Tag: Incendies

  • Des incendies dévastateurs ravagent l’Espagne

    Des incendies dévastateurs ravagent l’Espagne

    Les incendies continuent de se propager violemment dans différentes régions d’Espagne. C’est depuis le milieu de la semaine, l’ouest de la communauté de Madrid et les régions d’Avila et de Tolède qui sont la proie des flammes et depuis samedi la province de Castellon. Depuis samedi, c’est près de Valencia à Manises que s’est déclaré un incendie désormais sous contrôle, on déplore une personne décédée. Un autre front s’est ouvert à Vall d’Uixo dans la province de Castellon où 16 000 personnes ont été évacuées, cet incendie très préoccupant est actuellement hors de contrôle.

    Les incendies de la région de Madrid et d’Avila, qui étaient encore dimanche matin difficiles à contrôler du fait du vent qui souffle sans discontinuer, sont contenus depuis hier après-midi. Au moins 88 500 personnes ont été contraintes d’évacuer leurs maisons ou de s’y confiner. 45 000 hectares ont été décimés. L’état d’urgence nationale a été décrété par le gouvernement pour les régions de Madrid, Avila et Tolède. Au total en Espagne ce sont 120 000 personnes qui sont d’ores et déjà affectées par ces incendies. Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a fait le point de la situation ce dimanche à 11 heures depuis le poste de commandement à Navaluenga région d’Avila.

    Un pacte d’État face

    à l’urgence climatique

    Entouré du maire d’Avila et du président de la communauté Castilla- Léon, Pedro Sanchez a adressé ses remerciements et sa reconnaissance aux effectifs des services publics : « Je voudrais ajouter à ces remerciements, la communauté autonome de Castilla la Mancha qui hier a intégré le commandement unique que nous avons créé suite aux incendies dans la province de Tolède. Je salue l’aide de notre pays frère, le Portugal », relevant que la nuit de samedi sur le front des incendies avait été plus positive, il a insisté sur la nécessité pour les populations impactées de privilégier la prévention et la vigilance. « Samedi, nous donnions le chiffre de 130 000 hectares affectés depuis le début de l’année, aujourd’hui nous sommes au-dessus de 150 000 hectares plus de 20 000 hectares brûlés en plus en moins de 24 heures, avec une dizaine d’incendies, et 32 depuis le début de l’année. C’est-à-dire six fois plus que l’année dernière à la même date. » Le chef du gouvernement a estimé qu’il était nécessaire que tous les acteurs politiques et institutionnels, civils et sociaux aient une réflexion ensemble. « C’est une exigence, c’est un devoir moral que nous devons matérialiser dans un grand pacte d’État face à l’urgence climatique. Les incendies ont toujours existé mais leur multiplication, ces climats extrêmes où l’on passe d’une tempête à un grand incendie, nous indiquent ce que la science nous a dit déjà depuis longtemps, nous devons non seulement donner une réponse à ces événements climatiques, mais on doit aussi intégrer les données de la science pour que nous faisions les meilleures politiques en faveur de nos concitoyens. On doit le faire à tous les niveaux en mettant les ressources économiques nécessaires », a affirmé Pedro Sanchez. Le chef du gouvernement a conclu en réaffirmant la présence de l’État et sa vigilance de tous les instants face à cette catastrophe et annoncé de prochaines mesures : « Mardi en conseil des ministres nous approuverons un Royal décret-loi pour déclarer les zones affectées en catastrophe naturelle et apporter toutes les aides nécessaires aux citoyens et collectivités. »

    Hier après-midi, l’incendie de Vall d’Uixo dans la province de Castellon demeurait incontrôlé avec un bilan provisoire de 4 500 hectares détruits. Le dispositif en place a été renforcé par l’envoi de plusieurs hélicoptères.

  • Dans les Hautes-Alpes, le feu toujours en cours ne progresse plus

    Dans les Hautes-Alpes, le feu toujours en cours ne progresse plus

    Selon un point d’information de la préfecture des Hautes-Alpes, dimanche soir, « le feu [entre les communes de L’Argentière-La Bessée et Freissinières] n’a plus progressé depuis maintenant 24h grâce à l’action des groupes d’intervention et de lutte mobilisés toute la journée. La surface parcourue par le feu reste estimée à 510 hectares. Aucune victime civile n’est à déplorer. Aucune habitation n’a été endommagée ».

    La préfecture précise que « depuis le début de la crise, cinq sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés au cours des opérations. L’action des secours se concentre désormais sur le traitement des nombreux points chauds persistants, pour éviter et combattre toute reprise de feu par moyens terrestres comme aériens. Un drone de reconnaissance a été affecté aujourd’hui à la détection de ces points chauds ». Un total de 136 sapeurs-pompiers et militaires, appuyés par 46 engins, demeurent mobilisés pour lutter contre l’incendie. L’hélicoptère bombardier d’eau léger, affrété par le territoire ainsi que les deux hélicoptères bombardiers d’eau (renforts nationaux), sont affectés au traitement des reprises dans les endroits difficiles d’accès.

    Pour la préfecture « les chutes de pierre restent un risque majeur, à la fois pour la sécurité de nos intervenants, et pour la réévaluation des mesures d’évacuation et de fermeture des routes. Les mesures de protection des populations, notamment l’évacuation de certaines habitations demeurent inchangées ». Dès ce lundi, les services experts de l’État décideront d’une stratégie de réévaluation de l’exposition aux chutes de blocs des hameaux évacués. Pour garantir la sécurité des personnes et faciliter l’action des secours, la RD 138A et RD38 entre la RD138A et Pallon restent fermées à la circulation. La RD 38B qui avait été interdite sauf aux riverains est rouverte.

  • L’incendie progresse dans le Gros Bessillon, 4 500 hectares ravagés

    L’incendie progresse dans le Gros Bessillon, 4 500 hectares ravagés

    Les espoirs de fixer l’incendie vendredi ou samedi ont été vains pour les sapeurs-pompiers mobilisés depuis mardi sur le secteur du Gros Bessillon. Ils n’ont pas été plus fructueux dimanche. Car chaque fois que la situation s’améliore sur un secteur, c’est un autre qui s’embrase, sous l’effet d’un vent soutenu et imprévisible. « C’est un véritable “feu toupie”. Au gré des changements de vent, il va dans un sens et retourne dans l’autre », déplorait le préfet du Var, Simon Babre dimanche après-midi.

    Dans la nuit de vendredi à samedi, le feu a repris au nord-ouest de la commune de Correns, dont l’un a menacé des habitations, et à Pontevès, faisant passer le bilan de 2 700 à 3 250 hectares parcourus. Et la situation s’est gâtée en début d’après-midi, alors que le feu continuait de menacer Correns, avec une grosse reprise sur un secteur situé entre Barjols et Pontevès. Malgré les efforts des 1 000 sapeurs pompiers mobilisés, équipés de six Hélicoptères bombardiers d’eau (dont deux Pumas lourds), trois avions Dash et 265 véhicules feux de forêts, les flammes se sont rapidement dirigées vers Brue-Auriac, et surtout Châteauvert et Barjols, où de nombreuses évacuations (en plus de confinements dans certaines zones, notamment le centre de Barjols) ont eu lieu. En début de soirée, plus de 2 000 personnes avaient dû fuir leur domicile sur l’ensemble des communes concernées, avec un nouveau bilan de 4 000 hectares brûlés. Deux nouvelles habitations ont été détruites, et 17 autres touchées, tandis qu’une distribution de bouteilles d’eau a été assurée auprès des habitants de Pontevès, la turbidité de l’eau ayant dépassé le seuil maximum réglementaire.

    Pas de fixation espérée avant le milieu de semaine

    Des précipitations étaient espérées pour la nuit, alors qu’un orage venait de passer par le littoral varois. D’autant plus que la journée de dimanche s’annonçait périlleuse, avec une réactivation du mistral attendue dans la matinée, potentiellement vectrice de nouveaux départs de feux. Il n’en fut rien, et les quelques millimètres tombés de manière éparse n’ont finalement été d’aucune aide pour lutter contre les flammes, qui avaient parcouru 500 hectares de plus au petit matin.

    Un DASH, quatre canadairs, trois hélicoptères bombardiers d’eau, deux dragons, ainsi que deux unités du 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile (7e RIISC) de Brignoles sont venus en renforts 275 véhicules feux de forêts et 1 030 sapeurs-pompiers mobilisés durant la nuit, sur un front de 126km, où plusieurs feux se sont réactivés sous l’effet d’un vent de nord-ouest, notamment au sud de Barjols. Le danger s’était éloigné de Montfort-sur-Argens, où des bénévoles ont réalisé des opérations de noyage.

    Les efforts se sont ensuite concentrés sur quatre secteurs qui ont subi de nouvelles réactivations au fil des heures, sous l’effet d’un vent pluridirectionnel : l’ouest de Barjols, le sud du Petit Bessillon à Pontevès, Saint-Andrieu et le plateau situé au-dessus du Vallon de la Puade à Correns. Une station de ravitaillement en carburant opérée par l’armée et plusieurs postes de commandement de terrain ont été mis en place : un PC opérationnel à Pontevès et 3 PC de secteurs sur Cotignac, Barjols et Montfort-sur-Argens, pour faciliter la direction des actions par les maires et décliner les décisions du PC de la préfecture, et du Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS) situé au Sdis. Des piscines mobiles ont également été réparties sur tout le pourtour de la zone, qu’alimentent les agriculteurs et des entreprises de transport.

    Plusieurs milliers de personnes étaient évacuées ou confinées dimanche soir, notamment à Correns, Barjols et Châteauvert. Désormais, l’objectif est de fixer le feu en milieu de semaine, alors que les conditions des prochains jours ne s’annoncent pas plus favorables.

  • Incendie dans le Var : 4000 hectares brûlés, reprises de feu en direction de plusieurs villages

    Incendie dans le Var : 4000 hectares brûlés, reprises de feu en direction de plusieurs villages

    Les espoirs de fixer l’incendie vendredi ou samedi ont été vains pour les sapeurs-pompiers mobilisés sur l’incendie qui s’est déclenché mardi midi dans un champ sur la commune de Pontevès, avant de gagner le massif du Gros Bessillon. Car chaque fois que la situation semble s’améliorer sur un secteur, c’est un autre qui s’embrase, sous l’effet d’un vent soutenu et imprévisible.

    Dans la nuit de vendredi à samedi, le feu a repris sur deux secteurs de la commune de Correns, dont l’un a menacé les habitations du nord ouest du village, et à Pontevès, faisant passer le bilan de 2700 à 3250 hectares parcourus. Aucune nouvelle habitation n’a cependant été touchée.

    La situation s’est gâtée en début d’après-midi, alors que le feu continuait de menacer Correns, avec une grosse reprise sur un secteur situé entre Barjols et Pontevès. Malgré les efforts des 1000 sapeurs pompiers mobilisés, équipés de 6 Hélicoptères Bombardiers d’Eau (dont 2 Pumas lourds), 3 avions Dash et 265 véhicules feux de forêts, les flammes se sont rapidement dirigées vers Brue-Auriac, et surtout Châteauvert et Barjols, qui se sont retrouvées directement menacées, et où de nombreuses évacuations (en plus de confinements dans certaines zones comme dans le centre de Barjols) ont eu lieu. En début de soirée, plus de 2000 personnes avaient dû fuir leur domicile sur l’ensemble des communes menacées par le feu, avec un nouveau bilan de 4000 hectares brûlés. 110 gendarmes ont été engagés pour la sécurisation des évacuations.

    Pluie espérée pour la nuit, inquiétude pour dimanche

    En début de soirée, la pluie, qui a copieusement arrosé le littoral pendant plusieurs dizaines de minutes, se faisait toujours attendre dans les terres, seuls quelques orages très localisés – et à double tranchant, puisque la foudre pouvait également faire craindre de nouveaux départs de feu – ayant apporté un peu d’humidité. Des précipitations étaient espérées pour la nuit.

    D’autant plus que la journée de dimanche s’annonce périlleuse, avec une réactivation du mistral attendue dans la matinée, qui pourrait entraîner avec elle de nouveaux départs de feux.

  • Le feu des Hautes-Alpes gagne du terrain

    Le feu des Hautes-Alpes gagne du terrain

    Alors que le préfet des Hautes-Alpes disait le feu « contenu » jeudi, l’incendie du secteur du Bois Noir a très rapidement progressé et pratiquement doublé de volume, vendredi, « poussé par des vents forts ». « C’était une journée charnière, il fallait absolument tenir aujourd’hui », a déclaré le préfet vendredi soir, alors que Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, s’est rendue sur place. « Les conditions étaient particulièrement défavorables : hier, alors que le vent se tassait en fin de journée habituellement, il a continué de souffler toute la nuit, attisant les flammes. » 260 personnels étaient mobilisés vendredi soir, dont 90 sapeurs-pompiers des Hautes-Alpes, renforcés par des moyens extra-départementaux, 77 militaires et 70 engins.

    « Une vraie fourmilière s’active autour de l’incendie depuis plusieurs jours. Le détachement d’intervention spécialisé (DIS) poursuit la progression à pied, avec plusieurs dizaines de kilos de matériel sur le dos », ont indiqué les sapeurs-pompiers des Hautes-Alpes. « Leur mission : atteindre les zones difficiles d’accès, ouvrir des cheminements, déployer des centaines de mètres de tuyaux… Pendant des heures, ils évoluent dans la fumée, la chaleur et un relief particulièrement exigeant. » Le SDIS 05 compte 92 sapeurs-pompiers dans ce détachement d’intervention spécialisé.

    « La situation aurait dû être anticipée »

    Dans un communiqué diffusé vendredi, c’est au tour des communistes de déplorer la gestion de cet incendie et les délais d’intervention. « La situation aurait dû être anticipée, regrette Sophie Delfino, secrétaire départementale du PCF. On trouve des moyens quasi illimités pour la guerre, mais pas pour l’Office national des forêts, pas pour les pompiers qui subissent une situation catastrophique et sont empêchés de remplir leur mission, pas pour les collectivités locales et les maires se trouvent démunis face à cette situation. »

  • [Entretien] Philippe Rio, maire PCF de Grigny, Essonne : « Les maires se cognent à toutes les réalités »

    [Entretien] Philippe Rio, maire PCF de Grigny, Essonne : « Les maires se cognent à toutes les réalités »

    La Marseillaise : Quel est l’objectif de votre visite dans la région ?

    Philippe Rio : Je viens à la rencontre de la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens des Bouches-du-Rhône, aujourd’hui présidée par Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove. J’ai prévu une belle balade, qui passe par Le Rove donc, mais aussi Aubagne, Belcodène, Septèmes-les-Vallons, Marseille, Port-de-Bouc et Martigues. L’objectif est d’échanger et d’apprendre avec l’ensemble du réseau de la coopérative. Mon premier point sera de dire un grand bravo aux élus communistes, républicains et citoyens. Alors que tout le monde s’attendait à une vague brune, ils sont parvenus à maintenir leurs élus et parfois même à en gagner, comme à Aubagne, où la ville a rebasculé à gauche. Ils ont su s’organiser et résister. Je suis donc venu m’intéresser aux méthodes qui ont permis à notre vision de la justice sociale, de la solidarité, et d’une autre société, de continuer d’exister. Ensuite, notre feuille de route est claire : conforter le réseau de la coopérative, mais aussi se former à la gestion communale et intercommunale, qui est complexe, en échangeant les uns avec les autres. L’objectif est de réfléchir ensemble à la meilleure façon de faire.

    La France est confrontée à de violents incendies et les maires se retrouvent en première ligne, même si leurs compétences en la matière sont limitées. Comptez-vous aborder cette question ?

    P.R. : Quoi qu’il arrive, que ce soit la question des incendies ou n’importe quelle autre, tout finit par atterrir sur les communes. Beaucoup de choses nous dépassent, le changement climatique en fait partie. Pour autant, on doit, là où nous sommes, comme de petits colibris, s’attaquer à la question de l’atténuation de nos émissions et en même temps s’adapter. Les communes, comme les maires, se cognent à toutes les réalités, y compris celles qui ne relèvent pas juridiquement de leurs compétences. Nous percutons tous de plein fouet les conséquences du changement climatique, et le bassin méditerranéen d’autant plus. Je suis président d’un réseau national et ce qui se passe aux quatre coins de la France me perturbe. L’arc méditerranéen est à l’avant-garde de ces questions, je suis donc aussi venu apprendre. Le réseau des élus de la coopérative est aussi là pour ça : récolter l’expérience des uns et des autres sur la gestion, anticiper les crises… Nous aussi, à Grigny, à quelques kilomètres de Fontainebleau [où un feu a brûlé 2 200 hectares mi-juillet, Ndlr], avons besoin de savoir comment réagir face au feu. De la même manière, la gestion des périodes de forte chaleur est quelque chose que nous avons à apprendre de la région Sud : comment adapter les équipements publics, les écoles, les dortoirs dans les maternelles, les crèches, les Ehpad ? C’est aussi à ça que servent ces rencontres car nous, dans le nord, nous ne savons pas comment faire.

    Vous vous êtes récemment exprimé sur le Pass Sport, qui devait être rétabli à la rentrée pour les 6-13 ans. Quelle est votre position ?

    P.R. : Le Pass Sport était une mesure simple, populaire, de pouvoir d’achat [aide financière à destination des familles pour l’inscription de leurs enfants à une structure sportive, Ndlr]. L’aide avait été retirée pour les 6-13 ans l’an passé, mais on nous avait promis un retour cette année. Et on apprend qu’à quelques semaines de la rentrée, rien n’est prêt. Le gouvernement est en train de retirer quelque chose qui commençait à bien fonctionner. C’est un outil précieux, notamment pour les familles nombreuses, qui n’ont plus à choisir quel enfant elles inscrivent au sport, sachant que, souvent, les garçons sont privilégiés. Dans ma commune, le dispositif a permis une augmentation d’inscription de 40% chez les filles.

  • Plusieurs reprises de feu ont empêché de fixer l’incendie dans le Gros Bessillon vendredi

    Plusieurs reprises de feu ont empêché de fixer l’incendie dans le Gros Bessillon vendredi

    Les vents d’ouest du début de semaine, qui avaient posé de grandes difficultés dans la lutte contre l’incendie du massif du Gros Bessillon, devaient se calmer vendredi. Ce sont des vents « très tourbillonnants », selon la préfecture du Var, qui s’y sont finalement substitués, provoquant de nombreuses reprises de feu, notamment à partir de 14h, après une nuit durant laquelle une reprise sur le secteur de Sainte-Catherine, à Pontevès, a embrasé 1,5 hectare, tandis que les 800 pompiers et 109 militaires mobilisés étaient parvenus, une fois encore, à préserver Cotignac des flammes.

    Les 1 000 sapeurs-pompiers, dotés de 265 véhicules feux de forêts, un avion DASH, quatre Canadairs, dont un Croate, dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l’Union européenne (MPCU), et trois hélicoptères bombardiers d’eau, dont un lourd, se sont employés à contenir des feux qui menaçaient désormais, en plus de Pontevès, les communes de Barjols, Châteauvert et Correns, un peu plus tard dans l’après-midi.

    Des orages sont attendus ce samedi

    300 nouvelles évacuations ont été réalisées en plus de celles de jeudi, certaines personnes n’ayant toujours pas pu regagner leur domicile. 12 communes ont activé au moins un centre de regroupement : Barjols, Le Val, Correns, Brignoles, Brue-Auriac, Pontevès, Carcès, Sillans-la-Cascade, Salernes, Montfort-sur-Argens, Lorgues et Châteauvert. Les personnes qui avaient été évacuées à Pontevès et Montfort-sur-Argens ont toutefois pu regagner leur domicile, en début de soirée.

    Deux axes routiers (RD45 et RD 554) étaient partiellement filtrés pour faciliter les évacuations, tandis que des portions des RD560, RD60, RD22 et EV8 étaient fermées à la circulation.

    La journée de ce samedi, où des orages sont prévus – et même espérés – dans le département du Var, pourrait permettre aux pompiers d’avancer dans leur entreprise de fixation. En espérant que, cette fois, la météo ne leur joue pas de tours.

    Deux enquêtes ouvertes

    Le parquet de Draguignan a ouvert deux enquêtes au sujet des incendies dans le Var : une pour celui de Pontevès, et une autre pour celui des Arcs-Taradeau. La piste criminelle serait privilégiée pour ce dernier selon BFM Var, qui indique qu’un suspect en scooter ayant mis le feu à l’aide de bidons d’essence aurait été identifié et serait recherché. Un appel à témoins a été lancé par la gendarmerie du Var. Les coupables encourent entre 5 ans de prison (incendie involontaire ayant généré des blessures) et la perpétuité (feu volontaire ayant causé des décès).

  • Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Deux incendies dantesques dévorent le sud

    Les pompiers mènent toujours un combat dantesque contre deux mégafeux en Gironde et dans les Landes, tandis que dans le Var, l’incendie de Pontevès continue sous le coup de mauvaises conditions météo (lire ci-contre). 2 000 pompiers au total sont mobilisés (1 000 en Gironde, 500 dans les Landes et autant dans le Var) pour circonscrire ces feux, dont l’origine n’est pas encore déterminée. Mais on sait que neuf fois sur dix, l’origine est humaine : imprudence, comportement dangereux.

    Un climat d’apocalypse règne dans le Sud-Ouest, dans une région, la Nouvelle-Aquitaine, très touristique. Vendredi soir, l’incendie avait déjà parcouru 20 000 hectares en Gironde, quelque 2 600 hectares dans les Landes et 2 500 dans le Var. Pour les services de secours, la priorité absolue est la mise à l’abri des vies humaines, car les deux monstres de flammes et leurs multiples brasiers sont pour l’instant incontrôlables. Au total, vendredi, et selon un bilan provisoire, 110 000 personnes, habitants et visiteurs, ont été évacuées en Gironde, 31 000 dans les Landes et 300 dans le Var.

    Le feu « se dirige vers

    la métropole bordelaise »

    Selon le lieutenant-colonel Éric Pitault, des pompiers de Gironde, « l’arrière du feu, vers Le Porge et au-dessus, a connu un ravivement avec des reprises de feu importantes. Ce qui complique l’action de nos collègues, c’est l’intensité du foyer et le vent qui a forci et changé de direction ». « L’odeur du feu se sentait jusqu’à Bordeaux dont le ciel prenait une couleur jaunâtre. »

    Après une nuit marquée par une vitesse de propagation des flammes très rapide, malgré une « lutte acharnée » du millier de sapeurs-pompiers engagés, l’ordre a été donné, vendredi matin, d’évacuer en totalité la très touristique presqu’île du Cap-Ferret et ses 40 000 habitants estivaux. Cela se fait par l’unique route et par une noria de bateaux, selon un scénario prévu et répété l’an passé par les autorités. Vendredi soir, Sophie Brocas, la préfète de Nouvelle-Aquitaine, a annoncé que l’incendie de Lège-Cap-Ferret est « poussé par un vent d’ouest soutenu et qu’il se dirige vers la métropole bordelaise ».

    Quarante-deux sapeurs-pompiers blessés ont été pris en charge, dont neuf évacués, « tous en urgence relative », selon la préfecture. Les pompiers sont appuyés dans les airs par 4 Canadairs, 2 Dash, 3 Air Tractor et 2 hélicoptères bombardiers d’eau.

    Selon le ministre de l’Intérieur, « actuellement, on a 32 feux en cours, qui n’ont évidemment pas tous la même importance ». « On a dépassé le seuil des 50 000 hectares qui ont été brûlés depuis le 1er janvier de cette année. Par rapport à l’an passé, c’est quasiment fois trois. » Laurent Nuñez a annoncé un transfert d’une partie des moyens déployés jusqu’à présent dans le Sud-Est vers la Gironde et les Landes. Face à une situation « sous très forte tension », le président de la République a demandé vendredi aux armées « de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile ». Emmanuel Macron a aussi annoncé, dans la nuit de jeudi à vendredi, avoir demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE) : « Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais, ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque ». Une cellule interministérielle de crise était convoquée à 22h, vendredi, par le premier ministre.

    Après la France, l’Espagne a annoncé avoir activé le « Mécanisme européen » et demandé « quatre moyens aériens de lutte contre les incendies », indiquant que la Grèce avait « accepté la demande, offrant deux avions Canadair ». En Espagne, au moins 63 000 personnes ont déjà été évacuées ou sont confinées dans la région de Madrid en raison du « pire incendie de l’histoire » de la région, qui a déjà ravagé 6 000 hectares, selon la présidente régionale, Isabel Díaz Ayuso.

  • « Qui aurait pu prédire? »

    « Qui aurait pu prédire? »

    Sécheresse maximale, températures records, fréquentation humaine décuplée : les ingrédients propres au risque incendie dans les régions touristiques du sud de la France faisaient redouter le pire. Nous y sommes. Des méga feux rapides, violents et pour l’heure incontrôlables ravagent les Landes et la Gironde et obligent à l’évacuation de dizaines de milliers d’habitants et de visiteurs. Celui qui martyrise le Var depuis le début de la semaine continue et, dans les Hautes-Alpes, le feu dit du Bois Noir, au nom prémonitoire, a quasiment doublé de volume. Des milliers de pompiers sont à pied d’œuvre et risquent leur vie. 42 sont déjà blessés.

    Il n’y a aucune fatalité à ces catastrophes, qui n’ont rien de naturelles.
    Un véhicule en feu aurait provoqué l’incendie des landes, des travaux celui en Gironde… Neuf feux sur dix sont d’origine humaine.

    Absence d’anticipation

    L’absence d’anticipation des moyens matériels et humains pour combattre ces fléaux est le fait des gouvernements successifs d’Emmanuel Macron.

    Vendredi soir, sur TF1, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a balayé les critiques. Un déni qui ne tient pas la route. Car les différents rapports sur le dérèglement climatique, connus depuis des années, précisent que la surface des forêts de plus en plus sensibles aux incendies augmente. Les moyens doivent suivre ! La sécurité civile, au sol et dans les airs, doit être une priorité. Le coût humain, matériel, environnemental, culturel et économique des feux de plus en plus fréquents est autrement plus lourd que les nécessaires investissements pour la sécurité de tous.

  • [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    [Entretien] Jean-Luc Beccari, directeur du Sdis 13 : « Pensez à nous, au bout du bout, il y a des vies »

    La Marseillaise : Le risque incendie était estimé sévère ce jeudi 23 juillet, comment appréhendez-vous cette nouvelle alerte ?

    Jean-Luc Beccari : Avant de vous répondre, je voulais rendre hommage à nos collègues de Savoie et de Gironde, puisque ce sont trois sapeurs-pompiers qui sont décédés depuis le début de la saison, et qu’on a en tête leur sacrifice. On appréhende cette journée avec beaucoup de préparation, on sait faire. C’est une des journées où les indicateurs de risque sont les plus importants depuis le début de la saison, même si depuis mi-juin, on en a eu une succession. Aujourd’hui, quasiment 980 sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône sont prêts, dans leurs casernes, ou prépositionnés sur le terrain, pour faire face aux opérations de secours courantes, mais aussi surtout au départ de feu que l’on pourrait avoir dans des conditions de sécheresse et de vent extrêmes sur certaines zones du département.

    Concrètement, que se passe-t-il quand un feu est détecté ?

    J.-L.B. : Très souvent, c’est un appel de secours par un témoin qui voit une fumée ou directement le feu du bord de la route. Sur le 18 et le 112, on le prend en compte directement. La détection peut aussi se faire par notre réseau de vigies, une trentaine, positionnées sur des points hauts des massifs forestiers. L’ensemble de ces éléments sont récupérés ici, dans ce centre opérationnel, et vont nous permettre d’engager les premiers moyens d’intervention, souvent d’ailleurs des forestiers sapeurs du Conseil départemental qui maillent, avec 60 patrouilles, le territoire. Et on va faire converger les moyens de secours des casernes et du dispositif préventif que vous voyez derrière moi prépositionné sur le terrain.

    Quel premier bilan tirez-vous
    de cette saison par rapport
    à la précédente
     ?

    J.-L.B. : Nous avons eu 379 départs de feu depuis le 1er juin. C’est plus que l’an passé, mais les surfaces sont contenues. Pas moins de 95% des feux sont éteints avant d’atteindre les 5 hectares. L’an passé, nous avions eu trois feux qui avaient pratiquement créé la totalité de la surface. Mais soyons humbles, on a une grosse journée à passer, et surtout, nous sommes le 23 juillet, notre saison est encore devant nous.

    L’usage de nouvelles technologies, comme les caméras dotées d’intelligence artificielle, est-il un atout ?

    J.-L.B. : Ces caméras intelligentes sont pour l’instant expérimentales, utilisées en « back-up » du dispositif humain. Il faut les mettre à l’épreuve du réel car on a beaucoup d’activités autour des massifs et du monde qui circule sur les routes. Trois projets sont en cours, on en tirera des conclusions en octobre.

    Vous insistez aussi sur
    la prévention. Quel message souhaitez-vous faire passer
    à la population
     ?

    J.-L.B. : Tout notre dispositif a, bien évidemment, une limite. Celle des départs de feu multiples, celle de l’imprudence qui peut créer des départs de feu dans des zones extrêmement dangereuses, et aujourd’hui, malgré notre mécanisme mis en place, rien ne peut être plus efficace que le comportement de la population dans ces journées à risque. Alors quoi dire ? Pensez à nous ? Pensez à ceux qui sont tombés il y a quelques jours en Gironde. Pensez à eux quand vous êtes en voiture et que vous êtes tentés de jeter votre mégot par la fenêtre. Pensez aussi à ceux qui perdent leur maison. Peut-être, alors, que vous ne ferez pas un barbecue en bordure de massif cet après-midi ou que vous ferez très attention si vous voulez couper un métal avec une disqueuse à proximité d’un massif forestier. Plus de 90% des incendies sont d’origine humaine. Cette mobilisation de chacun est indispensable. Et c’est pour ça que, même si on le répète sans cesse, il va falloir aussi vraiment mobiliser les gens. Au bout du bout, il y a des vies et il y en a trois qui sont tombées, c’est déjà trois de trop.

    Alors que les incendies sont
    de plus en plus précoces
    et intenses, pensez-vous qu’il faille revoir votre doctrine, l’attaque massive des feux naissants
     ?

    J.-L.B. : Je pense que les grands principes de notre stratégie nationale sont toujours bons. Même si dans leur mise en œuvre, il y aura toujours de l’amélioration continue. L’évolution majeure est à avoir dans nos réflexions autour de l’aménagement du territoire. Il faut absolument qu’on réfléchisse au cloisonnement de nos massifs, à l’aménagement agricole et aux coupures vertes, à réinvestir les espaces qui peuvent être en friche, à travailler sur des ceintures peut-être vertes autour d’un certain nombre de villages, dans certaines configurations. L’aménagement DFCI pour « Défense de la forêt contre l’incendie », est capital pour accéder également aux massifs. Et puis il y a les obligations légales de débroussaillement. Il faudra, quoi qu’il en soit, passer un cap. Parce qu’on a encore trop de situations où la lutte et la défense des points sensibles sont rendues extrêmement compliquée, voire dangereuse, parce que l’habitation ou les accès ne sont pas débroussaillés, parce qu’il n’y a pas d’eau disponible et parce qu’on a de la voirie, parfois, qui ne nous permet même pas d’accéder avec nos véhicules sur des lieux habités. L’enjeu immédiat est probablement d’intervenir de manière plus conséquente et plus forte pour arriver à améliorer la « défendabilité » des zones d’interface entre habitat et forêt. Une oliveraie, une vigne entretenue, ou l’agro-pastoralisme qui existaient quand nous avons investi notre espace rural ou péri-rural et qui, petit à petit, ont perdu du terrain, peuvent aussi réellement être de nouveaux outils.