Tag: jeunes

  • L’art en selle : deux œuvres de Moralès en route pour Portbou

    L’art en selle : deux œuvres de Moralès en route pour Portbou

    Le fond du camping municipal Bottaï s’agite dès 8h. Café à la main, un petit groupe remballe les duvets, plie les tentes et fourre des sacs d’affaires dans un mini-van gris. Les yeux collent encore, mais les mines sont enthousiastes. Autant s’habituer à cette routine qui rythmera les prochaines matinées. Jeudi 18 septembre, c’est le grand départ pour dix jeunes issus de diverses nationalités, âgés de 18 à 26 ans. Encadrés par le Point accueil jeunes (PAJ) de la Ville de Port-de-Bouc et l’association Concordia, ils enfourchent chacun leur vélo pour rejoindre Portbou, en Espagne, le 29 septembre. « Au total, on va faire 360km, détaille Nassim Braza, directeur du PAJ. Aujourd’hui, on va jusqu’à Mas Thibert. La plus grosse journée est celle qui nous permettra d’atteindre Agde : on parcourra 80km. » Mais l’exploit sportif n’est pas la fin de cette aventure initiatique. « On va promouvoir l’œuvre de Raymond Moralès en transportant deux de ses statues qu’on présentera au public », poursuit l’animateur. Les deux pièces seront remises à la commune d’arrivée.

    L’art du vivre-ensemble

    Décédé en 2004, le Port-de-Boucain, ouvrier au sein du chantier naval, avait dédié tout son temps libre à son art. Aujourd’hui, la Ville est propriétaire de quelque 200 de ses œuvres en fer, souvent immenses, toujours originales, bizarres ou fascinantes.

    Devant la statue dressée sur le cours Landrivon, Kévin, venu du Mans (Sarthe) pour participer au périple, a longuement imaginé la signification des mains et des singes figés autour d’une boîte. José, un Colombien résidant en Italie pour ses études, a quant à lui été « très perturbé » par la sculpture, « presque anxieux ».

    « J’aime plutôt la peinture ou la photo, confie Kévin. Ce périple me permet de m’ouvrir à une nouvelle forme d’art. » Mais ce sont surtout les rencontres qui animent le jeune homme, comme pour George. Ce Sud-Soudanais, arrivé à Martigues il y a un an et demi, veut profiter de ces dix jours pour « nouer des liens et travailler le français ». Nassim Braza résume : « Ils vont apprendre la vie en communauté, partager leurs traditions. Il y a le côté sportif, écologique, mais aussi artistique du voyage… C’est vraiment un projet complet qui va les faire grandir ! »

  • Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Quand les peuples refusent la guerre à travers l’histoire

    Comment s’est-on opposé aux conflits dans le monde depuis la Première Guerre mondiale ? C’est la question que vont se poser historiens, déserteurs et objecteurs de conscience les 4 et 5 octobre à Vitry-sur-Seine. Organisé par l’association La Courtine 1917 en partenariat avec La Marseillaise, ce colloque veut mettre en avant ces femmes et ces hommes qui ont refusé d’aller ou de continuer le combat.

    C’est un parcours chronologique que propose de suivre les organisateurs de cet événement. Le point de départ sera la mutinerie des 10 000 soldats russes en 1917, dont l’association qui organise l’événement est le porteur de mémoire. C’est donc l’historien Rémi Adam, spécialiste de l’événement qui ouvrira le colloque le samedi. Une première journée consacrée aux oppositions pendant la première guerre mondiale. Il y aura notamment « le maire de Gentioux où se trouve un monument aux morts célèbre où un enfant lève le poing face à une inscription “Maudite soit la guerre” », déroule Jean-Paul Gady, membre du conseil d’administration de l’association La Courtine 1917 et organisateur de l’événement.

    Refuser les guerres coloniales

    Le dimanche sera plutôt l’occasion d’évoquer le refus de certains de prendre part aux guerres coloniales. L’historien Victor Pereira évoquera le cas des Portugais. « Ce sont des travailleurs et jeunes Portugais qui ont refusé de partir dans l’armée coloniale dans les années 1965 jusqu’à la révolution portugaise des années 1974. Ils étaient 250 000 à avoir donc fui leur pays pour ne pas être enrôlés », précise l’organisateur de l’événement.

    Les opposants à la guerre d’Algérie seront également mis en avant. à travers le témoignage de Thomas Liechti, petit-fils du premier soldat qui refusa la guerre d’Algérie. Il évoquera la vie de son grand-père. Enfin la chercheuse et historienne Armelle Mabon évoquera le massacre par l’armée française de tirailleurs sénégalais. « Ce sont des interventions prévues extrêmement variées, insiste l’organisateur. Mais en même temps, tout ramène à une chose : comment la réaction individuelle et collective peut se faire quand on refuse la guerre. »

    Cet ensemble de conférences sera accompagné de ventes de livres et de dédicaces de tous les historiens présents. L’association La Courtine 1917 tiendra également un stand pour vendre leurs différentes revues et livres. Une soirée est également prévue le samedi soir de 20h à 23h aux 3 cinés Robespierre, à Vitry-sur-Seine.

    Echos à l’actualité

    Elle débutera avec une pièce de théâtre intitulée Vincent Moulia, évadé pour survivre. Dans un seul en scène, un acteur retracera la fuite de cet homme accusé de mutinerie. Cela sera suivi à 21h30 par la projection d’un film documentaire qui évoque la mutinerie de La Courtine.

    Un cycle de conférences qui sera ponctué de témoignages de déserteurs ukrainiens, russes ou israéliens qui refusent de participer aux guerres actuelles. « Ce colloque a un écho avec l’actualité mortifère, insiste le membre du conseil d’administration. Notamment en France où des centaines de milliards d’euros sont programmés pour la dépense militaire. Face à cette situation de tension et de guerres qui ne manquera pas d’arriver en Europe, nous souhaitons faire de l’éducation populaire pour montrer que ces déserteurs, souvent minoritaires avaient raison. Il ne sert à rien d’abonder dans une logique capitaliste. »

    Inscription nécessaire par mail : lacourtine1917@gmail.com

  • Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    À la sortie du métro Gèze, à gauche du magasin Lidl, se tient ce mercredi et jeudi un drôle de village dans les locaux de l’association Banlieue Santé. Pendant deux jours les habitants du quartier peuvent se faire vacciner, faire faire leurs lunettes, prendre rendez-vous chez des professionnels de santé ou encore actualiser leurs droits.

    C’est le 4e événement de ce type que la ville de Marseille organise cette année. Après Air Bel, Belle de mai et les Rosiers, c’est donc à Gèze que se retrouvent service de la Ville, assistance publique et hôpitaux de Marseille (AP-HM), sécurité sociale et associations. « La genèse de ce projet, c’est l’ambition de lutter contre les inégalités d’accès à la santé, explique Michèle Rubirola, première adjointe (EELV) au maire chargée des questions de la promotion santé. Parce que dans ces quartiers il manque de tout : praticiens, services publics… ». à l’entrée du bâtiment, des « passeports santé » sont distribués à toutes les personnes qui arrivent pour qu’elles puissent y inscrire leurs informations. Dans la première salle, les stands sont plutôt dédiés aux questions d’accès aux droits. La sécurité sociale y tient par exemple un stand pour aider ceux qui en ont besoin à faire leurs démarches.

    Préventions, vaccins et lunettes

    à côté, la maison des femmes est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Souad Falhi, bénévole et diplômée en prévention en santé est là pour bien orienter celles qui seraient intéressées. « On fait de la prévention sur la santé, notamment sexuelle et reproductive. Quand il y en a besoin on peut les rediriger vers la maison des femmes ».

    Dans la cour, à l’arrière, d’autres associations sont présentes pour faire de la prévention, vacciner ou s’équiper en lunettes. Jeunes, personnes âgées, parents avec enfants, ils sont nombreux à s’arrêter au stand du centre de vaccination international de Marseille. Certains sont de passage sur leur pause de travail et en profitent pour faire un bilan de prévention. Nadia, la cinquantaine, est tombée sur le village santé par hasard. « Je ne connaissais pas l’endroit, mais en faisant mes courses, on m’en a parlé, explique-t-elle. Comme j’ai beaucoup de maladies chroniques, je voulais voir si tout allait bien. » Un peu plus loin, sur le stand de « droit de regard », les visiteurs choisissent leurs lunettes. « On est un opticien classique mais on pratique le 0 reste à charge, donc les clients repartent en ayant rien à avancer », explique l’opticien derrière des centaines de montures exposées.

    « Aller vers » les habitants

    Un village santé organisé par la Ville en partenariat avec l’AP-HM. « Les hôpitaux ont toujours été très concentrés à l’intérieur de leurs murs, explique François Crémieux directeur de l’AP-HM. Notre but est de sortir de cela pour aider à l’accès au soin et à la prévention. » L’organisation de ces villages répond à un besoin « d’aller vers » des populations qui peuvent être éloignées du système de soin. Mais pour l’adjointe au maire chargée de la santé ce n’est pas suffisant : « on ne fait pas que des événements one shot. On a ouvert 3 centres de soin avec l’AP-HM aux Aygalades, aux Flamants et à André Roussin pour avoir une meilleure couverture de soins à l’année car la santé devrait être un bien commun. » Un dernier village santé est prévu à Littoral Sud du 15 au 17 octobre.

    « La santé devrait être un bien commun »

  • « On ne peut pas agir seul face au suicide. Il faut demander de l’aide »

    « On ne peut pas agir seul face au suicide. Il faut demander de l’aide »

    À l’occasion de Septembre jaune, mois dédié à la prévention du suicide, le CHU de Montpellier propose des stands d’information ouverts au grand public. Les prochains auront lieu mercredi 17 de 9h à 16h dans le hall d’Arnaud de Villeneuve et mercredi 24 de 9h à 16h dans le hall de Gui de Chauliac.

    La Marseillaise : Le 10 septembre, journée internationale de prévention du suicide, s’inscrit dans un mois de mobilisation plus large baptisé Septembre jaune.
    La prévention dans ce domaine s’avère-t-elle efficace ?

    Lucile Villain : On dénombre à peu près 9 200 décès par suicide chaque année en France, ce qui représente 13,3 personnes sur 100 000. La prévention fonctionne, puisqu’avec les différentes actions mises en place depuis les années 2000, on enregistre une diminution de 33% de ce taux de décès par suicide. Ces dernières années, on note néanmoins une stagnation de cette baisse.

    Une des raisons est le tabou que représente le suicide : c’est encore un sujet très peu abordé à l’échelle de la société, de même qu’à l’échelle restreinte, amicale. C’est quelque chose qu’on ne va pas questionner. Souvent, les gens voient qu’il y a un mal-être mais ne savent pas comment aborder les choses. Nous voulons faire passer l’idée qu’il est important de demander de l’aide. Le suicide, c’est le drame d’une souffrance qui n’a pas été entendue. Mais ce n’est pas une fatalité. Les 9 000 décès par an doivent être mis au regard des 200 000 tentatives de suicide et des 3 millions de personnes qui ont des idées suicidaires. Entre ceux qui ont des idées suicidaires et ceux qui en décèdent, il y a un énorme fossé, ce qui signifie que la très grande majorité des personnes arrivent à trouver de l’aide et à aller mieux. Que l’on soit médecin, personne concernée ou proche, on ne peut pas agir seul face au suicide.

    L’idée est donc d’inciter les gens
    à oser sortir du silence
     ?

    L.V. : Oui, il faut libérer la parole autour du suicide et des idées suicidaires pour que ceux qui sont en souffrance puissent trouver des oreilles attentives et que ceux qui perçoivent une souffrance chez leur proche sachent qu’on peut parler de ce sujet-là, que ce n’est pas ça qui va générer des idées suicidaires, bien au contraire ; ça va contribuer à rompre l’isolement.

    La première façon d’aider, c’est déjà de montrer qu’on est dans le souci de l’autre, pas dans le jugement. Le simple fait de dire : « J’ai l’impression que ça ne va pas en ce moment, que tu es en souffrance » peut permettre d’ouvrir le dialogue.

    Comment fonctionne ce numéro national de prévention du suicide créé il y a 4 ans, en 2021 ?

    L.V. : Il s’agit d’une ligne de recours disponible 24h/24, 7 jours sur 7 qui s’adresse aux gens en souffrance, à leurs proches ainsi qu’aux professionnels en contact avec des personnes en détresse. La spécificité, c’est que ce sont des professionnels, infirmiers et psychologues, qui répondent. On fait une évaluation et selon cette évaluation, on va orienter au mieux. S’il y a des éléments d’inquiétude, on va orienter vers les services d’urgence voire vers le Samu si on estime qu’il y a un risque de passage à l’acte imminent. Si on voit qu’il y a la nécessité d’un suivi, on va réorienter selon les structures géographiquement disponibles autour de la personne. Parfois, on peut aussi orienter les gens vers des associations. Tout dépend de la problématique identifiée.

    Le lancement de ce numéro national, en 2021, est-il en lien avec la période du confinement, pendant laquelle on a davantage parlé de santé mentale ?

    L.V. : C’était une demande que les professionnels de la prévention du suicide portaient depuis longtemps. Les lignes de recours comme celle-là existent dans de nombreux pays, mais
    il n’y en avait pas en France. Effectivement, le contexte de Covid et l’accent qui a été mis sur la santé mentale et la nécessité de mener des actions de prévention ont permis d’accélérer les choses.

    Qu’en est-il de la santé mentale des jeunes ?

    L.V. : Selon de récentes études, 15% des jeunes déclarent aller mal. Je pense que ce qu’il faut dire aussi, c’est qu’il y en a quand même 85% qui vont bien !

    Il y a effectivement un mal-être, mais est-ce qu’il est plus important qu’avant ? Je ne suis pas sûre, car à l’époque on ne les questionnait pas autant sur leur santé mentale. Ce qui est positif, c’est qu’il y a, chez les jeunes, une augmentation des indicateurs de prise en charge aux urgences, de consultation, de sollicitation des associations. Cela veut dire qu’ils vont chercher de l’aide. Et ça c’est vraiment bien, car ce n’est pas le cas des générations précédentes. Les chiffres montrent que les personnes qui décèdent le plus par suicide sont les hommes de 40-55 ans et ceux de plus de 85 ans, qui ne vont pas ou très peu consulter. Ce qu’il faut regarder aussi, c’est le nombre de décès par suicide de cette tranche d’âge : il reste stable et ça reste la population qui décède le moins par suicide.

  • Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    La caserne vit différemment ce jour de portes ouvertes. Pour les plus jeunes surtout, des ateliers de démonstration, des animations et les engins rouges sont de sortie. La journée porte d’abord une « envie de faire découvrir la vie de la caserne aux populations qui ont bien voulu se déplacer », selon Lionel Trivat, chef du centre de secours, et elle sort le grand jeu pour susciter des vocations.

    Parmi les étalages dépliés, le stand de recrutement est planté de façon visible. « On vise autant le recrutement de jeunes sapeurs pompiers [JSP] que celui de volontaires », explique Lionel Trivat. Ici, sur la caserne de Sénas, il faut compter 105 pompiers au total, pour 2 000 interventions au cours de l’année 2024. Dont dix professionnels et onze JSP. Le reste de la relève est assuré par les sapeurs-pompiers volontaires. « Le département des Bouches-du-Rhône, c’est environ 1 250 professionnels, sur environ 6 000 pompiers, ce qui fait 27 000 volontaires, souligne le chef de centre. Concernant les JSP, on ne recrute pas avant septembre 2026, mais pour les volontaires, c’est toute l’année. »

    Leur volontariat est « indispensable pour la caserne. Il faut rappeler qu’ils ne sont pas payés. Ils font un boulot incroyable, c’est une vocation, qui demande des sacrifices », souligne le Carole Stoufflet, adjointe au chef du centre de secours. Les volontaires, formés, posent des gardes sur leurs jours de « repos ». S’ils ne reçoivent pas de salaire, ils sont indemnisés au taux horaire (vacations). Sur un mois, Julien Grangier, pompier volontaire depuis 20 ans et employé chez Airbus Hélicoptères pose environ deux nuits par semaine. « Ma femme sait qu’en été, on ne part pas forcément », sourit Julien Grangier, pour qui la mobilisation s’intensifie en saison de feux de forêts. « On doit donner minimum 60h par mois, ne pas dépasser 1350 heures par an sans compter la période feux de forêts », détaille Ludo Brunat, volontaire depuis 34 ans avant d’ajouter : « Je dis aux jeunes que s’ils ont du temps à donner, il faut le consacrer aux autres. » « Je trouve mon équilibre entre mes deux boulots, estime Anthony Martinez, volontaire lui aussi, employé chez la SNCF. C’est un métier où l’on est responsable de l’habitat des gens, de leur sécurité. Il faut s’entraîner régulièrement, avoir l’esprit d’équipe, de cohésion, avoir l’esprit de caserne. Ça demande beaucoup de temps personnel, il faut l’avoir dans la peau. » « C’est notre deuxième facette, ajoute Laurie, pompier volontaire depuis près de 25 ans. Ce n’est pas un travail, même si ça prend énormément de temps. Malheureusement, on trouve moins de personnes qui veulent se priver de week-end ou de vacances. On est des passionnés. »

  • Le collège du Château Doublebaptisé du nom de Gisèle Halimi

    Le collège du Château Doublebaptisé du nom de Gisèle Halimi

    Les 600 élèves du Collège du Château-Double – jusqu’ici désigné ainsi – appelleront désormais leur établissement d’un nouveau nom. Celui de Gisèle Halimi (1927-2020), franco-tunisienne, militante féministe, femme politique, ayant été députée de 1981 à 1984, défenseure des militants du FLN et de façon globale, avocate des grands procès, bousculant la législation sur le viol et l’avortement. C’est ici, à Aix-en-Provence en 1978, qu’elle réussit à faire juger le viol sur deux jeunes touristes belges en cour d’Assises, alors que le crime n’était, jusqu’alors, jugé comme un délit. Si le nom a été adopté par le collège dès le 1er septembre, la plaque en hommage à Gisèle Halimi, n’a été inaugurée que ce jeudi 11 septembre, par Martine Vassal, présidente du Département et les équipes pédagogiques de l’établissement.

    Décision unanime

    « Ça a été une décision du Département de faire entrer des noms de femmes qui ont marqué l’histoire. On a eu des propositions, on a discuté et rapidement le nom de Gisèle Halimi a été retenu pour ce qu’elle représentait, retrace Jean-François Caracena, principal du collège depuis deux ans. La décision a été unanime et très rapide de la part des personnels. Le centre de documentation et d’information travaille actuellement sur la vie de Gisèle Halimi. Une exposition est en cours actuellement. » En EMC, un volet sera également dédié à la vie de l’avocate et militante et dans la cour de récréation, le « Préau des libertés » a été conçu par les élèves du lycée. « J’avais espoir qu’un collège choisisse le nom de Gisèle Halimi, elle a mené des luttes très importantes pour le droit des femmes. je suis ravie de voir qu’un collège d’Aix-en-Provence ait choisi ce nom, ce qui fait d’autant plus sens. C’est une femme qui a mené de nombreuses luttes dans cette ville », résume Martine Vassal. Une visite de l’établissement a également permis de présenter le dispositif de renforcement contre le harcèlement scolaire, notamment par le biais du dispositif national Phare, mettant en place plusieurs actions, dont des ateliers de détection des actes de violence, au sein des établissements du département. Au sein du collège Gisèle Halimi, une boîte à « Maux » a été installée par le personnel éducatif, permettant de recueillir les témoignages et ressentis des élèves, de façon anonyme ou non. Une manière de poursuivre son combat.

  • Les lycées Thiers et Montgrand bloqués mercredi

    Les lycées Thiers et Montgrand bloqués mercredi

    Pas de cours pour les lycéens de Montgrand (6e), mercredi matin, dont les deux entrées ont été bloquées très tôt dans la matinée par des étudiants de l’établissement. Installés sur un tas de poubelles et derrière des barrières de sécurité, les jeunes militants tiennent des pancartes aux revendications multiples. « Stop austérité », « 2 214 enfants à la rue, 1,2 million de logements vacants, logique ?? », « Désolé du dérangement, on défend notre avenir », lit-on çà et là sur les cartons contestataires. Les jeunes n’oublient pas le tout nouveau chef du gouvernement : « Lecornu, trou du coup », assène une affiche qui recouvre la plaque du lycée.

    « On est là pour dénoncer le système Parcoursup, qui détermine avec un algorithme qu’on ne connaît pas notre avenir, pour s’opposer aux nouvelles réformes du Bac pro mais aussi en tant que citoyens, pour défendre notre futur de travailleurs », détaille Malo, étudiante du lycée, au micro de l’insoumission. Autour des élèves, quelques professeurs soutiennent le blocus et tentent de discuter avec les forces de l’ordre.

    Aux alentours de 9h30, l’un des cortèges sauvages du centre-ville a pénétré la rue Montgrand, où était installé le blocus. Poursuivie par quelques CRS, la quarantaine de manifestants s’est jointe aux lycéens pour affronter en chanson le groupe de policiers. « Siamo tutti antifascisti », s’exclament en chœur les militants avant d’enchaîner sur plusieurs autres balades revendicatives. Parmi elles : « Macron nous fait la guerre, et sa police aussi, mais on reste déter, pour bloquer le pays », « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers » ou encore « On est jeune, déter, et révolutionnaire ». Le cortège se dissipera progressivement sans que les CRS n’interviennent. Ils resteront cependant proches du blocus.

    « Globalement ils nous ont laissés tranquilles. Il y a beaucoup de camions car ils protègent la préfecture mais sinon ils ne sont pas venus nous embêter », concède une élève du lycée. D’après la préfecture, environ 600 personnes auraient manifesté dans la matinée à Marseille, avant la manifestation unitaire.

  • 3114, un numéro d’écoute pour prévenir les suicides

    3114, un numéro d’écoute pour prévenir les suicides

    « Le suicide n’est pas une fatalité et sa prévention est un enjeu de santé publique ». Tels sont les mots de Yann Bubien, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur, pour évoquer la journée internationale de prévention du suicide, ce mercredi. Avec une moyenne de 800 suicides par an dans la région, l’ARS Paca rappelle l’existence d’un centre régional dédié à l’accompagnement des personnes en détresse psychologique.

    Lutter contre l’isolement

    « La solitude est un facteur aggravant du suicide », explique Jean Marc Henry, psychiatre et responsable médical du centre régional de prévention du suicide. C’est pour briser cet isolement que des plateformes téléphoniques ont été mises en place, depuis 2023, afin d’apporter une aide d’urgence ou pour offrir un suivi. Trois dispositifs existent pour tenter de prévenir le passage à l’acte.

    Le 3114, numéro national de prévention du suicide, constitue la première porte d’entrée. Sa plateforme, située à Marseille, offre un soutien téléphonique 24h/24 et 7 jours sur 7, assuré par des professionnels de santé, psychologues ou infirmiers, dans le respect de l’anonymat. « Ce numéro permet d’être là au bon moment, ce qui est très utile », précise le responsable médical du centre régional. Les interlocuteurs sont formés pour apporter de l’aide aux personnes en détresse. Le numéro s’adresse aussi bien aux personnes ayant des pensées suicidaires qu’à leur entourage, en quête de solutions pour les aider.

    Le deuxième dispositif, VigilanS, également national, propose un suivi aux personnes ayant déjà fait une tentative. En région Paca, il permet l’accompagnement de 2 000 personnes. « Ce dispositif a permis une baisse de 38% des réitérations de l’acte », indique le responsable médical du centre.

    La troisième action du centre se focalise sur les adolescents, en travaillant avec l’Association suicide et mal-être de l’adolescent (Asma). Créée en 2002 au sein de l’AP-HM, l’association a depuis rejoint le centre régional.

    Des dispositifs efficaces

    Ces dispositifs d’écoute et de suivi s’accompagnent également d’actions de formation et de prévention. L’association Asma a, par exemple, développé un jeu de société intitulé « Bien ou quoi » à destination des jeunes de la 4e à la terminale. « Ce jeu permet de prévenir le suicide en apportant aux jeunes les ressources qui existent et en leur apprenant à communiquer », explique émilie Stella-Lyonnet, responsable du service d’Asma.

    Une prévention qui semble porter ses fruits. Bien que les décès par suicide restent la deuxième cause de mortalité évitable en France, leur nombre diminue depuis une dizaine d’années. « En 10 ans, il y a eu une réduction de 14% des décès par suicide, ce qui montre que ces dispositifs fonctionnent. Mais il reste encore beaucoup à faire », conclut Yann Bubien.

  • L’éveil culturel et sportif en mixité au centre social Pistoun

    L’éveil culturel et sportif en mixité au centre social Pistoun

    Ce mardi matin, c’est une deuxième rentrée pour les enfants des quartiers de Canto-Perdrix, des Quatre Vents, de Barboussade et de l’Escaillon. Dès 9h, les habitants se présentent pour inscrire les enfants aux activités proposées par le centre social Jeanne-Pistoun, qui revendique près de 700 adhérents pour la dernière saison. Café en prime.

    C’est le cas de Floriane Elena, venue inscrire sa fille de 4 ans à l’éveil corporel et musical « pour qu’elle fasse du sport » le mardi soir. « C’est important, car à l’école, ils sont cadrés, ils doivent rester assis et quand je la récupère, elle court, elle a besoin de se dépenser », développe la mère de famille, qui remarque que les enfants « sont différents sans leurs parents » quand approche l’heure de se dépenser.

    Astrid Rousseau, professeure des écoles, de métier, également venue inscrire sa fille de 4 ans à la même activité, complète en expliquant que cet éveil « est extrêmement important pour le développement des enfants de 0 a 6 ans, car ils apprennent par le geste, le son et tout ce qui est sensoriel ». Elle souligne également que « c’est une grande chance que ce soit gratuit à Martigues ».

    Un projet social

    Éveil corporel et musical, accompagnement éducatif, découverte musicale ou encore hip-hop : toutes ces activités sont gratuites pour les enfants, à condition d’adhérer à l’Association pour l’animation des centres sociaux (AACS), au tarif de 3 euros par an pour les Martégaux. L’éveil et la découverte corporelle comme musicale « sont des activités déconcentrées du conservatoire Pablo Picasso et qui font partie du projet du centre social », détaille Sandrine Faure, directrice. « Nos adhérents viennent surtout des quartiers de notre zone, mais aussi du reste de la Ville. Cela crée une forte mixité sociale », ajoute-t-elle.

    Notamment au regard des activités proposées en dehors de celles dédiées aux petits. Club des jeunes, tricot, jardin partagé ou encore le café poussette figurent au programme. De nombreuses permanences sont aussi proposées : aide administrative, mission locale, médiation scolaire, ou encore accompagnement par le Centre intercommunal d’action sociale (Cias).

    Cette pluralité de services est due au « lien étroit que nous avons avec la Ville, qui va bien au-delà de la subvention. Le fait que nous ayons une médiathèque dans le centre social et toutes ces activités est une volonté martégale », insiste Sandrine Faure, pour qui « le soutien des services techniques et développement des quartiers, ainsi que la proximité et l’accessibilité des élus, sont un plus ».

    Le projet phare de l’année sera la Semaine de la solidarité, prévue en décembre. « Un projet porté par l’État et CDC habitat, où l’on abordera toutes les formes de solidarité, qu’elles soient environnementales ou alimentaires », conclut Sandrine Faure.

  • La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    Je l’inscris à la MJC car il baigne dedans depuis qu’il est petit », confesse Marilyne Pellegrino aux inscriptions de rentrée de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues mardi dernier. Son fils Hugo vient y découvrir le théâtre, « car je veux devenir Youtubeur et tourner dans un film » argue le jeune garçon en CM2 à La Couronne.

    Un rêve Parmi d’autres, au milieu des dizaines de parents, enfants et autres intéressés par les activités de la MJC. Avec comme nouveauté cette année l’atelier musical des minots, Qui permet à des enfants n’ayant jamais fait de musique de découvrir plusieurs instruments. « On a eu besoin de trouver un moyen pour désengorger les cours de musique qui sont pleins chaque année » indique Elsa Ferrier, chargée de la communication de la MJC. Une nouveauté complétée par un atelier de percussion africaines et de rythmes du monde par Jean-Christophe Herrmann.

    Avec plus de 990 adhérents l’année dernière, la MJC se donne pour « objectif d’atteindre le même nombre cette année » projette Elsa Ferrier, alors qu’ « entre 250 et 300 personnes étaient déjà réinscrites en fin de saison dernière » et que « le temps fort de l’inscription dure jusqu’à la Toussaint ».

    Un ancrage local

    Cette affluence à l’inscription s’explique entre autres par la présence et l’historique de la MJC de Martigues. « On vient voir des pièces de théâtre depuis très longtemps » reprend Marilyne Pellegrino. « Je suis déjà venu voir des spectacles de ma grand-mère » abonde son fils Hugo. Le large éventail d’activités permet d’ailleurs de s’y retrouver à tous ces âges. Comme le dit la mère de Nils Fruit, « il faisait du saxophone avant. Je voulais qu’il fasse une autre activité culturelle alors je l’ai inscrit au théâtre car j’en ai moi-même fait avant ». « Car c’est un sacré comédien » complète-t-elle sur le ton de l’humour.

    Et ces activités ne sont pas que pour remplir le mercredi. « il voulait continuer le saxo mais son ancien professeur arrêtait, alors on est venu ici » conclut la mère de Nils Fruit. On retrouve cette « connaissance intergénérationnelle des habitants », souligne le directeur Isidore Gomis, qui insiste sur « le renouvellement du package, issu chaque année des discussions avec les adhérents sur ce qu’ils ont envie de faire ». Cette liberté est rendue possible par « l’engagement constant de la Ville sans laquelle on fermerait nos portes » indique le directeur, qui revendique l’« équipement le mieux doté dans les Bouches-du-Rhône. Quand je discute avec d’autres collègues je vois qu’ils ne sont pas soutenus comme nous » en comparaison avec les autres structures analogues.

    À noter, le prochain temps fort qu’est la soirée Kanaky le 4 octobre.