Tag: lien social

  • Les jeunes disposent d’un nouveau lieu de vie encadré à Port-de-Bouc

    Les jeunes disposent d’un nouveau lieu de vie encadré à Port-de-Bouc

    L’ancienne criée de Port-de-Bouc revit à sa manière. Samedi, la nouvelle mouture de la maison des jeunes s’y est installée, inaugurée par le maire (PCF) Laurent Belsola, son équipe, la Caf, les agents et bien sûr les usagers.

    Le lieu est comme un grand foyer. Canapés, console de jeu, télé, enceintes Hi-Fi sont à disposition des jeunes, tout comme une cuisine et une salle informatique équipée d’ordinateurs et d’un projecteur.

    « Ça permet d’être tranquille pour venir faire ses devoirs ou juste venir rigoler avec mes collègues », estime Sidar Akdag, lycéen de seconde. « J’aimerais organiser un séjour à Amsterdam et faire du laser game » projette-t-il. Assise avec ses copines, Jade Lutz, en terminale, relève qu’« à certains en droits, on peut se sentir regardées, mais pas ici. Tout le monde est respectueux et se mélange ».

    Au programme en 2020

    Comme le rappelle le conseiller municipale Mohammed Ladjal, la Maison des jeunes est « l’aboutissement de plusieurs années de travail, (…) de confiance dans les jeunes qui ont leur mot à dire pour imaginer leur espace ». Le maire (PCF) Laurent Belsola rappelle qu’il s’agit d’une promesse « de 2020 que l’on voulait hors des quartiers, spacieux pour tous les jeunes. (…) La jeunesse est parfois confrontée a des interrogations et le rôle de la Ville est de fournir des espaces ouverts pour leur émancipation. Cet équipement polyvalent favorise le lien social et le vivre ensemble et permettra l’organisation d’activités culturelles et de loisir », complète-t-il.

    Une vision partagée par le représentant de la Caisse d’allocations familiale présent. La branche famille de la Sécurité sociale a en effet financé 80% de la structure soit 23 700 euros.

  • L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    L’union de la gauche aux municipales s’agrandit autour d’Ariane Lombardi

    On aurait dû péter un mur » glisse Ariane Lombardi, la candidate communiste et tête de liste d’union de la gauche pour les municipales à Marignane, alors que son local de campagne de la rue Maurice-Noguès est rempli à craquer ce vendredi soir.

    Il y a une raison à cela. Outre la présence du PCF, du PS et des Écologistes (La Marseillaise du 22/11), la soirée d’inauguration est l’occasion pour la candidate d’annoncer « le soutien officiel de Debout!, L’Après, Génération.s et Gauche républicaine et socialiste » à la liste Mieux vivre à Marignane qu’elle conduit. « C’est avant tout une aventure collective portée par des valeurs de gauche assumées de solidarité de justice sociale et de respect et sens du commun », considère la candidate, pour qui « la commune est un refuge quand les crises se succèdent et les inquiétudes grandissent, son rôle est d’être au plus près avec du service public et du lien social ».

    « Un projet réaliste »

    Ariane Lombardi annonce trois projets d’ampleur pour son programme. « Nous créerons un centre de santé municipal pour garantir un accès aux soins de proximité sans dépassement d’honoraires », affirme-t-elle. Dans la même veine, « nous créerons un centre social ouvert à la jeunesse et à l’ensemble des habitants », un lieu « d’accompagnement des familles et d’aide à l’insertion » projette la candidate. Le renforcement des effectifs de police municipale et d’agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) est également au programme d’un « projet humain, de gauche, réaliste et sérieux ».

  • « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    « Le travail d’équipe permet de retrouver du lien social »

    En plus de son poste de coprésidente du collectif Épices, Floriane Rieu est directrice de la Table de Cana, l’un sept restaurants membres de l’association, dans la cité phocéenne. En 35 ans, l’établissement a accompagné 1 500 profils en réinsertion.

    La Marseillaise : À qui s’adressent vos programmes de réinsertion ?

    Floriane Rieu : Notre objectif est de proposer un accompagnement professionnel et social à des personnes qui soit n’ont pas travaillé depuis plus de deux ans, soit sont aux minima sociaux et ne parviennent pas à retourner sur le marché de l’emploi. Nous proposons de les former à un métier en lien avec la cuisine. Cela peut être commis de cuisine, pâtissier, chauffeur-livreur, serveur, magasinier, plongeur… L’accompagnement social permet, lui, de travailler sur les problématiques périphériques, parfois responsables de l’éloignement de l’emploi : endettement, problèmes de logement, accident de la vie… L’idée est qu’en deux ans maximum, les personnes puissent retourner sur le marché de l’emploi.

    Quelles sont les particularités d’une réinsertion par la cuisine ?

    F.R. : La cuisine se prête bien à la réinsertion, déjà parce que c’est beau et bon, donc c’est valorisant pour les personnes qui viennent. Ensuite, c’est un travail qui se fait en équipe, ce qui permet de retrouver du lien social, pour des personnes qui ont souvent subi beaucoup de solitude. La cuisine permet d’échanger, de vivre des moments de convivialité. C’est aussi un métier évolutif, c’est-à-dire qu’on peut commencer par exécuter des tâches très simples, avant d’évoluer vers des choses plus complexes. On peut commencer par éplucher les légumes, puis progressivement avancer vers de nouvelles compétences. Et, enfin, c’est un marché en tension. Un secteur qui recrute donc, notamment depuis la crise Covid.

    Les employeurs avec lesquels vous travaillez ont-ils des réticences à embaucher des profils en réinsertion ?

    F.R. : Oui, il y a beaucoup de préjugés sur l’insertion. C’est un peu tout le travail qu’on veut mener, notamment avec le collectif. Nous voulons briser ces images fausses et accompagner les entreprises qui recrutent en les incitant à appliquer de bonnes méthodes d’intégration. C’est important que le secteur de la restauration se remette aussi en question, pour accueillir les personnes dans de bonnes conditions. Notre idée est aussi de défendre une cuisine inclusive et participative, ce qui veut dire ouvrir la cuisine à des profils avec des parcours de vie différents.

    Combien de personnes a accompagnées le collectif depuis sa création en 2022 ?

    F.R. : Par an, le collectif accompagne environ 100 personnes. Dans le cas de la Table de Cana, 65% des personnes trouvent ensuite un emploi stable.

    Propos recueillis par Margot Milhaud

  • À Martigues, Éric Lahaye lance Thot App, l’appli de partage de savoirs

    À Martigues, Éric Lahaye lance Thot App, l’appli de partage de savoirs

    L’entrepreneuriat n’était pas prévu, mais il s’est imposé naturellement à Éric Lahaye. Adolescent, le Martégal avait des difficultés à l’école. « J’étais hyperactif, le cadre scolaire ne me convenait pas », explique-t-il. Après une année de fac de lettres, le jeune homme se pose des questions sur son avenir. Sans projet professionnel clairement défini, il choisit de se consacrer à sa passion, le kung-fu. « Je travaille à ArcelorMittal, j’économise et je pars en Chine dans une école d’arts martiaux », raconte-t-il, se remémorant la discipline stricte qu’il s’y impose.

    « J’ai grandi à Canto-Perdrix, j’étais jamais sorti des Bouches-du-Rhône, mais je savais pourquoi j’y allais. Dans les quartiers, on a pas de visibilité, on grandit dans une vision où beaucoup de personnes nous font comprendre qu’on arrivera pas à grand chose. Donc j’avais rien à perdre. »

    Après ce premier voyage initiatique, il part en Australie. C’est quand il cherche à pratiquer le kung-fu qu’une idée d’application lui vient : « J’ai regardé sur Facebook, Instagram et Snapchat pour trouver des partenaires, mais je n’ai trouvé personne. Je me suis dit que c’était quand même fou qu’à l’ère des réseaux sociaux, on ne puisse pas trouver quelqu’un qui a le savoir auquel on aspire. Comme l’outil n’existait pas, j’ai voulu le créer moi-
    même
    . » Une envie qui lui permet de trouver sa voie : celle de l’entrepreneuriat.

    Un réflexe

    C’est deux ans plus tard, en 2017, que le projet se concrétise. Surmotivé, Éric Lahaye « enfonce les portes » à Marseille. Son projet est incubé à la Belle de mai et repéré en 2020 par l’école de commerce et de management Kedge, qui lui offre une formation de trois ans grâce à un programme philanthropique. « Ça m’a donné un cadre pour garder le cap et la rigueur », affirme le jeune homme. Après des années de travail, l’application Thot App voit finalement le jour en 2024.

    Le concept est simple : permettre la mise en relations autour du savoir. Thot ne se limite pas aux compétences professionnelles, loin de là : le champ couvert va du sport à la culture en passant par tous types de passions, la mécanique, le bricolage, les langues étrangères, la cuisine, la poterie, etc. Le partage peut être gratuit ou payant, à la guise des utilisateurs. « L’idée, c’est de briser les barrières à l’accès à la connaissance en créant du lien social, précise Éric Lahaye. C’est plus simple de trouver des horaires et des tarifs adaptés auprès de particuliers qu’auprès de structures. »

    « Aujourd’hui, on arrive à 5 000 utilisateurs et 500 sessions d’échange, ce qui est beau parce qu’on communique dessus seulement depuis juillet 2025 », poursuit le Martégal, qui recherche en ce moment même des investisseurs. « Une fois la levée de fonds réalisée, ce qui est en bonne voie, on se déploie en Europe puis à l’international, révèle-t-il. Je veux devenir la référence de l’échange de savoirs, que Thot devienne un réflexe. »

  • Du cœur à l’ouvrage

    Du cœur à l’ouvrage

    Un jeune homme de 35 ans est mort de froid, à Reims, la nuit de Noël, « dans son coin où il avait l’habitude d’aller », précise l’équipe de maraude qui le connaissait bien à notre confrère de l’Union. Il s’appelait Morgan. Deux autres sans-abri sont morts en l’espace de quelques jours à Nantes, durant les fêtes, un autre encore a trouvé la mort dans l’incendie d’un box de parking ce samedi à Paris… L’an passé, plus de 900 sans domicile fixe sont décédés en 2024, selon le collectif Les morts de la rue. La mort rôde, la nuit, le jour dans les rues de nos villes, avec pour alliés le froid, la malnutrition, les pathologies diverses et variées dont souffrent les SDF, les addictions « pour tenir le coup », et cette indifférence quotidienne aussi.

    Bienveillance anonyme

    Pourtant, de petites mains, par centaines, par milliers, ont décidé de se regrouper et de se battre, pour redonner courage, offrir des repas, des couvertures, de la chaleur humaine, une oreille attentionnée, dépourvue de jugement. Pour considérer l’autre pour ce qu’il est, un être humain en difficulté. Cette grande bienveillance, discrète, anonyme, sans couronne de lauriers, mérite tout notre respect. Et un soutien inconditionnel. Mais la volonté ne peut pas tout. Les coupes budgétaires qui se succèdent et encore annoncées pour l’année à venir toucheront immanquablement les services de l’État dédiés les collectivités et l’ensemble des trop frêles dispositifs d’aide mis en place par ou avec les associations et les bénévoles œuvrant chaque jour sur le terrain. Dire « stop » à ce macabre décompte est aussi un choix politique à l’échelle nationale.

  • La solidarité à pied d’œuvre pendant les fêtes

    La solidarité à pied d’œuvre pendant les fêtes

    Ces « petites mains » de la solidarité apportent des repas chauds à la tombée de la nuit, serrent des mains frigorifiées, et tendent une oreille aux récits des uns et des autres, écoutent, parlent. Et par toutes ces petites attentions, rendent à l’autre son humanité qui se perd, souvent, dans le silence et l’anonymat des grandes villes.

    Ces volontaires de la solidarité ont choisi, en conscience d’aider, d’apporter du réconfort au sein de structures telles que les Restos du cœur, le Secours populaire, la Banque alimentaire, Un peu de toit, Partage ou encore les Petits frères des pauvres. Ils ont choisi d’intégrer une structure, une équipe reconnaissable aux chasubles de différentes couleurs, parce qu’à l’heure d’un individualisme exacerbé, œuvrer collectivement, se donner un but commun et l’atteindre malgré le manque criant de moyens, fait aussi sens.

    Hassen, bénévole au Secours populaire 13

    « On apporte du réconfort »

    Quelques jours après avoir joué le rôle du Père Noël vert (lire notre édition du 17 décembre 2025), Hassen n’a pas quitté le terrain. Bénévole au sein du Secours populaire des Bouches-du-Rhône depuis deux ans, il est particulièrement mobilisé durant cette période de fêtes. « On ne peut pas laisser les gens dans l’abandon. Il faut leur montrer qu’on pense à eux et qu’on est avec eux », martèle-t-il.

    En plus des actions solidaires menées en cette fin d’année, de la distribution surprise de cadeaux dans les quartiers les plus défavorisés au réveillon solidaire, l’association est présente tous les jours jusqu’au 31 décembre sur la Canebière où elle distribue du café et de la nourriture, sans compter les maraudes du soir. Des missions qui visent principalement les personnes sans-abri et/ou sans-papiers. « On apporte du réconfort et ils oublient un peu la misère. Ça nous fait chaud au cœur. La misère à Marseille est grave, on la voit partout, surtout dans les quartiers Nord », déplore-t-il.

    La misère qu’il dénonce, il l’a vécue à son arrivée en France depuis la Tunisie dix ans auparavant. « Les premières années c’était difficile. Quelqu’un est venu me donner un coup de main. Le Secours populaire m’a beaucoup aidé. Une fois que je me suis bien installé et que j’ai trouvé un travail j’ai décidé de leur donner moi aussi du temps », raconte Hassen. Boulanger dans le quartier de Saint-Louis (15e), il laisse chaque matin son tablier pour son gilet bleu siglé avec la main ailée. Direction la centrale de la fédération départementale située chemin de Gibbes : « Dès que j’ai fini, à 7h du matin, je prends ma douche et je pars direct au siège pour donner un coup de main. Je le fais de bon cœur ! », sourit-il.

    L.Pi.

    Irène, responsable des maraudes à la Croix-Rouge Marseille

    « Les gens nous attendent, ils sont contents de nous voir »

    C’est dans la rue, auprès de ceux qui en ont le plus besoin, qu’Irène, responsable des maraudes à la Croix Rouge Marseille, passera le réveillon du Nouvel An. « On est sur le terrain toute l’année de façon générale et pendant les fêtes ça ne déroge pas ! », s’exclame-t-elle. Ainsi, elle retrouvera, comme les années précédentes, son groupe de volontaires. « Les équipes de bénévoles se constituent d’elles-mêmes, on n’impose pas d’équipe, ni de jour. C’est en fonction des plannings personnels. C’est du bénévolat, il ne faut pas que ce soit une contrainte sinon on ne fait pas bien les choses », tient-elle à souligner. Ces soirs de fête, « c’est un peu plus de chaleur que d’habitude », glisse-t-elle. « Les gens nous attendent, ils sont contents de nous voir, on passe de bons moments avec eux », relate la dame au grand sourire et aux cheveux grisonnants.

    À 68 ans, Irène continue à faire une à deux maraudes par mois, le temps moyen demandé aux membres, en fonction des disponibilités de chacun. Bénévole depuis 22 ans au sein de l’association, elle affectionne ces instants passés à créer du lien social, la mission première de la Croix Rouge. « Ce dont les gens ont le plus besoin c’est de discuter. En tant qu’association, on les écoute, on n’est pas indiscrets. Ils nous racontent ce qu’ils veulent. Parfois, ça n’a rien à voir avec leurs conditions. C’est sympa aussi », sourit-elle.

    À son arrivée, Irène s’occupait d’un vestiaire social puis elle est devenue responsable des maraudes, un rôle qu’elle combine avec sa casquette de trésorière de l’unité locale : « Je me suis fait embrigader par une gentille dame qui m’a parlé des activités qui se faisaient à l’époque. J’y suis rentrée et je suis restée. » L’an dernier, elle a été honorée de la Médaille d’or des mains du président national de la Croix Rouge française, pour son engagement dévoué.

    L.Pi.

    Laëtitia, coordinatrice Petits frères des pauvres, Marseille

    « Tous méritent de fêter Noël »

    Travailleuse sociale de formation, Laëtitia a la solidarité chevillée au corps. « C’est un métier où l’on a l’âme d’aider, où c’est normal d’être présent dans des moments importants », confie-t-elle dans le jardin partagé de la Maison Les Héros, un « habitat inclusif », dans le 1er arrondissement de Marseille. Ce lieu, où vivent des bénéficiaires de l’association des Petits frères des pauvres, a accueilli un repas de Noël, ce 25 décembre. C’est le deuxième qu’assure Laëtitia : « C’est un moment festif mais notre présence ce jour du 25 est importante pour le reste de l’année. Le fait qu’on soit là ce jour-là, aide à faire en sorte que les personnes se sentent pleinement considérées ». Elle est salariée depuis plus d’un an et demi des Petits frères des pauvres, et a débuté avec le dispositif AVL (accompagnement vers le logement) « qui a pour but de s’occuper de personnes âgées qui sont en hébergement précaire ». « Ensuite j’ai basculé sur l’habitat inclusif qui a ouvert ses portes en novembre 2024 », explique-t-elle. Inclusif notamment car ouvert sur le quartier.

    D’où la double importance d’être près des bénéficiaires en ce jour de fête : « Avec notre présence, ils se disent qu’ils ne sont pas que des usagers d’un dispositif mais bien des personnes à part entière, qu’ils méritent de fêter Noël. » D’autant que ces derniers « ont des parcours de vie difficiles avec beaucoup de précarité ». Et Laëtitia espère qu’avec l’accompagnement des bénévoles et le travail des salariés « ils ont l’impression de redevenir des êtres humains ».

    A.B.

    André, bénévole à l’association Partage, Martigues

    « L’humain passe au-dessus »

    Au rez-de-chaussée du temple protestant de Martigues, l’association Partage invite les plus démunis à venir prendre un repas chaud. Parmi les bénévoles présents, André, cadre retraité de France télécoms, est affairé à la réchauffe et découpe du pain, entre autres. Le lieu ne le dérange pas : « Je suis athée. Mais pour moi, l’humain passe au-dessus de la religion. »

    « C’est une période particulière » au moment des fêtes, estime-t-il. « Nos pensionnaires ont besoin d’un lieu pour se sentir bien, quand certains vivent en extérieur ou en voiture », considère le bénévole. « Certains sont parfois isolés, ou n’ont pas de famille. C’est une manière de se retrouver et de créer du lien social, échanger discuter autour d’un repas chaud. Car il y a parfois aussi des situations de grande solitude », renchérit le retraité.

    L’association Partage fonctionne les lundis, mardis, jeudis et vendredis midi, de novembre à mars inclus. André, lui, est un habitué du vendredi, toujours en équipe de 4 à 5 bénévoles pour préparer et servir le repas. André Pinon est venu à cet engagement par une connaissance qui s’occupait du mardi. Le partage d’expérience a suscité l’engagement. « J’ai cherché du temps au milieu mes activités de retraité, car l’idée c’est de s’occuper des autres aussi. » C’est parfois un peu plus compliqué pendant les fêtes. « On a chacun notre famille, il y a fallu que je m’organise pour me libérer cette journée et la semaine prochaine » pour le Nouvel An.

    An. M.

    Eric, vice-président de la Banque alimentaire, Vaucluse

    « J’ai débuté en donnant un coup de main »

    Au sein de la Banque alimentaire de Vaucluse, Eric prône « la polyvalence de chacun », mais c’est aujourd’hui en tant que vice-président de la partie Ressources humaines qu’il évoque son engagement associatif.

    Qui a commencé il y a « environ 7 ans », confie-t-il sans s’en rappeler avec exactitude. Alors en fin de carrière dans la Police nationale, c’est un collègue qui l’invite à donner un coup de main pour la collecte nationale qui se tient chaque année lors du troisième week-end de novembre. S’ensuit une aide ponctuelle, travail oblige. « Puis j’ai appris qu’il y avait une pénurie de chauffeurs, donc je suis venu donner un coup de main. Et, une chose en appelant une autre, j’ai pris quelques responsabilités », poursuit-il. Depuis, il est sur site cinq fois par semaine pour assurer le bon fonctionnement des récoltes et des distributions.

    Un temps qu’il consacre « à une bonne cause », car c’est quelque chose qui est dans sa « mentalité ». D’autant que « comme dans de nombreuses assos, on manque de bénévoles », glisse l’ancien policier. La structure cherche à recruter pour répondre à la demande croissante. En 2025, 55 000 personnes ont reçu une aide passée par la Banque alimentaire de Vaucluse.

    Mack Salman

    Cathy, présidente de l’association Un peu de Toit, Var

    « Être à la rue en cette période, c’est tellement triste »

    À 73 ans, Cathy, retraitée des chantiers navals de La Ciotat, met son énergie au service des plus démunis depuis 2017, date à laquelle elle a rejoint l’association Un peu de Toit, créée en 2010, avant d’en prendre la présidence en 2020. « Je me suis engagée car les personnes sans-abri sont les reflets visibles et évidents des laissés-pour-compte. C’est important pour moi de les aider. Mais une présidente seule ne sert à rien, ce qui compte c’est l’ensemble des bénévoles qui œuvrent tous dans le même sens », soutient-elle.

    Chaque semaine et durant toute l’année, l’association et ses 40 bénévoles organisent une maraude dans les rues de Toulon, pour distribuer plus de 5 000 repas par an à une centaine de personnes. « On leur apporte du réconfort, on n’est pas juste des distributeurs de repas, on essaie de faire plus que ça », précise-t-elle. Les dons de nourriture proviennent en majorité de collectes dans les supermarchés et des aides de partenaires, comme l’association le Lien 83, dont l’aide « est très précieuse », remercie la bénévole. Dans le cadre des fêtes, Un peu de Toit donne une teinte particulière à ses maraudes, « plus festive que d’habitude, avec un très bon plat chaud, beaucoup de chocolats. Le 16 décembre, une petite fille est venue en distribuer, avec des dessins réalisés en classe. Être à la rue en cette période, c’est tellement triste. Mais les gens nous reçoivent avec le sourire, que ce soit ou non en période de Noël. On n’a jamais reçu autant de remerciements que cette année », salue Cathy, avant la dernière maraude de 2025, qui se tiendra le 30 décembre.

    Adam Benhammouda

  • Un service public réinventé luttant contre l’isolement

    Un service public réinventé luttant contre l’isolement

    À notre dernier atelier, quelqu’un se demandait comment rêver Martigues. » Nathalie Lefebvre a trouvé le mot pour lancer les échanges à l’occasion de l’atelier participatif de construction du programme de Gaby Charroux pour le futur mandat. La question de comment adapter la réponse à l’évolution de la société se pose.

    Parmi ces évolutions, la réponse à l’isolement, à la solitude, et aux aspirations de la jeunesse. Francis Fournier, du comité de vigilance postale, veut « animer nos cités pour qu’elles ne tombent pas dans l’irréparable ». « On s’est battu pour que Notre-Dame des Marins ait accès au même service public postal que tout le monde. Mais il faut aller plus loin, quand les centres sociaux sont fermés au mois d’août alors que c’est le moment où les jeunes en ont le plus besoin », affirme l’ancien postier. Une participante complète : « Il faut réfléchir au mode de concertation des jeunes. Par exemple avec un conseil municipal des jeunes, représenté par tous les quartiers, pour savoir quels sont leurs besoins et ce qu’ils pensent de leur ville » d’une manière complémentaire à l’action du service Jeunesse de la Ville et de son dispositif Parole de jeunes. « Ça permet d’impliquer les jeunes dès leur plus jeune âge. Chaque école devrait participer à ces élections », renchérit Laetitia Sabatier, élue PCF à la petite enfance.

    Un défi sociétal

    Au problème de solitude et d’isolement, Alain Granelli répond « convivialité et lien social ». « Des gens ne peuvent pas se déplacer, il faut réfléchir à comment le service public peut aller vers eux et pas par internet », relance l’enseignant retraité. « C’est un défi ! », souligne Laetitia Sabatier. Anne Jouve a une ébauche d’idée : « L’idée de tiers lieux se développe, un espace duquel les usagers peuvent faire ce qu’ils veulent, sortis du travail. » Et qui n’est pas un bar, comme le relève Gauthier Grégoire : « Il en faut aussi pour les familles et les femmes, car dans les bars, il n’y a que des hommes. »

    Une participante abonde : « En oncologie on développe les soins supports pour les malades, ça se fait notamment dans les centres sociaux. » Nathalie Lefebvre admet qu’« on passe un virage dans notre conception du service public, qui est déjà la singularité de Martigues. Il faut aller chercher les gens pour leur en faire profiter et éviter le repli sur soi ». Un enjeu sociétal.

  • La médiathèque se dessine comme un lieu de vie à Loubon

    La médiathèque se dessine comme un lieu de vie à Loubon

    « Maintenant, on aura l’Alcazar et la médiathèque Loubon à Marseille », sourit Anthony Krehmeier, maire (PM) du 2e et 3e arrondissement de Marseille. Au 32 rue Loubon, la façade de l’ancienne minoterie (fabrique de farine) n’a pas changé, mais à l’intérieur, l’usine se transforme pour devenir, d’ici 2027, une médiathèque, dans un arrondissement qui en est dépourvu. Un espace pensé comme un véritable lieu de vie pour les habitants.

    Après huit mois de travaux, le gros œuvre est enfin terminé. Le travail d’aménagement a été important pour préserver les attributs patrimoniaux du site. Le premier bâtiment, qui donne sur la rue, a conservé ses murs typiques, mais a perdu son toit, pour construire un auditorium de 170 places. Dans le bâtiment arrière, « la charpente en bois et acier a été conservée, explique Guillaume Beccaria, architecte du projet. Et un puits de lumière a été créé pour apporter de la lumière, car c’est essentiel pour la lecture. »

    Une ouverture qui permet d’illuminer un rez-de-chaussée imaginé comme un espace de vie, où se trouveront des canapés, un restaurant et l’espace jeunesse de la bibliothèque. « Ce forum devra être un vrai lieu de rencontre pour les habitants du quartier », s’enthousiasme Coline Meirieu, la directrice de la médiathèque Loubon.

    De multiples usages

    à l’étage, l’ambiance sera plus studieuse, avec des salles de travail et la collection de livres adultes et adolescents. Des vitres doivent isoler ces espaces des bruits du rez-de-chaussée. « L’enjeu est de faire cohabiter tous les usages », ajoute la directrice de la bibliothèque. En effet, ces 3 200 m2 abriteront, en plus de l’auditorium et du restaurant, des salles de musique, de danse, d’éveil sensoriel et de soutien scolaire. « Ce sera le nouveau cœur du quartier », s’enthousiasme le maire du secteur. Différents espaces « qui seront cloisonnés pour leur permettre d’ouvrir à des heures différentes », précise Kévin Jorda, directeur d’études projets et de construction de la Ville de Marseille.

    Des visites du chantier sont organisées pour le grand public jusqu’au 20 décembre, les mercredis et samedis. Les visiteurs pourront proposer des ouvrages pour compléter et enrichir la bibliothèque. « Le but de cette médiathèque est que les habitants s’en emparent », insiste la directrice de l’établissement.

    Sur réservation : concertation-loubon@marseille.fr

  • Les rugbymen du RCT de retour au cœur des quartiers

    Les rugbymen du RCT de retour au cœur des quartiers

    À Toulon, le football
    reste ancré dans les mœurs, l’Olympique de Marseille suppléant allègrement l’absence -décriée- du Sporting Toulon au plus haut niveau depuis de trop longues années. C’est particulièrement le cas dans les quartiers populaires, où le rugby, religion séculaire du territoire, peine, à l’inverse, à faire des adeptes. Car historiquement, l’ovalie demeure un univers gentrifié malgré lui. Alors, pour y donner un accès plus large, le RC Toulon met en place, depuis neuf ans, l’opération « RCT au cœur des quartiers ».

    Un dispositif qui vise à initier 72 enfants de 8 à 12 ans en provenance de six associations du territoire à la pratique du rugby et à ses valeurs. « C’est un sport auquel ils ne sont pas forcément acculturés. On leur apprend les rudiments, mais on a aussi un contenu éducatif grâce aux joueurs espoirs et professionnels du RCT qui nous accompagnent à travers de petits ateliers. Par exemple, on essaie de les faire jouer sans arbitre pour qu’ils comprennent l’importance d’en avoir un, le respect de l’autorité », explique Melvin Vial, responsable du fonds de dotation du RCT, en charge de l’opération. Car à travers le rugby, ce sont surtout « des valeurs citoyennes, qu’on retrouve dans le sport collectif en général, qu’on essaie de véhiculer : la mixité, l’acceptation de celui qui va moins vite, moins haut, de celui qui est fatigué ou qui veut en faire plus… » Mercredi dernier, au stade de la Ferme des Romarins, entre Toulon et Ollioules, c’est avec un enthousiasme non dissimulé que ces enfants originaires de plusieurs quartiers populaires varois ont participé aux premiers ateliers de la saison, animés par quatre joueurs espoirs du RCT, et par les pros Rayan Rebbadj et Matthias Halagahu. « On est passé par là, les jeunes sont heureux d’être encadrés par des joueurs professionnels », se souviennent les deux hommes, dont l’objectif est avant tout « que les enfants prennent du plaisir. Ils s’intéressent moins à ce sport au plus jeune âge, on vient leur apprendre ce que c’est, leur donner envie et leur inculquer le partage et le sens de la communauté rugby, mais aussi le respect des éducateurs. Ça peut leur permettre de se canaliser pour être sérieux à l’école car c’est le plus important. »

    Au sein des associations partenaires, on se réjouit d’ouvrir ces enfants à « la mixité sociale, au partage, au respect et aux règles et valeurs du rugby », explique Najette Larbi, animatrice référente du dispositif Mêlées Crampons, porté par le club de l’US Seynoise, qui accompagne les enfants de la cité Berthe via l’aide aux devoirs, l’accès à de la culture, avec le rugby comme école du respect, de la solidarité et du dépassement de soi. « Ce sont des valeurs valables dans l’ovalie comme dans la vraie vie », qui plus est vectrices « d’inclusion sociale. Les enfants attendent chaque année ces actions », se réjouit l’éducatrice, à tel point « que deux jeunes se sont inscrits au rugby ». Parmi eux, Eya, une jeune rugbywoman qui a participé pour la première fois à l’opération l’année dernière : « Je regarde presque tous les matches du RCT. J’aimerais bien jouer dans l’équipe féminine et peut-être en équipe de France », rêve la jeune fille.

    Un dispositif qui dépasse le cadre du terrain : « On les emmène à chaque fois dans un quartier différent, en fonction de la présence des associations. On leur présente un peu les métiers du sport. On leur fait découvrir le Campus RCT, Mayol, où on avait fait un atelier l’année dernière, ce qu’on va essayer de refaire. Ils n’ont pas toujours les moyens d’aller voir des matches, donc on les invite. Ça crée des souvenirs et de l’affect », conclut Melvin Vial, avant le prochain atelier qui aura lieu le 17 décembre au stade Saurin, à Toulon.

  • Les centres sociaux, une alternative d’avenir face au tout sécuritaire

    Les centres sociaux, une alternative d’avenir face au tout sécuritaire

    Au programme de ces Journées exclusivement réservées aux salariés et bénévoles des centres sociaux : trois jours d’échanges et d’ateliers entre de nombreux acteurs venus de toute la France, outre-mer compris. L’événement prendra place dans un contexte de grands manques de moyens. Situation dénoncée unanimement par l’ensemble du secteur.

    Le rendez-vous réunit entre 700 et 800 personnes qui vont pouvoir débattre sur des thématiques allant de l’accès aux droits aux libertés associatives.

    Au centre de l’événement : l’animation globale, une méthode de travail qui vise à élaborer un projet sur un territoire de proximité. Pour permettre à toutes les personnes de participer à des projets collectifs, à la vie du centre social, du territoire et au dialogue avec les institutions publiques.

    Axes de travail

    Véritables outils de lutte, les centres sociaux offrent des pistes de réflexions sur nombre de sujets, comme par exemple celui du narcotrafic, qui marque tragiquement l’actualité marseillaise. Tarik Touharia, président de la Fédération nationale des centres sociaux développe : « Concernant la question du narcotrafic, il n’y a pas qu’une approche sécuritaire qui est possible, les centres sociaux ont aussi un rôle très important à jouer pour offrir des perspectives, du lien, à des jeunes qui en manquent parfois cruellement. » De son côté, Joseph Richard-Cochet, président de l’union des centres sociaux des Bouches-du-Rhône dénonce un manque cruel de moyens : « Le message que je veux faire passer aux institutions c’est : appuyez-vous sur les centres sociaux ! » et d’ajouter : « Faites-nous confiance et donnez-nous les moyens de travailler correctement ! Parce qu’il y a un vrai travail de fond, qui permet de répondre à des problématiques politiques publiques, de société qui sont très importantes ! »

    Ce rendez-vous va permettre à l’ensemble des participants de travailler de grands axes : « Rendre visible le travail des centres sociaux, partager sur les pratiques d’animation avec des gens venus des quatre coins du pays », rappelle Tarik Touharia, qui conclut : « Nous avons besoin d’être reconnus, sécurisés et soutenus » par les acteurs publics et privés.