Tag: Lutte

  • Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    Des actions pour sortir les jeunes des réseaux dans le Var

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 confère de nouveaux ressorts aux préfets : les injonctions d’expulsion des bénéficiaires de logements sociaux impliqués dans le trafic, la fermeture de commerces, et les interdictions de paraître. Un arsenal déjà usité par le préfet du Var, à six reprises dans le premier cas, cinq pour le deuxième, et 22 pour le troisième. Ces mesures administratives complètent un cadre législatif qui a permis la saisine 1,3 million d’euros et de 2,06 millions d’euros de biens immobiliers dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Mais aussi de 713 kg de cannabis, 474 de cocaïne, et de près de 17 millions d’euros d’avoirs criminels, notamment.

    Prévention puis sanction

    « Il faut assécher par la base, les consommateurs, par le haut, les avoirs, et par les prestations sociales. En somme, par l’argent », affirme Raphaël Balland, procureur de la République de Toulon. C’est le sens de la convention signée ce mercredi entre les institutions judiciaires et la CAF du Var. Cette dernière pourra prendre en compte les revenus et patrimoines illicites, et recalculer les prestations, repérer d’éventuels trop-perçus, et établir des sanctions, voire des poursuites. « Cela concerne l’ensemble du foyer, donc aussi les fraudes des mineurs », précise Julien Orlandini, directeur de la CAF du Var.

    Des mineurs qui bénéficient de dispositifs de prévention, notion « qu’il ne faut pas opposer à la répression. Elles fonctionnent ensemble », prône Nicolas Prisse, directeur de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). De nombreuses actions de sensibilisation ont été mises en place, ainsi que deux projets d’accompagnement de jeunes sujets aux addictions et à l’exclusion sociale, institués en 2024 en Provence Verdon et dans les quartiers prioritaires toulonnais. Pour compléter, un dispositif expérimental vient d’être engagé par le Parquet de Toulon, la mairie et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). À l’intention des jeunes de 13 à 16 ans, il consiste en un accompagnement de six mois, à l’issue duquel la procédure pénale est classée sans suite si le concerné ne récidive pas. Mais dans le cas contraire, le mineur sera, cette fois, poursuivi devant le juge des enfants.

  • En 30 ans, l’extrême pauvreté a explosé, alerte le Secours catholique

    En 30 ans, l’extrême pauvreté a explosé, alerte le Secours catholique

    Dans le Var, le constat est implacable : 96% des aidés vivent sous le seuil de pauvreté dont 66% en situation d’extrême pauvreté. Les principales bénéficiaires sont les femmes seules ou mères célibataires (60,9%), alors qu’elles ne représentaient que 6% en 2003. « Avant, la pauvreté était associée au chômage et aux crises économiques. Mais elle n’est plus conjoncturelle. Elle est continue, multidimensionnelle et stigmatisée. Ça rejoint un discours des pouvoirs publics de critique des pauvres, perçus comme coupables de leur condition », résume Jean-Michel Permingeat, président du Secours catholique du Var.

    Créé en 1994, le Secours catholique est un acteur majeur de la lutte contre la pauvreté en France, avec 1,11 million de personnes aidées en 2024 dans 2 500 lieux d’accueil, grâce à 3 500 équipes locales composées de 58 000 bénévoles et 910 salariés. Ils sont 28 dans le Var, pour 530 bénévoles, 7 salariés et 5 000 bénéficiaires. Des chiffres qui ont tous connu une nette augmentation en 30 ans.

    Le très attendu rapport annuel de l’association s’attelle à dresser un bilan évolutif des niveaux de pauvreté depuis sa création. Si le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté (60% du salaire médian de 2 193 euros, soit 1 316 euros en 2024) a un temps stagné, de 14,5% en 1996 à 14,4% en 2022, il a connu une nette progression en 2023 pour atteindre 15,4%. « La pauvreté n’a pas reculé mais a profondément changé de nature et de visage » , pointe le rapport. Les salariés et bénévoles varois abondent. Mêmes constatations ici.

    En effet, en 1994, 10% d’entre eux vivaient dans l’extrême pauvreté, contre 74% 30 ans plus tard. Parmi eux, un nombre croissant de femmes et d’enfants, de 51% en 1994 à 56,5% en 2024. Les familles sans aucunes ressources constituent 25,7% des bénéficiaires (10% en 1994), parmi lesquels 50% d’hommes seuls, mais le nombre de mères seules a aussi explosé (de 7 à 15% entre 1999 et 2024). La majorité sont étrangers (71%, 26 il y a 25 ans).

    « Une pauvreté continue »

    En cause, notamment, les réformes de l’assurance chômage et du RSA, rendant les aides moins accessibles, les conditions drastiques pour obtenir un titre de séjour (et donc pouvoir travailler), le manque d’accès aux aides (38% des ménages éligibles n’en font pas la demande). Le niveau de chômage (23,7%) reste supérieur à la moyenne nationale (7,4%) mais a largement baissé (44% entre 2005 et 2015). Enfin, 18% des bénéficiaires travaillent, mais occupent des postes précaires pour un faible niveau de vie (855 euros par mois contre 2 443 pour la population en général).

    Autres facteurs aggravants : les problèmes de santé et le handicap (23% des bénéficiaires, 15% en 1994), qui complexifient l’accès à l’emploi, renforcés par les difficultés d’accès aux allocations. L’âge entre aussi en ligne de compte : parmi les personnes aidées, la part des seniors de 60 ans et plus a triplé, de 2,6 à 7,3%. Et les associations sont au bout du rouleau.

  • Une plume contre le narcotrafic

    Une plume contre le narcotrafic

    Je veux la tête de ceux qui ordonnent. Ceux qui ne sont jamais directement souillés par le sang qu’ils font couler, mais qui vivent grâce à lui. » Dans son livre, Marseille, essuie tes larmes (éditions le Bruit du monde), Amine Kessaci ne mâche pas ses mots envers les chefs des réseaux et l’état, qu’ils jugent responsables des narchomicides. Depuis la sortie de l’ouvrage, en octobre, le Marseillais de 22 ans et sa mère ont été placés sous protection policière. Ce livre dénonce l’engrenage des réseaux, qui se nourrissent de la misère des cités. Dans cette lettre à son frère Brahim, tué dans un narchomicide, il pointe du doigt les chefs de réseaux et le désengagement de l’état dans les quartiers.

    « Le narcotrafic prospère sur le désengagement des structures protectrices. Là où l’école échoue, où les centres sociaux ferment et où les services publics se raréfient. » Depuis ce livre, le jeune écologiste a été interviewé dans de nombreux médias français et étrangers pour parler de sa lutte contre le trafic de drogue.

  • Vers la fin des Ateliers des cheminots à Béziers ?

    Vers la fin des Ateliers des cheminots à Béziers ?

    C’est une nouvelle bataille que s’apprêtent à mener les cheminots de Béziers dans la longue lutte qui les oppose à la direction de la SNCF concernant les Ateliers de maintenance. Depuis 1993, ces derniers se sont lancés corps et âme dans ce combat pour éviter la fermeture du dernier dépôt présent dans la cité de Paul Riquet. Dernier épisode en date le 23 octobre, lors d’une audience au niveau national entre la CGT et les directions des différentes entités de la SNCF implantées sur le site biterrois. « Déjà, en avril dernier, le jour de notre congrès, notre directeur nous avait fait part de sa volonté de transférer le site. Il y a eu ensuite plusieurs interpellations du syndicat et on a décidé de monter au niveau national pour avoir la vérité. Tous les directeurs nationaux de chaque activité nous l’ont confirmé : il n’y aura pas d’avenir pour Béziers, le site fermera dans trois ans », soupire Nicolas Midague, secrétaire général CGT des cheminots de Béziers.

    Quitte à laisser à quai les 40 salariés encore présents sur le dépôt. Surtout, la CGT dénonce l’absence d’arguments de la direction pour justifier cette décision. « J’étais à l’audience, je leur ai posé trois fois la question : “Pourquoi ferme-t-on ?” Personne ne nous répond », se désole Nicolas Midague. Les raisons économiques ne sont jamais très loin. « Ça fait des années qu’ils veulent fermer. Les anciens commencent à partir, on a trois ou quatre départs avant la fin de l’année. Ils ne seront pas remplacés alors que l’entreprise prend des agents intérimaires, des agents en mission. Il y a encore des gens. Mais on vide petit à petit jusqu’au jour où ils nous diront qu’économiquement, ce n’est plus viable », observe le cheminot.

    De réels besoins

    Une véritable casse organisée. Pourtant, à en croire les syndiqués, les Ateliers peuvent encore être développés. « Il y a une activité de maintenance industrielle que l’on veut garder car il y a des pièces à réparer sur des locomotives. Aussi, on propose de développer le site puisqu’on a un triage et qu’il n’y a plus de fret, mais il y a besoin au niveau régional d’avoir un centre de maintenance supplémentaire. La Région Occitanie vient de commander 18 nouvelles rames, il va falloir les entretenir. Donc on dit : le site de Béziers est prêt à recevoir un centre de maintenance régional », soutient Nicolas Midague. Ce qui permettrait de soulager les centres de maintenance régionaux existants – Toulouse et Nîmes – mais aussi la demande nationale, à l’heure où le développement du train est affiché comme un objectif de transition écologique.

    Malgré ces besoins, la direction fait la sourde oreille. « Pour l’instant, les études [pour l’implantation d’un troisième centre de maintenance] ne sont menées que sur le site de Narbonne ou sur le site de Nîmes mais il faut un lieu central, comme Béziers. De plus, l’implantation à Narbonne nécessiterait des travaux deux fois plus coûteux qu’à Béziers », souligne Nicolas Midague.

    Dans cet ultime bras de fer qui s’annonce, les salariés ne sont pas prêts à abandonner le combat. Plusieurs actions sont à l’étude. « Le 4 décembre, le député LFI Béranger Cernon, qui était cheminot, viendra nous voir sur le site, le visiter et porter nos projets », fait valoir le secrétaire des cheminots biterrois. Trente-deux ans après, la lutte n’est pas près de s’essouffler.

  • Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Le rendez-vous a été fondé en 2001 suite à la rencontre de deux militants féministes, Luc Patentreger, médecin, dessinateur, et entrepreneur social, et Loutcha Dassa, ancienne déportée à Auschwitz décorée de la médaille de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2012 et de la Légion d’Honneur en 2021 pour sa lutte pour l’inclusion des femmes dans la société et le milieu artistique.

    Le festival Femmes ! revient pour une 24e édition, du 5 au 24 novembre. Six salles dans quatre villes s’en feront le relais : Théâtre Liberté et cinéma Le Royal à Toulon, cinéma Six n’étoiles à Six-Fours, Casino Joa et centre culturel Tisot à La Seyne-sur-Mer et cinéma Le Rocher à La Garde.

    44 films en compétition

    Ce festival se définit comme « œuvrant pour l’égalité entre femmes et hommes », avec « une conviction : l’art peut et doit être un levier d’émancipation, d’égalité et de liberté. Nous portons un féminisme universaliste qui réunit toutes les femmes, quels que soient leurs origines, leurs parcours ou leurs frontières, et qui invite les hommes à être pleinement partenaires de ce combat ». Cette année, la thématique « Duo », centrée sur la question « que raconte une femme quand elle parle d’elle à travers l’autre ? », invite à porter « ce féminisme du lien, de l’altérité, du respect, qui trouve dans ce thème une résonance naturelle qui refuse les cloisonnements et se nourrit du dialogue, car l’égalité se construit ensemble ».

    44 films de 16 pays seront en compétition pour le Prix du Public, parmi lesquels 8 avant-premières et 14 films en sortie nationale. Seront également remis le Prix du Jury et le Prix d’interprétation féminine avec sept films, en avant-première, en compétition. Autour de la compétition, le public pourra profiter, entre autres, d’une masterclass donnée par les acteurs de l’iconique série Plus belle la vie, d’un atelier cinéma pour apprendre à analyser les films, de soirées thématiques (dont la nuit des courts-métrages), d’expositions, ou encore de douze débats et conférences sur des thématiques féministes (santé mentale, violences sexuelles et sexistes…) et artistiques. De nombreux réalisateurs et acteurs seront également présents pendant ces trois semaines.

    Infos et tarifs sur femmesfestival.fr

  • La Région Sud présente son plan contre l’antisémitisme

    La Région Sud présente son plan contre l’antisémitisme

    Ils étaient environ 500 à se retrouver pour l’agora contre l’antisémitisme, ce mercredi, à l’hôtel de Région. L’occasion pour le président (Ren) de la Région, Renaud Muselier, de présenter les ambitions régionales en matière de lutte contre cette forme de haine.

    « Il y a une augmentation de 200% des actes antisémites à Marseille, qui abrite la deuxième communauté juive française, explique Renaud Muselier. Donc on doit se demander comment on continue de vivre ensemble dans une ville où on l’a toujours fait. »

    L’éducation contre

    la haine

    L’éducation des jeunes est le premier levier sur lequel la Région veut orienter la lutte contre l’antisémitisme. « D’ici 2028, tous les lycées de la région participeront à des programmes de sensibilisation en partenariat avec le camp des Milles et le rectorat, soutient Renaud Muselier. Car l’éducation est l’arme la plus puissante contre la haine. » L’élu a également annoncé un renforcement du soutien aux victimes d’antisémitisme, notamment au moment de leur dépôt de plainte, avec des associations comme France Victime. Enfin, la Région a annoncé sa volonté d’ouvrir un espace de dialogue interreligieux nommé « Région Sud fraternité » pour favoriser les échanges. Une façon pour le président de passer un message à la communauté juive : « vous êtes Français avant d’être juif et si l’on vous attaque, c’est la République française que l’on attaque. »

    Une vingtaine de personnes, à l’appel de la CGT région et de l’Union juive française pour la paix, ont dénoncé, devant l’hôtel de Région, la présence de certaines personnalités jugées polémiques, telle que la chroniqueuse de CNews Rachel Khan ou la journaliste Nora Bussigny.

  • La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    En 2015, la France est frappée par une série d’attentats qui plongent le pays en deuil. « Dans les mois qui suivent, on se rend compte que l’antisémitisme émerge de manière spectaculaire dans notre société, tout comme le racisme. Parce que l’antisémitisme, c’est une parole qui se libère, ce sont des agressions. Et parallèlement, on a une montée aussi du racisme, certains considérants que tous les Arabes sont musulmans et que tous les musulmans sont islamistes et fanatiques. Et ils finissent par amalgamer toute la population musulmane », soupire Hussein Bourgi, sénateur PS de l’Hérault et conseiller régional.

    Pour faire reculer ces actes, la Région Occitanie s’est lancée dans une série de consultations destinées à faire émerger un plan d’actions. Pendant un an et demi, les conseillers Hussein Bourgi et Marie Piqué ont mené des auditions auprès d’associatifs, de représentants de la justice, de l’Éducation nationale, etc. Ainsi, en 2020, était présenté un plan de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, courant jusqu’en 2024 et se déclinant autour de trois objectifs : la déconstruction des préjugés en éduquant à l’antiracisme et l’antisémitisme ; la transmission de l’Histoire et de la mémoire – notamment via le mémorial de Rivesaltes ou encore la visite des camps d’Auschwitz, plus de 1 000 lycéens emmenés depuis 2019. Enfin, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga soutient les initiatives des associations. « Par exemple, la Ligue de l’enseignement réalise depuis plusieurs années un DVD “Discrimétrage” avec des lycéens qui vont écrire un scénario puis le réaliser. La Région va accompagner financièrement le tournage, le montage. Il nous a semblé intéressant de parler de la question de l’intolérance et des discriminations, non pas à travers un propos très académique, une parole qui peut parfois apparaître comme moralisatrice, mais plutôt d’utiliser leurs mots, leur vécu », illustre Hussein Bourgi.

    Accompagner les victimes

    Pour ce faire, la Région a mobilisé pas moins de 11,8 millions d’euros qui ont bénéficié à 3,5 millions de personnes. Fière de son engagement, la collectivité ambitionne de lancer un second acte de ce plan pour la période 2025-2029. Une des premières actions devrait être l’hommage rendu aux Justes parmi les Nations avec le dévoilement de plaques commémoratives – Montagnac étant la première commune héraultaise à le faire, le 11 novembre prochain.

    « Aujourd’hui on réactualise, parce que le racisme, l’antisémitisme, ça bouge. L’antisémitisme et le racisme flambent sur les réseaux sociaux, sur des sites et des forums de certains médias et donc nous voulons vraiment sensibiliser les médias à la nécessité de modérer, tout comme les Gafam », fait valoir le sénateur. Cette seconde phase priorisera donc les réseaux sociaux, mais également un meilleur accompagnement des victimes et la création d’espaces de résistance, de lutte.

    Un combat crucial à l’heure où l’extrême droite dédiabolisée infuse dans toutes les strates de la société pour véhiculer son discours raciste et antisémite. « Les époques changent mais l’idéologie de l’extrême droite, elle, reste la même. »

    « Les époques changent mais l’idéologie reste la même. »

  • La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    En 2015, la France est frappée par une série d’attentats qui plongent le pays en deuil. « Dans les mois qui suivent, on se rend compte que l’antisémitisme émerge de manière spectaculaire dans notre société, tout comme le racisme. Parce que l’antisémitisme, c’est une parole qui se libère, ce sont des agressions. Et parallèlement, on a une montée aussi du racisme, certains considérants que tous les Arabes sont musulmans et que tous les musulmans sont islamistes et fanatiques. Et ils finissent par amalgamer toute la population musulmane », soupire Hussein Bourgi, sénateur PS de l’Hérault et conseiller régional.

    Pour faire reculer ces actes, la Région Occitanie s’est lancée dans une série de consultations destinées à faire émerger un plan d’actions. Pendant un an et demi, les conseillers Hussein Bourgi et Marie Piqué ont mené des auditions auprès d’associatifs, de représentants de la justice, de l’Éducation nationale, etc. Ainsi, en 2020, était présenté un plan de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, courant jusqu’en 2024 et se déclinant autour de trois objectifs : la déconstruction des préjugés en éduquant à l’antiracisme et l’antisémitisme ; la transmission de l’Histoire et de la mémoire – notamment via le mémorial de Rivesaltes ou encore la visite des camps d’Auschwitz, plus de 1 000 lycéens emmenés depuis 2019. Enfin, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga soutient les initiatives des associations. « Par exemple, la Ligue de l’enseignement réalise depuis plusieurs années un DVD “Discrimétrage” avec des lycéens qui vont écrire un scénario puis le réaliser. La Région va accompagner financièrement le tournage, le montage. Il nous a semblé intéressant de parler de la question de l’intolérance et des discriminations, non pas à travers un propos très académique, une parole qui peut parfois apparaître comme moralisatrice, mais plutôt d’utiliser leurs mots, leur vécu », illustre Hussein Bourgi.

    Accompagner les victimes

    Pour ce faire, la Région a mobilisé pas moins de 11,8 millions d’euros qui ont bénéficié à 3,5 millions de personnes. Fière de son engagement, la collectivité ambitionne de lancer un second acte de ce plan pour la période 2025-2029. Une des premières actions devrait être l’hommage rendu aux Justes parmi les Nations avec le dévoilement de plaques commémoratives – Montagnac étant la première commune héraultaise à le faire, le 11 novembre prochain.

    « Aujourd’hui on réactualise, parce que le racisme, l’antisémitisme, ça bouge. L’antisémitisme et le racisme flambent sur les réseaux sociaux, sur des sites et des forums de certains médias et donc nous voulons vraiment sensibiliser les médias à la nécessité de modérer, tout comme les Gafam », fait valoir le sénateur. Cette seconde phase priorisera donc les réseaux sociaux, mais également un meilleur accompagnement des victimes et la création d’espaces de résistance, de lutte.

    Un combat crucial à l’heure où l’extrême droite dédiabolisée infuse dans toutes les strates de la société pour véhiculer son discours raciste et antisémite. « Les époques changent mais l’idéologie de l’extrême droite, elle, reste la même. »

    « Les époques changent mais l’idéologie reste la même. »

  • Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Ascaride

    Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Ascaride

    Acquittée à quatre reprises, Pinar Selek est poursuivie depuis 1998, d’abord pour ses travaux universitaires sur les Kurdes, puis pour un attentat dont elle est innocente. Installée en France depuis 2011, elle est aujourd’hui enseignante-chercheuse à l’Université Côte d’Azur (Nice). Ce mardi, la sociologue franco-turque a poursuivi son combat pour la liberté d’expression à Marseille, entourée de ses soutiens. À l’occasion de la 6e audience de son 5e procès qui se déroule à Istanbul, une nouvelle journée de solidarité a été organisée dans la cité phocéenne. Elle s’est clôturée dans la bibliothèque de l’Alcazar (1er).

    L’actrice marseillaise Ariane Ascaride a proposé la lecture de trois textes de Pinar Selek – « Savoirs nomades », « Acrobatie pour les libertés » et « Aimer ou construire » – où se racontent l’absurdité des frontières, des réflexions sur l’exil, le rapport des humains au reste du vivant, le racisme anti-kurde, et bien d’autres réflexions. « C’est un très grand cadeau pour moi, je n’avais jamais lu mes textes à voix haute. Ariane leur a donné encore un autre sens, car elle a pu ajouter les silences qu’on ne peut pas voir à la lecture », s’est émue Pinar Selek après la performance de la comédienne.

    « Je voudrais insister sur le fait que cette fille-là est vraiment étrange. Je n’ai jamais vu quelqu’un comme elle. C’est une guerrière. Elle se bat pour sa vie et arrive à intellectualiser tout son rapport au monde. Elle le fait pour que d’autres puissent comprendre par quoi on passe sans être simplement submergé par l’émotion, s’est enthousiasmé Ariane Acaride, quelques instants après ses lectures. Et après, cette intellectuelle s’en va dans le pays des fées pour raconter des histoires magiques. Vous avez beaucoup de chance de la connaître ».

    Procès encore reporté

    Pour la 6e fois consécutive, le 5e procès de Pinar Selek a, mardi, été reporté par la justice turque. « Il semble que les juges avaient déjà pris leur décision avant même d’échanger avec les avocats », a déclaré Seyda Selek, mathématicienne devenue avocate pour défendre sa sœur, présente lors de l’audience de mardi à Istanbul, aux côtés de la délégation internationale sur place pour soutenir la sociologue. La date du prochain procès est fixée au 2 avril 2026.

    Poursuivie depuis 27 ans par Ankara, Pinar Selek ne peut plus se rendre en Turquie, où elle risque d’être arrêtée. « Ils veulent nous épuiser, mais ils n’y arrivent pas. Nous continuons de résister et ça les énerve, c’est pour cela qu’ils ne font que reporter l’audience et qu’ils envoient des lettres de menace à Ariane », a constaté Pinar Selek, mardi soir. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, j’ai vu tant de solidarité autour de moi, tant d’expériences, d’analyses, de formes d’expressions qui convergent… Ça me donne la pêche. Je peux encore courir longtemps sans m’arrêter ». Définitivement indomptable.

  • Les soutiens de Pinar Selek réunis à l’Imera d’AMU

    Les soutiens de Pinar Selek réunis à l’Imera d’AMU

    « Transformer ce malheur en une action politique », déclarait, lundi, Pinar Selek dans nos colonnes, à propos de l’acharnement judiciaire que lui fait subir l’État turc depuis 27 ans. C’était l’ambition de la journée organisée, mardi, à l’institut d’études avancées d’Aix-Marseille, où la sociologue franco-turc et ses soutiens ont été reçus entre 9h et 16h, en parallèle de la 6e audience du 5e procès de la militante féministe. « Comme Pinar Selek n’assiste pas aux audiences à Istanbul, le comité de soutien organise des journées de sensibilisation et de mobilisation sur les journées d’audience, détaille Valérie Manteau, membre du comité de soutien à Pinar Selek de Marseille. Aujourd’hui, on a la chance d’être reçus par l’IMERA, un lieu qui accueille des chercheurs en exil. On a choisi de centrer la journée sur la question des libertés académiques parce que Pinar Selek est aussi poursuivie pour ses recherches universitaires ».

    Quatre chercheurs, dont Brian Sandberg, arrivée en France dans le cadre du programme Safe Place for science, imaginé pour accueillir les universitaires étasuniens qui ne pouvaient plus exercer librement avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, se sont donc exprimés sur le sujet. L’après-midi a également été l’occasion d’une visio conférence avec la délégation internationale présente à Istanbul pour le procès. Pour la 6e fois consécutive, le procès de Pinar Selek a mardi été reporté à avril.

    M.M.