« Quand on a emménagé en mars dernier, les enfants étaient éblouis. Ils disaient qu’ils se sentaient comme dans un hôtel », confie, sourire aux lèvres, Chérif Harid, directeur de la Maison d’enfants à caractère social (MECS) de La Verdière, à Montfavet, à l’occasion de son inauguration ce mercredi 17 septembre. Celle-ci peut désormais accueillir jusqu’à 33 enfants placés dans le cadre de l’article 375 du Code civil, c’est-à-dire des jeunes potentiellement en danger.
Trois bâtiments flambant neufs, chacun dédié à une tranche d’âge, regroupent au total 28 chambres avec salles d’eau. Une quatrième unité, qui accueille jusqu’à cinq adolescents, a, elle, été partiellement rénovée. Les jeunes sont âgés de 6 à 21 ans. La MECS de La Verdière est autorisée et habilitée par le Département de Vaucluse et est gérée par l’Association départementale de Vaucluse pour la sauvegarde de l’enfance à l’adulte (ADVSEA). « Ce nouvel équipement a pour objectif d’offrir aux enfants un cadre de vie stable, chaleureux et protecteur pour qu’ils puissent grandir sereinement malgré les difficultés qu’ils ont rencontrées », précise le Département de Vaucluse dans un communiqué de presse.
« Le bâtiment où l’on était avant était assez vétuste, car il avait plus de 50 ans. Là, c’est vraiment conçu pour une cohabitation avec les enfants, car c’est aussi un outil de travail. Cela permet de mieux répondre aux problèmes types que pourra rencontrer chacun d’entre eux dans sa vie personnelle », poursuit le directeur avant de faire visiter les lieux. La plupart des enfants ont leur propre chambre, comme Soan, 10 ans, tout fier de présenter ses jouets et sa décoration Pokémon aux élus locaux et aux représentants de la protection de la jeunesse. « C’est mieux qu’avant », lance-t-il en réponse aux questions de quelques curieux avant de retourner jouer avec ses voisins de chambre.
Un chantier qui a, au total, coûté 3,8 millions d’euros, entièrement financé par le Département de Vaucluse. « On a voulu une structure à taille humaine pour permettre aux enfants qui n’ont pas eu les mêmes chances que les autres de se construire, voire de se reconstruire. Un cadre protecteur pour ceux qui ne peuvent vivre dans un cadre habituel. Ici débute, pour beaucoup, une nouvelle page. La tâche est immense et on n’ignore rien de sa complexité », assure ainsi Suzanne Bouchet (DVD), présidente de la commission Enfance, solidarités et handicap au Département de Vaucluse.
Pendant ce temps, Jean-Yves Chemin, président de l’ADVSEA, s’est réjoui de la fin d’un « projet long à monter et difficile à financer », avant de rappeler les difficultés financières rencontrées récemment par sa structure. « Il y a deux préoccupations majeures actuelles. Tout d’abord, le refus actuel du Département de payer la prime Ségur depuis son application légale en janvier 2024. Cela représente pas moins de 400 000 euros par an pour notre structure et impacte lourdement notre trésorerie. La seconde est l’incertitude pesant sur l’avenir du service de prévention spécialisée. Dans l’attente du renouvellement d’une convention avec le Département, il y a eu deux restructurations ayant conduit à la suppression de quinze emplois », assène-t-il.


