Tag: Les Républicains

  • [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    [Entretien] « La promesse du Printemps marseillais a été bafouée »

    La Marseillaise : Avec vos nominations pour diriger la campagne de Martine Vassal il y a deux semaines, c’est le choix d’un équilibre entre les tendances politiques et les générations qui s’est fait ?

    Laure-Agnès Caradec : C’est le binôme des tendances, parce qu’on va d’une droite clairement affirmée au centre et aux écologistes modérés. Et une Génération pour Marseille incarne cette nouvelle génération qui a envie de se battre pour Marseille, qui est force de propositions. Après, il y a ceux qui ont l’expérience de plusieurs campagnes, la connaissance de cette ville, des dossiers. C’est un bon complément. L’objectif, c’est de mettre le pied à l’étrier à une nouvelle génération, c’est la transmission.

    Romain Simmarano : Il y a l’équilibre et il y a l’offensive ! C’est une façon pour Martine Vassal de dire : mon équipe est prête, on peut lancer immédiatement une campagne de conquête de la deuxième ville de France, qui aujourd’hui souffre, est en difficulté, mais mérite qu’on donne une perspective. Dès notre nomination, nous avons mis en place l’ossature de cette campagne. Au fil des mois qui s’annoncent, nous allons faire beaucoup de propositions, chacune bien ciselée, travaillée, financée, argumentée pour montrer qu’un autre destin est possible et que nous ne sommes pas obligés de nous contenter de ce à quoi on a assisté depuis cinq ans.

    Lancer cette nouvelle génération,
    ce n’est pas aussi une façon de tourner la page des années Gaudin, voire de préparer plutôt
    les municipales de 2032
     ?

    R.S. : Personne ne se détermine ni par rapport au passé, ni par rapport à un futur incertain. On se détermine par rapport à 2026. C’est le dernier virage pour éviter le déclin de Marseille, l’opportunité de saisir la balle au bond d’un vrai renouveau. Cette promesse du Printemps marseillais a été trahie et bafouée par Benoît Payan.

    On a vu ce « socle commun » éclater au niveau national. Au niveau local, Sabrina Agresti-Roubache fait des vagues, Frédéric Collart
    s’est lancé… Ça va tenir
     ?

    L.-A.C. : Il y a peut-être des individualités. Mais tous les blocs politiques sont alignés pour faire une large union et mener campagne. Nous avons commencé tous les samedis à aller tracter, à aller à la rencontre des Marseillais. Personne ne se pose la question de la couleur politique. Et tous les samedis nous sommes nombreux dans chaque secteur, c’est le signe de cet enthousiasme autour de notre candidate Martine Vassal.

    R.S. : Aucune aventure individuelle ne permettra de régler les problèmes de Marseille. Seule l’unité compte, seul le collectif est capable de transformer une ville comme la notre.

    Face à l’extrême droite, Bruno Retailleau avait appelé à ne pas voter pour le PS. Vous comptez faire pareil à Marseille ?

    R.S. : Les élections qui se préparent vont être profondément marquées par le désordre national auquel nous assistons collectivement. Il faut être capable de dire que ce désordre n’est pas le notre, et que la bataille du premier tour n’est pas celle du second tour. Si on veut être cohérent, il faut être capable de parler de ce qu’on propose, pas des autres. Le temps du second tour viendra et chacun saura prendre ses responsabilités.

    Le départ des Galeries Lafayette est au cœur de l’actualité. On peut se contenter comme projet d’un référendum avec des images par intelligence artificielle ?

    R.S. : Ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas se contenter d’agiter un projet qui n’existe pas, déposé ni à l’Élysée, ni à la préfecture, ni au ministère de la Culture, en demandant comme à chaque fois à l’État de payer. Ce projet fumeux, c’est faire venir la Philharmonie de Paris à Marseille. Ça coûterait 300 millions d’euros minimum. Et comme toujours avec Benoît Payan, c’est Emmanuel qui paye ! Martine Vassal fait des propositions concrètes, immédiatement applicables, finançables, travaillées. Et qui donnent la parole aux Marseillais. Depuis combien de temps on ne leur a pas donné la parole ? C’est une méthode qui change.

    La dernière fois qu’on a donné la parole aux Marseillais, ils ont dit : « la droite, on a testé, on n’en veut plus… »

    L.-A.C. : C’était la droite désunie, il ne faut pas oublier. Aujourd’hui, nous sommes dans une configuration de rassemblement et de dynamique. Démarrer la campagne si tôt permet d’aller à la rencontre des Marseillais pour créer cette envie.

    R.S. : Notre équipe, ce n’est pas la droite. C’est la droite, le centre, les écologistes raisonnables, les sociaux-démocrates… Tous les Marseillais qui ne veulent pas faire de choix entre un système défaillant, celui de Benoît Payan, l’héritier de Jean-Noël Guérini, et des extrêmes qui n’ont rien d’autre à proposer que la désunion et la haine.

    Martine Vassal, dans « Valeurs Actuelles », dit qu’elle s’inspire à la fois de Robert Ménard et de Christian Estrosi. Cette campagne ne fait-elle pas, comme le reprochait Lionel Royer-Perreaut, des coups de godille entre le centre et l’extrême droite ?

    R.S. : Elle dit qu’elle s’inspire de ce qui a été fait dans les villes, c’est très différent. Qui peut dire qu’on n’aurait pas besoin, demain, d’une BAC municipale capable de harceler les dealers, les petits délinquants pour empêcher les rues de Marseille d’être occupées en permanence par ces délinquants ? Qui peut dire qu’on n’a pas besoin de cinq fois plus de caméras de vidéoprotection, d’un centre de supervision urbain algorithmique avec la possibilité de repérer les dangers, les agressions, les hurlements ? Toutes les recettes sont bonnes à prendre du moment qu’elles assurent le bien vivre, qu’elles restaurent l’ordre et nous donnent du souffle pour construire le Marseille dont on rêve.

  • Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    Psychodrame chez LR : qu’adviendra-t-il des frondeurs ?

    C’est un nouveau coup de théâtre auquel Les Républicains nous ont habitués. Que va-t-il advenir des six membres qui ont bravé l’interdit de Bruno Retailleau pour rejoindre l’éphémère gouvernement Lecornu II ? Leur sort définitif sera tranché par les instances du parti dans les prochains jours.

    La décision risque de coûter cher au parti de droite. Car parmi eux, Annie Genevard, reconduite au ministère de l’Agriculture. Poids lourd de LR, elle a été nommée au début de l’année présidente de la stratégique commission nationale d’investiture (CNI). Figure également Rachida Dati qui poursuit son activité à la Culture, alors qu’elle vient tout juste d’être investie par les Républicains comme candidate à la mairie de Paris. La droite va-t-elle s’en priver à quelques mois de l’élection ?

    Reconduit aux Transports, Philippe Tabarot a écrit à ses collègues du Sénat en leur disant qu’il était « cohérent avec la position qui était celle des Républicains jusqu’au 5 octobre dernier ». Les trois autres LR à entrer au gouvernement sont tous députés : Vincent Jeanbrun (Logement), Sébastien Martin (Industrie) et Nicolas Forissier (Commerce extérieur et attractivité). Avec une cinquantaine d’élus, les députés LR occupent une position pivot à l’Assemblée et constituent aux côtés du bloc macroniste la deuxième composante du socle commun.

    En première ligne en cas de dissolution, ils étaient largement favorables à la participation au gouvernement Lecornu II, contrairement aux sénateurs qui ont soutenu la position de Bruno Retailleau. Après la dissolution de juin 2024, de nombreux députés LR avaient sauvé leur siège face au RN, en grande partie grâce à leur ancrage local. Mais aussi grâce au front républicain, auquel ils n’ont pourtant pas appelé.

  • Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Bruno Retailleau, à la tête d’un bateau ivre

    Bruno Retailleau, à la tête d’un bateau ivre

    Il a voulu jouer les fiers à bras, il s’est fait couper l’herbe sous le pied. Lundi, le patron de LR n’a pas eu le temps de réunir le comité stratégique de son parti pour mettre une nouvelle pression sur Sébastien Lecornu que ce dernier avait démissionné. Après un surprenant silence sur les réseaux sociaux alors qu’il avait lui-même déclenché le séisme politique par son tweet de la veille, c’est au JT de 13h sur TF1 que Bruno Retailleau a pris la parole. Ne se considérant « pas du tout responsable » de la démission de Sébastien Lecornu, refusant de « basculer dans l’opposition » et considérant qu’il restait « d’autres moyens que la dissolution », il a déroulé un discours poussif, notamment articulé sur le fait que le Premier ministre lui avait « caché la nomination de Bruno Le Maire » comme ministre des Armées, ce qui pose « un problème de confiance ».

    L’épisode révèle la difficulté d’un parti qui a vu ses troupes décimées par Macron ou l’extrême droite et qui se déchire encore. Bruno Retailleau aimait à croire que la déroute de 2017 était une page définitivement tournée et que le très léger gain de députés aux dernières élections de 2024 augurait d’un retour en grâce. Que sa victoire contre Laurent Wauquiez pour la tête du parti avait assis son autorité. Il n’en est rien.

    Comme on avait pu le pressentir quand certains d’entre eux n’ont pas voté la confiance à François Bayrou, malgré la présence de Retailleau à l’Intérieur. Comme on a pu le voir dimanche avec les oppositions à la participation au gouvernement. Laurent Wauquiez a montré qu’il pouvait encore peser. Comme le maire de Cannes, David Lisnard, qui a même rapidement mis son départ dans la balance. Ou encore, Nicolas Sarkozy. L’ex-président, récemment condamné à cinq ans de prison dans l’affaire du financement libyen, a fait savoir qu’il avait dit à Laurent Wauquiez : « Ta position était la bonne. » De bras de fer en renoncements, le navire des Républicains semble plus que jamais en perdition.

  • Sébastien Lecornu dénonce les « appétits partisans »

    Sébastien Lecornu dénonce les « appétits partisans »

    En fin de matinée, le premier ministre démissionnaire a expliqué ce lundi sur le parvis de Matignon sa décision annoncée quelques heures plus tôt, devançant au passage la réunion des représentants du parti Les Républicains programmée à 11h.

    « Les conditions n’étaient plus remplies », observe Sébastien Lecornu, reconnaissant un manque de fluidité dans la composition du Gouvernement qui aura pris plus de 25 jours, un record dans la Ve République. Mais l’ont-elles été un jour ?

    Et de pointer trois raisons à cette situation. La première est que « les formations politiques ont fait mine de ne pas voir les changements et la rupture profonde » liée au non usage du 49.3. La seconde, le fait que les partis politiques « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue » à l’Assemblée. « Les compromis ne sont pas la compromission » a martelé Sébastien Lecornu, avant de se montrer plus critique.

    Ce dernier a en effet pour finir pointé « le réveil de quelques appétits partisans » en lien avec l’élection présidentielle de 2027. « Il faut toujours préférer son pays à son parti », a-t-il lancé dans une allusion claire au président des LR, Bruno Retailleau, qui dimanche soir a précipité sa chute en remettant en cause la participation des Républicains au gouvernement à peine celui-ci formé.

  • Royer-Perreaut part, Vassal « prend acte »

    Royer-Perreaut part, Vassal « prend acte »

    Les invitations sont parties sur les coups de 23h, ce mercredi soir. Après l’annonce surprise dans les colonnes de La Provence du retrait de la vie publique de l’ex-maire (Ren.) des 9-10, Lionel Royer-Perreaut, la droite municipale a rapidement dû improviser. « Aujourd’hui, je prends acte de sa décision », a annoncé face aux micros tendus la candidate Martine Vassal. « Il a fait un travail remarquable, peut-être qu’il l’a pris trop à cœur. C’est dommage, il avait toute sa place avec nous », déplorait-elle. Et de philosopher : « La vie politique est tellement dure, elle peut faire des blessures. »

    Elle le sait bien, la candidature dissidente de Frédéric Guelle (UDI), issu de ses rangs, face à Anne-Marie d’Estienne-d’Orves pour succéder au maire de secteur élu député en 2022, reste encore au travers de la gorge de Lionel Royer-Perreaut. Sans que cela ne motive sa décision, prise à la fin de l’été, et qu’il n’a pas même annoncée à son ancienne binôme aux départementales. « Cela s’est imposé par l’analyse que je fais de la situation nationale comme locale, la façon dont ont fait de la politique par rapport à ce que j’ai vécu, la dislocation que les réseaux sociaux ont apportée dans la relation entre les administrés et les élus, la radicalité des positions, l’incapacité à pouvoir porter des débats de fond », explique-t-il. Mais il reconnaît aussi : « Je ne me voyais pas m’inscrire dans le sillage de la candidature de Martine Vassal, je ne peux pas apporter ma caution à une candidate en qui je ne crois plus. » Déplorant ses discours fluctuants. « Un coup ça tutoie l’extrême droite, un coup c’est sur le centre, ces zigzags finissent par manquer de corticalité, les gens le ressentent », soupire-t-il.

    Réunis dans l’hémicycle

    « Ce n’est pas une question de me soutenir ou pas, on aura l’occasion de rediscuter les choses », balaie Martine Vassal face à la presse. Quant aux zigzags que lui reproche l’ancien parlementaire, elle assume : « Nous sommes en train de bâtir le programme avec des personnes qui viennent d’horizons très différents les uns des autres. Nous ne sommes pas d’accord sur tout, c’est notre richesse, de nos différences, on va bâtir quelque chose. »

    Auprès d’elle, la présidente (LR) du groupe Une Volonté pour Marseille, Catherine Pila, préfère saluer l’arrivée des quatre conseillères qui siégeaient avec Lionel Royer-Perreaut depuis 2022. « C’est un plaisir de retrouver des élues avec qui nous avions commencé notre aventure municipale en 2020 », sourit-elle. La preuve d’une « dynamique d’union non feinte ». S’il vient dans l’hémicycle pour les deux dernières séances, l’ancien parlementaire – qui veut mener son mandat jusqu’au bout – siégera quant à lui en indépendant. Comme Hayat Atia et Aurélie Falek qui, la veille, ont claqué la porte du groupe de droite face à des positions « qui tendent de plus en plus vers l’extrême droite ». Citant le refus de voter des aides pour les enfants de Gaza. Une « aventure personnelle », pour Catherine Pila. « Depuis des mois, elles ne participaient plus aux réunions de groupe », rétorque-t-elle, assurant que la droite a toujours voté les subventions en faveur de l’Unicef. Seuls sept élus de son groupe les avaient pourtant approuvées, le 20 juin.

  • Martine Vassal chez elle à la rentrée des LR

    Martine Vassal chez elle à la rentrée des LR

    Face aux affiches qui célèbrent « la France des honnêtes gens », ils étaient plus de 400 ce vendredi soir à acclamer leur « candidate naturelle » Martine Vassal. Renforcée après l’élection de Bruno Retailleau, la fédération des Républicains des Bouches-du-Rhône a vu sa rentrée se transformer rapidement en meeting pour la présidente (DVD) de la Métropole.

    Les esprits certes sont échauffés après la condamnation de Nicolas Sarkozy. « Ceux qui ont lu Soljenitsyne, on y est presque », souffle la présidente de la fédération Laure-Agnès Caradec. Mais ce sont les municipales qui occupent les esprits. « Le Printemps marseillais voulait faire le plus grand port d’accueil des migrants, arrêter les permis de construire, ne voulait plus de vidéoprotection, ils ont tenu leurs promesses, ils nous amènent vers l’abîme », lance Martine Vassal. Elle pose trois axes de campagne, la sécurité, les incivilités, l’attractivité. « Il faut un choc fiscal », annonce-t-elle, promettant de baisser les impôts locaux. Certes, il lui faut se justifier après les perquisitions dont elle a fait l’objet, tout comme le « maître chanteur », son ancien directeur des relations internationales, qui l’accuse. « On ne va pas valider un deuxième féminicide politique dans notre ville. Une Rubirola, c’est bon, deux, c’est trop », ose-t-elle. Avant de renvoyer dos à dos « l’immobilisme du Printemps marseillais » et « l’amateurisme du Rassemblement national ». Au risque de banaliser toujours plus l’extrême droite. Peu importe, elle fait semblant d’y croire, pourvu que l’alliance de la droite et du centre tienne : « Ensemble, nous allons gagner ! »

  • Martine Vassal reçoit l’investiture officielle des Républicains

    Martine Vassal reçoit l’investiture officielle des Républicains

    Si ce n’est pas une surprise, c’est un jalon essentiel dans la campagne. Dix jours après l’officialisation de sa candidature aux municipales pour Marseille, la commission nationale d’investiture des Républicains a apporté officiellement son soutien à Martine Vassal ce mardi soir. « Femme de droite, elle porte des valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons pleinement et elle a tout notre soutien dans ce combat débuté il y a maintenant quelques jours », se félicite la présidente du parti dans le département, Laure-Agnès Caradec. Après avoir quitté le parti en 2022, elle sera de nouveau présente à la rentrée des Républicains des Bouches-du-Rhône, ce vendredi soir, à la Maison de la Mer de la Pointe-Rouge.

    Tandis que les représentants de la droite et du centre affichent leur union, malgré la candidature annoncée du professeur Frédéric Collart, il lui reste à obtenir notamment l’investiture de Renaissance. Alors qu’une commission d’investiture doit se tenir prochainement, rien n’est arrêté, indique-t-on dans les rangs des macronistes, les négociations se poursuivant avec le président (Ren.) de Région Renaud Muselier.

  • Bruno Retailleau rend hommage aux policiers et pousse son agenda

    Bruno Retailleau rend hommage aux policiers et pousse son agenda

    Il n’aura fallu que trois heures après l’intervention des policiers à Belsunce pour que le ministre de l’Intérieur n’atterrisse sur le tarmac de Marignane. Ce mardi soir, Bruno Retailleau s’est immédiatement rendu à l’Évêché pour aller à la rencontre des forces de sécurité, les remercier après leur rapide intervention pour abattre l’assaillant qui a blessé cinq personnes dans le centre-ville de Marseille dans le milieu de l’après-midi. Rhabillant prestement la tenue de premier flic de France, après avoir été pris par les dissensions internes des Républicains sur le choix d’accorder leur confiance au gouvernement Bayrou le 8 septembre.

    Accueilli par le procureur Nicolas Bessone, le préfet Georges-François Leclerc, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan, la présidente (DVD) de la Métropole Martine Vassal et le vice-président (LR) de la Région Ludovic Perney, le résident de la place Beauvau est rapidement allé à la rencontre des forces de l’ordre et des marins-pompiers impliqués, les saluant un par un. « Vous savez mieux que moi le déroulement des faits, reconnaissait-il, dans les étages de l’hôtel de police de Marseille. S’il n’y avait pas eu une patrouille de la police aux frontières, le meurtrier poursuivait son parcours et il y aurait eu d’autres victimes. »

    Ligne ultra-droitière

    Après une pensée aux victimes et pour leurs proches, il a donc assuré les présents de ses remerciements, « au nom de la Nation ». « Ici à Marseille comme dans beaucoup d’autres endroits en France, votre rôle est difficile, pas toujours reconnu, certains même le contestent », pointait-il. Rendant hommage aux idéaux qui les ont poussés à s’engager, « même si parfois la flamme vacille sous les bourrasques de la bureaucratie et de la technocratie qui entrave votre travail ». Et de défendre face aux forces présentes : « Il n’y a pas de société qui puisse tenir debout uniquement avec des ayants droit, avec des individus réclamant toujours plus de droits. » Face à la presse dans la cour de l’Évêché, il ne met pas longtemps avant d’indiquer que l’agresseur abattu en fin d’après-midi, né en Tunisie en 1990, était déjà connu des forces de police : « Le préfet de l’Hérault avait saisi l’autorité judiciaire pour un certain nombre d’agissements, il avait proféré des insultes antisémites devant la mosquée de Sète. » Au premier rang devant lui parmi les journalistes, les militants du média identitaire Frontières lui demandent pourquoi l’auteur de ces agressions n’avait pas été expulsé. « La loi de 2024 permet de retirer un titre de séjour lorsqu’une condamnation est définitive, nous sommes dans un État de droit », leur répond le ministre de l’Intérieur. Qui face aux questions doit même rappeler que le parquet national antiterroriste ne s’est pas saisi de l’affaire, qu’il n’y a aucun motif de radicalisation. « Le mobile semble être un motif d’ordre privé », pointe Bruno Retailleau. Qui n’en profite pas moins pour rappeler que si la patrouille était présente à ce moment, c’est parce que consigne a été donnée par la préfecture de police de renforcer les actions face aux personnes sans titre de séjour régulier. « Les désordres migratoires finissent toujours par déboucher sur d’autres désordres, nos peuples souhaitent que nous reprenions le contrôle », lâche-t-il. Loin, très loin de l’hommage républicain aux forces de l’ordre.