie Bitterlin, également conseillère municipale à Montlaux (DVG). « Ils sont revenus en 2023 pour les travaux de terrassement, on était là pendant plusieurs mois, tous les jours, on bloquait les machines. L’entreprise a ensuite embauché des vigiles, des milices qui ont commencé à violenter les militants », affirme la co-fondatrice.

    « Quel écolo fait ça ? »

    « Détruire des espèces protégées par centaines, des habitats d’espèces protégées, alors qu’on sait que c’est la première cause de l’effondrement de la biodiversité, quel écolo fait ça ? Quand est-ce qu’on peut se revendiquer écolo alors même qu’on détruit la biodiversité ? », lance Pierrot Pantel, le juriste qui accompagne le collectif et l’aide à repérer les irrégularités et à déposer des plaintes. « On a lancé une démarche demandant à la préfecture un démantèlement de la centrale et une remise en état à Boralex [l’entreprise qui a construit la centrale de Cruis, Ndlr]. Et, si elle refuse, on attaquera ce refus pour que ce soit un tribunal qui impose à la préfète d’ordonner à Boralex de tout remettre en état », affirme le juriste.

    Contacté, Boralex assure « donner une seconde vie à des parcelles détruites par un incendie survenu en 2004 » et « minimiser les impacts sur l’environnement ». Le projet a été réduit de 75 à 17 hectares, affirme l’entreprise.

  • Lecornu recule sur l’attaque contre le 1er-Mai

    Lecornu recule sur l’attaque contre le 1er-Mai

    Travailler le 1er-Mai, le patronat en rêvait, bientôt une réalité ? C’est en tout cas la crainte des syndicats après une magouille du bloc central à l’Assemblée nationale, le 10 avril. En ligne de mire, l’élargissement des professions autorisées à travailler le 1er-Mai. Le texte devrait permettre aux fleuristes, boulangers et aux établissements culturels de faire bosser leurs salariés durant la fête des travailleurs. Provoquant la colère d’une intersyndicale (presque) au complet [la CFDT étant absente mais excusée, Ndlr.]. « C’est une grave atteinte aux travailleurs. Le 1er-Mai est le seul jour qui existe qui soit payé et chômé, le seul jour faisant référence aux luttes sociales », souligne Serge Ragazzacci, secrétaire de la CGT héraultaise. Une initiative qui montre que rien n’est immuable, y compris les symboles forts que peuvent représenter un jour férié comme le 1er-Mai. « Ce n’est pas une simple date sur un calendrier. Il y a eu des événements, des morts. Cela montre que le combat n’est jamais gagné », observe Élian Bourgade, secrétaire de l’Unsa 34.

    D’autant que les justifications avancées par les tenants du projet peinent à convaincre les syndicats. Notamment le fait que des salariés demandent eux-mêmes à travailler les jours fériés. « Si certains accepteraient de travailler le 1er-Mai, c’est parce que les salaires sont trop bas et que le travail ne permet plus de vivre décemment. Les richesses créées par les travailleurs ne sont plus réparties entre le travail et le capital mais vont au capital, il n’y a qu’à voir l’explosion des prix du carburant », fait valoir Christine Saint-Joanis, secrétaire de la FSU 34.

    Le texte en 2027 ?

    Une demande du patronat qui fait peser des risques sur les salariés, à l’instar de la généralisation du travail le dimanche. « Aujourd’hui, il n’y a plus de liberté pour aller travailler le dimanche dans un supermarché : ça a été généralisé et personne n’est payé double. On est dans le même type de processus sur le 1er-Mai, c’est dangereux », redoute Serge Ragazzacci. « C’est une nouvelle attaque contre les femmes car elles constituent la majorité des travailleurs des dimanches et jours fériés », rappelle, de son côté, Diane Guénot, de Solidaires 34.

    Adoptée par le Sénat, la proposition s’est retrouvée sur les bancs de l’Assemblée nationale le 10 avril. Face aux amendements déposés par la gauche, les macronistes ont préféré voter une motion de rejet contre leur propre texte, combine politicienne pour éviter les débats, déjà utilisée avec la loi Duplomb ou encore l’A69. Le texte aurait dû se retrouver en Commission mixte paritaire (CMP) avant que – face à la gronde syndicale qui montait – Sébastien Lecornu ne renvoie le projet en 2027, tout en promettant une « solution » pour que les boulangers et fleuristes puissent ouvrir ce 1er-Mai.

  • « Il faut travailler sur toutes les formes de discrimination »

    « Il faut travailler sur toutes les formes de discrimination »

    Si elle note que « beaucoup de choses ont été réalisées lors de la 1ère mandature », citant notamment la mise en place du Centre LGBTQIA+ en 2023, elle souhaite en premier lieu « établir avec les associations une feuille de route pour définir les priorités » et veut faire un « gros travail de diagnostic à faire avec les acteurs concernés ». « Il faut accompagner, renforcer l’accompagnement et écouter l’ensemble du tissu associatif, que la Ville les accompagne sur leurs propres diagnostics », développe-t-elle. Sur les guets-apens homophobes spécifiquement, elle analyse : « Ce qui est très inquiétant c’est la libération de la parole que permettent la présence et les propos d’élus du Rassemblement national. Ce côté masculiniste qu’ils enclenchent ouvre la porte à ce genre de violences, de guets-apens qu’on a connus y compris à Marseille. »

    Une « libération de la parole » qui contribue à ses yeux, plus ou moins directement, à « légitimer des groupes masculinistes très actifs sur les réseaux sociaux et légitimer leurs paroles qui posent vraiment question, sur la place des femmes dans la société ou pour les minorités genrées… ». Concrètement, elle a dans le viseur deux points : « Permettre d’avoir des politiques éducatives qui travaillent sur les formes de discrimination » et « sanctuariser les lieux safe ».

  • Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    À l’heure où la sonnerie de midi retentit, le parvis du lycée Jean-Lurçat est bien plus rempli qu’à l’accoutumée. L’Union locale CGT, Sud Éducation, FSU, les associations de parents d’élèves, la FCPE et l’Apeep, ainsi que les personnels de Paul Langevin et des écoles de Martigues s’y sont rassemblés pour protester contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de moyens dans l’éducation.

    Au sein de l’établissement des Rayettes, « c’est un phénomène récurrent », affirme la professeure d’espagnol Vanessa Perdu-Ortiz. Tous les ans, l’équipe pédagogique est en lutte contre ces attaques. « L’an dernier on a eu une diminution assez sévère qui se confirme cette année. Les effets qui se font sentir : dans le lycée professionnel, on a un seul prof d’EPS pour des groupes de 30 élèves, sachant que les classes devraient être dédoublées, on a un regroupement de classes en filière technologique, avec des effectifs à plus de 35… » Son collègue Philippe Sénégas appuie : « Comme par hasard, ceux qui souvent subissent les conséquences de ces politiques antisociales, ce sont les plus fragiles de nos élèves. »

    « Il n’y a pas de prise de conscience des pouvoirs publics de ce que ça implique pour nous, ils considèrent que ça continue de tourner avec toujours moins de moyens parce qu’on met en place des stratégies pour continuer d’assurer un service d’éducation auprès des élèves, regrette Vanessa Perdu-Ortiz. Ça ne peut plus durer. La situation devient insoutenable. Les enseignants se retrouvent parfois avec des salles qui ne sont même pas équipées pour installer le nombre de jeunes. »

    Pour la rentrée prochaine, le lycée Paul Langevin est aussi ciblé, avec des spécialités qui risquent de disparaître à l’instar de la Littérature, langues et cultures de l’antiquité, le théâtre, le numérique et sciences informatiques ou encore le brevet d’initiation aéronautique.

    Une vision court-termiste

    « Ce sont des pans d’études entiers vers lesquels les élèves ne pourront pas se diriger, parce qu’ils n’auront pas la spécialité offerte, et c’est inquiétant parce que les autres établissements du bassin martégal ne les auront plus non plus », dénonce la professeure de physique-chimie Laetitia Jenna, qui s’inquiète d’une « école à deux vitesses » avec une inégalité des chances en fonction de son origine géographique. À Langevin, les enseignants s’organisent dans une grève tournante les mardis et les jeudis, ont lancé une pétition et demandé une audience au rectorat, restée pour le moment sans réponse.

    Le premier degré n’est pas épargné, avec environ 150 fermetures de classes recensées dans les écoles du département. « C’est énorme, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, s’alarme Valérie Zika-Dussol de la FSU-SNUipp. À Martigues ça se traduit par une fermeture à Carro et à Louise Michel. C’est inadmissible, ça va dégrader les conditions de travail des collègues et l’apprentissage des élèves. » Si la baisse démographique est une réalité dans les maternelles et les primaires, la syndicaliste dénonce la « vision court-termiste » du gouvernement. « L’école est un investissement et ne doit pas être considérée comme un coût. »

    Philippe Sénégas rappelle : « Ce qu’on subit dans l’Éducation nationale, ce sont tous les services publics qui le subissent : la santé, la justice, la culture… Toute cette richesse qui appartient à ceux qui ne l’ont pas. » Alors que le gouvernement investit 413 milliards d’euros sur sept ans dans le cadre de la Loi de programmation militaire, l’enseignant assène : « Je ne sais pas si on a besoin de porte-avions nucléaires mais on a besoin d’écoles, d’options, de spécialités… »

  • Contre le crime organisé, plus de collaboration entre polices

    Contre le crime organisé, plus de collaboration entre polices

    « Cela ne change rien. » Mais Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, a tenu tout de même à communiquer en grand ce jeudi 9 avril à Marseille sur sa circulaire faite à l’ensemble des services du ministère de l’Intérieur sur « l’organisation des services placés en matière de lutte contre la criminalité organisée ».

    Concrètement dans la suite de la loi « narcotrafic » et d’un décret publié dans la foulée en septembre 2025 qui « confiait à la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ) le chef de file » en la matière le ministre entend formaliser une « action de coordination, d’impulsion ». L’idée : « Mieux articuler les différents services entre eux, mieux se projeter sur des analyses criminelles » avec une « DNPJ qui impulse, qui coordonne, on va continuer à échanger des informations sur des réseaux, des filières, des modes d’action, pour être aussi dans l’anticipation ». Une décision qui s’inscrit dans la continuité. « Cela fait 15 ans qu’on décloisonne, c’est l’objet de la création de l’Ofast en 2020, la création des cellules de renseignement opérationnel dans chaque département, la loi Narcotrafic… On continue d’améliorer nos dispositifs », précise Laurent Nunez.

    Pas question donc que la PJ « préempte ou capte les affaires », martèle Christian Sainte, directeur de la DNPJ quand des tensions entre police et gendarmerie ont été évoquées lors d’un vaste coup de filet le 9 mars dernier contre la DZ mafia selon nos confrères du Monde et du Canard Enchaîné. Et de détailler une nouvelle méthodologie « de coordination opérationnelle et stratégique ». L’Unalco (unité de lutte contre la criminalité organisée) sera l’interface, des comités sont déclinés depuis le niveau interministériel, sous la houlette du Premier ministre, jusqu’au départemental, en passant par le national sous autorité du ministre de l’Intérieur et le zonal. Des « outils numériques de partage de la connaissance » seront aussi utilisés.

    Une menace croissante

    Car si des résultats ont été obtenus récemment avec +14% en 2025 de mises en cause, et depuis le début de l’année, +23%, indique Laurent Nunez, avec un progrès significatif « sur la connaissance des mafias », la menace est de taille. Expansion des marchés criminels, capacité d’adaptation et utilisation massive des nouvelles technologies, niveau de violence sans précédent « avec un recours croissant à la sous-traitance entre organisations et un rajeunissement des auteurs », pression sur les institutions… Le tableau dressé par Annabelle Vandendriessche, cheffe du Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) fait froid dans le dos. Les « profits criminels s’accroissent » avec une « hausse de la consommation de stupéfiants en particulier la cocaïne et des drogues de synthèse », précise-t-elle. L’or valeur refuge, la cryptomonnaie ou les données personnelles sont autant de sources de trafic et de blanchiment quand « l’unité de compte est le milliard ». Pas moins de 7 pour le narcotrafic selon une étude de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives) cite-t-elle, la commission d’enquête du Sénat sur la lutte contre la délinquance financière « élargissant le spectre » avec 2 milliards d’euros pour la contrebande de tabac, l’exploitation sexuelle « entre 1 et 3 milliards », les atteintes à l’environnement 1,5 milliard, la contrefaçon 5 à 6 milliards.

    Au niveau local, « on recense aujourd’hui 113 points de deal sur l’ensemble du territoire des Bouches-du-Rhône, essentiellement à Marseille, mais également autour de l’Étang de Berre, sur Aix-en-Provence, Miramas et d’autres villes de l’est du département », indique Pascal Bonnet, chef de la DCOS (direction de la lutte contre la criminalité organisée). Pour lui, « cela traduit une réalité importante : le phénomène ne se limite plus à certains quartiers, il irrigue l’ensemble du département ». Résultat : des « territoires sous tension permanente », en particulier « le 3e arrondissement de Marseille, des cités comme la cité de Félix Pyat, mais également dans le sud comme La Cayolle ou La Sauvagère ». Avec une « pression sur la population locale », sur « la société et les institutions », ajoute-t-il. Et la violence pourrait ressurgir à court terme sous l’effet des recompositions entre groupes mafieux prévient-il.

    Et quand on demande au ministre de l’Intérieur si au-delà de la méthode il ne faudrait pas des moyens, il estime que « ce n’est pas toujours forcément le volume d’effectifs » qui compte mais « comment on travaille », rappelant que « depuis 2021, on est toujours, à un petit peu moins de 400 effectifs supplémentaires affectés sur Marseille ».