Tag: Le Grand Entretien

  • Tom Baldetti : « La justice et l’égalité c’est dans mes gênes »

    Tom Baldetti : « La justice et l’égalité c’est dans mes gênes »

    Tom Baldetti : Je suis un humoriste originaire de Toulouse installé à Paris depuis 5 ans maintenant, j’y suis en spectacle toutes les semaines et en tournée dans toute la France actuellement.

    Vous avez explosé sur les réseaux avec le personnage de la Sardine, comment est venue l’idée ?

    T.B. : C’est un personnage que je fais à mes amis depuis petit et que j’ai décidé de mettre en scène sur les réseaux sociaux dans l’objectif de remplir ma salle de spectacle. Il s’avère que ce personnage a pris un peu d’ampleur, c’est grâce à lui que le grand public me découvre mais ce n’est pas ce que je suis dans mon entièreté. Il incite les gens à venir me voir en spectacle et c’est là que l’on découvre ce qu’il se passe dans ma tête.

    Quelle est la différence entre la Sardine et Tom Baldetti ?

    T.B. : La Sardine est peut-être une partie de moi qui dit des choses un peu absurdes avec un parler qui lui est propre et notamment l’accent marseillais. Moi je suis quelqu’un de plutôt sensible qui parle de sujets assez personnels avec des anecdotes qui sont quand même faites pour que tout le monde puisse s’identifier, que chacun puisse se repérer dans toutes ces histoires et la Sardine vient agrémenter tout ça de manière un peu… piquante !

    Pourquoi avoir un tel attachement à Marseille et à son accès ?

    T.B. : D’une manière générale je suis très attaché au Sud, bien que je vienne du sud-ouest (rires). Mon père est originaire de Marseille et j’ai toujours aimé la région, l’accent, les gens. Tout ce qui touche à cet endroit de la France. Pour moi c’est un hommage à cette ville et à cette région que j’apprécie tout particulièrement.

    Au-delà de l’accent marseillais vous faites aussi l’accent québécois et russe. C’est une passion l’imitation ?

    T.B. : Disons que ça me fait beaucoup rire donc je le fais et je m’amuse. C’est quelque chose qui me vient de mon père, on faisait ça à longueur de journée quand j’étais petit et ça m’amuse toujours autant donc si ça fait rire, tant mieux !

    Vous avez beaucoup de dates dans le Sud dans le courant de l’année et en 2026, ces dates ont-elles une saveur particulière pour vous ?

    T.B. : Avant même d’être confronté à une certaine notoriété j’aimais particulièrement m’y produire parce que les gens sont beaucoup plus chaleureux dans la vie d’une manière générale et dans les salles de spectacle. Dans les réactions, les rires… Ils sont moins coincés que dans d’autres régions. C’est vrai qu’à Paris ils ont quand même un petit balais dans le cul, pour être le plus franc possible. Les gens sont chauds et c’est aussi pour ça qu’on se met une pression différente.

    Il y en a plus de pression ?

    T.B. : Bien sûr ! Il y en a à chaque fois mais d’autant plus dans cette région parce que le personnage, parce que les réseaux sociaux etc. Ils ont certainement une attente particulière et l’idée c’est d’être à la hauteur de ce qu’ils attendent et jusque-là j’ai l’impression d’avoir fait le travail. Ils sont contents de découvrir vraiment qui je suis au final…

    Justement à quoi on doit s’attendre en venant voir « Tome 1 » ?

    T.B. : C’est un spectacle autobiographique car c’est le premier, c’est de l’humour de situation. C’est une ode à ma famille, mon rapport à la parentalité, mon prisme entre l’âge adulte et l’adolescence parce que je suis adulte selon l’aspect juridique mais dans ma tête je suis loin de l’être et toutes ces anecdotes me racontent.

    Dans l’un de vos sketchs vous vous moquez d’Eric Zemmour et des racistes, quel regard portez-vous sur la montée des extrêmes en France ?

    T.B. : De manière générale je suis contre et pas qu’en France. Je suis pour l’égalité à tous les niveaux, pour la paix et la justice. Je ne pense pas que tout cela soit propice avec la montée des extrêmes qui effectivement montent beaucoup en France. J’essaie de m’engager sur certains de mes sketchs mais c’est quelque chose qui fait partie de moi.

    A contrario, dans l’une de vos chroniques sur France Inter vous parlez de votre grand-mère soixante-huitarde avec beaucoup de tendresse, La France est dans la rue en ce moment pour plus de justice et d’égalité. Qu’en pensez-vous ?

    T.B. : Je soutiens tous ces mouvements, je suis le premier à rejoindre ces manifestations d’ailleurs, c’est ancré en moi. Je sais que je ne suis pas le plus engagé dans ce que je dis et dans ce que je fais mais c’est dans mes gênes, dans ma famille depuis toujours. Je viens d’une famille engagée et militante et moi je suis dans cette lignée-là.

    Une punchline qui reflète bien Marseille et le Sud ?

    T.B. : Je suis empégué ! C’est pas mal ça (rires)

  • « L’Hérault est le 5e département en exploitations bio »

    « L’Hérault est le 5e département en exploitations bio »

    Toutes les semaines dans La Marseillaise, nous invitons une personnalité des départements du Gard ou de l’Hérault à répondre à nos questions. Ce vendredi, Magali Boisset, présidente du Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural bio (Civam bio) de l’Hérault nous parle, entre autres, des missions de l’antenne héraultaise et de l’état de l’agriculture biologique.

    LM : Quel est le rôle du Civam bio ?

    M. B. : Le Civam bio a le rôle d’un GAB (Groupement d’agriculteurs biologiques). Il s’agit d’associations présentes dans la plupart des départements, qui s’occupent de défendre et promouvoir l’agriculture biologique. Nos missions sont de pérenniser les exploitations et les entreprises bio, ainsi que d’essayer d’augmenter les surfaces et le nombre d’exploitations en bio sur l’Hérault. L’antenne a été créée en 1986, nous allons donc fêter l’année prochaine les 40 ans du Civam bio de l’Hérault.

    Nous organisons plusieurs formations – qui vont de la vigne aux poules, en passant par les arbres fruitiers -, notamment pour les reconversions, quand on est déjà installé.

    Civam bio 34

    Agriculture biologique

    La Marseillaise : Quel est l’état de l’agriculture biologique dans l’Hérault ?

    Magali Boisset : D’une manière générale, l’Hérault est le cinquième département français en nombre d’exploitations bio, avec 1 575 fermes en 2024.

    L’agriculture biologique est en recul en France, comment l’expliquer ?

    M.B. : Au niveau national, l’agriculture biologique est un petit peu maltraitée, surtout par les politiques actuelles – on l’a vu dernièrement avec la loi Duplomb. Alors qu’en fait, au niveau local, c’est une force importante, ça parle aux élus locaux. N’importe quelle personne qui habite à côté d’un agriculteur préfère être à côté d’un agriculteur bio, ça paraît évident. Il n’empêche qu’il faut se battre pour continuer à avoir des subventions et promouvoir ce type d’agriculture. L’agriculture bio est le seul signe officiel de qualité, qui garantit par la loi 0 produit chimique de synthèse et le bien-être animal. C’est un beau signe de qualité qu’il faut absolument conserver, même si même si tout système peut être amélioré.

    Comment expliquer le décalage entre le bio, boudé, et l’agriculture traditionnelle qui utilise pesticides et insecticides ?

    M.B. : Pour moi, ce sont les intérêts économiques d’opérateurs qui pèsent très lourd dans la balance. Le poids qu’ils représentent par rapport à nous, petits agriculteurs bio, n’est pas le même. Il faut que le consommateur ait conscience de ça parce que quand il soutient un type d’agriculture, les politiques sont bien obligés de se ranger.

    Parcours

    La Marseillaise : Quel est votre parcours avant d’arriver au Civam bio ?

    Magali Boisset : Je me suis installée en poules pondeuses bio il y a 5 ans à Vacquières, dans l’Hérault. C’était une reconversion professionnelle, avant j’étais fonctionnaire du ministère de l’Agriculture dans différentes structures. Et au moment de mon installation, la Civam a été la seule structure qui a été à l’écoute de mes besoins et là pour moi. Par la suite, j’ai trouvé intéressant de m’engager auprès de cette structure. D’abord en tant qu’administratrice au sein du Conseil d’administration et depuis le mois de juin dernier en tant que présidente. Pour moi, c’est vraiment une structure précieuse, à l’écoute des petits agriculteurs biologiques, ce qui n’est pas toujours le cas d’autres structures. Ça nous permet de nous sentir moins seuls, de nous fédérer, d’échanger entre nous. La Civam organise beaucoup de formations qualitatives et adaptées aux petits agriculteurs bio. Elle organise aussi des groupes d’échange, des journées thématiques gratuites adaptées en fonction des besoins des agriculteurs. Ça nous permet de créer des réseaux entre nous, par exemple je fais partie d’un groupe technique où on se retrouve avec d’autres éleveurs de poules pondeuses bio, pour développer l’entraide, progresser sur nos pratiques.

    Avec la multiplication des labels biologiques dans
    les supermarchés, existe-t-il un risque de perdre
    le consommateur ?

    M.B. : Oui, je trouve ça vraiment dommage cette multiplicité de cahiers des charges privés, où la personne qui dépose cette marque peut mettre ce qu’elle veut dans son cahier des charges. Ça perd le consommateur par rapport au signe de l’Agriculture biologique, seul signe officiel de qualité reconnu au niveau européen, qui s’applique à tous les pays d’Europe.

    Certains s’apparentent à du greenwashing ?

    M.B. : C’est ça, alors que l’agriculture biologique est le seul signe officiel qui garantit vraiment aux consommateurs le respect de ce 0 produit chimique et de ce bien-être animal. C’est reconnu officiellement et contrôlé par des organismes certificateurs qui sont eux-mêmes contrôlés par l’État. On ne peut pas faire mieux.

    Comment lutter contre cette multiplication ?

    M.B. : On ne peut pas non plus l’interdire donc selon moi, il faut communiquer auprès des consommateurs pour qu’ils sachent que le seul signe est le label bio.

    Labels

    M.B. : Le 19 octobre, nous allons célébrer l’Hérault fête le bio [photo ci-contre, Ndlr], un événement en partenariat avec le Département de l’Hérault. Ça se passera à Restinclières, près de Montpellier. Ce sera sur le thème du jardin nourricier cette année – on essaie de trouver un nouveau thème chaque année – avec différents ateliers : découverte des plantes sauvages, atelier sur les plantes médicinales, conférences sur les atouts de la greffe des fruitiers sauvages. Il y aura aussi des stands de producteurs en bio, évidemment.