Tag: Justice

  • L’accès au téléphone en milieu carcéral

    L’accès au téléphone en milieu carcéral

    Le téléphone occupe une place centrale dans nos vies quotidiennes, facilitant l’accès à l’information et le maintien des liens personnels. En prison pourtant, cet outil reste difficilement accessible. Les conditions d’usage sont souvent obsolètes et très encadrées, limitant fortement le contact avec l’extérieur. Ce décalage renforce la fracture numérique et l’isolement carcéral. Bien que cette limitation soit en partie justifiée par la nécessité d’empêcher l’usage du téléphone pour organiser des trafics ou d’autres activités illicites depuis la détention, l’accès au téléphone en prison constitue néanmoins un enjeu de dignité et de réinsertion sociale.

    La réinsertion sociale, finalité de la peine selon le Code pénal, passe par la préservation des liens personnels. Le droit au respect de la vie familiale des détenus, affirmé par la loi du 24 novembre 2009, vise à favoriser ces liens notamment par l’usage facilité du téléphone.

    En pratique, les appels se font depuis des cabines situées dans les cours de promenade ou, plus récemment, depuis un poste fixe installé en cellule. Le CGLPL est régulièrement alerté de pannes prolongées de ces équipements, qui privent les détenus de communication pendant plusieurs jours. Dans les quartiers disciplinaires, les appels sont limités à un par semaine, aggravant encore l’isolement.

    La surpopulation carcérale, manifeste aux Baumettes avec 203% d’occupation, compromet aussi la confidentialité des échanges. Si certains appels peuvent être contrôlés par l’administration, ceux entre un détenu et son avocat doivent rester protégés. Or, l’absence d’isolation phonique rend cette confidentialité illusoire. Les lignes d’écoute psychologiques souffrent des mêmes contraintes : il est difficile de parler librement dans une cellule surpeuplée.

    Réseaux souterrains de trafic

    et de corruption

    L’usage du téléphone fixe creuse la fracture numérique entre les milieux libre et fermé. Alors que la société communique toujours plus, avec un matériel toujours plus innovant, les personnes détenues se partagent l’accès à des téléphones souvent obsolètes et coûteux : un détenu dépense jusqu’à 75 euros par mois pour vingt minutes d’appel quotidien. Les mineurs subissent le même régime tarifaire, sans ressources propres.

    Enfin, l’interdiction absolue du téléphone portable, assortie de sanctions pénales et disciplinaires, demeure largement contournée. En effet, il apparaît peu réaliste d’interdire un outil devenu si banal et si nécessaire à n’importe quel citoyen dans notre société. Le CGLPL recommande un accès contrôlé au téléphone portable qui permettrait d’éviter les recours systématiques et inévitables aux réseaux souterrains de trafic et de corruption de téléphones en prison.

    Par Swane Mas (SAF Marseille)

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  • Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Des personnels pénitentiaires inquiets ont prêté serment

    Un rassemblement d’une cinquantaine de conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation, de personnels de direction, de personnels administratifs, de personnels de surveillance, personnels socio-éducatifs, psychologues venus prêter serment comme un décret le leur impose désormais, s’est tenu jeudi à 12h45 devant le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, boulevard Carnot, pour dénoncer les « pressions et intimidations » dont ils sont l’objet en haut lieu.

    La CGT insertion probation et le Snepap-FSU, avec le soutien du Syndicat des avocats de France (section de Marseille) et du Syndicat de la magistrature (section régionale Aix-en-Provence) ont voulu ainsi dénoncer les « attaques et dénigrements » dont ces agents sont l’objet. Depuis le début de l’année, « Gérald Darmanin a multiplié les interventions et instructions dénigrant et fragilisant le travail des personnels chargés de l’application des peines, qu’il s’agisse des personnels de surveillance, des services d’insertion et de probation ou des juridictions de l’application des peines », dénoncent-ils dans un communiqué commun.

    « Des attaques

    sans précédent »

    « À Aix ou à Marseille, un conseiller de probation suit 130 personnes. Est-ce que le garde des Sceaux qui parle de sécurité à tout va devant les caméras de télévision va parler de ça alors que 200 détenus à Luynes dorment sur un matelas au sol ? », déclare Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. « Des collègues sont KO quand ils entendent les déclarations de leur ministre de tutelle dénonçant des “activités ludiques et provocantes”. Ils ont le sentiment d’être insultés, eux qui travaillent depuis des semaines en amont. Des permis de sortir sont annulés au dernier moment que personne ne comprend. »

    Sentiment partagé par Élodie Bartolini de la CGT Insertion Probation selon laquelle « le moral des agents est très très bas car ils se sentent dans le viseur. Il faut sortir des réactions à chaud et retrouver un cadre de travail serein. Pour cela, il faut faire confiance aux professionnels. Notre métier, c’est d’accompagner les gens, de travailler sur le passage à l’acte, la gestion des émotions pour les réintégrer, pour qu’ils redeviennent des citoyens. On ne peut pas continuer à mettre au ban de la société des gens, les entasser en détention. Trois personnes dans une cellule de 9 m², c’est indigne. »

    Marie-Blanche Régnier, co-déléguée de la section régionale du Syndicat de la magistrature, les comprend. « On est là pour soutenir les agents face aux attaques sans précédent sur les permissions de sortir sous couvert dans la communication politique d’être des narcotrafiquants, alors qu’en fait les personnes en détention sous main de justice ne sont pas majoritairement de ce profil. » Ces attaques qui ont débuté en février se sont accentuées ces dernières semaines. Le garde des Sceaux critique les activités socio-éducatives culturelles en détention qui sont freinées voire ont disparu. « La hiérarchie pénitentiaire ajoute des critères pour contrecarrer des permissions de sortie accordées par les juges d’application des peines. Les détenus étrangers en situation irrégulière sont particulièrement visés même lorsqu’ils ne font même pas encore l’objet d’une obligation de quitter le territoire français », observe-t-elle.

  • Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    « C’est un peu grâce à eux que j’ai réussi mon parcours pour faire reconnaître ma maladie professionnelle », confie Pierre Seux. Ce retraité de l’industrie pétrochimique est l’un des nombreux travailleurs à avoir été accompagné par l’Association de défense des victimes des maladies professionnelles (Adevimap) de l’ouest de l’étang de Berre qui a ouvert ses portes mercredi. L’initiative se poursuit ce jeudi de 9h à 16h.

    Ayant travaillé chez Arkema à Marseille de 1984 à 2013, le retraité explique avoir « respiré tous les produits de la filière carbone, dont le benzène, jusqu’en 2013 où je suis parti en retraite anticipée car le site a été reconnu amianté en 2012 ». Sept ans après son départ en 2020, Pierre Seux contracte une leucémie. Alors, il demande de l’aide à l’Adevimap pour l’accompagner dans le processus de reconnaissance de cette maladie par la faute de l’employeur.
    « Ils m’ont aidé à remplir le questionnaire destiné à la Sécurité sociale. Ils m’ont aussi préparé à passer devant le médecin-conseil, pour comprendre les questions et bien y répondre », affirme l’ancien ouvrier.

    « Les gens ne peuvent pas aller au tribunal sans eux »

    Pierre Seux est venu aux portes ouvertes de l’Adevimap ce mercredi pour « donner quelques conseils, comme aux collègues de Naphtachimie qui sont passés ce matin, mais aussi pour se retrouver, discuter et se soutenir ». C’est aussi la démarche de Sylvie Pioli, ancienne infirmière de nuit et fondatrice de l’association Cyclosein. « Ce sont presque des amis », reconnaît-elle, car face à la maladie « on n’est pas aidé, ça coûte très cher d’aller au tribunal et les gens moyens ne peuvent pas y aller s’ils ne sont pas aidés par des associations comme l’Adevimap ou les syndicats », estime-t-elle.

    L’ancienne infirmière, atteinte d’un cancer du sein, veut sensibiliser sur « les risques du travail de nuit ». « Il faut que la médecine du travail soit sensibilisée aux cancers du sein, digestifs, ou la dépression que favorise le travail de nuit. Il faut aussi que les candidats à ce type de poste soient prévenus sur les risques », conclut-elle. C’est aussi ça l’Adevimap, un carrefour des battants pour la vie et la justice. La présidente, Christiane de Félice, considère que « c’est important de se soutenir, et les gens qui viennent savent qu’on n’est pas un service administratif, mais des bénévoles qui apportent à la société et aux victimes ». En 2025 l’association a perdu l’un de ses fondateurs Maurice Huc. « Il est toujours dans notre esprit et on continue à se battre pour obtenir justice pour les gens qui ont tout perdu, jusqu’à la vie », assure la présidente.

  • Un colloque juridique pour concilier réindustrialisation et environnement

    Un colloque juridique pour concilier réindustrialisation et environnement

    C’est une première. « Les rencontres de droit et procédure administratives existent depuis longtemps, on est à la 23e édition », précise maître Benjamin Hachem, mais « le partenariat entre le barreau de Marseille, les juridictions administratives et l’institut Robert-Badinter est inédit ».

    Florence Noire, magistrate et représentante de cette dernière organisation, explique : « Le sujet de la réindustrialisation et des enjeux environnementaux nous paraissait être extrêmement important dans l’actualité, et dans l’actualité juridique et contentieuse. » « L’actualité nous a rattrapés, avec la feuille de route pour le développement de Fos et des décisions qui doivent être prises au niveau de l’État vis-à-vis de la ligne haute tension, confirme Benjamin Hachem. On se rend compte qu’on est à un moment décisif au niveau régional et que ces enjeux dépassent le territoire et sont nationaux. »

    Autre nouveauté : le colloque ne se limite pas au champ des acteurs juridiques. « L’idée c’est de proposer une rencontre opérationnelle entre les acteurs du droit, le monde économique et les associations de protection de l’environnement, précise la magistrate. (…) On oppose souvent industrie et environnement mais l’objectif c’est de faire dialoguer des acteurs dont on peut penser qu’ils sont diamétralement opposés dans leurs missions pour transcender la discussion. »

  • Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    Les dessous viciés du départ de la procureure d’Avignon

    L’expression « années de labeur », parue chez des confrères pour désigner les presque 4 ans de présence de Florence Galtier comme procureure de la République d’Avignon, a fait rire jaune dans les couloirs du tribunal judiciaire. Nommée avocate générale à la cour d’appel de Montpellier, elle quitte le parquet d’Avignon ce vendredi. Ce qui pourrait s’apparenter à un avancement de carrière ordinaire entre juridictions semble traduire, au contraire, une autre réalité. « C’est lié à sa gestion délétère du parquet », nous indique-t-on sans fard au sein de cette juridiction, qui compte 10 magistrats.

    « Notre boulot, tous les jours, est de lutter contre les gens harcelants et on le subit pourtant », poursuit-on au parquet. Depuis plusieurs mois, un climat de défiance s’était installé entre la procureure* et son équipe, s’estimant trop livrée à elle-même, sans cap ni soutien. Éprouvé par les quatre mois du procès Pelicot fin 2024, ayant monopolisé à temps plein deux magistrats, le parquet lance une première alerte en mars dernier. Dans une note adressée à la psychologue du travail, consultée par La Marseillaise, et co-signée par 8 des 10 membres du parquet, les agents pointent les risques psychosociaux. Preuve ainsi d’un malaise unanimement partagé.

    « Accroissement du

    mal-être et épuisement »

    La missive ne cite pas directement Florence Galtier mais, entre les lignes, c’est bien sa gestion qui est épinglée. « Le parquet du tribunal judiciaire d’Avignon fonctionne en mode particulièrement dégradé depuis plusieurs mois, en ce qu’il est en sous-effectifs notoire », est-il écrit d’entrée. À cela s’ajoutait une « vacance de poste, arrêt maladie puis mi-temps thérapeutique » non compensés.

    « Cette situation a pour conséquence d’entraîner une désorganisation certaine, un accroissement du mal-être et l’épuisement des parquetiers, régulièrement amenés à enchaîner 12 jours de travail consécutifs, dont 7 nuits, sans période de repos ou de récupération lorsque les permanences de week-end et de nuit sont assurés », déplorent les magistrats au bord du burn-out.

    « En dépit d’alertes manifestées verbalement, la situation perdure et ne permet plus de tendre vers une justice sereine et de qualité », conclut la note. À sa lecture, « la proc’ est tombée de sa chaise », confie-t-on chez les parquetiers. Une alerte remontée jusqu’au procureur général de Nîmes, qui a déclenché une inspection. Un contrôle de fonctionnement dans le jargon, qui s’est tenu sur trois jours en avril et où chacun a pu exposer ses griefs en matière de gestion et management. Depuis les relations entre la procureure et son parquet étaient réduites à la portion congrue.

    « On s’organise entre nous », lâche-t-on. Si le parquet n’a pas été avisé des conclusions de l’inspection, beaucoup sont persuadés que « son départ est lié à ça ». Pour preuve, dans les mutations internes où habituellement figurent une trentaine de mouvements, celle actant le départ de Florence Galtier ne contenait que deux noms. Le sien et celui de sa remplaçante, Stéphanie Loreau-Aouine, en provenance du parquet d’Angoulême. Celle-ci ne prendra ses fonctions que le 5 janvier, entraînant un intérim interne pour pallier la vacance de poste d’un mois. Une de plus.

    * Sollicitée à plusieurs reprises, elle n’a pas donné suite.

  • Olivier Lutersztejn annonce sa candidature aux municipales à La Valette-du-Var

    Olivier Lutersztejn annonce sa candidature aux municipales à La Valette-du-Var

    Ce n’était pas un secret mais c’est désormais officiel. Déjà candidat en 2020, Olivier Lutersztejn se lance à nouveau dans la bataille des municipales. Leader du groupe d’opposition « La Valette en Action », qui revendique trois représentants au conseil municipal, il mène depuis longtemps une lutte contre la municipalité en place et le maire Thierry Albertini (LR). Un édile contre qui il a déposé deux plaintes pour soupçons de favoritisme, ce qui avait conduit à la perquisition de la mairie, en février. L’opposant l’accuse également de manquements sécuritaires concernant plusieurs bâtiments publics de la commune. « J’ai été témoin de pratiques si douteuses qu’il était de mon devoir d’élu et citoyen d’alerter la justice, qui doit se prononcer et faire éclater la vérité.C’est un enjeu de démocratie essentiel », soutient l’intéressé.

    Mais il ne s’agit pas des seuls griefs exprimés par le chef d’entreprise : « Il y a beaucoup de gaspillage d’argent public, la Ville est mal gérée et très fortement endettée [de 28,4 millions en 2020 à 43,9 millions en 2025, Ndlr]. L’insécurité s’est installée. La ville est ultra-bétonnée et sous tutelle des promoteurs. Les Valettois étouffent sous la circulation et les problèmes de stationnement. »

    En conséquence, Olivier Lutersztejn veut « mettre fin aux dérives financières et engager une baisse des impôts ». Mais aussi donner « plus de moyens à la police municipale », stopper « les projets immobiliers incohérents et téléguidés par les promoteurs » et mener « deux projets de rénovation urbaine menés dans le cœur du centre-ville et de la Coupiane », avec « une liste citoyenne sans étiquette. Je ne suis pas candidat pour une carrière et ne suis lié à aucun parti. Mon parti, c’est La Valette ! », martèle-t-il.

  • Peines maximales pour les locations illégales de meublés touristiques ?

    Peines maximales pour les locations illégales de meublés touristiques ?

    Avec une soixantaine de dossiers au programme, le pôle civil du tribunal judiciaire était plein à craquer lundi après-midi. Une salle comble et quelque part représentative d’une justice surchargée et en manque de moyens, même si c’est surtout pour les quatre « dossiers Airbnb » que la presse était venue en nombre.

    Après s’être présentée devant le tribunal administratif pour réclamer l’exécution de travaux d’office, après avoir poursuivi des marchands de sommeil au tribunal correctionnel, la Ville de Marseille était pour la première fois devant la justice civile pour réclamer réparation auprès de propriétaires et multipropriétaires s’adonnant à des locations illégales de meublés touristiques.

    « Des premiers règlements en 2021 à la création de la brigade spécialisée en 2023, jusqu’au changement d’usage modifié en février 2025, puis la durée de location de résidence principale en juin, la ville travaille sur ces questions depuis des années », rappelle Patrick Amico, adjoint (GRS) chargé du logement. « Ces premiers dossiers sont les plus évidents mais nos services sont sur des dizaines d’immeubles qui amèneront d’autres assignations. »

    « Pas interdit de louer »

    Ce lundi, les quatre affaires concernaient une quarantaine de biens. Sur la base des peines maximales la Ville réclame près de 3 millions d’euros d’amendes et le retour à un usage d’habitation. « Un enjeu de clarté » et « une sévérité » défendue au nom d’un principe d’exemplarité « pédagogique », plaide Me Mendes l’avocat de la municipalité avant de rappeler que 12 937 annonces de location de meublés touristiques à Marseille circulent, dont près de 6 000 illégales.

    Ces « résidences d’investissement » représentant un million de nuitées par an, privent les Marseillais d’autant de logements pérennes, insiste-t-il, martelant qu’« il n’est pas interdit de louer son logement à Marseille » à condition de respecter loi.

    Sur les quatre dossiers présentés à la barre, trois ont finalement été audiencés. Le tribunal rendra son verdict le 2 février. Pour le quatrième, le défendant, Philippe Bonifay, a demandé le dépaysement. Ce juge au tribunal de commerce louait trois appartements et un duplex, rue Sainte-Françoise, deux cabanons à Malmousque et des meublés, rue Consolat…

    À une centaine de mètres de là, la SARL Niche, propriété d’un chirurgien de Périgueux, a transformé sans autorisation les six appartements du 30, rue Thiers, en quatorze studios. Au mois de janvier 2024, l’homme se défendait devant les caméras de Complément d’enquête, en expliquant qu’il n’avait violé personne et ne faisait rien de mal : « On m’a dit c’est Marseille bébé », ironisait-il.

    « Il a juste violé la loi en toute impunité », observe Me Mendes quand son avocat Me Le Beller défend « un projet d’investissement qui déraille un petit peu », et réfute le « portrait robot d’un investisseur sans scrupule » qui vient d’en être fait. Dans ce dossier 175 000 euros sont aussi réclamés à The Butler group qui louait les biens. Un avocat expert de ces contentieux est descendu de Paris pour défendre la bonne foi des deux gérants « deux artisans de la conciergerie »…

    Au 31, rue Barthélémy, deux appartements ont été transformés en neuf meublés en violation du code de la construction et de l’habitation. La ville demande 900 000 euros à cet investisseur parisien. « On achète, on découpe, on casse… le 3e étage est en péril, le 4e étage s’effondre », insiste le conseil de la Ville. Et d’exiger aussi l’amende maximale pour sa conciergerie Lovely Keys, comme pour ce couple marseillais qui dans le dernier dossier, louait des nuitées dans un immeuble en péril. Une « activité à perte en 2023 et 2024 » selon leur avocate… ouf.

  • Question de vie ou de mort

    Question de vie ou de mort

    Terrible constat : selon les derniers chiffres officiels publiés jeudi par la Mission interministérielle pour la protection des femmes, le nombre de féminicides conjugaux a augmenté de 11% entre 2023 et 2024, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Alors que l’année 2025 n’est pas encore achevée, les associations féministes ont déjà dénombré 151 femmes ou filles tuées dans un contexte de violence misogyne.

    Ce n’est pas une addition de drames isolés, mais un fait social, le reflet de la violence que notre société laisse s’exprimer à l’égard des femmes.

    2,6 milliards

    C’est dans ce contexte, à la veille de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qu’une proposition de loi transpartisane a été présentée à l’Assemblée nationale. En réponse, la ministre chargée du dossier, Aurore Bergé, a annoncé de son côté un projet de loi-cadre sans être en mesure de préciser une date pour son examen ni de chiffrer son financement.

    Comme toujours, c’est là que le bât blesse. Pourquoi ce qu’il a été possible de faire dans une Espagne profondément marquée par le patriarcat, n’est pas possible en France ? De l’autre côté des Pyrénées, une loi-cadre dotée de financements conséquents a permis de faire reculer de 35% les féminicides.

    Oui, mettre les moyens pour protéger les femmes est une question de vie ou de mort.

    La Fondation des femmes estime à 2,6 milliards par an le budget minimum que l’État devrait consacrer
    à la protection des victimes de violences conjugales, sexistes et sexuelles en France, « soit 0,5% du budget de l’État ». Aux actes !

  • Des femmes enceintes enfin hébergées

    Des femmes enceintes enfin hébergées

    Après deux mois sans solution, des hébergements ont été enfin trouvés pour deux femmes enceintes, dont l’une de huit mois de jumelles, laissées par les pouvoirs publics à la rue. « Grâce au dialogue constant des services du Département et de l’État, une solution d’hébergement a pu être trouvée par la DDETS [direction départementale du travail, de l’emploi et des solidarités, Ndlr] pour ces personnes qui relèvent de son champ d’action et de sa responsabilité », confirme la collectivité auprès de La Marseillaise ce dimanche.

    C’est pourtant bien au conseil départemental que le tribunal administratif avait ordonné, le 22 septembre puis le 2 octobre, de pourvoir à l’hébergement de ces deux femmes enceintes et de leurs enfants, au titre de l’aide sociale à l’enfance. Sans que la collectivité ne s’exécute. Deux semaines plus tard, alors qu’elle se bornait devant la justice à faire valoir « l’engorgement du dispositif », le juge administratif ordonnait cette fois une astreinte de 100 euros par jour de retard pour chacune des deux femmes laissées sans solution. De quoi émouvoir la Fondation pour le logement des défavorisés ainsi que le Réseau hospitalité, qui sur leurs propres fonds leur ont payé des nuitées hôtelières. « Cette situation ne peut tenir sur la durée et notre rôle n’est pas de pallier les carences de l’administration », déplorent les deux structures, qui ont alerté la presse. Réclamant au conseil départemental « d’assumer ses responsabilités sans délai ». Et de rappeler qu’en 2024, 31 enfants sont morts dans la rue en France.

    Le Département encore condamné

    « La situation très tendue en matière de logement sur le territoire, la précarité croissante des publics, des cas de plus en plus fréquents de familles déboutées du droit d’asile qui relèvent de la responsabilité de l’État dans la maîtrise des flux migratoires, conduisent à une embolisation des dispositifs de mise à l’abri », se défend de son côté le Département. Mais ce mercredi, encore une fois, le tribunal administratif a ordonné à la collectivité d’attribuer un hébergement d’urgence à une femme dans une situation de « particulière vulnérabilité », sans ressources avec son enfant d’un an. Un délai de 48 heures, sans astreinte, a été donné au conseil départemental.

  • Amine Kessaci : « Élus, citoyens, associatifs, levez-vous ! »

    Amine Kessaci : « Élus, citoyens, associatifs, levez-vous ! »

    La voix blanche, il ravale ses sanglots quand il évoque Mehdi mais appelle à un véritable sursaut populaire.

    La Marseillaise : Comment trouvez-vous aujourd’hui la force de continuer ?

    Amine Kessaci : Je la trouve en deux choses. Premièrement ma maman, c’est elle qui m’a demandé de me lever, me secouer et je lui dois bien ça. Elle qui a déjà enterré deux enfants, qui a déjà tant souffert, tant fait de sacrifices. Et puis surtout si je veux garantir ma sécurité, celle de mes proches, de celles et ceux qui ont parlé, on est obligés de se lever, d’être des milliers de personnes.

    Quel est le message que vous souhaitez faire passer samedi lors du rassemblement ?

    A.K. : C’est justement de dire aux élus, associatifs, citoyens, levez-vous, saisissez-vous de ce sujet. Plus on sera nombreux, plus on sera différentes personnes à être identifiées sur ces sujets et moins nos vies seront menacées. Aujourd’hui si je me lève c’est pour rendre un dernier hommage à mon petit frère.

    Que pensez-vous des réactions politiques que ce drame a suscité ? De la venue des ministres
    de l’Intérieur et de la Justice
    à Marseille jeudi
     ?

    A.K. : Je ne commenterai pas les réactions politiques, je ne suis plus dans cet élan. Cela fait des années que j’alerte. Vous m’avez interviewé plusieurs fois à La Marseillaise, vous m’avez donné la parole à de nombreuses reprises, j’ai fait des tribunes, des manifestations, on a fait plein de choses. Moi je suis aujourd’hui épuisé, [il répète] épuisé. Si la mobilisation citoyenne porte, j’en suis ravi, j’espère que des gens vont porter le flambeau. Les politiques savent ce qu’il y a à faire. Depuis le drame de mon petit frère, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas l’ampleur du narcotrafic. Moi je l’ai payé, avec le sang de mon frère. Maintenant c’est à eux de voir ce qu’ils vont faire.

    Vous avez pu rencontrer mercredi Roberto Saviano venu recevoir à Paris le prix Constantinople qui récompense les écrivains œuvrant pour la paix. Que pensez-vous de son analyse sur le narcotrafic ?

    A.K. : Ce qu’il dit, ça fait peur. Mais c’est quelqu’un qui connaît le sujet, lui qui vit sous protection policière depuis 2006 [condamné à mort par la Camorra, Ndlr.]. Il a étudié la question mais il ne faut pas tomber dans le piège tendu par la sphère médiatique qui est d’aller comparer la France avec l’Italie ou le Mexique. Pas besoin de regarder ailleurs, cela se passe chez nous, à Marseille, à Rennes dans d’autres villes de France, on a notre propre mafia. La DZ a déjà fait des communiqués de presse, ça y est. Par contre on peut s’inspirer de ce que font ces pays, certainement. Il faut légiférer.

    « Cela fait des années que j’alerte, aux politiques de voir ce qu’ils veulent faire »