Tag: jeunes

  • [Quoi de neuf] Pénélope Diot : « On a voulu raconter des histoires de femmes »

    [Quoi de neuf] Pénélope Diot : « On a voulu raconter des histoires de femmes »

    Olivier Nottale : Pouvez-vous présenter votre association ?

    Pénélope Diot : Jasmin d’Orient existe depuis 20 ans dans le quartier Saint-Martin/Tournezy à Montpellier. Elle a été fondée par Samia Khouaja qui est toujours la présidente. À la base, l’association propose des cours d’apprentissage du français et des cours de gym. En arrivant dans ce quartier prioritaire avec beaucoup de familles monoparentales, Samia a vu beaucoup de femmes isolées sans activité. Elle a eu envie de créer des espaces pour ces femmes pour qu’elles puissent créer du lien, sortir de chez elles, de l’isolement. C’est aussi une association où il y a beaucoup de jeunes. On leur a proposé des actions culturelles, des sorties, des séjours, des cafés rencontres sur de l’accompagnement à la parentalité. C’est une association à l’écoute des besoins des territoires en offrant des solutions, des espaces, des projets participatifs. À travers l’apprentissage du français, la culture ou l’accès au sport, on va créer du lien social. On se décrit comme une association socio-culturelle.

    Rémy Cougnenc : Vous avez 20 bénévoles et 6 salariés. Ce sont des jeunes du quartier qui s’investissent ?

    P.D. : La plupart des bénévoles sont des enseignants FLE (français langue étrangère). Ils participent à nos actions dans l’espace public. Par exemple pendant deux ans au festival « Au rythme de la vie » qui n’a pas pu être maintenu pour des raisons financières. On a aussi des bénévoles de l’accompagnement scolaire du lundi au jeudi avec un maillage intergénérationnel.

    Rémy Cougnenc : Avez-vous perçu un risque de décrochage scolaire dans ce quartier en raison de la barrière de la langue par exemple ?

    P.D. : Une des problématiques de ce quartier c’est effectivement qu’on a beaucoup de jeunes en décrochage scolaire entre 16 et 25 ans. Des acteurs sont mobilisés comme la mission locale. Mais il y a un enjeu sur la jeunesse. On propose des stages d’initiation à la photographie, on a un agrément jeunesse et éducation populaire, on propose des débats philos avec des intervenants…

    Rémy Cougnenc : Les parents viennent-ils davantage vers vous de peur que leurs enfants ne tombent dans le fléau du narcotrafic ?

    P.D. : Il y a une inquiétude des parents et nous aussi notre rôle est de rassurer de mettre en lien avec des structures psy. La santé mentale est un sujet dans les quartiers et il y a peu de structures. Il faut déconstruire les idées reçues. On propose des espaces avec les mamans, autour de goûters on discute de troubles de santé mentale, sur comment discuter avec son adolescent… Les mamans se rassurent entre elles, se rendent compte qu’elles ne sont pas seules. On essaye de dynamiser le quartier parfois diabolisé dans les médias, de ne pas le rendre fantôme.

    Olivier Nottale : C’est vrai que les quartiers sont souvent stigmatisés sur de fausses idées…

    P.D. : C’est ce qu’on défend avec Samia. Les jeunes sont mobilisés dans ces quartiers, il y a beaucoup de solidarité, une interculturalité aussi. Le mélange des cultures crée du lien et des choses magnifiques. On essaye de valoriser l’image des quartiers.

    Rémy Cougnenc : De quels pays sont originaires les gens qui viennent vers l’association ? Avez-vous des Syriens, des Ukrainiens ?

    P.D. : Le cœur de l’activité de l’association c’est l’apprentissage du FLE. On compte 57 nationalités différentes. Il y a des apprenants qui viennent de partout dans le monde et de plusieurs endroits de Montpellier. On n’est pas cantonné à Saint-Martin. Cela crée des échanges riches. On développe des actions culturelles grâce à cette interculturalité. Par exemple, pour notre exposition créée cette année, on a 10 personnes de 6 nationalités différentes. On a des femmes du Liban, un homme d’Algérie, une femme d’Albanie… Aussi une personne qui vient d’Ukraine, beaucoup d’Amérique du Sud : Colombie, Mexique, Brésil. On a aussi des femmes chinoises, thaïlandaises, vietnamiennes…

    Olivier Nottale : Cette exposition sonore propose une rencontre avec des récits de femmes marquées par le déplacement, la transmission et la mémoire. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    P.D. : C’est une exposition qui est le résultat d’actions collectives. L’idée c’est de créer une participation active des personnes. Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes (le 8 mars), on a voulu raconter des histoires de femmes. C’est une exposition sonore. On a enregistré 7 personnes (10 ont participé aux ateliers) pour faire revivre leurs anecdotes, leurs histoires. L’idée c’était de parler de soi en tant que femme ou bien de parler d’une femme qu’on connaît : sa mère, sa sœur… et de croiser ces mémoires. On peut se rendre à cette exposition au Café social, près de la tour Saint-Martin. On est en train de visiter d’autres lieux d’exposition pour faire circuler ces récits, que d’autres personnes puissent les écouter dans d’autres quartiers et communes. On s’est aperçus que peu importe d’où on vient, des histoires très personnelles peuvent toucher d’autres gens.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.

  • Des minots initiés aux pratiques du journalisme sportif à Marseille

    Des minots initiés aux pratiques du journalisme sportif à Marseille

    C’était la consécration d’un projet plus qu’abouti pour les jeunes du 3e arrondissement. Mercredi dernier se déroulait une restitution d’ateliers que les collectifs Résidence et Canapé Lit menaient avec les jeunes du centre social Thubaneau. L’objectif : l’éducation aux médias par le journalisme sportif avec une série de sorties pour découvrir différents sports, sur le terrain.

    Les minots ont alors découvert trois pratiques : le hockey sur glace, la boxe et la pétanque. En parallèle à ces rencontres et sessions découverte, ils ont aussi réalisé une émission radiophonique – qui a été diffusée – et effectué un reportage photographique pendant un entraînement de boxe thaï.

    « On essaye de prôner l’accessibilité aux pratiques artistiques et sportives », explique Léonie Gobion, codirectrice de Canapé lit. Une association faisant le lien entre les deux collectifs pour élargir le champ des pratiques et des métiers, le Canapé lit est initialement porté sur la radio tandis que Résidence est spécialisé dans la photo et la vidéo.

    Ouvrir la voie aux jeunes

    « On veut accompagner les jeunes à écrire leurs propres récits et on travaille plus sur des thématiques comme l’autocensure, la légitimité et la confiance en soi », décrit Inès Svartz, qui a rejoint l’association Résidence il y a deux ans. Les collectifs le disent, ils ne sont pas là pour former les nouveaux journalistes et les réalisateurs de demain. Ils œuvrent à mobiliser les jeunes et faire découvrir un milieu professionnel que la plupart ne connaissaient pas.

    Dans le cadre de ces ateliers, ils ont pu assister à une rencontre de l’OM avec le groupe de supporters des South Winners 87, découvrir les coulisses de l’équipe des Spartiates de hockey sur glace, la pratique de la boxe thaï et de la pétanque. Les intervenants de hockey sur glace, de pétanque et de boxe étaient au rendez-vous pour participer à une table ronde. « Cette journée est dédiée aux jeunes qui ont participé aux ateliers, c’est le résultat de leur travail », insiste Léonie Gobion. Les collectifs ne comptent pas s’arrêter sur cette réussite. Après le volet sport, les équipes de Canapé lit espèrent faire découvrir le monde de la musique selon les mêmes modalités. Quant au collectif Résidence, il travaille à de nouveaux projets dont l’un sur la réappropriation des espaces naturels.

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.

  • [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    [Travailleur de demain] Chloé Muliva, apprentie en électronique

    Une vocation née du Covid. Voilà l’étonnante trajectoire de Chloé Muliva, aujourd’hui étudiante à l’École supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (Esilv) et en contrat d’apprentissage à l’Atelier industriel de l’aéronautique de Cuers-Pierrefeu. Médaillée d’or au concours national Worldskills dans sa catégorie, compétition de métier destinée à valoriser la jeunesse engagée dans des métiers techniques et technologiques, elle se réjouit d’évoluer dans un secteur « passionnant ». « Avant d’entrer dans mon BUT [Bachelor universitaire de technologie, Ndlr] en génie électrique et informatique industriel, je suis passée par deux années de médecine, retrace la jeune femme de 25 ans. Puis le Covid est arrivé et j’ai compris que ça n’était vraiment pas fait pour moi. » De cette envie de changement naîtra l’évidence : la volonté d’engager une carrière dans l’industrie. « Pendant la pandémie, je me suis rendu compte que le secteur qui s’est relevé le plus vite, qui s’est adapté le plus rapidement aux problèmes pour poursuivre son activité, c’était l’industrie, souligne-t-elle, enthousiaste. Ils ont trouvé des solutions très vite, avec des équipes d’ingénieurs elles aussi très mobilisées pour pallier les freins qu’on rencontrait à ce moment-là. C’est ce qui m’a donné envie de me lancer dans cette voie. »

    Compétitrice dans l’âme

    Apprentie en ingénierie électronique, système embarqué et robotique, en parallèle de son cursus à l’Esilv, Chloé passe ses journées à « développer des systèmes » sur « un simulateur d’avions militaires ». Actuellement en formation générale avec une « majeur robotique », elle tient son attrait pour la filière d’un concours passé pendant son BUT. « J’ai fait une première compétition à l’époque, avec deux autres étudiants. On a remporté le premier prix, se souvient-elle. J’ai poursuivi dans ce secteur, tout en continuant les compétitions. C’est là que j’ai vraiment découvert l’électronique. J’ai compris, non seulement que j’étais plutôt douée mais surtout que j’avais de l’appétence pour la matière. » Une appétence désormais élevée au rang de « passion ». « Moi ce que j’aime c’est pouvoir concevoir des choses et tout en travaillant constamment avec des technologies nouvelles, confie-t-elle. Et puis il faut dire que l’électronique, c’est assez complet. On fait un peu d’informatique, on conçoit des systèmes qui permettent de faire bouger des moteurs ou autres, ça permet d’automatiser, on fait un peu d’IA. En fait, j’en apprends tous les jours. »

    Seul 30% de femmes dans l’industrie

    Devenue « ambassadrice métier » grâce à sa victoire aux WorldSkills, Chloé est heureuse d’incarner une représentation féminine dans un secteur majoritairement masculin. « Il faut savoir que les femmes ne représentent que 30% des employés de l’industrie et seules 2% sont patronnes, s’insurge l’étudiante. C’est un problème global de l’industrie : il existe tout un panel de personnes non représenté, qui pourrait apporter une vision différente. » Compétitrice, mais aussi ambitieuse, Chloé rêve d’un jour travailler à la Nasa.

    LE CONCOURS

    « Je n’aurais jamais cru aller aussi loin, s’émerveille Chloé Muliva lorsqu’on l’interroge sur sa victoire au WorldSkills France. J’ai mis beaucoup de temps à réaliser mais c’est vrai que c’est agréable, en tant que fille qui évolue dans un secteur à dominante masculine, d’obtenir une reconnaissance. » Une expérience valorisante donc, mais aussi créatrice d’opportunités. « C’est vraiment une superbe aventure. C’est l’occasion d’obtenir des contacts mais aussi de découvrir des métiers que l’on ne connaît pas », liste-t-elle. Surmotivée, elle tente sa chance aux WorldSkills mondiaux 2027, avec l’équipe de France Abilympics.

  • Un premier pas vers le grand projet du basket marseillais

    Un premier pas vers le grand projet du basket marseillais

    Pour une fois, les Marseillais n’ont pas besoin de se déplacer jusqu’au Technosport de Luminy pour voir évoluer l’équipe fanion de la section basket du Stade marseillais université club (Smuc). Cette dernière dispute, ce samedi, le premier match de son histoire au Palais des Sports de Marseille, à l’occasion de la 24e journée de Nationale 2 face à l’USO Rognonas. Une délocalisation inédite qui s’inscrit comme la première pierre du grand projet, officiellement présenté le mois dernier, destiné à doter la cité phocéenne d’un grand club.

    « C’est un premier pas, un test et un risque doit montrer le chemin que doit prendre notre projet », souligne Alexandre Fassi, vice-président de la société Marseille Basketball. Cette nouvelle marque va toutefois se baser sur le vécu du Smuc Basket comme point de départ du projet. « La section a toujours fourni un travail de qualité, voire d’excellence, dans la formation des jeunes. Aujourd’hui, on veut se servir de toutes les bonnes forces marseillaises du basket pour permettre aux jeunes attachés à notre ville d’y rester », lance l’entrepreneur local, conscient que les prodiges du territoire, à l’instar de Bastien Grasshoff (voir ci-dessous), s’envolent rapidement vers de nouveaux horizons dans l’espoir de devenir professionnel.

    Bascule entre le monde amateur et professionnel

    En bénéficiant des droits du Smuc, Marseille Basketball débutera son aventure en Nationale 2 la saison prochaine. Avec l’ambition d’arriver dès l’année suivante en Nationale 1. « C’est cette bascule-là qu’il faut savoir bien gérer, et c’est une étape fondamentale. Elle n’est pas simple, on le voit à tous les niveaux, parce qu’il faut aligner les compteurs à tous les niveaux. Au niveau sportif, organisationnel, marketing, économique et de l’image qu’on va renvoyer », détaille Alexandre Fassi, persuadé qu’une ville comme Marseille, et par extension sa métropole, possède trop d’atouts pour ne pas se lancer.

    Si l’objectif, d’un point de vue sportif, est d’atteindre la Betclic Elite d’ici 2031, le projet Marseille Basketball cherche avant tout à réunir le territoire métropolitain autour de la pratique de balle orange. Surtout chez les plus jeunes. « On veut aller à la rencontre des jeunes du 8e arrondissement comme des jeunes des quartiers Nord. Des gamins qui sont à la fac comme ceux qui sont à l’école de la seconde chance », indique le dirigeant phocéen. Ce dernier insiste sur le fait que le projet appartient à tous les Marseillais.

    Cela s’illustre notamment par la campagne de « Socios Capital », où les supporters auront la possibilité de devenir actionnaire du club. Une grande première dans le sport professionnel français dont le lancement opérationnel aura lieu ce samedi au Palais des Sports.

  • Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Sur une feuille de papier, Noémie griffonne une sorte de tripode. « J’invente un robot », explique-t-elle, lors de la séance des Espaces publics numériques de lundi dernier. Sur le schéma, le fruit de son imagination ressemble au dessin d’une pyramide, sans base, avec une tige et une pince. Son frère Valentin, lui, opte pour la réalisation d’un chariot élévateur. Une autre participante, quant à elle, assemble une sorte de quadripède… avec une bâche au pied. « C’est un esclave, il passe la serpillière », glisse-t-elle avec espièglerie.

    Tous participent à un stage de deux après-midi accessible aux 9 à 13 ans et dédié à la construction et à la programmation d’un robot de leur conception, imaginée ou reprise de modèles proposés dans les manuels à leur disposition. « On a un petit guide pour mettre les pièces au bon endroit comme les legos » fait remarquer Valentin, qui n’a « jamais fait de robots », « c’est la première fois » qu’il en manipule. Une grande liberté est accordée aux enfants dans leur conception, « on peut leur donner des jambes, des yeux, c’est toi qui décides », explique justement l’animateur Alan Landolfi.

    Poser et résoudre

    un problème technique

    Sans le savoir, les jeunes construisent et mettent en œuvre des principes élémentaires de physique et de mécanique. Comme la transmission d’un mouvement par engrenage et crémaillère permis par servomoteurs, des petits moteurs électriques contrôlables finement. « J’arrive pas à avancer car il y a un truc qui gêne » remarque Valentin sur son chariot. « Quelque chose est peut-être mal placé », lui souffle l’animateur, et c’est bien le cas. Ou comment poser et résoudre un problème mécanique.

    De la même manière, la programmation répond à une certaine logique. Mardi, les participants ont tenté de donner vie temporaire à leurs créations à base de blocs d’instruction mis bout-à-bout. Noémie, par exemple, a programmé sa voiture-élévateur à roues indépendantes pour allumer une led rouge une seconde, lever et baisser son plateau, puis rouler. Mais sans préciser le temps, donnant une voiture filant entre les jambes des programmateurs en herbe sans s’arrêter.

    Valentin, de son côté, a réalisé un programme allumant une led verte, faisant monter, descendre, puis rouler 5 secondes son robot à petite vitesse, qui s’arrête et fait clignoter trois fois une led rouge.

    Une expérience ludique et éducative rendue possible par les Espaces publics numériques de la Ville. Ils sont équipés par Speechi, distributeurs des kits de robots développés pour l’Éducation nationale et pilotés par Arduino, un système libre très utilisé en ingénierie. De quoi susciter des vocations et créer les conditions pour y accéder par ces ateliers, toujours gratuits.

  • Le job saisonnier, un revenu indispensable pour les jeunes des Hautes-Alpes

    Le job saisonnier, un revenu indispensable pour les jeunes des Hautes-Alpes

    Ce jeudi, une quarantaine de stands d’entreprises locales jalonnent la salle du Quattro de Gap. Et, parmi les candidats, CV en main, beaucoup ne sont pas majeurs. Aussi, lorsqu’une candidate de 18 ans se présente devant le syndicat de l’hôtellerie et restauration des Hautes-Alpes, sa directrice, Véronique Gauchat, taquine : « 18 ans ? Vous êtes vieille ! » Depuis plusieurs années en effet, elle observe que les candidats se font plus jeunes. « Il y a de plus en plus d’adolescents curieux de découvrir le monde professionnel et d’être plus indépendants, explique-t-elle. D’autre part, les temps sont durs et les parents ne peuvent plus autant aider, alors ils doivent être autonomes par eux-mêmes. »

    Anticiper l’année universitaire

    Parmi les lycéens, la majorité souhaite allier une première expérience valorisante à un revenu qui permet d’envisager plus sereinement la prochaine étape, les études. « Un peu stressée » par cette première rencontre avec le marché de l’emploi, Manon, 16 ans, en 1ère générale à Gap, prépare déjà l’avenir. « Pour mes études, il me faudra partir dans une grande ville, il n’y a pas grand-chose à Gap. Alors si je peux commencer à mettre de côté… »

    Pour les étudiants, le salaire de l’été est crucial pour assurer les dépenses à venir, et surtout le loyer. Laura, 20 ans, de Gap, vient de se réorienter et entamera une formation en bijouterie à Marseille à la rentrée. « J’ai été deux ans à Aix en licence et même en vivant en Crous et en ayant la bourse, la vie y était très chère, explique-t-elle. Même si, à Marseille, c’est un peu plus abordable, il me faudra mettre de côté pour payer mon logement. » D’autant que les loyers augmentent, et même en Crous, où ils ont grimpé de 6% en moyenne en France depuis deux ans. Une hausse, que Paloma, 21 ans, étudiante en psychologie à Aix, venue chercher un job pour soutenir ses études, a ressentie. « Mon 9m2 me coûtait 248 euros l’an passé, il coûte désormais 275 euros par mois », explique-t-elle. Une augmentation qui peut sembler marginale, mais qui est à mettre en perspective avec un coût de la vie étudiante qui aurait augmenté de 4,12% entre 2024 et 2025 et de 32% depuis 2017, selon l’Unef. Autre difficulté, concilier emploi saisonnier et volonté de profiter de l’été, un peu, quand même. « Si possible, j’aimerais éviter le service en restauration, c’est très speed, tu as rarement tes soirées de libre, et les horaires peuvent changer d’un jour sur l’autre… », expose-t-elle.

    En fin d’études, le passage par un emploi saisonnier peut aussi sécuriser le moment de transition vers un travail qui correspond au diplôme obtenu. « Je ne suis pas forcément venue chercher un emploi en lien avec mes études, explique Lolita, 24 ans, qui vient d’achever un master en communication à Lyon. Pour elle, un salaire d’été permettrait d’anticiper plus sereinement une installation dans une grande ville où elle a plus de chances de trouver un emploi pérenne. « Et puis, ça me fait aussi une pause dans mes journées passées sur internet à chercher un travail en lien avec ma formation… ce qui est assez anxiogène », admet-elle. Le secteur saisonnier permet aussi de rester actif tout en mettant de côté, et il demeure l’un des rares secteurs où l’embauche est dynamique, alors que 21,5% des actifs de 15 à 24 ans sont en recherche d’un emploi selon l’Insee.

  • À Martigues, les surveillants de baignade de demain en formation

    À Martigues, les surveillants de baignade de demain en formation

    « On n’a pas d’équipements comme ça à Marseille », s’émerveille Brahim Timricht, de l’association marseillaise Le Grand bleu, à propos de la piscine Avatica de Martigues. Cinq jeunes martégaux de 18 à 23 ans font des allers-retours dans le bassin de 25 mètres ce mercredi matin, sous les yeux de leur enseignant Houssine Naouar. Tantôt en nage libre, tantôt sur le dos et sans les mains, parfois une pause avant de reprendre, le programme est soutenu.

    Un emploi garanti à la fin

    Normal. Depuis lundi, la structure marseillaise connue pour enseigner la nage et plus encore aux enfants a débarqué à Martigues pour former des jeunes adultes au Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA). « Pour les préparer il faut améliorer leur pratique de la natation », explique l’enseignant. « En plus de la préparation physique, on apporte de la technique, chaque épreuve est chronométrée », détaille-t-il avant de lancer un nouvel atelier « prise de dégagement ».

    En binôme, un stagiaire simule une noyade pendant que l’autre doit le saisir au poignet, plaquer son bras au buste, puis le « remorquer » le plus loin possible, la tête hors de l’eau. « À l’examen il faut tenir 10 mètres. Pour l’entraînement je leur en demande 25 comme ça on est serein », confie Houssine Naouar. « Le cardio il est fini, on aurait dû commencer par ça », lance Thomas Miseranni, 18 ans et benjamin de l’équipe, essoufflé après avoir tracté son camarade Nabil Boukelkoul.

    Ce dernier est entré grâce au centre social Notre-Dame-des-Marins. « J’étais à un stade où j’en avais marre de l’école, je voulais quelque chose de professionnalisant », relate-t-il. « En plus la formation est gratuite, c’est pas négligeable et on trouve du taf partout : plages, piscines, campings et croisières. » Une préférence ? « Les croisières, ce serait pas mal », confie-t-il.

    Après la séance, les jeunes sont en formation générale au secourisme de 11h à 17h pause comprise, pendant 15 jours. « On sort 50 sauveteurs aquatiques par an depuis 15 ans », souligne Brahim Timricht du Grand Bleu. « Cette nouvelle formation, financée par la Politique de la Ville de l’État nous donne une ampleur départementale. À la sortie, l’emploi est positif à 100% », assure-t-il, une aubaine pour « les jeunes envoyés par les centres sociaux, la Ville la Mission locale et France travail ».

    Cela suscite des vocations. En fin de séance, Thomas Miseranni ose : « Je suis volontaire pour être maître-nageur. » Le CFA du Grand Bleu sera sa porte d’entrée, la même que son enseignant dix ans plus tôt.

  • Dans les yeux des minots du Secours populaire

    Dans les yeux des minots du Secours populaire

    Dans le cadre du Printemps des solidarités, la fédération varoise du Secours populaire avait invité mercredi après-midi les enfants dans le Parc des oiseaux, au Pont du Las à Toulon, pour une très motivante chasse aux œufs. « Cette période est importante pour rappeler que, pour nous, la solidarité n’a pas de frontières », commence Olivier Masini, le secrétaire départemental.

    Et d’expliquer les multiples projets montés, notamment « pour répondre aux nombreuses urgences dans plus de 60 pays, avec des partenaires locaux ». Olivier Masini insiste sur le fait que le Secours populaire n’exporte pas la solidarité mais s’appuie sur place sur un maillage associatif déjà existant et avec lequel il travaille parfois depuis 30 ou 40 ans, selon les pays. « On a à peu près 200 partenaires et 250 projets qui sont suivis », ajoute-t-il.

    Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on veut mettre l’accent sur la situation que nous connaissons, avec des enjeux majeurs, comme la question des urgences climatiques, environnementales, qui se multiplient, quels que soient les continents, et en France aussi, on l’a bien vu, avec l’augmentation des phénomènes d’inondations, parfois meurtrières, d’ailleurs. » Mais aussi pour faire face aux conséquences des conflits armés qui se multiplient à travers le monde. Et qui s’intensifient.

    Le responsable associatif rappelle l’implication du SPF il y a trois ans, avec l’Ukraine, pour aider sur place, à la frontière, les personnes qui quittaient leur pays. Mais aussi, après, dans l’accueil des familles : « Dans le Var, en 2024, on suivait à peu près 400 familles ukrainiennes, ce qui est énorme. » Et aujourd’hui, avec la situation au Proche-Orient catastrophique, notamment au Liban, pas question de baisser les bras.

    « On n’oublie pas bien entendu la Palestine, parce que là, maintenant, on a l’impression que c’est réglé et qu’on peut passer à autre chose alors que la situation est dramatique pour les populations », insiste-t-il. Ni, bien sûr, « les amis de Cuba qui subissent un blocus qui ne date pas d’hier mais qui s’intensifie là aussi ». Pour faire face aux problématiques d’énergie, explique-t-il, le Secours populaire a lancé une opération visant à acheter 1 000 kits de panneaux solaires afin d’aider les familles sur place.

    La solidarité en partage

    Pendant la conférence de presse les minots des familles accueillies apprennent avec les autres à se connaître pour mener ensemble leur quête de l’après-midi.

    En les regardant passer devant le stand, Olivier reprend : « Ce qui est important, dans le climat dans lequel nous vivons aujourd’hui, c’est de montrer que la différence de culture est une véritable richesse. C’est important dans un monde où on voit, malheureusement, les situations de racisme, d’antisémitisme, de xénophobie monter en flèche. »

    Et de poursuivre : « On est là pour construire des ponts, pour communiquer. » Une culture à l’opposé, cela dit en passant, des valeurs portées par l’extrême droite qui propose, au contraire, de bâtir des murs et le repli sur soi.

    Au sujet des programmes de développement suivis par la fédération varoise, le secrétaire départemental met également en avant la construction d’une maison des femmes, au Népal, pour la défense de leurs droits. Mais aussi des forages de puits, dans le sud de Madagascar pour faire face aux sécheresses de plus en plus graves chaque année.

    Un Secours populaire on le voit sur tous les fronts pour faire vire la solidarité ici, où la pauvreté continue de gagner du terrain, comme à l’international où la guerre et les catastrophes font des ravages, parce « le combat est le même », insiste Olivier Masini.

    Et pour pouvoir continuer de construire et d’élargir cette solidarité sans frontière, le Secours populaire a bien conscience que le meilleur vecteur c’est les enfants. « Ils sont les citoyens de demain », réaffirme le militant. D’où le travail réalisé sur l’accès aux droits pour que tous puissent exprimer demain leur pleine citoyenneté.

    Pour l’heure tout le monde goûte le plaisir d’être ensemble, dans le partage.

  • Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    « Je me suis pris une amende alors que j’étais en règle, ça m’a pas trop fait rigoler. Et je leur ai dit parce que beaucoup de jeunes qui travaillent ici ont eu des problèmes. C’est parti de moi l’initiative. » Comme Dylan et Kevin, trisomiques, Théophile, lui atteint du syndrome de l’X-fragile, prend le train depuis Marseille pour venir travailler à la « Gare des étoiles », initialement la halte SNCF de Niolon. Un tiers-lieu investi depuis 4 ans par l’association « T’Cap 21 » qui propose de la restauration aux voyageurs avec son « Train Inc Café », permettant aussi aux jeunes de travailler en cuisine, au service ou à la plonge, sans oublier une multitude d’activités et d’actions pour l’inclusion. Et ces employés en témoignent, pour eux, se faire contrôler à bord du TER peut être une véritable épreuve, engendrant stress et incompréhension.

    La mauvaise expérience de Théophile a interpellé Julianne, conductrice de train sur la ligne Marseille-Miramas et membre de T’Cap 21 qui faisait déjà le lien avec le « Train Inc Café » en organisant des opérations « citronnades » où les jeunes apportaient sur le quai de quoi désaltérer les personnels de la SNCF. Elle en discute avec sa collègue Orkia, contrôleuse. « Je me suis dit il faut qu’on fasse quelque chose, qu’on puisse intervenir et qu’on les rassure ces jeunes. Moi je suis contrôleuse, je ne suis pas méchante », explique cette dernière.

    Sensibiliser les agents

    de la SNCF

    La hiérarchie a suivi. L’idée vient de démystifier le contrôle en y faisant participer les jeunes sur une journée puis de les munir d’un cordon avec un badge spécifique de « super voyageurs » pour leurs déplacements. « Avec cette identification forte, cela leur permet d’être visibles et d’éviter le stress de chercher l’abonnement dans le sac », explique Andrine Bernard, directrice des lignes TER Ouest Provence, pour qui « ce projet a pointé du doigt le fait que nos salariés, dans le cadre de leur formation, doivent être sensibilisés à tous nos voyageurs et toutes les situations qu’ils peuvent rencontrer », reconnaissant que « jusqu’à présent, c’est vrai qu’on était focalisés sur la partie sûreté, gestes et postures, potentiellement avec des voyageurs sans titre de transport ou avec un tarif non adapté ».

    Pour Nora, trésorière de T’Cap 21 et maman de Kevin, 32 ans, un des quinze « supers voyageurs », l’autonomie de son fils est primordiale. « Depuis ces 15 ans, il prend le taxi seul. Mon mari est décédé, je travaillais, on n’avait pas le choix. Là il va au café deux jours par semaine puis, le reste du temps, dans un foyer parce qu’il n’aime pas rester seul. La solitude est un poids. Il se débrouille, il fait un trajet d’une heure et demie tous les matins, tous les soirs », raconte-t-elle. Kevin nous montre fièrement son abonnement avec lequel il va aussi voir sa copine dans Marseille. « Dans le train, je suis avec le casque, dans ma bulle et avec le badge, et puis aussi Julianne, je suis rassuré », confie-t-il.

    La SNCF imagine développer le projet sur d’autres lignes, avec le soutien de la Région dont le représentant, Jean-Pierre Serrus (Ren.) est venu « en observateur ». « On accompagne cette initiative. La Région prend là des idées opérationnelles sur ce qu’on peut faire de plus pour que notre service public s’adresse à tout le monde… En particulier. On va réfléchir comment on va essaimer », annonce l’élu.

    Pour Julianne et Orkia, il faut aller plus loin : « Ces jeunes sont ceux qu’on connaît, qu’on aime, on est fiers d’eux mais on pense aussi à toutes les autres personnes en situation de handicap visible ou non, et pas que. Il y a aussi des personnes qui manquent de repères et pour qui prendre le train est une épreuve. Pourquoi pas étendre cette sensibilisation à ces gens-là aussi… »