Tag: Lutte

  • Les femmes du Rojava à l’honneur du Nouvel an Kurde

    Les femmes du Rojava à l’honneur du Nouvel an Kurde

    Pour cette troisième séquence du festival Newroz, co-organisé par Solidarité et liberté Provence et le Collectif solidarité Kurdistan 13, c’est le Rojava, kurdistan syrien, qui était mis à l’honneur. Trois des coautrices de Nous vous écrivons depuis la révolution, paru en 2021 aux éditions Syllepse, sont venus raconter leur expérience au cœur de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie.

    Textes de réflexions, poèmes, contes, extraits de journaux intimes… L’ouvrage qu’elles présentent se compose d’écrits de « femmes internationalistes, mères, journalistes, militantes qui ont passé de quelques jours à plusieurs années [dans les rangs] de la révolution du Rojava ».

    Leur objectif : inviter lecteurs et lectrices à découvrir « le projet et la réalité des femmes de la Syrie du nord et de l’est qui, depuis 2012 [à l’époque, peu de temps après la guerre civile en Syrie, la majorité du Kurdistan syrien passe sous le contrôle des milices kurdes, Ndlr], travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes ». Car le combat Kurde est aussi connu pour sa dimension profondément féministe, incarnée, notamment, par les Unités de défense de la femme (YPJ), organisation militaire exclusivement composée de femmes.

    « Vivre dans un système plus juste »

    « Ma première réelle prise de conscience sur les femmes au Kurdistan était en 2004, à l’occasion d’un reportage dans un camp d’entraînement, raconte Mireille Court, professeure d’anglais, journaliste pour Le Monde Diplomatique et co-autrice. J’ai remarqué une égalité totale entre les filles et les garçons. Il pouvait y avoir les filles qui fendaient le bois et les garçons qui faisaient le pain. Il n’y avait aucune différence, c’était vraiment l’égalité et ça m’avait énormément frappée. »

    Fille d’ouvriers syndicalistes et également co-autrice, Sarah Macha voit, elle, dans le mouvement kurde une grande source d’inspiration. « Quand j’ai compris quel était le projet politique et social du Kurdistan, porté par ces femmes, (…) ça a résonné énormément avec les recherches de ma génération à l’époque, retrace-t-elle. Cette volonté de vivre dans un système beaucoup plus juste, plus démocratique, dans lequel tous les peuples, les femmes, les jeunes (…) pourraient s’unir. Je pense que le Rojava a représenté ça aussi. »

    Marie, militante pour un Kurdistan libre et dernière co-autrice présente lors cette rencontre, a proposé une recontextualisation du conflit, toujours vif aujourd’hui.

  • Deux ans après son décès, la lutte contre l’amiante continue

    Deux ans après son décès, la lutte contre l’amiante continue

    Il y a deux ans, Marie Josée de la Cruz, professeur d’école à Marseille, nous quittait après cinq années d’une lutte acharnée contre un cancer de l’amiante. Le lien avec l’école de la Savine, où elle a exercé pendant 14 ans, ne faisait aucun doute : le Dossier Technique Amiante (DTA) et le délabrement des locaux témoignaient de la dangerosité des lieux lorsqu’elle y travaillait.

    Dès l’annonce de sa maladie, sa priorité fut les autres : ses collègues, les personnels et, par-dessus tout, les enfants. C’est avec cette volonté qu’elle a co-fondé l’association AVALÉ 13 (Association des Victimes de l’Amiante dans les Locaux de l’Éducation du 13). Elle s’est battue contre la maladie, mais aussi contre l’inconséquence des pouvoirs publics qui laissent, aujourd’hui encore, des vies exposées au danger. Après de très longues et fastidieuses démarches, elle a gagné sa bataille pour sa reconnaissance en tant que victime du travail, mais elle est partie sans un mot de condoléances de l’éducation nationale (qui doit protéger ses agents) ni de la Ville (pourtant propriétaire donc responsable des locaux).

    Aujourd’hui nous n’oublions pas. Nous réclamons toujours l’accès aux Dossiers Techniques Amiante qui permettent de savoir où, et dans quel état, se trouvent les matériaux amiantés qui envahissent encore tant d’établissements scolaires.

    Nous attendons toujours la sécurisation réelle des bâtiments avec le retrait des matériaux amiantés, partout où ils se trouvent, alors que ce matériau est interdit depuis bientôt 30 ans.

    Nous attendons toujours qu’une véritable politique de prévention soit faite auprès de tous les agents afin qu’à l’avenir plus aucun ne risque sa vie au travail. Nous attendons toujours une révision des seuils de tolérance d’empoussièrement : 5 fibres d’amiante tolérées par litre d’air est un seuil inacceptable quand une seule fibre peut tuer. Il est inacceptable que ce « seuil de tolérance » serve d’excuse à l’inaction.

    Pour Marie Josée de la Cruz, pour les personnels et pour les enfants : nous ne lâcherons rien. Plus que jamais, son combat reste vivant.

  • Des Biterrois toujours en lutte contre Ménard

    Des Biterrois toujours en lutte contre Ménard

    Près de 75 %. Au lendemain du premier tour des municipales, c’est la douche froide pour les progressistes biterrois devant le score de l’extrême droite dans la cité de Riquet. R. Ménard a été réélu confortablement (65,6%) et se prépare à entamer un troisième mandat. Les 9% restants sont apportés par le député RN Julien Gabarron qui, après avoir éjecté Emmanuelle Ménard du palais Bourbon en 2024, comptait ne faire qu’une bouchée de Robert. Pari raté. « Mais le vote de l’extrême droite est bien implanté à Béziers. Robert Ménard a réussi sa stratégie de l’union des droites sur laquelle il travaille depuis 2014  », soupire Mathilde Vidal, membre du média En vie à Béziers. À cela s’ajoute une communication municipale démesurée au service de l’idéologie réactionnaire de l’édile. « Nous avons une très grosse difficulté dans la ville à organiser la lutte contre cette propagande d’extrême droite. Il y a eu plusieurs tentatives mais toutes ont capoté », reprend Mathilde Vidal, évoquant le manque d’unité entre collectifs.

    Alors, le 11 avril, à 17h, est organisée à la Cimade une journée de débats
    – ainsi qu’un concert – avec plusieurs associations* et des collectifs voisins de lutte contre l’extrême droite (Sète, Montpellier). « L’idée est d’étudier les possibilités de création d’un collectif de lutte, mais aussi de réfléchir ensemble à un maillage régional », souligne Mathilde Vidal. Tout en proposant un contre-projet pour mobiliser les gens. « Il faudrait organiser une contre-culture idéologique sur le long terme contre l’extrême droite mais aussi regagner du terrain en termes de propositions politiques pour notre ville », reprend la Biterroise. La naissance d’un collectif pérenne ?

    *Technopolice, collectif Justice pour Mohamed Gabsi, collectif anti-CRA.

  • Un rassemblement pour la paix à l’appel du PCF d’Istres

    Un rassemblement pour la paix à l’appel du PCF d’Istres

    Après une première initiative début février, la section PCF d’Istres organise un rassemblement le samedi 14 mars, porte d’Arles à 11h, pour dire « halte à la guerre » après que les États-Unis et Israël aient déclenché les hostilités en Iran, le 28 février.

    « Ce n’est pas la première fois que nous nous mobilisons, il y a aussi le Mouvement de la paix, la CGT, la FSU, la Ligues des droits de l’Homme, Istres solidarité Palestine » explique Denis Rousseau, membre de la section. Alors que le président de la République a autorisé les avions américains à se ravitailler sur la base militaire toute proche, « nous sommes bien placés pour évoquer cette actualité brûlante », poursuit-il, inquiet de l’attitude d’Emmanuel Macron « qui navigue à vue », loin « de la position courageuse des Espagnols qui ne veulent pas être les vassaux des États-Unis ». Pour aller plus loin, le PCF devrait aussi s’organiser en comité de lutte.

  • Un mois entier dédié au 8 mars à Martigues

    Un mois entier dédié au 8 mars à Martigues

    On met l’accent sur les femmes invisibilisées qui ont apporté au pays », résume sobrement Gérard Frau, adjoint (PCF) de Martigues aux égalités, aux discriminations et aux droits des femmes, à propos du programme déployé par la Ville autour du 8 mars.

    Car une commune peut faire quelque chose, à sa hauteur, pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et en dehors. « On a développé un programme sur un mois avec de nombreux partenaires » illustre l’élu, qui rappelle aussi « la Commission extra-municipale de toutes les égalités, créé il y a 2 ans, et dans laquelle j’anime la partie discrimination femme-homme ». Tout comme « le dispositif Femmes en place pour renommer les espaces publics dans lesquels les femmes sont aussi invisibilisées », à l’image de la maison de Carro Anita-Conti, du nom de la pionnière de l’océanographie, ou de l’espace santé autonomie Madeleine-Riffaud, « une grande journaliste résistante », commente Gérard Frau.

    Un programme varié

    Le programme est dense avec par exemple la rencontre-débat avec des autrices de bandes dessinées organisée par le collectif féministe du PCF de Martigues à la salle Dufy de l’espace Simone Veil, ce samedi 7 mars de 15h30 à 20h, ou encore les ateliers sur l’égalité proposés mercredi 11 et 18 mars par le service jeunesse de la Ville à l’Espace infos jeunes du quai Toulmond. Les agents de la Ville auront aussi droit à pièce de théâtre de sensibilisation le 17 mars à 14h à l’hôtel de Ville. « À Martigues, on a vocation à lutter et créer des égalités », conclut Gérard Frau.

  • L’Union locale CGT s’inscrit dans une lutte internationale

    L’Union locale CGT s’inscrit dans une lutte internationale

    L’Union locale CGT de Martigues adhérera à la Fédération syndicale mondiale (FSM) lors de son prochain congrès. Elle l’a annoncé ce jeudi matin, lors d’une matinée de formation sur le thème du syndicalisme international en présence de Matthieu Bolle Reddat, membre du secrétariat de la FSM.

    « C’est un débat qui peut faire un peu polémique puisqu’officiellement, au niveau confédéral, la CGT est à la Confédération européenne des syndicats (CES) et donc à la Confédération syndicale internationale (CSI) », rappelle-t-il. « En 1995, lors du même congrès, la CGT a laissé libre choix aux organisations d’adhérer à d’autres collectifs internationaux », développe le secrétaire général de L’UL Daniel Bretonès. Résultat des courses : Les unions départementales des Bouches-du-Rhône, du Val-de-Marne, du Nord ou encore les fédérations de la chimie, du commerce et de l’agroalimentaire ont rejoint la FSM.

    Construire des ponts

    À Martigues, les territoriaux ont déjà acté leur affiliation lors de leur dernier congrès. L’UL suit le mouvement. Daniel Bretonès explique : « Il nous semble, à Martigues, qu’elle représente plus nos orientations politiques et notre manière de militer dans une logique de coopération. » Matthieu Bolle Reddat reprend : « Il y a une idée de retour aux fondamentaux de lutte de classes anticapitaliste et anti-impérialiste. La pertinence pour une union locale d’avoir un échelon international, c’est de faire en sorte que l’internationalisme ne soit pas qu’un truc d’une espèce de bureaucratie syndicale, politique ou économique, mais qu’il existe dans nos entreprises. À l’heure où les grands dirigeants impérialistes construisent des murs entre les travailleurs, il faut que nous, syndicats, construisions des ponts et des solidarités parce que l’exploitation nous touche partout. »

  • Des mesures contre les agressions de pompiers annoncées à Toulon

    Des mesures contre les agressions de pompiers annoncées à Toulon

    Laurent Nuñez est arrivé au commissariat de police aux alentours de 17h. La séquence a débuté par une rencontre avec sept policiers adjoints et de futures recrues. Ces dernières, âgées de 18 à 29 ans, au nombre de 54, sont issues de la première cuvée du processus de recrutement 100% varois. Elles sont amenées à devenir policiers adjoints après une formation de quatre mois. S’ensuit un contrat de 3 ans renouvelable une fois, sans condition de diplôme, qui permet, après un an, de passer le concours de gardien de la paix.

    Après ces salutations lui ont été présentés plusieurs chantiers en cours : ceux des cellules et du bureau des plaintes de l’hôtel de police (achevés d’ici mai 2026) et le desserrement de ce dernier vers le conseil départemental, ainsi que ceux du chenil de la brigade canine et du nouveau commissariat de Sanary, qui sera inauguré le 20 février.

    Le ministre a ensuite pris la direction du centre d’incendie et de secours de Toulon, dans le contexte de la recrudescence des violences sur les sapeurs-pompiers. « Il y a eu un électrochoc en mai 2025 lorsqu’un sapeur-pompier de Haute-Savoie a été sauvagement agressé au point de presque y laisser la vie. Face à ces violences, il y a un principe simple : la tolérance zéro », martèle Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile et de la gestion des crises, présent aux côtés du ministre.

    1 500 agressions par an sur les pompiers, 56 dans le Var

    Ce dernier a rappelé que les pompiers étaient victimes de « 1 500 agressions (physiques) par an depuis 2021 [dont 56 dans le Var en 2025, + 166% en un an, Ndlr]. Dans trois quarts des cas, elles sont le fait des personnes secourues, qui sont, une fois sur deux, sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants ». Pour endiguer ce phénomène, a été conçu un plan national de lutte contre les violences visant les sapeurs pompiers, « en concertation avec les organisations professionnelles », précise Laurent Nuñez, pour qui nombre de « ces 19 mesures ne seront efficaces que si elles sont déclinées dans chaque département ».

    Parmi celles-ci, « la cartographie des secteurs posant des difficultés », « faire systématiquement remonter les événements à l’observatoire des violences », « un état-major de sécurité annuel entre préfets et acteurs », le déploiement généralisé des « caméras embarquées », expérimentées dans certains départements, et des « gilets pare-lames », et enfin, le renforcement de « l’accompagnement des pompiers victimes d’agressions ». Un plan qui élude, comme souvent, les causes – sociales – au profit des conséquences, que Laurent Nuñez veut aussi doter de « référents en contact avec les forces de l’ordre », annonçant une réflexion pour « apporter des moyens supplémentaires aux services d’incendie et de secours ».

  • Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Un bilan positif de par une action commune. C’est le message qu’ont voulu faire passer ce mardi 3 février les représentants des services de l’État engagés dans leur bilan de la lutte contre le narcotrafic. Le nombre de personnes interpellées à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône a augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2 % et 11 %, les points de deal ont diminué de moitié, passant de 181 en 2021 à 89 à Marseille, de 222 à 114 dans le département. Sur les narchomicides, leur nombre est aussi en baisse de 49 en 2023, à 24 en 2024 puis 20 tués en 2025.

    « Notre stratégie », pose le préfet de région Jacques Witkowski, « ne rien lâcher, agir et encore agir. » Et s’appuyer sur le collectif, avec « la totalité de la puissance étatique en marche, chacun avec ses compétences. » Ses leviers d’action : le quotidien avec « un engagement permanent de la police nationale et de la gendarmerie pour sécuriser les secteurs » et la « poursuite des enquêtes judiciaires », le pilonnage et les opérations de grande envergure, « l’aval » avec des investigations dans « tout un tas de domaines » comme le recel et l’amont avec « des résultats probants » sur le blanchiment et 32 millions d’euros d’avoirs criminels saisis contre 30 en 2024.

    Face à des trafiquants qui se réorganisent, misant notamment sur le « ubershit », le « ubercoke » pour éviter aux consommateurs de se déplacer, policiers et gendarmes ont adapté leurs méthodes. Avec plus de contrôles de « flux » quand au-delà des voitures, les livreurs utilisent parfois des trottinettes, raconte Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale. Pour contrer l’arrivée de produits venus de Marseille et d’Avignon, « dans les trains, sur les routes, nous avons investi les transports en commun avec des équipes cynophiles » ajoute le général Pierre Baillargeat à la tête du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Des « enquêtes sous pseudonyme » sont aussi menées détaille le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone.

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 offre aussi de nouveaux outils. Comme les interdictions administratives de paraître détaille la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Quelque « 150 cette année, ce qui nous permet d’assécher les points de deal », estime-t-elle, rappelant que le contrevenant risque jusqu’à 3 mois d’emprisonnement s’il se fait reprendre. Côté contrôles d’établissements, salle de sport, vendeurs de CBD et autres, ils sont une vingtaine à avoir été fermés dans le cadre des opérations baptisées « Jumbo ». Pour compléter l’arsenal, les expulsions de logements sociaux, avec 36 procédures en cours dont « plusieurs sont passées au tribunal » précise Corinne Simon.

    Apporter une réponse pénale à la hauteur

    Les consommateurs sont aussi dans la ligne de mire. Lors d’un contrôle organisé sur trois jours la semaine dernière mobilisant 1 200 agents dans tout le département, « une personne sur 12 était détentrice de produits stupéfiants » rappelle le préfet, « ils participent au narcotrafic » martèle-t-il.

    Côté justice, le ministère public se fait fort de suivre. Les infractions à la législation des stupéfiants représentent cette année « 24 % de l’activité du Parquet » indique Nicolas Bessone, le double d’une juridiction équivalente, le triple de villes comme Périgueux ou Valence, contre 18 % en 2023, 22 % en 2024. Le nombre de garde à vue dans les affaires de trafic a augmenté, de 15 % passant de 2 406 en 2024 à 2 853 en 2025. « Notre réponse pénale, c’est le déferrement systématique » assume Nicolas Bessone, se félicitant au passage d’une bonne collaboration avec le tout nouveau Pnaco parquet national anticriminalité organisée, mis en place le 5 janvier avec « deux affaires qui ont fait l’objet de co-saisines. »

    Sur les consommateurs, une convention avec la Direction Générale des Finances Publiques (DGFI) a été signée pour assurer le paiement des 10 000 AFD (amende forfaitaire délictuelle) de l’année, 200 euros chacune, les personnes en obligation de soins en ayant été exclues. Des instructions de saisies de voitures ou smartphone commencent aussi à tomber. Un « début » avec 9 téléphones et 4 autos.

    Et le procureur de revenir également sur le travail entamé sur le « haut du spectre » avec de premières saisies d’appartements à Dubaï, des surveillances particulières sur les détenus dangereux qui continuent à gérer leurs affaires depuis la prison.

    Des points de deals qui se déplacent

    Autant de pressions qui ont permis d’avancer mais loin de tout régler. Au-delà des livraisons à domicile, les points de deal se sont déplacés des quartiers Nord vers le centre-ville. Celui du 3e arrondissement restant un point chaud dans le cadre d’un affrontement sans merci pour son contrôle.

    « C’est un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits » commente néanmoins Nicolas Bessone, qui dans le même temps, rappelle que « nous avons affaire à une contre-société » avec une DZ mafia qui fait des conférences de presse, des narcotrafiquants qui proposent du soutien scolaire, de s’acquitter de travaux de bricolage, ou s’organisent en cartel pour s’attaquer à des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire. « Nous sommes désormais un pack, habitués à jouer ensemble » estime le préfet filant la métaphore rugbystique. De quoi assurer un début de première mi-temps, quand pour le moment, les trafiquants ont toujours le ballon.

  • [Vidéo] À Marseille, Soprano parle santé mentale avec les minots

    [Vidéo] À Marseille, Soprano parle santé mentale avec les minots

    C’est pas tous les jours qu’on voit une star à l’école. » Les minots de l’école l’Estaque Gare ont reçu le rappeur Soprano comme il se doit : avec des étoiles plein les yeux et des sourires jusqu’aux oreilles. Et surtout de chauds applaudissements quand il rentre dans la salle. « J’ai vécu dans les quartiers Nord, juste à côté. Je venais ici souvent pour la plage, je connais par cœur le secteur : là où vous grandissez, c’est un peu l’endroit où j’ai grandi aussi », lance la rock star du jour de l’école.

    Sauf qu’il ne vient pas pour un showcase mais en tant qu’ambassadeur de l’Unicef. Une organisation qui lui tient à cœur et surtout pour une cause qui lui est chère : la santé mentale des enfants. « Les enfants sont l’avenir, ils ont le potentiel de faire mieux que nous. L’Unicef me donne l’occasion de leur dire directement », explique-t-il, rappelant ses voyages en Côte d’Ivoire et aux Comores avec l’organisme de l’ONU. Forcément les minots sont excités comme des puces, les questions fusent et toutes ne parlent évidemment pas de santé mentale. « Pourquoi as-tu voulu devenir chanteur ? », lance l’un. Quand une autre demande : « Quelle a été le clip le plus dur à réaliser ? ». Mais le fond est bien là et les questions des enfants sont plus que pertinentes : « Quelle est la différence entre les adultes et les enfants pour la santé mentale ? ».

    « Lutte contre la noirceur »

    « On peut rencontrer des difficultés différentes en fonction de l’âge », rassure Jeanne Royer, coordinatrice pour l’Unicef. « Qu’importe l’âge ou le sexe, il y a des hauts et des bas dans la vie. Même pour les stars, il y a des passages à vide », abonde Soprano. Avant de se confier : « J’ai eu plein de problèmes avec la santé mentale. À force de tout le temps sourire, de dire que tout va bien […], on garde tout et l’on devient fragile, on rentre dans une parano. » Référence à ses dépressions et « sa lutte contre la noirceur » largement évoquée dans certains de ses chansons comme Mes Pensées ou Fragile.

    Pas refroidis par le sujet, les minots parlent même directement de harcèlement au collège et demandent au rappeur s’il en a été victime. « Moi non, mais j’ai vu que les harceleurs n’étaient pas toujours conscients qu’ils font du mal. Et les harcelés ont du mal à le dire. J’étais l’épaule de mes amis harcelés et je grondais mes collègues qui harcelaient », répond le rappeur. In fine, lui et l’Unicef insistent sur « l’importance d’en parler, de partager, d’alerter ».

    Si la visite est un franc succès, elle se fait dans un cadre bien spécifique : la 7e édition de la consultation nationale de l’Unicef avec un questionnaire dédié pour les 6-18 ans. La précédente édition portait sur les « privations et le déficit de protection » et avait récolté 16 203 réponses dans 1 800 villes. Catherine, bénévole à l’Unicef explique la démarche, avant la venue de Soprano : « On a passé la matinée à faire des ateliers par deux avec les élèves, en présence de la maîtresse pour le cadre. On adapte le vocabulaire et on simplifie les idées comme le fait Soprano, pour répondre aux questions des enfants. »

    En tout cas, les minots en ressortent convaincus. « Soprano nous a appris ce que c’était la santé mentale », relate Thaliyam, 9 ans, avec un brin de fierté. Son ami Gabriel, rajoute : « C’était trop bien, il nous a dit qu’il fallait en parler aux adultes si on avait des problèmes. » Mina, bientôt 11 ans va dans le même sens : « On a compris qu’on doit partager nos besoins et nos émotions. » Et surtout : « C’était mieux de le voir en vrai qu’à la télé ! ».

    « L’important c’est d’en parler, de partager, d’alerter »

  • Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Pas question de « culpabiliser » le consommateur, mais de lui « faire prendre conscience » qu’en prenant des stupéfiants, il contribue au narcotrafic. Corinne Simon, préfète de police déléguée, accompagnée de Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, et de Pierre Baillargeat, commandant du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône, a lancé officiellement, ce mercredi 28 janvier une vaste opération de contrôle de trois jours dans 23 villes du département, engageant 1 200 agents.

    « Nous avons eu, en 2025, de bons résultats sur les stupéfiants », se félicite Corine Simon au préalable, du pilonnage des points de deal, dont le nombre a été divisé par deux en deux ans, en passant par l’application de la loi sur le narcotrafic avec des interdictions administratives de paraître et autres fermetures de commerce. Un nouveau volet s’ouvre désormais, « la lutte contre les consommateurs ». Et la préfète de dérouler son équation : plus de consommateurs sur les points de deal égal assèchement, égal fermeture du point de deal. « Mon objectif n’est pas de piéger les gens, mais d’avertir », insiste Corinne Simon.

    Sur instruction du ministre de l’Intérieur, policiers et gendarmes sont déployés pour 159 contrôles dans « tous les quartiers sans distinction » prévient Cédric Esson, aux abords des collèges, lycées, facultés, dans les gares, dans les trains, trams, métro ou sur la route, mais aussi la nuit, à la sortie des discothèques.

    Des amendes jusqu’alors inutiles ?

    Les contrevenants écoperont d’une AFD (amende forfaitaire délictuelle) de 200 euros, que le « président de la République souhaite monter à 500 euros », ajoute la préfète. Une des seules « annonces » faites par Emmanuel Macron sur la lutte contre le narcotrafic lors de sa venue à Marseille, le 16 décembre. Près de 14 000 AFD ont été dressées l’an dernier sur le département en zone police. Des amendes dont le taux de recouvrement atteindrait à peine les 20%, estimait le sénateur socialiste Jérôme Durain, qui a fait une proposition de loi pour les réformer. La réponse de Corine Simon : une possible inscription au casier judiciaire en cas de récidive. « Nous allons travailler avec le parquet », promet-elle.

    Si cette opération est une première a priori en France, elle a vocation « à se reproduire tout au long de l’année, régulièrement », prévient Corine Simon, partie en « guerre » contre le trafic. Une guerre « qu’on gagnera d’autant plus vite que les consommateurs seront prévenus », estime-t-elle.

    « En zone gendarmerie, on s’aperçoit que nous sommes clairement sous l’influence de Marseille, voire d’Avignon, dans d’autres parties du département, le narco se développe, nous sommes sur une posture dynamique », ajoute le commandant Pierre Baillargeat, précisant que pour le seul mois de janvier, le stup’ a augmenté de 25% dans l’activité des gendarmes. Ce dernier misant également sur 22 équipes cynophiles, dont quatre des douanes, qui permettent de détecter la drogue de façon plus certaine.

    À l’arrêt de tram des Réformés, pas de policier canin, mais des humains qui ont engagé des séries de « palpations » sur des voyageurs se demandant bien ce qui leur arrive. Si les agents assurent sélectionner leurs cibles au hasard, la majorité des personnes contrôlées ce jour-là sont des jeunes. Certains se disant un peu découragés voire agacés de se voir contrôlés « tout le temps ».

    Et quand on demande justement à la préfète si des actions vont être menées en matière de prévention auprès de la jeunesse, elle affirme lancer des assises sur le sujet en février.