Tag: Liquidation judiciaire

  • Fibre Excellence : « Ni fermeture ni abandon » pour la CGT

    Fibre Excellence : « Ni fermeture ni abandon » pour la CGT

    « Si la liquidation du site de Tarascon devait être confirmée, une lourde responsabilité politique reste incontournable : celle d’un État qui refuse d’assumer son rôle de stratège industriel alors même qu’une solution de reprise existe » : le message de la CGT alors que le tribunal de commerce doit rendre sa décision ce mardi.

    L’audience de lundi, qui a retoqué la proposition de reprise portée par Matthieu Pigasse et affirmé qu’aucune offre existait pour le site de Tarascon, avant de vouloir examiner une nouvelle offre pour Saint-Gaudens, a provoqué une « profonde inquiétude et révolte » de la CGT.

    « Depuis des mois, les salariés et leurs représentants ont accompli un travail considérable pour préserver l’activité et ils ont contribué à bâtir un projet industriel crédible, à identifier un repreneur français solide, à élaborer un plan de diversification de l’activité et à sécuriser des engagements financiers », martèle le syndicat avant d’asséner : « Là où l’État aurait dû être moteur, ce sont une nouvelle fois les salariés qui ont pris leurs responsabilités ».

    Pour la CGT, l’affaire dépasse le seul cas de Fibre Excellence. Elle y voit un « abandon préoccupant » de l’État face aux fermetures industrielles et aux délocalisations des productions à l’étranger et souligne l’importance de la filière bois-papier-carton, « tant du point de vue industriel qu’environnemental ».

    Elle appelle donc l’État à utiliser le délai accordé pour le site de Saint-Gaudens « pour rechercher toutes les solutions permettant de consolider le projet industriel » et « d’empêcher la disparition du site de Tarascon ». Sans quoi, le syndicat prévoit de soutenir pleinement les mobilisations à venir.

    Andréa Goyard-de Castro

  • Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Pour les salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ce lundi marque une entrée en résistance. Le tribunal de commerce de Toulouse a requis, lundi matin, la liquidation judiciaire de l’usine de pâte à papier occupée (lire ci-contre), depuis jeudi. Près de 270 emplois directs et plus d’une centaine d’intérimaires et de sous-traitants sont directement concernés par cette liquidation. Pour l’ensemble de la filière bois-papier, l’activité représente entre 8 000 et 10 000 emplois induits, du bûcheronnage au bobinage.

    Autant d’enjeux que les salariés du site de Tarascon sont allés porter à la sous-préfecture d’Arles, lundi matin, alors même que le sort de leur usine se décidait à 300 km de là. Après moins d’une heure de rendez-vous, c’est le point mort. « Nous n’avons pas eu de réponse. L’État attend une décision du tribunal, mais comme vous le savez, le tribunal attend une décision de l’État », ironise Florian Berthon, délégué FO de l’usine. L’accueil lui-même est dénoncé par René Sale, de l’Union départementale FO. « Ni la sous-préfète, ni sa secrétaire n’étaient là. Quand il y a le feu à Tarascon, on peut déplacer son agenda », tance-t-il à l’égard des représentants de l’État, auxquels il demande de « nationaliser de manière provisoire » Fibre Excellence, comme « issue immédiate à ce scandale d’État ».

    Jonathan Bastid, du syndicat Filpac-CGT de Tarascon, est revenu sur la possibilité de « prendre un arrêté pour rehausser le prix du mégawattheure d’électricité » produit par l’usine pour ses propres besoins et dont elle réinjecte l’excédent dans le réseau. Une mesure « comme pour la centrale de Gardanne » complète-t-il. « Si c’était fait, cela permettrait à notre usine de repartir. Il suffit de ça ! », martèle le syndicaliste. « Plus de 300 personnes vont se retrouver au Pôle emploi d’Arles sinon. Il faut que l’État prenne ses responsabilités. On était une entreprise indispensable pour sauver la France durant le Covid, mais aujourd’hui, on est abandonnés. »

    Sauver l’usine

    pour sauver des vies

    Sauver Fibre Excellence, c’est littéralement sauver des vies, à écouter les salariés rassemblés. « Des vies se sont construites autour de l’usine, quand on croise nos collègues, on a toujours un petit mot. Moi, j’ai mon surnom. On est des collègues, des amis », illustre Thierry Boldrinei, opérateur sur le parc à bois. « Mon père travaillait dans cette usine. Pour d’autres, c’est même la 4e génération qui y travaille. On connaît tous quelqu’un qui a connu nos pères et nos grands-pères », poursuit-il, les yeux humides.

    Une culture ouvrière marquée par l’attachement à l’outil de travail. « On est habitués à notre usine et à nos salaires, on a galéré pour y rentrer », rappelle Khaled El Hajjouji, « 25 ans de boîte » et opérateur process sur la ligne de fibres. « Des usines qui payent comme ça, il n’y en a plus dans le coin », considère-t-il. Son illustration du drame social qui pèse sur les salariés est singulière : « Quand j’emmène mon fils de 3 ans à la crèche, je suis obligé de passer à côté de l’usine. À chaque fois, il me dit : “ça fume !”. Mais depuis six mois, il me demande pourquoi ça ne fume plus ». Pire, « mes autres enfants me demandent si on va vendre la maison, peuchère. Je leur dis qu’on va redémarrer, je reste fort ».

    « Dès qu’on a su qu’on était en redressement, c’était l’angoisse. On avait toujours des solutions, mais là, c’est le coup de semonce », renchérit son collègue, Thierry Boldrinei. « On est que des salariés. Mais si on part en liquidation, on bloquera tout. On embarquera pas nos outils de production comme ça ! », assure Khaled El Hajjouji.

    L’impact d’une liquidation sur la filière et le territoire peut se mesurer à ce qui a déjà pu être observé par le passé. « C’est mon 2e licenciement en deux ans, après Smurfit Kappa au Pontet », peste Hubert Costa, manifestement en colère. L’ancien salarié de l’entreprise spécialisée dans l’emballage en carton et papier, aujourd’hui affecté au mélange de la pâte à papier, ne s’imagine pas « repartir à zéro avec trois enfants », après « des années d’intérim pour un CDI qui dure deux ans chez Smurfit, et deux ans à Fibre Excellence pour obtenir un nouveau CDI que j’ai signé qu’en janvier ». Une « double peine » qui se profile pour le travailleur. « Le chômage et plus de mutuelle. Comment je vais faire pour mes enfants si je perds l’emploi et le droit à la santé ? », s’inquiète-t-il.

    Cette colère promet d’être le moteur de la lutte sociale à venir. « Pour l’instant, les choses se sont passées calmement », observait René Sale (FO) à la sortie du rendez-vous en sous-préfecture. « Mais la violence de la décision politique du gouvernement de ne pas sauver la filière et les emplois met en danger les populations de Tarascon, Beaucaire et Arles », considère-t-il. La Filpac-CGT du site inscrit son occupation « dans la durée » depuis la « mise en sécurité » des installations, jeudi dernier.

  • Fibre Excellence : un rapport étaye les conditions de la reprise

    Fibre Excellence : un rapport étaye les conditions de la reprise

    « Il appartient désormais à la puissance publique de prendre les décisions permettant que ce risque repose sur l’économie du projet, et non sur les déséquilibres qu’elle peut elle-même corriger », estime un cabinet d’expertise indépendant, dont le nom n’a pas été communiqué, dans la conclusion d’un rapport commandé par les organisations représentatives des salariés de Fibre Excellence à propos de l’offre de reprise formulée par Combat Holding, dirigée par le milliardaire Matthieu Pigasse. Pour rappel, le lundi 27 juillet, elle sera examinée par le tribunal de commerce de Toulouse.

    Des données qui confirment donc les demandes formulées par les repreneurs et les représentants syndicaux, ces dernières semaines. « Tout est dans les mains de l’État », confiaient-ils lors de la dernière assemblée générale, le mardi 7 juillet dernier, sur le site de Tarascon. Leurs revendications portent sur une revalorisation du prix de l’électricité, un meilleur accès au bois utilisé pour fabriquer la pâte à papier, ainsi que sur la réintégration des quotas carbone.

    Dans les dernières pages du document, que La Marseillaise a pu en partie consulter, ce besoin est même chiffré. L’Ebitda, indicateur financier qui mesure la rentabilité du cycle d’exploitation d’une entreprise, serait déficitaire de 45,8 millions d’euros, avec le modèle actuel, sur une période de 2026 à 2030, sans projet de reprise. Le seul apport du projet industriel, avec « des produits à plus haute valeur ajoutée » pour 9,5 millions d’euros, « l’amélioration du bilan énergétique » pour 1,8 million d’euros, ainsi que la « réduction des coûts de maintenance et de fonctionnement » pour 9 millions d’euros, permet d’apporter 20,3 millions d’euros. Pas suffisant donc.

    « Conditions essentielles »

    Restent donc les « conditions essentielles à la réussite de l’offre de reprise », comme elles sont évoquées dans le rapport. La « réintégration et proratisation aux quotas CO2 » permettraient de dégager 30,2 millions d’euros. Pour la valorisation de l’électricité, le bénéfice estimé est de 25,5 millions d’euros. Mais surtout, le cabinet estime que « le différentiel lié au coût du bois constitue désormais le principal facteur de fragilité du projet de reprise ». Une aide temporaire sur cette question, une mise en œuvre de recherches « afin de rétablir la hiérarchie des usages du bois et de limiter la concurrence entre bois industrie et bois-énergie », ainsi que l’augmentation progressive des volumes de bois issus de forêts publiques permettraient, à elles seules, de dégager pas moins de 56,3 millions d’euros. Si toutes les conditions sont réunies, l’Ebitda final serait ainsi positif de 86,5 millions d’euros.

    « Les décisions restant à prendre ne visent pas à créer artificiellement de la rentabilité, mais à restaurer un environnement concurrentiel compatible avec la réalité économique de la filière », pointe le rapport, qui rappelle que « à défaut, le juge prononcera la liquidation judiciaire ».

  • Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Le silence a remplacé le bruissement des pages. Ce vendredi 3 juillet, le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Sauramps, refermant une histoire commencée en 1946 et transmise de génération en génération de lecteurs. Dans les couloirs du tribunal, comme devant les vitrines désormais figées, la stupeur avait pourtant quelque chose d’attendu : depuis des mois, la grande librairie du Triangle se vidait, ses rayons se clairsemaient, ses salariés travaillaient dans l’incertitude et les clients cherchaient en vain les nouveautés qui ne pouvaient plus être commandées.

    Placée en redressement judiciaire à la mi-juin, l’enseigne n’aura bénéficié que d’un court sursis. Aucun repreneur crédible ne s’est manifesté. Les pertes, évaluées autour de 4 millions d’euros, ont emporté les derniers espoirs d’un plan de continuation. À Montpellier, 48 salariés sont concernés. À Alès, six autres voient disparaître une librairie ouverte depuis vingt-quatre ans. Derrière le mot froid de « liquidation », il y a des métiers, des visages, des conseils donnés entre deux étagères, des paquets cadeaux de fin d’année, des livres glissés entre deux générations.

    Dans un message d’adieu publié par les équipes, l’émotion affleure à chaque ligne. « Après 80 ans d’existence au cœur de Montpellier et 24 ans au cœur d’Alès, les librairies Sauramps tournent une page avec beaucoup d’émotions », écrivent les salariés, remerciant « lectrices, lecteurs de tous âges, de tous horizons » pour leur fidélité, et saluant « le travail formidable des libraires » qui ont partagé leurs coups de cœur « avec passion ».

    Un gâchis social et culturel

    Sauramps n’était pas seulement un commerce. C’était une adresse populaire du livre, un lieu où l’on venait flâner, choisir un roman, chercher un manuel, discuter d’un auteur, croiser la ville. Sa disparition dit quelque chose de la fragilité d’une culture de proximité quand les charges explosent, quand les locaux vieillissent, quand les grandes plateformes imposent leur rythme et quand les pouvoirs économiques laissent les salariés porter seuls l’angoisse de l’effondrement.

    Après la décision du tribunal, la Région Occitanie et Montpellier Méditerranée Métropole ont assuré rester « plus que jamais mobilisées pour l’avenir de Sauramps ». Carole Delga, Michaël Delafosse et Christian Assaf disent apporter leur « soutien renouvelé » à la direction comme aux salariés « durement touchés ». Surtout, les collectivités veulent maintenir une perspective : « l’histoire de Sauramps n’est pas terminée », affirment-elles, en indiquant travailler depuis plusieurs semaines à un nouveau projet porté par David Lafarge, directeur général du groupe, en lien avec l’actionnaire principal François Fontès.

    L’enjeu est désormais de construire, « dans les prochaines semaines », une offre de reprise autour d’un projet « largement repensé et économiquement viable ». Plusieurs scénarios seraient en cours. La Région et la Métropole promettent d’accompagner cette reprise si elle se concrétise, au nom d’une marque jugée « emblématique » de la politique du livre à Montpellier et du rayonnement culturel régional. Une lueur, donc, mais qui ne doit pas masquer la violence du jour : 54 salariés se retrouvent au bord du vide.

    Le commerce fragile des idées

    La chute n’est pas née d’hier. Déjà sauvée en 2017 après un précédent redressement judiciaire, la librairie avait été reprise par l’architecte montpelliérain François Fontès, via Amétis. Depuis, plusieurs tentatives de relance n’ont pas suffi. Ces derniers mois, l’absence de trésorerie, les difficultés d’approvisionnement, le poids du magasin du Triangle et la perte progressive de confiance ont transformé l’institution en navire à quai. Même la Comédie du livre, rendez-vous historique du paysage littéraire montpelliérain, s’est déroulée sans elle cette année : un symbole de trop.

    Cette liquidation s’inscrit dans un secteur déjà secoué : Gibert, Furet du Nord, Decitre… les grandes enseignes du livre physique traversent une zone de tempête. Mais à Montpellier comme à Alès, la blessure est singulière. Sauramps faisait partie du décor mental des villes, de ces lieux où la culture se feuillette sans rendez-vous. Une librairie n’est jamais seulement une caisse enregistreuse : c’est un service public sans statut, tenu par des salariés passionnés, souvent peu payés, mais essentiels à la circulation des idées.

    Ce vendredi de juillet, l’année des 80 ans de Sauramps s’achève donc sur une liquidation. Peut-être pas sur une disparition totale, si le projet de reprise annoncé par les collectivités aboutit. Mais la page qui se tourne aujourd’hui, elle, est bien réelle : écrite non par les lecteurs, mais par les comptes, les loyers, les choix de gestion et l’impuissance collective à préserver, à temps, un bien commun. À Sauramps, les livres n’ont jamais manqué d’histoires. En espérant que la sienne puisse encore trouver une fin heureuse.

  • Mini Green Power lance un appel à repreneurs

    Mini Green Power lance un appel à repreneurs

    Le combat continue pour Mini Green Power (MGP). Placée en liquidation judiciaire avec continuité d’activité depuis avril, la start-up hyéroise, spécialisée dans la conception et la réalisation de petites centrales modulaires visant à transformer les déchets locaux en énergie bas carbone et en biochar (matériau permettant de capturer le carbone dans le sol et de lutter contre les émissions de CO2) veut encore croire à sa survie.

    Une situation qu’elle impute à la rupture de son principal partenariat commercial avec l’entreprise Suez, qu’elle a décidé d’assigner en justice. Créée en 2014, revendiquant 11,2 millions d’euros de chiffres d’affaires et 2 millions d’euros de bénéfice en 12 ans, « la société était en plein décollage avec plus de 55 millions d’euros de commandes signées. Elle prévoyait de réaliser 9 millions d’euros de CA en 2026, 20 en 2027 et espérait dépasser les 300 en 2031. Cet élan a été coupé par un changement de stratégie chez Suez alors que le partenariat était en plein déploiement », dénonce-t-elle. Cela se serait matérialisé par le non-paiement de la totalité d’un contrat estimé à 53,5 millions d’euros par Suez, et l’annulation d’un deuxième contrat à 50 millions qui découlait du premier. MGP soupçonnait par ailleurs Suez de vouloir attendre sa faillite « pour bénéficier gratuitement des 38 brevets constituant [sa] technologie innovante ».

    Des discussions mais

    rien n’est encore ficelé

    Des faits que conteste Suez, dont la direction affirmait en avril dans nos colonnes avoir mis fin au partenariat « face aux dérives constatées des coûts et du calendrier », arguant avoir réglé « l’intégralité des sommes dues à MGP dans le respect des contrats signés, y compris à l’issue de la résiliation », et affirmant que « les brevets de MGP restent en particulier la propriété de cette société ».

    Déjà sujette au redressement en 2023 suite à un incendie dans son atelier, l’entreprise, qui emploie 22 personnes (18 CDI, 4 contrats d’alternance), a lancé, le 11 juin, un appel à repreneurs qui court jusqu’au 2 juillet. « Je suis persuadé que l’entreprise peut rebondir : nous disposons de 38 brevets valables dans 10 pays, d’une équipe de collaborateurs experts et d’une technologie validée dans un secteur en pleine croissance. L’équipe est unie et très engagée », soutient Jean Riondel, son fondateur-dirigeant. Ce dernier souhaite ainsi poursuivre l’aventure avec « un repreneur désireux de poursuivre le développement de l’entreprise et de servir les clients prêts à s’engager dans la décarbonation grâce à notre technologie ».

    Alors que la procédure de liquidation se poursuit jusqu’au 2 septembre, MGP dit être entré en discussions avec plusieurs entités, même si pour l’heure, rien n’est encore ficelé. « Douze années de travail ont construit quelque chose de réel à haute valeur ajoutée à moyen et long terme. La planète a besoin de technologies ambitieuses et propres. La France a besoin de solutions concrètes pour ses déchets, ce besoin est universel », appuie Jean Riondel, déterminé à trouver une solution pérenne.

  • Les entrepreneurs en difficulté peuvent aussi compter sur « ma tante »

    Les entrepreneurs en difficulté peuvent aussi compter sur « ma tante »

    Problèmes de trésorerie, besoin de financement, liquidation judiciaire : le premier « petit-déjeuner anti-crise » du Crédit municipal de Marseille a réuni, jeudi, plusieurs acteurs de l’accompagnement des entrepreneurs. L’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), la CCI Aix-Marseille-Provence et l’association 60 000 Rebonds ont présenté les dispositifs mobilisables à chaque étape de la vie d’une entreprise.

    À la naissance d’un projet, l’ADIE propose un microcrédit professionnel aux créateurs qui n’ont pas encore accès au financement bancaire. Ensuite, la CCI accompagne le développement de l’entreprise. « On est souvent déclenché trop tard, dans la difficulté », note Nathalie Prenat, chef de projet entreprises en difficulté. Pour répondre à un besoin immédiat de trésorerie, le Crédit municipal met en avant le prêt sur gage. « Si vous disposez chez vous d’un bien de valeur (…), on l’estime et on vous prête immédiatement la somme d’argent proposée », explique son directeur général, Benoît de Rosamel.

    Accompagner le dirigeant

    Lorsque l’activité cesse, après une liquidation judiciaire, l’association 60 000 Rebonds prend le relais. « On accompagne le dirigeant, l’entreprise est terminée, mais le dirigeant est au milieu de son parcours », souligne le directeur Valentin Depledt. L’association propose un accompagnement gratuit par des experts et indique que 84% des entrepreneurs accompagnés rebondissent vers un nouveau projet.

  • Liquidation judiciaire pour Solution 30

    Liquidation judiciaire pour Solution 30

    De quoi mettre sur le carreau les 130 salariés, dans la région, de ce sous-traitant d’Orange.
    La CGT FAPT et la CFDT organisaient un rassemblement devant la juridiction, demandant notamment des comptes à la maison-mère luxembourgeoise.

  • Matthieu Pigasse, sauveur surprise de Fibre Excellence

    Matthieu Pigasse, sauveur surprise de Fibre Excellence

    C’est un rebondissement inattendu dans le dossier Fibre Excellence et ses péripéties économico-judiciaires. L’entreprise, ses plus de 600 emplois directs et ses deux usines de pâte à papier de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, risquent bien d’être sauvée par le banquier d’affaires français Matthieu Pigasse, alias le « millionnaire de gauche », propriétaire de plusieurs médias comme Radio Nova ou Les Inrockuptibles.

    Une information révélée par La Marseillaise, ce mercredi dans la journée, avant d’être confirmée par nos confrères de l’AFP. Matthieu Pigasse aurait apporté son soutien in extremis à l’unique offre de reprise, portée par la direction actuelle de l’entreprise et soutenue par les Régions Occitanie et Sud. Le millionnaire l’aurait fait via une lettre d’intention à l’adresse du tribunal de commerce de Toulouse, ce mardi. Et donc juste à la veille d’une audience décisive puisque la juridiction devait se pencher sur l’avenir de l’industriel, ce mercredi matin à Toulouse. Mais l’apport du millionnaire a provoqué un report de l’audience au 6 juillet prochain. À la sortie du tribunal, salariés comme entreprise se refusaient à communiquer le nom de cet investisseur « surprise ». Sans officialiser le soutien de Matthieu Pigasse, la direction de Fibre Excellence explique : « Les débats lors de l’audience ont mis en lumière l’intérêt marqué d’un nouvel investisseur français de renom. La mobilisation de cet acteur, prêt à s’engager pour la souveraineté industrielle, permet d’envisager la consolidation de l’actuel projet de reprise porté par la direction de Fibre Excellence, ou le dépôt possible d’une nouvelle offre. »

    « On a gagné du temps

    et de l’espoir »

    Du côté des salariés, c’est le soulagement qui prédomine. « C’est une très bonne nouvelle, depuis des mois c’est l’ascenseur émotionnel mais aujourd’hui on a gagné du temps et de l’espoir », sourit Laurent Quinto, salarié du site tarasconnais et représentant de la Filpac-CGT. S’il n’évoque pas Matthieu Pigasse directement, l’arrivée de ce soutien est visiblement appréciée : « C’est un investisseur important, quelqu’un de solide, qui a déjà consulté le ministère et le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). C’est pris très au sérieux par le tribunal. » Il faut dire que l’opération relèverait d’un sauvetage miraculeux puisque l’entreprise risquait la liquidation judiciaire après le retrait de son actionnaire principal indonésien, qui avait provoqué son placement en redressement judiciaire en avril dernier, une cessation de paiements et l’arrêt de ses usines de pâtes à papier. De quoi mettre en péril toute la filière papetière française et des milliers d’emplois indirects, exploitants de bois ou sous-traitants des usines. « Maintenant, il faut aller au bout du sauvetage ! On a une offre qui tient la route, avec le soutien des deux Régions et un investisseur français, des projets qui tiennent la route ! », lance Laurent Quinto.

    En tout cas, l’intersyndicale des deux sites organise ce jeudi des mobilisations, avec la présence de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT et de Carole Delga (PS), présidente de la Région Occitanie à Saint-Gaudens.

  • Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    « Nous ne signerons aucun chèque en blanc pour des projets qui risquent de finir comme d’autres, soit bien plus chers qu’au départ. » Philippe Maurizot, maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, a présenté sa volonté de stopper net cinq projets d’aménagement confiés à la Société publique locale (SPL) Sens urbain, détenue par la Ville, lors du conseil municipal de mercredi soir.

    Les cinq mandats confiés à la SPL par la Ville lors du dernier mandat consistaient en la rénovation de la maison des Salins, de la Halle de basket avec augmentation de la jauge des tribunes, de la requalification et création de logements à la Maison du gardien de la Cartonnerie, du réaménagement de la cuisine du foyer pour seniors Farigoule et de la création de centrales photovoltaïques, pour un montant total de 11,2 millions d’euros.

    « Après réexamen, nous estimons que ces projets ne répondent plus aux objectifs et priorités que nous avons fixés » justifie l’édile. Le conseiller d’opposition Nicolas Féraud (PCF) pointe le fait que « les honoraires forfaitaires de plus de 500 000 euros resteront à payer après résiliation » et que « la note de synthèse reconnaît explicitement que les éléments permettant la résiliation ne sont pas réunis ».

    Un contre-projet solaire

    La note motivant la délibération stipule qu’à date, les éléments permettant de connaître les conséquences techniques, administratives et financières de cette décision ne sont pas finalisés, et qu’il s’agit d’un vote de principe. Ce qui est assumé par le maire : « Nous les arrêtons pour que ça coûte le moins cher possible. Le risque est de perdre plusieurs millions sur ces chantiers », selon Philippe Maurizot, arguant du « fiasco » d’un autre chantier de résidence senior confié à la SPL, à l’arrêt pour cause de liquidation judiciaire.

    Le plus gros projet stoppé est celui d’équiper les bâtiments publics de panneaux solaires pour autoconsommation, pour 7 millions d’euros. « Nous avons un autre projet plus économique et rentable », oppose l’édile. L’opposant (PS) Jean-Michel Leroy estime que le projet original « profitait au plus grand nombre, on voulait équiper les bâtiments publics de panneaux pour faire profiter les riverains. C’était une manière de leur ramener du pouvoir d’achat », plaide-t-il.

    « Notre projet est de ne pas perdre d’argent », objecte Philippe Maurizot, voulant « anticiper les baisses d’aides financières à l’énergie » des collectivités. Le contre-projet est déjà pensé : « On pourrait produire l’équivalent d’un quart de notre consommation électrique avec 3 ha d’ombrières solaires sur Parsemain » développe-t-il. L’opposition s’est abstenue et les résiliations sont adoptées à la majorité.

    Le contre-projet doit être présenté ultérieurement.

  • Airways Aviation : une centaine d’élèves lésés à Montpellier

    Airways Aviation : une centaine d’élèves lésés à Montpellier

    Fragilisé par un incendie criminel ayant endommagé une grosse partie de la flotte DA40/DA42 en mai dernier, Airways aviation vient tout juste d’être placé en liquidation judiciaire. La direction indique faire son possible pour limiter les dégâts, mais pour l’heure, une centaine d’élèves sont sur le carreau, dont une partie littéralement endettée…

    Pour Icham, apprenti pilote de ligne, le choc est brutal. « Je suis originaire de Nouvelle-Calédonie, j’ai payé le 9 janvier, je suis arrivé en France le 11 janvier… Et ma rentrée devait avoir lieu le 15 janvier mais la veille, on m’a annoncé que l’école était en redressement judiciaire », raconte-t-il. « Je n’avais pas connaissance des difficultés financières de l’école ». La fermeture de l’école pèse également lourdement sur le temps et les finances des élèves. Engagé dans un prêt étudiant, Icham sait que l’échéance approche. « Dans deux ou trois ans, je devrais commencer à rembourser. Cette interruption me retarde, car il faut maintenant trouver une autre école », explique l’étudiant. Mais contrairement à nombre de ses camarades, l’étudiant devrait récupérer ses deniers, son inscription ayant eu lieu pile au moment du redressement, et son virement ayant été effectué sur des comptes bloqués.

    À l’inverse, certains élèves ont déjà investi entre 50 000 et 60 000 euros, sans garantie de remboursement. Pire, le jeune Mathis, 25 ans, a quant à lui déboursé 96 000 euros… « À l’heure actuelle, l’école me doit plus de 18 000 euros et nous n’avons quasiment aucune chance de les récupérer », détaille-t-il. Désormais sans école, il doit se contenter d’une licence de pilote commercial, un diplôme insuffisant pour intégrer une compagnie. « Les autres écoles proposent une continuité de formation autour de 25 000 euros, que je ne peux pas financer », ajoute l’étudiant, qui doit encore rembourser un prêt étudiant sur dix ans…

    Vers un transfert d’élèves ?

    La direction a évoqué de possibles transferts vers d’autres écoles du groupe. Une promesse dont les élèves attendent encore la concrétisation. Et quand bien même, de nombreux obstacles demeurent : coûts de déménagement, démarches administratives, reconnaissance des modules déjà validés… sans compter les questions de visa pour les élèves étrangers.

    La fermeture d’Airways Aviation Academy révèle les failles du système de protection des étudiants dans les établissements privés de formations aéronautiques. À la différence d’autres secteurs de formation professionnelle, les écoles privées de pilotage ne disposent pas de fonds de garantie pour assurer les élèves en cas de défaillance de l’établissement, comme l’ont montré les faillites successives d’Airways College ou Paris Flight Training. Les étudiants lésés n’ont d’autre recours que ceux prévus par la procédure de liquidation judiciaire.

    Pour les élèves d’Airways Aviation, l’attente s’annonce longue, et l’issue incertaine.