À Montgenèvre, dans le Briançonnais, une forêt de mélèzes est au cœur des tensions. La station haut-alpine est destinée à accueillir les épreuves de halfpipe, de snowboard cross, de ski cross, de slalom géant parallèle et de slopestyle lors des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver d’Alpes 2030. Mais les travaux d’aménagements menacent le bois du Prarial.
Environ 5,5 hectares de défrichement sont prévus d’après la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo). « Cette emprise officielle, équivalente à près de 8 terrains de football, pourrait être encore plus importante si l’on tient compte des terrassements, accès, réseaux et autres travaux annexes », estime dans un communiqué Stéphane Faure-Brac du Comité d’alerte sur l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 (Caojop 2030), un collectif qui s’oppose à la tenue de la manifestation sportive dans le Briançonnais. « Ce saccage programmé d’un mélézin en pleine forme abritant des espèces protégées et des zones humides précieuses est d’autant plus incompréhensible qu’il est en totale contradiction avec le contenu de la feuille de route environnementale élaborée par le Cojop Alpes 2030, qui priorise clairement la préservation de l’environnement et l’héritage d’une nature intacte », poursuit-il. Alors que près de 540 hectares de forêt ont récemment brûlé à L’Argentière-la-Bessée, le collectif estime qu’il est primordial de protéger les forêts alpines.
De son côté, la Solideo affirme dans son support de concertation publique que « les tracés ont été ajustés pour réduire les impacts sur les zones boisées », et met en avant de futures compensations, comme la réalisation de plantations ou la restauration d’habitats et de zones endommagées. « Les réflexions et études sont en cours avec les acteurs locaux, souligne la société. L’objectif est de mettre en œuvre les actions les plus pertinentes pour le territoire de Montgenèvre et le Briançonnais. » Une première réunion publique, réunissant 150 personnes, était organisée le 28 août.
Le Caojop 2030 organise sur la station dimanche 6 septembre à 10h30 « une action de résistance légale, et plutôt douce par rapport à l’avancée du projet ». L’objectif est de créer une « Réserve naturelle nationale d’enfance protégée » en permettant notamment aux enfants et aux jeunes de « parrainer un arbre ». « On veut faire en sorte que les arbres n’aient pas qu’une valeur marchande, précise Stéphane Faure-Brac. Les enfants protègent les arbres, les arbres protègent les enfants. » Il est également possible de devenir parrain ou marraine d’un arbre en passant par le site internet du Caojop 2030 : plus de 600 personnes l’ont déjà fait, selon le collectif.

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