Tag: hôpital

  • Un plan d’économies pour l’hôpital de Manosque sur la table

    Un plan d’économies pour l’hôpital de Manosque sur la table

    « Comme dans tous les hôpitaux de France, la période du Covid a été terrible », reconnaît le maire de Manosque après sa réélection à la présidence du Conseil de surveillance du Centre Hospitalier de Manosque ce vendredi. En 2020, La déprogrammation massive d’hospitalisations et de chirurgies avait fait chuter l’activité de l’établissement. « La problématique sur Manosque, c’est qu’en 2023/2024 il n’y a pas eu de reprise d’activité normale, contrairement aux autres [hôpitaux] », rappelle-t-il, pointant la fréquentation des urgences, « passée de 35 000 à 25 000 » passages annuels depuis la crise sanitaire.

    Face à la chute des recettes, alourdie par la dette héritée de la construction du nouvel hôpital en 2007, Camille Galtier plaide pour un « plan annuel et structurel pour accompagner les hôpitaux de proximité ». Selon lui, l’établissement manosquin, associé à celui de Digne-les-Bains, ne pourra jamais rivaliser avec des hôpitaux « rattachés à des locomotives » comme Toulon ou Avignon. « On a besoin de plus d’aide que les autres, d’une aide structurelle et non conjoncturelle. »

    En 2024, Camille Galtier avait démissionné de la présidence du Conseil de surveillance, un geste qu’il présente comme un « cri d’alerte » sur l’impuissance des élus locaux face à l’Agence régionale de santé. Le ton est aujourd’hui à l’apaisement : « Le message est enfin compris à l’échelle régionale, cette collaboration fait du bien. »

    « Il n’y aura pas

    de plan de licenciements »

    Pour redresser la situation, Camille Galtier s’appuie sur un plan élaboré par la Nappe, cabinet d’audit, avec l’ambition d’économiser près de 5 millions d’euros en un an, « sans toucher au personnel », assure-t-il. L’objectif est d’« optimiser l’organisation fonctionnelle de l’hôpital via un redéploiement du personnel vers les services sous-dotés ».

    L’épineuse question

    des urgences

    « Les urgences, c’est la vitrine de l’hôpital. La vitrine d’un hôpital ne peut pas se permettre d’être fermée six heures par jour », lance Camille Galtier. Fermé la nuit depuis deux ans faute d’effectifs – 7 urgentistes disponibles sur les 14 nécessaires – il espère voir le service rouvrir sur ce créneau grâce à l’arrivée de nouveaux praticiens, qui portent désormais l’équipe à 10. Le président appelle, « avec bienveillance », la direction et le personnel médical, à « trouver une solution dans les trois mois ». Il s’oppose en revanche à toute régulation stricte de l’accès aux urgences, y voyant une atteinte au service public. « Même si nous ouvrions 24h/24, sans régulation, on ne ferait pas 100 patients par jour comme en 2020. »

    Fortement appuyé par le rapport de la Nappe, le projet de gouvernance de l’hôpital sera présenté par la direction en octobre. « On a de la marge entre ce qu’on nous propose et ce que la direction va proposer », se félicite Camille Galtier, qui souhaite rencontrer les syndicats avant la rentrée pour en discuter. Confiant, il conclut : « Je sais qu’il y a du personnel dévoué. Tout le monde a pris conscience qu’à Manosque, on peut basculer sur quelque chose de vertueux. »

    Andréa Goyard de Castro

  • [Entretien] « Il faut aller au bout du projet du nouvel hôpital d’Aubagne »

    [Entretien] « Il faut aller au bout du projet du nouvel hôpital d’Aubagne »

    La Marseillaise : Vous vous êtes réunis mercredi avec les maires des 18 autres communes concernées par la construction d’un nouvel hôpital à Aubagne. Qu’y avez-vous appris ?

    Roland Giberti : On a appris tous ensemble que le financement de l’hôpital d’Aubagne, en particulier l’achat du terrain, n’était pas assuré. C’est quelque chose de grave. Nous sommes un peu étonnés : l’hôpital est un service public qui par définition devrait être géré et financé par l’État. [Une partie des travaux est financée par l’État dans le cadre du plan Ségur, mais l’acquisition du foncier était à l’origine prévue à la seule charge d’Aubagne, Ndlr]. Mais comme il ne le fera pas, nous essayons de voir ce que l’on peut faire avec la mairie d’Aubagne pour ne pas perdre l’hôpital. Nous devons agir vite, d’ici octobre-novembre. Car si l’État n’assure pas, qui sera puni ? C’est nous, notre population, nos administrés, ceux qui en ont besoin. Donc, à contrecœur, mais de façon obligatoire, il faut trouver des solutions qui nous permettent de financer cet achat.

    La mairie d’Aubagne suggère que les autres communes participent financièrement à l’achat
    du foncier…

    R.G. : C’est la proposition qui a été faite. Nous, la commune de Gémenos, nous pourrons sortir la somme demandée. Mais ce n’est pas le cas de la plupart des municipalités : les dotations de l’État diminuent de plus en plus, les communes sont à bout de souffle. Elles ne peuvent pas sortir 100 000 ou 150 000 euros de leur budget. De notre côté, nous tentons de trouver des solutions. Nos administrés vont là-bas, nous allons donc participer, mais je ne sais pas si ça réglera le problème.

    Vous comprenez que la Ville d’Aubagne demande une participation ?

    R.G. : Je trouve la situation anormale, car je pense que ce devrait être à l’État de financer. La mairie d’Aubagne nous a annoncé qu’elle s’occuperait de la moitié du financement du foncier. Nous pensons qu’elle devrait donner un peu plus, car elle doit hériter des locaux de l’ancien hôpital. Dans tous les cas, j’espère que nous parviendrons à trouver une solution mercredi prochain, à 11h, lors de notre prochaine réunion. Si on ne la trouve pas, ça va être dramatique. Cet hôpital est une infrastructure importante et nécessaire pour le territoire. Le projet est magnifique : des services médicaux vont être créés et développés. Il faut absolument que l’on aille jusqu’au bout.

  • Nouvel élan pour la section communiste aubagnaise

    Nouvel élan pour la section communiste aubagnaise

    Nouveau visage, nouveau souffle. C’est le message qu’a voulu communiquer la nouvelle secrétaire de la section PCF d’Aubagne, Alexandra Brochus. Tout juste élue, après les congrès locaux et le congrès national du parti, la militante du Collectif 13 Droit des femmes promet d’être de tous les combats : « On nous dit souvent : “Vous êtes partout, les communistes !Certains le voient comme une critique, mais il s’agit pour moi d’une vraie qualité ».

    Mais avant de parler avenir, les communistes aubagnais ont jugé bon d’affirmer leur rupture avec leur récent passé. « Le parti communiste a toujours combattu toute forme de racisme et de discrimination, a souligné Dylan Zeitoun, responsable fédéral de la vie du parti dans les Bouches-du-Rhône. Les propos antisémites caractérisés de certains des anciens membres de notre section méritaient une clarification et ne nous empêcheront pas, bien sûr, de militer pour la libération du peuple palestinien, que nous défendons depuis 60 ans ». Quatre membres de la section communiste locale avaient été exclus en avril 2025, après avoir été accusés d’avoir tenu des propos antisémites lors d’une assemblée générale. L’ancienne secrétaire de section, Marie-Laurence Nouari, suspendue au même moment pour ne pas avoir réagi lors de ladite assemblée, avait dans la foulée rendu sa carte du parti… Mise au point faite, la nouvelle secrétaire, Alexandra Brochus, a pu lister les grands chantiers de sa feuille de route.

    Sur le terrain, toujours

    En tête, bien sûr : la défense de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile, mise en place en 2009 sous la municipalité de Daniel Fontaine (PCF). Gratuité actuellement menacée par une Métropole en prise à de grosses difficultés financières. La section a également affirmé sa détermination à défendre le projet de construction du nouvel hôpital dans la zone de Gargues, à Aubagne. L’occasion de réaffirmer « son soutien aux travailleurs de la santé » et de rappeler sa vive opposition au « plan d’efficience » envisagé par la direction du Centre hospitalier Edmond-Garcin, actuel hôpital du secteur, et suggérant la suppression d’une cinquantaine de postes équivalents temps plein. À plus court terme, la présidentielle et les législatives sont aussi des luttes que les communistes du pays de Pagnol entendent porter, avec la ferme ambition de battre l’extrême droite. « Notre objectif est que notre actuelle députée (RN) Joëlle Mélin perde son emprise sur notre territoire », matraque Alexandra Brochus. Une stratégie : conserver une forte présence de terrain, au plus près des citoyens.

  • Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    « On est très préoccupés pour les salariés », martèle Karine Cheniclet, secrétaire médicale à l’hôpital privé Vert Coteau et déléguée syndicale centrale Unsa du groupe Sainte-Marguerite, ce jeudi. Les sept hôpitaux privés avaient été rachetés le 3 février 2026 par Almaviva. Cinq mois plus tard, les salariés ont appris le projet du groupe : fermer progressivement l’hôpital privé Vert Coteau d’ici juin 2027.

    Le risque de suppression d’emplois

    « Sur les 239 salariés, 80% seraient transférés à l’hôpital privé Beauregard », explique Sandrine Cartier, aide-soignante retraitée de Beauregard et élue CGT à Sainte-Marguerite. « Les 20 % restants seraient répartis dans les autres hôpitaux du groupe », ajoute-t-elle.

    Pour assurer le transfert des salariés, Almaviva doit obtenir une autorisation officielle de l’Agence régionale de Santé. « Le problème, c’est qu’ils ne l’ont pas », affirme Gaëtan Fine, préparateur en pharmacie et élu Unsa à Vert Coteau. Almaviva déclare attendre la fin du processus de consultation des instances représentatives du personnel avant de déposer le dossier à l’ARS.

    « Il y a une zone grise dangereuse pour les salariés », s’indigne Karine Cheniclet. Les délégués syndicaux craignent le pire pour les employés mais ils assurent souhaiter des réponses de la part de la direction. Almaviva affirme vouloir trouver « les meilleures solutions pour l’ensemble des salariés, quelles que soient les étapes à venir ».

  • Le financement du futur hôpital d’Aubagne en pleine négociation

    Le financement du futur hôpital d’Aubagne en pleine négociation

    Petit à petit, l’hôpital fait son nid. Après la signature de la Déclaration d’utilité publique (DUP) la semaine passée, indispensable pour engager les négociations sur l’acquisition du foncier, le projet de construction d’un hôpital, dans la zone de Gargues à Aubagne, a passé, mercredi, une nouvelle étape. Les maires des 19 communes concernées par l’arrivée potentielle d’un nouvel établissement sur le territoire se sont réunis en fin d’après-midi, à la demande de Stéphanie Luquet, directrice et représentante légale de l’actuel centre hospitalier de la ville. Au menu : état des lieux détaillé du niveau d’avancement du projet et discussions autour de l’achat du terrain. À l’origine prévu à la seule charge d’Aubagne, le maire (DVG) Jean-Pierre Squillari avait invité, début juin, les autres municipalités à mettre au pot. « Puisque cet hôpital dessert 19 communes, ces [dernières] doivent s’impliquer activement dans le projet, mais aussi dans son cofinancement. Nous ne pouvons plus être les seuls à porter la charge financière d’équipements dont bénéficie l’ensemble du bassin de vie », avait-il alors déclaré. Et cette première assemblée des maires semble de bon augure pour ses réclamations : trois communes se sont engagées à participer financièrement et plusieurs promettent d’y réfléchir. Parmi les mairies d’ores et déjà motivées : celle de Gémenos, dirigée par Roland Giberti, maire (DVD) de la ville depuis 2001. « C’est une très bonne nouvelle, très symbolique », s’enthousiasme une source proche de la mairie d’Aubagne. Et de poursuivre : « Il est normal qu’il y ait un temps de réflexion, mais au moins les choses sont présentées de manière officielle et les maires peuvent y voir plus clair. C’est une première approche, le début de quelque chose ».

    Réduire les frais,

    sans brusquer

    Restent les municipalités qui, dès mercredi, ont exposé leurs réticences, ne voyant pas « comment faire un effort dans le cadre de leur budget et des difficultés financières auxquelles sont confrontées les collectivités », est-il rapporté de la réunion. Quoi qu’il en soit, les négociations s’annoncent complexes pour une mairie qui cherche à amoindrir les dépenses tout en ménageant les actuels propriétaires de la zone. « Il faut qu’on parvienne à être au prix le plus bas possible tout en trouvant un accord avec les propriétaires, note la ville d’Aubagne. Parce que s’il n’y a pas d’accord, la DUP pourrait être attaquée en justice, ce qui nous ferait perdre de précieux mois et poserait une incertitude réelle sur le projet. » D’autant que d’autres frais connexes accompagnent l’acquisition du terrain : le déplacement de la ligne à haute tension actuellement en place sur la zone prévue ainsi que la réalisation de réseaux et de routes pour aménager le site l’hôpital. « L’idée est pour nous de travailler sur le financement de ces coûts-là, qu’on aimerait faire porter à d’autres opérateurs, pour réduire la participation des communes au simple achat des lieux », poursuit la municipalité. La mairie d’Aubagne espère régler ces questions de financement avant la fin de l’année, afin que les budgets des communes puissent être votés en conséquence.

  • Le projet du nouvel hôpital d’Aubagne avance enfin

    Le projet du nouvel hôpital d’Aubagne avance enfin

    Première étape majeure pour le projet de nouvel hôpital d’Aubagne. La Déclaration d’utilité publique (DUP), a été signée vendredi par le préfet des Bouches-du-Rhône, marquant un tournant pour ce dossier évoqué depuis sept ans. La mairie va pouvoir se lancer dans l’achat du foncier et négocier avec les propriétaires, dans la zone des Gargues, où le futur établissement doit s’implanter.

    Si aucun compromis n’est trouvé, « grâce à cette DUP, on a une arme législative pour aller au bout », explique Mohammed Salem, délégué spécial auprès du maire chargé de la coordination du projet. Une avancée qui lui permet d’affirmer que « le projet est en marche ». « Je suis très confiant car tout le monde est d’accord », poursuit-il, rappelant l’urgence de concrétiser ce dossier : « Cela fait sept ans qu’on l’évoque. On ne peut plus attendre, on le doit aux soignants qui l’attendent avec impatience. »

    Le prochain défi est désormais de sécuriser les terrains et de réunir le financement. Une réunion regroupant les maires des 19 communes impactées par la construction de l’hôpital, se tient ce mercredi, pour débattre du volet foncier. Côté collectivités, la Région Sud, la Métropole Aix-Marseille et le Département des Bouches-du-Rhône se sont engagés à participer financièrement pour le nouvel équipement. Mais le calendrier se resserre. « L’Agence régionale de santé (ARS) a des limites pour conserver les financements de l’État déjà fléchés pour le projet », rappelle Mohammed Salem.

    Le déficit de l’hôpital pointé dans un rapport

    Pour respecter le calendrier, la municipalité prévoit un lancement des concours d’architectes en 2027, pour une livraison du bâtiment en 2032. De nombreuses étapes doivent encore être franchies d’ici là. « L’échéance la plus importante dans un futur proche, c’est novembre 2026. On devra y voir clair sur le foncier, négociations abouties ou expropriation », précise Mohammed Salem.

    Ce projet de nouvel hôpital connaît un coup d’accélérateur alors que la Chambre régionale des comptes a rendu, le 2 juillet dernier, son rapport sur la gestion de l’hôpital Edmond Garcin à Aubagne. Le texte pointe la situation financière « structurellement déficitaire » de l’établissement, avec un déficit du budget passé de 1,7 million d’euros en 2019 à 5,8 millions d’euros en 2024.

    « Le déficit est là depuis longtemps », balaie Mohammed Salem, ancien président du comité médical de l’établissement. Constat partagé du côté de la mairie : « Il n’y a rien de rédhibitoire. Le déficit est lié à une insuffisance de financement par l’ARS », insiste la Ville.

    Un plan d’efficience

    qui inquiète le personnel

    Autre dossier sensible qui arrive sur la table, celui du plan d’efficience demandé par l’Agence régionale de santé pour l’hôpital Garcin. De quoi susciter l’inquiétude des soignants, personnels et syndicats, mobilisés le 12 juin dernier, pour dénoncer « un plan d’austérité » avec, selon eux, « la suppression de 50 équivalents temps pleins ».

    Faut-il lier le destin du nouvel hôpital à celui de l’actuel et à ce plan d’efficience ? « Ce sont deux choses bien différentes », répond Mohammed Salem. Avant d’assurer : « Ce plan n’impactera pas, pour nous, le projet du nouvel hôpital. » Le chirurgien reconnaît toutefois « la grande inquiétude du personnel ». Du côté de la mairie, on abonde dans ce sens : « L’ARS fait un lien entre le plan d’efficience et le nouvel hôpital mais il n’y en a pas car ce plan existerait même sans le projet de nouvel hôpital ». La ville d’Aubagne considère d’ailleurs que « ce plan d’efficience ne va pas dans l’intérêt des agents et des patients ». Et d’affirmer : « On fait tout pour avoir le nouvel hôpital en 2032, mais on se bat aussi pour que l’hôpital actuel ait les moyens de fonctionner. »

  • Michèle Rubirola réélue présidente du Conseil de surveillance de l’AP-HM

    Michèle Rubirola réélue présidente du Conseil de surveillance de l’AP-HM

    « Cap sur 2030, ce ne sont pas seulement des bâtiments, c’est l’ ambition d’une médecine plus moderne, mieux coordonnée, la volonté de lutter contre les inégalités de santé, a assuré Michelle Rubirola, il reste des défis à relever et je souhaite apporter ma contribution à cette stabilité dont je crois que notre institution a besoin. » Par ailleurs, le Conseil a accueilli deux nouveaux membres : Pierre Huguet, représentant de la Ville de Marseille. Il est 8e adjoint au maire de Marseille, conseiller métropolitain 1er vice-président délégué à l’Amélioration du cadre de vie (voirie, propreté), il rejoint l’instance aux côtés de Pascal Dellessard, personnalité qualifiée représentant les usagers et président de l’association Petits Cœurs de Beurre.

  • Vers un « juillet noir » à l’hôpital de Clermont

    Vers un « juillet noir » à l’hôpital de Clermont

    « Tant que nos revendications ne seront pas entendues, juillet sera noir ! », affiche un tract de la CGT du centre hospitalier de Clermont-l’Hérault appelant à la grève et à un rassemblement le 2 juillet à 14h devant l’établissement. « Depuis 10 mois, les agents subissent une dégradation continue de leurs conditions de travail », alerte Elie Mazzarone, secrétaire général CGT de l’hôpital clermontais, qui pointe notamment « l’augmentation du nombre d’accidents du travail ». Une situation qui, selon lui, n’est pas nouvelle mais se serait aggravée depuis la signature, en juin 2025, d’une convention de direction commune avec le CHU de Montpellier. « On a moins de cadres sur le terrain, donc les décisions sont prises un peu plus haut. Par ailleurs, on avait davantage d’intérimaires que ça auparavant. Ça fait plusieurs années que la CGT demande un véritable pôle de remplacements pour soulager les équipes. Là, les personnels se remplacent entre eux encore plus souvent qu’avant », dénonce le cégétiste.

    Globalement, les agents font face à une baisse des effectifs, souligne-t-il, laquelle se répercute sur leurs conditions de travail. « En 2022, il y avait 208 agents, aujourd’hui on est 195. Ça veut dire qu’on a perdu au moins 13 équivalents temps plein (ETP). La charge de travail en a été considérablement augmentée », assure Elie Mazzarone.

    Des demandes

    de renforts d’effectifs

    « Les après-midi, quand les personnels sont en effectifs réduits, c’est 1 soignant pour 17 résidents », illustre-t-il. « En effectif normal, on est autour des 1h07 d’accompagnement par résident de 6h30 du matin à 21h, sachant que cela comprend un petit déjeuner, un goûter, un repas, deux toilettes, des changes… Je ne sais déjà pas comment elles font. Mais en effectifs réduits, on passe sous la barre des 1h », alerte le syndicaliste pour lequel « la qualité des soins et le respect des agents n’y sont pas ».

    Les agents mobilisés réclament donc en priorité des renforts d’effectifs : « La création d’un poste de nuit pour alléger la prise en charge, plus lourde et chronophage car les personnes qu’on reçoit sont de plus en plus grabataires ; un poste d’aide soignant supplémentaire par jour dans chaque service le matin ; un véritable pôle de remplacements ; et la création d’un poste de secrétaire médicale pour l’Ehpad, car actuellement le travail administratif détourne les soignants de leur cœur de métier », liste Elie Mazzarone.

    Une entrevue a bien eu lieu avec la direction le 19 juin, « mais elle ne nous a pas donné satisfaction. On a donc décidé de se mobiliser le 2 juillet et il risque d’y avoir d’autres dates par la suite. D’où l’annonce d’un “juillet noir” jusqu’à ce que nous ayons obtenu gain de cause. »

  • Le plan Horizon 2035 alarme les hospitaliers aixois

    Le plan Horizon 2035 alarme les hospitaliers aixois

    Alors que se tenait le conseil de surveillance du Centre hospitalier d’Aix-en-Provence-Pertuis (Chapp), où siègent notamment son directeur, Francis Saint-Hubert, et la maire, Sophie Joissains, une cinquantaine de personnels hospitaliers se sont engouffrés dans la séance pour exprimer leur inquiétude.

    Le 16 juin, lors du comité social et économique (CSE), le plan « Horizon 2035 » a été présenté aux organisations syndicales. Son contenu a immédiatement conduit les syndicats FO et CGT à coorganiser une action coup de poing. Ce jeudi, en début d’après-midi, représentants syndicaux et personnels étaient rassemblés sur le parvis des locaux administratifs – où élus et officiels se réunissaient – pour crier leur opposition à ce projet.

    Porté par la direction de l’hôpital, Horizon 2035 propose une « transition technologique, environnementale, sociétale et performative » de l’établissement, selon le Chapp, soit un plan qui « construit l’hôpital des dix prochaines années ».

    Pour les syndicats et les membres du personnel présents ce jour-là, cette stratégie n’est pas recevable. « Le directeur est arrivé il y a deux ans : il a ouvert les vannes (financières), on s’est demandé ce qu’il s’est passé parce que les directives gouvernementales ne changeaient pas (…). Au bout d’un an, il a dit : “on ferme les vannes”. Maintenant, on nous présente un projet qui nous demande de faire mieux, avec moins », dénonce Pascale Michaelis, pour la CGT. Elle poursuit : « Depuis des années, il manque du matériel, des médicaments, on n’arrive pas à faire des soins dans l’état où on est. Comment on va faire ? »

    « Pas de suppression

    de poste »

    Toujours au sein du syndicat CGT, on estime « qu’on ne peut pas programmer un projet d’établissement sur une boule de cristal. Les gouvernements se succèdent avec, comme objectif, de mettre à mal les hôpitaux publics. » De façon unanime, le syndicat FO et le syndicat CGT demandent que ce projet Horizon 2035 soit abandonné. « Mais aussi l’ouverture de négociations, la mise en place d’un véritable calendrier de mise en stage des personnels contractuels, le recrutement des personnels nécessaires… Il y en a ras le bol qu’on soit précarisés, qu’on tire toujours sur la corde ! », s’indigne René Salle, pour FO, qui a longuement témoigné des conditions de travail des hospitaliers, devant les élus. Les deux syndicats veulent aussi l’assurance d’un « maintien de tous les postes », possible conséquence, selon eux, de ce plan Horizon 2035.

    De son côté Francis Saint-Hubert assure que « oui, nous devons être mieux organisés. Non, nous n’allons pas supprimer de postes pour construire quoi que ce soit, parce qu’il ne s’agit pas de construire des murs et ne pas avoir de personnel dedans. » Le directeur de l’hôpital, en amont du conseil de surveillance, a d’ailleurs réexpliqué les fondements du plan Horizon 2035 qu’il porte. « Dans ce projet, il y a plusieurs volets. Un volet stratégique, un volet qualité, un volet sécurité, déroule Francis Saint-Hubert. Le cœur de ce projet, c’est le projet médico-soignant. Qu’allons-nous offrir comme service en médecine, chirurgie, obstétrique ? Comment développer l’ambulatoire ? (….) Ça nécessite qu’on réorganise nos services, qu’on travaille différemment, ça nécessite des investissements, de nouveaux équipements, qu’on revoit l’articulation de nos bâtiments, les flux, les organisations des entrées et des sorties (…). »

    Concernant le manque de visibilité financière dénoncé par les syndicats, il précise : « Régulièrement, le gouvernement accorde des crédits pour financer les investissements des hôpitaux. Si nous n’avons pas de projet, que nous ne sommes pas prêts, nous ne pouvons pas émarger sur ces crédits-là. »

    Avant les prises de paroles des syndicats devant le conseil de surveillance, le maire a assuré aux soignants qu’au « regard de ce qu’il se passe en France en ce moment, nous comprenons votre inquiétude. Nous croyons en notre projet d’établissement. Mais pour ma part, je n’accepterais jamais de suppression de poste. »

  • Les syndicats s’opposent à la fermeture de structures psychiatriques

    Les syndicats s’opposent à la fermeture de structures psychiatriques

    « Nous sommes là face aux menaces de fermeture de structures psychiatriques dans les 15e et 16e arrondissements, aux Pennes-Mirabeau et à Septèmes-les-Vallons », explique Yann Gaillard, secrétaire adjoint du syndicat Force ouvrière. Devant l’ARS Paca, les syndicats CGT et FO se sont réunis, ce jeudi 25 juin, pour dénoncer ces fermetures qui concernent à la fois des structures hospitalières et extra-hospitalières. « Nous demandons aussi un renfort d’aides-soignants afin que les pavillons d’accueil ne soient pas saturés pendant l’été », complète Pierre-Édouard Thiebaud, secrétaire général de la CGT à l’hôpital Édouard-Toulouse, lui-même aide-soignant. Pour lui, cette situation alimente un cercle vicieux : « Il n’y a pas les moyens humains nécessaires pour prendre correctement en charge les patients. Cela peut entraîner des épisodes violents qui auraient pu être évités. »

    Les deux syndicats devaient initialement être reçus ce jeudi par l’ARS Paca, mais le rendez-vous a finalement été reporté au 1er juillet. Contactée par La Marseillaise, l’ARS Paca a confirmé la tenue d’une rencontre à cette date, sans plus de commentaire.

    Un manque de moyens

    Sabine, cadre de santé à l’hôpital Édouard-Toulouse, déplore une dégradation continue des conditions de travail : « Ça fait 38 ans que je travaille et qu’on nous dit que nous sommes en déficit, qu’il faut fermer des lits. Nous n’avons plus les moyens d’offrir aux patients des soins de qualité. »

    Présent sur place pour soutenir la mobilisation, Jean-Marc Coppola, maire (PCF) des 15e et 16e arrondissements, a insisté sur les enjeux de la situation. « Il faut défendre le service public hospitalier de manière générale, mais il existe aussi de véritables enjeux autour de la psychiatrie à l’échelle nationale. Dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille, des populations fragilisées par la précarité ont besoin d’un accès à des soins de qualité. » L’élu rappelle qu’il y a une urgence à la fois pour les patients mais aussi pour les soignants, confrontés à des conditions de travail de plus en plus difficiles. Le constat est le même pour le député (L’Après) Henrik Davi : « Il faut absolument prendre en charge les personnes en souffrance. Nous avons besoin de moyens supplémentaires pour la psychiatrie, y compris hospitalière. »

    Alors que la santé mentale avait été déclarée Grande cause nationale en 2025 par le gouvernement Barnier, Yann Gaillard peine à voir des avancées. « Nous n’avons vu aucun effet de cette annonce du Premier ministre, si ce n’est des fermetures », conclut-il amèrement.