Tag: investissements

  • La plaine sportive de Rousset enrichie de deux nouveaux terrains de padel couverts

    La plaine sportive de Rousset enrichie de deux nouveaux terrains de padel couverts

    «Être maire est un engagement de chaque instant », a estimé Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, lors de l’inauguration des deux nouveaux équipements sportifs sur l’avenue Robert-Bienvenu, en présence du maire, Philipe Pignon (LDVC). Une cérémonie marquant l’engagement de la collectivité « aux côtés des élus de proximité pour les accompagner dans leurs projets au service des habitants de leur commune ».

    « Transition écologique, amélioration du cadre de vie… Le Département des Bouches-du-Rhône est, plus que jamais, le partenaire de confiance des maires au quotidien », a insisté la présidente, rappelant que la collectivité a contribué à hauteur de 300 000 euros à ce projet. Depuis 2015, plus de 2,2 millions d’euros ont ainsi été investis pour soutenir le développement du padel en Provence.

    Plus globalement, ces 11 millions d’euros ont été engagés par la collectivité depuis le début du mandat de Martine Vassal, pour soutenir la commune de Rousset. Modernisation de la cantine scolaire, construction d’une nouvelle usine de filtration d’eau potable, réalisation du complexe sportif communal… Le Département des Bouches-du-Rhône accompagne Rousset dans la mise en œuvre de projets structurants.

    Une dynamique amenée à se poursuivre

    Une dynamique qui doit se poursuivre, annonce le Département, « avec de nouveaux financements dédiés à la restauration d’équipement municipaux, à des opérations de sécurité routière et de transition écologique, ainsi qu’à l’acquisition d’équipements pour la police municipale ». Martine Vassal entend ainsi conforter la place du Département comme « premier partenaire des communes ». Malgré les contraintes budgétaires imposées par l’État, le Département maintient « son cap », avec près de 100 millions d’euros mobilisés chaque année pour accompagner les projets de proximité portés par les maires des Bouches-du-Rhône.

    À l’approche des élections départementales en 2028, cet engagement revêt également une dimension politique. Après avoir perdu la confiance d’une partie des électeurs marseillais lors des dernières municipales, avec environ 5% des voix au 2d tour, ainsi que la présidence de la Métropole, Martine Vassal entend conforter sa position à la tête du conseil départemental.

  • La nappe phréatique de La Crau atteint des niveaux records

    La nappe phréatique de La Crau atteint des niveaux records

    En Crau, la nappe phréatique n’a rien de classique. Son alimentation est majoritairement d’origine artificielle : c’est l’irrigation traditionnelle des prairies de foin de Crau qui assure 70% de la recharge. La pluie complète cet apport principal. Ses fluctuations sont donc à rebours de celles des autres nappes méditerranéennes : les hautes eaux s’étendent sur la saison estivale, les agriculteurs submergeant les prés de mars à septembre, et les basses eaux marquent l’hiver. Mais, cette année, la météo exceptionnelle change la donne.

    Début mai, l’état quantitatif de la nappe est très satisfaisant, de nouvelles précipitations étant venues en mars s’ajouter aux pluies importantes de l’hiver. Les niveaux se situent partout au-dessus de la moyenne avec des records relevés dans le sillon d’Arles. « Ce qui est exceptionnel, c’est de passer d’une année extrêmement basse à une année haute à très haute, souligne Charlotte Alcazar, directrice générale du Symcrau, le syndicat qui assure la gestion de la nappe. Ces derniers mois, la pluie a été telle que le niveau a monté en hiver, alors que c’est habituellement une période où il descend. »

    Réduire la dépendance

    à la Durance

    Désormais, les irrigants doivent prendre le relais. « On a eu des tours d’eau qui ont été sautés au début du printemps, mais la nappe, qui devait être dans des niveaux de basses eaux, est plus haute, donc quelque part, ça se compense largement, poursuit Charlotte Alcazar. Après, en Crau, il faut toujours avoir un œil en Durance et pour le coup, elle a un enneigement plutôt moyen voire déficitaire. Donc ce n’est quand même pas une saison d’irrigation assurée à 100%, même si on n’est pas dans une crainte majeure. »

    La nappe vit sous perfusion de la Durance depuis quatre siècles. Une réflexion est donc engagée pour réduire cette dépendance. « C’est un objectif de long terme qui est nécessaire dans un contexte de changement climatique, il faut travailler au long cours pour avoir une meilleure efficience du transfert d’eau avec des canaux mieux entretenus, régulés, avec de meilleurs rendements, détaille Charlotte Alcazar. Et puis, c’est aussi adopter une politique de sobriété sur nos usages en Crau. »

    La directrice du Symcrau note : « Le schéma départemental d’hydraulique agricole montre qu’à l’échelle des Bouches-du-Rhône, l’effort à consentir sur les travaux représenterait dix fois l’investissement que la puissance publique et les canaux mettent en œuvre, à l’heure actuelle. Dans un contexte de tension budgétaire des collectivités au sens large, même s’il y a une mobilisation politique, les choses devront être échelonnées dans le temps, parce que ce sont des investissements colossaux. »

  • [Parole de maire] Séverine Dellanegra (Saint-Martin-de-Crau) : « Permettre aux citoyens saint-martinois de s’exprimer »

    [Parole de maire] Séverine Dellanegra (Saint-Martin-de-Crau) : « Permettre aux citoyens saint-martinois de s’exprimer »

    Réélue en mars avec 64,88% des voix au premier tour, la maire de Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône), Séverine Dellanegra, a fait adopter un budget qu’elle qualifie de « prudent » mais « ambitieux ». La maire, qui s’était portée candidate à la présidence de la communauté d’agglo Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM) critique la gouvernance du président, le maire d’Arles Patrick de Carolis, et réclame un « pacte ».

    La Marseillaise : Le 7 avril,
    vous vous êtes présentée
    face à Patrick de Carolis à la présidence de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM) et avait perdu d’une seule voix. Pourquoi cette candidature ?

    Séverine Dellanegra : J’ai été première vice-présidente de l’ACCM de décembre 2024 à avril 2026 sous son mandat précédent. Ce que j’ai pu constater durant ces 15 mois c’est que le fonctionnement de cette agglomération manquait pour moi de structuration en matière de gouvernance notamment politique. Mais aussi de transparence, de collaboration, au moment des réflexions mais surtout des décisions prises sur les projets pour notre agglomération et les six communes qui la structurent. Je ne me suis, par exemple, pas du tout sentie intégrée dans le processus de construction du budget 2026. J’en ai fait part à Patrick de Carolis, dès l’entre-deux-tours des élections municipales, en lui disant que j’aimerais que cela puisse changer notamment par l’élaboration d’un pacte de gouvernance. De la manière dont on voyait le paysage politique se dessiner au sein de notre agglomération, il me semblait nécessaire de pouvoir parler en amont de cette élection du président pour savoir comment on allait fonctionner avec des exécutifs municipaux aux différentes étiquettes politiques. Je me suis présentée pour défendre une vision et pas contre la personne de Patrick de Carolis. Je dois avouer que je ne pensais pas que la punition serait celle que nous avons vécue. La commune de Saint-Martin-de-Crau ne bénéficie d’aucune vice-présidence, on nous a sortis de l’exécutif communautaire et finalement on nous associe aujourd’hui à une opposition !

    Patrick de Carolis dit vous avoir proposé quatre vice-présidences…

    S.D. : Il est vrai mais, pour ma part, je ne pouvais pas les accepter. Avoir quatre vice-présidences si c’est pour travailler comme nous avions travaillé l’année et demie qui a précédé, ça ne servait à rien.

    Mardi 28 avril, sur 44 conseillers communautaires votants, 22 se sont abstenus, dont vous, lors
    du vote du budget de l’ACCM.
    Qu’est-ce que cela signifie
     ?

    S.D. : Nous avons envoyé un signal car nous aurions pu tout bloquer. Les délibérations précédentes concernaient le compte financier unique, donc les anciens comptes administratifs 2025. Comme le président ne vote pas à cette occasion, nos 22 voix auraient pu faire capoter le vote sans lequel les budgets 2026 n’auraient pu être présentés. Donc malgré tout, on n’a pas voulu bloquer ce budget même si nous souhaitons plus de transparence notamment sur les choix budgétaires en direction des différentes communes. On ne veut pas être mis de côté, nous, Saint-Martinois. Mais, attention : s’il n’y a pas clairement des améliorations sur la manière dont on travaille, on pourra demain, s’il le faut, s’opposer à certaines décisions si elles sont prises de manière unilatérale.

    Vous réclamez toujours ce pacte de gouvernance ?

    S.D. : Absolument, il doit être formalisé au plus tôt. Faire des grandes déclarations en disant qu’on va aller vers un apaisement, qu’on va construire tous ensemble, qu’il n’y aura pas de communes laissées-pour-compte, c’est très bien mais c’est encore mieux de l’écrire et de s’y tenir.

    Lors de la campagne municipale, vous disiez que la commune
    de Saint-Martin-de-Crau devait continuer à «
     investir pour améliorer ses services publics, son environnement, sa qualité
    de vie
     ». Comment le budget peut y parvenir ?

    S.D. : Ce budget 2026 est dans la droite ligne de ce que nous avions annoncé aux Saint-Martinois dès l’élection de 2024 et lors du vote du budget. Nous souhaitions que 2025 soit une année de transition, de sécurisation, de reconstruction. Ce à quoi nous sommes parvenus et nous en sommes ravis. Le vote du compte administratif le démontre. Nous avons pu dégager des excédents, une capacité d’autofinancement et ce budget 2026 nous permet déjà de relancer l’investissement sur la commune.

    Nous avons une grande richesse à Saint-Martin-de-Crau avec énormément d’infrastructures et de bâtiments communaux qui n’ont pas été clairement entretenus via des investissements réguliers au cours des dernières années. Il y a un vrai travail à mener et nous avons choisi de le faire dès cette année avec le grand plan école. Tous les groupes scolaires seront rénovés au niveau de l’isolation thermique et également pour certains, des menuiseries, des mises aux normes, notamment pour les personnes à mobilité réduite. Il y aura de la climatisation dans des pièces qui n’en disposaient pas. C’est un investissement de plus de 5 millions d’euros. D’autres bâtiments sportifs et d’accueil du public bénéficieront également d’investissements.

    Tout cela est inscrit au sein d’un plan pluriannuel de trois ans, pour avoir une vraie vision et conduire Saint-Martin-de-Crau vers un avenir ambitieux avec l’assurance de pouvoir mener les projets à bien. Nous sommes, comme toute collectivité locale aujourd’hui, très prudents car nos marges de manœuvre pourraient se réduire notamment par une baisse des dotations de l’État.

    Les habitants vous sollicitent-ils sur certains dossiers depuis votre réélection ?

    S.D. : Il y a une notion qui nous tient particulièrement à cœur et qu’on n’a pas eu le temps de mettre en œuvre véritablement au cours du précédent mandat, c’est la participation citoyenne. Au sein de notre équipe nous avons la conviction d’avoir été élus avec un but simple : être au service des usagers, des administrés. C’est pour eux que nous prenons des décisions, pas pour nous. L’idée, c’est vraiment de déployer des instances, des actions qui vont permettre aux citoyens saint-martinois de s’exprimer, de choisir, en tout cas d’être une aide à la décision. La défense de notre identité saint-martinoise nous tient aussi à cœur Au-delà de la culture et des traditions provençales, nous avons une position très marquée sur ce qui pourrait venir abîmer l’identité de notre commune, son patrimoine, ses paysages, son monde rural. Je parle clairement des gros dossiers que sont la ligne aérienne très haute tension (THT) et le contournement autoroutier d’Arles. Nous sommes très vigilants sur ces sujets et sur la manière dont ils vont avancer.

    Entretien réalisé par Laureen Piddiu

  • Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Le choix des services publics via une hausse de la taxe foncière de la Métropole de Montpellier

    Responsable, juste et protecteur » pour les uns. « Trahissant la parole donnée aux électeurs » pour les autres. Voté mardi 28 avril, le budget 2026 de la Métropole de Montpellier n’a pas fini de faire parler. Pas tant pour son montant (1,7 milliard d’euros) dont 1,26 milliard de dépenses réelles parmi lesquelles des dépenses de personnel (173 millions d’euros ; +2,2%) « plutôt maîtrisées », convient le nouveau maire divers droite (DVD) de Grabels, Pascal Heymes. Pas davantage pour la charge de la dette (130 millions d’euros d’annuité) accrue en raison des 480 ME investis sur la 5e ligne de tramway. Ni même à cause d’investissements ramenés à un niveau jugé « plus soutenable » (371 ME au lieu de 450 ME et avant les 200 ME annoncés pour 2027).

    Non, ce qui a nourri les presque quatre heures de débat, c’est le choix du président Michaël Delafosse (PS), révélé la semaine dernière, d’activer le levier fiscal. Un « tournant », selon l’élu LFI de Montpellier, Antoine Bertrand. « Un mois après les municipales, c’est un déni de démocratie. Il fallait le dire pendant la campagne ! », reproche l’ancien bras droit de René Revol (LFI), battu à Grabels. S’il s’était engagé à ne pas toucher à la fiscalité à l’échelle communale, Michaël Delafosse n’avait rien promis au sujet de l’intercommunalité.

    Son choix surprise concerne uniquement la taxe sur le foncier bâti. Si les taux de la Contribution foncière des entreprises (36,58%), du foncier non bâti (5,69%), de la taxe d’habitation (12,8%), de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (14,62%) ou de la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et lutte contre les inondations (+50 euros décidés par l’État) restent stables, le taux de la taxe foncière explose, lui, de 0,167% à 5,8%. Pour les propriétaires, cela représente un surplus estimé entre 50 à 250 euros annuels en fonction des caractéristiques du logement.

    La droite vent debout

    C’est trop selon l’élu pro-Altrad, Salim Jawhari. « Ce n’est pas une stratégie, c’est un renoncement. On demande toujours l’effort aux mêmes, aux classes moyennes et aux entreprises qui auront une double peine fiscale. » Du côté des maires, la pilule ne passe pas à Castelnau-le-Lez où le nouveau maire Julien Miro (DVD) a choisi de « baisser de 20% cette taxe et de stopper les logements sociaux ». À Montferrier-sur-Lez, l’édile Frédéric Gueydan (DVD) ne cautionne pas davantage, de même que Guy Lauret (DVD) à Vendargues (DVD), Roger Caizergues (sans étiquette) à Lavérune ou encore Virginie Martos-Ferrara (DVD) à Villeneuve-lès-Maguelone. « C’est un effort trop brutal, trop rapide. » Avec à peine 25 votes contre et 9 abstentions sur 102, la hausse est toutefois validée.

    Si la plupart des élus s’y sont résolus, c’est en raison d’une situation financière délicate. « L’État a supprimé toutes les recettes dynamiques aux collectivités », déplore Christian Assaf (PS). L’État qui « ne s’attaque pas aux plus riches (ISF +211 milliards d’exonérations fiscales) et démantèle les services publics », fustige Hervé Martin (PCF). Un choix funeste refusé à Montpellier. « Nous ne vendrons pas nos médiathèques, nos crèches, nos piscines ou notre réseau des eaux », insiste le vice-président communiste.

    S’il consent que « personne ne paye l’impôt avec plaisir », l’écologiste Grégoire Delforge assure « qu’on peut y consentir s’il est transparent, juste, exemplaire et finance une part d’avenir ». C’est le cas selon le premier vice-président, Renaud Calvat (PS), qui promet que « chaque euro dépensé doit l’être utilement ». 350 millions d’euros iront aux mobilités douces (tramway 124 ME, bustram 8 ME, bus 6 ME…), 176 ME à la transition énergétique (déchets 128 ME), 140 ME à la voirie et à l’espace public (nettoiement 47 ME, entretien voirie 19 ME, espaces verts 9 ME, éclairage 5 ME….), 117 ME à la culture (subventions aux associations 20 ME, médiathèques 15 ME…) et au sport (subventions aux clubs sportifs 8,4 ME, piscines 11,7 ME). La solidarité (rénovation urbaine, aide aux communes) sera dotée de 90 ME (aides à la pierre 34 ME), le développement économique de 44 ME (filières 4,7 ME) ou encore la sécurité de 40 ME (Sdis 20,2 ME). Au total, 1 095 euros de dépenses de fonctionnement par habitant au lieu de 595 en moyenne ailleurs. « Nous faisons plus donc nous portons plus de charges, c’est un choix politique du service public », insiste Julie Frêche (PS). « Fermer des piscines, réduire la voirie, personne ne l’a proposé », observe Michaël Delafosse. « L’impôt ne fait jamais plaisir mais il permet de tenir sur la qualité de vie. »

  • Une laine de verre locale et plus verte à Isover

    Une laine de verre locale et plus verte à Isover

    Les trois grandes cheminées blanches et rouges surplombant Orange, qui dégagent de la fumée 24 heures sur 24, sont celles du fabricant de laine de verre Isover. Et celle-ci, portée sur la diminution de sa consommation d’énergie et la conception de produits moins polluants, a ouvert ses portes ce mardi 21 avril pour faire découvrir le processus de fabrication, mais aussi ses derniers investissements et innovations.

    Le site de fabrication de la cité des Princes, construit en 1972, a connu de nombreuses évolutions depuis sa création. Ce que le directeur du site, Gilles Pfingstag, guide pour l’après-midi, n’a pas manqué de faire remarquer après avoir expliqué que l’usine produit chaque année de quoi isoler 170 000 maisons. Une visite commencée par l’extérieur et le nouveau parc à calcin, c’est-à-dire les matériaux issus du verre. « On en avait deux, maintenant on en a onze. C’est un stock tampon », explique-t-il. Avec le Mont-Ventoux en arrière-plan, ces stocks sont d’immenses tas de sortes de sable marron et de différentes teintes de vert. « Chaque calcin a des propriétés chimiques différentes », pointe Quentin Hérault, ingénieur et responsable fusion composition du site.

    Recyclage sur place

    S’ensuit le vif du sujet, à savoir la transformation des petits granules en laine de verre. Au sein de l’usine de plusieurs dizaines d’hectares, le directeur monte au deuxième étage. Là, un four électrique dernière génération, construit en 2023, où la matière est déposée à l’aide d’un grand bras mécanique automatisé posé sur un rail, fait fondre des centaines de kilos de calcin 24 heures sur 24. « Ces fours ne supportent pas le refroidissement, donc on ne peut pas vraiment les éteindre de toute manière », explique Quentin Hérault. Puis la matière en fusion est acheminée dans un dédale de tuyaux vers ce que l’ingénieur appelle des « assiettes trouées ». Ces dispositifs, où la matière entre à environ 1 000 degrés, font tourner le verre qui sort à travers de petits trous en filaments. Ce sont ceux-ci qui, en s’entremêlant en couches multiples, donnent l’apparence que l’on connaît de la laine de verre. Un coup de découpe, d’emballage et de compression plus tard, et les rouleaux sont sur une palette, prêts à être envoyés. Le tout est supervisé par une équipe d’une demi-douzaine d’employés dans une grande salle avec une multitude d’écrans et de données en tout genre.

    La direction du site a souhaité mettre l’accent sur sa volonté de diminuer son impact environnemental, notamment avec l’aide d’une nouvelle génération d’isolation, Lanaé. Cette nouvelle laine de verre, de couleur crème, moins jaune que l’habituelle, devrait totalement remplacer l’ancienne génération « d’ici un ou deux ans », espère Gilles Pfingstag. Le liant, qui permet aux fibres de rester collées entre elles, est biosourcé. Est aussi mise en avant la « technologie Oxymelt », à savoir le processus qui permet de recycler sur place la laine de verre utilisée et le calcin. « Si on mettait de la laine de verre directement dans le four, ça ne serait pas stable », explique Quentin Hérault. « Le verre, c’est recyclable à l’infini, il ne faut pas arrêter de le rappeler », abonde son directeur pour conclure. Avec l’objectif de fonctionner avec 80% de matière recyclée d’ici quelques années.

  • Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Un budget de 718 millions pour lancer le mandat à Montpellier

    Mardi 14 avril, le nouveau conseil municipal de Montpellier a adopté (53 voix, 8 LFI contre, 8 abstentions du groupe Altrad), le premier budget de la mandature. Qualifié par le maire Michaël Delafosse (PS) de « responsable, sérieux et volontariste » en dépit d’un « contexte d’incertitudes » sur les recettes fiscales et du « désengagement progressif de l’État » ajoute Julie Frêche (PS), le budget 2026 de la Ville s’élève à 718 millions d’euros (ME). Malgré l’inflation (2,6% attendus en 2026), le « choix fort » a été fait de ne pas augmenter les taux de la taxe foncière bâtie (52,63%), non bâtie (112,71%) et de la taxe d’habitation (22,49%) sur les résidences secondaires.

    Autre double pari ambitieux : celui des « efforts de gestion sans transiger la qualité des services publics ». Dans une ville à la « solvabilité préservée », « chaque euro dépensé doit être utile », prévient Serge Guiseppin, l’adjoint aux finances. Sous réserves d’ajustements, 240 ME doivent être dépensés en investissement et 396 ME pour le fonctionnement (dont 222 ME en dépenses de personnel).

    Des projets déjà contestés

    Sur les 498 ME affectées aux politiques publiques, l’école (nouveaux groupes scolaires), les crèches et l’alimentaire se taillent la part du lion avec 181 ME. 64ME seront consacrés à l’aménagement (foncier, Zac Montpellier Sud, ravalement des façades…), 53 ME à la sécurité (vidéo-protection, lutte contre les tags…), 44 ME à la solidarité (CCAS, Ehpad, tarifs sociaux dans les cantines…), 38 ME au sport (assos, clubs…) et à la culture (Moco, Pavillon Populaire…) ou encore 32 ME à la transition écologique.

    Parmi les projets emblématiques, figure la future cité de l’alimentation (60 ME) qui en 2028 « produira près du marché gare 16 000 repas bio et locaux pour renforcer notre souveraineté alimentaire », détaille Marie Massart. À l’élu d’opposition LFI Antoine Bertrand qui préférerait « la gratuité des cantines » à la tarification sociale (repas dès 50 centimes), l’écologiste répond. « Ce n’est pas comparable aux transports. Le coût serait élevé (100ME) avec un risque de saturation des cantines ».

    L’écolo Stéphane Jouault a vanté le projet (8,3ME) de la « grande boucle piétonne » du futur « poumon vert » du nord (parc Lunaret, Lavalette, Montmaur) et Serge Guiseppin celui de l’Hôtel des Sécurités (17,8 ME) en devenir à Celleneuve. De quoi agacer Livia Jampy (LFI). « C’est open bar pour le tout répression et des miettes pour répondre à la crise sociale ». Attaque contre laquelle Hervé Martin (PCF) dégainera l’« agence municipale du logement ».

    Pas de quoi convaincre Salim Jahwari (pro-Altrad) qui pointe les 468 ME de dette (et 117 ME d’emprunt) ni Nathalie Oziol (LFI). « Ce budget est la mise en œuvre de la feuille de route austéritaire dictée par le gouvernement ». Caricatural pour l’écolo Manu Reynaud qui, face à ce « macronisme fantasmé », invite LFI à « ne pas se tromper de combat ni d’adversaire à la Présidentielle ».

  • Vingt ambassadeurs invités à découvrir le Grand Port

    Vingt ambassadeurs invités à découvrir le Grand Port

    Une vingtaine d’ambassadeurs étrangers établis en France sont, jeudi et vendredi, de visite à Marseille. Invités dans le cadre du programme AMB-EC0, imaginé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) pour présenter aux représentants diplomatiques l’attractivité des territoires français, ils sont venus découvrir l’écosystème du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). « L’idée est de leur montrer, à travers des immersions dans les territoires, qu’il y a de l’excellence française un peu partout, dans différents domaines, fait valoir Damien Loras, directeur de la diplomatie économique du MEAE. On a choisi Marseille pour son économie maritime et portuaire, car la ville est vraiment un centre névralgique dans ce domaine. »

    Au programme de ces deux jours en terres provençales : rencontre avec les acteurs économiques et institutionnels en lien avec le GPMM. « Il est important de retenir que notre ambition n’est pas seulement de montrer, poursuit Damien Loras. Nous voulons que ces gens-là, qui sont le relais de leur pays en France, se fassent un peu le relais de notre pays dans le leur, qu’ils puissent vendre la France à l’étranger. » L’occasion de témoigner d’une France « innovante », pour attirer « des investissements étrangers producteurs d’emplois ». La délégation d’ambassadeur sera accueillie vendredi par Christophe Castaner, président du conseil de surveillance du GPMM et rencontrera dans la foulée ses représentants et des opérateurs portuaires.

  • L’autoroute européenne de l’hydrogène arrive en 2032

    L’autoroute européenne de l’hydrogène arrive en 2032

    Deux millions de tonnes d’hydrogène devraient transiter par le golfe de Fos d’ici à 2032 selon les plans de NaTran (ex GRTGaz), transporteur de gaz indépendant porteur du projet Hyfen, sujet d’une conférence de presse mardi matin à Paris.

    Il s’agit d’un gazoduc d’hydrogène partant de Fos-sur-Mer et passant par la Vallée de la Chimie lyonnaise et la Moselle, où des réserves souterraines auraient été trouvées, dans une idée de « corridor européen interconnecté reliant le Portugal à l’Allemagne » d’après Anthony Mazzenga, directeur du développement de NaTran. Il s’intègre au projet BarMar de gazoduc d’hydrogène sous la Méditerranée reliant Barcelone aux bassins ouest du Grand Port de Marseille, à Fos, et vise principalement à alimenter « la stratégie de décarbonation de l’Allemagne basée sur 50% d’hydrogène » dans son mix énergétique.

    Cinq milliards d’euros

    NaTran vise les gros clients industriels comme l’aciériste allemand SHS. « C’est un des secteurs qui auront besoin de l’hydrogène, avec le raffinage et la production d’engrais », détaille le dirigeant. À La Marseillaise sur le territoire, Anthony Mazzenga parle d’un « ouvrage enterré à faible impact paysager, à bonne acceptabilité du public derrière lequel dépend l’avenir industriel de la zone ». Sans rompre « d’accords de confidentialité », l’industriel précise « travailler avec l’ensemble des acteurs industriels du territoire, dont certains maintiennent leur activité ou se diversifient dans la production d’acier bas carbone ou de e-saf », le carburant de synthèse produit à La Mède par Total, consommateur d’hydrogène.

    Cinq milliards d’euros sont engagés par le groupe dans une « perspective de longue durée et un amortissement sur plusieurs dizaines d’années » présente Anthony Mazzenga, de manière « similaire aux investissements sur les réseaux gaz ou électrique ». Reconnu Projet d’intérêt commun (PIC) par l’Europe, Hyfen est en pleine étape d’études, la décision finale d’investissement étant attendue pour 2029 et la mise en service en 2032. Cette décision dépendra de trois conditions pour NaTran : le marché, le cadre législatif avec la transposition attendue du droit européen sur l’hydrogène, et les garanties publiques. « Nous espérons l’apparition d’un mécanisme de lissage temporel des coûts d’ici 2029 pour investir en confiance et à nos clients de se raccorder à prix compétitif », conclut le représentant de NaTran.

  • Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    L’exposé de l’adjoint délégué au budget Philippe Caizergues est exhaustif à l’heure d’aborder le débat d’orientation budgétaire, lors de ce deuxième conseil municipal de la nouvelle mandature, en la salle Pagnol, lundi soir. Port-Saint-Louis dispose de 19,1 millions d’euros de recettes, dont les trois quarts proviennent de sa fiscalité, qui n’est pas augmentée contrairement aux dépenses qui s’élevaient à 17,6 millions d’euros en 2025. D’un côté le fonctionnement augmenterait de 6,83% par rapport à 2025, de l’autre la prévision de -9,5% de dépenses en énergie, eau et carburants, les fluides, a été réalisée en début d’année avant les conflits internationaux. « On s’attend à une augmentation du carburant pour les véhicules et le chauffage », prévient l’adjoint.

    D’autre part, « l’aggravation » de la contribution de la Ville au Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (Fpic) soulevée par l’adjoint, à hauteur de 57 000 euros, soit 200% en plus depuis 2021.

    Un manque d’ambition ?

    Philippe Caizergues pointe une « situation maîtrisée de l’endettement », avec 4,1 millions d’euros d’en-cours en 2026, soit 0,92% du budget de fonctionnement et une capacité de désendettement de 2,43 ans. « Cela permet d’envisager de nouveaux emprunts pour des investissements structurants » estime l’élu, comme le maintien du soutien aux associations.

    Un rapport « quasi identique aux années antérieures » selon l’opposante Aurélie Grach. « Votre budget se veut prudent et responsable mais reste trop éloigné des réalités du quotidien des habitants en termes de santé, de pouvoir d’achat, de services publics… » tance l’élue, qui préférerait un budget pour « maintenir et faire vivre notre centre médical » ou « faciliter le quotidien et alléger les charges des familles ».

    Le maire Martial Alvarez affirme en réponse qu’il « partage » cette vision, parlant de « la protection de la population comme leitmotiv », et invoquant « la marge laissée par la gestion exceptionnelle des dernières années ». « Le travail sur le foncier économique va permettre de retombées fiscales et nous travaillons à une nouvelle organisation entre élus et administration pour chercher les économies là où il y aura le moins d’impact pour la population », développe le maire, renvoyant les mesures plus précises au prochain conseil municipal, prévu le 27 avril, pour le vote du budget.

  • Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    L’exposé de l’adjoint délégué au budget Philippe Caizergues est exhaustif à l’heure d’aborder le débat d’orientation budgétaire, lors de ce deuxième conseil municipal de la nouvelle mandature, en la salle Pagnol, lundi soir. Port-Saint-Louis dispose de 19,1 millions d’euros de recettes, dont les trois quarts proviennent de sa fiscalité, qui n’est pas augmentée contrairement aux dépenses qui s’élevaient à 17,6 millions d’euros en 2025. D’un côté le fonctionnement augmenterait de 6,83% par rapport à 2025, de l’autre la prévision de -9,5% de dépenses en énergie, eau et carburants, les fluides, a été réalisée en début d’année avant les conflits internationaux. « On s’attend à une augmentation du carburant pour les véhicules et le chauffage », prévient l’adjoint.

    D’autre part, « l’aggravation » de la contribution de la Ville au Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (Fpic) soulevée par l’adjoint, à hauteur de 57 000 euros, soit 200% en plus depuis 2021.

    Un manque d’ambition ?

    Philippe Caizergues pointe une « situation maîtrisée de l’endettement », avec 4,1 millions d’euros d’en-cours en 2026, soit 0,92% du budget de fonctionnement et une capacité de désendettement de 2,43 ans. « Cela permet d’envisager de nouveaux emprunts pour des investissements structurants » estime l’élu, comme le maintien du soutien aux associations.

    Un rapport « quasi identique aux années antérieures » selon l’opposante Aurélie Grach. « Votre budget se veut prudent et responsable mais reste trop éloigné des réalités du quotidien des habitants en termes de santé, de pouvoir d’achat, de services publics… » tance l’élue, qui préférerait un budget pour « maintenir et faire vivre notre centre médical » ou « faciliter le quotidien et alléger les charges des familles ».

    Le maire Martial Alvarez affirme en réponse qu’il « partage » cette vision, parlant de « la protection de la population comme leitmotiv », et invoquant « la marge laissée par la gestion exceptionnelle des dernières années ». « Le travail sur le foncier économique va permettre de retombées fiscales et nous travaillons à une nouvelle organisation entre élus et administration pour chercher les économies là où il y aura le moins d’impact pour la population », développe le maire, renvoyant les mesures plus précises au prochain conseil municipal, prévu le 27 avril, pour le vote du budget.