Tag: jeunes

  • Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Pas question de « culpabiliser » le consommateur, mais de lui « faire prendre conscience » qu’en prenant des stupéfiants, il contribue au narcotrafic. Corinne Simon, préfète de police déléguée, accompagnée de Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, et de Pierre Baillargeat, commandant du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône, a lancé officiellement, ce mercredi 28 janvier une vaste opération de contrôle de trois jours dans 23 villes du département, engageant 1 200 agents.

    « Nous avons eu, en 2025, de bons résultats sur les stupéfiants », se félicite Corine Simon au préalable, du pilonnage des points de deal, dont le nombre a été divisé par deux en deux ans, en passant par l’application de la loi sur le narcotrafic avec des interdictions administratives de paraître et autres fermetures de commerce. Un nouveau volet s’ouvre désormais, « la lutte contre les consommateurs ». Et la préfète de dérouler son équation : plus de consommateurs sur les points de deal égal assèchement, égal fermeture du point de deal. « Mon objectif n’est pas de piéger les gens, mais d’avertir », insiste Corinne Simon.

    Sur instruction du ministre de l’Intérieur, policiers et gendarmes sont déployés pour 159 contrôles dans « tous les quartiers sans distinction » prévient Cédric Esson, aux abords des collèges, lycées, facultés, dans les gares, dans les trains, trams, métro ou sur la route, mais aussi la nuit, à la sortie des discothèques.

    Des amendes jusqu’alors inutiles ?

    Les contrevenants écoperont d’une AFD (amende forfaitaire délictuelle) de 200 euros, que le « président de la République souhaite monter à 500 euros », ajoute la préfète. Une des seules « annonces » faites par Emmanuel Macron sur la lutte contre le narcotrafic lors de sa venue à Marseille, le 16 décembre. Près de 14 000 AFD ont été dressées l’an dernier sur le département en zone police. Des amendes dont le taux de recouvrement atteindrait à peine les 20%, estimait le sénateur socialiste Jérôme Durain, qui a fait une proposition de loi pour les réformer. La réponse de Corine Simon : une possible inscription au casier judiciaire en cas de récidive. « Nous allons travailler avec le parquet », promet-elle.

    Si cette opération est une première a priori en France, elle a vocation « à se reproduire tout au long de l’année, régulièrement », prévient Corine Simon, partie en « guerre » contre le trafic. Une guerre « qu’on gagnera d’autant plus vite que les consommateurs seront prévenus », estime-t-elle.

    « En zone gendarmerie, on s’aperçoit que nous sommes clairement sous l’influence de Marseille, voire d’Avignon, dans d’autres parties du département, le narco se développe, nous sommes sur une posture dynamique », ajoute le commandant Pierre Baillargeat, précisant que pour le seul mois de janvier, le stup’ a augmenté de 25% dans l’activité des gendarmes. Ce dernier misant également sur 22 équipes cynophiles, dont quatre des douanes, qui permettent de détecter la drogue de façon plus certaine.

    À l’arrêt de tram des Réformés, pas de policier canin, mais des humains qui ont engagé des séries de « palpations » sur des voyageurs se demandant bien ce qui leur arrive. Si les agents assurent sélectionner leurs cibles au hasard, la majorité des personnes contrôlées ce jour-là sont des jeunes. Certains se disant un peu découragés voire agacés de se voir contrôlés « tout le temps ».

    Et quand on demande justement à la préfète si des actions vont être menées en matière de prévention auprès de la jeunesse, elle affirme lancer des assises sur le sujet en février.

  • À Miramas, l’éducation est le « premier poste de dépense »

    À Miramas, l’éducation est le « premier poste de dépense »

    À Miramas, près d’un tiers du budget est dédié à l’éducation. « 31% », précise le maire sortant candidat à sa succession Frédéric Vigouroux (DVG). « C’est le premier poste de dépense de la Ville, c’est une priorité absolue depuis toujours », affirme-t-il. En 2025, 8 millions d’euros de fonctionnement ont été alloués aux 24 écoles publiques de la commune, qui drainent 130 classes et 2 900 élèves. « Ça représente 2 044 euros par enfant, alors que c’était 1 936 euros en 2024 », précise l’élu.

    En septembre 2021, la commune est labellisée Cité éducative, un dispositif d’État, créé en 2019, pour renforcer l’accompagnement des jeunes de 0 à 25 ans des quartiers prioritaires grâce à une grande alliance des acteurs du secteur, qu’ils soient institutionnels ou associatifs. « Nous avons d’emblée choisi de le faire sur l’ensemble de la ville avec une position qui est de dire que tous les enfants n’ont pas les mêmes niveaux sociaux, mais beaucoup ont les mêmes problèmes, explique Frédéric Vigouroux. (…) Pour nous l’école doit être un lieu d’égalité et de laïcité, et l’éducation, c’est offrir aux enfants un ensemble de programmes d’accompagnement pour qu’ils aient tous les mêmes chances. » 19 groupes scolaires du 1er degré et six établissements du 2nd degré sont concernés.

    Depuis, de nombreuses actions ont été financées par la subvention de l’Éducation nationale de 375 000 euros, à laquelle la municipalité rajoute près de 112 000 euros de sa poche. Parmi les réalisations : de la sensibilisation sur les usages des réseaux sociaux, l’événement « Athlé dans la cité » ou encore le Festival de la petite enfance et de la parentalité, pour n’en citer que trois. « On travaille sur tous les aspects émancipateurs de la vie d’un jeune en incluant les parents, détaille le maire. Le sport, la culture, les sciences, le numérique, la santé par l’alimentation… »

    Une unité de préparation culinaire

    Sur ce dernier sujet, Frédéric Vigouroux a de grandes ambitions. D’ici deux ans, une unité de préparation culinaire devrait être construite en partenariat avec Saint-Chamas sur un terrain d’ores et déjà acheté, situé au Nord de la ZAC des Molières. « Nous sommes en recherche de subventions, nous en avons déjà mais il nous en faut d’autres, révèle l’élu. L’idée, c’est d’avoir du bio et du local dans les assiettes de nos enfants, ce qui résonne avec notre volonté de pouvoir accueillir des exploitants et notamment des maraîchers sur nos terres. »

    La Ville met également la main à la poche pour financer les projets pédagogiques des établissements scolaires. « Ce n’est pas dans notre compétence, mais nous aidons aussi parfois les collèges pour que le coût résiduel des parents ne soit pas trop élevé et que tous les élèves puissent participer sans que leur milieu social ne soit un frein », glisse Frédéric Vigouroux.

  • Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Femmes de steel, un réseau pour féminiser l’industrie à Arcelor

    Dans une petite salle en rez-de-chaussée du bâtiment DB27, sept collégiennes en cercle se font passer un cri. D’abord crispées, secouées de rires nerveux, elles finissent par se prendre au jeu, guidées par Christine Hinque. L’exercice peut avoir l’air loufoque, mais l’intervenante, spécialisée en théâtre d’improvisation, explique : « Ça donne l’autorisation aux filles de prendre le pouvoir en faisant tomber les barrières ».

    Et des barrières, dans l’orientation ou le monde du travail, il y en a pléthore. Qu’elles soient réelles ou intériorisées. C’est pour les faire tomber que la direction de la communication du site fosséen d’ArcelorMittal a créé, en 2015, le réseau Femmes de steel qui organise chaque année une journée de découverte des métiers industriels. Depuis son lancement, le collectif a touché 780 jeunes filles. Ce mardi 27 janvier, c’était au tour de 131 collégiennes et lycéennes de six établissements de Fos-sur-Mer, Istres, Martigues, Châteauneuf-les-Martigues et Arles de visiter les installations et d’expérimenter les postes de l’aciérie.

    Des représentations genrées

    Emy et Chloé, en 3e au collège des Amandeirets, n’avaient jamais vu de près les hauts-fourneaux. Fascinées par les EPI (équipements de protection individuelle), elles se font tirer le portrait devant une immense photo de la coulée continue. Les deux élèves apprécient l’événement, bien qu’elles sachent ce qu’elles veulent faire plus tard : « Criminologue et organisatrice d’événements, plus particulièrement de mariages ». « On n’a pas le cerveau pour faire des sciences techniques », justifient-elles.

    Un préjugé qui a la peau dure. La référente égalité du collège Alphonse Daudet, à Istres, témoigne : « J’ai réalisé l’an dernier à quel point les représentations sont genrées. Je suis hyper attentive en conseils de classe et je me rends compte que beaucoup de filles partent dans le social et l’esthétique, tandis que les garçons pensent plutôt à des filières techniques de niche ». Géraldine Dautheribes, professeure de technologie dans le même établissement, glisse : « Ce n’est pas vraiment un choix qu’elles font, puisque l’aide à la personne et l’esthétique ça n’a rien à voir. On ne leur propose que ça, alors que plein de choses existent, à nous de leur montrer ».

    Sa collègue reprend : « On a l’impression que les filles choisissent par dépit dans le petit univers qu’on leur donne. Il faut faire venir des représentations de femmes dans plein de métiers différents, pour qu’elles aient des modèles ».

    29% des embauches

    en 2025

    Pour Chloé Gros, responsable du service maintenance électro-mécanique du département logistique d’Arcelor, cette journée Femmes de steel permet aux élèves de se faire une image réelle de l’industrie, parfois fantasmée, et d’avoir « des points de contact dans l’usine avec un ancrage féminin ». « Les rencontres, ça change tout, ça peut susciter un intérêt et être une porte d’entrée dans le secteur », poursuit-elle. Fanny en sait quelque chose. Elle est venue découvrir l’aciérie il y a quelques années dans le cadre du réseau et travaille désormais dans la préparation de travaux en maintenance.

    Isabelle Cristini, directrice des ressources humaines du site, perçoit une dynamique positive dans la course à la parité. « Le comité de direction compte 50% de femmes, tout comme le conseil d’administration », affirme-t-elle. L’entreprise s’impose l’égalité pour ce qui relève des jobs d’été et des contrats GEIQ de réinsertion.

    Certaines disparités persistent néanmoins, notamment sur les postes techniques. À Fos, les femmes représentent 10% des effectifs dans l’usine, 30% des contrats de stage et 29% des embauches en 2025. Une part qui atteint les 40% concernant les recrutements de cadres. « On a ces chiffres car on a très peu de candidates », explique Isabelle Cristini.

    D’où l’intérêt du réseau Femmes de steel. Et cette journée porte ses fruits ! Selon une enquête menée par ArcelorMittal à la fin de chaque édition, 56% des participantes affirment que l’événement les a aidées à faire un choix dans leur orientation. 22% disent avoir envisagé un métier technique avant de mettre les pieds dans l’aciérie, un chiffre qui augmente de 8 points à la fin de la découverte, les secteurs de la digitalisation, de la chimie ou de l’ingienérie étant les plus cités.

  • L’équipe de Gaby Charroux défend le bilan à Martigues

    L’équipe de Gaby Charroux défend le bilan à Martigues

    « Bonjour Madame, voilà le bilan de ce qui a été fait par l’équipe municipale sortante de Gaby Charroux ! » Ce mardi soir, à Paradis-Saint-Roch, ils sont une vingtaine, comme Marianne Bocca, à se répartir dans tout ce quartier de Martigues pour distribuer le bilan de la majorité du maire (PCF) Gaby Charroux et de son équipe.

    Les militants sont souriants, motivés. Sportifs même, parfois. Notre militante communiste fraîchement retraitée monte les escaliers d’un immeuble et sonne à deux portes. « Et si ça répond aux deux, eh bien, je discute avec les deux à la fois » répond-elle candidement. L’accueil des habitants est positif : « Les gens ouvrent, prennent le bilan, sont polis… Je suis même tombé sur des employés municipaux qui m’ont reconnu », confie Béatrice, une militante et ancienne agente.

    Thomas, doctorant trentenaire, est porté sur la discussion. Une habitante qui ouvre sa porte, Angèle Vellan, l’interpelle non pas sur le bilan qu’elle vient de recevoir, mais sur l’avenir. « Je trouve qu’on n’aide pas beaucoup les jeunes », estime-t-elle.

    « Le sport est gratuit avec les Centres d’initiation sportive, le conservatoire est gratuit, sinon parmi les moins chers selon l’âge », défend le militant. « Oui, j’y emmène ma petite-fille, reprend la septuagénaire, mais je parle surtout pour l’après-bac, ça peut angoisser d’aller à Aix ou Marseille pour les études », fait-elle remarquer.

    « Une ville universitaire »

    Le doctorant originaire de Carro est bien placé pour en parler. « Je suis d’accord avec vous, il y a besoin de faire revenir des études supérieures à Martigues, que nos jeunes ne partent pas tous à Aix ou Marseille. Et ça commence avec la licence pro industrielle que va ouvrir l’université d’Aix-Marseille bientôt », détaille Thomas. « Il y a aussi les formation aux métiers du cinéma », abonde-t-il. « C’est très bien » reconnaît Angèle Vellan sur ce point.

    Le militant, non encarté, estime en aparté qu’« il y a une dynamique, la mairie actuelle a pris en compte cette attente des gens d’avoir des études sur place, c’est un enjeu », estime-t-il. Lui qui a effectué ses études à Marseille considère que « la nouvelle licence entre dans ce cadre ». Et ce, aux côtés de l’Institut de soins infirmiers, entre autres.

  • Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    Mohammed, médiateur à Marseille, en grève de la faim pour interpeller l’État

    « Je suis prêt à dormir là », Mohammed Benmeddour, éducateur au sein de l’association Apis, a entamé, comme annoncé, sa grève de la faim ce mercredi 21 janvier. Il campe devant la préfecture avec Kaïs, 19 ans, tout juste sorti de prison et qui n’a nulle part où aller. Mohammed l’a récupéré à proximité d’un point de deal. « Je m’étais fait mon squat dans un bâtiment abandonné, un lit avec des couvertures, mais l’eau elle sort orange des tuyaux et il n’y a pas d’électricité », raconte Kaïs. Il est allé à France Travail affirme-t-il mais on ne l’a pas rappelé.

    Après avoir interpellé Emmanuel Macron lors de sa venue à Marseille le 16 décembre puis le ministre du logement la semaine dernière sur le manque de moyens mis dans la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans le narcotrafic, sans succès, Mohammed réclame un dispositif d’urgence pour « ces jeunes qui veulent s’en sortir ».

    La préfète à l’écoute

    Interrogée, la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, assure avoir fait le nécessaire. « M. Benmeddour a contacté la préfecture de police la semaine dernière, on a regardé ce que l’on pouvait faire. Ce jeune homme est suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation. Aucun retard n’a été pris dans la prise en charge », précise-t-elle ajoutant qu’une place a été trouvée en centre d’hébergement. Et d’ajouter que la préfecture a « fait le lien » entre France Travail et la mission locale. Mais pour Mohammed, la place trouvée ne correspond pas au profil du jeune homme…

  • 500 chéquiers jeunes à distribuer à La Ciotat

    500 chéquiers jeunes à distribuer à La Ciotat

    Dédié aux jeunes âgés de 11 à 25 ans, le chéquier jeunes est une proposition de la municipalité pour favoriser l’autonomie et la mobilité. Il se compose de neuf chèques d’une valeur unitaire de 5 euros, soit 45 euros, parmi lesquels trois chèques pour les activités culturelles (cinémas, librairies, spectacles, musées), trois pour les activités sportives et nautiques et trois pour les transports en commun et la mobilité douce.

    Les titulaires peuvent également bénéficier d’une inscription annuelle gratuite à la médiathèque pour les jeunes de 18 à 25 ans et de cinq entrées gratuites à la piscine municipale. Le chéquier permet aussi d’accéder à divers dispositifs d’aide comme la bourse aux projets, pour accompagner les initiatives d’intérêt général, la bourse au Bafa, pour les jeunes de 16 à 25 ans souhaitant se former aux métiers de l’animation, ainsi que la bourse au permis de conduire, destinée aux 17-25 ans. Ou le dispositif baby-sitting, incluant une formation aux premiers secours et risques domestiques dispensée par les pompiers, suivie d’une mise en relation avec les familles. Enfin, ce sésame permet de participer à « Immersion cinéma », initiative permettant d’assister aux tournages de films, séries ou publicités accueillis à La Ciotat, de découvrir les métiers de l’audiovisuel et d’échanger avec des professionnels.

    Pour en bénéficier, il faut être âgé de 11 ans (scolarisé en 6e) à 25 ans et se présenter avec une pièce d’identité, un justificatif d’hébergement ou certificat d’hébergement, un certificat de scolarité, un formulaire de demande 2026 et une autorisation parentale pour les mineurs.

    7, place Évariste-Gras

  • La grande collecte est lancée dans toute la ville de Martigues

    La grande collecte est lancée dans toute la ville de Martigues

    Les bénévoles sont déjà à la sortie des commerces. Depuis le 17 janvier, l’opération Martigues solidaire se déploie dans les quatre coins de la ville, supermarchés, entreprises partenaires, services municipaux, centres sociaux, lycées, collèges, Maison des jeunes et de la culture… L’objectif : collecter un maximum de denrées alimentaires non périssables et de produits d’hygiène au bénéfice des associations Partage, le Secours populaire, la Croix rouge, le Secours catholique, les Équipes Saint-Vincent et les Restos du cœur. Chaque don est échangé contre un ticket solidaire permettant d’assister au concert de Chimène Badi, qui se déroulera le 6 février à la Halle de Martigues.

    Des synergies

    « Avec cet événement, il y a une double solidarité, affirme Valérie Fernandez-Campazzo, responsable du service de la vie associative. D’abord, la générosité des habitants, qui est toujours au rendez-vous. » « Une année, un gamin du collège avait oublié de ramener un don, se remémore Bernard Mercier, président de Partage. Il a mis son goûter dans le caddie à la place ! » L’agente de la Ville reprend : « Et puis, il y a la solidarité entre les associations, qui se partagent le trésor. »

    Mis en place il y a 9 ans, ce rendez-vous annuel est important pour ces structures. L’an dernier, 10 tonnes de dons avaient été collectées. Mais au-delà, cette manifestation orchestrée par la Ville de Martigues a permis aux associations de « créer de véritables liens d’amitié, de confiance, de vrais partenariats tout au long de l’année », glisse Valérie Fernandez-Campazzo. Une énergie commune et des synergies positives pour les bénéficiaires, qui ne s’en voient que mieux accompagnés.

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    Succès croissant pour le concours Reporters en herbe en Vaucluse. Un dispositif, mis sur pied par le club de la presse Grand Avignon-Vaucluse et le Département. Il vise à la fois à présenter le métier de journaliste, et plus largement le monde de l’information à des collégiens, tout en leur donnant des conseils pour la réalisation de leur projet. Cette année, 19 collèges et 22 classes participent à Reporters en herbe, contre 12 collèges et 14 classes en 2025.

    Comme l’an dernier, La Marseillaise est impliquée dans le concours. Après une première intervention début décembre au collège Jules-Verne du Pontet, nos deux journalistes de la zone se sont rendus tout récemment aux collèges Saint-Exupéry de Bédarrides, Barbara-Hendricks d’Orange et Champfleury d’Avignon. La thématique du concours cette année est le Vaucluse en 2050. À Bédarrides, la classe média s’est tournée sur la construction d’installations sportives. À Orange, la classe de 6e s’est penchée sur le traitement des déchets, en particulier ceux agricoles. Enfin, la 5e Obama du collège Champfleury d’Avignon a choisi le thème de la relation entre la ville et les arbres dans 100 ans. La classe vainqueure sera invitée à Marseille dans les locaux de France 3.

  • [Travailleur de demain] Anaïs, de l’ambition pour l’ingénierie

    [Travailleur de demain] Anaïs, de l’ambition pour l’ingénierie

    Anaïs Benoit-Ramos se destinait davantage à des études dans le domaine de l’audiovisuel plutôt que dans l’ingénierie génie mécanique. « Sauf que les écoles sont payantes, parfois à 7 000 euros par an. Impossible pour moi d’y aller. J’ai donc dû trouver une voie plus accessible », retrace-t-elle. Un peu par hasard, elle se lance dans un BTS Conception des processus de réalisation de produits, puis poursuit avec une année d’Adaptation technicien supérieur (ATS), tremplin vers son admission au concours des Arts et Métiers.

    La première année passée, la jeune femme poursuit son cursus chez Capgemini, sous-traitant d’Airbus. L’aéronautique est un domaine dans lequel elle se voit évoluer. « Je suis réellement passionnée par ce que je fais. à l’avenir, j’aimerais faire ma propre expérience en allant travailler chez Airbus, où chez de grands noms de l’aéronautique. C’est un domaine fascinant : voir voler des avions, des hélicoptères… » Anaïs Benoit-Ramos voit encore plus loin. « Après les années de salariat, j’aspire potentiellement à créer mon entreprise (…). Je sais que c’est compliqué, dans le contexte politique et économique actuel qu’on connaît. Mais j’aime communiquer, le management, j’en ai fait dans mon école et ça me parle. J’aimerais que mon intérêt pour le management soit appliqué au quotidien. » Esprit « compétitif et curieux », « à l’aise entourée de machines », Anaïs Benoit-Ramos explique « bosser dur » pour se sécuriser son avenir dans un monde « assez incertain ».

    Évoluer en transmettant

    « à commencer par mon métier. Avec l’évolution de l’intelligence artificielle (IA), je vois l’avenir du boulot un peu trouble. D’ici une trentaine d’années, l’IA pourrait nous amener à perdre du travail. Il faut qu’on se batte pour le conserver, pour trouver un moyen de travailler avec. Pour l’instant, on se contente de compléter les défauts de l’intelligence artificielle, elle n’est pas trop une menace. Mais, d’ici trente ans, elle sera perfectionnée, et là, ce sera inquiétant », estime-t-elle.

    Sur un plan plus personnel, l’étudiante confie s’être accrochée dans ce domaine, souvent masculin, parfois « discriminant » pour se sécuriser, aussi, un avenir financier. « Je voulais pas vivre ce que (ma mère) a vécu. Elle s’est battue pour m’élever, en enchaînant deux boulots : un le matin, un le soir. Je me suis dit que je ne ferais jamais ça donc j’ai continué comme je le pouvais mes études. »

    Autre ambition fixée : ouvrir le domaine de l’ingénierie mécanique à davantage de femmes. « Je me vois évoluer dans ma branche en partageant mes connaissances, surtout en rencontrant des jeunes filles, dans les lycées ou les collèges, qui veulent poursuivre leurs études pour aller dans l’ingénierie, déroule Anaïs. On est souvent fixées, de façon inconsciente parfois, sur l’idée que l’industrie, c’est pour les mecs. Ce sont des réflexions entendues. Je veux leur parler, à ces filles qui veulent aller un peu plus loin, exceller dans les domaines dits masculins et parfois être meilleures. » Le 4 décembre, la jeune femme est d’ailleurs intervenue dans son ancien lycée, dans le cadre d’une rencontre organisée par l’association « Elles bougent », qui vise à sensibiliser les jeunes femmes aux carrières scientifiques et techniques.

    Le concours

    Lors de la 48e édition Worldskills, Anaïs Benoit-Ramos a concouru aux côtés de deux coéquipiers (Romain Cheynet et Léo Semenadisse), dans la catégorie Développement de produit industriel. Tous ont décroché la médaille de bronze pour avoir présenté le prototype d’un robot qui avait pour tâche de « suivre des travailleurs dans les champs et leur alléger la charge portée. Ce robot-là devait pouvoir porter des fruits et des légumes », explique Anaïs. Un travail de six longs mois, rapporte la participante, avec la fierté pour elle et son équipe est d’avoir été « les seuls à rendre notre projet avant la compétition » et de s’être « dépassés pour ce challenge ».