Tag: investissements

  • La viticulture provençale au défi du climat

    La viticulture provençale au défi du climat

    « Les vendanges avancent d’année en année. En 2026, on a commencé le 19 août, du jamais vu. Si je regarde bien en deux ans, on a avancé d’une semaine la récolte » détaille Didier Pauriol, président du vignoble du Roy René, une des plus grosses caves de la Provence viticole. Avec des vendanges qui s’étalent sur 5 semaines, tout le personnel s’active dans la cave qui emploie 18 salariés. « Nous produisons environ 70 000 hectolitres de vins par an, avec une centaine de coopérateurs pour 900 hectares de vignes » poursuit le responsable. Un vin labellisé en appellation d’origine contrôlée (AOP) et indication géographique protégée (IGP) dont 90% de la commercialisation se fait en rosé. Les rouges et blancs se partagent les 10% du marché restant. La coopérative est dynamique et n’a pas hésité à investir 5 millions d’euros dans un nouveau chai de 700 m² dédié à la vinification pour rentrer le plus vite possible une récolte de plus en plus précoce. « Parce que notre production est essentiellement rosé avec un degré d’alcool inférieur à 13 degrés. Il nous faut rentrer un raisin pas trop chargé en sucre, c’est une contrainte supplémentaire. Avec la chaleur qui dure, les cépages mûrissent plus vite, heureusement nous avons un terroir hétérogène qui étale un peu les arrivées » explique Didier Pauriol qui a inauguré le nouveau bâtiment en juin 2025. Autre bonne nouvelle, la cave était vide, soit la récolte dernière vendue « grâce à un directeur et une équipe commerciale dynamique ».

    Cette récolte s’annonce bonne qualitativement et quantitativement. « Des pluies au bon moment cet hiver, une floraison rapide en mai grâce à une période chaude, et pas d’attaque sévère de mildiou ou d’oïdium » résume le président. Le vignoble bénéficie d’un avantage de poids, l’eau du canal de Provence qui permet l’irrigation des vignes au goutte-à-goutte.

    Faire face à la grêle, plus fréquente hors saison hivernale est aussi un fait nouveau. Là encore, le vignoble du Roy René a su s’adapter. « L’association Prévigrêle nous informe des jours à risques. Et nous avons des générateurs que nous activons pour l’éviter ou diminuer la taille des grêlons » expose le président. Il poursuit : « Prouvé ou pas, depuis que nous avons les générateurs, nous n’avons pas eu de souci. Nous mettons en place des outils pour lutter contre ».

    Marchés en chute

    Au vu du dérèglement climatique, le raisonnement voudrait que des cépages nouveaux plus résistants soient plantés. Le président répond spontanément : « La vigne, c’est pas des carottes, on s’adapte pas d’une année sur l’autre ». À ses côtés Raphaël Steff, viticulteur coopérateur, membre du conseil d’administration de la cave, explicite : « Quand on plante une vigne, c’est pour 25 ou 30 ans. Ce sont des investissements qui sont lourds. Le rendement n’est pas immédiat ». Mais la plus grosse inquiétude demeure l’état du marché. Leur vin est vendu principalement en vrac à l’export, pour 50% aux États-Unis et Grande Bretagne, mais aussi Allemagne, Belgique, Suède, Brésil, Australie… « Comme toute la Provence, nous avons perdu des marchés sur le rosé à cause des hausses des taxes. En trois ans, on a perdu un tiers des volumes sur les États-Unis » ne cache pas le président. À cela s’ajoute une tendance générale de baisse de la consommation. « Le vin fait partie intégrante de la culture française. On n’est pas beaucoup aidé comme produit de terroir. Les politiques ne parlent jamais de nous de façon positive » soupire Didier Pauriol. Et de lâcher : « Nos coopérateurs sont à la limite des coûts de production. Ils n’arrivent pas, en sus, à s’investir toujours davantage pour faire de l’œnotourisme ». Il réfléchit et ajoute : « On est mis en concurrence avec des voitures, ou des avions. C’était le cas pour la première taxe Trump en retour d’une taxe sur l’aéronautique, et c’est nous qui avons trinqué. On joue le rôle du fusible, ça nous fait énormément de mal ».

    Perte de 50% du chiffre d’affaires

    Les deux viticulteurs échangent des regards et tombent d’accord. « Il faut que les politiques nous aident, pas forcément financièrement mais par des choix qui ne viennent pas s’opposer à notre production. » Raphaël Steff témoigne à titre personnel : « On a tout vendu à la cave, mais il a fallu faire des concessions. J’ai perdu 50% de mon chiffre d’affaires en trois ans. Si on a des crédits, on y arrive plus. À la fin des vendanges, j’arrête mon exploitation pour aller vers une autre activité… qui n’a rien à voir avec l’agriculture ». Implacable.

  • Les nuages s’amoncellent dans le ciel des artisans provençaux

    Les nuages s’amoncellent dans le ciel des artisans provençaux

    La rentrée 2026 s’annonce difficile pour l’artisanat régional. C’est le principal enseignement de la 5e enquête de conjoncture menée par l’Observatoire économique de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) Provence-Alpes-Côte d’Azur auprès de 2 007 chefs d’entreprise, du 15 juin et le 6 juillet. Dans un territoire qui compte 265 000 entreprises artisanales, représentant près de 400 000 actifs et 20 % du PIB régional, les indicateurs passent petit à petit au rouge.

    « La situation est très préoccupante. Chaque rentrée est compliquée, mais celle-ci l’est particulièrement », résume le président de la CMA Paca, Yannick Mazette, qui pointe à la fois le contexte économique, les tensions internationales et les incertitudes politiques comme freins à l’investissement et à la projection des entreprises.

    Premier enseignement : l’activité se dégrade. Au premier semestre 2026, 43% des artisans déclarent une baisse d’activité, soit treize points de plus qu’en 2023, et près de six sur dix jugent leur niveau d’activité insuffisant. La principale difficulté (46%) reste l’absence de clientèle ou de débouchés. Les difficultés financières arrivent ensuite, évoquées par 26% des chefs d’entreprise. Seuls 20% affirment ne rencontrer aucun problème particulier.

    Le défi de la transmission

    Dans ce contexte, l’inflation (seulement 1,7% en moyenne sur les huit premiers mois de l’année) demeure un sujet de préoccupation majeure : six artisans sur dix se disent fortement impactés par la hausse du coût des matières premières et 55% par celle du carburant. Pour absorber ces surcoûts, 49% ont réduit leurs marges. Conséquence directe, les projets ralentissent. Seuls 24% des artisans envisagent d’investir au second semestre (moins sept points en un an). Les investissements prévus concernent avant tout le renouvellement des équipements.

    Malgré tout, l’emploi résiste : 84% des entreprises ont maintenu ou augmenté leurs effectifs et 66% des artisans anticipent une activité stable ou en hausse dans les prochains mois.

    L’étude met également en lumière le défi de la transmission. Aujourd’hui, 27% des dirigeants ont plus de 55 ans, soit près de 62 000 personnes, un chiffre qui a quasiment doublé depuis 2016. 8%des artisans envisagent de céder leur entreprise à court terme, soit environ 19 000 sociétés concernées. Pourtant, seul un artisan sur dix dirige une entreprise qu’il a lui-même reprise. La principale difficulté reste la recherche d’un repreneur adapté.

    Pour renforcer son accompagnement, la CMA Paca lancera, cet automne, deux nouveaux dispositifs : l’Artisanat Tour, un bus itinérant qui parcourra les six départements de la région jusqu’au printemps 2027, et le Pass CMA Liberté, une offre d’accompagnement donnant accès à des conseils d’experts, des formations et un suivi personnalisé.

  • Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Si Jean-Christophe Amarantinis n’est à la tête de l’Union pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13) « que depuis 3 mois », il a déjà bien pris le pouls de l’organisation patronale. « Ma marque de fabrique, c’est le collectif », campe le chef d’entreprise lors de son premier point presse, à Marseille ce jeudi. Voilà pour la présentation convenue, place au fond. Lequel est forcément marqué par les élections à venir. « Le message qui ressort systématiquement, c’est une inquiétude extrême sur le futur. Les échéances électorales font que les entrepreneurs n’ont pas envie d’investir, n’arrivent pas à se projeter. Ils sont angoissés face à une incertitude permanente, ce qui freine les investissements », explique-t-il.

    Il s’appuie notamment sur les retours de ses homologues lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), équivalent de l’université d’été du Medef, où ont débattu les candidats à l’élection présidentielle. Concrètement, Jean-Christophe Amarantinis prévient : « Les sondages sont unanimes : au 2nd tour, il y aura deux extrêmes. Et quand on est chef d’entreprise, les extrêmes, ce n’est pas bon. Que ça soit l’un ou l’autre, dans tous les cas, ce n’est pas positif pour nous. » En renvoyant au passage la France Insoumise et le parti d’extrême droite Rassemblement national dos à dos… « Les finances vont déjà très mal, il y a une incertitude depuis 2 ans et la dissolution. Quel que ce soit celui qui prenne les commandes, on est dans un corner avec cette dette qui est tellement haute, l’État est limite en faillite », martèle-t-il. Côté propositions, Jean-Christophe Amarantinis n’innove pas et déroule le discours habituel du grand patronat : flexibilisation du droit du travail, réduction de l’écart entre le salaire brut et net, coupes « dans le train de vie » des collectivités et autres administrations de l’État…

    « Les entreprises ne sont pas des philanthropes »

    Mais ce sont plusieurs dossiers locaux qui préoccupent le patron des patrons locaux. Et en premier lieu, celui de la fameuse ligne Très Haute Tension et ses 400 000 volts qui doit relier le Gard et Fos-sur-Mer, avec la promesse de la décarbonation des industries de l’Étang de Berre. « S’il y a un dossier prioritaire, c’est cette ligne. L’État ne s’est pas engagé clairement, à l’heure où on se parle, il n’y a rien de sanctuarisé. Il est essentiel qu’il y ait des engagements irrévocables. On va même monter à Matignon s’il faut ! », lance-t-il. Avant de se montrer plus offensif : « On est très inquiets : hormis des belles paroles, il n’y a rien. Il ne faut pas que l’État utilise tous les stratagèmes pour reporter cette décision. On va se battre pour obtenir gain de cause. » Quid des projets industriels qui étaient conditionnés à la mise en place de cette ligne ? « Malheureusement, les entreprises ne sont pas des philanthropes. On n’investit pas à perte. » Heureusement, l’État lui est philanthrope.

  • En Vaucluse, une rentrée tendue aux yeux de la FSU

    En Vaucluse, une rentrée tendue aux yeux de la FSU

    « On a chaud, mais tout va bien, le téléphone portable est interdit », ironise, en agitant un éventail improvisé, Salima Ouannai, co-secrétaire départementale du Snes-FSU, ce mercredi 2 septembre, lors d’une conférence de presse dressant le bilan de cette rentrée scolaire. Le syndicat s’opposant au constat du directeur académique Philippe Koscyk, qui évoquait dans les colonnes de nos confrères de La Provence une rentrée « plutôt réussie ».

    « L’école publique en Vaucluse subit de plein fouet les choix budgétaires dogmatiques qui dégradent le service public de l’éducation et les conditions d’apprentissage de nos élèves », pose en ouverture Alice Raimundo, secrétaire départementale de la FSU. Si la baisse démographique sur le territoire ne peut être niée, le syndicat regrette « qu’au lieu de faire des investissements forts et massifs pour améliorer les conditions », le constat soit celui d’une « baisse de moyens chronique qui touche l’ensemble du corps éducatif ». « On ne peut pas prétendre tout faire pour la réussite des élèves et ne pas faire les choses pour », avance Alice Raimundo. Face à cela, une intersyndicale prévoit une journée de mobilisation le mardi 29 septembre en Cité des Papes.

    Révolution numérique

    Plusieurs éléments sont ainsi listés. À commencer par les suppressions de postes. Dans le premier degré, douze postes ont été supprimés par la direction académique. « Ça peut sembler faible, mais au vu des besoins, c’est loin d’être négligeable », avance Nicolas Flavier, co-secrétaire du FSU-Snuipp 84. La refonte « inefficace » du système de remplacement ou encore la vétusté des bâtiments est aussi pointée. Dans le second degré, plusieurs postes n’ont pas été pourvus pour l’heure dans certains collèges et les réformes sans moyens supplémentaires, comme pour l’interdiction du téléphone « en pleine révolution numérique », comme le pointe le syndicat, sont décriées également.

  • Le chantier du collège Centre de Gap se poursuit

    Le chantier du collège Centre de Gap se poursuit

    La sonnerie du collège Centre de Gap retentit et les élèves de sixième se dirigent vers leurs salles de classe, réorganisées du fait des rénovations. De l’autre côté des barrières de chantier, le président des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, et la vice-présidente chargée de l’éducation, Maryvonne Grenier, constatent l’avancée des travaux qui ont commencé cet été, après l’installation des modulaires fin 2025.

    Le collège était très vétuste, avec notamment des infiltrations d’eau par la toiture. « Il fallait un parapluie pour circuler dans les couloirs », ironise Maryvonne Grenier.

    Au programme : curage et désamiantage, rehausse d’un bâtiment pour gagner de la surface, destruction puis reconstruction d’un bâtiment… À la fin des travaux, prévus à l’horizon 2029, le collège disposera notamment d’une grande salle polyvalente et d’un préau, et sa capacité d’accueil s’élèvera à plus de 600 élèves. Pour cette rentrée 2026, ils sont 480 à être inscrits.

    De gros investissements

    « C’était un chantier tellement attendu, il était temps », se réjouit Élodie Hoffmann, la principale de l’établissement. « Cela fait 25 ans que l’on parle de cette rénovation ! », confirme Maryvonne Grenier.

    « Le Département a relancé la machine », explique Jean-Marie Bernard. Initialement, le dossier était entre les mains de la Région. « Mais ça a traîné, poursuit le président. Nous avons donc repris la maîtrise d’œuvre. »

    Près de 22 millions d’euros ont été investis par le Département dans ce projet. « Parmi les trois gros chantiers de rénovation des établissements scolaires, il s’agit du plus coûteux », note Maryvonne Grenier. Cette rénovation vient compléter celle du collège des Hauts-de-Plaine à Laragne-Montéglin, aujourd’hui en finition, et celle de l’« école du socle », qui mutualisera école maternelle, primaire et collège à Serres. « Sur deux mandats, au total, près de 60 millions d’euros ont été investis dans ces travaux », estime le président des Hautes-Alpes.

    Le Département a financé en parallèle de petits travaux dans différents établissements, comme récemment des réparations de la toiture du collège de Tallard et des rénovations dans celui de Veynes.

    Agathe Di Lenardo

  • La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    La Région Occitanie veut sauver l’usine Saint-Gaudens

    « Nous avons fait la moitié du chemin et allons poursuivre le travail jusqu’à la prochaine audience du Tribunal de commerce, le 8 septembre. Rien n’est gagné. Mais une dynamique est engagée. J’irai jusqu’au bout pour donner un avenir industriel durable à Saint-Gaudens, à ses salariés et à la filière pâte à papier française ». Déterminée à ne pas voir s’éteindre l’emploi industriel, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), a déposé lundi, via l’agence régionale des investissements stratégiques de la collectivité (Aris), une « offre consolidée » de reprise pour la deuxième usine du groupe Fibre Excellence située à Saint-Gaudens en Haute-Garonne.

    Le groupe Soprema

    autour de la table

    Contrairement au site provençal de Tarascon, le tribunal de commerce de Toulouse a laissé un sursis aux quelque 300 travailleurs occitans. L’offre pilotée par la Région Occitanie comprend « 90 millions d’euros d’investissement bouclés, un business plan solide et plusieurs industriels autour de la table », précise Carole Delga. Parmi eux, l’entreprise Soprema, un groupe indépendant alsacien au chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros en 2025, spécialisé « dans le domaine de l’étanchéité, mais également comme un spécialiste de la couverture, des sous-couches phoniques et de l’isolation », comme l’indique le site de l’entreprise dont le siège est à Strasbourg. Soprema emploie 5 700 salariés en France, plus de 13 000 dans le monde.

    « Je garde aussi pour ambition d’offrir des perspectives pour le site de Tarascon » a aussi déclaré la présidente de la Région Occitanie.

  • Dans le Vaucluse, la canicule fait disjoncter un réseau à moderniser

    Dans le Vaucluse, la canicule fait disjoncter un réseau à moderniser

    Il y a tout juste un an, lors d’un conseil communautaire du Grand Avignon, les élus s’étaient retrouvés dans le noir, tentant tant bien que mal de continuer à débattre et voter malgré plusieurs coupures de courant. Une scène cocasse qui illustrait une panne d’électricité affectant le secteur d’Agroparc mais aussi de Montfavet ou Vedène. Un cas loin d’être isolé qui s’est reproduit à plusieurs reprises depuis juin en Vaucluse mais aussi à Arles ou Aubagne, où les maires des deux communes viennent de demander des comptes et des mesures concrètes à Enedis, gestionnaire du réseau, face à ces pannes à répétition.

    À Avignon, 5 400 clients ont ainsi été privés d’électricité pendant environ 17 heures entre ce samedi et dimanche. Dimanche soir également, plusieurs secteurs de Cavaillon ont été plongés dans le noir pénalisant 1 300 foyers, parfois quelques minutes et jusqu’à trois heures. Fin juin, jusqu’à 9 000 foyers étaient aussi sans courant, principalement à Orange, pendant plus d’une journée, impactant fortement les habitants mais aussi hôpitaux et commerçants. Des cas différents, mais une même cause : « Les très fortes chaleurs cumulées sur plusieurs jours avec une température qui ne descend pas la nuit ont fait monter la température des sols goudronnés jusqu’à 80 degrés par endroits, ce qui a mis en forte contrainte les réseaux souterrains. Les zones urbaines sont potentiellement les plus touchées par ce type de phénomène à cause des sols goudronnés », indique Enedis.

    Une double peine donc, où les habitants n’ont plus de jus pour faire tourner ventilateurs, clim, éventuels appareils respiratoires ou, plus trivialement, machines à glaçons, mais aussi pour les agents Enedis qui doivent intervenir en urgence sous fortes chaleurs pour réparer. Si la vigilance canicule est levée depuis ce mardi matin, ces épisodes sont voués à se reproduire. Enedis en a bien conscience et relayait, dès le mois de mai, des vidéos didactiques sur les effets de la canicule sur les réseaux souterrains.

    De nouveaux câbles divisant le risque par 33

    « Face à ces évolutions, Enedis adapte en profondeur son réseau pour renforcer sa résilience face aux fortes chaleurs, nous répond l’opérateur. Cela passe par un programme continu de modernisation des infrastructures, incluant le renouvellement des équipements les plus sensibles à la chaleur. » Un plan national d’investissements de 26 milliards d’euros sur la période 2026-2040 a été engagé, « dont plus de 15 milliards d’euros sur l’adaptation au changement climatique ». En 2025, 40 millions d’euros ont été investis en Vaucluse permettant de moderniser « plusieurs dizaines de kilomètres du réseau » sur les 15 170km du département.

    Une grande majorité de câbles date encore de la période 1965-1981 et atteignent leurs limites. Désormais, Enedis opte pour des câbles à isolation synthétique, qui « offrent une meilleure tenue thermique et une plus grande fiabilité ». Selon Enedis, ils divisent « par 33 le nombre d’incidents en période chaude ».

  • [Entretien] Laurent Guilloteau, CGT des Sdis : « La politique d’austérité du gouvernement impacte les pompiers »

    [Entretien] Laurent Guilloteau, CGT des Sdis : « La politique d’austérité du gouvernement impacte les pompiers »

    La Marseillaise : Le rassemblement prévu ce jour devant le ministère de l’Intérieur est organisé par les neuf organisations syndicales représentatives des Sdis précisez-vous dans un communiqué unitaire. C’est inédit ?

    Laurent Guilloteau : Dans ce sens, oui. Cela fait un an que les neuf organisations syndicales sont unanimes sur le constat qui a été dressé dans ce communiqué et que nous sommes entièrement d’accord sur l’ensemble des revendications. La Sécurité civile a, aujourd’hui, le pantalon sur les chevilles. La politique d’austérité du gouvernement et les coupes budgétaires qu’ont subies les conseils départementaux et les communes ont impacté les Sdis. Nos principales revendications ont toutes un lien avec le financement. L’un des principaux axes, c’est le recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels. Sur l’année 2025, on a plus de 2 200 lauréats du concours. Mais certains de l’édition précédente, donc 2023, n’ont toujours pas été recrutés, faute de budget.

    Cette politique austéritaire explique-t-elle pourquoi les sapeurs pompiers volontaires – non limités en heures – sont davantage sollicités au détriment des sapeurs pompiers professionnels ?

    L.G. : Totalement. Aujourd’hui, la faute est à un plafond horaire annuel qui est de 2 256 heures et qu’on ne peut pas dépasser. Pourtant, il y a un texte de loi de 2023 qui permet de libérer des sapeurs-pompiers professionnels sur leur temps de travail. Sauf que les directeurs sont ultra-réticents à détacher du temps de travail des sapeurs-pompiers professionnels au profit des autres départements, dont ils disent pourtant être solidaires. Ils préfèrent les envoyer sur leurs repos ou leurs congés, et sur le statut de sapeurs-pompiers volontaires, parce que du coup, ils ne perdent pas de temps de travail. Il est impensable de se dire qu’on se prive d’une ressource quantitative et qualitative sous l’effet d’un statut alors que, concrètement, on est agent de la fonction publique territoriale.

    Vous entendez peser sur le prochain Projet de loi de finances pour 2027 ?

    L.G. : Il est vrai, comme le dit Laurent Nuñez [ministre de l’Intérieur], que la Sécurité civile a vu une augmentation de son budget alloué au titre des derniers projets de loi de finances. Mais ce que le ministre oublie de dire, c’est que si on fait un ratio de ce que pèse aujourd’hui la Sécurité civile – un des derniers services publics qui arrive encore à fonctionner, malgré les difficultés et les contraintes que l’on peut rencontrer – par rapport à l’investissement qui a été mis sur les projets de loi de finances, notamment pour les JO 2024, pour les Armées et pour la Sécurité intérieure, on est très loin du compte. Alors oui, on va interagir sur le projet de loi de finances. C’est vital à l’échelle nationale. On a loupé le coche après la saison des feux de 2022 où il aurait fallu déjà revoir les budgets des services départementaux d’incendie et de secours. Cela va être difficile à rattraper aujourd’hui avec toutes les coupes budgétaires que présente M. Macron…

    Que peut-on retirer du Beauvau de la Sécurité civile ?

    L.G. : Le ministère de l’Intérieur et le gouvernement ont fait des groupes de travail pour occuper le temps et le terrain. Pendant ce temps-là, ils ont oublié d’agir et de sortir le projet de loi prévu à l’issue de ces travaux. Depuis, on a vu défiler plusieurs ministres que ce soit Gérald Darmanin, Bruno Retailleau et aujourd’hui Laurent Nuñez.

    La Sécurité civile est-elle dans les priorités du gouvernement ? C’est notre interrogation. Je vous le dis, la réponse c’est non. Si on était vraiment dans les préoccupations du gouvernement, il aurait mis en place dans les projets de loi de finances et dans le Beauvau des mesures pour faire avancer la Sécurité civile.

    Cette saison des feux est particulièrement dévastatrice. Si des investissements ne sont pas rapidement faits dans la Sécurité civile, au vu du réchauffement climatique, les prochaines seront pires ?

    L.G. : La synthèse est la bonne. Les saisons comme 2026 vont devenir la norme. Le feu de forêt devrait être enseigné dans le risque courant. Depuis combien d’années on parle du réchauffement climatique et de son impact ? Les canicules, on en a déjà eu. On se rappelle de 2003 et des premières, dévastatrices, qui ont causé énormément de morts. Le ministre de l’Éducation nationale, a dit [le 26 juin 2026 ndlr], que le gouvernement avait anticipé la canicule. Si on avait anticipé, on n’aurait pas provoqué la fermeture de classes parce qu’il y faisait 35 degrés. S’il y a une chose que le gouvernement n’a pas faite, c’est d’anticiper.

    Si on était vraiment prêts et si on avait été en capacité de répondre au moment voulu sur des feux majeurs en même temps sur l’ensemble de territoire, on n’aurait pas eu à épuiser la ressource au 31 juillet, que ce soit de sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires et de personnels administratif, technique et spécialisé. Ce sont des gens dont on parle très peu et qui font aujourd’hui fonctionner les Sdis dans la partie administrative, la réparation des véhicules et le maintien de nos unités opérationnelles. Sans tous ces gens-là qu’on a sollicités durant un mois, corvéables à merci, durant des heures, en s’asseyant sur leurs périodes de repos et aussi leur période de congé, ça n’aurait pas existé.

    La polémique autour de la commande de Canadairs est-elle justifiée ? Qu’est-ce que cela aurait pu changer sur le terrain ?

    L.G. : Les Canadairs, c’est comme un camion-citerne feux de forêts, quand il tourne toute la journée, le lendemain, il a besoin d’une maintenance. Il y a des matins où il n’y en avait que 5 disponibles. Puis, l’après-midi, il y en avait peut-être 7 ou 8. Et le lendemain matin, on redescendait à 5. On parle souvent des machines mais il faut aussi prendre en compte les horaires de vol du pilote à l’intérieur, qui doit avoir une certaine lucidité durant toutes les missions qu’on lui demande. Souvent, ça aussi, ça nous fait défaut.

    Le travail de précision des Canadairs ne pourra jamais être remplacé par les hélicos supplémentaires qui ont été loués. Les Canadairs ont une capacité et une force de frappe qui est quand même différente. Gabriel Attal, lorsqu’il était Premier ministre, a sérieusement amputé le budget de la Sécurité civile, et notamment dans l’achat de cette flotte aérienne. Si deux Canadairs de plus avaient été présents sur les chantiers de Gironde, ils auraient peut-être compensé la maintenance qui était obligatoire pour l’aspect sécuritaire du personnel en vol et au sol.

    REPÈRES

    258 641

    sapeurs-pompiers sont recensés en France dont 200 961 volontaires. 13 377 sont militaires comme le bataillon des marins pompiers de Marseille. Les pompiers du 13 comptent 7 500 agents.

    80 %

    des interventions des SDIS sont consacrées au secours à la personne contre seulement 6% pour les incendies. Sur tout le territoire, 13 000 interventions par jour sont réalisées.

    Attaque massive

    La doctrine définie nationalement prévoit l’attaque massive des feux naissants.

    En clair maîtriser les incendies avant qu’ils n’atteignent 5 hectares.

    Feux d’hiver

    En 2019, sur les 43 000 hectares qui brûlent en France, 36 000 partent en fumée en janvier et février, note dans son rapport Effis, système européen d’information sur les feux de forêt.

  • Deux offres de reprise pour le verrier Duralex

    Deux offres de reprise pour le verrier Duralex

    Les candidats avaient jusqu’à jeudi midi pour se manifester : deux ans seulement après sa reprise par les salariés sous forme de Scop (société coopérative et participative), Duralex joue à nouveau son avenir devant le tribunal de commerce d’Orléans. La verrerie de la Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret, placée en redressement judiciaire le 1er juin dernier pour cause de « tensions de trésorerie », cherche un repreneur.

    Parmi les candidats révélés à l’heure où nous écrivons ces lignes, le groupe français Carlesimo, spécialisé dans la fonderie et la transformation de matériaux, qui avait annoncé à ICI Orléans le 10 juillet dernier être « prêt à investir cinq millions d’euros de fonds propres pour relancer Duralex ». Mais aussi l’entrepreneur Cédric Meston, qui a racheté Tupperware France l’an dernier et s’était également positionné sur Brandt, en vain.

    Quand Jean-Christophe Chanjou, le fondateur d’APAr, a indiqué se retirer de la course estimant, ce jeudi matin sur BFM Business que « le niveau d’investissement à réaliser pour remettre l’entreprise à niveau nous semble démesuré ». « Le critère fondamental, c’est la viabilité, est-ce que je peux tenir mes engagements, payer les salaires, mes créanciers. Les hypothèses que j’ai faites pour sortir l’entreprise de l’eau me semblent avec mes moyens pas réalisables », a-t-il précisé sur la chaîne.

    250 salariés dans l’incertitude

    Pour les 250 salariés du site c’est une nouvelle période d’incertitude qui s’ouvre. C’est la troisième fois en six ans – et la cinquième en moins de vingt ans – que l’emblématique verrerie fondée en 1945 est placée en redressement judiciaire. 60% des travailleurs de l’usine avaient investi dans la coopérative, soutenue, y compris financièrement, par la région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole.

    « Il n’est pas envisageable qu’une nouvelle industrie en France connaisse le même sort que toutes les autres avec ses milliers de travailleuses et de travailleurs et leur famille jetés à la rue ! À l’image de Brandt et de ses 700 travailleuses et travailleurs, la casse industrielle, le chômage de masse et la perte de souveraineté dans la production industrielle n’ont que trop duré. Les salariés ne sont pas des variables d’ajustement et ne veulent plus perdre leur vie à essayer de la gagner », alertait il y a un mois déjà dans un communiqué l’UD CGT 45.

    Pour le syndicat, « l’industrie verrière a un avenir en France et l’engouement de la population française et mondiale pour cette marque emblématique Duralex, symbole du “made in France” est porteur de perspectives solides et viables ». En atteste la levée de fonds lancée à l’automne dernier avait enregistré près de 20 millions d’euros de promesses d’investissement d’environ 20 000 particuliers. Si les Français sont attachés aux verres incassables qui évoquent l’enfance, les investissements pour sauver l’outil de production et ses salariés sont nécessaires. L’audience est prévue le 17 septembre prochain.

  • L’équipe de conception du Canadair français s’agrandit à Istres

    L’équipe de conception du Canadair français s’agrandit à Istres

    C’est un nom connu du secteur et de l’histoire aéronautique qui s’associe à Hynaero pour son projet de bombardier d’eau amphibie nouvelle génération. L’entreprise Latécoère, équipementier et sous-traitant notable d’Airbus et Boeing, fabricant des portes de l’Airbus A380, a signé un partenariat avec Hynaero pour le développement de son projet Frégate F-100, destiné à surpasser les Canadair actuellement en service. En plein développement sur le pôle aéronautique Jean-Sarail d’Istres, Hynaero prévoit la construction des prototypes en 2029 et la mise en service de l’appareil pour 2032.

    Dans le cadre de ce partenariat, « Latécoère apportera son expertise à travers des échanges techniques et des prestations de conseil afin de soutenir la conception de l’appareil, sa certification, sa maintenabilité ainsi que sa promotion auprès de clients potentiels à travers le monde », font savoir les désormais partenaires dans leur communiqué de jeudi.

    2 500 emplois promis

    Le rôle de Latécoère est plus précisément de participer à l’étude du système d’interconnexion de câblage électrique de l’avion, ou harnais électrique. « Il s’agit de l’ensemble des câbles, fils, connecteurs, et dispositifs de protection installés dans un aéronef pour transmettre l’énergie, les données et les signaux », précise Latécoère à La Marseillaise. L’architecture de cet équipement critique est conçue sur le principe de la redondance : en cas de panne ou d’une section accidentelle du câblage électrique, d’autres parties doivent pouvoir prendre le relais pour que l’avion conserve toutes ses capacités. Il y a différents niveaux de criticité en fonction des équipements, comme le précise Latécoère : « Si le système audiovisuel installé dans les fauteuils est coupé, ce n’est pas grave, au contraire des commandes de vol. Certaines parties du harnais bénéficient d’une triple redondance. » Les associés parlent d’une « opportunité majeure pour l’industrie aéronautique européenne et les pays partenaires, avec la création de plus de 2 500 emplois répartis entre le site d’assemblage final et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement », du Frégate.

    Le projet, lauréat de France 2030 et bénéficiaire de 7 millions d’euros cofinancés par l’État, Bpifrance et la Région Sud, nécessite selon le fondateur et président David Pincet, au total, de plus d’un milliard d’euros d’investissements, dont plus de 10% ont déjà été levés en mars dernier. Le PCF et son sénateur Jérémy Bacchi ont récemment appelé à augmenter les investissements de l’État face à l’urgence climatique.