Tag: lien social

  • Neoness lance son développement régional

    Neoness lance son développement régional

    Dans les espaces, du matériel flambant neuf. Sur les murs, des néons colorés renforcent l’esthétique résolument moderne du lieu et en fond, une playlist électro inonde les différents espaces. Dans la salle Neoness qui a ouvert ses portes en juin, avenue du Club Hippique, des sportifs de tous les âges passent le portique électronique, usent des rameurs et vélos et dans les zones de cross-training ou s’entraînent sur les sacs de frappe. Le flux d’abonnés se poursuit dans ce premier club Neoness de la région. Tout comme Métabolik et Keecool, elle est une marque du groupe ICM Wellness, dont le siège est installé aux portes d’Aix, à Ventabren, et cherche à se développer sur la région. Proposant une surface sportive de 1 000m², l’enseigne a pris la place d’une salle Métabolik. « Nous appartenons au même groupe, il n’y a donc pas eu de changement si ce n’est des améliorations au club. En termes de praticité, ça n’a pas changé quoi que ce soit pour les clients », précise Lucille Fermaud, responsable de la salle aixoise. Une particularité, pourtant, dans cette nouvelle salle et la marque Neoness en général : « C’est un club social, puisqu’ici, l’on donne pas mal de cours. Les gens se connaissent beaucoup, il y a d’autant plus cette ambiance familiale, déroule Lucille Fermaud. On est aussi plus axés sur la performance, il y a un côté plus challenge, plus poussé, sur les cours, tout particulièrement (…) Dans tous les Neoness, les cours sont donnés par des coachs, il y a aussi un aspect personnalisé dans la pratique, un accompagnement, c’est ce qui plaît. » D’autant plus qu’un « engouement particulier » autour des salles de sport est à noter, selon cette coach professionnelle. « La salle s’est beaucoup démocratisée, les gens se rendent compte que ce n’est pas réservé à certaines personnes, estime Lucille Fermaud. Surtout, ça a des bénéfices très intéressants. C’est important de faire du sport au quotidien. » Autre avantage du lieu, sa praticité, avec des horaires longue durée, notamment de 6h à 22h en semaine, et un parking gratuit en souterrain : « Ça s’insère donc facilement dans un planning quotidien », résume la coach.

  • Tichadou investigation, l’émission qui remet au centre le lien social à Port-de-Bouc

    Tichadou investigation, l’émission qui remet au centre le lien social à Port-de-Bouc

    Bonsoir à tous et bienvenue dans le 20h spécial Tichadou investigation. » Le ton y est pour cette émission réalisée par les ados du centre social Tichadou durant cette semaine passée et terminée vendredi.

    Au programme, « une enquête consacrée au rôle des centres sociaux : comment accompagnent-ils les habitants au quotidien et quels sont les défis auxquels ils font face », annoncent les deux speakerines, promettant reportages et témoignages.

    La directrice Yannick Combaluzier en est. « C’est la troisième année de notre cycle d’éducation aux médias, après le travail de presse écrite et photo l’été dernier », explique-t-elle. « Ce travail permet à l’ado de questionner l’info à laquelle il est exposé sur les téléphones », reprend-elle, mais aussi « de parfaire son expression orale et sa posture », selon la directrice.

    Le réalisateur Alexandre Mameli, venu pour la 10e fois au centre social, leur avait proposé trois thèmes. Les ados ont retenu le centre social car « ça nous concerne plus », justifie Kella, qui rentre en 1ère au lycée.

    « Faire les interviews c’était de la patate »

    Tous les rôles ont été distribués et échangés. « J’ai pris la caméra, le son au casque, monté le fond vert, mis les lumières », liste Sofiane, 13 ans. Mais sa partie préférée était de faire les interviews : « C’était de la patate », dit-il. Kella a préféré filmer et faire la voix off. « C’était un peu un mélange entre poser ma voix et parler normalement », détaille-t-elle.

    L’émission complète est disponible sur la page Facebook du centre social.

  • [C’est l’été] Au centre Fabien Menot à Port-de-Bouc, le lien social se rénove

    [C’est l’été] Au centre Fabien Menot à Port-de-Bouc, le lien social se rénove

    Deux ans et bien des changements. Depuis son arrivée en mai 2024, le directeur du centre social Fabien-Menot, Maxime Tardivel, dresse un bilan positif en cette fin juillet. « Nous sommes sortis du comité de suivi de la CAF, l’instance pour les centres sociaux en difficulté, par le renouvellement de notre agrément avec le nouveau projet social 2026-2028 », se félicite-t-il.

    Ce projet s’adapte l’été venu. « On est plus sur des activités détente, vacances. On a plus de temps pour se poser sur les bancs, devant le centre, pour discuter avec les habitants », relate le directeur, même s’il y a « moins de monde dans le quartier, avec les vacances et retours au pays ». Il ajoute : « Ceux qui restent sont ceux qui ont le plus besoin de nous, pour s’évader ou rêver un peu. » C’est l’idée du dispositif Quartiers d’été. « Depuis deux ans, cela finance des sorties familles communes aux quatre centres sociaux de Port-de-Bouc, porté par Mandela », indique Maxime Tardivel.

    Mais il existe une problématique bien particulière, l’été, sur la Presqu’île. « L’accès à la piscine et l’apprentissage de la nage, c’est difficile, alors qu’on est dans un quartier cerné par l’eau. On propose des activités aquatiques, dont le “savoir nager”, qui aura lieu la semaine prochaine, où trois centres sociaux de la ville vont emmener une cinquantaine de jeunes apprendre la nage », développe le directeur.

    « Nous sommes dans

    une vraie quête de sens »

    Ayant déjà été directeur de centre social auparavant, Maxime Tardivel voit une évolution du métier depuis les débuts de la politique de la Ville, dans les années 1980. « Aujourd’hui, on est sur une vraie quête de sens sur ce que nous pouvons apporter aux populations avec qui on travaille, que ce soit les habitants des quartiers populaires ou résidentiels. L’objectif est de mettre ensemble les gens, le centre social, c’est pour tout le monde, pas que pour les “cassos” ! », affirme-t-il.

    Cela prend du temps, « pour installer le vivre-ensemble, ça ne se décrète pas », selon lui. Les repas régulièrement organisés par le centre sont des moments importants de lien social : « Nous sommes des ambassadeurs de bienveillance », lance-t-il.

    Cette démarche vaut aussi pour le jeune public accueilli. « Il est parfois plus difficile de mettre en action les jeunes, notamment à cause des écrans dans leur poche dont il n’est pas évident de sortir. Dans une société où tout est fait pour nous inciter à consommer, il faut les inciter à être acteurs de leur vie, donner envie de créer des projets pour y arriver. On a un peu plus de mal à le mettre en place qu’auparavant », remarque Maxime Tardivel.

    La Gazette de la Presqu’île, journal de quartier réalisé avec les jeunes, répond à cette problématique et à celle « de faire le tri dans les infos », selon le directeur. « Beaucoup d’habitants se plaignaient de passer à travers l’info. On a fait le lien avec les jeunes qui se sont investis dans le journalisme », à travers plusieurs stages. « S’ils connaissent les mécanismes de construction de l’info, ils sauront mieux différencier les fake news et les infos orientées. J’espère qu’ils pourront vite écrire et faire des choix éditoriaux », conclut le directeur. À démarche inédite, enjeux inédits.

  • [C’est l’été] Au centre social La Martine à Marseille, on reste ouvert en août, une première

    [C’est l’été] Au centre social La Martine à Marseille, on reste ouvert en août, une première

    Pour la première fois de son histoire, le centre social de La Martine (15e) ne fermera pas au mois d’août, cette année, comme 42 autres structures réparties dans tous les arrondissements de Marseille grâce au déblocage d’une enveloppe de 551 000 euros, répartis entre la préfecture des Bouches-du-Rhône, la CAF, le Département et la Ville de Marseille.

    Kader Allem, coordinateur jeunesse au sein du centre, ne cache pas sa satisfaction. Arrivé au center social voilà deux ans, « je trouvais ça un petit peu incohérent de ne pas ouvrir à cette période, sans connaître encore le quartier, on a une mission de service public », nous confie-t-il, entouré de sa directrice et de Noëlle Smith, coordinatrice technique et pédagogique des équipements sociaux à la Ville de Marseille. Il explique que le mois d’août reste « un moment très charnière pour les publics qu’on reçoit, que ce soit les enfants, les ados ou les familles, parce qu’il se joue beaucoup de choses à ce moment-là et beaucoup d’équipements sociaux sont fermés ».

    Bien que la Ville « prévoit pas mal de choses et d’animations dans les quartiers prioritaires, on va être clair, ils se retrouvent dans la galère la plus totale et on est aussi sur des familles qui restent à la maison », poursuit-il. Des familles dont les conditions de vie restent compliquées. « Ils n’ont pas de balcon, ils n’ont pas de terrasses, pas des 80 000m2, hein », ironise Kader. L’été creuse les inégalités. D’autant qu’en août, les travailleurs sociaux restaient de toute façon à disposition des familles, joignables par téléphone, pour poursuivre l’accompagnement alors que tout est fermé. « Il y a des jeunes, par exemple, qui n’ont pas trouvé de collèges ou de lycées pour la rentrée », illustre l’éducateur.

    « Recréer du lien social »

    « Il y a quelques années, on entendait parler d’acheter la paix sociale dans les quartiers, de façon générale, quand il y avait une ouverture au mois d’août », se souvient-il, mais « aujourd’hui, on n’est plus dans ça. On est vraiment dans une nécessité, du côté des habitants, mais aussi les partenaires, les politiques qui ont compris tout l’intérêt d’ouvrir à cette période-là », estime Kader.

    Le programme de ce mois particulier sera un peu différend. « On prévoit des animations familiales, intergénérationnelles, même si, bien entendu, il y aura des choses pour les ados, parce que c’est un public spécifique. Mais l’idée est de recréer aussi du lien social entre les enfants et leurs parents », précise Kader. Mais « peu importe le contenu, ce qui compte, c’est surtout la forme, on va être en horaire décalé. Faire beaucoup de choses à partir du début, milieu d’après-midi, jusqu’au début, milieu de soirée, pour permettre aux familles qui travaillent aussi de profiter de ces moments-là avec leurs enfants », détaille-t-il. Dans la même idée d’impliquer tout le monde, « on va travailler avec deux associations du quartier, la Martinoise et aussi le club de boules avec qui on va organiser un tournoi de pétanque, on ne se voit pas faire sans eux », ajoute-t-il. À la Martine, seront aussi accueillis les habitants de Kalliste ou de la Savine. Pour la suite, après un bilan et une enquête de satisfaction, l’expérience pourra être reconduite.

  • À Bagnols, la nouvelle maire RN s’en prend aux centres sociaux

    À Bagnols, la nouvelle maire RN s’en prend aux centres sociaux

    L’association se savait dans le collimateur de la nouvelle maire Pascale Bordes. Après l’annonce d’une coupe d’environ 40% dans le budget des associations, Mosaïque en Cèze s’attendait justement à voir sa subvention réduite d’environ 80 000 euros. Mais jamais elle n’aurait pensé que la nouvelle équipe irait jusqu’à supprimer l’intégralité de la subvention d’une association dont l’action est pourtant reconnue sur le territoire bagnolais depuis 1992.

    « Nous gérons deux centres sociaux qui ont pour objectif l’animation de la vie sociale sur un territoire, c’est-à-dire de lutter contre toutes les formes d’isolement et d’exclusion », explique Vincent Poutier, le président de l’association qui s’appuie sur 18 salariés. « Nous avons 600 familles qui adhèrent à Mosaïque en Cèze, c’est-à-dire entre 1 200 et 1 500 personnes. C’est 8 000 personnes accueillies sur une année. Nous organisons environ un millier d’animations par an, soit 3 ou 4 activités par jour comme nous sommes fermés le dimanche. » Après le vote de la suppression de cette subvention lors du conseil municipal du 25 juin, les sympathisants RN présents ont applaudi cette décision…

    Un avenir incertain

    À la suite de l’élection municipale de mars dernier, Vincent Poutier avait tenté de rencontrer la majorité pour présenter les actions de l’association et essayer de la convaincre de son importance sur le territoire. Mais aucun dialogue n’a pu s’installer alors que deux élus de la majorité ont, de fait, un siège à l’Assemblée générale de l’association. « Sous prétexte qu’on gérait mal et que la Ville était au bord de la cessation de paiement alors qu’il y a un compte administratif positif d’1,9 million d’euros, on nous annonce qu’on n’aura pas de subvention en 2026. On ne peut pas dire que les rapports sont mauvais, il n’y en a pas. C’est une décision violente car nous n’avons aucun aménagement possible et que cela concerne l’année en cours. Qu’il n’y ait même pas de dialogue, je trouve que c’est extrêmement difficile à vivre parce que c’est un vrai mépris et ça empêche de pouvoir se projeter sur l’avenir », précise Vincent Poutier.

    Pour l’heure, l’association peine à réellement évaluer toutes les conséquences de cette décision mais elle s’attend à réduire la voilure l’an prochain. Cette aide de la mairie représente en effet 45% des subventions perçues par Mosaïque en Cèze. C’est 20% du budget total de l’association. « Moins 20% dans le budget, ce n’est pas moins 20% d’activités parce que lorsqu’on lance une activité, il y a des cofinancements de plusieurs acteurs et la subvention municipale permettait justement de compléter pour lancer une activité. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les 20% d’argent en moins, ça remet en cause pratiquement 30 à 35% de nos projets », explique Vincent Poutier.

    Les équipes de l’association sont donc à pied d’œuvre pour analyser projet par projet, comment ils peuvent sauver le plus d’activités possibles. L’association devrait communiquer en septembre pour détailler les conséquences concrètes de l’absence de subvention communale. Au-delà des activités, elle devra également supprimer des postes pour retrouver l’équilibre budgétaire. D’autant que les autres collectivités ne souhaitent pas rallonger leur aide tant pour des raisons financières que politiques. « Cette année va être difficile parce qu’on a déjà engagé des choses depuis janvier et qu’on sait désormais qu’on n’aura pas les financements pour. On va finir l’année dans le rouge », s’inquiète le président de l’association qui espère désormais recevoir du soutien de la population locale.

    « Indépendamment du RN, parce que le mouvement associatif est attaqué par les gouvernants actuels, je réfléchis actuellement avec un certain nombre de gens, pour se mobiliser et défendre le mouvement associatif en sachant que c’est un travail de longue haleine et qu’il ne va pas payer tout de suite », conclut Vincent Poutier.

  • À Marseille, la veille sociale crée des liens entre jeunes et personnes âgées

    À Marseille, la veille sociale crée des liens entre jeunes et personnes âgées

    « Allô bonjour ! », salue au téléphone Méline, 18 ans, opératrice de veille sociale estivale au Centre communal d’action sociale de Marseille. Cet été, vingt jeunes, dix en juillet et dix en août, passeront des milliers d’appels téléphoniques auprès des seniors marseillais pour les protéger des fortes chaleurs et de la canicule, dans le cadre du renforcement de la veille sociale du Centre. « Quand on appelle la personne, on essaye de créer un lien avec elle. On lui demande si tout se passe bien chez elle, si elle pense bien à s’hydrater », explique l’un d’entre eux. Sans oublier de leur rappeler aussi les bons gestes à adopter en cas de fortes chaleurs. « Ils ont conscience que la canicule dure de plus en plus longtemps et qu’elle est plus fréquente. Ils nous disent souvent qu’ils en souffrent », confie Méline, étudiante en prépa commerciale. Mais les appels ne s’arrêtent pas aux conseils pour faire face à la chaleur. Les opérateurs veillent aussi à ce que les personnes âgées ne soient pas isolées. « Vous avez de la famille qui vient vous rendre visite ? », demande, en ligne, l’un des jeunes à une personne âgée. « Oui, mes enfants et petits-enfants n’habitent pas loin. Je suis bien accompagnée. Pour l’instant, je touche du bois, tout va très bien », se réjouit cette senior.

    Des visites de convivialité

    Dans le cas où une personne âgée est isolée, une visite de convivialité est organisée à son domicile. Les opérateurs se rendent en binôme chez elle. L’occasion de lui donner un kit pour lutter contre la chaleur et, c’est la nouveauté cette année, de la sensibiliser aux écogestes. Mais aussi de lui tenir compagnie le temps d’une heure ou deux. « On essaye de partager un bon moment avec elle, de lui faire plaisir, pour qu’elle ne se sente pas seule », explique l’un des opérateurs. La visite est rythmée de discussions et d’anecdotes. « Ils racontent souvent leur enfance. Ce sont des personnes qui ont eu des vies remplies et extrêmement différentes. Pour les plus joueurs, on leur propose de faire un jeu de cartes », s’enthousiasme Méline. Et parfois, ce sont les personnes âgées elles-mêmes qui proposent une partie de Scrabble. « Derrière chaque appel, derrière chaque visite, il y a une attention portée à une personne. Un échange, un sourire, une présence. Souvent même une intervention qui permet d’éviter que les situations ne se dégradent. C’est cela l’esprit de la veille sociale, être présent avant qu’il ne soit trop tard. Être à l’écoute, aller vers celles et ceux qui en ont le plus besoin. Au CCAS de Marseille, nous sommes convaincus qu’une politique sociale efficace est avant tout une politique de proximité. Une politique qui protège, une politique qui innove, une politique qui ne laisse personne de côté », exprime Karim Touche, président du Centre communal d’action sociale et adjoint au maire de Marseille. À ce jour, 8 000 personnes sont inscrites dans le registre du Centre. Il est aussi possible d’inscrire quelqu’un d’autre que soit. Une initiative qui ne laisse pas indifférents les opérateurs. « Ça fait du bien. On tire des leçons de ces échanges. C’est constructif, pour les personnes âgées, mais aussi pour nous », constate Rafaël, 20 ans, opérateur et étudiant en troisième année en BUT réseau et télécommunication à Luminy. Un sentiment partagé par Méline. « J’aime le côté intergénérationnel. Je l’ai déjà fait l’été dernier. J’ai noué des liens avec certaines personnes. Revenir me permet de reprendre des nouvelles. »

  • Grand Avignon : douze associations solidaires primées

    Grand Avignon : douze associations solidaires primées

    Un dispositif porté par la fondation Vinci qui a remis un chèque global de 91 600 euros pour des projets à destinations des quartiers prioritaires de la ville (QPV). Le partenariat engagé par la fondation est double : soutien financier et soutien humain, avec la mobilisation de 19 parrains salariés des entreprises locales de Vinci. Les associations œuvrent notamment pour l’accès des habitants des QPV à une alimentation saine, à la formation, au travail, à l’exercice de leurs droits, à la création artistique ou encore à renforcer le lien social et améliorer l’environnement dans ces quartiers.

  • À Martigues, les habitants co construisent un projet de transition

    À Martigues, les habitants co construisent un projet de transition

    Un chemin serpente derrière les immeubles de Boudème. Là, un QR code attend d’être scanné par les promeneurs. Un clic amène sur une page qui recense la biodiversité communale, entre pins d’Alep, coquelicots et écureuils. C’est l’une des nombreuses actions initiées par Neede, une structure de médiation scientifique qui se donne pour mission d’accompagner les populations méditerranéennes dans leur compréhension des enjeux de la transition environnementale.

    Pourquoi méditerranéennes ? « C’est la zone la plus peuplée au monde qui se réchauffe le plus vite et qui vit, avant toutes les autres, les impacts du dérèglement climatique », explique Cyprien Fonvielle, directeur général de Neede.

    C’est à Martigues que l’organisation s’est lancée dans le tout nouveau dispositif financé par la Métropole Aix-Marseille, « Quartier en transition », qui vise à renforcer le pouvoir d’agir des citoyens et à accélérer les transitions locales grâce à un réseau d’acteurs et une méthode participative.

    Cyprien Fonvielle développe : « L’un des axes d’intervention pour nous est à destination des publics les plus fragiles, notamment les populations des quartiers prioritaires, parce que ce sont ceux qui génèrent le moins d’impact sur l’environnement et ceux qui souffrent le plus des effets induits du réchauffement climatique et de la chute de la biodiversité. (…) On considère que la transition pour être efficace doit être faite territoire par territoire. (…) Il faut arriver à comprendre les actions qu’il faut porter pour que les politiques publiques soient pleinement ancrées dans le réel de ces populations-là. »

    Une feuille de route

    Emma Chatelon et Loren Porée, chargées de projet chez Neede, ont encadré six mois d’ateliers dans les quartiers de Canto-Perdrix/Quatre Vents et de Boudème. Au total, 350 habitants ont participé à 31 rendez-vous. « On a travaillé sur trois axes : la reconnection à la nature, l’ouverture des quartiers et le lien social, puis l’orientation et l’insertion professionnelles », expliquent-elles.

    À Canto, « des habitants nous ont dit qu’il y avait une problématique de moustiques et de chenilles processionnaires, on a donc construit des nichoirs à oiseaux avec eux, qu’on a installés près du centre social », illustre Loren Porée. Neede a aussi proposé un temps sur la gestion des ravageurs et des espèces envahissantes pour les riverains qui ont une parcelle dans les jardins partagés. D’autres sujets n’ont pas pu être traités, à l’instar de la gestion des déchets et des dépôts sauvages. « Dans ce cas, on l’inscrit dans les préconisations qu’on envoie aux pouvoirs publics », précise Emma Chatelon.

    « On travaille avec les services de la Ville et de la Métropole pour définir le pas d’après, souligne Cyprien Fonvielle. L’enjeu, c’est d’essayer de faire un effet boule de neige. (…) On sait aujourd’hui que sur les questions climatiques, un euro investi, c’est cinq euros économisés demain. »

  • Un succès retentissant pour le Marseille-Cassis Solidaire

    Un succès retentissant pour le Marseille-Cassis Solidaire

    Dans sa volonté permanente de faire de l’événement bien plus qu’une simple course, Marseille-Cassis AG2R La Mondiale franchit un nouveau cap à l’occasion de sa 47e édition, qui se déroulera le 25 octobre. L’organisation lance en effet un dispositif inédit : « Marseille-Cassis Solidaire », une initiative qui associe défi sportif et engagement citoyen.

    Grâce à cette nouvelle formule, la course devient une opportunité de vivre l’expérience autrement, en donnant une dimension sociale, environnementale ou inclusive à sa participation. Pour cette première édition, quatre associations engagées sur le territoire provençal ont été retenues, chacune incarnant une grande cause et les valeurs de l’événement.

    La Maison des Femmes Marseille Provence accompagne les femmes victimes de violences grâce à une prise en charge globale destinée à les protéger et à les aider à se reconstruire. Sauvage Méditerranée œuvre pour la préservation de la biodiversité marine en Méditerranée, en associant recherche scientifique, sensibilisation et actions de terrain. Sport dans la Ville accompagne des jeunes issus des quartiers prioritaires vers l’insertion professionnelle grâce au sport. Enfin, la Fondation Ambroise Paré / Hôpital Européen soutient des projets visant à améliorer la prise en charge des patients ainsi que les conditions de travail des soignants marseillais.

    90 ambassadeurs investis

    Chaque association dispose de 250 dossards. Pour obtenir le sien, chaque participant doit s’engager à collecter au minimum 200 euros de dons au profit de l’une des quatre structures sélectionnées. « On a lancé un appel à projets et reçu plus de 50 candidatures. Mais on a voulu embarquer un nombre limité d’associations pour voir comment le dispositif allait fonctionner », explique Loïc Yviquel, initiateur du projet aux côtés d’André Giraud, créateur de Marseille-Cassis et ancien président de la Fédération française d’athlétisme (FFA).

    « Nous avons choisi des associations ni trop importantes, afin que les sommes récoltées aient un véritable impact pour elles, ni trop petites, pour qu’elles puissent absorber la charge de gestion », poursuit-il. Et les premiers résultats dépassent déjà les attentes.

    Six semaines après l’ouverture des cagnottes solidaires, le 4 mai, plus de 110 000 euros ont été récoltés. « Nous avons déjà atteint plus de 50% de notre objectif initial, fixé à 200 000 euros au total, soit 50 000 euros pour chaque association », détaille l’ancien responsable marketing de la FFA, qui souligne que certains participants ont déjà recueilli individuellement plus de 1 000 euros.

    Parmi les 250 représentants de chaque association, 90 auront le statut d’ambassadeur. Leur mission : mobiliser leur entourage et leur communauté afin de maximiser la collecte de dons. Parmi eux figure notamment la triple championne du monde de karaté Laurence Fischer, engagée aux côtés de La Maison des Femmes Marseille Provence. Le groupe d’électropop aixois Deluxe soutiendra quant à lui Sauvage Méditerranée, avec l’un de ses membres au départ de la course.

    « La somme récoltée sera investie dans les ateliers d’estime de soi que nous proposons aux femmes suivies chez nous. En complément de leurs consultations, elles peuvent pratiquer le karaté, la danse, le jardinage, participer à des ateliers d’écriture ou encore suivre des cours de cuisine. Cela leur permet de recréer du lien social », souligne Fanny, chargée de développement à La Maison des Femmes. Pour l’association, atteindre les 50 000 euros représenterait un précieux soutien.

  • [Quoi de neuf] Pénélope Diot : « On a voulu raconter des histoires de femmes »

    [Quoi de neuf] Pénélope Diot : « On a voulu raconter des histoires de femmes »

    Olivier Nottale : Pouvez-vous présenter votre association ?

    Pénélope Diot : Jasmin d’Orient existe depuis 20 ans dans le quartier Saint-Martin/Tournezy à Montpellier. Elle a été fondée par Samia Khouaja qui est toujours la présidente. À la base, l’association propose des cours d’apprentissage du français et des cours de gym. En arrivant dans ce quartier prioritaire avec beaucoup de familles monoparentales, Samia a vu beaucoup de femmes isolées sans activité. Elle a eu envie de créer des espaces pour ces femmes pour qu’elles puissent créer du lien, sortir de chez elles, de l’isolement. C’est aussi une association où il y a beaucoup de jeunes. On leur a proposé des actions culturelles, des sorties, des séjours, des cafés rencontres sur de l’accompagnement à la parentalité. C’est une association à l’écoute des besoins des territoires en offrant des solutions, des espaces, des projets participatifs. À travers l’apprentissage du français, la culture ou l’accès au sport, on va créer du lien social. On se décrit comme une association socio-culturelle.

    Rémy Cougnenc : Vous avez 20 bénévoles et 6 salariés. Ce sont des jeunes du quartier qui s’investissent ?

    P.D. : La plupart des bénévoles sont des enseignants FLE (français langue étrangère). Ils participent à nos actions dans l’espace public. Par exemple pendant deux ans au festival « Au rythme de la vie » qui n’a pas pu être maintenu pour des raisons financières. On a aussi des bénévoles de l’accompagnement scolaire du lundi au jeudi avec un maillage intergénérationnel.

    Rémy Cougnenc : Avez-vous perçu un risque de décrochage scolaire dans ce quartier en raison de la barrière de la langue par exemple ?

    P.D. : Une des problématiques de ce quartier c’est effectivement qu’on a beaucoup de jeunes en décrochage scolaire entre 16 et 25 ans. Des acteurs sont mobilisés comme la mission locale. Mais il y a un enjeu sur la jeunesse. On propose des stages d’initiation à la photographie, on a un agrément jeunesse et éducation populaire, on propose des débats philos avec des intervenants…

    Rémy Cougnenc : Les parents viennent-ils davantage vers vous de peur que leurs enfants ne tombent dans le fléau du narcotrafic ?

    P.D. : Il y a une inquiétude des parents et nous aussi notre rôle est de rassurer de mettre en lien avec des structures psy. La santé mentale est un sujet dans les quartiers et il y a peu de structures. Il faut déconstruire les idées reçues. On propose des espaces avec les mamans, autour de goûters on discute de troubles de santé mentale, sur comment discuter avec son adolescent… Les mamans se rassurent entre elles, se rendent compte qu’elles ne sont pas seules. On essaye de dynamiser le quartier parfois diabolisé dans les médias, de ne pas le rendre fantôme.

    Olivier Nottale : C’est vrai que les quartiers sont souvent stigmatisés sur de fausses idées…

    P.D. : C’est ce qu’on défend avec Samia. Les jeunes sont mobilisés dans ces quartiers, il y a beaucoup de solidarité, une interculturalité aussi. Le mélange des cultures crée du lien et des choses magnifiques. On essaye de valoriser l’image des quartiers.

    Rémy Cougnenc : De quels pays sont originaires les gens qui viennent vers l’association ? Avez-vous des Syriens, des Ukrainiens ?

    P.D. : Le cœur de l’activité de l’association c’est l’apprentissage du FLE. On compte 57 nationalités différentes. Il y a des apprenants qui viennent de partout dans le monde et de plusieurs endroits de Montpellier. On n’est pas cantonné à Saint-Martin. Cela crée des échanges riches. On développe des actions culturelles grâce à cette interculturalité. Par exemple, pour notre exposition créée cette année, on a 10 personnes de 6 nationalités différentes. On a des femmes du Liban, un homme d’Algérie, une femme d’Albanie… Aussi une personne qui vient d’Ukraine, beaucoup d’Amérique du Sud : Colombie, Mexique, Brésil. On a aussi des femmes chinoises, thaïlandaises, vietnamiennes…

    Olivier Nottale : Cette exposition sonore propose une rencontre avec des récits de femmes marquées par le déplacement, la transmission et la mémoire. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    P.D. : C’est une exposition qui est le résultat d’actions collectives. L’idée c’est de créer une participation active des personnes. Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes (le 8 mars), on a voulu raconter des histoires de femmes. C’est une exposition sonore. On a enregistré 7 personnes (10 ont participé aux ateliers) pour faire revivre leurs anecdotes, leurs histoires. L’idée c’était de parler de soi en tant que femme ou bien de parler d’une femme qu’on connaît : sa mère, sa sœur… et de croiser ces mémoires. On peut se rendre à cette exposition au Café social, près de la tour Saint-Martin. On est en train de visiter d’autres lieux d’exposition pour faire circuler ces récits, que d’autres personnes puissent les écouter dans d’autres quartiers et communes. On s’est aperçus que peu importe d’où on vient, des histoires très personnelles peuvent toucher d’autres gens.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.