Tag: inclusion

  • Un lundi d’initiation tourné vers le handicap

    Un lundi d’initiation tourné vers le handicap

    Palalalala, je t’ai battu ! Ça va, pas trop dur d’être nul ? », s’exclame, railleur, le cadet du petit groupe venu du centre Saint-Raphaël (14e), foyer de vie pour personnes atteintes de handicaps mentaux, pour participer à une initiation pétanque en marge du Mondial. « Trop concentré » pour répondre à nos questions, le jeune homme a été invité, comme ses cinq autres camarades, par le Département des Bouches-du-Rhône pour prendre part à une matinée conviviale autour des boules. Avec eux, six résidents du foyer Exister, installé à Peypin, ont eux aussi été conviés.

    Pour les coacher lundi matin : « Mimi » des Amis de Saint-Julien et Yannick, tous deux éducateurs en école de pétanque. Trois épreuves leur sont présentées : le point, le tir, et la boule « [Philippe] Quintais », joueur de pétanque cinq fois vainqueur du Mondial. « Sans doute l’épreuve qui repose le plus sur la chance », note Mimi. Le principe ? Parvenir à coincer sa boule dans l’un des trous creusés sur une planche à l’effigie du mythique joueur. « Ils sont bon public, partout où on les emmène ils se régalent, à partir du moment où ils arrivent motivés », glisse Arnaud Farin, éducateur spécialisé à Exister, ravi de l’enthousiasme que suscite l’activité.

  • Le théâtre Durance promet une année inclusive et solidaire

    Le théâtre Durance promet une année inclusive et solidaire

    Elodie Presles a dévoilé mercredi une programmation pluridisciplinaire et inclusive pour le théâtre Durance, scène nationale dont elle est la directrice. L’institution culturelle prend cette année des « risques artistiques », avec des pièces qui y seront jouées pour la première fois, a-t-elle expliqué.

    La directrice a commencé par déplorer la « guerre idéologique décomplexée qui met très à mal le secteur de la culture et en particulier le spectacle vivant », notamment « dans les villes RN », et la liberté d’expression, de créer et de programmer « attaquées partout ». « Notre rôle est donc absolument indispensable, nécessaire et urgent d’être aux côtés des artistes », a-t-elle estimé en préambule.

    « On va continuer à travailler sur les freins qui s’imposent à nous, comme l’éloignement géographique et financier », en continuant notamment à proposer des tarifs solidaires de trois euros par personne, à se déplacer dans de nombreux villages reculés et à proposer des bus pour emmener les habitants éloignés au théâtre. L’idée est ainsi de faire en sorte que « les gens arrêtent de se dire que le théâtre n’est pas pour eux ». La scène maintient ainsi sa devise : « si vous ne pouvez pas venir au théâtre, le théâtre va tout faire pour venir à vous ».

    Le théâtre Durance continuera par ailleurs son partenariat avec le théâtre La Passerelle à Gap, qui lui permet de proposer de plus grands formats dans une plus grande salle. En retour, La Passerelle peut profiter d’un espace plus intime à Château-Arnoux, nécessaire pour certains spectacles. « Le public circule naturellement entre les deux théâtres », s’est réjoui Elodie Presles.

    « Mise en commun »

    En plus de ce partenariat, la directrice en a annoncé un nouveau, qui inclut également le théâtre de Briançon, dans une démarche écologique. « La mutualisation entre nos trois théâtres permettra de réduire notre empreinte carbone. Nos équipes vont mettre en commun leur matériel », a expliqué Elodie Presles. Avec ce partenariat, elle espère également « positionner les départements alpins dans le milieu de la culture et du spectacle vivant, qui est quand même très concentré sur Marseille ».

    Le théâtre compte aussi renforcer ses dispositifs d’inclusion, en proposant notamment son premier spectacle disponible en audiodescription. La scène nationale continue par ailleurs à proposer des gilets vibrants permettant aux personnes souffrant de déficience auditive ou d’autisme de profiter de la musique d’une autre manière, avec des vibrations. Les équipes ont aussi été formées à la langue des signes.

    Le théâtre va également désormais proposer un bar dans la salle, qui permettra de discuter avec les spectateurs. « On n’a pas le temps de parler avec eux, c’est une frustration », a expliqué la directrice.

    « Plan social à bas bruit »

    Une quarantaine de spectacles sont prévus pour l’année à venir. Pour cette nouvelle programmation, le théâtre va notamment proposer une rencontre avec le journaliste Mathieu Palain sur les mécanismes de la violence, le vendredi 6 novembre à 18h30. Ce dernier a mené une enquête en assistant à des groupes de parole de personnes condamnées. Une autre rencontre avec la philosophe Joëlle Sask sera proposée le 1er avril sur le thème de « ce que participer implique », dans le cadre de l’élection présidentielle. Le théâtre jarlandin espère ainsi montrer qu’il n’est « pas hors sol ». Elodie Presles veut prouver que les beaux-arts peuvent rimer avec l’éducation populaire.

    La directrice et le président de l’association qui gère le théâtre ont finalement tenu à rappeler que seuls les adhérents de l’association siégeaient dans ses instances de gouvernance. « C’est un choix collectif unique au niveau des scènes nationales », a avancé Elodie Presles. Elle a également déploré le « plan social à bas bruit, la casse sociale très forte, les artistes qui arrêtent, les compagnies qui disparaissent et les lieux qui licencient ».

    Présentation de la programmation au public ce jeudi à 19h au théâtre, gratuite et sans réservation.

  • Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Un événement placé sous le signe du partage. Dans une centaine de restaurants, du bistrot à l’étoilé, mais aussi dans les cantines solidaires, restaurateurs, artisans de la région et cuisiniers réfugiés se réuniront afin de concocter des plats du monde entier, du 20 au 27 juin à Marseille. Au menu : banquet afghano-provençal, cuisines marocaines, palestiniennes ou encore ukrainiennes. « À travers ces rencontres nous voulons défendre l’idée que l’exclusion, la défiance et la peur s’effacent lorsque l’on apprend à se connaître », témoignent les organisateurs du Festival.

    C’est dans le cadre de la Journée mondiale des réfugié.es que s’organise chaque année autour du 20 juin, le Festival. « Nous voulons parler de chacun des individus qui sont appelés “réfugiés”. De chacune de ces personnes qui font preuve d’une résilience et d’un courage exceptionnels pour tout réapprendre », expliquent-ils.

    « La cuisine porte

    la mémoire »

    Manon Fleury, cheffe étoilée, parraine cette édition aux côtés d’Aïssa Maïga, réalisatrice, autrice et productrice française d’origine sénégalaise et malienne. « La cuisine fait partie de ces espaces très puissants où tout devient concret. Elle porte la mémoire, l’exil parfois, mais aussi la transmission, la joie. Elle permet de recréer du lien, même loin de chez soi », souligne-t-elle. « C’est ça la France, dans ce qu’elle a de plus beau : un lieu où les cultures se croisent, se transforment et inventent ensemble. »

    Programmation à retrouver sur festival.refuge-food.org/marseille

  • Un forum pour structurer l’inclusion à Avignon

    Un forum pour structurer l’inclusion à Avignon

    C’est à partir de son propre vécu qu’Annabelle Vega a eu l’idée de mettre en place un forum réunissant l’ensemble des acteurs de l’inclusion, comme première action en tant que conseillère municipale (UDI) déléguée au handicap et à l’accessibilité. Touchée aux cervicales et à la moelle épinière après une chute liée à de l’épilepsie, « je me suis aperçue qu’il y avait énormément de dispositifs, mais pas suffisamment d’information, les familles ne savent pas à quelle porte frapper ». La nouvelle élue a impulsé, ce mercredi à l’Hôtel de Ville, une rencontre entre une trentaine de structures et associations liées au handicap. « On va essayer de simplifier l’accès aux ressources et parcours de vie », espère-t-elle.

    Un constat partagé par l’association des paralysés de France (APF). « On s’aperçoit que nous sommes beaucoup à faire la même chose, ce forum aide à créer des ponts et partenariats pour être complémentaires et pas en doublon, cela enrichit in fine l’offre », souligne Cindy Bonet-Amedeau, chargée de développement des actions associatives à l’APF 13/84.

    Au cours de la journée, plusieurs moments d’échanges entre professionnels ont eu lieu, tandis qu’en continu, les personnes en situation de handicap et leurs familles pouvaient se renseigner sur leurs droits ou projets.

    « Ce forum doit faire en sorte que chaque structure reparte avec un numéro de téléphone, une idée, un projet », poursuit Annabelle Vega, satisfaite de la mobilisation des acteurs et qui n’exclut pas de renouveler ce type d’opérations sous un format différent. Pour l’heure, l’élue ne s’aventure pas trop à livrer une feuille de route sur le mandat. Dans son programme, le maire Olivier Galzi (DVD) estimait que « le handicap n’est pas une question de compassion, mais une question de droits et de citoyenneté ». Un plan « zéro obstacle » a été promis, de même qu’un « conseil avignonnais du handicap, une instance de co-décision composée d’associations, d’experts d’usage et d’élus pour piloter et évaluer toutes les politiques publiques liées au handicap ».

  • Cette entreprise adaptée varoise veut grandir et recruter malgré le manque de locaux

    Cette entreprise adaptée varoise veut grandir et recruter malgré le manque de locaux

    Trouver un nouveau local : telle est aujourd’hui la priorité de CVSI-EA à Cuers. Installée depuis 2017 dans la commune, cette entreprise adaptée, spécialisée dans la signalétique industrielle, souhaite développer son activité. Un projet toutefois freiné par la difficulté à trouver un bâtiment adapté à ses besoins.

    « ça fait six mois que je cherche un local, explique Franck Raymond, président de CVSI-EA. On a besoin de bâtiments climatisés. On peut produire sur des plages de température entre 18°C et 22°C. Il faudrait multiplier par deux notre espace actuel, avec une zone de stockage. Mais ça, dans le Var, c’est très compliqué à trouver. »

    Pour mettre en lumière cette entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS), Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’ESS Provence-Alpes-Côte d’Azur (Cress Sud), a organisé, ce mardi, une visite de presse du site cuersois. « Le rôle de la Chambre régionale, c’est de mettre cette entreprise en visibilité », rappelle-t-il.

    Insertion et performance économique

    Le site de Cuers est le plus récent des trois établissements du groupe. Dans cet atelier de 260 m², six salariés fabriquent panneaux, enseignes, marquages et supports de signalétique pour de grands groupes comme EDF, la Société générale, Groupama ou encore la RATP. « On est les seuls en France à faire de la signalétique notre seul métier », souligne Franck Raymond.

    La particularité de CVSI-EA réside aussi dans son modèle social. Environ 75% des salariés sont en situation de handicap. Pour le dirigeant, l’objectif est avant tout de permettre à ces travailleurs de retrouver leur place dans l’emploi. « Le premier handicap de ces personnes qui ont été écartées de l’emploi, c’est le manque de confiance », estime-t-il.

    Un modèle salué par Denis Philippe. « Il faut que l’entreprise soit performante, mais aussi permettre à des gens d’avoir une existence sociale, souligne le président de la Cress Sud. Permettre à ceux qui pourraient être marginalisés de continuer à mener une vie normale. »

    Aujourd’hui, CVSI-EA envisage l’acquisition d’une nouvelle machine estimée à 500 000 euros. Un investissement qui pourrait permettre à terme de porter les effectifs locaux à 40 ou 50 salariés. « On est capable de se payer la machine », assure Franck Raymond. Reste désormais à trouver le bâtiment qui permettra à l’entreprise de poursuivre son développement dans le Var.

  • Des aménagements en faveur de l’inclusion aux calanques

    Des aménagements en faveur de l’inclusion aux calanques

    « Tu entends ? On est face à la mer. » Marine, 22 ans, est accompagnée d’Ouban, son chien guide. Elle est en situation de déficience visuelle. Depuis 2008, les Parcs nationaux de France et l’Office français de la biodiversité (OFB), en partenariat avec GMF et la Fondation Covéa, mettent en œuvre des aménagements pour rendre les parcs nationaux accessibles aux personnes en situation de handicap. Cet engagement s’inscrit dans le cadre du mécénat « La nature en partage ». « Il y a une réelle volonté d’inclusion. L’objectif est de permettre à toutes les personnes qui n’ont pas l’occasion de venir de pouvoir accéder aux parcs », déclare Laurent Tollié, président de la Fondation Covéa.

    Depuis deux ans, une vingtaine de sorties en joëlette, un fauteuil tout terrain, ont été organisées aux côtés de l’association OCCP Trail La Ciotat (Olympic club des coureurs cyclistes). Frédéric Gaillanne, à l’origine de la Fondation Gaillanne, est venu essayer le dispositif, ce mercredi : « Je suis aveugle, mais ça permet aux personnes à mobilité réduite d’aller dans des lieux auxquels ils ne seraient pas allés d’habitude. » En 2003, il crée sa Fondation, une école de chiens guides destinés aux enfants aveugles et malvoyants. Marine en est une ancienne bénéficiaire. Elle a pu réaliser des balades sonores à la Fontaine de Voire, un autre dispositif proposé par le Parc. « J’ai envie qu’on me décrive le paysage, pas juste de marcher. Alors ça permet d’avoir un vrai accompagnement et de profiter plus de la randonnée », sourit-elle.

    Préserver et sensibiliser

    Autre temps fort de l’après-midi : les participants ont pu, aux côtés de deux écogardes du Parc national, vivre une expérience auditive et sensorielle. En touchant des herbes de posidonie ou en écoutant le chant du goéland, ils ont pu profiter pleinement du paysage des calanques. Présente sur place, la « calanque mobile » permet de déplacer plusieurs activités afin d’informer et sensibiliser la population sur la faune et la flore.

    Le Parc national « est l’un des plus fréquenté, de par son emplacement, situé entre un territoire urbanisé et naturel », souligne Frédérique Figueroa, responsable du service accueil des publics. Chaque année, le Parc national des Calanques accueille environ 4 millions de visiteurs.

  • À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    À Digne, une exigence de reconnaissance pour les AESH

    « Elles sont payées toute leur vie sous le seuil de pauvreté, sous le Smic. C’est un métier indispensable qui ne leur permet pas de vivre », a déploré Gweltaz Broudic, cosecrétaire de la FSU 04. « On accompagne de plus en plus d’élèves qui sont de plus en plus en souffrance, pour un salaire dérisoire d’environ 1 000 ou 1 300 euros », a expliqué Valérie, AESH à l’école des Sièyes à Digne. « On se fait insulter, taper dessus », regrettent-elles avec sa collègue Marielle. Une AESH peut accompagner jusqu’à huit élèves, ce qui laisse seulement deux à trois heures par semaine pour chaque enfant, ont-elles expliqué. Une délégation a été reçue par la DSDEN.

  • Yannick Noah en animateur à Château-Gombert

    Yannick Noah en animateur à Château-Gombert

    Dimitri n’en revient toujours pas. Lui qui participait à sa première séance de tennis-fauteuil a échangé quelques balles avec Yannick Noah.

    « Franchement, je suis tout bizarre. C’est un énorme champion, mais il est très gentil et m’a donné de très bons conseils », a confié le jeune Aubagnais, fan d’AC/DC. Eva, qui découvrait le céci-tennis, savoure, elle aussi, son bonheur. « C’est exceptionnel de vivre un tel événement. Je vais pouvoir raconter ça à mes amis. En plus, il est sympa, génial et avenant. »

    Celui qui était l’entraîneur de l’équipe de France de tennis aux Jeux paralympiques de Paris n’a pas hésité une seconde quand il lui a été demandé de prolonger l’expérience en devenant le parrain du Para-tennis tour, mis en place par la Fédération française de tennis. « J’ai adoré ce que j’ai vécu aux Jeux et continuer à promouvoir le tennis inclusif est un grand plaisir pour moi », a confié le champion, après avoir échangé quelques balles et donné des conseils à plusieurs joueurs, venus découvrir les quatre disciplines du jour.

    « Ce tour de France, c’est l’occasion de faire connaître les passerelles qu’offrent les diverses pratiques du para-tennis. À chaque fois, je partage de très bons moments, chargés en émotions », poursuit-il. Outre de découvrir qu’il est possible, malgré un handicap, de pratiquer un sport, les séances sont autant de rendez-vous thérapeutiques qui aident à la reconstruction.

    Au sein du Tennis Club de Château-Gombert, il y a les structures pour accompagner ceux que cela peut intéresser. Le club est une référence nationale et prête les fauteuils adaptés pour les débutants.

  • Créer lien et partage avec les Jeux de l’inclusion

    Créer lien et partage avec les Jeux de l’inclusion

    Sport et inclusion, un mariage qui marche à tous les coups. Les premiers Jeux de l’inclusion se sont déroulés ce jeudi 21 mai, au centre Epide (15e). Les équipes de l’Algernon, Marseille-Cassis, Courir pour la Mémoire et Marseille en Rose se sont alliées pour réaliser cet événement réunissant près de 350 enfants venant de différents horizons. « L’idée, c’était aussi de brasser les milieux sociaux. Nous avons des enfants des Aygalades, issus d’un quartier prioritaire, et en face il y a l’école privée Chevreul Blancarde », explique Arnaud Chikli, directeur de la course Algernon.

    Ces jeunes âgés de moins de 10 ans ont été mélangés avec 80 enfants issus de structures médico-sociales de la ville de Marseille. L’unique but de cette première édition : créer des liens, s’entraider et progresser. Chaque minot est logé à la même enseigne par les bénévoles du Collectif inclusion par le sport ainsi que les formateurs de l’Epide. L’Établissement pour l’insertion dans l’emploi est l’hôte de ce rendez-vous et ouvre son espace de quatre hectares à ces écoliers. Un terrain de jeu grandeur nature rendant possible la tenue de ces olympiades.

    Les enfants ont représenté vingt pays d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique et ont même eu le droit à une cérémonie d’ouverture dans la matinée. Tous ont défilé sous un soleil de plomb, frappant fort leurs bouilles juvéniles. Le sport étant l’un des meilleurs outils d’inclusion – si ce n’est le plus efficace –, ces jeunes Marseillais ont pu tester différentes disciplines. Trois le matin, deux l’après-midi, pour réaliser un pentathlon. La boxe, le skateboard, le hockey sur gazon, le tir à l’arc faisaient partie des sports proposés. La boccia, épreuve paralympique, était également en test, tout comme le flag, qui fera son entrée aux JO 2028.

    D’autres rendez-vous déjà en préparation

    Présidente du Collectif inclusion par le sport, Stéphanie Noguès-Besson explique que c’est « une journée importante. Nous avons décidé d’unir nos forces, avec les quatre courses, et nous avons envie de construire et de pérenniser ce rendez-vous. Le sport, ce n’est pas qu’une fabrique de champions, cela crée des liens, des amitiés ». Une initiative qui souhaite conserver l’élan des JOP de Paris 2024. Un héritage à poursuivre, même après l’olympiade parisienne et même si les financements sont plus délicats à obtenir.

    En tout cas, les sourires étaient nombreux sur le visage de ces participants hauts comme trois pommes. Les différentes activités permettaient également de travailler la coordination et les efforts en groupe. Sur l’atelier skateboard, deux CM1 se rassuraient, main dans la main : « T’inquiètes pas, je te tiens, tu ne vas pas tomber ! » Après avoir déambulé sur les quatre hectares du site, les enfants ont eu droit à un pique-nique bien mérité, un retour aux épreuves avant de recevoir chacun un diplôme, lors de la cérémonie des récompenses.

    Dans un cadre assez similaire, en septembre, une initiation aux sports nautiques sera guidée par le collectif et le Cercle des nageurs de Marseille. « Un forum de l’inclusion, sur les plages du Prado, se tiendra également en ouverture du mois de l’inclusion en octobre prochain », ajoute la fille de Colette Besson, championne olympique 1968 du 400 mètres.

  • [Entretien] Philippe Oddou : « 90% de nos jeunes sont actuellement en activité »

    [Entretien] Philippe Oddou : « 90% de nos jeunes sont actuellement en activité »

    La Marseillaise : Pouvez-vous décrire la mission de votre association Sport dans la ville ?

    Philippe Oddou : Nous sommes une association d’intérêt général qui existe depuis 1998 et dont la mission est de venir en soutien à des jeunes qui habitent dans des quartiers prioritaires. On va accompagner par deux biais. À la fois en leur proposant du sport au pied des immeubles sur les terrains de sport qu’on construit et qu’on anime, et puis en leur proposant quand ils grandissent, de les emmener. C’est vraiment la finalité de notre action, de les accompagner vers un projet d’emploi en entreprise où pour celles et ceux qui ont la capacité, on les aide même à créer leur entreprise.

    Comment accompagnez-vous ces jeunes au quotidien ?

    P.O. : Il y a plusieurs objectifs. D’abord, il a pour premier objectif de transmettre du plaisir aux jeunes, parce que quand on est enfant ou même un peu plus âgé, la pratique du sport, c’est d’abord du plaisir. C’est aussi permettre aux jeunes d’avoir un accès régulier à la pratique sportive, parce qu’on propose des séances tous les mercredis et les samedis. Ça fait trois heures d’animation gratuite, puisque toutes les animations sportives qu’on propose sont encadrées par des coaches professionnels qui sont salariés de l’association, mais les jeunes participent à ces animations de manière gratuite. Nos éducateurs sportifs sont là pour offrir un contenu sportif, mais ils sont là aussi pour transmettre des valeurs, de savoir-être aux jeunes qui vont leur être utiles dans la perspective d’accès à l’emploi.

    Quelles sont les marges de développement de votre association ?

    P.O. : Pour répondre à votre question, nous, on a envie d’aider plus de jeunes. Aider plus de jeunes, ça veut dire accueillir plus de jeunes dans les centres qui existent, ça veut dire ouvrir de nouveaux centres sportifs. En région marseillaise, on a cinq centres en activité dans les quartiers nord et à Aubagne. Je pense que dans les deux ou trois années à venir, nous allons ouvrir quatre nouveaux centres dans la région marseillaise. Aujourd’hui, tous les deux ans, on mesure l’impact de nos actions pour voir ce que sont devenus les jeunes qui ont suivi nos programmes sportifs et nos programmes d’accès à l’emploi. On a entre 85 et 90% des jeunes qui sont passés par nos programmes qui sont en activité. Soit ils ont un CDI dans une entreprise partenaire de l’association, soit ils poursuivent leurs études. On intervient dans des quartiers prioritaires où le chômage des jeunes est deux fois plus élevé que la moyenne nationale. La moyenne nationale, elle est aux alentours de 15%.

    Quels seront les prochains événements de l’association autour de Marseille ?

    P.O. : À Marseille, on va organiser un tournoi de football solidaire. Depuis plusieurs années, on est soutenu par l’OM Fondation, qui nous apporte un soutien formidable, notamment dans nos programmes d’accès à l’emploi. Depuis quatre, on a été accueillis sur l’OM Campus, au mois de juin, pour organiser un grand tournoi de football solidaire, qui rassemble des entreprises de territoire. Cette année, il ne sera pas là-bas, mais à l’entrée des calanques sur le site de Luminy, le 28 juin.