Tag: jeunesse

  • [En immersion avec les jeunes de La Martine 3/4] Un centre social comme « une deuxième maison »

    [En immersion avec les jeunes de La Martine 3/4] Un centre social comme « une deuxième maison »

    De la liberté, de l’autonomie, mais aussi découvrir le monde en collectif pour pouvoir se construire… L’accueil jeunes, mis en place au centre social La Martine (15e), en mars 2025, c’est tout ça à la fois. Des critères établis par la Caisse d’allocation familiale qui subventionne ce secteur. Kader Allem, coordinateur jeunesse, en a tiré la substantifique moelle pour donner la possibilité aux enfants âgés de 12 à 17 ans de participer aux activités.

    Son leitmotiv : faire en sorte que les ados s’ouvrent aux autres. « Tant que je serai là, les projets seront ouverts aux 12-17 ans de La Martine, explique-t-il. L’accueil jeunes, c’est un lieu de rencontres et de création. Tout le monde a le droit de s’inscrire et l’idée est que chacun prenne sa place. Ce qui m’intéresse, c’est que les jeunes prennent confiance en eux. » Ce qui n’est pas toujours chose facile.

    Nasser, 15 ans, le reconnaît bien volontiers : lui, ce qu’il aime, c’est « rester avec ses potes ». « On est soudés », explique-t-il. Alors accueillir les plus petits dans le groupe avec ce que l’on appelle, au centre social, « les passerelles », où les 11 à 13 ans se mélangent avec les plus grands de temps en temps, il a encore du mal. « On voit pas trop pourquoi, on est bien entre nous », insiste-t-il. « C’est un peu bizarre, il faut s’adapter », abonde Jhany, 14 ans. Petit à petit, Kader les a convaincus des bienfaits du collectif, même si par moment, il faut encore faire des piqûres de rappel.

    Ensemble, c’est plus facile

    La réflexion a néanmoins fait son chemin chez Chemsy, 16 ans. « Ici, on sait qui on va voir, y a pas de prise de tête. Mais, quand on se met à la place des petits, c’est pas la même. Moi, quand j’étais ici au centre, j’aurais aimé être avec les grands de temps en temps. » Quand Kader est arrivé, « cela se voyait à sa tête qu’il était gentil. Mais on s’est dit, il va changer des choses », poursuit-elle. « Alors que pour nous, c’était très bien comme ça », balance Nasser à ses côtés.

    Briser l’entre soi aura donc été le premier chantier avant de s’attaquer à l’accès pour tous aux activités. Du paiement en fonction du quotient familial, on est passé « à une nouvelle politique tarifaire où on ne paie que 30% des sorties, une petite participation est demandée pour les séjours », précise Kader.

    Résultat : « on fait des choses qu’on pourrait pas se payer », s’enthousiasme Jhany, et aussi « des sorties pédagogiques qu’on pourrait pas faire ailleurs ». « Le musée d’histoire de Marseille, j’y serai jamais allé tout seul », ajoute-t-il, tandis qu’un quiz sur la visite est justement en cours dans la salle à côté. Ce que nos ados préfèrent : « Partir ensemble, c’est plus facile », analyse Chemsy. « C’est bien qu’on se retrouve ensemble, autre part, pour découvrir d’autres mondes », insiste la jeune fille.

    Libres d’aller et venir au sein de cet accueil jeunes, devenu plus souple administrativement et techniquement, s’ils font le choix de rester, c’est aussi parce que la politique éducative menée est efficace. « On met tout en place pour qu’ils aient envie de rester toute la journée », lance Kader. Et de s’adresser aux ados : « La réussite éducative, c’est ce que nous, on peut faire pour vous en complémentarité de l’école et de votre famille. Pour que vous vous épanouissiez et arriviez à l’âge adulte. »

    Des expériences

    qui servent au quotidien

    Pour certains, le centre a pris une importance vitale. « Cela m’apporte du bonheur. C’est une des seules choses qui me plaît dans ma vie, en ce moment, avec la danse. Cela me permet de m’évader de mon quotidien. J’ai grandi ici, je venais déjà à l’âge de 5 ans, j’ai rencontré des personnes », témoigne Chemsy. À ses côtés, Jhany acquiesce. « Si j’avais pas ça, je pense que je me serais ennuyé, je serai resté sur la play[station] », estime-t-il, quand Nasser pense au pire. « Si j’ai pas le centre, c’est sûr, je vais faire plus de conneries. » « Oui, il serait livré à lui-même », commente Chemsy, parce que « chez soi, on gamberge, alors que là, on sait où aller », précise Maïssa, 16 ans.

    Elle revient sur le coup de foudre amical avec Chemsy. « Moi, ce centre, cela m’a permis des rencontres. Avec Chemsy, la première fois qu’on s’est vues, on est devenu copines comme si on se connaissait depuis 100 ans. Alors que, dans la vie de tous les jours, jamais je serais allée lui parler », raconte-t-elle, un peu émue. Le centre, c’est aussi « des trucs qui nous servent au quotidien, comme le concours d’éloquence, les ateliers radio », insiste la jeune fille. Bref, c’est comme « une deuxième maison », résume Nasser, « avec de nouveaux co-locataires », s’amuse Chemsy.

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 2/4] Ados mais capables de prendre des décisions

    Ils ont tous 16 ans, des envies et des propositions. Et mieux : les défendent. Autour de la table, au centre social de la Martine (15e), Hadidja, Soulayman, Zayan et Iqbal font partie des jeunes que Kader Allem, coordinateur du service jeunesse, comptent bien voir intégrer officiellement un futur « conseil des jeunes », d’ici janvier.

    Sur l’idée qu’ici « on ne consomme pas des loisirs », explique Kader, qui insiste sur le rôle éducatif du centre social. « On doit vous apporter ce que vous n’allez pas proposer », insiste-t-il face aux jeunes, rappelant la sortie au musée d’histoire de Marseille, le matin même. « Génial », reconnaît Zayan. Il faut dire que sur le passage de Kader, ça déménage. En poste depuis 10 mois, il dynamite les idées reçues. Les presque jeunes adultes participent déjà aux réunions avec les responsables du centre. « C’est bien qu’on nous entende », se félicite Hadidja. Cet été, ils ont par exemple pu organiser une sortie bouée tractée. Cela peut paraître anecdotique, mais il a fallu argumenter et débattre pour y arriver face à une équipe de responsables pas convaincue. Une expérience de démocratie bien concrète.

    « Il faut trouver une activité que tout le monde soit en capacités de faire, avec laquelle tout le monde soit d’accord », explique Zayan. « On met tout à plat, chacun donne son avis et on fait une synthèse », complète Soulayman. Déjà organisés en groupes sur les réseaux sociaux pour échanger, ils ont su porter la parole de la majorité. « On ne peut pas dire aux jeunes “vous avez le pouvoir d’agir” et leur dire non », estime Kader, qui espère les voir intégrer à terme le conseil d’administration du centre social pour leur donner la possibilité de s’exprimer sur les projets, le fonctionnement de l’accueil jeunes. Histoire de « co-construire » la vie du secteur jeunes en « trouvant un équilibre ».

    Question de confiance

    « On aimerait des heures plus adaptées », lance Soulayman quand, aujourd’hui, il faut concilier l’accueil des tout-petits avec celui des ados. Dans un grand sourire, Hadidja se souvient de cette rentrée tardive de rando qui a fini sur la plage avec jeux et pique-nique. Plus de séjours, aussi, seraient les bienvenus. « Cet été, on a fait trois voyages dans les Alpes, à Paris et Argelès », raconte Zayan, heureux que « Kader ait tenu parole ». La confiance restant aussi le maître mot de la démarche.

    Le conseil jeunes, c’est aussi l’occasion d’aborder concrètement la question du financement. Une grande injustice, estiment-ils. « On nous dit toujours, y a pas de sous, on trouve ça dommage », commente Soulayman. Kader ne leur cache pas les difficultés, les dossiers déposés dans le cadre de subventions pour les quartiers prioritaires, « on est obligés de jongler ». Et l’État qui diminue tout. « Cela nous inquiète », alertent les jeunes.

    Ils aimeraient aussi que le centre social s’équipe de minibus pour se déplacer plus facilement. Une priorité pour Kader. Dans la vie de tous les jours aussi, l’expérience porte ses fruits. « Cela nous apprend à être à l’aise, à mieux s’exprimer », reconnaît Hadidja. « On est capable d’avoir un avis et qu’il soit pris en compte », ajoute Soulayman. Même si Zayan reconnaît qu’il « n’y a pas moyen » d’aller contre l’avis de sa mère ou d’un professeur.

    « Le pouvoir d’agir »

    Le « pouvoir d’agir des jeunes », c’est bien là le leitmotiv de Kader, qui doit par la même occasion convaincre les adultes.

    « Je suis assez grand pour prendre des décisions, je suis mature, quelqu’un de construit. Avoir 18 ans ça veut rien dire. Je suis un grand garçon », embraye Iqbal. « Des gens de mon âge ont déjà assez de poids sur le dos, beaucoup de responsabilités. Ils travaillent, paient le loyer de chez eux. Je suis assez grand pour que, ma parole, elle compte quand je dis quelque chose. On a tous notre mot à dire, c’est ça la liberté d’expression », insiste-t-il. Et de revenir sur ce qui se passe dans son quartier la Simiane.

    « On a des loyers trop chers. On est au centre des quartiers Nord, mais on est oubliés. Le syndic ne fait rien pour nous. Alors qu’il y a un terrain, on pourrait en faire un vrai stade comme à l’époque de mon grand frère. Là, je sors, je fais quoi ? Je m’assois sur le banc, je regarde l’heure passer ? Alors qu’il y aurait beaucoup de choses à faire », s’indigne-t-il. « C’est vide », confirme Zayan. Les tentatives de dialogue, n’ont « rien donné », déplorent-ils. « J’ai bien pensé à faire une manifestation », confie Iqbal, « mais les gens s’en foutent, car on n’est pas assez de jeunes, on est des générations séparées ».

    De là à évoquer le droit de vote dans les quartiers, il n’y a qu’un pas, qu’il franchit sans souci. « Je parle beaucoup politique avec mon père, je serai capable. Je veux vraiment que ça change et pas que pour moi, aussi pour les plus petits ! », insiste Iqbal. « Je veux pas déménager, je suis né ici, je veux changer là où j’habite », assène Zayan.

  • [En immersion avec les jeunes de la Martine 1/4] Un rallye citoyen qui fait étape à la mairie

    [En immersion avec les jeunes de la Martine 1/4] Un rallye citoyen qui fait étape à la mairie

    Ils sont très exactement 18, âgés de 12 à 17 ans, venus du centre social la Martine, à Marseille (15e) à débouler ce matin-là à la mairie des 15e et 16e arrondissements, rue de Lyon. Sous la houlette de Kader Allem, coordinateur jeunesse, Jhani, Yacine, Kalil, Léo, Élise ou Sami sont venus en savoir plus sur l’institution dans le cadre d’un « rallye citoyen », démarré en mars dernier. Le but : les rendre véritablement acteurs de leur cité.

    « On est toujours en train de leur dire qu’il faut être citoyen mais la citoyenneté ne se décrète pas, elle se vit », explique Kader. Un travail de longue haleine dans des quartiers où être jeune relève parfois de la gageure.

    Franche et directe, madame la maire, Nadia Boulainseur (DVG), joue volontiers le jeu, bombardée de questions. « Comment vous gérez les quartiers ? », « Comment vous comptez améliorer notre cadre de vie ? » « C’est vous qui entretenez les city stades ? » « C’est quoi votre quotidien ? » Patiemment, l’élue rappelle les compétences d’une mairie de secteur : état civil, animations des centres aérés, « entretien des équipements transférés »… Mais au-delà, il y a aussi « la bonne volonté de l’équipe en place » pour agir détaille Nadia Boulainseur. Et de défendre ses choix, comme celui d’une politique culturelle « ambitieuse ».

    Pas de diplôme de maire

    Elle donne l’exemple de la maison de musique, ouverte à Saint-Henri (16e). « Avec des cours de piano, de violon. On m’a dit que cela ne fonctionnerait pas », se souvient l’élue. « Mais moi j’ai habité à la Granière, au K62, je sais ce que les habitants de ces quartiers veulent et surtout ne veulent pas », poursuit-elle. L’équipe municipale a détecté le frein, « il était financier » témoigne Nadia Boulainseur. « Alors on a fait un tarif symbolique à 5 euros et dégressif dans les fratries. Et aujourd’hui, on travaille à tripler les cours », développe-t-elle fièrement.

    Au fur et à mesure des échanges, elle revient sur la nécessité de faire avancer la question du logement, des transports… « C’est pas normal que les jeunes disent quand ils vont dans le centre-ville, qu’ils descendent à Marseille, qu’ils ne se sentent pas Marseillais », s’indigne-t-elle devant une assistance qui approuve.

    « Et le maire de Marseille, il vous gère à vous aussi ? À quoi il sert finalement ? », balance sans ambages Chemsy. « À valider les permis de construire, assurer l’entretien des parcs quand ils font plus d’un hectare, à gérer la police municipale même si les maires sont aussi OPJ, officier de police judiciaire », répond la maire qui se marre.

    Puis, stupeur quand la troupe apprend qu’il suffit d’avoir 18 ans et de se présenter pour être maire. Tout le monde étant persuadé qu’il faut un diplôme. « Mais alors moi si je veux, je peux me présenter ? Et être élu ? » insiste un ado. Nadia Boulainseur s’embarque alors dans une explication simplifiée de la loi PLM, pour aborder la question de la majorité et on devine qu’une partie de l’assistance décroche un peu… Elle tient à faire passer le message : « Cette mairie est la vôtre, moi je ne fais que passer… »

    Être acteur de sa vie

    Mais vient le fond de toute l’affaire : « Pourquoi c’est important d’être citoyen ? », lâche timidement Yasmine. « Parce qu’il ne faut pas laisser les autres choisir pour toi ! Et puis après quand on ne s’intéresse pas, il ne faut pas se plaindre même si je comprends qu’on puisse être dégoûté par la politique. Mais il faut être acteur de sa vie », estime l’élue revenant sur son propre parcours. « À l’époque j’habitais la Granière et le bailleur a fait faillite, il a vendu les logements. Mes parents n’avaient pas les moyens d’acheter, on a dû partir dans le 11e. Je me suis retrouvée dans un bidonville avec 15 familles d’Arabes, 15 familles de gitans, l’idée étant de nous laisser loin de tout », raconte-t-elle. Elle martèle : « Si j’avais dû me dire c’est mort, je ne serais pas en face de vous aujourd’hui. Il ne faut jamais baisser les bras. Même si c’est plus difficile pour vous, on ne va pas se mentir, et aussi pour les filles en particulier. » Mais elle en est persuadée : « Vous pouvez déjouer tous les plans. » Après plus d’une heure de questions-réponses, les ados repartiront ravis. Prochaine étape, un voyage à Paris à l’Assemblée nationale en décembre prochain. Une visite « trop stylée » imaginent-ils déjà.

  • Plus de 2 000 jeunes négligés par l’austérité dans le Vaucluse ?

    Plus de 2 000 jeunes négligés par l’austérité dans le Vaucluse ?

    Depuis le début de la semaine, les missions locales (ML) de France sont en alerte. Partout sur le territoire, ces structures d’accompagnement des 16-25 ans (lire ci-dessous) sont vent debout contre le projet de loi de finances du gouvernement qui prévoit une baisse de 13% des dotations des ML. Et ce après une première diminution de 7% en 2025. « 77 millions d’euros en tout, à l’échelle du budget de l’État c’est symbolique, mais absolument pas pour nous », déplore Isabelle Gineste, directrice de la ML du Grand Avignon. Ce jeudi, avec le soutien des trois autres structures de Vaucluse (Comtat Venaissin, Luberon et Haut Vaucluse), un point presse avait lieu. Il faisait suite à l’interpellation, en fin de semaine dernière, des trois sénateurs. « Le budget arrive au Sénat le 23 novembre, on va batailler avec des amendements pour contrecarrer tout ce qui ne va pas dans le bon sens », projette Lucien Stanzione (PS). L’an dernier, la Région avait aussi diminué ses crédits de 300 000 à 200 000 euros pour la ML du Grand Avignon.

    Le financement

    à la performance arrive

    Si le budget était adopté en l’état, « nous perdrions huit postes de conseillers, sachant qu’un conseiller accompagne 130 jeunes de l’année, plus de 1 000 jeunes se retrouveraient en grande difficulté de suivi », calcule Lilou Quennesson, présidente de la ML et conseillère municipale d’Avignon déléguée à l’emploi et l’insertion. En ajoutant les jeunes des trois autres ML, ce chiffre grimpe à 2 300 en Vaucluse sur les 12 000 suivis annuellement. « Nous lançons un appel à la mobilisation et la responsabilité collective, la jeunesse n’est pas une variable d’ajustement, investir dedans c’est investir dans l’avenir du pays », fait valoir la présidente. Dans un département parmi les plus pauvres de France, « on enlève encore un élément de solidarité par des choix budgétaires », déplore David Fournier, adjoint (PS) avignonnais venu en soutien.

    Par ricochets, cette baisse « pénalise aussi les entreprises qui auront moins de contact avec les ML pour embaucher », souligne Régis Phaly, trésorier de la ML et adjoint au maire d’Entraigues. La directrice s’inquiète aussi « du financement à la performance, 10% cette année, 20% en 2028 avec des indicateurs que l’on ne connaît pas et alors que nous ne sommes tributaires des créations d’emplois », expose Isabelle Gineste. Et d’inviter n’importe quel administrateur de la ML « à venir vivre la vie d’un conseiller et prendre conscience de notre réalité ».

    REPÈRES

    13%

    de baisse prévue du financement des missions locales par l’État dans le projet de loi de finances 2026. Dans le Grand Avignon, sur un budget annuel de 3,5 millions d’euros, l’État abonde à hauteur de 2,5M (données 2024). Le reste provenant des communes et de l’agglo (435 000 euros), la Région (293 000) et le Département (45 000).

    Au service des 16-25 ans

    Les missions locales veillent à accueillir, accompagner, orienter, informer les 16-25 ans dans toutes démarches professionnelles et sociales avec comme « ADN, donner aux jeunes un sens à leur avenir ». Cela passe par l’emploi, la formation, l’orientation, l’appui à la création d’activité, le logement, la santé, la mobilité ou la citoyenneté. Dans le Grand Avignon, au sein des 14 lieux du territoire, près de 5 500 jeunes ont été accueillis en 2024, dont 1 759 nouveaux. Quelque 1 411 sont entrés en emploi (dont 315 en alternance) et 566 en formation.

    8

    emplois équivalent temps plein sont menacés à la mission locale du Grand Avignon si la baisse de 13% des dotations se concrétise. Ces 8 postes en moins, sur 65 salariés dont une quarantaine de conseillers, impacteraient directement 1 400 jeunes qui seraient moins ou mal suivis.

  • Un voilier ambassadeur du WWF sensibilise les élèves à la Méditerranée

    Un voilier ambassadeur du WWF sensibilise les élèves à la Méditerranée

    « Nous avons lancé ce programme “Gardiens de la Méditerranée” il y a 3 ans, avec le ministère de l’Éducation nationale : ses contenus pédagogiques permettent aux enseignants de tout le territoire de sensibiliser les élèves », souligne Annaëlle Foy, chargé de communication du WWF. « Et nous avons créé un parcours sur toute l’année scolaire », poursuit-elle. Par exemple, via un podcast interactif, les enfants se retrouvent face à une tortue venue pondre sur la plage. Ils doivent prendre une décision : la protéger ou la remettre à l’eau. Le WWF, à travers son voilier en escale une semaine dans la cité phocéenne, cherche à enseigner les bons comportements.

    Les CM1 de l’école François-Moisson (2e) découvrent ainsi le Blue Panda amarré face à l’hôtel de ville. Avec leur enseignant, ils ont visionné le documentaire Rorqual pour préparer leur venue. Il faut ôter ses chaussures et monter à bord rejoindre marins et bénévoles de WWF. Il s’ensuit 1h30 d’ateliers. Baleines et herbiers de Posidonie défilent : projection ludique, jeux sur les espèces locales, pioche à l’aveuglette des déchets qui fragilisent l’écosystème marin… « Les plastiques se transforment en micro-plastiques et nous les ingérons en mangeant du poisson », explique Manon, bénévole.

    Le voilier reçoit 4 dernières classes ce vendredi et dernier jour de l’escale. « On reviendra à Marseille au printemps lorsque le Blue Panda reprendra ses missions scientifiques dans différents pays partout en Méditerranée », conclut Annaëlle Foy, avant de reprendre la mer.

  • À Toulon, l’aide à la scolarité pour favoriser l’égalité des chances

    À Toulon, l’aide à la scolarité pour favoriser l’égalité des chances

    La délibération portant, lors du dernier conseil municipal, sur la convention d’objectifs et de financement 2025-2026 avec la Caisse d’allocations familiales du Var, a permis de mettre en avant l’Accueil jeunes du Las ouvert depuis le mois de février. Un lieu pour se retrouver, échanger et s’informer dont les objectifs vont de la responsabilisation des adolescents à l’acceptation de la différence en passant par l’entraide ou la prise d’initiatives. Et ce en proposant de nombreuses activités en partenariat avec la mission locale des jeunes toulonnais, la Ligue varoise de prévention, la Maison de l’étudiant et de l’information jeunesse. Un accueil qui, comme il a été rappelé « répond aux besoins du territoire de l’ouest de Toulon ».

    La CAF vient de lui accorder une subvention dans le cadre du Contrat local d’accompagnement à la scolarité des enfants du primaire au lycée. « À ce titre, il vise une meilleure égalité des chances et la prévention de l’échec scolaire », a mis en avant la maire de Toulon Josée Massi (SE). Les actions qui seront mises en place dans le cadre de ce dispositif auront lieu en dehors du temps de l’école et seront distinctes des actions d’aide individualisée ou de soutien scolaire des établissements scolaires. Mais seront toutefois articulées avec les projets de ces derniers.

    Centrées sur le jeune, elles doivent susciter son adhésion et faciliter les relations entre les familles et les équipes éducatives. L’objectif étant aussi d’accompagner et aider les parents dans le suivi et la compréhension de la scolarité de leurs enfants. Le montant de la prestation de service versée par la CAF est égal à 32,5%des dépenses de fonctionnement des actions conduites auprès d’un groupe de 8 à 12 enfants, évaluées à 5 516 euros.

  • Festival de la Méditerranée : des lycéens réalisateurs et jurés

    Festival de la Méditerranée : des lycéens réalisateurs et jurés

    Le Primed accorde une attention toute particulière aux jeunes. Deux projection-débats leur permettront d’échanger, en présence d’une journaliste de France Télévisions, sur la place de l’apprentissage de la langue arabe dans l’Éducation nationale avec le Film Mauvaise Langue de Jouar Nadi, et sur les violences sexuelles faites aux femmes avec La Promesse d’Imane de Nadia Zouaoui.

    Ce n’est pas tout. Parmi les douze prix qui seront décernés aux documentaires les plus remarqués, deux reposent entre les mains des lycéens. Le documentaire, qui arrive loin derrière le film dans la consommation des longs-métrages des jeunes, va donc être mis à l’honneur dans les classes de lycées. Au Mucem, le 4 décembre à 10h, le Prix des Jeunes de la Méditerranée récompensera une création parmi trois œuvres soumises à leurs réflexions et sensibilités. Ils seront de ces 3 000 jeunes de la région Sud, mais également du pourtour de la Méditerranée et du Canada, qui auront été émus ou déboussolés, et auront débattu et voté.

    Mais le festival de la Méditerranée en images ne se limite pas à les faire voyager dans des fictions réalistes d’ici et d’ailleurs. Il va plus loin et les fait se glisser dans la peau du réalisateur. Les 4 et 5 décembre, au Mucem et à l’Alcazar, ils rencontreront les réalisateurs en personne lors de deux masterclasses pour découvrir directement le métier et le processus de création qui en découle. Le Prix « Moi, citoyen méditerranéen » décernera ainsi sa seconde récompense le 5 décembre à 16h30 à l’Artplexe Canebière. Ces jeunes auront à convoquer leur imagination et créer un film personnel d’une minute, pour raconter si « Partir, voyager, se perdre ici ou ailleurs, ça vous tente ? ». De quoi conclure cette immersion dans la création documentaire en s’essayant soi-même à l’ouvrage.

  • Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Du 29 novembre au 6 décembre prochain, le Festival du PriMed (Prix international du documentaire et du reportage méditerranéen) lance à Marseille sa 29e édition. « Le but de ce festival est de mettre en avant des sujets sur la Méditerranée, d’actualité ou de mémoire – la mémoire qui éclaire le présent – et de poser le débat », pose Valérie Gerbault, déléguée générale du Centre méditerranéen de la communication audiovisuelle qui organise l’événement depuis 1995.

    Elle assure son succès en alimentant son réseau dans plus de 50 auprès de 50 pays du bassin méditerranéen. « Je viens tout juste de rentrer d’Egypte, où je parcourais tous les soirs trois à six heures de route pour changer de ville », souffle-t-elle. À ses côtés, Daphné Rozat gère la partie programmation des documentaires au Festival du film et forum international sur les droits humains. Elle présidera un jury de cette édition 2025, composé essentiellement de professionnels de l’audiovisuel, de réalisateurs et de journalistes.

    De part et d’autre de la Méditerranée

    Le PriMed, aussi nommé Festival de la Méditerranée en images, promet cette année un rendez-vous, au croisement de la création et de l’actualité. Cinq grands thèmes ont été mis à l’honneur. Leur gravité et leur lourdeur n’ôtent rien au regard fin et complexe qu’ont posé sur eux les réalisateurs.

    La question israélo-palestinienne est évidemment au programme. Ainsi dans Holding Liat, sur une famille dont un couple a été enlevé par le Hamas, qui se bat, pétrie de ses incertitudes et de perspectives politiques contradictoires. Ou encore dans Je suis la nuit en plein midi où il s’agit de penser comment « sortir de l’impasse pour des gens qui sont bloqués dans leurs vies et d’autres dans leur ville », détaille Valérie Gerbault. D’autres réalisateurs ont axé leurs créations sur les espoirs d’une jeunesse en mouvement, faisant le portrait d’une génération prête à tout comme dans Born to fight.

    Les luttes citoyennes ou environnementales auront également leur place, à l’image du travail de Laetizia Battaglia qui, toute sa vie, aura défié l’omerta, documentant les crimes de la mafia. Le Ciel au-dessus de Zenica interroge sur la manière de vivre lorsque l’atmosphère est obscurcie par la pollution des cokeries en Bosnie-Herzégovine.

    Le festival se propose enfin de dire la guerre autrement, en montrant l’espoir qui existe une seconde même avant l’instant fatidique. C’est un peintre kosovar qui survit au conflit armé en réalisant le portrait de son geôlier dans I Believe The Portrait Save Me… Le court-métrage aussi sera de la partie.

    20 films à voir à Marseille

    A l’Alcazar, à la mairie du 1er-7e, au Mucem ou à l’Artplexe Canebière, 20 projections gratuites auront lieu, en présence le plus souvent des réalisateurs. Valérie Gerbault y tient. Le dialogue est au cœur de ses objectifs. « On n’a pas de réponse à apporter aux problématiques, mais on veut montrer le regard que posent les documentaristes sur ces sujets méditerranéens et permettre de dialoguer avec le public, avec les réalisateurs. Vous savez que le documentaire est un point de vue, et justement, l’on peut ne pas être d’accord avec. C’est aussi ça », insiste-t-elle.

  • Un escape game contre le harcèlement scolaire

    Un escape game contre le harcèlement scolaire

    La journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, organisée cette année le 6 novembre, sera l’occasion pour plusieurs lycées des Bouches-du-Rhône de tester un outil inédit pour combattre ce fléau. Ce mardi 4 novembre, dans le lycée Alphonse-Daudet de Tarascon, et le jeudi 6 novembre dans les lycées professionnels de l’Estaque et Colbert, à Marseille, les jeunes seront sensibilisés au sujet grâce à un Escape Game, imaginé par l’association G-addiction jeunesse citoyenne. Un concept soutenu par la Région Sud.

    Comprendre le quotidien de jeunes harcelés

    Co-construite avec 80 adolescents du Parlement régional des jeunes de la Région Sud, cette mise en situation XXL permet de suivre l’histoire de deux élèves harcelés, Marie et Ulysse. Ils subissent insultes, intimidations et menaces via les réseaux sociaux notamment. Grâce à 60 m2 de décor, les élèves entrent en immersion et se familiarisent avec les méthodes de lutte contre le harcèlement scolaire, tout en comprenant les conséquences.

    L’idée est de développer la réflexion et l’esprit critique des participants, de stimuler leur empathie tout en les incitant à gagner en compétences sociales et civiques. L’escape game se compose de quatre salles qui permettent aux étudiants d’aborder quatre dimensions du harcèlement scolaire : le cyber-harcèlement, les rumeurs, les discriminations et le racket. Un jeu collaboratif avec l’ambition d’améliorer le climat scolaire.

    En 2024, 75 lycées de la région ont accueilli le dispositif et 9 000 lycéens ont été sensibilisés. En France, selon l’Unicef, un enfant sur dix est victime de harcèlement scolaire. Il s’agit d’un délit pénal passible de dix ans de prison en cas de tentative de suicide.

  • Des jeunes en première ligne de la précarité

    Des jeunes en première ligne de la précarité

    La conjoncture se dégrade. Encore. Selon la Dares, le chômage des moins de 25 ans, qui frappe environ un jeune sur cinq dans le pays, a progressé sur le trimestre de 6,8% pour la catégorie A et de 4,4% pour les catégories A, B et C. Sur un an, il a bondi de 29,8% pour ceux sans aucune activité et de 19,5% en incluant l’activité réduite.

    La hausse du chômage des jeunes n’est pas un accident. Elle est le résultat d’un système qui les abandonne. Dans un communiqué, la CGT dénonce cette situation sociale, dont les jeunes sont « les premières victimes », évoquant une « précarité qui explose ».

    Investir dans l’avenir

    Derrière les chiffres, une réalité brutale : contrats courts, absence de perspectives, précarité durable. Les réformes de l’assurance chômage ont aggravé la situation, pénalisant les plus fragiles, notamment les jeunes, les saisonniers et les intérimaires. La politique de l’offre menée depuis de nombreuses années aboutie à une impasse.

    Pendant que France Travail voit ses moyens fondre alors que les besoins augmentent, les missions locales tentent de maintenir le cap avec des initiatives, comme le « Lab de l’engagement » à Marseille, qui redonnent confiance et envie d’agir à une jeunesse trop souvent abandonnée.

    Mais ces efforts locaux ne suffisent pas à compenser une politique nationale défaillante. Il s’agit désormais d’investir dans l’accompagnement, la formation, les services publics. Et cesser de culpabiliser une jeunesse qui subit les choix politiques. Car investir dans la jeunesse, c’est aussi investir dans l’avenir.