Tag: Jean-Marc Coppola

  • Ces militants dénoncent l’usage de l’arme nucléaire

    Ces militants dénoncent l’usage de l’arme nucléaire

    Les mines sont graves dans une salle de la mairie de Marseille plus habituée à accueillir des mariages que des échanges sur l’arme nucléaire. En cette journée solennelle, la délégation des Bouches-du-Rhône du Mouvement de la paix et les deux élus recevaient des invités exceptionnels : des représentants du Nihon Hidankyo (confédération japonaise des organisations des survivants des bombes A et H, Prix Nobel de la paix 2024) et du Gensuikyo (organisation pour l’interdiction de l’arme nucléaire). Ces derniers sont présents dans le sud de la France depuis le 19 novembre.

    Les militants de ces structures dénoncent la remilitarisation et l’usage des armes nucléaires. Dans ce cadre, ils mettent notamment en avant un outil : le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian). à l’heure actuelle, 74 États l’ont ratifié. Les représentants du Nihon Hidankyo et du Gensuikyo se sont scindés en deux groupes pour échanger avec des acteurs locaux : l’un pour l’Occitanie et l’autre pour Paca.

    « Lutter pour la mémoire »

    Michèle Rubirola et Jean-Marc Coppola partagent le sentiment des organisations venues les rencontrer. Le contexte de remilitarisation globale est inquiétant, l’élu communiste s’en alarme : « Personne n’aurait imaginé que le XXIe siècle voit autant de conflits. » Et de s’adresser aux délégations japonaises : « Je veux réaffirmer notre solidarité avec vos initiatives pour porter un message de paix et de non-violence. »

    De son côté, l’édile écologiste observe que « les villes sont devenues des acteurs de paix. Elles sont des espaces où la santé publique, les questions climatiques, la qualité de vie et les solidarités sont à l’œuvre : les armes nucléaires sont l’opposé de tout ça. »

    Emiko Honma, 75 ans, est « Hibakusha », à savoir survivante de deuxième génération de la bombe d’Hiroshima. Sa mère a été exposée aux radiations pendant l’explosion du 6 août 1945. Née en 1950, Emiko n’entendra jamais celle-ci parler ni de la catastrophe, ni de son irradiation.

    Les « Hibakushas » et leurs familles ont longtemps subi le rejet de la population japonaise. Aujourd’hui, la septuagénaire milite pour que son histoire ne tombe pas dans l’oubli : « La bombe ne cause pas seulement des tragédies au moment de l’explosion, elle cause la souffrance des survivants qui ont souffert de leurs maladies et de ne pas avoir pu aider ceux qui les entouraient. » Militante depuis 12 ans au sein de Nihon Hidankyo, elle s’enthousiasme : « Le Prix Nobel de 2024 nous encourage à partager notre histoire et notre expérience avec toutes les générations. » Avant de conclure, laconique : « Si un pays utilise les armes nucléaires, un autre en fera aussi usage et la terre sera détruite. »

  • « L’Art de grandir », exposition dédiée aux enfants au Panier

    « L’Art de grandir », exposition dédiée aux enfants au Panier

    Le monde afflue en ce vernissage de l’exposition intitulée « L’Art de grandir », mercredi au Musée des enfants. « Ce lieu est atypique car nous sommes dans le seul musée en France dédié aux enfants, présente Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) au maire de Marseille en charge de la Culture. Ils pourront toucher, regarder et créer grâce aux médiateurs et artistes sur place », ajoute-t-il aux côtés de l’artiste Clara Romero. « Toutes les œuvres viennent de nos musées municipaux de Marseille », précise l’élu. Parmi les artistes présentés, la photographe Julia Pirotte (1908-2000).

    Ces œuvres retracent l’évolution de la perception de l’enfance depuis l’Antiquité. « Comment se faisait le passage à l’âge adulte ?, questionne Sonia Makti, responsable du Préau des Accoules. Dans la culture Wayana [Guyane Ndlr], cette étrange natte, objet rituel et initiatique, positionnait des fourmis sur le ventre des enfants pour les endurcir. » Le voyage se poursuit via la mythologie gréco-romaine. Au Moyen-Âge, la religion s’empare des représentations et aux XIXe et XXe siècles, la bourgeoisie enserrent les fillettes dans des corsets, vitrines de leur statut social…

    « Les œuvres sont à portée d’enfant », note Jean-Marc Coppola. Le musée propose des tableaux façon puzzles, des coloriages et autres surprises pour les petits dès 5 ans.

    Exposition gratuite, 29 Montée des Accoules (2e).

  • Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Ascaride

    Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Ascaride

    Acquittée à quatre reprises, Pinar Selek est poursuivie depuis 1998, d’abord pour ses travaux universitaires sur les Kurdes, puis pour un attentat dont elle est innocente. Installée en France depuis 2011, elle est aujourd’hui enseignante-chercheuse à l’Université Côte d’Azur (Nice). Ce mardi, la sociologue franco-turque a poursuivi son combat pour la liberté d’expression à Marseille, entourée de ses soutiens. À l’occasion de la 6e audience de son 5e procès qui se déroule à Istanbul, une nouvelle journée de solidarité a été organisée dans la cité phocéenne. Elle s’est clôturée dans la bibliothèque de l’Alcazar (1er).

    L’actrice marseillaise Ariane Ascaride a proposé la lecture de trois textes de Pinar Selek – « Savoirs nomades », « Acrobatie pour les libertés » et « Aimer ou construire » – où se racontent l’absurdité des frontières, des réflexions sur l’exil, le rapport des humains au reste du vivant, le racisme anti-kurde, et bien d’autres réflexions. « C’est un très grand cadeau pour moi, je n’avais jamais lu mes textes à voix haute. Ariane leur a donné encore un autre sens, car elle a pu ajouter les silences qu’on ne peut pas voir à la lecture », s’est émue Pinar Selek après la performance de la comédienne.

    « Je voudrais insister sur le fait que cette fille-là est vraiment étrange. Je n’ai jamais vu quelqu’un comme elle. C’est une guerrière. Elle se bat pour sa vie et arrive à intellectualiser tout son rapport au monde. Elle le fait pour que d’autres puissent comprendre par quoi on passe sans être simplement submergé par l’émotion, s’est enthousiasmé Ariane Acaride, quelques instants après ses lectures. Et après, cette intellectuelle s’en va dans le pays des fées pour raconter des histoires magiques. Vous avez beaucoup de chance de la connaître ».

    Procès encore reporté

    Pour la 6e fois consécutive, le 5e procès de Pinar Selek a, mardi, été reporté par la justice turque. « Il semble que les juges avaient déjà pris leur décision avant même d’échanger avec les avocats », a déclaré Seyda Selek, mathématicienne devenue avocate pour défendre sa sœur, présente lors de l’audience de mardi à Istanbul, aux côtés de la délégation internationale sur place pour soutenir la sociologue. La date du prochain procès est fixée au 2 avril 2026.

    Poursuivie depuis 27 ans par Ankara, Pinar Selek ne peut plus se rendre en Turquie, où elle risque d’être arrêtée. « Ils veulent nous épuiser, mais ils n’y arrivent pas. Nous continuons de résister et ça les énerve, c’est pour cela qu’ils ne font que reporter l’audience et qu’ils envoient des lettres de menace à Ariane », a constaté Pinar Selek, mardi soir. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, j’ai vu tant de solidarité autour de moi, tant d’expériences, d’analyses, de formes d’expressions qui convergent… Ça me donne la pêche. Je peux encore courir longtemps sans m’arrêter ». Définitivement indomptable.

  • Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Acaride

    Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Acaride

    Acquittée à quatre reprises, Pinar Selek est poursuivie depuis 1998, d’abord pour ses travaux universitaires sur les Kurdes, puis pour un attentat dont elle est innocente. Installée en France depuis 2011, elle est aujourd’hui enseignante-chercheuse à l’Université Côte d’Azur (Nice). Ce mardi, la sociologue franco-turque a poursuivi son combat pour la liberté d’expression à Marseille, entourée de ses soutiens. À l’occasion de la 6e audience de son 5e procès qui se déroule à Istanbul, une nouvelle journée de solidarité a été organisée dans la cité phocéenne. Elle s’est clôturée dans la bibliothèque de l’Alcazar (1er).

    L’actrice marseillaise Ariane Ascaride a proposé la lecture de trois textes de Pinar Selek – « Savoirs nomades », « Acrobatie pour les libertés » et « Aimer ou construire » – où se racontent l’absurdité des frontières, des réflexions sur l’exil, le rapport des humains au reste du vivant, le racisme anti-kurde, et bien d’autres réflexions. « C’est un très grand cadeau pour moi, je n’avais jamais lu mes textes à voix haute. Ariane leur a donné encore un autre sens, car elle a pu ajouter les silences qu’on ne peut pas voir à la lecture », s’est émue Pinar Selek après la performance de la comédienne.

    « Je voudrais insister sur le fait que cette fille-là est vraiment étrange. Je n’ai jamais vu quelqu’un comme elle. C’est une guerrière. Elle se bat pour sa vie et arrive à intellectualiser tout son rapport au monde. Elle le fait pour que d’autres puissent comprendre par quoi on passe sans être simplement submergé par l’émotion, s’est enthousiasmé Ariane Acaride, quelques instants après ses lectures. Et après, cette intellectuelle s’en va dans le pays des fées pour raconter des histoires magiques. Vous avez beaucoup de chance de la connaître ».

    Pour la 6e fois consécutive, le 5e procès de Pinar Selek a, mardi, été reporté par la justice turque. « Il semble que les juges avaient déjà pris leur décision avant même d’échanger avec les avocats », a déclaré Seyda Selek, mathématicienne devenue avocate pour défendre sa sœur, présente lors de l’audience de mardi à Istanbul, aux côtés de la délégation internationale sur place pour soutenir la sociologue. La date du prochain procès est fixée au 2 avril 2026.

    Poursuivie depuis 27 ans par Ankara, Pinar Selek ne peut plus se rendre en Turquie, où elle risque d’être arrêtée. « Ils veulent nous épuiser, mais ils n’y arrivent pas. Nous continuons de résister et ça les énerve, c’est pour cela qu’ils ne font que reporter l’audience et qu’ils envoient des lettres de menace à Ariane », a constaté Pinar Selek, mardi soir. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, j’ai vu tant de solidarité autour de moi, tant d’expériences, d’analyses, de formes d’expressions qui convergent… Ça me donne la pêche. Je peux encore courir longtemps sans m’arrêter ». Définitivement indomptable.

  • En six ans, l’incroyable success story de l’Été marseillais

    En six ans, l’incroyable success story de l’Été marseillais

    Un tourbillon de concerts, d’activités sportives, de projections en plein air, de repas partagés, le tout toujours gratuit. Désormais affichée à travers toute la ville avec ses nouvelles décorations, cette sixième édition de l’Été marseillais bat tous les records. En dix dates, la scène sur l’eau a attiré jusqu’à 300 000 spectateurs, auxquels s’ajoutent 50 000 participants pour le karaoké géant et le feu d’artifice du 15 août, tandis que les nocturnes au musée et cartes blanches aux artistes affichent complet chaque jeudi.

    Par rapport à l’année précédente, le nombre de spectacles a été multiplié par trois, avec de nouvelles scènes installées à l’Estaque et au stade nautique. Résultat : dans un classement réalisé par la société de paiement SumUp, Marseille arrive cet été largement en tête des « meilleures villes pour une escapade culturelle », dopée par ses 1 600 rendez-vous gratuits.

    Pourtant, ce rendez-vous n’était pas prévu dans la campagne du Printemps marseillais en 2020. « L’idée est venue du collectif culture qui avait travaillé sur le programme », rembobine l’adjoint (PCF) à la culture, Jean-Marc Coppola. « Quand nous avons été élus le 4 juillet, nous avons demandé aux services concernés de réfléchir à des activités tout au long de l’été pour les Marseillais qui ne peuvent pas partir en vacances, qu’ils puissent profiter de la ville », raconte-t-il. Au sortir du Covid, les musées sont alors rendus gratuits, l’opéra et le conservatoire proposent visites et concerts au palais Carli. « Rapidement, on s’est dit qu’il fallait que ça irrigue plus de secteurs, et c’est monté en quantité, en qualité », témoigne l’élu communiste. Il n’y a pas de place sur les quais du Vieux-Port ? En 2023, pour la première fois, une scène flottante est installée face à l’hôtel de ville, qui attire 75 000 spectateurs en quatre dates, avec le ballet national de Marseille en ouverture. « On était trois jours après les violences, et là nous avons vu cet autre visage de Marseille, c’était fantastique », sourit Jean-Marc Coppola. Qui résume : « C’est populaire parce que c’est gratuit, et c’est de qualité. »

    Succès inspirant

    Certes, cela ne va pas sans orage. En février 2024, certains acteurs locaux protestent dans les colonnes du Monde en voyant la programmation confiée à la société lyonnaise B-PM, qui a de nouveau remporté la mise cette année malgré une première candidature commune des structures marseillaises. « Il y a un marché public, ils connaissent la règle du jeu », répond Jean-Marc Coppola, confiant néanmoins en leur capacité à le remporter à l’avenir. À droite, le succès fait grincer des dents. La présidente (LR) de l’opposition Catherine Pila s’interrogeait en juillet « sur le coût réel de ces festivités », et jugeait le choix de programmer des artistes algériens « maladroit et provocateur ». « Ils n’osent pas trop le remettre en cause, cela montre surtout qu’ils ne sont pas ouverts à la diversité de la ville », réplique l’adjoint PCF. Se félicitant de voir ce succès nourrir des projets locaux associatifs.