Tag: Jeux olympiques d’hiver 2030

  • [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    [Entretien] Joël Bonnafoux : « Les JO sont une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi »

    La Marseillaise : Vous avez été réélu pour la quatrième fois. Qu’avez-vous mis en place pour gagner cette confiance sur le long terme ?

    Joël Bonnafoux : Ça fait deux élections où je n’ai pas d’adversaire. Je suis élu à La Bâtie depuis 1983 ; j’ai d’abord été conseiller, puis adjoint, puis maire. Et ça fait trois mandats que je suis maire, j’attaque le quatrième. On a eu 55% de participation avec une seule liste. Il y a des endroits où, même avec plusieurs listes, ils n’ont pas 50%. On est satisfaits. En sachant que moi, sur La Bâtie, quand j’ai été élu la première fois, on était 800 habitants. À l’heure actuelle, on est 2 900. Pour ce qui est du cadre de vie de nos concitoyens depuis que je suis en place, j’ai obtenu qu’il y ait un collège à La Bâtie et l’agrandissement des écoles. On a fait aussi plusieurs équipements sportifs, la crèche, le centre de loisirs, la médiathèque et, dernièrement, la maison médicale avec la communauté de communes, dont je suis président aussi. Pour ce nouveau mandat, on réfléchit à repenser la mairie, où on est un peu à l’étroit maintenant. On va refaire le stade aussi, parce qu’on a un stade en stabilisé, en gravier ; on va en faire un en synthétique et refaire les deux courts de tennis qu’on avait supprimés aussi. Après, on va être sur la végétalisation dans le village ancien pour respirer un peu plus, végétaliser des places de parking dans le village et faire plus d’espaces verts.

    Plusieurs de vos pairs au département ont exprimé des inquiétudes quant à l’avancement des travaux liés aux JO à venir. Les partagez-vous ?

    J. B. : Du côté du département, il y a un axe majeur : c’est le rond-point qui va être aménagé à Montgardin. On est à la fois sur une nationale et une départementale. Mais c’est le département qui a la maîtrise d’œuvre, pas l’État. C’est un projet qui va être réalisé dans les deux ou trois ans. Pour ceux gérés par l’État, je vois que les mois avancent et qu’on n’a pas trop de décisions qui sont prises. Nous, le département, on agit quand c’est dans nos compétences, mais après, on se doit de tirer un peu l’oreille de l’État sur certains retards. Je pense à l’intervention de Michel Cannat, à la dernière séance du conseil, à propos du pont de Savines-le-Lac, qui ne supporte pas un certain tonnage, ce qui pose quand même problème en vue des chantiers à venir.

    Ces Jeux représentent un bel événement, mais ils suscitent aussi une certaine appréhension chez les élus chargés de les organiser ?

    J. B. : Je pense que les JO, c’est une opportunité, mais il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. En sachant qu’il y a quand même bagarre avec les Alpes du Nord. On a obtenu quelque chose dans le Sud pour une fois, et les Alpes du Nord auraient bien voulu tout récupérer. Je ne sais pas du tout où on en est à l’heure actuelle au sujet de certaines décisions, ce qui va être fait par rapport à la patinoire à Nice. J’ai peur que tout soit remis en question et aille finalement sur Lyon. Et puis, à Nice, le changement de la municipalité ajoute de l’incertitude, sans compter les changements à venir à la Région aussi… Tout ça, c’est un peu inquiétant pour les prises de décision à venir, ça peut remettre des choses en question.

    Il y a aussi des craintes que les Jeux laissent d’importantes charges financières aux collectivités locales ?

    J. B. : Ça, il faut l’entendre aussi. Il ne faut pas qu’on fasse n’importe quoi non plus, c’est clair. Ce sont des financements d’État ; il y a une petite participation du Département, d’accord, mais il ne faut pas que ce soit le Département qui en subisse les conséquences, comme ça avait été le cas pour Grenoble après les Jeux de 1968. Après, quand ça amène des aménagements, comme à Montgardin, c’est bien aussi.

    Concernant les Jeux, vous faites partie des élus qui alertent sur le fait que, malgré la modernisation des voies ferrées, certaines communes ne bénéficieront pas du retour du train.

    J. B. : C’est difficile d’être entendu à ce niveau. Le train, on demandait simplement des arrêts, on ne demandait pas l’ouverture de la gare, qui est en piteux état. On voudrait l’acquérir, d’ailleurs, mais la SNCF ne souhaite pas vendre pour l’instant. Moi, j’ai les lycéens qui vont sur Embrun et qui prennent le train à Chorges le matin, donc je ne vois pas où est l’économie. C’est une compétence de la Région. Il y a six ans, on nous avait promis des trains pendulaires entre Embrun et Gap, mais il n’y a toujours rien. Il y a des promesses électorales… Mais celui qui a les données là-dessus, c’est le vice-président de Région chargé des transports.

    En tant qu’élu de longue date sur le territoire, comment avez-vous accueilli l’annonce de la candidature du président de Région, Renaud Muselier, aux élections sénatoriales ?

    J. B : J’ai trouvé cela regrettable, finalement. Parce que, pour moi, c’était quelqu’un de dialogue. Malgré le fait qu’on ne partageait pas toujours les mêmes opinions politiques, c’était quelqu’un qui était à l’écoute, abordable. Il y a le côté humain de la personne et ça, j’apprécie beaucoup. Je n’ai pas forcément les mêmes orientations politiques que lui, mais on pouvait passer outre et discuter.

  • [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    [Entretien] Chantal Eyméoud : « Les JO sont une opportunité unique pour les Hautes-Alpes »

    La Marseillaise : Vous avez
    été confortablement reconduite à la tête d’Embrun et de la communauté de communes
    de Serre-Ponçon. Qu’est-ce qui, dans votre bilan et vos propositions, a selon vous convaincu les électeurs
     ?

    Chantal Eymeoud : Nous avons obtenu 74% des voix, ce qui est, pour un cinquième mandat que je briguais, une véritable reconnaissance de la part des Embrunaises et des Embrunais, à mon égard et à l’égard de la liste que je conduisais. On est honorés et fiers aussi de ce beau résultat, surtout quand le dégagisme était un peu le leitmotiv de la liste que nous avions en face. Depuis 2001, je suis réélue au premier tour systématiquement et je pense que le lien de simplicité et de réactivité avec les concitoyens que je pratique à Embrun, depuis le début, a fait beaucoup. Ensuite, vient la trajectoire que nous avons engagée depuis plusieurs années avec la mise en valeur des bâtiments culturels et cultuels, la politique du logement et la construction de logements pour tous, y compris social, et la lutte contre la vacance des logements. Et il y a tout le volet autour de la protection de l’environnement, du développement des voies douces, notamment du vélo, des sentiers pédestres, entre la ville et les quartiers.

    On a également mis en place une navette gratuite qui passe dans tous les quartiers, plusieurs fois par jour, qui récupère nos habitants et les amène dans le centre-ville, de façon à leur éviter d’utiliser leur véhicule quand ils en ont. On a également poursuivi la mise en place d’une politique d’animation pour toutes les générations et pour tous les goûts, qui est essentiellement gratuite aussi. Ça participe aussi au bien vivre ensemble, faire en sorte que nos habitants puissent se rencontrer le plus souvent possible. J’ai par ailleurs considérablement renouvelé mon équipe municipale. La plus jeune a 20 ans, j’ai quatre jeunes de moins de 30 ans, et sept ou huit entre 30 et 40.

    L’arrivée des JO en 2030 est
    un moment historique pour le département. En tant que vice-présidente de Région, entendez-vous aussi les craintes liées à leur impact environnemental
    et aux surcoûts pour
    les collectivités ?

    C.E. : Je pense qu’il faut tout écouter et, ensuite, avoir la capacité à répondre aux inquiétudes. Concernant les Jeux olympiques, c’est, pour un département comme celui des Hautes-Alpes, une opportunité absolument unique en matière d’aménagement du territoire. Plus jamais on aura la possibilité d’injecter autant d’argent public, notamment de l’État et de la Région, un peu du Département, pour réaménager les routes, les calibrer à la hauteur de la fréquentation que l’on a en période touristique. C’est une opportunité historique aussi de pouvoir améliorer la voie ferrée, le cadencement des trains et d’avoir le maintien du train de nuit, puisque des millions d’euros vont être injectés pour la rénovation de la voie ferrée. Plus jamais on aura cette possibilité. Par ailleurs, c’est une chance de traduire concrètement les engagements politiques pris par la Région en matière de respect de l’environnement. D’ailleurs, l’État, le CIO et le Cojop nous imposent des normes assez strictes de respect de l’environnement : pas de destruction de forêt, utilisation des équipements déjà existants et réutilisation de ceux qui seront créés… Tout est fait dans une logique d’économie, de façon à ce que la question de l’héritage de l’événement ne soit pas négligée. Personne ne peut imaginer qu’on investisse des millions d’euros pour un mois seulement. De plus, la transition écologique est une réalité que l’on ne peut nier. Les Jeux sont aussi une opportunité pour penser la montagne de demain et lui permettre de négocier un virage vers la transition qu’on aurait eu, de toute façon, parce qu’on ne peut pas échapper à cette remise en question.

    Plusieurs communes restent sans arrêt de train ni guichet, malgré l’apport des JO, au grand dam des maires et des habitants. La Région compte-t-elle agir ?

    C.E. : Bien sûr. Je suis en contact avec tous les maires des Hautes-Alpes et j’entends leurs attentes, leur volonté que leurs communes ne soient pas oubliées des Jeux. Ça ne peut pas être les Jeux d’un seul secteur du territoire. Pour la réouverture de guichets dans certaines gares, moi, je dis « pourquoi pas ? » Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, attendons, mais il faut l’envisager. Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports, est aujourd’hui même à Savines-le-Lac. Il rencontre le maire pour discuter de l’éventuelle ouverture de la gare de Savines qui, si elle devait être rouverte, serait couplée avec l’ouverture de la gare de la Bâtie-Neuve et d’autres dans le département. Il faut avoir une analyse globale. On ne peut pas s’engager directement en disant « oui, oui, on va le faire ». Il faut que ça corresponde à une réalité de la fréquentation du train et des arrêts dans ces gares et ne pas vouloir le faire à tout prix, parce que ça coûte. L’argent public est rare. Mais, si effectivement il y a, et il peut y avoir, un sujet, il faut être en capacité de l’anticiper et donc démarrer les échanges aujourd’hui avec les élus concernés.

    Quelle a été votre réaction à l’annonce de la candidature de Renaud Muselier aux élections sénatoriales, et au fait que François de Canson, maire (divers droite) de La Londe-les-Maures (Var), soit pressenti pour lui succéder à la tête de la Région ? Avez-vous, vous-même, envisagé cette fonction ?

    C.E. : Renaud Muselier a fait ce choix, on le respecte, et pour le reste, François de Canson s’est positionné. C’est un élu qui travaille, un maire vraiment au boulot aujourd’hui, qui est président de son intercommunalité, qui connaît bien le terrain, connaît bien la région. Je pense que les choses se dirigent dans ce sens. D’autres conseillers régionaux avec lesquels on est en contact ont une approche qui pourrait être similaire. Personnellement, Renaud Muselier ne m’a pas sollicité. Son choix s’est porté sur François de Canson, dont acte.

  • JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    « On est sur un fil, mais le fil est toujours tendu et on n’est pas tombés du fil. On a la semaine », a déclaré Renaud Muselier, lundi soir, à l’issue d’une réunion entre les différentes parties prenantes de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver prévus pour se dérouler dans les Alpes françaises.

    Vendredi, le dossier semblait pourtant dans l’impasse, Renaud Muselier et Éric Ciotti, le nouveau maire de Nice, s’accusant mutuellement de tout bloquer.

    Nice doit théoriquement accueillir le patinage artistique, le hockey sur glace, le short-track et le curling ainsi qu’un village olympique et un centre des médias. De son côté, le Comité d’organisation (Cojop) a indiqué que « les parties prenantes ont convenu d’un commun accord de poursuivre l’examen technique des hypothèses en matière d’implantation et de financement permettant d’accueillir à Nice les épreuves de glace, dans le strict respect des enveloppes budgétaires. Une nouvelle réunion du groupe de travail se tiendra dans le courant de la semaine », selon un communiqué. « Je me réjouis de ces avancées positives », a déclaré Éric Ciotti à l’AFP.

    « Ligne rouge »

    « Tout est OK, sauf le hockey », a répété Renaud Muselier. Car pour Éric Ciotti, le projet de couvrir temporairement le stade de football de l’Allianz Riviera pour accueillir le tournoi de hockey, ce qui priverait l’OGC Nice de son stade pendant plusieurs mois, reste « une ligne rouge absolue ».

    « Tout le monde a un peu travaillé ce week-end et les options alternatives de M. Ciotti ont été présentées. M. Cadot a dit qu’il fallait les étudier et on a jusqu’à la fin de la semaine », a déclaré Renaud Muselier. Michel Cadot, ex-préfet d’Île-de-France et ancien délégué interministériel aux JO-2024, assure une mission « par intérim » au Cojop dans l’attente de la désignation d’un nouveau directeur général, après le départ en février de Cyril Linette suite à des « désaccords insurmontables » avec le président Edgar Grospiron.

    « Tout le monde veut Nice. Il y a un fort attachement au pôle niçois, qui avait beaucoup séduit le CIO », a aussi rappelé le président de la Région Paca, qui a ajouté qu’Éric Ciotti « a eu le président de la République à ce sujet ».

    Le Comité d’organisation a par ailleurs indiqué qu’un nouveau directeur général serait désigné le 11 mai. Selon Renaud Muselier, « il y a deux noms qui ressortent assez clairement ».

  • Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Nouveau coup de chaud pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030. Les discussions entre la Ville de Nice, la Région et les instances olympiques pataugent dans une soupe digne d’un bas de piste de fin de saison à Pra-Loup. Déjà plombé par les démissions et les retards, la possible délocalisation des épreuves de hockey, patinage, short-track et curling fait désordre.

    Depuis l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à la mairie de Nice, les équilibres du projet ont été fragilisés. Si un cadre de travail commun a pu être posé lors d’une réunion technique le 1er avril, une seconde rencontre, organisée vendredi, a mis en lumière un blocage majeur autour l’Allianz Riviera, le stade de l’OGC Nice, dont le président, Jean-Pierre Rivère, figurait sur la liste de Ciotti.

    Présentation ce lundi

    Si la Région note que des convergences ont été trouvées sur le village olympique et le complexe omnisports de Nikaïa, la couverture et l’immobilisation pour trois mois minimum du stade, appelé à accueillir les épreuves de hockey, n’a pas obtenu l’accord de la nouvelle municipalité. L’alternative proposée entraînerait un surcoût de 45 millions, jugé incompatible avec la trajectoire budgétaire des Jeux et porteur d’un « risque majeur d’impasse procédurale et de dérive calendaire ».

    Face à cette impasse, un ultimatum a été fixé à ce lundi. Une présentation technique détaillée doit être soumise à l’ensemble des parties prenantes du comité d’organisation, avec l’objectif d’acter une décision. En filigrane, plane la menace d’une remise en cause pure et simple du pôle niçois. La ville de Lyon s’est déjà portée candidate.

    Initiateur de la candidature alpine, Renaud Muselier(Ren.) ne cache plus son inquiétude. « Après m’être battu pour garantir la parité des épreuves et des médailles avec nos partenaires du nord, je constate que les blocages actuels exposent directement le pôle niçois », alerte le président de la Région Sud, qui appelait vendredi à sortir du blocage.

    Il en va de la crédibilité d’un projet sommé de sortir de l’ornière politique, alors la carte définitive des sites est attendue pour fin juin par le Comité international olympique.

  • Pour Renaud Muselier, un dernier budget tourné vers les JO

    Pour Renaud Muselier, un dernier budget tourné vers les JO

    Pour le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, c’est de nouveau « un budget de responsabilité, qui prépare l’avenir », qu’il compte présenter vendredi matin dans l’hémicycle régional. Mais cet avenir dessiné au fil des autorisations d’engagements et crédits de paiement ne sera plus complètement le sien, après l’officialisation de sa candidature aux sénatoriales et sa volonté de passer la main à la tête de l’institution qu’il préside depuis 2017, comme il l’a détaillé en exclusivité à La Marseillaise (notre édition du 09/04). « Je m’exprimerai à ce sujet à la fin de la plénière, pas au début », explique-t-il, pour couper court au débat.

    Avant de laisser la main fin septembre à un dauphin dont le portrait-robot ressemble trait pour trait au vice-président (DVD) à l’économie François de Canson, ce dernier budget présenté par l’ancien ministre chiraquien n’en illustre pas moins l’impulsion qu’il souhaite donner à la collectivité. Renaud Muselier célèbre 30 millions d’euros d’investissements supplémentaires grâce aux dotations européennes, un budget « 100% vert » à l’exception des infrastructures routières pour la zone industrielle de Fos et les Jeux d’hiver. Son soutien à l’industrie de guerre se concrétise, à travers un nouveau partenariat avec la Banque européenne d’investissement pour un accompagnement stratégique, juridique et financier gratuit sur la structuration de la filière, et 300 000 euros de subventions afin de créer un centre de ressources avec la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques. Les investissements dans les transports reculent significativement (-25%) après le pic de dépenses en 2025 pour l’achat des nouvelles rames qui accompagnent l’ouverture à la concurrence. Mais les dépenses de fonctionnement poursuivent leur hausse, et le président célèbre l’augmentation du trafic ferroviaire régional, « +50% de fréquentation depuis 2018 ».

    Alerte sur la formation

    Mais surtout, alors que Renaud Muselier a renoué avec le nouveau maire (UDR) de Nice Éric Ciotti pour y assurer la construction d’une patinoire olympique, le braquet des investissements est résolument mis sur les Jeux d’hiver 2030. La majorité des investissements liés aux transports concernent désormais les Alpes, et 26,6 millions doivent aussi être votés au fil de la séance pour financer les deux axes routiers menant au site olympique de Briançon. La collectivité abonde aussi significativement au budget de la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques), et renforce sa politique sportive, à l’image du Pass Sud Montagne de 100 euros pour les lycéens régionaux mis en place au mois de décembre dernier.

    Mais derrière l’affiche avantageuse, la collectivité a dû rogner de 5 millions d’euros ses dépenses de fonctionnement. « La formation professionnelle est la première à pâtir de ces choix politiques », s’alarme le représentant varois de la CGT au Comité économique, social et environnemental régional (Ceser) Olivier Masini dans l’avis publié ce mercredi. « Cette nouvelle diminution des moyens de la formation professionnelle intervient dans un contexte de crise sans précèdent de ce secteur marqué par la cessation d’activité de nombreux organismes de formation y compris dans notre région », déplore-t-il, s’inquiétant aussi de l’impact pour les missions locales. Dans son rapport, l’institution consultative pointe une baisse de 21% des budgets dans le domaine de la formation professionnelle. « Il y a juste eu un sujet comptable, on garde le même nombre de places de formation », défend le président de Région. Une partie de cet impact s’explique en effet par le glissement sur une année civile de la rémunération des stagiaires. « Je veux tordre le cou à l’idée qu’on fait les Jeux olympiques et qu’on sacrifie le reste, insiste cependant Renaud Muselier. On se met au niveau à cause de l’État qui se désengage ! » D’autant que la collectivité, après les 80 millions d’euros de coupes imposées l’année passée, doit réaliser un effort supplémentaire de 60 millions d’euros. « Sur deux ans, c’est une saignée importante », s’indigne-t-il. Avant de pouvoir espérer infléchir les choix budgétaires au Sénat.

  • Les JO 2030 sur la voie royale après la décision du Conseil d’État

    Les JO 2030 sur la voie royale après la décision du Conseil d’État

    Les travaux d’aménagement des JO 2030 dans les Alpes ne sont pas chantier global, mais plusieurs ouvrages « éloignés géographiquement les uns des autres, (…) de natures diverses, avec des finalités variées ». C’est la conclusion à laquelle est parvenu le Conseil d’État ce vendredi 3 avril. Une décision qui dispense donc les autorités d’organiser un débat public sur le projet global, comme l’exige la charte de l’environnement, pour tout chantier ayant un fort impact environnemental.

    La Solideo promet

    des consultations

    Le 26 janvier dernier, le Tribunal administratif de Marseille avait pourtant enjoint le Comité d’organisation des Jeux (Cojop) et la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), à organiser un débat public sur le projet. Ce revirement du Conseil d’État a été accueilli avec satisfaction par les trois entités. La Solideo s’est toutefois engagée à une « démarche de concertation sur l’ensemble des ouvrages ». Une promesse qui ne rassure guère les opposants. « Les mécanismes de consultation organisés ne permettent aucunement d’avoir voix au processus décisionnel », critique Delphine Larra, juriste membre de JOP, collectif citoyen d’opposition aux JO 2030. Pour elle, « le Conseil d’État vient entériner la technique du saucissonnage, avec un argument qui ne tient pas la route juridiquement ». À la fin du mois, la France doit encore présenter ses arguments devant les instances de l’ONU devant lesquelles elle est accusée de ne pas respecter la convention d’Aarhus, traité qui exige la tenue d’un débat public pour tout projet d’aménagement ayant une incidence sur l’environnement.

  • [Entretien exclusif] Renaud Muselier : « Pourquoi je suis candidat au Sénat »

    [Entretien exclusif] Renaud Muselier : « Pourquoi je suis candidat au Sénat »

    La Marseillaise : Il se murmure que vous songez à vous présenter aux sénatoriales. Êtes-vous candidat ?

    Renaud Muselier : J’annoncerai ce jeudi à ma majorité, avec une expression orale ce vendredi lors de la plénière qui a lieu pour le budget, ma décision d’être candidat. Après les municipales, la prochaine étape, qui est la mère des batailles, c’est la présidentielle. J’entends y participer dans le cadre de ce que je sais le mieux faire : avoir un candidat unique et des soutiens rassemblés pour gagner. Depuis ma position de président de Région, ma voix n’est pas assez forte. J’ai donc décidé d’être candidat au Sénat. Je pense que j’ai servi mon pays en servant la région, je veux désormais servir notre région en servant mon pays. Nous avons ici le sentiment du travail accompli et la certitude que nous avons été un laboratoire d’innovation politique. Nous avons créé une majorité plurielle, c’était une nécessité imposée par la contrainte, puis nous avons eu une pratique du pouvoir, un exercice novateur de l’expression de l’intérêt général, une manière de gouverner en additionnant les différences qui a prouvé qu’il était possible de demeurer fidèle à ses idées et ses valeurs sans sombrer dans le sectarisme ou la brutalité des comportements. Ici à la Région, on a multiplié les succès, su faire face aux crises, donné une ligne, un cap. On a surtout su suppléer aux insuffisances d’un État obèse, au mieux engourdi, au pire pétrifié. Et aujourd’hui je vois qu’à l’Assemblée un certain nombre de parlementaires veulent s’en prendre aux régions au prétexte d’une proposition sur l’Alsace, avec, au bout, un dépeçage de notre organisation territoriale. Je le refuse. Les Régions ne sont pas des territoires avec lesquels on peut faire sécession au gré des humeurs du moment ou des petits calculs électoraux. C’est dans ce contexte que je serai candidat aux élections sénatoriales en septembre.

    Cela signifie-t-il que vous quittez le conseil régional ?

    R.M. : Si je suis élu, je céderai la présidence tout en restant conseiller régional ayant en charge les Jeux olympiques, les affaires internationales et l’Europe.

    À qui souhaitez-vous céder la présidence ?

    R.M. : Question naturelle. Mais la réponse s’inscrit dans un cadre plus large et plus collectif. Quels sont les enjeux ? Un certain nombre de personnes dans la majorité régionale vont faire campagne pour la présidentielle, je veux garantir cette liberté pour chacun mais protéger la Région des turbulences que cela peut générer. Après, il faut un profil type et mécaniquement un respect territorial. Quand on regarde les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence, qui ne manquent pas de gens de qualité. C’est trop petit. Le Vaucluse, il y a des évolutions politiques avec la victoire à Avignon mais il y a trop de travail pour venir ici. Dans les Bouches-du-Rhône, tout le monde est servi. La victoire de Nicolas Isnard fait en sorte que la totalité des vice-présidences de droite et du centre à la Métropole Aix Marseille Provence, sont des membres de ma majorité. Dans les Alpes-Maritimes, le désordre est encore important. Il faut attendre tranquillement que ça se décante et que les écuries se définissent dans le cadre de la présidentielle. Donc on arrive dans le Var. Je pense que le profil type c’est quelqu’un qui a été élu et réélu…

    … Dès le premier tour ?

    R.M. : Quelqu’un qui est président d’une communauté d’agglo, qui a participé à la victoire à Toulon, qui est vice-président à la Région. Un profil type s’écrit naturellement. Mais ce n’est pas le débat du jour. C’est l’organisation qui est importante. Les vice-présidents resteront vice-présidents. Le cabinet restera le cabinet. Les équipes resteront les équipes. C’est l’intelligence collective qui doit perdurer.

    Avec François de Canson dans votre fauteuil, ce serait la première fois qu’un Varois accéderait à la présidence de la Région.

    R.M. : D’abord je veux dire que cette démarche que j’engage s’est faite dans d’autres régions. C’est vrai en Bretagne avec Jean-Yves Le Drian et Loïg Chesnais-Girard, dans les Pays de la Loire avec Bruno Retailleau et Christelle Morançais, en Auvergne-Rhône-Alpes avec Laurent Wauquiez et Fabrice Pannekoucke… Ça s’est fait deux fois dans le Grand est, c’est désormais M. Leroy qui en est président. C’est susceptible d’arriver en Corse avec l’élection de M. Simeoni à la mairie de Bastia. Ensuite, le Var est un département qui a beaucoup grossi, il est de même taille que les Alpes-Maritimes en réalité, donc il n’est pas incohérent qu’il puisse nous donner un président.

    En apprenant votre décision, certains diront que vous désertez le combat des prochaines régionales, qu’elles sont perdues d’avance.

    R.M. : On m’a toujours annoncé que je vais perdre. C’est assez amusant parce que tout en disant cela, on me demande toujours de partir au combat. On m’avait annoncé la défaite aux régionales, le raz-de-marée RN aux municipales. Ils sont où ceux qui ont annoncé cela ? Peuvent-ils ressortir leurs écrits, leurs propos, leurs passages télé pour nous expliquer qu’on allait tous être dévorés ? La vérité c’est que sur 29 têtes de liste issues de ma majorité, 28 sont gagnants ! Il n’y en a qu’un qui a perdu, c’est Nice. C’est à part. Quand je regarde le nombre de communes dans la région et que j’additionne les listes divers droite et sans étiquette qui forment ce grand collectif de la droite et du centre, j’en ai 94% ! 2,5% d’extrême droite. Ont-ils progressé ? Oui. La pression est-elle importante ? Oui. Mais avec ma méthode régionale, ils perdent systématiquement.

    Peut-on appliquer la méthode Muselier sans Muselier ?

    R.M. : Je ne suis pas unique au monde. C’est une technique, une méthode, un mode d’emploi. Tous ceux qui ont gagné dans leur commune, l’ont suivi. J’ai toujours dit « ne soyez pas candidats les uns contre les autres », ils ne l’ont pas été. Ça marche quand même. Partout où il y a eu division, il y a eu défaite. Vous voulez qu’on parle de Fos ? De Menton ? De La Seyne ? De Carpentras ? Oh ! Quand il y a l’union avec du travail dans la proximité, de l’efficacité, comme chez M. Isnard, ce sont des endroits où le RN est à 60% et nous gagnons à 80%. Le national ce n’est pas le local !

    La méthode d’unité maximale
    de la droite et du centre a été éprouvée à Marseille et n’a pas fonctionné. Comment l’expliquez-vous
     ?

    R.M. : Je pense qu’on a eu dans la région une efficacité maximum sauf pour Nice et Marseille. D’abord l’extrême droite n’a pas gagné ce scrutin, je remercie tous ceux qui nous ont aidés à ce qu’elle ne le gagne pas et j’en veux beaucoup à ceux qui se sont divisés pour la faire gagner. À Fos, c’est les divisions de la gauche, à La Seyne, ce sont les miens qui font perdre. Et à Toulon, c’est tous ensemble qu’on gagne. Bravo Mme Massi, merci M. Bonnus et Mme Brunel.

    Vous faites comme si Marseille et Nice étaient des exceptions. Ce sont de très grosses exceptions !

    R.M. : D’abord sur l’exception marseillaise, je soutiens Mme Vassal, c’est mon amie. Ça n’a pas marché. Je le regrette. Il y a toutes une série de paramètres qui entrent en compte. M. Payan n’était pas mon candidat mais il a été élu par les Marseille. Respect. Bravo. Je lui fais ma salutation républicaine. Mais la ville était à gauche, elle reste à gauche. On ne l’a pas perdue.

    Vous avez perdu les élections…

    R.M. : Oui mais on garde la Métropole.

    Avec une ampleur historique.

    R.M. : Ça n’a pas marché du tout. Et ça me gêne tout particulièrement parce que j’étais le président de son comité de soutien. Donc je le prends aussi pour moi. Quelque part c’est une claque pour moi aussi. Certains m’ont dit « tu comprends j’aime pas Vassal », mais pourquoi tu ne votes pas pour moi alors puisque je la soutiens ? Bon, on a fait 5. Ça arrive dans la vie. On fera plus la prochaine fois ! J’ai essayé de fabriquer une nouvelle génération. Il y a plein de jeunes très bien dans cette équipe, il y a des moins jeunes qui sont malheureux et je suis malheureux pour eux. C’est une page qui se tourne, une autre s’écrira. M. Payan est conforté et pour la première fois de sa vie, il est élu maire. Tant mieux pour lui.

    Et Nice ? Que s’est-il passé ?

    R.M. : Je ne sais pas comment l’histoire s’écrira. Est-ce que ce sera le fruit de la haine de deux hommes qui ont tout fait ensemble ? Ou d’une brillante stratégie de l’un par rapport à l’autre dont le bilan exceptionnel n’a pas pesé ? Ou l’histoire d’un mec d’extrême droite qui cache l’étiquette et demande à Bardella de ne pas venir ? Pour quelle raison la gauche ne s’est-elle pas retirée ? Est-ce justement toute cette histoire commune qui fait que là-bas, elle ne veut pas ? Il nous faudra prendre du recul, analyser les erreurs. Contrairement à Marseille, il y aura des conséquences nationales. Il y a un RN camouflé en union des droites qui avance d’une manière terriblement efficace.

    Les épreuves des JO prévues à Nice auront-elles lieu à Lyon ?

    R.M. : D’abord je ne parle jamais du plan B même s’il existe. Le plan A, c’est le projet Estrosi-Muselier validé par le comité d’organisation des Jeux olympiques, les fédérations nationales et internationales et le CIO, est conforme aux normes des JO. Le projet alternatif de M. Ciotti est au niveau d’un championnat du monde junior d’après ce que me disent les fédérations et le CIO. Il y a quand même un vrai gap. J’ai constaté que M. Ciotti était contre les JO de Paris et puis quand il a vu le succès il a dit que c’était bien. Il était contre le JO à Nice parce que c’était piloté par M. Estrosi et puis il a réalisé en cours de route que c’était bien. Je l’ai eu au téléphone, au-delà des divergences politiques je veux garder les Jeux pour ma région. C’est environ 700 millions de retombées économiques pour Briançon, 700 millions pour Nice, 700 millions pour le reste. Tous ceux qui ont gagné les élections dans les Alpes sont pour les Jeux. Lui, maintenant, il est demandeur. On n’a pas le choix, il faut décider entre le 20 et le 30 avril, il faut lancer les appels d’offres en mai. Nos équipes se sont vues le 1er avril – ce n’est pas une blague – que des techniciens pas de politiques. Prochain rendez-vous le 17 avril. Je pense qu’on va y arriver.

    Vous voulez vous impliquer dans
    la présidentielle, qu’est-ce que cela veut dire concrètement
     ? Vous êtes favorable à une primaire ? Vous êtes candidat dans ce type de dispositif ?

    R.M. : Ça veut dire que ce qui est applicable au plan local pour éviter des défaites et des raz-de-marée doit être bien intégré au niveau national. Munich c’est d’abord les esprits. Il faut se battre ! Je suis viscéralement gaulliste, j’entends me porter à l’avant-garde de ce combat. C’est la présidentielle de tous les dangers. Le pays est divisé. Des clans hostiles s’y affrontent sans se préoccuper de l’intérêt supérieur de la Nation. On assiste à des attitudes irresponsables et j’ose le dire, criminelles, dans un contexte ou la France comme l’Europe sont confrontées à un nouvel ordre mondial. Je suis un des plus vieux, je peux constater avec mon expérience que les rivalités d’ego sont souvent inversement proportionnelles à la qualité de ceux qui les entretiennent. Elles risquent de donner un funeste laissez-passer à une victoire des extrémistes et à une défaite de la France. C’est au Sénat, à l’Assemblée, dans les formations politiques qu’il faut être aujourd’hui pour faire entendre cette voix-là. Il n’en faut qu’un sinon on perdra !

    Comment imaginez-vous procéder pour n’en garder qu’un ?

    R.M. : Dans la mesure où on n’arrive pas à se départager aujourd’hui, il faut au moins avoir un pacte. Travailler sur un socle commun. C’est assez facile sur la santé ou sur l’école. C’est plus compliqué sur les questions économiques et fiscales. Il y a un effort à faire sur les finances, réparti équitablement. Sur l’international aussi. Il faut un pacte sur les valeurs, la laïcité, la performance de notre État. On peut faire ce qu’on veut, si on ne le modifie pas, ça ne marchera pas. Je l’ai dit au président de la République : quand on a fait nos lois olympiques, la loi Notre-Dame de Paris, on a sorti des choses en temps et en heure qu’on aura jamais sorti autrement. Et on n’a pas éclaté le droit du travail ni pété les normes environnementales… Pourquoi on ne ferait pas une grande loi comme ça, pour deux ans, sur la totalité de notre pays ? Pour éviter de mettre 5 ans à faire une crèche et que toutes ces règles qui s’additionnent aux normes coupent les pattes de tout le monde. Il faut simplifier, décentraliser…

    Vous ne répondez pas sur la primaire.

    R.M. : Je n’ai pas la réponse. Je vous ai répondu sur les ego démultipliés. Ça va se décanter. Quand vous êtes un homme de droite comme moi, qui a tout vécu, vous savez que le gagnant d’une primaire un an avant, il est battu. On n’a que ça comme expérience. M. Philippe me va très bien, M. Attal me va très bien, quelqu’un issu de LR me va très bien. Mais il faut qu’il n’y en ait qu’un à la sortie. Ça rentre dans les esprits. Si le bloc central veut être devant Mélenchon, il ferait bien de faire attention à ne pas finir derrière M. Glucksmann.

    Qu’allez-vous proposer ? Un comité de liaison entre les forces de la droite et du centre ? Cette discussion ne peut pas voir lieu qu’au Sénat ?

    R.M. : Je le dis avec humilité, je crois que je suis respecté. On peut m’aimer, ne pas m’aimer mais il est rare qu’on conteste le travail que j’ai fait et mon mode de gouvernance. Mais je vois bien que cette puissance de baron local élu et réélu, ne pèse pas au niveau national. Je suis président délégué des Régions de France… On n’a pas accès au Premier ministre, au gouvernement, au Parlement… Ce n’est pas possible ! Donc jusqu’à maintenant je menais les combats locaux, mais il y a la présidentielle à gagner. Avant je pouvais faire les deux, aujourd’hui on ne peut plus. Il faut que je monte à Paris, que je fasse entendre ma voix et mon expérience.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les sénatoriales sont un scrutin de liste. Avec qui serez-vous candidat ?

    R.M. : Je suis candidat dans un calendrier respectueux de mes amis. Je ne prends la place de personne. Patrick Boré qui était mon ami n’est plus là. M. Le Rudulier ne peut pas être candidat. Peu de gens sont capables de porter un discours rassembleur, anti-extrêmes, pro-décentralisation, pro-place des maires dans la Métropole qu’il faut revoir au plan législatif. La liste viendra.

    Vous êtes Marseillais donc il vous faut une Aixoise en numéro 2. Mme Devesa plutôt que Mme Boyer ?

    R.M. : Il me faut des voix. Je crois qu’on peut faire quatre sièges. Il faut une belle liste. Il faut du nord, du sud, de l’est, de l’ouest, des hommes, des femmes, un peu toutes les sensibilités, des gens qui s’entendent, un projet. Je veux être le chef de ce projet, le proposer en tant que tel. La liste ce sera plutôt fin mai, début juin.

    Où allez-vous siéger ? Votre sensibilité actuelle, Renaissance, est un peu marginale au Sénat.

    R.M. : Vous savez, au Sénat on n’arrive jamais à retrouver ses petits. Moi je suis un LR-Renaissance, un Muselier-Modem-Horizon-centriste-droite. Dans une élection comme celle-là, vous êtes élu par vos maires. Tous les grands maires ici, sont chez moi, en dehors de Marseille. Tous les grands maires je les ai aidés. Avec la convention régionale des maires, les contrats de territoire qu’on a passé, font en sorte qu’il n’y a pas de différence politique entre eux et moi. Je ne suis pas arrivé avec les subventions de la Région en disant « je suis Renaissance  », j’étais là pour aider à bien ficeler des dossiers avec l’Europe pour avoir des résultats. Je m’inscris dans cette logique-là.

    Vous en avez parlé avec Gérard Larcher ? Vos amis parisiens ?

    R.M. : J’ai prévenu tout le monde à Paris. Que ça soit M. Larcher, M. Attal, M. le président de la République, M. le Premier ministre. Vous savez, je fais les choses dans l’ordre parce que je sais comment ça marche.

    Que vous ont-ils dit ?

    R.M. : Après la surprise, ils trouvent que c’est plutôt une bonne idée.

    Samedi vous inaugurez le branchement à quai des navires de croisière. Ce sera donc l’une des dernières réalisations de votre mandat ?

    R.M. : Je vais être très heureux d’avoir initié ça. Mais regardez le paradoxe politique. Je pense que les Marseillais aiment leur port mais ne supporte plus d’être enfumé. Je crée les escales zéro fumée quand M. Payan nous fait une pétition contre les bateaux. On n’a pas pu en parler pendant la campagne. Samedi, on va l’inaugurer et c’est M. Payan qui va couper le ruban. J’éclate de rire. C’est cocasse. Mais je ne regrette rien, je crois que l’économie doit trouver une solution par rapport à l’environnement. C’est ce que j’ai écrit dans ma COP d’avance et mon premier budget vert d’Europe. Je le prouve. Je suis content pour le Port et les Marseillais. Pareil, je crois à la réindustrialisation décarbonée des bassins ouest. Ce n’est pas pour ça qu’il faut brûler les flamants roses !

  • La France fête ses athlètes et se projette vers les JO 2030

    La France fête ses athlètes et se projette vers les JO 2030

    Des Alpes italiennes aux Alpes françaises. Moins de 24 heures après la cérémonie de clôture des JO 2026 dans les arènes de Vérone, l’ensemble de l’équipe de France était réuni à Albertville, lundi soir, pour célébrer ces Jeux réussis pour la délégation tricolore. Un record passé de 15 à 23 médailles et de nouveaux visages découverts, à l’image des triples médaillés Océane Michelon et Mathis Desloges.

    34 ans après la fin des Jeux olympiques d’Albertville, l’olympisme était de retour dans la cité savoyarde. Entre les massifs des Bauges et du Beaufortain, une fête était organisée devant plus de 6 000 spectateurs dans la halle olympique utilisée en 1992. Cette salle est devenue une sorte de Club France gigantesque pour quelques heures, ce lundi.

    « C’est chouette de voir cette cérémonie en terres savoyardes », disait la snowboardeuse de Val Thorens et porte-drapeau Chloé Trespeuch. Quentin Fillon Maillet, l’un des héros français des Jeux, a ajouté que cela « permet de valoriser la réussite des Bleus et de retrouver le public tricolore ».

    La bannière olympique placée à 53 mètres de haut

    Dès 18h30, des membres de toutes les disciplines sont montés au compte-goutte sur la scène de cette halle. Le biathlon (13 médailles dans ces JO), entré en dernier, s’est aussi imposé à l’applaudimètre. Cette cérémonie servait aussi à accueillir le drapeau olympique, obtenu dimanche lors de la « passation de pouvoir » entre l’Italie et la France. L’olympiade française débute et doit mener les athlètes vers le 1er février 2030, date de l’ouverture des 26e Jeux olympiques d’hiver de l’histoire. Les deux présidents de régions, Fabrice Pannekoucke et Renaud Muselier, ont brandi le drapeau aux cinq anneaux, à Albertville.

    Le clou du spectacle était un show son et lumière mettant en avant les trois dernières éditions des Jeux en France avec Chamonix 1924, la pionnière, Grenoble 1968 et donc Albertville 1992. Ensuite, le drapeau olympique a été monté en haut d’un mât de 53 mètres. Sept membres du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins ont fait culminer cette bannière loin au-dessus du sol. Cette dernière y restera jusqu’à l’ouverture des prochains JO en Haute-Savoie, en Savoie, dans les Hautes-Alpes et dans les Alpes-Maritimes.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Il faut élever le niveau d’organisation »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Il faut élever le niveau d’organisation »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous des JO de Milan ?

    Renaud Muselier : Que nous avons plusieurs atouts : l’expérience des JO de 2024, les premiers Jeux décentralisés ont été faits en Italie. Les Italiens ont souffert, mais ils ont réussi des jeux exceptionnels ! Et à ce titre, la matrice d’organisation du CIO va nous faire gagner du temps. Et enfin : le succès de ces Jeux montre l’appétence mondiale du public et des sportifs, des Fédérations, des Ligues… C’est un succès populaire majeur. Cela va nécessiter d’élever notre niveau d’organisation, la leçon c’est que c’est dur, c’est compliqué, mais on va le faire !

    Le comité d’organisation traverse une crise, qu’en pensez-vous ?

    R.M. : Je ne suis pas inquiet car la totalité du dispositif est mise en place : la loi olympique, le budget, une perspective d’héritage, les différentes structures (Dijop, Solidéo, Cojop). On a un problème de l’ordre des ressources humaines à traiter : il faut un Directeur général opérationnel, un responsable de la livraison, un autre de la planification… Je ne suis pas inquiet parce que tous les fondamentaux sont placés. Il y a des soubresauts, il y en a un là, il y en aura d’autres plus tard…

    Les habitants des Alpes demandent de la concertation autour des JO

    R.M. : Je l’entends. On a créé un parlement des Jeux dans lequel on écoute tout le monde et des commissions pour apporter des réponses. Pour les Alpes, cela va permettre d’avoir un train digne de ce nom et le traitement de points noirs routiers, ce que nous n’aurions pas pu faire sans les Jeux. Et il y aura de la concertation dans le cadre des projets. Après, je constate qu’aucun candidat engagé dans les combats légitimes et normaux des élections municipales dans les communes concernées ne dit « non » aux Jeux… Cela témoigne de leur popularité.

  • D’immenses défis

    D’immenses défis

    Comment faire entrer les Jeux olympiques d’hiver2030 portés par les Régions Sud et Auvergne-Rhône-Alpes, dans une nouvelle ère ? L’équation est compliquée. Notre région, soumise de plein fouet aux effets du dérèglement climatique, se doit d’être un modèle d’adaptation. Et la « nécessaire » neige artificielle, produite pour toutes les compétitions de descente, renvoie à un modèle économique de l’exploitation de la montagne en passe d’être révolue. À moins de vouloir sauver des saisons touristiques à n’importe quel prix dans les prochaines décennies.

    Pérennité et usage

    C’est un des paradoxes de l’organisation des prochains JO dans les Alpes françaises. Sur plusieurs sites, avec ses lignes de train et des transports décarbonés, avec la volonté de devenir un « modèle de sobriété ». L’autre aspect, et non des moindres, tient à l’héritage des Jeux. Les habitants de la région sont dans l’attente d’un véritable « bond en avant » sur la question des transports, que ce soit sur le littoral ou en altitude. La rallonge budgétaire allouée à la faveur des JO pour notamment la Ligne nouvelle de Marseille à Nice, pourrait donner un nouveau souffle fortement attendu pour décongestionner un trafic routier toujours plus dense… Reste enfin les infrastructures. Non seulement pour accueillir les compétitions olympiques pendant une quinzaine de jours mais pour en assurer à la fois la pérennité et l’usage durant des années. Les défis sont multiples et immenses et ces JO exigeront une concertation permanente avec l’ensemble des acteurs. Sous peine de disqualification !