Tag: Hôpital public

  • Vers la fin des parkings payants à l’hôpital ?

    Vers la fin des parkings payants à l’hôpital ?

    La proposition de loi était jusque-là passée inaperçue cet été. Leurs auteurs viennent de communiquer dessus : le 11 juillet, trois députés LFI-NFP, dont le vauclusien Raphaël Arnault, ont déposé un texte « visant à garantir la gratuité des parkings des établissements publics de santé ». « Que l’on vienne pour se soigner ou pour porter soutien et réconfort à un proche, la première chose que l’on voit lorsqu’on arrive à l’hôpital public : une barrière. Et la seule façon de l’ouvrir, c’est de sortir sa carte bleue », déplore Raphaël Arnault.

    Un état de fait en cours à Avignon depuis bientôt trois ans, où l’actuelle direction a mis fin à la gratuité du site, confiant à Q-Park l’exploitation du stationnement. Le directeur relativise aujourd’hui les tarifs avec un ticket moyen à 2,50 euros et 45 minutes de gratuité. « Il y a quelques mois un homme a dû payer 200 euros de parking à l’hôpital d’Avignon pour avoir veillé sur sa femme mourante », rappelle le député. Pour l’heure, les autres hôpitaux publics de Vaucluse (Orange, Carpentras, Cavaillon) conservent leurs parkings gratuits.

    « La mise en place de parcs de stationnement payants dans des établissements publics de santé est un modèle qui se généralise en France : seul un quart des parkings des hôpitaux publics sont toujours gratuits. Nous assistons à une privatisation rapide qui entraîne des coûts importants et supplémentaires pour les usagers alors qu’une hospitalisation ou une urgence n’est jamais un choix », dénoncent Raphaël Arnault et ses homologues, Sandrine Nosbé (9e circonscription de l’Isère) et Pierre-Yves Cadalen (2e circonscription du Finistère).

    La proposition de loi, fruit d’un « échange constant avec les organisations syndicales et les associations d’usagers des différents hôpitaux », est composée de trois articles. L’un d’eux stipule que « les parkings ne devront plus faire l’objet de contrats de concession et permet de résilier ceux existants ». Du côté de Raphaël Arnault, on espère que le texte, inscrit à la niche parlementaire de la France insoumise, soit étudié en commission des affaires sociales fin novembre. Avec l’espoir réel d’être adopté « s’il n’y a pas d’obstruction », la mesure faisant plutôt consensus à gauche et au RN.

  • AP-HM : les agents des Baumettes pressurisés

    AP-HM : les agents des Baumettes pressurisés

    Cure d’austérité sur un travail en milieu austère. Déjà privés de cantine, de nouvelles mesures sécuritaires rallongent leur temps de travail d’une demi-heure par jour. Pire, le passage de Baumettes 2 à Baumettes 3 devrait encore s’accompagner de la suppression d’une dizaine de jours de congés spécifiques par an.

    Depuis 1994, les 82 professionnels médicaux et paramédicaux des Baumettes bénéficient de dix jours de congés supplémentaires par an. « Pas volés », estime un infirmier, dans le rassemblement organisé mardi par la CGT devant le siège administratif de l’AP-HM de la rue Brochier. « Il y a déjà des problèmes de recrutement, c’est pas en nous enlevant ces jours qu’ils vont rendre le métier attractif. » La direction de l’AP-HM souhaite discuter de la sortie progressive de ce dispositif spécifique aux Baumettes qu’elle qualifie d’« exorbitant du droit ». Elle évoque un souci d’équité avec d’autres services en milieu carcéral. Plutôt que d’étendre ce droit à tous les hospitaliers du pénitentiaire, elle préfère avancer dans le sens des économies auxquelles elle est toujours attelée.

    Capacité doublée

    Alors que la prison a doublé ses capacités, son extension s’annonce mal côté effectifs et conditions de travail avec, « toujours plus d’économies sur le dos des salariés », conteste le syndicaliste Guillaume Algrin. Dans le rassemblement qui réunit plus d’une quarantaine de personnels de l’AP-HM, d’infirmiers, secrétaires médicaux, préparateurs pharmaceutiques, manipulateurs radio, ergothérapeutes ou travailleurs sociaux, on fait le lien avec le mouvement social en cours et dont une prochaine date a été fixée par l’UD CGT pour ce 25 septembre. « Seuls 19 infirmiers supplémentaires sont prévus, le plateau technique ne change pas », indique Nour Eddine Djazoul, représentant CGT des personnels. Unique radiologue dans l’établissement, Marie-Eve déplore : « On devait passer à 1,8. Il n’en est plus question. Je pratique 180 radios par mois, dans une salle sans fenêtre. Mes congés annuels me sont imposés en raison de difficultés de remplacements qui s’effectuent selon une rosace des congés mise en place à Sainte-Marguerite. »

    Pour Carole, travailleuse sociale, les conditions de travail ne sont guère plus enviables « pour les deux psychologues avec qui on va devoir partager le même local. Organiser des consultations va s’avérer délicat ». Déjà, pour tous les personnels de l’AP-HM, la situation s’est altérée en raison des nouvelles contraintes sécuritaires. « Nous devons arriver un quart d’heure plus tôt et repartir un quart d’heure plus tard pour passer les 14 portes et obtenir les clés des casiers. Parfois c’est plus long, les surveillants sont aussi en sous-effectifs », déplore Sophie, agente du paramédical. Autres doléances listées dans le rassemblement : « Le manque de climatisation et de chauffage. Cet été on a eu 32°C et des tas de malaises à gérer parmi les personnes incarcérées. » Mais aussi « l’absence de salle de pause et de salle collective, de tickets-restaurant ou de cantine, celle des Baumettes est réservée aux gardiens, aux personnels et intervenants du centre pénitentiaire ».

    Déterminés à se faire entendre de leur direction, ces personnels et leur syndicat CGT ont décidé faire « monter la pression ». À la suite du député de L’Après, Hendrik Davi, qui a adressé une lettre à l’AP-HM après une visite du site, les députés de la FI Manuel Bompard et Sébastien Delogu ont fait savoir qu’ils apportaient leur soutien aux grévistes.

  • L’AP-HM écarte un retour des urgences à Sainte-Marguerite

    L’AP-HM écarte un retour des urgences à Sainte-Marguerite

    Lourdement endettée, l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille cherche à valoriser son patrimoine. Et une fois de plus, son regard se porte vers les Hôpitaux sud. Quinze ans après la fermeture des urgences de Sainte-Marguerite et malgré les besoins croissants du secteur, un appel à manifestation d’intérêt a ainsi été lancé; le 31 juillet dernier, « pour la reconversion et dynamisation des sites de Sainte-Marguerite et Salvator », dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec un an de retard : le groupement Segat, BeOpus et Earth Avocats devait rendre sa copie à l’automne 2024.

    L’enjeu est de taille : ce sont en effet quelque 110 000m2 de surface de plancher, à 95% d’immobilier neuf, qui devraient être valorisés. « Au regard de l’étendue du foncier, les sites de Sainte-Marguerite et Salvator présentent actuellement une sous-occupation immobilière avec un vieillissement du bâti », pointe le cahier d’orientations de cet appel à manifestations d’intérêts. Mais, avec l’arrivée du tramway à la fin de l’année ainsi que la construction du bâtiment « Totem » du biocluster d’immunologie destiné à accueillir les installations des laboratoires privés, ces infrastructures ont de quoi susciter des appétits. Malgré cela, L’AP-HM, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations, indique rejeter fermement « toute cession de foncier » ainsi que « toute activité concurrente ou dont la nature ou l’image s’oppose à sa mission ou ses valeurs », privilégiant des baux de longue durée.

    « Un site vitrine »

    Si les documents d’urbanisme restreignent les usages du foncier en interdisant les activités de commerce et de service, « une demande de modification serait envisageable », glisse le cahier d’orientations. Seules 46 % des surfaces seraient dédiées aux programmes de santé, de recherche, de formation et de soins. L’AP-HM espère développer des activités de coordination avec la médecine de ville, ainsi que des consultations ambulatoires, densifier les activités de réhabilitation neurologique de l’Ugecam. Un pôle de données et d’intelligence artificielle de santé doit aussi être développé, potentiellement accompagné d’une pépinière d’entreprises et de laboratoires, en veillant à avoir « un environnement de travail favorable à l’attractivité des collaborateurs ». Pour cela, l’AP-HM défend des installations de type « campus », avec des équipements sportifs, de la restauration, une crèche. Enfin, le projet doit permettre des capacités d’accueil comme du logement étudiant, de l’habitat inclusif, une résidence autonomie, un hôtel hospitalier… La possibilité d’un retour des urgences n’est pas même évoquée.

    Pour permettre ces projets, le bâtiment de pédopsychiatrie, dont l’activité doit déménager dans les pavillons de l’hôpital Salvator, ainsi que les locaux techniques, ont vocation à être démolis. L’actuelle crèche ainsi que le Centre d’information et de soins de l’immunodéficience humaine (CISIH) doivent aussi être détruits et relocalisés sur le site. Les tours de logement infirmier et l’actuel Institut de formation en soin infirmiers, qui doit partir sur le campus nord en 2028, ainsi que le service santé de l’hôpital, seront quant à eux réhabilités. Enfin, un mail sera créé, tandis que les espaces publics doivent être requalifiés : de quoi faire de l’ancien pôle hospitalier « un site vitrine ».