Tag: Hôpital public

  • [Octobre rose] Penser l’avant, le pendant et l’après du cancer

    [Octobre rose] Penser l’avant, le pendant et l’après du cancer

    Alors qu’Octobre Rose est lancé, le centre hospitalier d’Aix et Pertuis (Chapp) s’affaire à organiser diverses animations qui ponctueront le mois. « Les gens sont sensibilisés sur le sujet, mais il y a le pic de sensibilisation au mois d’octobre. Le reste de l’année, c’est dans l’oubli. C’est une aussi une maladie dont on ne parle pas autour de soi », constate le Docteur Andy Schmitt, chef de service Gynécologie et Obstétrique du Chapp. Ce mois permet donc de rappeler les bons réflexes. Comme celui de l’autopalpation. « Quand je demande aux patientes, je dirais qu’elles sont 20% à le faire », estime le médecin. Pour autant, rappelle Andy Schmitt, hors octobre, la maladie se combat toute l’année. Sur le site de l’hôpital, un parcours permet un diagnostic en cas de suspicion, d’avoir un résultat en une seule journée et non en deux mois souligne Andy Schmitt. Sur le même site, les patientes peuvent poursuivre leur traitement dans « les 10-15 jours qui suivent », suivies par une équipe de psychologues.

    L’association des Praticiens Hospitaliers en Gynécologie (Apheg), dont il est le président, a mis en place les « Bulles de Bien-être » pour soutenir les patientes dans leur traitement, ses effets secondaires, par le biais de séances d’acuponcture, massages shiatsu, réflexologie plantaire… Plusieurs sorties sont également organisées pour être « déconnectés, un moment, de sa pathologie » et du matériel acquis pour soulager, au mieux, les patientes pendant leurs traitements.

    L’Apheg, soutient aussi les patientes dans l’après cancer du sein, en général. Toutes les activités organisées au cours d’Octobre rose, par le Chapp, permettent d’ailleurs de reverser des fonds pour ce soutien. Le médecin alerte aussi sur les « fausses idées sur le cancer du sein ». Exemple, si le principal pic de patientes se situe entre « 50 et 60 ans », la maladie touche aussi après. Or, le dépistage organisé, proposé gratuitement par la Sécu, s’arrête à cet âge. « Après, il faut continuer à faire des mammographies prescrites par le gynécologue. Plus de la moitié des patients que j’opère ont plus de 75 ans », rappelle le Dr Andy Schmitt. Pour en savoir plus sur les actions du mois, rendez-vous sur le site du Chapp.

  • À Montfavet, la qualité de vie des soignants menacée

    À Montfavet, la qualité de vie des soignants menacée

    Derrière leurs grandes banderoles, les salariés de l’hôpital psychiatrique de Montfavet ne se sont pas arrêtés, défilant d’abord en centre-ville avant de filer tout de suite 7 km plus loin, devant leur établissement, afin d’alerter sur leurs conditions de travail.

    « Aujourd’hui, on se heurte à une dichotomie entre les directives qui nous arrivent de la direction par manque de moyens et la réalité du terrain et les besoins qu’on a pour pouvoir prendre soin dans de bonnes conditions », résume ainsi Claire Moreno, secrétaire CGT de la structure hospitalière.

    Le tout en lien avec le « manque de reconnaissance » à l’égard des agents du service public de la fonction hospitalière. « En fait, on se bat pour la qualité de vie parce qu’on a tous besoin de se soigner, on a tous besoin des services publics, mais aussi de nos conditions de travail », poursuit la responsable syndicale. Tout en regrettant que si les budgets sont débloqués pour divers projets, « aujourd’hui, on nous retire des postes, on met à la porte des contractuels alors qu’on en a besoin. Et on pêche toujours sur la masse salariale alors que nous, pour prendre soin, on a besoin de moyens humains et de qualifications ».

    Elle appelle à rendre le métier plus attractif pour maintenir à flot le bateau des soins psychiatriques, secteur particulièrement fragile. Elle rappelle également que nombreux sont les établissements qui sont des « passoires thermiques ».

  • Le vœu pieux d’Olivier Galzi sur la crèche publique de l’hôpital

    Le vœu pieux d’Olivier Galzi sur la crèche publique de l’hôpital

    « Franchement, vous faites un truc qui sert à rien », finit par lâcher Olivier Galzi, las des relances de son opposition de gauche, lundi soir, en clôture du conseil municipal. Le maire (DVD) était sommé de se positionner quant à une motion portée par le groupe de « La nouvelle Avignon populaire (LFI-PCF) ». Lu par Mathilde Louvain, le vœu plaide pour que la direction de l’hôpital « abandonne tout projet de privatisation ou de délégation au secteur privé de sa structure d’accueil de la petite enfance et que la crèche soit pleinement maintenue dans le giron du service public, avec des moyens humains et financiers pérennes garantissant un accueil optimal pour les enfants ».

    Depuis cet été, personnel et usagers, épaulés par l’intersyndicale CGT-FO-CFDT, sont vent debout contre la possible externalisation de ce service interne à l’hôpital, proposant des horaires adaptés au rythme de travail des agents hospitaliers. Mi-septembre, un vif échange a eu lieu directement dans le bureau du directeur, Pierre Pinzelli. Celui-ci assurait qu’aucune décision sur le mode de gestion n’était prise, mais que la crèche nécessitait de lourds investissements de modernisation « et que l’établissement ne dispose pas de ce financement, sa priorité d’investissement restant les équipements médicaux et le projet architectural des services de soins ».

    Ce lundi soir, ils étaient une quinzaine devant l’Hôtel de ville à réaffirmer leur attachement à une crèche publique hospitalière. « Nous partageons l’ensemble des objectifs que vous venez d’énoncer, mais le centre hospitalier est un établissement autonome et, par conséquent, c’est lui qui décide du mode de gestion pour sa crèche », répond Olivier Galzi à Mathilde Louvain.

    La crèche, un atout « d’attractivité médicale »

    Trop court pour l’opposition qui demande au maire, également président du conseil de surveillance de l’hôpital, de se mouiller davantage. « Au conseil de surveillance, je demande de préserver des places pour le personnel hospitalier avec des horaires élargis et une tarification accessible, développe le maire. Je n’interviens pas dans le mode du choix de gestion. J’ai même envie d’aller plus loin : un mode de gestion publique n’est pas une garantie d’un bon service. » Olivier Galzi assure en parallèle travailler « à des solutions pour proposer des places dans les crèches municipales pas très loin » de l’hôpital.

    Quand David Fournier (PS) rappelle que cette crèche « aide à l’attractivité médicale » ou que Oukacha Rtili (LFI) renvoie le maire à son programme municipal « où vous marquiez votre soutien à l’hôpital public », Olivier Galzi se fait le porte-voix du directeur de l’hôpital : « Son souhait est d’optimiser le coût et le service rendu ». Et de clore le débat. « On a fait le tour, vous verrez bien en conseil de surveillance ».

    La motion a été rejetée par toute la majorité, le RN s’abstenant, seules la gauche avec ses dix voix a voté pour.

    ET AUSSI

    Galzi – Rigault, tensions à la chaîne

    Entre le maire et son opposante RN, la soirée a été piquante. Avant même l’entame des rapports, Anne-Sophie Rigault s’est plainte de ne pas disposer d’un bureau, le seul attribué étant à ses yeux« insalubre », déplorant aussi l’absence de réponses à ses questions en amont des séances ou le détail des votes. « Je ne suis pas sourd d’oreille, vous l’aurez à la Saint-Glinglin », s’agace un peu plus tard Olivier Galzi quand son opposante en remet une couche. Le maire dénoncera aussi« un coup politique qui a entravé l’enquête interne »au sujet du vol de viande à la cuisine centrale, affaire pour laquelle Anne-Sophie Rigault a récemment fait un signalement à la justice. « Vous parlez de vol, or, cela n’a pas été caractérisé à l’inverse de votre nouveau sénateur que l’on peut traiter de voleur », balance Olivier Galzi en référence à la condamnation définitive en 2014 de Thierry D’Aigremont à deux ans de prison avec sursis pour recel de vol. L’élue RN avait un peu plus tôt évoqué la défaite aux sénatoriales d’Anaïs Hausmann, compagne du maire, absente lundi soir.

  • L’hôpital de Pont-Saint-Esprit élargit son offre de soins

    L’hôpital de Pont-Saint-Esprit élargit son offre de soins

    Après la mise en place d’une direction commune en début d’année entre l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze et celui de Pont-Saint-Esprit, l’offre de soins s’élargit dans le Gard rhodanien.

    En effet, le centre hospitalier de Pont va ouvrir deux nouvelles spécialités en consultation externe à partir de septembre : la gynécologie et l’oncologie. Avant la fin de l’année, la spécialité ORL complétera cette offre. La prise de rendez-vous pour ces consultations externes est déjà possible par téléphone*. Elles s’ajoutent aux spécialités déjà présentes dont la chirurgie viscérale, la gastro-entérologie, la médecine physique et de réadaptation, les consultations plaies et cicatrisation, la chirurgie orthopédique, la médecine interne, la diabétologie ou encore la cardiologie.

    Un nouveau centre d’imagerie

    Dans le cadre du groupement de coopération sanitaire (GCS) avec Bagnols, l’hôpital de Pont va également ouvrir, à partir du 7 septembre, un nouveau centre d’imagerie qui « permettra de réaliser des examens de radiologie générale, de sénologie avec dépistage organisé, d’échographie et de scanner ». Depuis le 24 août, les patients peuvent déjà prendre rendez-vous **.

    « À travers le développement de son activité d’imagerie et l’élargissement de son offre de consultations spécialisées, le centre hospitalier de Pont-Saint-Esprit poursuit son engagement en faveur de l’accès aux soins et du parcours de santé des patients et contribue à renforcer le rôle du centre hospitalier labellisé de proximité », précise la direction de l’hôpital.

    * Au 04.66.33.40.25.

    ** ou au 04.66.33.42.90.

  • Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Ce ne sont pas les agents engagés au quotidien, jour et nuit, sur les nombreux sites du centre hospitalier intercommunal qui vont s’en plaindre. Bien au contraire, même. Puisqu’ils vont pouvoir disposer de lieux fonctionnels pour profiter d’un temps de repos mérité et surtout indispensable pour assurer leur mission en sécurité. Et supporter les conditions de travail très dégradées avec entre autres une hausse constante des charges de travail du fait d’un manque d’effectif chronique.

    C’est d’ailleurs ce que souligne la direction, elle-même, en mettant en avant leur dévouement malgré « un environnement matériel de travail en assez mauvais état », précisant que les personnels assurent une qualité de prise en charge reconnue par tous les usagers.

    Une satisfaction qui ne doit surtout pas faire oublier, poursuit-elle, les difficultés que les personnels rencontrent au quotidien.

    L’occasion de rappeler que le métier de soignant est en effet une des activités professionnelles les plus exposées. Leur engagement les confrontant quotidiennement à des risques infectieux, des blessures et Troubles MusculoSqueletiques (lombalgies, pathologie épaules…) avec les manutentions répétées de charges et de personnes, aux chutes et aux glissades. Mais aussi à de nombreuses sources de stress telles qu’un épuisement induit par les cadences intenses et répétées, la confrontation constante à la maladie, à la fin de vie et à la mort, ainsi qu’aux petites et grandes violences en provenance des patients et de leur entourage.

    Le recours au privé

    qui interroge

    D’où l’importance de pouvoir avoir accès à des salles de pause pour, le temps d’un moment, se mettre à l’abri et recharger ses accus.

    D’autant que la majorité des professionnels travaillent 12 heures consécutives et ne quittent pas ou très peu leur service sur ce temps. Les pauses s’organisent en fonction de l’activité de service avec l’obligation légale d’une, de 20 minutes, toutes les 6 heures, comprenant la restauration.

    L’aménagement de leur environnement de travail devient donc d’autant plus indispensable. D’autant que cela permet aussi, outre l’indispensable repos physique et mental, de se retrouver pour les besoins de l’organisation même du service. Des lieux, pointe la direction, propice à plus de concertation et de coopération entre soignants et de cohésions des équipes, où l’on peut retrouver des informations important aussi. Et peut-être même où l’on peut questionner ensemble le manque de moyens pour exercer ses missions.

    « L’enjeu à proposer aux soignants des salles de pause agréables et fonctionnelles est donc crucial et l’établissement en a fait une priorité dans ses appels à mécénat avec la chance extraordinaire d’avoir été entendu et soutenu immédiatement par le fonds de dotation MGL des entreprises Lauvige », précise l’établissement.

    En tout ce sont 30 salles qui vont être modernisées sur l’ensemble des sites du centre hospitalier pour un coût de 55 000 euros prix en charge en intégralité par le mécénat.

    Le centre hospitalier annonce également lancer en fin d’année via son nouveau fonds de dotation Còrdea, un appel à dons à destination des commerçants et habitants du territoire pour équiper en électroménager et en fauteuil de repos ces salles de pause rénovées.

    Solliciter la « générosité » du privé, pourquoi pas. Mais ça en dit long tout de même sur le sous-investissement de l’État dans l’hôpital public et le service public de santé.

  • La CGT de l’hôpital de Manosque déplore les mesures d’économie

    La CGT de l’hôpital de Manosque déplore les mesures d’économie

    Le personnel n’est pas responsable des difficultés financières de l’établissement et refuse toute mesure impactant négativement ses conditions de travail, sa santé et les soins qu’il prodigue » : dans un communiqué diffusé lundi soir, la CGT de l’hôpital de Manosque déplore la stratégie d’économies et de « réduction d’effectif » envisagée par la direction, qui a annoncé de nombreuses « réorganisations » ces dernières semaines. « Comment peut-on prétendre développer l’activité de l’hôpital avec toujours moins de personnel ? », s’interroge le syndicat, alors que Camille Galtier (DVD) vient d’être réélu président du conseil de surveillance et a indiqué souhaiter rencontrer les syndicats avant la rentrée.

    L’hôpital est « confronté à une situation financière fortement dégradée », avec « un niveau d’endettement élevé et une trajectoire déficitaire persistante », explique la direction, qui annonce une réunion, début septembre, pour présenter le plan d’efficience aux cadres. Elle nie tout plan de licenciement, mais reconnaît « des départs non remplacés ». Selon la CGT, « l’établissement doit déjà près de 30 000 heures de travail non récupérées aux agents, les équipes travaillent en sous-effectif » et « les absences sont de moins en moins remplacées ».

    En conséquence, le syndicat appelle à une journée de mobilisation et de grève le 15 septembre, en attendant le prochain conseil de surveillance du 9 octobre, « où un plan social définitif doit être présenté par la direction », selon la CGT.

  • Les soignants de l’hôpital de Martigues refusent de perdre leurs conquis

    Les soignants de l’hôpital de Martigues refusent de perdre leurs conquis

    Les soignants de l’hôpital de Martigues dénoncent une volonté de faire des économies sur le dos des agents. Ce jeudi, alors que les partenaires sociaux devaient rencontrer la direction, des dizaines de personnels en grève ont envahi la salle des Pinèdes à l’initiative d’une intersyndicale CGT et CFDT. À l’origine de la fronde : la crainte d’une mise en œuvre des recommandations de l’Agence nationale d’appui à la performance suite au rapport de la Chambre régionale des comptes publié en octobre 2025, qui soulignait les problématiques financières de l’établissement.

    Son directeur Loïc Mondoloni concède : « La bonne nouvelle, c’est que la situation s’est bien améliorée : le niveau de déficit a été réduit de 40%. Mais il y a des choses non conformes à la loi et ça, il faut le régler quels que soient les impacts budgétaires. Fin 2025, j’ai reçu une injonction d’un procureur financier de revenir à la règle. J’engage ma responsabilité en tant que gestionnaire public. »

    Le principal sujet à traiter est celui de la pause méridienne. « On veut nous enlever 40 minutes de temps de travail alors qu’on mange en bossant », s’agace Laure Privat, secrétaire générale du syndicat CGT. Avec une conséquence directe, évoquée comme une hypothèse pour le moment : la suppression de RTT. « Pour un temps plein, ça équivaudrait à peu près à 9 jours de repos en moins sur l’année », détaille Manon, infirmière au bloc opératoire.

    « On veut de l’équité. »

    Le décret du 4 janvier 2002 stipule qu’une pause « d’une durée de 20 minutes est accordée lorsque le temps de travail quotidien est supérieur à 6 heures consécutives » sauf si les agents restent à la disposition de leur employeur, auquel cas cette pause est considérée comme du temps de travail effectif. « On est toujours à disposition », s’agacent les personnels. La direction entend « poser des principes » puis « discuter des exceptions avec les équipes » dès le mois de septembre. « Il y a des services où il n’est pas question de décompter ces 40 minutes parce qu’il faut une continuité. » Pour les personnels, hors de question de différencier les conditions de travail en fonction du poste. « On veut de l’équité. »

    Nathan Cabiac, secrétaire général CGT, affirme qu’il n’est pas envisageable de toucher aux RTT des soignants. « Aujourd’hui on a du temps de travail qui n’est pas pris en compte : quand on arrive avant pour la relève, le quart d’heure qu’on note jamais mais qu’on donne par conscience professionnelle, le temps d’habillage, de déshabillage… Ce temps, il faut le prendre en compte et il compense largement le temps de pause méridienne. » La direction s’est engagée à ne pas toucher aux jours de repos mais prévient : « La question de la pause devra être posée. »

    Celle du forfait des astreintes sera aussi à l’ordre du jour. La rentrée promet d’être mouvementée. Les soignants du bloc opératoire ont entamé une grève reconductible pour amplifier la mobilisation.

  • Aux urgences, des hommes et femmes en première ligne

    Aux urgences, des hommes et femmes en première ligne

    L’une des blouses blanches qualifiera le lieu de véritable « fourmilière ». Même le temps d’une après-midi d’apparence calme. Aux urgences du Centre hospitalier d’Aix-en-Provence Pertuis, ce sont en moyenne « cent, deux cents passages par jour » qui sont enregistrés, lorsque le flux se veut plus ou moins habituel. En coulisse de ces passages aux urgences, le personnel évoque adaptation constante, prise en charge d’urgences vitales, bobologie, humeurs variées des patients et des familles… « On a un personnel ici habitué à s’adapter en permanence, quelle que soit la situation, comparé à d’autres services de soins, c’est facilitant. C’est des personnels engagés, on n’a pas de difficulté à recruter ici sur Aix. (…) Généralement, les professionnels restent ici », pose d’entrée Nicole Blanc-Hautain, cadre de santé aux urgences. En poste depuis 13 ans sur Aix, elle est en charge de l’encadrement des équipes. « À la louche », de jour comme de nuit, 9 infirmiers, 6 aides soignants, un brancardier dont l’effectif peut être augmenté la nuit, se relaient pour faire tourner un service qui ne dort jamais. « Il n’y a pas de saisonnalité au niveau de l’accueil des urgences. Le seul changement qu’on a, ce sont plus de patients qui arrivent sur la période de nuit ou sur la permanence des soins. Mais on se retrouve un peu plus en difficulté pour hospitaliser les patients. Comme vous l’entendez de partout, il y a des problèmes d’hospitalisation par manque de lit. Alors on négocie, on s’organise pour garder les patients dans les urgences dans des conditions plus acceptables en termes de confort. » Pour répondre au flux du bassin aixois, des travaux ont d’ailleurs été lancés au sein des urgences. « Tout est en travaux, les conditions pas optimales pour l’entrée des urgences et le stress que ça engendre quand on arrive, pour les patients mais aussi pour les familles. Mais ce sera mieux après », pointe Cécile Mintoff, médiatrice. Elle est le « premier visage » que l’on voit en arrivant aux urgences. « On est des caméléons, parce que tout dépend de comment arrivent les personnes. L’écoute est primordiale », déroule la médiatrice. Ce, malgré les différents états, parfois agressifs, des patients et familles. « Mais les urgences, ce sont le reflet de la société. Il y a de tout. Il y a de tout et il faut qu’on soit alignés sur tout. L’hôpital public, sa priorité, c’est de garder nos valeurs, que tout le monde ait droit aux soins en même temps et de la même façon. » Un peu plus loin dans le parcours, Vincent, infirmier d’accueil (IAO). « On fait tout pour éviter l’embolie du service, ce n’est pas évident car il n’y a pas que les moyens humains. On est dans de vieux locaux qui n’ont pas grandi avec la population du bassin d’Aix, que reçoit l’hôpital. Il y a des jours de flux tendu. On aura beau être 10 infirmiers, le service sera bouché (…). Certains jours, l’entonnoir se remplit et la porte de sortie est toujours plus petite que la porte d’entrée », contextualise l’infirmier. Si cet après-midi de mi-juillet, le flux semble calme, dans les autres services des urgences – pédiatriques, psychiatriques – le quotidien ne connaît pourtant pas de répit, rythmé d’arrivées, du bruit des machines et des constantes en évaluation, des allers-retours des brancards et des interpellations de patients dans les couloirs. Au SAUV (service d’accueil des urgences vitales), la plupart des box sont occupés. Un cardiologue vient d’arriver dans le service. « Il y a un patient qui fait un gros infarctus », a-t-il le temps de préciser. De retour au poste médical, plusieurs soignants acceptent de parler de leur vision du métier. « Oui, les gens se plaignent beaucoup de l’attente. Mais il faut savoir que ce qu’on fait en une journée aux urgences – analyses, imagerie – on le fait en trois jours en dehors », explique un infirmier. Symptôme d’une « génération Uber Eats, estime Marceau Caradec, docteur aux urgences. Mais on travaille par choix aux urgences. » Le docteur Elodie Canault rappelle pourtant, « on ne s’est pas arrêtés en 2020 [au moment du Covid]. Les problématiques on a continué à les avoir. »

  • Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    Une assemblée générale à l’hôpital de Martigues à l’appel de la CGT

    « On nous a annoncé la fin de la pause méridienne comptée dans le temps de travail », dénonce Laure Privat, secrétaire générale du syndicat CGT de l’hôpital de Martigues. C’est notamment pour cette raison, que le syndicat appelle à une assemblée générale des agents jeudi contre « les mesures qui dégradent nos vies ».

    En l’occurrence, il s’agit de plusieurs décisions prises par la direction de l’hôpital de Martigues suite aux rapports de la Chambre régionale des comptes Paca fin octobre 2025, et plus récemment de l’Agence nationale de la performance sanitaire (Anap).

    Une pause travaillée

    Le retrait de la pause de mi-journée dans le temps de travail est l’une des décisions parmi les plus fortement contestées. « Comment ça va être organisé ? » se demande Laure Privat, expliquant qu’ « aujourd’hui, quand on est en pause, on pose la fourchette dès qu’il y a un besoin. On répond au téléphone, aux appels des patients… ». « C’est pour ça qu’elle est comptée dans le temps de travail, car c’est du réel, c’est du travail. On ne peut pas nous sortir 40 minutes du service, nous dire de quitter l’hôpital et faire notre vie » développe la responsable syndicale.

    En clair, entre 20 et 40 minutes de temps de travail compté en moins pour la même présence sur place, d’après le communiqué du syndicat, en fonction de l’organisation du temps de travail en sept ou douze heures. En conséquence, certains agents peuvent perdre jusqu’à 10 jours de RTT selon le poste.

    L’assemblée générale de jeudi à 14h au self, pendant l’heure d’information syndicale, servira donc à « construire le rapport de force pour obtenir le retrait de ces mesures » d’après le communiqué du syndicat.

  • Les hôpitaux d’Avignon et d’Apt en vague de modernisations

    Les hôpitaux d’Avignon et d’Apt en vague de modernisations

    Mercredi dernier, deux événements importants concernant les hôpitaux publics du Vaucluse ont animé l’après-midi : un point d’étape sur le projet de modernisation de l’hôpital d’Avignon, marqué par l’inauguration du service de réanimation, puis la signature d’une convention pour l’établissement d’Apt, labellisé hôpital de proximité.

    À Avignon, rappelons que le centre hospitalier a engagé, il y a trois ans, un vaste plan de réhabilitation de 155 millions d’euros, « parmi les plus importants programmes de modernisation hospitalière actuellement engagés en France », souligne le centre hospitalier Henri-Duffaut. Baptisé Terrah 2030, pour Territoire d’Avignon – Hôpital 2030, le projet vient de livrer un nouveau service de réanimation (notre édition du 1er juin), qui a gagné 10 lits de plus (de 20 à 30). Une première phase inaugurée donc ce mercredi, devant quelque 100 personnes parmi lesquelles le directeur de l’Agence régionale de santé Yann Bubien, le préfet Thierry Suquet, le président de la Région Sud Renaud Muselier (Ren.) ou le maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), récemment élu président du conseil de surveillance de l’hôpital.

    Après la réanimation, le projet Terrah prévoit, d’ici à 2028, la construction d’un bâtiment neuf d’hospitalisation permettant l’extension du centre de dialyse, un service néphrologie et un service infectiologie. Puis, en 2030, la réhabilitation de la tour de chirurgie, en 2032, l’agrandissement des urgences adultes [75 000 passages par an] et, enfin, en 2033, la réhabilitation des tours de médecine, qui abritent un peu plus de 400 lits de médecine et chirurgie de l’adulte.

    À Apt, à bloc derrière l’hôpital

    Dans la foulée de cette inauguration, le préfet et le directeur de l’ARS ont pris la direction d’Apt pour y retrouver notamment le maire (DVD), Jean Aillaud, et la présidente (LR) du Département, Dominique Santoni.

    « Le centre hospitalier du Pays d’Apt a été récemment labellisé “hôpital de proximité”, en reconnaissance de son rôle essentiel dans l’accès aux soins, la coordination des parcours et la réponse aux besoins de santé de la population de son secteur », peut-on lire dans la convention signée par l’ARS, le Département, la Région, la communauté de communes et la Ville d’Apt. Assez savoureux quand on se souvient que l’ARS a validé la fermeture du bloc opératoire et son transfert, en début d’année, à Cavaillon, malgré une immense mobilisation contre ce démantèlement.

    La convention, signée mercredi, était justement une sorte de contrepartie à la fermeture du bloc. La modernisation de l’hôpital prévoit la réhabilitation complète des unités de soins de longue durée, et de soins médicaux et de réadaptation. Le projet comprend également le triplement des lits de soins palliatifs, ainsi que la modernisation et l’extension de l’Ehpad La Madeleine, intégré à l’hôpital. Il sera doté de 14 places supplémentaires, pour une capacité totale de 80 places.

    Il y a un peu plus d’une semaine, en séance plénière, le conseil départemental de Vaucluse a voté une aide de 3 millions d’euros – sur les 6,2 millions du projet – pour l’extension de l’Ehpad et la rénovation de 27 places existantes. De son côté, la Région Sud a mobilisé 250 000 euros pour permettre l’installation d’un IRM et l’acquisition d’un mammographe « de dernière génération pour améliorer l’accès au diagnostic au plus près des habitants ».