Tag: Les Républicains

  • Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Perceptible dès le soir du 1er tour où Aurélien Lopez-Liguori était arrivé largement en tête (38,44%), la catastrophe a bien eu lieu, dimanche 22 mars en Agde. Le sage retrait du maire sortant Sébastien Frey (3e avec 20,74%) n’y a rien fait. La « perle noire de la Méditerranée » s’est fait emporter par une vague brune. Dans son duel qui l’opposait au médecin agathois divers droite Thierry Nadal (45,13%), Aurélien Lopez-Liguori (54,87%) l’a emporté avec 1 652 voix d’avance et une participation correcte (64,75%) qui ne laisse aucune place au doute.

    Quatrième ville la plus peuplée du département, Agde est donc la première ville héraultaise à basculer aux mains du RN. Terrible pour les habitants de ce territoire sinistré qui compte l’un des taux de chômage les plus élevés de France (17,6%). Mais est-ce bien étonnant ? Dès 2007, Agde avait massivement plébiscité N. Sarkozy (62,47% au 2e tour). Aux deux dernières Présidentielles de 2017 et 2022, M. Le Pen est chaque fois arrivée en tête contre E. Macron (54,37% puis 60,14%).

    Si bien qu’aux législatives 2022, l’élection du député RN Aurélien Lopez-Liguori (59,19%) au 2e tour contre le communiste Gabriel Blasco n’avait surpris personne. Pas plus que sa large réélection aux législatives anticipées de 2024. Ce qu’on n’aurait pas imaginé en revanche, c’est que le député RN soit reconduit dès le 1er tour (51,66%).

    A. Rivière (PS) contre le RN ?

    Nul besoin de se remémorer le score famélique de la gauche au 1er tour de ces municipales (Arthur Labatut 6,52%) pour savoir que depuis longtemps Agde penche très à droite. Mais jusqu’ici, Les Républicains gardaient la main localement. La folie des grandeurs de l’ancien maire démissionnaire (31 mai 2024) Gilles d’Ettore, mis en examen dans l’affaire de la voyante Sophia Martinez, a provoqué la bascule. Comptable aux yeux des électeurs de cette politique favorable aux promoteurs, son successeur depuis près de 2 ans, Sébastien Frey, n’a pas réussi à incarner le renouveau à droite. Du pain béni pour Lopez-Liguori qui laisse son siège de député à son suppléant, Bernard Chaumeil.

    Reste à savoir si l’ombre de l’extrême droite peut s’étendre jusqu’à l’Agglo Hérault Méditerranée. Brillamment réélu au 1er tour à Pézenas et en réflexion, Armand Rivière pourrait avoir des ambitions. Mais le socialiste n’a que 5 sièges à l’Agglo plus les 3 de son homologue PS Vincent Gaudy reconduit à Florensac contre 13 acquis au RN avec Agde. D’autant que le maire DVD de Bessan (4 sièges), Stéphane Pépin-Bonet, a de bonnes relations avec Lopez-Liguori. Sachant qu’il faut 30 sièges pour prendre l’Agglo, le choix des maires de Portiragnes, Lézignan ou Saint-Thibéry (…) sera prochainement décisif.

  • À Toulon, pas de fusion entre Josée Massi et Michel Bonnus

    À Toulon, pas de fusion entre Josée Massi et Michel Bonnus

    Au soir du premier tour, Michel Bonnus n’a pas tergiversé : sans attendre les résultats définitifs, sa défaite, qui semblait déjà claire, l’a poussé à prendre ses responsabilités et à annoncer son retrait, tel qu’il l’a « toujours dit si (il) arrivait en troisième position ». « Ce soir, un seul mot d’ordre : éviter l’acte 2 de 95 et du Rassemblement national à Toulon le 22 mars », martelait-il, demandant cependant à celle à qui il avait chipé l’investiture LR de « discuter, pour montrer qu’on a réalisé du travail ».

    Une rencontre qui a eu lieu ce lundi entre les deux camps. Et si on se posait, au sortir du premier tour, la question d’une possible fusion des deux listes, les propos du sénateur Républicain n’excluant pas cette option, le camp de la maire sortante a tranché : « On conserve la même liste pour le second tour », a affirmé son colistier Julien Orlandini.

    Rupture définitive

    avec les Républicains ?

    S’il reconnaît qu’il y a eu « des discussions autour de la question de la fusion » le président de la CAF du Var confirme que « Josée Massi a été très claire. Les Toulonnais ne comprendraient pas qu’après avoir dit qu’on n’était pas une liste partisane, et qu’on n’était pas dans une approche d’appareils, on puisse travailler sur des fusions, sur des combinaisons politiques. Il faut être fidèle au choix qu’ils ont fait, car ils ont été près de 30% à soutenir Josée Massi ».

    Un postulat qui ressemble à une volonté marquée de rompre définitivement avec le clan Républicain, qui lui a tourné le dos il y a quelques mois, et qui aujourd’hui lui apporte, à l’image de Jean-Louis Masson, le président du Département, un soutien contraint et du bout des lèvres : « On accueille les soutiens, on les remercie. (Mais) on parle de projet, de vision pour Toulon, de comment converger et se rassembler pour une ville apaisée, qui ne soit pas divisée, ni gérée par un parti », confirme Julien Orlandini, qui reconnaît toutefois qu’« il y a des histoires communes avec Michel Bonnus. On a des convergences sur le projet, ça a été dit au premier tour. C’est cela qui nous occupe aujourd’hui », sans donner davantage de détails, répétant simplement que des discussions étaient en cours.

    Toulon en commun et Magali Brunel, qui ont aussi apporté leur soutien à la maire sortante dès l’issue du scrutin, lui ont également tendu la main, après la désillusion de ne plus compter d’élu de gauche ou écologiste à la mairie. « Nous souhaitons trouver un chemin avec Josée Massi pour continuer à porter un projet de progrès et à faire échouer le RN », appuyait la tête de liste (PS) ce lundi. Du côté de LFI et Isaline Cornil, pas de soutien formel, mais « une seule consigne : pas une voix ne doit aller à la liste RN de Laure Lavalette ».

  • [Vaucluse] La droite espère conserver ses derniers bastions

    [Vaucluse] La droite espère conserver ses derniers bastions

    Satellisée à Avignon (lire page précédente), disparue de l’Assemblée nationale, la droite vauclusienne conserve toutefois plusieurs villes d’importance. À Cavaillon, sous giron de la droite depuis 1989, le maire Gérard Daudet se représente. Et comme il y a six ans, il affrontera Bénédicte Auzanot (RN) en principale opposante qu’il avait largement battue au second tour avec 65% des voix. Sauf qu’entre-temps, la représentante d’extrême droite a été élue par deux fois députée. Dans ce duel annoncé, Patrick Blanès (PS, union de la gauche) tentera de bien figurer.

    La sous-préfecture d’Apt, 25 ans de droite au compteur, est aussi scrutée de près. Maire en 2020, Dominique Santoni (LR) a été contrainte de laisser la mairie un an plus tard, une fois élue présidente du Département. Sa successeure Véronique Arnaud-Deloy ne se représentant pas, c’est Jean Aillaud, 1er adjoint, qui a été désigné pour prendre la suite dans la majorité. Une décision longue à maturer où Dominique Santoni sera 2e de liste. Là aussi, l’extrême droite a monté une liste au dernier moment et risque d’affaiblir la droite classique qui a, en face, deux listes DVG. Ce vendredi, dans une vidéo, Dominique Santoni, s’est dite « révoltée, triste, désabusée » face « aux attaques personnelles, mensonges, documents manipulés, tracts anonymes » qui proviendraient de l’extrême droite.

    Une domination sénatoriale

    à garder

    Du côté de L’Isle-sur-la-Sorgue, Pierre Gonzalvez (LR) vise un 4e mandat consécutif. Le président de l’Association des maires de Vaucluse a trois adversaires face à lui, dont le RN et une liste d’union de gauche. Enfin, à Vaison-la-Romaine, les électeurs auront le même choix qu’en 2020 entre le maire sortant Jean-François Périlhou, président des LR 84, et la conseillère départementale Sophie Rigaut (PS). De ces résultats dans les communes donneront le La pour les sénatoriales de septembre, où la droite a deux sénateurs sur trois.

  • À Avignon, le chant du cygne des Républicains sans soutien officiel

    À Avignon, le chant du cygne des Républicains sans soutien officiel

    C’est une page politique symbolique qui se tourne à Avignon : les Républicains n’auront pas de candidat ni de soutien officiel. « Le parti n’a investi personne », nous annonce Julien Aubert, vice-président LR, qui a longtemps mené une précampagne avant de renoncer en novembre.

    Cela ne veut pas dire pour autant que le parti de droite historique ne sera pas représenté au conseil municipal. Depuis le retrait de Julien Aubert, Serge Perramond avait reçu mandat du parti pour discuter avec des partenaires potentiels (notre édition du 13 janvier). Celui-ci devrait être sur la liste d’Olivier Galzi, mais avec sa casquette de secrétaire du mouvement Avignon Passion, lancé par Julien Aubert, et qui s’est rallié à Olivier Galzi, mi-janvier. À titre personnel et associatif mais donc pas avec sa casquette partisane. « La campagne n’est pas encore arrivée à son terme », temporise Serge Perramond, embarqué dans une curieuse dichotomie.

    « Olivier Galzi n’a pas souhaité demander l’investiture LR, ce qui signifie que si Serge Perramond est sur sa liste, ce sera davantage au nom de son action au sein d’Avignon Passion que de LR », décrypte Julien Aubert. Olivier Galzi, qui a eu l’appui de l’UDI et d’Horizons, n’en désire pas plus, ne « croyant plus aux partis pour relever notre ville ». Le recul annoncé de LR devrait avoir des conséquences aux sénatoriales de septembre alors que le parti a deux sénateurs sur trois en Vaucluse.

  • Aigues-Mortes : l’obsession touristique fait la loi

    Aigues-Mortes : l’obsession touristique fait la loi

    La campagne des municipales 2026 est bel et bien lancée à Aigues-Mortes. Trois candidatures, trois stratégies… mais une même réalité politique : le débat se joue exclusivement entre le centre et la droite, laissant orphelins celles et ceux qui espéraient un véritable changement de cap et une ville plus sociale qui prendrait en compte les besoins de toute sa population. Premier à se lancer, Stéphane Pignan, avocat et conseiller municipal depuis 2014, revendique son appartenance à Horizons, tout comme le maire sortant Pierre Mauméjean. Ce dernier, après avoir acté qu’il ne briguerait pas de troisième mandat, a d’ailleurs choisi de rejoindre son ancien opposant. Un ralliement présenté comme naturel par les intéressés, qui parlent d’« atomes réciproques » et d’une opposition « constructive ». Sur le terrain, cette alliance interroge : elle donne surtout le sentiment d’une continuité politique assumée, plus que d’un véritable renouvellement.

    Face à ce duo, Noémie Albecq-Mégias avance avec une ligne encore plus marquée à droite. Proche des idées de Bruno Retailleau, elle sollicite le soutien de LR et revendique un projet axé sur les traditions, l’ordre et l’attractivité. Elle a déjà rallié plusieurs élus de la majorité municipale, dénonçant une alliance Pignan-Mauméjean « guidée par les calculs politiques ». Là encore, la bataille se joue à l’intérieur du même camp idéologique. Cédric Bonato, ancien maire (2008-2014) et conseiller municipal d’opposition depuis, tente de se démarquer avec une candidature « sans étiquette » et un discours centré sur l’urbanisme, le cadre de vie et le surtourisme. Il plaide pour que la cité gardoise « reprenne son avenir en main », en promettant un « urbanisme humain, lisible et concerté ». Des thématiques légitimes, mais déconnectées d’un projet social plus large.

    Pas d’alternative sociale

    Car c’est bien là le grand absent de cette campagne naissante : une alternative clairement progressiste, capable de porter la voix des habitants à l’année, des salariés, des jeunes, des familles exclues du marché immobilier, face à une ville de plus en plus soumise aux logiques touristiques et foncières. À ce stade, les électeurs aigues-mortais n’ont pas à choisir entre des projets de société, mais entre différentes variantes d’une même orientation politique.

  • Les premiers soutiens de Nora Preziosi et Erwan Davoux

    Les premiers soutiens de Nora Preziosi et Erwan Davoux

    À Marseille, ce sont toujours les mêmes au pouvoir qui décident de tout. » Dans le nouveau QG de campagne de Marseille pour tous sur la rue Colbert, Nora Preziosi, ex-présidente déchue de 13 Habitat, exige du changement dans le champ politique marseillais, dont elle a fait partie depuis de nombreuses années. Ce jeudi, elle présentait avec Erwan Davoux, tête de liste de son nouveau mouvement et ancien directeur des affaires internationales au Département des Bouches-du-Rhône, leur équipe de campagne. Une façon pour les deux candidats de se présenter comme liste dite « citoyenne ».

    Ils étaient donc huit soutiens ce jeudi à affirmer leur engagement dans ce nouveau mouvement en lice pour les municipales de 2026.

    Parmi eux, une mère au foyer, un médecin, une avocate, un conseiller à France travail, un contrôleur SNCF ou encore un commissaire de justice, mais également deux anciennes élues au conseil municipal. Elisabeth Saïd, pressentie pour la liste des 2-3, a été la première femme noire au conseil municipal en 2008, élue avec le PS mais qui a rejoint l’UMP en 2013. Isabelle Laurent a quant à elle été élue au conseil municipal de 2014 à 2020 sur une liste Les Républicains et était colistière en 2020 avec Bruno Gilles du parti d’Horizons.

    Une liste qui se revendique pourtant « sans étiquette », insiste Nora Preziosi. Et d’ajouter : « Nous ne sommes ni de gauche, ni de droite, nous acceptons tout le monde sauf les extrêmes », désignant l’extrême droite et la France insoumise. Un propos plus nuancé pour Akim Mimoun, soutien du mouvement et ancien militant avec Pape Diouf, qui affirme que les « seuls ennemis sont l’extrême droite ». Pour cette nouvelle équipe de campagne l’objectif est de « rassembler tous les Marseillais peu importe leurs origines et leur couleur politique ».

    « On souhaite que chaque Marseillais amène une idée, et que l’on coconstruise notre programme », affirme Erwan Davoux. Un programme a coconstruire mais où la sécurité a toutefois été désignée comme le sujet prioritaire par l’ancien directeur des relations internationales du Département, aujourd’hui en guerre ouverte avec Martine Vassal. Il évoque par ailleurs la volonté de laisser 10, 12% de place sur les listes pour des Marseillais qui répondraient à un appel à candidature, sans préciser la place qu’ils auraient dans les listes.

    Erwan Davoux semble d’ailleurs être pressenti pour mener la liste de la mairie centrale. Dans les secteurs, seules deux têtes de liste ont été annoncées pour le moment : Saïd Ouichou, médecin dans les quartiers Nord pour les 15-16 et Nora Preziosi dans les 13-14.

  • Draguignan : l’ancien maire socialiste Christian Martin appelle à réélire Richard Strambio

    Draguignan : l’ancien maire socialiste Christian Martin appelle à réélire Richard Strambio

    Il est le dernier édile de gauche à avoir brigué la mairie, entre 1995 et 2001, avec l’étiquette socialiste. Aujourd’hui, c’est par pragmatisme que Christian Martin dit soutenir la candidature – pas encore officielle – de Richard Stambio (DVD), maire de Draguignan depuis 2014, à sa réélection. « Il est le seul à pouvoir battre l’extrême droite au second tour », justifie le désormais ex-socialiste, parti qu’il a quitté en 2010. « Il faut éviter de diviser le camp des adversaires de l’extrême droite. Et malheureusement, vue la configuration, une liste de gauche n’a aucune chance. »

    Une prise de position qu’il ne considère pas comme une attaque envers la liste « Uni.e.s pour Draguignan » : « Je respecte leur démarche, qui est intéressante. Mais il aurait fallu une tête de liste connue de la population. » Ni comme un reniement des idées de gauche, qu’il veut insuffler via le collectif « Voix de gauche », constitué à cet effet, « en intégrant au programme des propositions qui répondront aux attentes des électeurs de gauche, pour qu’ils ne soient pas les supplétifs de la droite face à l’extrême droite. J’ai confiance en M. Strambio sur le dialogue ».

    « Voix de gauche » poursuivra ses activités durant le mandat, « en relation avec les partis de gauche », espère Christian Martin, pour qui « il faut recréer un mouvement qui pèse sur le débat et faire émerger une personnalité ». Quant au soutien au maire sortant apporté par LR, « il n’est pas investi mais soutenu. Il a intérêt à marcher sur ses deux jambes », tranche-t-il, admettant que cela « pourrait [le] déranger en termes d’image ».

    « Un ancien de gauche, comme Manuel Valls »

    Du côté d’Uni.e.s pour Draguignan, on dit « se moquer » de cette décision : « Il fait partie du passé. Peu de gens le connaissent. Ce qui nous intéresse, c’est développer nos axes », réagit Christophe Terras, l’un des porte-parole de la liste. « Nous sommes l’une des rares villes où la gauche est unie, et c’est dommage que des gens qui se disent de gauche, mais ne le sont plus depuis longtemps, ne participent pas. M. Martin a un parcours banal, d’ancien de gauche qui se découvre une attirance pour la droite, comme Manuel Valls. »

    Pour Christophe Terras, « ce sont les élections et notre travail de terrain qui feront émerger quelqu’un. Sa façon de travailler, à lui, ce sont des apéros dînatoires avec la mairie. Il est dans le renoncement, nous sommes dans la reconstruction de la gauche. Et il risque de favoriser l’extrême droite en faisant perdre des voix ». De son côté, le maire en place annonce se garder de tout commentaire avant d’avoir déclaré sa candidature.

  • Sécu : un budget 2026 de coupes jamais vues

    Sécu : un budget 2026 de coupes jamais vues

    Le projet de budget de la Sécurité sociale a débuté son chemin à l’Assemblée lundi dernier, en commission des Affaires sociales, pour des débats qui s’annoncent explosifs, entre la suspension de la réforme des retraites, et des économies exceptionnellement fortes.

    Les oppositions ont d’ores et déjà supprimé les mentions des objectifs de dépenses et recettes du gouvernement, ou encore les prévisions de dépenses de santé pour cette année, les estimant tantôt « insincères », tantôt insuffisantes face aux besoins, notamment à l’hôpital. Un tour de chauffe qui a permis surtout d’observer les positions de chaque force politique, car les députés repartiront quoi qu’il arrive du texte initial dans l’hémicycle le 4 novembre pour un vote prévu le 12.

    Et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) est sous le feu des critiques des oppositions, en raison des économies massives pour réduire le déficit à 17,5 milliards en 2026 (23 milliards en 2025). « Le débat est ouvert » et la version finale « sera bien différente », ont répété les différents ministres en charge du texte, tout en affirmant la nécessité de maîtriser les dépenses, et « responsabiliser » tous les acteurs. La mesure phare restera quoi qu’il arrive la suspension de la réforme des retraites, promise aux socialistes en échange de leur non-censure. Le projet suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein. Au cours de l’examen, les Républicains proposeront de supprimer cette suspension, tandis que les socialistes chercheront à y intégrer les carrières longues. Si l’Assemblée vote la suspension, le Sénat, contrôlé par la droite et les centristes, rétablira la réforme, a prévenu samedi dernier le président de la chambre haute, Gérard Larcher (LR). Le coût de la suspension est estimé à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027. Pour la financer, les options retenues -une mise à contribution des complémentaires santé et des retraités – font controverse. D’autant que le projet de budget est d’une exceptionnelle rigueur financière. L’exécutif y limite la hausse des dépenses d’Assurance maladie à 1,6%, alors qu’elles progressent naturellement chaque année d’environ 4%. Et il table sur sept milliards d’économies en santé, pour beaucoup douloureuses. Plusieurs mesures ciblent les malades : nouvelle hausse des franchises (reste à charge des patients sur les consultations et médicaments), moindre remboursement chez le dentiste, limitation de la durée d’un premier arrêt maladie… Ce projet est « profondément injuste et inefficace », a jugé France Assos Santé, principale fédération d’associations de patients. C’est « la pire cure d’économies depuis les années 2010 », selon les fédérations hospitalières. Autres propositions décriées : une taxation supplémentaire des complémentaires santé, -qui fait débat jusque dans le camp gouvernemental-, une taxation des cotisations patronales sur les tickets-restaurants et œuvres du CSE, ou encore une surcotisation sur les dépassements d’honoraires des médecins. Le gel des pensions et de l’ensemble des prestations sociales (RSA, allocations familiales, APL…) en 2026, pour dégager 3,6 milliards d’euros d’économies, provoquera aussi de vifs débats. L’équation s’annonce particulièrement difficile pour le gouvernement Lecornu. Olivier Faure (PS) agite le spectre si le gouvernement ne cède pas ce vendredi en faveur d’une taxe sur les hauts patrimoines lors de l’examen du budget de l’État.

  • [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    La Marseillaise : Avec vos nominations pour diriger la campagne de Martine Vassal il y a deux semaines, c’est le choix d’un équilibre entre les tendances politiques et les générations qui s’est fait ?

    Laure-Agnès Caradec : C’est le binôme des tendances, parce qu’on va d’une droite clairement affirmée au centre et aux écologistes modérés. Et une Génération pour Marseille incarne cette nouvelle génération qui a envie de se battre pour Marseille, qui est force de propositions. Après, il y a ceux qui ont l’expérience de plusieurs campagnes, la connaissance de cette ville, des dossiers. C’est un bon complément. L’objectif, c’est de mettre le pied à l’étrier à une nouvelle génération, c’est la transmission.

    Romain Simmarano : Il y a l’équilibre et il y a l’offensive ! C’est une façon pour Martine Vassal de dire : mon équipe est prête, on peut lancer immédiatement une campagne de conquête de la deuxième ville de France, qui aujourd’hui souffre, est en difficulté, mais mérite qu’on donne une perspective. Dès notre nomination, nous avons mis en place l’ossature de cette campagne. Au fil des mois qui s’annoncent, nous allons faire beaucoup de propositions, chacune bien ciselée, travaillée, financée, argumentée pour montrer qu’un autre destin est possible et que nous ne sommes pas obligés de nous contenter de ce à quoi on a assisté depuis cinq ans.

    Lancer cette nouvelle génération,
    ce n’est pas aussi une façon de tourner la page des années Gaudin, voire de préparer plutôt
    les municipales de 2032
     ?

    R.S. : Personne ne se détermine ni par rapport au passé, ni par rapport à un futur incertain. On se détermine par rapport à 2026. C’est le dernier virage pour éviter le déclin de Marseille, l’opportunité de saisir la balle au bond d’un vrai renouveau. Cette promesse du Printemps marseillais a été trahie et bafouée par Benoît Payan.

    On a vu ce « socle commun » éclater au niveau national. Au niveau local, Sabrina Agresti-Roubache fait des vagues, Frédéric Collart
    s’est lancé… Ça va tenir
     ?

    L.-A.C. : Il y a peut-être des individualités. Mais tous les blocs politiques sont alignés pour faire une large union et mener campagne. Nous avons commencé tous les samedis à aller tracter, à aller à la rencontre des Marseillais. Personne ne se pose la question de la couleur politique. Et tous les samedis nous sommes nombreux dans chaque secteur, c’est le signe de cet enthousiasme autour de notre candidate Martine Vassal.

    R.S. : Aucune aventure individuelle ne permettra de régler les problèmes de Marseille. Seule l’unité compte, seul le collectif est capable de transformer une ville comme la notre.

    Face à l’extrême droite, Bruno Retailleau avait appelé à ne pas voter pour le PS. Vous comptez faire pareil à Marseille ?

    R.S. : Les élections qui se préparent vont être profondément marquées par le désordre national auquel nous assistons collectivement. Il faut être capable de dire que ce désordre n’est pas le notre, et que la bataille du premier tour n’est pas celle du second tour. Si on veut être cohérent, il faut être capable de parler de ce qu’on propose, pas des autres. Le temps du second tour viendra et chacun saura prendre ses responsabilités.

    Le départ des Galeries Lafayette est au cœur de l’actualité. On peut se contenter comme projet d’un référendum avec des images par intelligence artificielle ?

    R.S. : Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas se contenter d’agiter un projet qui n’existe pas, déposé ni à l’Élysée, ni à la préfecture, ni au ministère de la Culture, en demandant comme à chaque fois à l’État de payer. Ce projet fumeux, c’est faire venir la Philharmonie de Paris à Marseille. Ça coûterait 300 millions d’euros minimum. Et comme toujours avec Benoît Payan, c’est Emmanuel qui paye ! Martine Vassal fait des propositions concrètes, immédiatement applicables, finançables, travaillées. Et qui donnent la parole aux Marseillais. Depuis combien de temps on ne leur a pas donné la parole ? C’est une méthode qui change.

    La dernière fois qu’on a donné la parole aux Marseillais, ils ont dit : « la droite, on a testé, on n’en veut plus… »

    L.-A.C. : C’était la droite désunie, il ne faut pas oublier. Aujourd’hui, nous sommes dans une configuration de rassemblement et de dynamique. Démarrer la campagne si tôt permet d’aller à la rencontre des Marseillais pour créer cette envie.

    R.S. : Notre équipe, ce n’est pas la droite. C’est la droite, le centre, les écologistes raisonnables, les sociaux-démocrates… Tous les Marseillais qui ne veulent pas faire de choix entre un système défaillant, celui de Benoît Payan, l’héritier de Jean-Noël Guérini, et des extrêmes qui n’ont rien d’autre à proposer que la désunion et la haine.

    Martine Vassal, dans « Valeurs Actuelles », dit qu’elle s’inspire à la fois de Robert Ménard et de Christian Estrosi. Cette campagne ne fait-elle pas, comme le reprochait Lionel Royer-Perreaut, des coups de godille entre le centre et l’extrême droite ?

    R.S. : Elle dit qu’elle s’inspire de ce qui a été fait dans les villes, c’est très différent. Qui peut dire qu’on n’aurait pas besoin, demain, d’une BAC municipale capable de harceler les dealers, les petits délinquants pour empêcher les rues de Marseille d’être occupées en permanence par ces délinquants ? Qui peut dire qu’on n’a pas besoin de cinq fois plus de caméras de vidéoprotection, d’un centre de supervision urbain algorithmique avec la possibilité de repérer les dangers, les agressions, les hurlements ? Toutes les recettes sont bonnes à prendre du moment qu’elles assurent le bien vivre, qu’elles restaurent l’ordre et nous donnent du souffle pour construire le Marseille dont on rêve.

  • Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    C’est un nouveau coup de théâtre auquel Les Républicains nous ont habitués. Que va-t-il advenir des six membres qui ont bravé l’interdit de Bruno Retailleau pour rejoindre l’éphémère gouvernement Lecornu II ? Leur sort définitif sera tranché par les instances du parti dans les prochains jours.

    La décision risque de coûter cher au parti de droite. Car parmi eux, Annie Genevard, reconduite au ministère de l’Agriculture. Poids lourd de LR, elle a été nommée au début de l’année présidente de la stratégique commission nationale d’investiture (CNI). Figure également Rachida Dati qui poursuit son activité à la Culture, alors qu’elle vient tout juste d’être investie par les Républicains comme candidate à la mairie de Paris. La droite va-t-elle s’en priver à quelques mois de l’élection ?

    Reconduit aux Transports, Philippe Tabarot a écrit à ses collègues du Sénat en leur disant qu’il était « cohérent avec la position qui était celle des Républicains jusqu’au 5 octobre dernier ». Les trois autres LR à entrer au gouvernement sont tous députés : Vincent Jeanbrun (Logement), Sébastien Martin (Industrie) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur et attractivité). Avec une cinquantaine d’élus, les députés LR occupent une position pivot à l’Assemblée et constituent aux côtés du bloc macroniste la deuxième composante du socle commun.

    En première ligne en cas de dissolution, ils étaient largement favorables à la participation au gouvernement Lecornu II, contrairement aux sénateurs qui ont soutenu la position de Bruno Retailleau. Après la dissolution de juin 2024, de nombreux députés LR avaient sauvé leur siège face au RN, en grande partie grâce à leur ancrage local. Mais aussi grâce au front républicain, auquel ils n’ont pourtant pas appelé.