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  • [Entretien croisé] « Grigny et Marseille s’attaquent à la pauvreté »

    [Entretien croisé] « Grigny et Marseille s’attaquent à la pauvreté »

    La Marseillaise : L’actualité
    est marquée par le mouvement lycéen, suivi par cette journée du 17 octobre émaillée de violences. Comment l’avez-vous vécu en tant que maires ?

    Jean-Marc Coppola : Ce qui m’a frappé en rencontrant les lycéens, c’est qu’ils n’avaient pas d’interlocuteurs. Nous avons eu un échange avec une trentaine d’entre eux, nous leur avons donné la parole en conseil d’arrondissements. Ils sont d’une grande maturité, ils ont des revendications tout à fait justes. Mais le gouvernement ne répond pas à la hauteur de ce qu’ils demandent en matière de bonnes conditions d’études, de dignité, de respect. Ils n’ont pour seules réponses que des violences policières, auxquels nous avons été confrontés dans le 15e arrondissement. Derrière, il y a eu un samedi de chaos, auquel on ne s’attendait pas, avec cette accusation que ce sont des jeunes de quartiers, des cités qui viennent, alors qu’il s’agit d’éléments extérieurs. L’expression contre les institutions, la Marianne à terre, montrent une grande défiance. Je ne suis pas de ceux qui disent que parce que les politiques publiques sont violentes il faut répondre par la violence. La violence n’a jamais rien donné. Mais ce qui est inattendu aussi, c’est la réponse inappropriée de l’État qui n’a pas anticipé ce qui s’est passé, face à quelque chose de très organisé. Un État qui n’est plus capable de protéger ses concitoyens est un État en délabrement total. C’est le résultat de politiques menées depuis très longtemps, particulièrement avec Emmanuel Macron depuis dix ans. Cela pose des questions sur ce qu’il faut recoudre, des actes à prendre pour montrer que l’on entend les souffrances, la violence sociale. Nous sortons d’une rencontre avec des mères à la Castellane, qui nous disent qu’elles veulent le mélange, que l’humain soit pris en compte, qu’il faut de la mixité. Il faut des politiques qui rétablissent de la justice et de l’égalité.

    Philippe Rio : À Grigny, je n’ai ni commissariat, ni lycée. Mais nous avons donné la parole aux lycéens, j’ai été devant des lycées pour écouter longuement. Il y a une exigence d’égalité très claire. Les manifestations parisiennes se sont faites dans la joie, les élèves, les professeurs, les parents d’élèves étaient présents. Se retrouver ensemble pour réclamer la même chose, un avenir, c’était extrêmement rafraîchissant. Ce mouvement de samedi, des gens m’en parlent depuis quinze jours. Des gens qui ne sont pas politisés, qui n’ont jamais été à des manifestations qui me demandaient si j’y allais. Il y a un symbole dans la France invisible qui se dit qu’il se passe quelque chose, c’est le signe d’une colère extrêmement profonde. Je condamne sans conteste tous les dérapages qui ont eu lieu. Mais le biais médiatique aujourd’hui fait qu’on oublie le mouvement social, la lutte contre la vie chère. Au bout de dix ans, on se dit que la question des libertés publiques, de l’ordre public, des privatisations rampantes se pose dans le pays. Cela fait une addition très importante, il n’y a plus rien qui fonctionne. Il y a des Français polarisés et un président de la République qui appelle à la rescousse les corps intermédiaires pour demander l’arrêt des violences après nous avoir mis de côté pendant dix ans, mais qui ne donne aucun débouché. Nous sommes en début de mandat et on nous prend 7 milliards d’euros pour rembourser les dettes du pays, de l’argent que l’on n’a plus comme le service public de proximité. Nous sommes la dernière digue et on nous prend encore des moyens !

    Vous avez parlé des revendications sur le pouvoir d’achat. Il y a le même niveau de vie à Grigny que dans ce secteur. Que pouvez-vous faire face à la misère ?

    P.R. : Grigny et Marseille sont les deux villes qui en France ont décidé de s’attaquer à la pauvreté. Nous sommes au XXIe siècle dans la sixième puissance mondiale et ce sont des collectivités locales qui aujourd’hui se disent qu’il faut faire de la rénovation urbaine de manière XXL, s’attaquer aux copropriétés dégradées. Le logement est le premier poste de dépense des Français, si le logement va mal, les familles vont mal. Même s’il y a aussi l’emploi, l’éducation, parce qu’inégalités sociales et scolaires se nourrissent mutuellement. Nous ne sommes pas dans le déni : ça s’appelle de la pauvreté. Elle touche d’abord nos enfants, deux tiers des enfants à Grigny. Ce sont les femmes aussi, les familles monoparentales. Quand on prend le sujet pour construire des politiques publiques, on s’aperçoit qu’il y a plein de choses qui dysfonctionnent. Quand la moitié de ceux qui pourraient toucher le minimum vieillesse ne le touchent pas chez nos anciens, notre monde est détraqué. Nous avons décidé courageusement d’apporter des réponses, d’interpeller l’État. Ce n’est pas simple. Il y a trois ans, je suis venu ici à Marseille pour voir comment vous faisiez votre stratégie pauvreté, avec Audrey Garino [alors adjointe PCF aux solidarités, Ndlr]. Il y a eu une expérimentation, territoire zéro non-recours aux droits. Cela commence à fonctionner, j’ai interpellé l’État pour que cela ne s’arrête pas à la fin de l’année, avec une tribune ce mardi dans Libération.

    J.-M.C. : Nous sommes dans un secteur où il y a beaucoup de solidarités, à l’échelle de la cité. Cela tient comme ça, par ces associations qui permettent cette solidarité, qui permettent de la dignité mais ne règlent pas les problèmes de fond de la pauvreté. Il y a de nombreuses préoccupations sur ce secteur, mais la question de pouvoir manger se pose tous les jours.

    P.R. : Nous allons reprendre les distributions et nous allons voir de nouveaux visages, des travailleurs, nos anciens qui après une vie de labeur vont faire la queue ! Il y a un gouvernement qui ne peut plus faire et un peuple qui n’en veut plus. Nous, les communes sommes au milieu de tout cela et nous devons faire face à ces défis, à la pauvreté, au changement climatique. On l’a vécu pour la première fois avec une telle importance cet été. Dans ce moment très complexe, nous avons un rôle particulier à jouer. Dans ma ville, j’ai les petits-déjeuners financés par l’État pour tous les enfants et heureusement. J’ai dû me battre. Pareil pour qu’ils paient moins cher les inscriptions sportives, je fais entre 0 et 75 euros et j’ai 2 000 inscrits de plus dans mes clubs, avec 40% de filles.

    J.-M.C. : En tant que maire de secteur, je suis l’oreille et le porte-voix des souffrances et des aspirations à vivre dignement. Le trait d’union entre les institutions, la mairie centrale, la Métropole, l’État… pour apporter des réponses et des solutions concrètes. Les élus de proximité sont en première ligne et on doit surmonter des paradoxes. Sur le logement, il en manque 70 000 à Marseille. Mais quand on vient nous en demander, on ne veut pas montrer l’impuissance de la politique. Il faut contraindre là où se décident les choses, là où sont les moyens. C’est ce que nous avons fait lors du dernier mandat, auprès de l’État qui pendant des décennies a complètement délaissé Marseille. Sans l’État, nous n’aurions pas pu répondre à l’incurie sur les écoles. On essaie de mener des politiques de proximité utiles, de lutter contre les inégalités en mettant des priorités. On construit des écoles prioritairement dans nos quartiers, là où rien n’a été fait pendant des années. Aujourd’hui, on ne peut pas avoir un État qui abandonne les collectivités, les étrangle, nous rend impuissants. C’est terrible.

    Justement, vous ouvrez des services publics, mais en même temps, les centres sociaux et missions locales perdent des subventions, les services publics de l’État ferment. Vous ne vous sentez pas impuissants ?

    P.R. : C’est la question qu’on se pose tous les matins. Quand on parlait de logement, on mettait cinq ans pour avoir un logement social quand j’ai été élu maire [en 2012, Ndlr]. Aujourd’hui, c’est dix ans. Mais il faut toujours avoir de l’espoir. Même sans espoir, la lutte est encore un espoir, comme disait Romain Rolland. On arrive à bouger des choses. Je dis souvent à mes interlocuteurs de l’État, si vous voulez réussir la République, vous devez réussir Grigny. Si on veut réussir la France, il faut réussir Marseille. Je ne comprends pas pourquoi la deuxième ville de France est dans cet état. Marseille est un mystère pour moi. Une telle capacité à faire rayonner la France, et cette situation hallucinante. Je suis venu à Marseille il y a dix ans pour le plan initiatives copropriétés lancé par Julien Denormandie, du temps de la rue d’Aubagne. J’ai signé la deuxième opération d’intérêt national de rénovation de copropriétés dégradées, pour 5 000 logements. J’y habite, je viens du quartier de la Grande Borne. Tous les ans je vais à Paris, on parle toujours de nos deux villes sur les copropriétés. Nous sommes à l’avant-garde des défis de notre nation. Mais sur le logement : on en est où sur l’encadrement des loyers ? C’est le 26 novembre que l’expérimentation s’arrête. 83% des Français sont favorables, la crise sociale en Europe est autour du logement et pour la première fois il a été créé une commission européenne au logement. Il faut un encadrement des loyers obligatoires dans les opérations de requalification des copropriétés d’intérêt national. À Grigny, les marchands de sommeil louent à 50 euros le mètre carré ! C’est une mesure contre la vie chère facile à mettre en œuvre et qui fonctionne.

    J.-M.C. : Un des facteurs de mobilisation, c’est aussi de revaloriser ces quartiers. Je suis frappé des initiatives des adolescents eux-mêmes qui au centre social de Campagne Lévêque prennent une caméra et font un film de 10-15 minutes pour montrer que cette jeunesse n’est pas celle qui est décrite, dont on doit avoir peur. Ils montrent que leur quartier, leur cité est belle, ils grandissent là-dedans. Ici, il y a autant de qualités, d’atouts, de talents qu’ailleurs. Cela accompagne les initiatives que l’on peut prendre en direction des autres collectivités, de l’État, pour rassembler, dire que l’on existe. Par ces discussions, on peut montrer comment trouver des solutions, expliquer qu’il y a une indécence à avoir autant d’inégalités, d’avoir autant de richesses dans ce pays qui ne participent pas à un vivre ensemble. Nous sommes avant une échéance importante, et peu en parlent. Le leitmotiv depuis des années c’est on va baisser les impôts, mais l’impôt c’est la redistribution des richesses ! Il faut une grande réforme de la fiscalité pour donner des moyens aux collectivités, pour que les missions régaliennes de l’État soient aussi respectées. Redonner confiance, valoriser, cela permet de relever la tête. Je suis frappé par les initiatives bénévoles des habitants pour nettoyer leur quartier, créer des jardins partagés et ils attendent de nous qu’on les soutienne, qu’on les accompagne. Ce sont des petites choses mais la dignité passe par là.

    Il y a une chape de plomb à briser avec cette image que l’on peut avoir des quartiers Nord à Marseille, où celles renvoyées
    par Tibo Inshape quand il patrouille avec la Bac à Grigny ?

    P.R. : Nous sommes confrontés à des narratifs et à des récits. Le récit français majoritaire sur les quartiers populaires donne un biais négatif. Ceux qui vivent les quartiers populaires connaissent leurs fragilités, leurs vulnérabilités, mais en même temps cette incroyable créativité, cette force de vie, cette solidarité, cette énergie épatante. Dans ce moment politique dans lequel nous sommes, à la veille d’une élection présidentielle extrêmement importante, je vois bien ce qui est raconté médiatiquement. Nous sommes les petits vilains canards de cette Nation. Soit on fait avec, soit on fait sans. C’est le grand choix qui sera posé dans cette élection présidentielle. Le sujet est un impensé aujourd’hui, comme celui des collectivités locales, comme celui de la pauvreté, y compris dans le milieu rural. Il ne faut pas jouer les fractures entre les ruraux et les urbains, de 15 à 20 millions de nos concitoyens vivent dans des territoires marqués par la pauvreté. Nous participons, avec les territoires ultra-marins, à une question de jeunesse. C’est l’avenir de cette jeunesse qui se joue. Certains voudraient la préférence nationale. C’est faire sécession. Qu’est-ce qui va se passer si le pire arrive dans six mois ? Quelles vont être les collectivités locales les plus touchées ? Aujourd’hui c’est simple de dézinguer une ville populaire sur les dotations, sur les crédits de la politique de la ville. Ce projet nauséabond de préférence nationale aura comme premières victimes les villes populaires, nous avons un intérêt majeur dans cette période. Je suis dans l’Association des villes de banlieue, nous avons fait notre séminaire de rentrée sur ce sujet-là, parce que nous avons extrêmement peur. Il ne faut pas être sidérés par cette peur, mais que cela nous permette de se mettre en mouvement, de prendre des initiatives. Les habitants des quartiers populaires contribuent à la richesse de ce pays, à l’identité de ce pays. Nous sommes un plus, et pas un moins, si ce n’est que nous partons avec un peu de retard. Mais nous sommes l’avant-garde de ce pays. Si on regarde d’un point de vue électoral, tous les spécialistes nous disent que les résultats du Nouveau front populaire c’est aussi une réaction des quartiers populaires qui se sont surmobilisés pour ne pas que le Rassemblement national gagne. On sait qu’il y aura un deuxième tour, et nous avons déjà l’identité d’une personne qui y sera. Moi je demande déjà à mes services de faire un plan B pour mon budget. Nous travaillons tous à nos budgets en ce moment. Nous nous serrons déjà la ceinture et nous ne savons pas comment nous allons faire, parce que notre boulot c’est le vivre ensemble, nous sommes des animateurs du vivre ensemble. Cela coûte, il y a des dépenses, ou plutôt des investissements, y compris dans l’humain. Nous allons construire nos budgets avec moins encore. Mais s’il y a une catastrophe au mois de mai, ils vont tout couper. Cela sera un autre mode de gestion. Qu’est-ce qui se passe si on nous enlève la dotation de solidarité urbaine ? Demain s’il y a un autre gouvernement, je ne suis pas sûr de l’avoir. Chez moi, c’est 18 millions d’euros. On voit le danger. Nous devons très rapidement prendre conscience que nous serions les premières victimes de ce régime s’il arrive au pouvoir.

    J.-M.C. : Notre rôle c’est de créer du liant entre les personnes. De montrer comment ces différences sont une richesse. Tout est fait pour opposer, diviser, le racisme est exacerbé. Aujourd’hui, on sait combien il y a de discriminations ici. J’ai rencontré ce matin une association qui permet l’accès au sport, à la nage, à 300 enfants de la Bricarde à la Castellane. Quand elle veut les amener dans un camping à l’extérieur, ils voient 13015 Marseille et ils disent : ce n’est pas notre public. Il y a ces discriminations, il y a aussi cette opposition cherchée entre les générations en plein mouvement lycéen, comme si on devait choisir entre les uns et les autres. Alors notre boulot c’est de créer du lien, apaiser les peurs, valoriser, sans mettre la poussière sous le tapis. On le sait que la pauvreté, l’absence de logement amènent à des dérives, que les trafics s’en nourrissent. Mais parlons de ceux qui se retroussent les manches. Je suis heureux qu’il y ait le projet de cité de cinéma à côté, c’est un des arts qui permet de montrer sans fards !

    P.R. : On a mille et une expériences de choses incroyables. Pour revenir au mouvement lycéen, il commence à Mayotte. Ils demandent de l’égalité. Il se poursuit à Créteil. Les lycées de banlieue arborent le drapeau bleu-blanc-rouge, c’est la première fois qu’il y a ça de cette manière-là. J’ai entendu La Marseillaise dans les défilés. Et très rapidement les grands lycées parisiens, de l’élite se sont mis en grève pour dire qu’ils ont tout, et se mobilisent pour ceux qui n’ont pas les mêmes chances. Quelle intelligence ! Il n’y a que notre monde adulte qui est stupide et nous fait courir un grand danger. Et dans les quartiers populaires il y a les petites choses de la vie qui nous changent. Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises de France a grandi à Grigny, il a commencé à la JC, il a terminé à HEC ! J’ai deux influenceurs, Golo et Ritchie qui cartonnent sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, un documentaire est fait avec eux sur la banlieue, il n’y a aucun policier, aucune violence. C’était le meilleur documentaire en nombre d’entrées de ces dix dernières années ! Nous sommes en train de gagner quelque chose.

  • Vers un transfert d’une partie du parc de 13 Habitat vers Erilia ?

    Vers un transfert d’une partie du parc de 13 Habitat vers Erilia ?

    Mention très bien pour Erilia. Lors de l’inauguration de la nouvelle agence rénovée du bailleur social ce lundi matin, au Cap Janet dans le 15e arrondissement de Marseille, les élus présents ont multiplié les commentaires élogieux. « Erilia est une garantie d’exigence dans la manière dont vous abordez et traitez vos locataires », assure ainsi Samia Ghali (DVG), maire adjointe de Marseille déléguée à la rénovation urbaine. Avec cette nouvelle agence, le bailleur, qui gère 18 454 logements dans la ville, souhaite améliorer les conditions de travail des employés et faire « de la proximité immédiate avec les locataires sa marque de fabrique », affirme le directeur général, Frédéric Lavergne.

    « Si nous avons des bailleurs qui tiennent la route, ce n’est pas toujours le cas » tranche la maire adjointe, avant d’ajouter souhaiter mener une démarche pour « voir Erilia récupérer une partie du patrimoine de 13 Habitat ». En juin 2025, le premier bailleur social du département avait été épinglé par un rapport de l’Agence nationale de contrôle des logements sociaux (Ancols) pour des dysfonctionnements structurels : conflit d’intérêts dans les commissions d’attribution, erreurs de gestion, absence de stratégie de réhabilitation… Il y a deux semaines, le siège du bailleur départemental a de nouveau été perquisitionné par l’Office central de lutte contre la corruption dans le cadre d’une enquête visant l’ancienne présidente, Nora Preziosi, suspectée d’avoir favorisé sa mère dans l’attribution d’un logement social.

    « C’est très, très grave ce qui se passe dans plusieurs copropriétés, ils abandonnent complètement les locataires à leur sort », dénonce Jean-Marc Coppola, maire (PCF) des 15e et 16e arrondissements, qui soutient la démarche de Samia Ghali.

    Également présent à la cérémonie, le vice-président du Conseil départemental (DVD), Denis Rossi, affirme « partager le constat » de la maire adjointe. Celui qui a été nommé vice-président de 13 Habitat en juillet 2026, concède pourtant qu’il est nécessaire de « mener une réflexion sur la possibilité de rétrocéder une partie du parc immobilier de 13 Habitat ».

    Accélérer les rénovations et la construction

    Les discours des différents intervenants se rejoignent tous sur deux points : la nécessité d’accélérer la rénovation des copropriétés dégradées du nord de la ville et la construction de nouveaux logements sociaux, alors que 50 000 Marseillais sont dans l’attente d’un logement social. « Vous êtes un acteur engagé dans la construction, vous ne devez pas lever le pied » lance Guillaume Quénet, préfet délégué pour l’égalité des chances des Bouches-du-Rhône, au directeur général d’Erilia.

    Entre 2026 et 2030, le bailleur investira près de 200 millions d’euros à Marseille dans le cadre du programme de l’ANRU. Une part importante ciblera le secteur de l’agence Nord-Littoral, dont 15,61 millions d’euros pour réhabiliter les 276 logements de la résidence Cap Janet, située à quelques mètres de la nouvelle antenne.

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Un final historique pourles danses urbaines à l’opéra

    [La Marseillaise Breaking Cup] Un final historique pourles danses urbaines à l’opéra

    Gravures, hauts plafonds et marbre contre pantalons larges, musiques rythmées et casquettes à l’envers. Deux mondes aux antipodes se découvraient, ce dimanche après-midi, à l’occasion de la 5e saison de La Marseillaise Breaking Cup. Le hip-hop faisait sa première entrée à l’opéra, avec une compétition de breakdance sur la scène principale de ce prestigieux lieu du centre-ville de Marseille.

    Les principaux concernés par cette venue exceptionnelle et inédite, c’étaient les danseurs eux-mêmes. Sorti des qualifications, comme bon nombre de ses camarades, Izzy était impatient de monter sur les planches. Habillé de la tête aux pieds par la marque aux trois bandes, le jeune homme se disait « excité et très content. J’aime beaucoup l’opéra, c’est très beau et c’est très différent des endroits dans lesquels on a l’habitude de danser ».

    En effet, leur terrain de jeu d’une journée est majestueux. Des hautes colonnes, du marbre partout, des balcons offrant une vue panoramique, jamais le hip-hop n’était entré dans une dimension pareille. Pour animer et faire vivre l’après-midi, les MCs Kmeleon, lunettes pailletées sur le nez, et Tony Badman, veste vert kaki et barbe bien taillée, ont pris le micro. L’ambiance était posée, la salle s’était remplie à vue d’œil, il n’y avait plus qu’à démarrer les phases finales.

    Salle comble et danseurs ravis de la compétition

    Les jurés, tous avec une haute renommée dans leur discipline, sont aussi entrés en scène avec une démonstration chacun. Les huitièmes de finalistes zyeutaient au bout de la coulisse pour observer les cadors de leur discipline. Le programme était forcément important avec ces nombreuses battles, mais les deux MCs, en plus d’instaurer un environnement jovial, enchaînaient rapidement pour assurer une après-midi dynamique.

    Le planning se déroulait progressivement et les danseurs étaient peu à peu éliminés. Certains sont allés prendre l’air, pour s’évader de cette salle chauffée, dans les deux sens du terme. Aline, elle, s’est hissée dans le dernier carré. Avant son dernier passage, elle se disait « focus, je me concentre sur moi et sur la musique ». Polo blanc, pantalon ample et chapeau couleur ambre, la jeune femme adepte du popping racontait que « les styles vestimentaires pouvaient être spécifiques par discipline, mais maintenant tout le monde s’habille librement et a son propre style ». Lemzo était justement l’invité de la catégorie popping. Le Lillois a bien profité de l’événement. « C’est l’occasion de revoir beaucoup de connaissances, car on se connaît un peu tous. J’avais déjà dansé à l’opéra de Lille, c’est cool de voir que ça se répète dans d’autres villes. » Danseur depuis 2004, l’homme est un ami de Mofak et salue l’initiative. Il poursuit : « Ça permet de se découvrir mutuellement et c’est bien de pouvoir dire aux gens, “venez nous voir !“ » Leila fut la première danseuse à monter sur scène, dimanche après-midi. Elle s’est dite « reconnaissante » d’avoir pu vivre ça, alors qu’elle entrait à l’opéra pour la première fois. « C’était compliqué d’entrer dans le bain, car c’est un lieu magnifique. Le ressenti était étrange et la configuration a pu être difficile pour nous. Peut-être qu’il aurait fallu plus d’enceintes sur scène pour qu’on entende mieux la musique. » La prestation de Naestro, prodige du chant lyrique, a fait le trait d’union entre les deux univers, l’opéra et les danses urbaines. Rappelant que le bel canto est lui aussi profondément populaire.

    Sonya, « queen » du popping, faisait partie du jury. Venue de Seine-Saint-Denis, elle a apprécié les performances des uns et des autres, mettant en avant « la technique et la prise d’espace » des danseurs. Directeur artistique durant toute la Breaking Cup, Mofak a lui aussi apprécié de voir autant de monde à l’opéra. « Je suis content, il y a eu du monde dès le début, on a eu que des bons retours. »

    Il fut l’un des soutiens de l’événement, Jean-Marc Coppola, maire des 15/16, a eu cette phrase : « Nous cherchions une maison pour le hip-hop, je crois que nous l’avons trouvée ». En début de soirée, les danseurs ont quitté les lieux. La prochaine venue sera celle, début octobre, de Don Giovanni, l’opéra de Mozart. Aurait-il aimé le breaking ?

  • À L’Estaque, les familles sinistrées de Château Bovis dans l’impasse

    À L’Estaque, les familles sinistrées de Château Bovis dans l’impasse

    Du petit immeuble à coursières construit en 1880 par le négociant en bois Pépin Bovis et classé à l’inventaire général du patrimoine culturel il ne reste plus grand-chose. Locataires depuis des lustres de ces logements à loyers sociaux, les familles sinistrées se sont relogées dans des mobil-homes sur un terrain en contrebas mis à disposition par la Ville.

    La solidarité a joué dans le quartier, puis les familles ont rapidement investi dans des mobil-homes et les ont aménagés, essuyant encore les inondations de septembre. En un an, la vie s’est réorganisée dans ce mini-village provisoire. Mais les traumatismes restent vifs et l’avenir incertain. « J’en rêve encore la nuit », explique Anne-Marie Lacroix, 64 ans. Pourtant, venue habiter Château Bovis « à l’âge de 10 ans », elle souhaite comme les autres locataires « retourner vivre là où on a fait notre vie ». Une ombre sérieuse se dresse encore devant l’espoir de ces familles. Anne-Marie déplie une assignation datée du 1er juin à comparaître devant le tribunal judiciaire de Marseille le 4 mai 2027. Une requête de la SCI en vue d’une expulsion du logement sinistré d’où elle a été évacuée. Chaque locataire a reçu la même notification.

    « Les locataires ont déjà un contentieux judiciaire avec ce propriétaire. Nous avons contesté des factures d’eau faramineuses » précise Jennifer, sa fille, également locataire. Propriétaire depuis 2018, via la SCI Terrasse Bourguignon, Bruno Junes évoque un passif hérité de l’ancienne gestion. Il se dit « touché par la situation des sinistrés ». Mais l’entrepreneur cannois déplore « 80 000 euros d’impayés de charges et loyers ».

    Restitution des clés

    Il n’a pas cherché à organiser leur relogement retranché derrière l’article 1722 du Code civil qui stipule « Si, pendant la durée du bail, la chose louée est détruite en totalité par cas fortuit, le bail est résilié de plein droit ». Et il réclame aujourd’hui à tous ses locataires « de restituer les clés ».

    Les familles craignent que le propriétaire tire du sinistre un effet d’aubaine pour « se débarrasser de nous », lâche un des sinistrés. La tension est montée entre « certaines familles » et Bruno Junes, qui a déposé une plainte « pour menaces verbales et physiques ». Quant à l’avenir du bâti sur ce terrain à la vue splendide, « je n’ai aucune visibilité », explique-t-il, déplorant « la lenteur abjecte des assureurs et de l’administration ». Dans l’attente d’une solution pérenne, la Ville doit prolonger la convention d’occupation. « Pas question de les laisser tomber » assure Jean-Marc Coppola, maire PCF du secteur.

  • À l’Estaque, le public chauffé par la Tournée d’été La Marseillaise

    À l’Estaque, le public chauffé par la Tournée d’été La Marseillaise

    Jusqu’à minuit ils ont chanté et dansé le temps d’un concert gratuit face à la mer, ponctué de morceaux mythiques des 80’s. Venus en famille, entre amis, avec ou sans les transats et la canne à pêche, ils étaient une centaine à avoir participé à la fête ce lundi.

    Des cadeaux à gagner en imitant la cigale ou en répondant à un quiz. Zora et Akima n’ont pas hésité à lâcher leur pizza pour s’amuser. C’était comme une petite prolongation de l’été marseillais qui s’est jouée à l’Estaque.

    Festive et populaire

    « Ravis » d’accueillir les équipes et les artistes de la tournée, le maire du secteur, Jean-Marc Coppola ( PCF) et quelques-unes de ses élues étaient également de la partie. Il a salué « un événement gratuit pour le quartier et tous ceux qui ne partent pas en vacances. Cela montre que l’on peut être un journal d’informations sérieux et savoir divertir ».

    La Tournée d’été La Marseillaise poursuit son périple au mois d’août. Nouvelle halte à Martigues, le 12 août, pour faire place à Sabotaaage, MagicQueen, et DJ Bobzilla. C’est au Parc de Font Obscure à Marseille le 28 août qu’elle soufflera ses dernières parenthèses musicales et festives avec sur scène cette fois, Sabotaaage, Get the Beatles Back qui propose un tribute des tubes des quatre garçons dans le vent, et DJ Bobzilla pour une clôture tout en mix et allégresse.

  • Les victimes de l’incendie de l’Estaque déterminées

    Les victimes de l’incendie de l’Estaque déterminées

    « Un an déjà que l’incendie du 8 juillet 2025 a ravagé nos vies, nos foyers, notre quartier et nos repères. Un an que des dizaines de familles se battent. » Les habitants des hauts de l’Estaque sont venus en nombre assister ce mercredi 8 juillet au point presse organisé par l’association des victimes de l’incendie. Avec émotion et colère, sa présidente, Mathilde Favier, dénonce « le manque de suivi et de prise au sérieux de la détresse des sinistrés par les autorités compétentes. » Une situation « intenable, humainement, psychologiquement, financièrement. »

    Et de revenir sur « ce qui s’est passé ce jour-là. » Pour avoir des réponses, l’association a demandé à la préfecture, par le biais de son avocate dès le 7 septembre, de lui remettre l’ensemble des documents concernant les opérations de secours. Sans succès, malgré l’« avis favorable de la Commission d’accès aux documents administratifs en février 2026 » rappelle Mathilde Favier. Le tribunal administratif a été saisi.

    La Ville en soutien

    Une centaine de plaintes ont été déposées, « on ne sait pas ce qu’elles sont devenues », affirme-t-elle. L’association réclame la mise en place d’un comité local d’aide aux victimes (CLAV) et dit avoir rencontré la Ville.

    Autre point noir, l’attitude des assurances. Un « système opaque » selon la présidente de l’association, au point que des expertises doivent encore avoir lieu pour certains en août. Elle demande la prolongation des relogements quand plus des trois quarts des sinistrés n’ont pu entamer de reconstruction de leurs maisons, assure-t-elle.

    Contactée, la préfecture n’a pu nous répondre. De son côté, la Ville, « aux côtés des sinistrés », confirme la tenue d’une réunion le 30 juin, avec Samia Ghali, maire adjointe (DVG) et Jean-Marc Coppola, maire PCF des 15-16, qui « a permis de faire le point sur les dossiers encore en souffrance. » Sur le CLAV, les deux élus ont rappelé qu’ils avaient écrit, comme le maire, au préfet pour qu’il le mette en place. Pour la Ville, « cette instance est la plus adaptée » mais si « l’État n’exerce pas pleinement et rapidement ses responsabilités, le maire de Marseille convoquera, en septembre, une réunion à l’Hôtel de Ville » avec l’ensemble des acteurs.

  • À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    « Résister face à la pédagogie du renoncement et s’assurer que les lumières ne s’éteignent pas dans l’esprit de nos jeunes » : telle est l’une des contributions majeures de l’éducation populaire, selon Jean-Marc Coppola, maire (PCF) des 15e et 16e arrondissements. L’élu est venu à la rencontre des acteurs associatifs du secteur, mardi matin, à l’occasion d’une réunion organisée par sa mairie. « L’éducation populaire est essentielle pour notre société. C’est un levier essentiel pour la démocratie, l’émancipation humaine, la citoyenneté et la transformation de la société, a-t-il poursuivi. Cette rencontre de nouvelle mandature doit permettre d’échanger nos expériences, mais surtout de construire ensemble des projets. Une association isolée peut faire de grandes choses, mais associée aux autres, elle peut se rendre beaucoup plus efficace. »

    C’était l’ambition de ce premier temps d’échanges entre associations, organisé à l’initiative de Lyèce Choulak, conseiller municipal délégué à l’éducation populaire et aux vacances pour tous dans les 15-16. « C’est l’occasion de rassembler toutes les forces vives de l’éducation populaire dans les 15-16, parmi lesquels on compte les associations de proximité et les centres sociaux, bien sûr. Mais aussi les institutions (Métropole, État) et les bailleurs, détaille-t-il. Je voudrais qu’on puisse aboutir sur un projet commun qui défende l’intérêt collectif ».

    Pour soutenir la démarche, Hassan Guenfici, adjoint au maire délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire, était présent pour représenter la mairie centrale.

    Un budget pour l’enfance ?

    Les difficultés financières des collectivités, limitant le niveau des subventions accordées aux différentes structures, n’ont pas manqué d’être évoquées. Dans ce contexte budgétaire serré, une idée a tout de même émergé : investir avantage dans l’enfance. « L’enfant pauvre des cités est souvent le secteur de l’enfance, note Nicolas Rett, directeur du centre social de la Bricarde (15e). C’est très difficile de déployer des actions, parce que nos moyens sont très limités. Il y a pas mal d’espaces jeunes sur le territoire, ce qui nous permet de capter les jeunes à partir de 11-12 ans. Mais les 5-10 ans qui ne sont pas inscrits au foot ou à l’aide au devoir, ce sont eux qui sont un peu à la rue entre 17h et 19h. Ça les rend vulnérables, notamment aux réseaux [de trafic de drogue] ».

    « La question de la protection de l’enfance et de l’accueil des mineurs est sur la table, le travail est entamé », a assuré Hassan Guenfici. Jean-Marc Coppola ajoute : « La Ville fait son possible, mais ne pourra pas se substituer à tout le monde. Les échéances électorales de l’an prochain doivent être l’occasion de décider dans quel type de société nous souhaitons vivre. »

  • Tranquillité publique : la préfète de police fait dans la dentelle

    Tranquillité publique : la préfète de police fait dans la dentelle

    « Si vous saviez ce radar, j’ai bataillé ! Mais on l’a eu, j’en avais marre de faire des massages [cardiaques] à des enfants. » Intarissable, Anissa Cheurfa, présidente du comité d’intérêt de quartier (CIQ) de la Viste, emmène cet après-midi-là la préfète de police déléguée, Corinne Simon, son directeur adjoint, Pierre Gilardeau et le commandant Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, pour une visite express de la Viste (15e). Objectif : « devancer les difficultés avant qu’elles arrivent », en matière de sécurité publique résume la préfète, qui souhaite prendre le temps d’écouter les habitants, au plus près de leurs préoccupations. « C’est vous qui savez ce qui se passe, quelles sont les problématiques », martèle-t-elle, rappelant que le répressif va avec le préventif.

    Avoir des magasins utiles

    Du parc Brégante au collège Jean Moulin, le long de l’avenue de la Viste, le noyau villageois représente 6 800 habitants nous explique Anissa. « Deux mondes », avec celui des cités, qui coexistent tant bien que mal. Délinquance, stationnement anarchique qui empêche le ramassage des poubelles, potelets arrachés, tags… Les troubles à la tranquillité publique sont nombreux. « On subit de grosses bagarres depuis ce week-end avec 20 à 25 personnes qui se frappent, au niveau du 68 et 75, jusqu’à 2h du matin, trois policiers de la Bac sont venus pour désamorcer mais c’est récurrent l’été », raconte Jean-Marc, un riverain. En cause visiblement, la boisson qui échauffe les esprits. « Il faudrait peut-être plus contrôler les terrasses », propose-t-il tandis que le directeur adjoint note scrupuleusement.

    D’une manière générale, les habitants regrettent le temps où l’avenue était commerçante. La Poste a fermé, les magasins ont tiré petit à petit le rideau, sous l’effet de l’insécurité assurent-ils. Ils imaginent bien le retour d’une « boucherie, une papeterie, je vais chercher le journal à l’Estaque », se désole Anissa. Snack et chichas, « c’est bon on en a assez, on veut des magasins utiles », complète Jean-Marc. La chargée de mission au centre social Del Rio, point sensible du quartier, est venue aussi témoigner d’une certaine amélioration. « Chaque fois qu’on appelle on est entendu », se félicite-t-elle précisant qu’un tournoi de foot avec enfants et policiers doit avoir lieu le samedi.

    Un radar efficace

    Sur l’étroit trottoir de l’avenue de la Viste, entre trous dans le bitume et bacs à poubelles, Anissa tient également à montrer le fameux radar dont elle a demandé l’installation pour limiter la vitesse à 30 kilomètres heure sur cet axe très passant. Et c’est efficace avec une diminution du nombre d’accidents note le commandant Roux. De 5 dont un mortel en 2025 sur les six premiers mois de l’année avant le radar, « nous sommes passés à 2 blessés légers dont un piéton », indique-t-il.

    Poursuivant son cheminement, la petite troupe passe devant la piste pédagogique routière, abandonnée depuis des années, dont on devine les panneaux dans les herbes folles. « Dites-lui à Samia Ghali et aussi au maire de secteur Jean-Marc Coppola, qu’il faut faire quelque chose », nous intime Anissa. Au bout de l’impasse, tout à côté des 30 parcelles du jardin partagé, le belvédère offre une vue imprenable sur la rade marseillaise, surplombant les grandes lettres « Marseille » devenues emblématiques. Un tableau gâché par les multiples canettes de bière en verre au sol, et une bouteille de protoxyde d’azote. « C’est là que les gens viennent le soir consommer de l’alcool, de la drogue et deviennent agressifs », dénonce Jean-Marc. « Bon les jeunes, il faut aussi savoir leur parler », tempère Anissa.

    Même si, côté point de deal, les opérations policières se multiplient avance le commandant Roux, 31 depuis le début de l’année, autant que toute l’année dernière réunie, les prises passant de 46 kg d’herbe de cannabis en 2024 à 2 kg en 2025. « Parce que vous nous avez alertés, on a mis les moyens », rappelle-t-il. Pierre Gilardeau a de son côté noirci deux pages de carnet. CIQ, collectifs sont une source précieuse pour agir de manière coordonnée avec les autres acteurs concernés comme les collectivités estime la préfète. « On a cette capacité à mettre tout le monde autour de la table », insiste Corinne Simon qui veut faire du « cousu main ». Quand parfois changer le sens d’une rue ou mettre un banc résout le problème…

  • Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes ont rendez-vous avec les urnes dans chacune de leur section jusqu’à ce dimanche.

    Objectif choisir le texte qui deviendra la base commune de discussion de l’ensemble des adhérents durant les congrès de section les 13 et 14 juin, puis départementaux les 19, 20 et 21 juin et enfin le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet.

    Quatre textes sont soumis au choix des communistes. Il y a d’abord le projet de base commune adopté à 77% par le conseil national, intitulé « Un communisme de conquêtes » que le secrétaire national Fabien Roussel soutient de même que les porte-parole Léon Deffontaines ou Ian Brossat.

    Les statuts du PCF prévoient que si ce projet ne convient pas à au moins 300 adhérents répartis dans plusieurs fédérations, il est possible de présenter des textes alternatifs.

    C’est le cas de « communistes à l’offensive », un texte soutenu notamment par la députée Elsa Faucillon ou dans notre région les élus Pierre Dharréville, Jean-Marc Coppola ou Audrey Garino.

    Débat pluraliste mais pas de tendances

    Mais aussi du texte « Stratégie communiste » signé par plusieurs jeunes responsables départementaux dont Fanny Chartier, secrétaire à l’organisation de la fédération de Paris.

    Et enfin le texte « Résister et construire, une nouvelle page du communisme », signé notamment par plusieurs membres de la commission économique du PCF dont Frédéric Boccara.

    En débat entre les différentes orientations proposées : la question de la présidentielle et des législatives à venir mais aussi la notion de socialisme.

    Les textes sont disponibles en totalité et en résumé sur le site congres2026.pcf.fr

    Selon les règles de fonctionnement du PCF qui prévoient un débat pluraliste mais rejette le fonctionnement en tendances propre aux organisations social-démocrates, c’est le texte qui recueillera le plus de voix qui deviendra ensuite celui de l’ensemble des communistes.

    Seuls les adhérents à jour de leurs cotisations sont susceptibles de prendre part au vote.

    Les communistes auront ensuite la charge de l’amender pour l’améliorer et en faire un texte qui les rassemble le plus possible.

  • [Exclusif] Pollution aux Riaux : l’État savait depuis un an

    [Exclusif] Pollution aux Riaux : l’État savait depuis un an

    Pour la mairie de secteur, l’alerte est tombée inopinément à la fin du mois d’avril, lorsque l’Agence régionale de santé (ARS) a demandé à publier sur son site internet un message pour informer les habitants des risques de pollution. « Dans le cadre de la mise en sécurité du site de la société Recylex, en liquidation judiciaire, une pollution aux dioxines et furanes a récemment été découverte sur le terrain », expliquent l’ARS et la préfecture dans une communication conjointe à destination des riverains. Et d’annoncer la réalisation de prélèvements dans le voisinage de ces 80 hectares de friches situées sur les hauteurs des Riaux, dans le 16e arrondissement de Marseille.

    « Cela a créé un petit affolement pour l’école de l’Estaque », reconnaît le maire (PCF) du secteur, Jean-Marc Coppola, même si finalement l’établissement n’est pas dans le périmètre des prélèvements préconisés. Certes, la pollution n’est pas un sujet nouveau pour les riverains de ces sites industriels exploités en continu de 1883 à 2001 pour produire sulfate de soude puis plomb avant de traiter les minerais de cobalt et aurifères. L’alerte avait ainsi été déjà donnée aux habitants sur la présence de plomb et d’arsenic. « Ceux qui ont connu l’exploitation des usines ont déjà eu des analyses il y a quinze ans, explique Jean-Marc Donjon, le président du comité d’intérêt de quartier (CIQ) des Riaux. Mais les nouveaux Estaquéens découvrent le sujet. Ils ont été surpris de cette communication abrupte de l’ARS. »

    Un chantier jusqu’en 2027

    Les analyses qui ont décelé la présence de ces nouveaux polluants avaient pourtant été réalisées en novembre 2024, et leurs résultats transmis à la Direction régionale de l’environnement (Dreal) début 2025. C’est une expertise rendue en novembre 2023 suite à la liquidation en 2021 de l’entreprise propriétaire du site Recylex (ex-Metaleurop) qui a sonné l’alerte. Au moment de recenser les travaux de dépollution restant à réaliser, elle relevait qu’il n’existait aucune donnée concernant les concentrations en dioxines et furanes dans les sols. Classés parmi la « sale douzaine » des polluants organiques persistants, ces composés chimiques peuvent endommager le système immunitaire et provoquer des cancers, explique l’Organisation mondiale de la santé. Et les services de l’État, dès 2008, avaient exigé de Recylex que ces analyses soient effectuées. « Les investigations, réalisées en novembre 2024, ont permis de mettre en évidence des concentrations significatives de dioxines et furanes sur l’ensemble de l’emprise investiguée, relate le rapport d’une inspection réalisée le 20 juin. Au vu de l’historique de la zone et de la présence d’une zone résidentielle à proximité du site, il est fort probable que de tels polluants soient présents aux abords. » Un an et demi après, l’ARS recommande aux habitants de se laver soigneusement les mains après avoir joué ou travaillé en extérieur, de passer la serpillière plutôt que le balai, d’éviter de consommer œufs, fruits et légumes du jardin.

    « Il faut qu’on dissipe le caractère anxiogène du message pour ceux qui le découvrent », rassure Jean-Marc Coppola, qui a réuni ARS et préfecture après avoir été informé. Une rencontre qui a débouché sur l’organisation d’une réunion publique d’information ce jeudi au centre municipal d’animation Estaque-Riaux afin de faciliter le travail de prélèvements auprès des habitants. Et connaître, enfin, les conséquences de cette pollution, alors que la mise en sécurité du site, initialement prévue pour 2002 avec une enveloppe de 40 millions d’euros, reste encore inachevée. Poussant la préfecture le 9 septembre dernier à mettre en demeure le liquidateur judiciaire, en lui ordonnant de finir les travaux d’ici au 30 octobre 2027.