Tag: logements

  • La gauche unie salonaise étoffe ses propositions

    La gauche unie salonaise étoffe ses propositions

    À Salon, la gauche unie pour les élections municipales ne compte pas que sur un seul homme pour agir. Réunis jeudi soir autour de Patrick Chini (PS), tête de la liste Demain Salon pour présenter leurs vœux, plusieurs colistiers sont d’ores et déjà à pied d’œuvre pour élaborer et diffuser le projet encore non terminé de l’équipe.

    C’est le cas de Nicolas Maury, fonctionnaire trentenaire encarté au PCF. Celui-ci indique que « le programme fait déjà 40 pages chiffrées et est en cours de finalisation ». Parmi les mesures phares, le militant relève « le gros chantier que nous voulons mettre en place dans la ceinture verte salonaise, consistant à y développer une agriculture saine, de proximité, qui approvisionne les écoles et les services municipaux dans une logique autre que le productivisme à tout prix ». Sa colistière Michelle Blanc (PS) abonde : « Ce seront des fermes municipales qui permettront à la Ville de soutenir l’installation de nouveaux agriculteurs qui nourriront les Salonais. »

    La campagne est d’ailleurs bien entamée depuis l’inauguration de la permanence fin novembre. « C’est tranquille sur le terrain », avance Nicolas Maury, parlant de « retours positifs avec la liste ». Quant aux thèmes de la campagne, le candidat considère que « ce qui ressort de nos porte-à-porte sont surtout de vraies attentes quant au logement, notamment social ». « Certaines personnes demandent à être relogées dans des logements salubres et n’ont pas de réponse… D’autres, après le départ des enfants, gardent un appartement trop grand et veulent en changer pour un plus petit, surtout quand les charges augmentent », détaille le communiste.

    Des attentes

    aussi sur le logement

    Des propositions en ce sens existent déjà. « Nous voulons mettre en place une bourse de mobilité pour échanger les logements, comme à Paris », détaille Nicolas Maury, mais aussi « renforcer le logement social au vu de la forte demande » de 3 000 dossiers en attente en 2024. Également, le candidat veut « favoriser l’habitat collectif, intergénérationnel et accessible, mélangeant retraités et étudiants pour créer un bassin de vie solidaire ». Il faut des crèches aussi. Michelle Blanc (PS) affirme qu’« il est indispensable pour nous qu’il y ait une crèche par quartier », particulièrement « au quartier populaire des Canourgues » et ses plusieurs milliers d’habitants. La colistière affirme que « le maire en place casse la dynamique de la petite enfance en privatisant les mini crèches dont on sait la mauvaise qualité de service », « pareil pour le relais assistance maternelle qui est laissé à l’abandon faute d’embauches », selon la candidate.

  • Gaby Charroux veut préserver l’art de vivre des villages

    Gaby Charroux veut préserver l’art de vivre des villages

    « Nous voulons préserver ce qui fait notre ville, mais pas la figer », tel l’explique le maire-candidat (PCF) Gaby Charroux aux participants à la réunion publique organisée à la salle de réception du Domus, à Carro samedi matin, dans le cadre de la campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026.

    À Carro et aux alentours, le maire sortant affirme vouloir « conserver l’art de vivre de Martigues et ses villages » et cela implique la vie associative. Le président du comité des fêtes de Carro, Marc Troulier relève qu’« il n’y a qu’à lever la main pour avoir des tables, des chaises, de l’eau et le terrain, dont on a jamais payé de droit d’occupation pour les fêtes, contrairement au Port départemental. On a même un électricien sur les 3 jours de fête ».

    Marc Troulier observe une « saisonnalité » dans la vie des villages, parlant d’un « impact sur la population » notamment sur le plan du logement. Le maire sortant connaît cette contradiction : « C’est le revers de la médaille » de la préservation du territoire, « en contrepartie c’est dur et cher de se loger », reconnaît-il. Mais c’est un choix, « on ne bétonnera pas la Méditerranée », affirme Gaby Charroux, qui annonce travailler en prime « à la création de zones agricoles protégées » sur la plaine de Saint Julien, pour « figer » le rôle de ce lieu.

    Du logement contrôlé

    À propos de logement, un participant avance que « la perte d’identité » des habitants viendrait du fait qu’« une partie de notre population n’est pas martégale ». Il demande : « Allez-vous continuer à faire du logement social ? À être au-dessus des quotas ? Allez-vous demander à avoir la main sur qui on y met ? ». « La question se pose », répond Gaby Charroux, « nous sommes à 28% de logement social quand les obligations sont à 25%. On a besoin de rénover mais aussi de veiller au peuplement », argumente l’édile, indiquant travailler « avec les bailleurs pour ne pas servir de déversoir à d’autres endroits ».

    Le maire ne renonce pas à construire. « Il faut produire 180 logements par an pour les habitants actuels de Martigues (…) et 70 de plus pour l’arrivée de nouveaux salariés de la zone industrielle de Fos », indique Gaby Charroux, que ce soit par le privé ou en logement social. Soit 250 logements à produire à l’année, avec du social « contrôlé » de l’avis du maire, et du reste avec « de l’accession à la propriété pour les martégaux ».

    Autre sujet local, la « voirie dégradée » soulevé par un autre participant. Gaby Charroux rappelle que certaines sont communales, et d’autres départementales, comme la route des Bastides. « Un côté est rénové car nous avons demandé la maîtrise d’ouvrage temporaire, le reste le sera dès que nous aurons solutionné le ruissellement de l’eau avec la Métropole », annonce le maire candidat.

    Prochaine étape, le bilan de mandat de l’équipe sortante sera présenté samedi 17 janvier prochain à 10h, salle Raoul Dufy.

  • Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Le tribunal confisque la cave louée à un précaire à Marseille

    Un agent immobilier et sa SCI ont été reconnus coupables de soumission de personne vulnérable à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine et refus de relogement du jeune occupant de la cave située 48 rue Curiol (1er) à Marseille, définitivement interdite à l’habitation par arrêté préfectoral d’insalubrité.

    Christian Castel, 67 ans, qui avait boudé son procès et n’était pas non plus présent, mardi, au délibéré, a écopé de 2 ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Son bien immobilier est confisqué. Il lui est fait interdiction d‘acheter tout bien immobilier à usage d’habitation pendant trois ans. La SCI dont il est le gérant est condamnée à 20 000 euros d’amende mais avec sursis. La Ville, partie civile dans les procès d’habitat indigne, se voit allouer 1 000 euros au titre du préjudice moral et 1 500 euros pour ses frais de justice.

    « Il devait être aux abois »

    S’assurant une rentabilité de 25%, le propriétaire louait 300 euros par mois dont 20 euros de charge et 40 euros d’électricité depuis 4 ans cette cave humide achetée en 2010 pour 15 000 euros et pourtant décrite dans le règlement de copropriété comme un « local indépendant à usage commercial ». Le lot de 17 m² était composé d’une pièce principale de 9 m² et d’une salle d’eau de 2,6 m², équipé d’une petite fenêtre en soupirail donnant à même le trottoir de la rue. Après signalement par le syndic aux autorités, un arrêté préfectoral d’insalubrité a été pris le 13 novembre 2024 interdisant définitivement ce « local impropre à l’habitation compte tenu de l’éclairement naturel insuffisant ». Le bail indiquait mensongèrement que le local faisait 30 m² et présentait la location comme meublée alors qu’aucun meuble n’était fourni, mis à part un chauffage, une plaque et un petit frigo.

    Pour le tribunal, la vulnérabilité du locataire est patente, s’agissant d’un jeune homme de 22 ans en grande précarité sociale et économique, arrivé seul et mineur en France et auparavant logé dans des foyers d’urgence. Le propriétaire ayant même déclaré en audition « il devait être aux abois pour prendre quelque chose comme ça ». Après un passage en hôpital psychiatrique, le jeune a été relogé par un bailleur social.

    Christian Castel est propriétaire de 9 logements en plus du sien. Il tire de son patrimoine un revenu locatif de 3 660 euros par mois. La police a visité trois de ses logements rue Fortuné-Jourdan, rue Sainte-Thérèse et rue Docteur Laennec notant que certains d’entre eux étaient « proches de l’insalubrité ». Il est par ailleurs l’objet d’une enquête pour la location d’une autre cave au 100 rue Saint-Savournin frappé aussi d’un arrêté d’insalubrité et où vivait jusqu’à 4 migrants. L’année 2025 a connu un regain de prise d’arrêtés préfectoraux d’insalubrité dans les Bouches-du-Rhône. L’analyse de 140 des 187 arrêtés publiés à ce jour au recueil de la préfecture permet de préciser que 89 arrêtés engageaient la procédure à l’encontre de propriétaires sur tout le département dont 43 à Marseille. 44 arrêtés ont acté la fin de la procédure après constat de travaux réalisés ou de démolition. Sept arrêtés ont prononcé des astreintes jusqu’à 200 euros par jour.

  • Mehdi Medjati se représente contre l’étalement urbain à Cabriès

    Mehdi Medjati se représente contre l’étalement urbain à Cabriès

    Déjà candidat en 2020, l’avocat né à Cabriès, Mehdi Medjati a annoncé ce dimanche sa candidature pour la mairie de la commune de Cabriès Calas. Sa liste, Préservons l’avenir est sans étiquette et sera présentée le 16 janvier à 19h au Domaine de la Guérine, dans la commune.

    « Je me représente cette année parce que j’estime avec ceux qui me suivent que les besoins réels de la commune de Cabriès Calas ne sont pas satisfaits », explique le Cabriessien de naissance.

    « Un projet commun »

    Pour cet ancien membre du PS, qui l’a quitté en 2007, la commune connaît de grands problèmes d’étalement urbain et de bétonisation. « La commune est grignotée par Plan de Campagne, avec des avancées sur le crin de verdure qu’est Cabriès ». Avec sa liste, il souhaite donc s’opposer au projet de lotissement de 300 logements, au niveau du rond-point d’action. « Ils seraient totalement déconnectés des centres de vie, ça n’aurait pas de sens ». Il s’oppose également au projet de cité des sciences, à la place du parc club de l’Arbois. « Cela enlèverait une zone tampon, et se serait une avancée de Plan de Campagne sur Cabriès », dénonce-t-il.

    Il souhaiterait cependant développer des logements pour les jeunes, qui ne s’y installent plus à cause des prix. Le candidat propose ainsi de « construire des petites unités avec du social locatif ou du social vers la propriété ». Il souhaite également revitaliser les centres de villages de Cabriès et Calas. Sa liste s’oppose aussi au projet de sortie d’autoroute à Bouc-Bel-Air qui « aggraverait les conditions de circulation à Calas, alors qu’il y a déjà des bouchons catastrophiques. » La sécurité est le dernier point central du programme. Selon le candidat « il y a eu une explosion ces dernières années des cambriolages ». Et de proposer un renforcement des effectifs de police municipale, plutôt que de la vidéosurveillance. Pour une liste que le candidat mène sans étiquette : « Parce que les personnes qui m’entourent sont de tendances très diverses mais sont fédérées par un projet qui consiste à protéger Cabriès Calas et à redonner naissance au centre du village ».

    Réunion de présentation le 16 janvier à 19h au Domaine de la Guérine.

  • Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Le BUS, une infrastructure routière qui fait grand bruit

    Alors que le collectif CANBUS s’active et mobilise pour empêcher le prolongement du Boulevard Urbain Sud (un linéaire prévu sur 8,5 km de l’échangeur Florian jusqu’à la traverse Parangon) et épargner le jardin de la Mathilde, les jardins familiaux Joseph-Aiguier et la pinède du Roy d’Espagne, la Métropole lance un marché pour poursuivre l’isolation acoustique des bâtiments impactés sur les 3 km de la section livrée en 2021 jusqu’au boulevard de Sainte Marguerite.

    A ce jour, les menuiseries de 126 logements ont déjà été remplacées via un dispositif de subventions que la Métropole veut étendre. Pour s’assurer de l’impact réel de l’infrastructure décriée, une mise à jour en juin 2021 de l’étude acoustique de 2016, a mis en évidence « la nécessité de traiter 570 bâtiments supplémentaires par rapport aux 117 bâtiments initialement prévus » et ce en dépit de 5 kilomètres de murs de clôture acoustiques déjà posés.

    La réglementation impose au maître d’ouvrage des mesures de protection en cas de dépassement des seuils de 60/65 décibels le jour (6h-22h) et 50/55 décibels la nuit (22h-6h). Pour donner un ordre d’idée, le niveau sonore à moins de 8 mètres d’un véhicule roulant à 50 km/h se situe autour de 70/75 décibels. La somme de 10 véhicules augmente le niveau de bruit global de 10 décibels, soit 80/85 décibels. Le bruit montant, sa perception est amplifiée aux étages. D’où l’isolation acoustique des façades proposée.

    Un trafic encore sous-estimé

    Autre problématique soulevée, la sous-estimation du trafic pris en compte dans les études. Si du côté de l’A50, il est projeté que le BUS passerait de 40 000 véhicules/jour en 2021 à près de 49 000 en 2040, il était observé en 2021 que du coté de Sainte Marguerite (où les travaux d’aménagement d’un rond-point débutent), le BUS était déjà parvenu à son niveau projeté de trafic 2040 avec près de 28.000 véhicules/jour. « Il est donc possible que le trafic sur le BUS soit sous-estimé sur certaines sections », analyse l’étude de 2021 qui recommande de « refaire une étude de trafic pour mieux apprécier les trafics de long terme, voire de majorer les isolements des bâtiments à traiter dans cette éventualité, surtout que le BUS doit être prolongé vers le sud, ce qui risque d’induire des trafics supplémentaires. »

    D’où la possibilité qui est donnée de réaliser de nouvelles mesures acoustiques par logement « à la demande des propriétaires notamment au regard d’une éventuelle évolution du trafic routier », propose la Métropole.

  • Les jeunes placés de Bois Fleuri reçus au Département

    Les jeunes placés de Bois Fleuri reçus au Département

    « On voulait surtout que la date de fermeture du centre de Bois Fleuri soit décalée, mais je pense que ça n’arrivera pas. » Shayma, l’une des jeunes majeures hébergées dans les appartements de la maison d’enfants à caractère social (Mecs) Bois Fleuri, se désole que le rendez-vous ce vendredi au conseil départemental 13 n’ait pas changé la donne. La fermeture de la structure, prévue ce lundi, a été annoncée le 10 décembre par un arrêté départemental pour cause d’« encadrement défaillant mettant en danger ces enfants », expliquait le Département dans nos colonnes le 18 décembre.

    Cette fermeture est jugée précipitée pour les 18 jeunes du service autonomie de la Mecs qui ont décidé de s’organiser pour se faire entendre. Ce vendredi, Shayma, 19 ans et Yassmine, 18 ans ont donc été reçues par le conseil départemental 13. « On voulait juste changer de date [de fermeture], explique Shayma. Là c’est juste avant les fêtes. C’est terrible parce qu’on n’a pas forcément de famille et donc on comptait faire un petit truc tous ensemble. » Un report impossible pour le Département car ils « ne peuvent pas mettre d’autres salariés en place tant que l’enquête est en cours ». Lors de ce rendez-vous, le Département a donc réaffirmé que les 18 jeunes du service autonomie devraient quitter leur appartement dès lundi.

    Les deux filles comprennent cependant la nécessité de la fermeture, mais déplorent la façon dont elle a été organisée. « Il y a eu un manque de communication, et ils nous préviennent seulement 10 jours en avance. C’est du manque de respect, se désespère Yassmine. C’est une situation qui nous stresse tous beaucoup. Surtout que certains d’entre nous ont des fragilités psychologiques à cause de nos différentes histoires », explique la jeune fille qui avait retrouvé une certaine stabilité psychologique avec cet hébergement.

    Les jeunes filles ont également plaidé pour que des solutions de relogement qui répondent aux besoins de chacun soient proposées. Une demande qui a été entendue pour Yassmine qui, quelques minutes après le rendez-vous, s’est vu proposer un logement « dans la même résidence que mon logement actuel », annonce-t-elle à son amie émue. Mais certains jeunes dénoncent l’état des logements proposés… « On ne veut diaboliser personne, on sait qu’au sein de l’aide sociale à l’enfance beaucoup essayent de faire au mieux. Mais on ne veut pas que d’autres jeunes aient à vivre la même situation stressante », explique Yassmine.

  • Un incendie dans les taudis de l’Agrasc à Marseille

    Un incendie dans les taudis de l’Agrasc à Marseille

    Un incendie s’est déclaré dimanche à 5h du matin dans une chambre d’un ensemble immobilier insalubre et en péril, situé 85 boulevard Viala (15e). L’édifice a été confisqué par la justice en janvier 2024 au marchand de sommeil, Gérard Gallas, un ancien flic de la police aux frontières qui purge une peine de 4 ans ferme pour soumission de personnes vulnérables à des conditions d’habitat indignes.

    « Mon voisin a tapé à la porte et crié », raconte Fahar Mze qui vit au-dessus. « Quand on est descendu, on a vu un monsieur qui essayait d’éteindre mais le feu était trop fort. Avec la fumée, il a perdu la connaissance. J’ai ramené deux ou trois seaux d’eau. Ma femme s’est mise à l’abri. On ne pouvait rien faire, on a appelé les pompiers qui sont venus en 7 minutes. Tout ça fait vraiment peur. On se sent en danger. On est toujours dans l’inquiétude. » Une seule personne aurait été évacuée et relogée.

    « Depuis bientôt deux ans nous alertons »

    L’événement a replongé dans l’angoisse la vingtaine d’habitants de cette courée ouvrière qui seraient abandonnés sans le secours associatif. Propriétaire du site, l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc), est dans l’attentisme. Un rapport du Service communal d’hygiène et de santé a bien été transmis à l’Agence régionale de santé mais à ce jour aucun arrêté préfectoral de traitement de l’insalubrité n’est pris. Ce n’est pourtant pas faute pour le collectif Réseau Hospitalité d’avoir sonné l’alarme (La Marseillaise du 31 octobre 2025). « Depuis bientôt 2 ans nous alertons les services de l’État de la dangerosité de ce lieu et des terribles conditions de vie des habitants », explique Margot Bonis, chargée de Mission Droits et Accès aux Droits du collectif dans un courrier adressé à l’Agrasc, à la Ville et à la Métropole.

    Les autorités connaissent bien cet édifice expertisé, photographié sous toutes ses coutures, mais rien ne se passe. Sous la pression du collectif et d’avocats mobilisés, un arrêté de péril avec interdiction partielle d’occuper a été pris le 29 octobre, qui a entraîné l’évacuation de 4 logements et le relogement par la Ville des occupants. « Quand comptez-vous intervenir réellement pour assurer la sécurité des personnes, responsabilité qui incombe à l’Agrasc, propriétaire du lieu ? Aujourd’hui nous sommes consterné.es d’en arriver à devoir gérer les lendemains d’un incendie alors que toutes les alertes ont été faites », déplore Réseau Hospitalité.

    Interrogée mardi, l’Agrasc n’a pas encore répondu. Sa réponse au collectif en octobre était celle de l’impuissance : « Nous n’avons pas les moyens d’engager des travaux de rénovation. Une enveloppe de 200 000 euros pour la seule reprise de l’électricité serait une rustine car l’immeuble nécessite une réhabilitation totale. » Faudra-t-il un mort, calciné dans une chambre pour que Bercy et la place Vendôme se décide à évacuer et à reloger ?

  • Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un commerçant de Belsunce a été reconnu coupable, ce lundi, d’« aide au séjour irrégulier » et « travail dissimulé commis à l’égard d’une personne vulnérable », en l’espèce une ressortissante des Philippines qu’il avait fait venir en 2014, à Marseille, et qu’il a exploitée sans contrat de travail pour la virer en 2019.

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille a infligé à Thomas B., 57 ans, une peine de 180 jours-amendes à 270 euros, ce qui revient à verser 48 600 euros au Trésor public, ou bien à effectuer six mois de prison ferme, le tout assorti d’une interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans, « compte tenu de la réitération des faits pendant plusieurs années commis au préjudice d’une personne vulnérable ». Le tribunal a confisqué au prévenu une créance de 28 654 euros saisie sur le produit de la vente d’un immeuble. Constituée partie civile, la victime qui a obtenu depuis un titre de séjour, s’est vu allouer 4 000 euros pour son préjudice moral et 2 500 euros pour ses frais de justice.

    Une vaine promesse d’obtention de papiers

    Après une rencontre sur l’application d’appel vidéo Skype suite à une offre d’emploi qu’il avait diffusée sur son compte Facebook, Thomas B. avait financé le voyage en autocar, depuis Milan, de cette jeune femme de nationalité philippine, alors âgée de 31 ans et qui se trouvait à Dubaï. Il l’avait accueillie à Marseille en avril 2014, promettant de lui obtenir des papiers de régularisation. Au départ, il l’avait affectée à vendre des vêtements dans sa boutique, à Belsunce, la rémunérant 100 euros par semaine tout en la logeant gratuitement. Après un mois, il l’avait affectée, pour les mêmes conditions salariales, au ménage de son domicile, s’occupant aussi de l’enfant du couple, et au nettoyage après travaux d’un appartement détenu par sa mère, allée Léon-Gambetta, destiné à la location Airbnb, dont elle allait ensuite gérer l’aménagement, la propreté et la gestion des clients pendant près de sept mois.

    En janvier 2015, il l’avait affectée au nettoyage, à la gestion et à l’intendance des 23 logements de la résidence universitaire que ce chef d’entreprises gérait au 5 boulevard Dugommier (1er). à l’audience, le prévenu a reconnu qu’elle était la « déléguée de locataires, responsable dans les colocations pour faire régner la propreté » et « faisait du ménage un peu partout ». Il est établi aussi qu’il l’a fait travailler dans son restaurant de la rue Longue-des-Capucins. La victime, complètement isolée en France, expliquait avoir travaillé dans l’espoir d’être régularisée et n’avait jamais obtenu de contrat de travail malgré ses demandes. Le prévenu a fini par la virer en janvier 2019 au motif qu’elle avait passé une nuit ailleurs. Selon la jeune femme, il l’a expulsée, a changé la serrure de sa chambre, a pris tous ses documents et supprimé ses e-mails de son ordinateur.

    Le conseil des prud’hommes, qu’elle a saisi en 2021, a considéré qu’« incontestablement », elle gérait contre rémunération depuis 2015 et sous ses ordres la location en Airbnb, et des appartements de la SCI du prévenu à des étudiants étrangers.

    Entendu par les enquêteurs, le prévenu s’est présenté en bon Samaritain, déclarant avoir sans cesse aidé la jeune femme, présentée comme une « fille au pair », en lui offrant « une chambre qu’elle ne payait pas pendant 5 ans » et un pécule hebdomadaire d’une centaine d’euros en guise d’argent de poche. « Elle a rendu service. Ce n’est pas travailler. » « Je lui ai procuré une vie bien meilleure que ce que l’État offre aux sans-papiers. » Il prétendait l’avoir « entretenue comme une maîtresse », lui avoir permis de mener « une vie de princesse ».

    S’agissant de la résidence étudiante, « elle s’en occupait quand je devais m’absenter. Comme elle vivait dedans, je lui ai délégué la gestion en mon absence. Il n’y avait pas de travail défini. Je lui demandais d’aller récupérer des clés, de changer un nom sur une boîte aux lettres, bref, des petits services. Je la logeais gratuitement et elle me rendait service, c’est tout ». Il ajoute, pour parfaire le cynisme : « Pour moi, j’ai sauvé cette femme de sa situation en Italie, de dormir par terre, de garder un bébé pour 100 euros par mois, de vivre comme une esclave. »

    Le prévenu a revendu en 2021, pour 1,2 million d’euros, sa résidence de locations pour étudiants et réinvestit en Angleterre, où il gère notamment une société qui possède huit appartements de vacances dans le Yorkshire.

  • Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Au conseil municipal d’Istres, les dernières passes d’armes avant les élections

    Les affaires courantes sont passées au second plan du conseil municipal, qui s’est transformé en tribune politique ce mercredi 3 décembre. À quelques mois des échéances électorales, la dernière séance de l’année aura mis plus d’une heure à démarrer.

    En cause, notamment, la rave party qui a tenté de s’installer sur le parking de l’Usine samedi soir avant d’être délogée par les forces de l’ordre. « Face à eux environ 1000 personnes ayant pénétré par effraction sur le site en ruine (…) au mépris de tous les dangers », relate le maire (DVG) François Bernardini, qui a tenu à remercier les agents de police qui ont subi quelques dégâts matériels et de légères blessures pour neuf d’entre eux suite à des jets de projectiles.

    D’habitude très discret, le conseiller municipal d’opposition Grégory Gabanou en a profité pour sortir du bois, lui qui a rallié la liste RN du Vauclusien parachuté Damien Broc, et attaquer la municipalité sur la prétendue explosion de l’insécurité à Istres. Les chiffres présentés par la compagnie de gendarmerie départementale locale pour 2024 ne vont pourtant pas dans ce sens : ils pointent une hausse de la délinquance concernant les atteintes aux biens à Sausset-les-Pins, Saint-Chamas et Rognac, mais une baisse des violences aux personnes dans la circonscription (-13,4%), des troubles à l’ordre public et de l’insécurité routière.

    Un accord préalable signé avec Hynaéro

    Entre le maire et son principal opposant Robin Prétot, candidat (LR) aux municipales, la passe d’armes s’est faite, sans surprise, autour du développement de la Ville. François Bernardini a annoncé signer dans l’après midi l’accord préalable à la conclusion des baux avec Hynaero qui s’installera sur le pôle aéronautique Jean Sarrail, une étape préalable pour obtenir le permis de construire de cette usine d’assemblage du dernier bombardier d’eau qui devrait créer 700 emplois. « Cela me permet de rappeler le besoin de logements exigés par cette société, a lancé l’édile. Les constructions qui vont remplacer la Bayanne de l’autre côté de la voie rapide répondront à cette exigence. Nous ne construisons pas par plaisir ni par copinage mais par nécessité. »

    Robin Prétot de répondre : « Ça fait 15 ans que vous dites la même chose. À l’époque c’était pour Stratobus qui allait arriver, on n’a pas arrêté de construire des logements, les usines n’ont pas suivies. Je réitère mon regard (…) : il va falloir que l’offre de logements suive l’arrivée des salariés. (…) Il faut aussi penser les industries par le biais de la mobilité, c’est un enjeu d’attractivité pour notre territoire. »

    Olivier Mayor tire sa révérence

    Au-delà des débats politiques, que les candidats aux municipales avaient pourtant refusés dans une forme officielle suite à la proposition de Robin Prétot, cette dernière séance a aussi été l’occasion pour Olivier Mayor de tirer sa révérence. Le conseiller municipal (DVC), ancien adjoint aux finances de la majorité, a annoncé qu’il ne serait « pas candidat ni présent sur une liste ». Le juriste de profession a « servi la ville pendant trois mandats », mais a expliqué ne pas être fait pour « être subordonné ou adjoint ou derrière un politique, c’est presque contre-nature », avant de citer Ayrton Senna : « Je ne suis pas conçu pour être deuxième ou troisième, je suis conçu pour driver, pour gagner. »

    Avant de claquer la porte du conseil municipal, l’élu a affirmé toujours estimer que François Bernardini reste « largement au-dessus du lot », et lui a apporté son soutien, non sans une pointe d’amertume : « S’il n’était pas reparti, j’aurais brigué les suffrages pour devenir maire de notre ville. »

  • Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    À la Beaucaire, 4 300 habitants répartis dans 1 761 logements, la question du chauffage revient chaque hiver. Mobilisés en 2023 contre la hausse de 40% des factures d’eau chaude et de chauffage, ce ne sont pas les prix -qui n’ont pas baissé- qui suscitent la colère des habitants cette fois, mais la température des logements. « Beaucoup de résidents ont froid. La situation est inégale selon les bâtiments, étages et appartements. Souvent, la régulation du chauffage collectif à 20°C (18 la nuit) ne permet pas d’atteindre 19°C », dénonce le Groupement d’action des locataires de la Beaucaire (Galb), qui a réuni trente personnes mercredi au pied de la tour 80. Alors que l’hiver s’installe, « dans les tours 78,79 et 80, le chauffage est hors-service dans les salles de bains depuis des années, provoquant des moisissures alors que les locataires payent. Dans les tours 81 et 82, des salles de bains sont sans chauffage malgré les travaux de 2023 », déplore le collectif. « Le radiateur de ma salle de bains, installé en 2012, ne fonctionne que depuis deux jours, grâce à de nouveaux travaux », note sa présidente, Sara Rozas Millan, 71 ans, locataire de la tour 81 depuis 27 ans.

    Ateliers de concertation

    Celle-ci dénonce une situation qui ne peut plus durer : « On a vécu ici avec beaucoup de problèmes, l’ascenseur notamment. On paye le chauffage au m² alors qu’on a des pièces non chauffées. On a de gros problèmes d’isolation. On veut un chauffage égal et constant pour tout le monde », lance cette ancienne aide-soignante à la retraite depuis deux ans. Mais aussi « pouvoir monter au-dessus de 19 degrés dans certaines pièces, et que les salles de bains soient enlevées des charges de chauffage pour les tours 78/79/80 », exige le groupement.

    Le bailleur social Toulon Habitat Méditerranée (THM), que le Galb doit à nouveau rencontrer le 9 décembre, indique, via son directeur de la gestion urbaine Julien Amoruso, que « la sonde extérieure, qui sert à réguler, déclenche le chauffage selon la température mais celui-ci ne se ressent pas de suite. J’ai demandé aux services techniques d’anticiper, il y travaille. »

    Selon lui, les travaux entrepris ne sont pas vains : « Des relevés dans des logements indiquent entre 19,5°C et 22,7°C. Les désordres sont localisés. L’amélioration des courbes de température gérées par le prestataire a permis de réchauffer. » Quant à l’isolation, « les DPE sont classés C à 70%, le reste D. On ne peut signaler une mauvaise isolation. Néanmoins, le ressenti ne se règle pas techniquement mais en écoutant les besoins. On peut ajuster la température selon les heures passées à domicile. C’est ce qu’on veut proposer via des ateliers de concertation. En réhabilitation, on planche sur un plan stratégique du patrimoine pour redéfinir les besoins au regard de la vétusté des bâtiments. La Beaucaire sera sûrement prioritaire », conclut Julien Amoruso.