Tag: Hôpital public

  • Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    À l’heure où l’hôpital public se débat trop souvent avec le manque de moyens, le CHU de Nîmes rappelle aussi ce qu’il peut produire de meilleur : du soin, de la recherche et de l’innovation au service direct des patients. Dans le domaine du cancer du rein, le service d’urologie de Carémeau vient de s’imposer comme le premier centre français en nombre de nouvelles inclusions chirurgicales dans le réseau UroCCR, référence nationale de la recherche clinique sur cette pathologie.

    En mars 2026, seize nouveaux patients ont été intégrés à ce réseau médico-scientifique, qui fédère plus de 60 centres hospitaliers, cliniques et centres de lutte contre le cancer. Derrière ce chiffre, il ne s’agit pas d’une simple performance comptable. Chaque inclusion permet d’alimenter une base nationale de données de santé, d’affiner les connaissances sur les tumeurs rénales et de faire progresser les prises en charge. « L’objectif est de transformer les données recueillies en progrès concrets pour les patients », résume le CHU de Nîmes. La recherche clinique ne reste pas cantonnée aux laboratoires : elle entre dans les blocs, les consultations et les parcours de soins.

    Membre actif du réseau UroCCR depuis 2021, le service d’urologie nîmois s’est hissé parmi les centres les plus dynamiques du pays, régulièrement classé dans le top 5 national. Cette première place vient couronner une progression continue : plus de 500 patients inclus, 13 publications scientifiques internationales et cinq études multicentriques en cours, dont deux prospectives. Deux études nationales sont actuellement ouvertes aux patients, parmi lesquelles l’évaluation d’une application connectée destinée au suivi post-opératoire après chirurgie rénale.

    Des données pour soigner mieux

    « Être le premier centre français en inclusions UroCCR témoigne de l’engagement quotidien de notre équipe. Pour nos patients, ce classement garantit une prise en charge à la pointe de l’innovation : chaque donnée recueillie affine la précision chirurgicale et prépare les traitements de demain », soulignent le Dr Alexis Fontenil, chirurgien urologue et responsable local UroCCR, et le Pr Stéphane Droupy, chef du service d’urologie.

    Cette dynamique s’appuie aussi sur des moyens techniques. L’acquisition d’un second robot chirurgical Da Vinci a permis au CHU d’accroître son activité en chirurgie mini-invasive. L’établissement entend désormais développer la chirurgie ambulatoire et la modélisation 3D des tumeurs du rein, afin d’améliorer la précision des gestes et la récupération des patients. Pour les malades du Gard et d’Occitanie, l’enjeu est concret : accéder, près de chez eux, à des prises en charge longtemps associées aux plus grands pôles hospitaliers nationaux.

    Dans un CHU qui réunit près de 7 000 professionnels, cette réussite rappelle combien l’hôpital public demeure un outil essentiel de progrès médical, à condition d’être soutenu. À Nîmes, la médecine de précision n’est pas un slogan réservé aux grands centres universitaires. Elle se construit au quotidien, avec des équipes, des patients, des données partagées et une ambition claire : mieux soigner aujourd’hui, tout en préparant les traitements de demain. Une démonstration utile, à l’heure où la défense de l’hôpital public passe aussi par la reconnaissance de sa capacité à innover.

  • Les personnels de psychiatrie en lutte aussi pour notre propre santé mentale

    Les personnels de psychiatrie en lutte aussi pour notre propre santé mentale

    « La santé mentale façonne notre capacité à prendre soin, à travailler, à créer, à vivre ensemble », a rappelé le secrétaire général de la CGT du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (CHITS), Cyril Rodillon, en pointant la crise profonde que traverse la psychiatrie avec un décalage croissant entre l’offre et les besoins en soins sur l’ensemble du territoire français.

    Et de poursuivre : « Partout, les professionnels tirent la sonnette d’alarme. Tous décrivent des conditions de travail dégradées, un manque de moyens criant, et une perte de sens. Et à cela s’ajoute une pénurie alarmante de psychiatres. » Ce qui fragilise l’ensemble du système et reporte une pression considérable sur les équipes déjà en tension. « Comment accompagner dignement des patients quand le temps manque, quand les équipes sont épuisées, quand les structures sont saturées ? », interroge le responsable syndical. Tout cela affecte bien entendu les patients et leurs familles avec des conditions de prise en charge qui ne sont plus à la hauteur des enjeux. Les délais pour obtenir un rendez-vous s’allongeant et les hospitalisations se faisant souvent dans l’urgence, « parfois dans des conditions indignes ». Et au final, « trop de personnes se retrouvent sans suivi, sans écoute, sans solution ». Derrière ces constats, « il y a des vies fragilisées, des parcours brisés, et une souffrance silencieuse ».

    Pas question donc pour les personnels et leurs organisations syndicales de rester spectateurs du désastre. L’occasion aussi de mettre en avant la prévention qui doit, insiste l’intersyndicale, devenir une priorité. Comme l’écoute, la bienveillance et l’inclusion.

    Ne pas sacrifier

    la prévention

    Une situation qui concerne tout le monde. Tout comme cette mobilisation d’ailleurs. Et les tracts distribués à l’entrée sont là pour rappeler cette réalité. « Notre territoire est durement touché », reprend Cyril Rodillon, en expliquant que « l’offre de soins qui s’est réduite laisse des patients sans suivi et des équipes encore plus fragilisées ».

    Face à une situation médicale devenue critique, l’intersyndicale ne cesse de tirer la sonnette d’alarme de tous côtés depuis la mi-mars. Sans grand résultat. Aux courriers adressés au préfet et aux élus seule l’opposition de gauche de la mairie de La Seyne a répondu et apporté son soutien à la mobilisation (lire ci-dessous).

    « Depuis plus de 30 ans, les équipes des secteurs de l’ouest varois, couvrant 12 communes et près de 180 000 habitants, ont construit une psychiatrie fidèle aux politiques de secteur : une psychiatrie humaine, de proximité, articulant les prises en charge intra et extrahospitalières, au plus près des patients », intervient Bérangère Mas (Sud), en rappelant que « la psychiatrie est un pilier de notre humanité ». Et que la défendre, par conséquent, « c’est défendre notre capacité à prendre soin les uns des autres ».

    Pas question donc de voir le véritable maillage de soins et d’accompagnement patiemment tissé, favorisant le rétablissement et la stabilisation des patients, détricoté faute de psychiatres suffisants. L’intersyndicale lance donc un appel aux médecins qui hésitent à franchir le pas : « Vous trouverez un exercice professionnel riche, varié et porteur de sens dans une région qui offre un cadre de vie exceptionnel. » Et surtout, « une équipe soudée, volontaire, courageuse, où l’entraide et le lien humain sont au cœur du travail ».

    En tout cas la bagarre va continuer, les réponses apportées pour l’heure étant pour le moins inquiétantes. « Si on est dans l’impossibilité de recruter, on accompagnera les agents à faire autre chose à l’hôpital, nous dit le directeur, en maintenant uniquement ce qui est régalien, c’est-à-dire le soin sans consentement », s’indigne Valérie, Lardet (CGT).

    Autre chose donc que d’œuvrer pour la santé mentale de la population, donc. Inacceptable.

  • Pour la ministre de la Santé, le plan avance

    Pour la ministre de la Santé, le plan avance

    Ici, l’état a investi 480 millions d’euros, complétés par les 180 millions des collectivités, et « on voit que ça marche, ça avance », s’est félicité Stéphanie Rist en entamant son tour d’horizon par le chantier de modernisation du pôle d’excellence de l’hôpital Nord. Un bâtiment dédié à la cardiologie vasculaire, dont la construction a été lancée en 2022, avec une rénovation du site historique qui sont au cœur du projet Marseille en Grand. « Avec un enjeu fort pour tout l’ouest du département et les quartiers nord de Marseille », a souligné François Crémieux, directeur général de l’établissement : « Quand l’état finance, ça va plus vite. »

    Le nouveau bâtiment, composé d’un bloc opératoire, de quatre salles, d’un bloc de soins intensifs et de 16 chambres, devrait ouvrir d’ici un an. Une « prouesse de planning » pour les 50 ouvriers de ce chantier, qui travaillent sur site occupé « avec les passages d’hélicoptères », témoigne Manuel Lopes, maître compagnon sur le chantier principal. Ce nouvel équipement permettra un « appel d’air » pour les autres services du bâtiment de 1965, également rénové, se réjouit un cardiologue, heureux pour ses patients de passer de « une à 25 douches ».

    Si l’hôpital perd des lits à l’échelle globale, Philippe Amabile, chef du service de chirurgie vasculaire, insiste : « On modifie notre façon de travailler en le construisant sur le circuit du patient. On peut faire tous les gestes de la chirurgie conventionnelle en ambulatoire. » Moins long pour le patient et moins cher pour la Sécu, c’est aussi « du temps dégagé pour les personnels ».

    Une ouverture « attendue de longue date », précise le professeur Roche, pour un bâtiment moderne « au service à la fois des soins de proximité et de recours » des treize hôpitaux du GHT (groupement hospitalier de territoire). Le site devient aussi « une source d’attractivité pour des étudiants » de la faculté de cardiologie, qui complète le site. Et un nouveau Samu accueille femmes, parents et enfants. « Quand Aix dévisse en pédiatrie, c’est à Nord que les patients arrivent, indique le Dr Jouve, directeur de la commission médicale. On a une hausse régulière de 5% par an de recours aux urgences. »

    Punir les agresseurs

    Si ce dernier salue « une remontée de l’attractivité » à Nord, avec « une cible atteinte sur le non-médical, bien qu’il subsiste quelques difficultés sur le personnel médical », la situation est tout autre en psychiatrie. L’hôpital Edouard-Toulouse n’échappe pas à cette pénurie de médecins. Les syndicats ont alerté sur les fermetures de lits et les conditions de sécurité. Dimanche 12 avril, un infirmier y a été attaqué au couteau par un patient dangereux et souffrant d’addiction, placé par les services de l’état en hospitalisation complète. « On agit au national et on a renforcé les termes pour les agresseurs lors des plaintes portées par les patients », a réagi Stéphanie Rist. La ministre annonce préparer « un décret dans lequel il est prévu de punir sévèrement les auteurs ». à l’AP-HM, où Wanda Wrona, directrice de la sécurité, relève « 230 agressions physiques sur l’année, l’administration finance, depuis janvier 2025, un poste de policier qui se déplace sur l’ensemble des sites ». Le week-end dernier, « un agresseur a fait six victimes avec une béquille, il a été interpellé, placé en garde à vue et défférré ». Si l’employeur accompagne déjà les personnels dans leur plainte, dans le cadre de désorganisation du service, « la plainte pourra désormais se faire en son nom ».

    Quant à la perte de lits à l’hôpitalpychiatrique Edouard-Toulouse, la ministre considére « qu’il faut faire les choses dans l’ordre ». Dans sa mission, la ministre pense au portefeuille. « La question est de savoir comment financer le système », a-t-elle rappelé. Pas plus enthousiaste sur l’ouverture d’une halte soins adddictions (HSA) qui fait débat à Marseille, elle a balayé : « Une HSA ne peut pas résoudre tout le problème. »

  • Le député marseillais Hendrik Davi au chevet des Alpins

    Le député marseillais Hendrik Davi au chevet des Alpins

    Hendrik Davi, député de l’Après (Alliance pour une République écologique et sociale), parti prônant l’union de la gauche, est venu spécialement de Paris ce vendredi pour une petite tournée gapençaise à l’invitation du responsable local du mouvement, Laurent Eyraud-Chaume. Il a rencontré une dizaine de sympathisants et de curieux, venus échanger avec lui devant l’hôpital de Gap. Membre de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale, le député de Marseille est le chef de file du groupe écologiste sur les travaux liés au financement de la Sécurité sociale.

    Soucieux dit-il « de partir des problématiques de terrain pour les faire remonter à l’échelle nationale », le député a donc participé à une discussion collective dont le thème était centré autour du système de santé public, de sa crise et de comment le (re) créer, en France et dans les Alpes du Sud. « C’est une question importante à Gap, même si ce n’est pas un désert médical à proprement parler puisque le territoire est très bien doté en professionnels de santé, a-t-il expliqué en préambule, mais ils sont très inégalement répartis sur un territoire enclavé où les temps de déplacements sont très fortement rallongés. »

    Préserver les centres

    de santé en milieu rural

    Parmi les problématiques rencontrées sur le territoire, Jean-Claude Eyraud, président de l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire (Udess) 05, a évoqué les centres de santé, souvent l’unique accès au soin dans les communes rurales. « De nombreux centres sont menacés, notamment celui des Alpes-de-Haute-Provence car ils sont déficitaires, a-t-il expliqué. Ancien responsable d’un centre, il explique que ceux-ci sont déficitaires « parce qu’on y reçoit tout le monde, même ceux qui n’ont pas de droit ouvert et qu’on pratique des tarifs bas et qu’on rend des services de soin qui ne sont pas rentables mais essentiels ». Selon lui, sans démarche volontaire de l’État, « on va perdre ces lieux indispensables pour le soin sur les territoires ruraux ». Jean-Claude Eyraud a aussi évoqué la crise des urgences dans les Alpes-de-Haute-Provence, régulièrement fermées la nuit et qui ne sont plus accessible que via un appel obligatoire au 15, « une situation catastrophique qui amène beaucoup de personnes précaires ou isolées à renoncer aux soins », selon lui.

    Face à ce constat, quelles solutions ? Le député de Marseille Hendrik Davi en a cité plusieurs, parmi lesquelles, l’instauration de centres de santé communautaires non lucratifs, où sont regroupés des soignants mais aussi des professionnels du social et financés par une dotation globale, échappant ainsi à la logique de rentabilité. « C’est ce que nous avons implanté dans la cité Kalliste, à Marseille, raconte-t-il. Au début, tout le monde nous a ri au nez. Là où il y a régulièrement des épisodes de violence et de dégradation, personne n’a jamais touché au centre de santé, car c’est là que tout le monde est soigné, pris en charge, ça marche du tonnerre. »

    Face à ces services publics en souffrance, Hendrik David, a aussi appelé à ne pas trop « parler d’achever la bête », au risque d’en précipiter la mort, mais à aussi mettre en lumière ce qui fonctionne pour le préserver et l’améliorer, et notamment la Sécurité sociale, qui reste « un système exceptionnel pour répondre aux besoins des populations et pour sécuriser les parcours de vie ». Après une série de rencontres ce vendredi autour de l’union de la gauche et de la démocratie participative, le député sera samedi à 10h30 à la Nouvelle librairie de Gap pour discuter de son dernier livre, Sciences En résistance – Pour une recherche libre et Émancipatrice.

  • Le Pôle Nord de l’hôpital psychiatrique fond encore

    Le Pôle Nord de l’hôpital psychiatrique fond encore

    On a déjà fermé dedans, maintenant on ferme dehors ! » Devant l’hôpital psychiatrique, Édouard-Toulouse, les personnels sont inquiets. Déjà mobilisés en 2024 contre la fermeture de l’unité la Nef, puis par la fin du dispositif des accueillants familiaux en septembre 2025, c’est maintenant la fin des centres médico-psychiatriques et autres relais de soins de proximité dans les quartiers Nord de Marseille qu’ils redoutent.

    « C’est encore un nouveau coup porté aux patients de tout le secteur des 15e et 16e arrondissements et aux équipes médicales, déplore Olivier Boyer, secrétaire FO Édouard-Toulouse, c’est une fragilisation dans la prise en charge et la continuité du soin et une mise en difficultés des soignants, sans compter que cette suppression aura une répercussion sur les autres pavillons, voire sur tous les secteurs. » Une réunion du conseil de surveillance se tenait vendredi matin à l’hôpital. La question du pôle Littoral était à l’ordre du jour. Alors que le CHET est réputé pour ses hospitalisations sans contention avec des chambres d’apaisement pour les patients souffrant de crises de violence, et que « près de 100% des patients y sont hospitalisés sous contrainte, c’est-à-dire ordonnés par l’État », précise Kader Benayed, secrétaire SUD Santé sociaux, son avenir semble menacé. « Nous voulons mettre un terme à ces fermetures de lits et d’unités », exigent les soignants.

    Inégalité territoriale

    « Quand je suis arrivé, il y avait une centaine de lits, aujourd’hui il en reste 23 », fait le décompte Gilles, infirmier en poste depuis 24 ans. Les fermetures de services avaient été justifiées par les difficultés à recruter et le manque d’attractivité de la profession. Ses personnels restent pour autant très dévoués à leur mission qu’ils souhaitent exercer dans des conditions moins dégradées. « Voilà des années qu’on tient les services à bout de bras. Au regard des engorgements et files d’attente, les médecins se sont mobilisés, mais ce déficit va créer plus d’inégalités d’accès aux soins au détriment des 15e et 16e arrondissements », assure Pierre-Édouard Thiebaud, secrétaire du syndicat CGT.

    Une pétition a déjà réuni plus de 400 signatures. Josette Sportiello, conseillère départementale et présidente du conseil de surveillance de l’établissement hospitalier, a rappelé qu’elle soutenait le service public et indiqué qu’elle serait attentive aux décisions sur le pôle. Également venu assister à la réunion, Azad Balalas-Kazandjian, conseiller départemental et candidat sur la liste pour la mairie centrale de Marseille aux côtés de Benoît Payan lors des dernières municipales, assurait quant à lui « voir comment éviter d’éventuelles fermetures de services avec le Département et comment être en appui avec la Ville pour que tous les Marseillais puissent être soignés dans de bonnes conditions ». Quant au directeur intérimaire de l’établissement hospitalier, Benoît Thomassin, il a fait savoir qu’il répondrait le 14 avril.

  • Soins palliatifs : l’unité de Sainte-Marguerite menacée

    Soins palliatifs : l’unité de Sainte-Marguerite menacée

    Elle a été inaugurée à l’été 2025 et est déjà menacée de fermeture provisoire d’après SUD Santé : la nouvelle unité de soins palliatifs de l’hôpital Sainte-Marguerite (9e) évolue dans une « situation extrêmement préoccupante », lit-on dans un communiqué diffusé vendredi par le syndicat. Pensée pour accueillir à terme une vingtaine de lits, l’unité n’en compte pour l’instant que sept et fonctionne aujourd’hui avec un seul praticien à temps plein, contre les trois initialement prévus. « Malgré des locaux neufs, du matériel adapté et des équipes soignantes qualifiées, formées et pleinement engagées, l’unité ne peut fonctionner normalement en raison d’un manque criant de médecins spécialisés, s’indigne SUD Santé. Cette situation fragilise gravement la continuité des soins et fait peser un risque direct sur la prise en charge des patients en fin de vie, dont certains sont intransportables. » C’est dans ce cadre que le syndicat dénonce un « manque d’anticipation dans le recrutement médical » et réclame « des moyens humains pour assurer le fonctionnement normal du service », « la mise en place urgente de solutions médicales pérennes et non précaires » et une « véritable politique d’attractivité pour les spécialités en tension ». Une alerte qui fait écho aux débats organisés ce lundi à l’Assemblée nationale (lire page 24), où sont discutés l’accès aux soins palliatifs et le droit à mourir.

  • Usagers et soignants débattent du nouvel hôpital

    Usagers et soignants débattent du nouvel hôpital

    Le béton c’est bien mais les soignants c’est mieux. L’hôpital public doit pouvoir soigner toutes les pathologies », déclare, jeudi à la fin de la réunion publique, Alain Dallest, président du Cercle républicain bédoulen.

    Alors qu’une enquête publique sur le projet de nouvel hôpital est en cours, et s’achèvera vendredi 20 février*, Karine Meysson, infirmière à l’hôpital d’Aubagne, a rappelé aux personnes présentes : « Plus il y aura d’avis, mieux il y aura de poids, car l’hôpital, c’est pour tout le monde… » Un peu avant, le Dr Yves Perrin-Toinin, qui a animé la réunion et le débat, a indiqué l’objet de l’enquête en cours : « On demande au public s’il est d’accord sur l’implantation du nouvel hôpital. » L’enquête publique, énonce l’hôpital Edmond-Garcin, maître d’ouvrage du projet, « porte sur l’utilité publique de l’opération projetée et le parcellaire en vue de délimiter exactement les immeubles nécessaires à cette opération ». Le futur équipement devrait voir le jour dans la zone économique Est d’Aubagne, zone des Gargues. D’une superficie de 28 544 mètres carrés, « soit une augmentation de 42% par rapport à l’existant, pour un coût total estimé à 144 millions d’euros », précise Edmond-Garcin, sa livraison est prévue en 2032.

    Un service des urgences insuffisant

    « Même si ce n’est pas le sujet de l’enquête publique, il est important qu’un maximum de gens s’expriment sur le capacitaire, sachant que le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans va fortement augmenter selon l’Agence régionale de santé (ARS). Or le nouvel hôpital n’aura qu’une vingtaine de lits supplémentaires par rapport à aujourd’hui, les urgences demeureront telles quelles, le labo sera toujours à la Timone… En fait ils reconduisent l’hôpital actuel, si ce n’est que sa surface pourra être augmentée à + 20%», constate le Dr Perrin-Toinin. Dans un communiqué daté du 20 janvier, la direction d’Edmond-Garcin précisait : « La capacité d’accueil du nouvel hôpital passera de 155 lits et 19 places à 176 lits et 22 places, avec un renforcement significatif des soins critiques et un bloc opératoire porté à 7 salles, dont 1 en réserve. » Karine Meysson, si elle voit d’un bon œil la construction d’un nouvel hôpital, « Edmond-Garcin étant vieillissant », regrette « que les soignants n’aient pas été consultés sur le projet ». Alors qu’aujourd’hui, « des patients, souvent âgés, attendent parfois plus de huit heures avant d’être pris en charge par les urgences, on nous annonce qu’elles demeureront ainsi à l’avenir… C’est dommage. » Elle constate : « L’ARS veut garder les plateaux techniques sur l’hôpital la Timone à Marseille, et faire en sorte que les hôpitaux périphériques fassent de la bobologie. » Durant la réunion, beaucoup regrettent que certaines spécialités ne soient pas présentes à l’hôpital public, contraignant les patients à se faire soigner, beaucoup plus cher, dans le privé, par exemple à la clinique de la Casamance à Aubagne. « Dans le nouvel hôpital, il y aura plus de lits, des patients aux pathologies plus lourdes et le projet prévoit de supprimer 54 postes d’agents », observe également Karine Meysson. Cherchez l’erreur.

    * Voir site internet de l’hôpital.

  • Mutation profonde pour l’offre de soins à l’ouest de l’étang

    Mutation profonde pour l’offre de soins à l’ouest de l’étang

    Le site des Rayettes de l’hôpital de Martigues ne sera pas le seul à évoluer. Après avoir présenté, fin janvier, le projet immobilier d’un nouveau bâtiment de 60 millions d’euros (notre édition du 22/01), le centre hospitalier de Martigues a détaillé l’ensemble des projets associés lors d’une conférence de presse, lundi matin.

    À commencer par l’Ehpad public (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) des Magnolias, à Port-Saint-Louis-du-Rhône, totalement reconstruit, dont l’ouverture est prévue pour l’été prochain. La capacité d’accueil est presque doublée, passant de 46 à 80 résidents, et l’établissement désormais climatisé. « Ce projet titanesque a demandé beaucoup d’efforts », selon la directrice, Kadija Arab. Elle poursuit : « Cela va améliorer significativement le confort des résidents avec des chambres individuelles pour tous, avec vue sur le Rhône, ainsi qu’un espace arboré à l’intérieur. »

    Une nouvelle unité fermée pour les patients atteints d’Alzheimer est également prévue, ainsi que trois places d’hébergement temporaire « pour permettre aux aidants de souffler ou faire des travaux d’adaptation chez soi », précise la directrice.

    100 millions d’euros cumulés

    À Istres, l’Ehpad des Cardalines connaîtra lui aussi une reconstruction complète, avec un chantier démarrant avant l’été et une ouverture programmée début 2028. La capacité est maintenue avec 82 lits, de même que l’unité protégée. Nouveauté : l’ouverture d’un service d’accueil de jour « pour prendre en charge les troubles du comportement, proposer des activités à la journée et libérer du temps pour les aidants », indique la directrice Sophie Fabre.

    Au-delà du volet médico-technique, l’établissement bénéficiera de nombreux espaces dédiés au bien-être et au lien social : un tiers-lieu, un salon de coiffure, un espace de coworking, ainsi qu’une salle de spectacle polyvalente accessibles aux non-résidents. Un centre de consultation de médecins généralistes et de spécialistes de l’hôpital viendra compléter l’offre.

    Accolés à l’établissement, quinze logements sociaux sur deux niveaux, gérés par Ouest Provence Habitat, sont prévus « pour les proches de résidents ou pour de futurs patients », précise la directrice. Le directeur du Centre hospitalier de Martigues, Loïc Mondoloni, précise : « Si, dans un couple, l’un est résident et l’autre logé dans ces appartements, ils pourront tous deux profiter des installations. »

    Au total, près de 40 millions d’euros ont été mobilisés pour l’ensemble du programme immobilier hors les murs de l’hôpital des Rayettes, financés pour plus de moitié par l’État et les collectivités. Un programme « enthousiasmant » partagé entre le président de la communauté médicale, Stéphane Luigi, et le directeur du Centre hospitalier de Martigues, Loïc Mondoloni. « Les Ehpad sont souvent le dernier domicile des patients », rappelle ce dernier. « Le sentiment d’être chez-soi passe par l’hôtellerie, la qualité des repas, l’ergonomie de la chambre », mais aussi avec « des lieux de vie ouverts ». Un enjeu essentiel pour éviter « le syndrome de glissement » si l’établissement paraît trop « institutionnel », souligne Kadija Arab.

    Ces améliorations contribuent enfin à rendre le territoire plus attractif pour les médecins, dont l’arrivée est très attendue.

  • La réorganisation au sein de l’Hôpital d’Aix et de Pertuis passe un cap en 2026

    La réorganisation au sein de l’Hôpital d’Aix et de Pertuis passe un cap en 2026

    L’avenir de l’Hôpital public d’Aix-en-Provence Pertuis s’affine. La transformation imminente du centre hospitalier constituait en effet la ligne directrice de cette seconde cérémonie des vœux de Francis Saint-Hubert, tenue jeudi dernier sur le site aixois.

    « L’année dernière, lors de mon discours des vœux, j’ai cité Sénèque : “Il n’y a jamais de bon vent pour un navire qui ne sait où il va”. Il s’agissait de mobiliser nos équipes pour élaborer notre projet d’établissement. Cette démarche arrivera à son terme courant deuxième trimestre 2026. Je peux vous affirmer que le projet Horizons 2035, même s’il n’est pas totalement finalisé, est d’ores et déjà en marche et présent dans l’esprit de chacun d’entre nous », annonce le directeur d’établissement, arrivé de Vendée en août 2024 pour prendre ses fonctions.

    Une transformation sur le fond donc, qui « demande de l’audace, de l’engagement et de la confiance en l’avenir. Un triptyque loin d’être aisé en ces temps : il ne vous aura pas échappé que ni le contexte national, ni le contexte international, pris dans un grand tourbillon d’instabilité, et de menace permanente, ne permettent pas de nous projeter dans un avenir serein ».

    « Aller plus loin »

    En toile de fond se dessinent en effet des contraintes budgétaires persistantes, un climat d’incertitude, des « communes qui cherchent désespérément des médecins », « des débats sans fin quand nos élus doivent voter des budgets », l’adoption de règles « que l’on sait parfaitement inapplicables et souvent contre productives », recontextualise, subtilement, le directeur de l’hôpital. Il dénonce par ailleurs la mutualisation « sans modération » proposée comme solution face au « déficit qui s’aggrave depuis des années ». « Il y a urgence, nous n’avons pas le temps d’évaluer les solutions que nous mettons en place depuis des années et qui n’ont pas fait leurs preuves ».

    Si 2025 s’est avérée une année « d’investissement et de renforcement de nos équipes », 2026 devra « aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite en termes de développement d’activité », souhaite Francis Saint-Hubert. « Nous devons pour cela passer à la vitesse supérieure dans la transformation de nos organisations, mieux répondre au téléphone, élargir nos horaires d’accueil, mieux utiliser nos plateaux techniques, réduire les délais d’attente dans nos urgences. »

    Francis Saint-Hubert l’annonce d’ores et déjà : « 2026 sera marquée par la réorganisation de nos plateaux techniques, nos activités ambulatoires, et par le démarrage des travaux si attendus de nos services d’urgence ».

  • Le nouveau robot chirurgical Da Vinci Xi arrive à l’hôpital de Martigues

    Le nouveau robot chirurgical Da Vinci Xi arrive à l’hôpital de Martigues

    Dans le bloc opératoire de l’hôpital de Martigues, la science n’est plus fiction. Au-dessus de la table d’opération, quatre bras articulés se déploient, équipés d’une caméra endoscopique, d’un bistouri ou d’une petite pince. Un morceau de tissu inaugural est saisi, patiemment découpé par la lame miniature manipulée dans un espace équivalent à celui d’une balle de tennis. Sur des écrans, le retour de la caméra permet de voir cet exercice ainsi que celui de manipulation de petits élastiques sur une surface d’entraînement en plastique. De l’autre côté de la salle, le docteur Harry Toledano manipule les commandes grâce à un viseur en trois dimensions, assis « de manière ergonomique » face à la console du robot Da Vinci Xi, de l’entreprise Intuitive Surgical.

    C’est un « game changer » pour le chirurgien urologue, comprendre un changement de donne, dans le traitement de tous types de cancers, de la chirurgie fonctionnelle ou de l’obésité. « On réduit la durée de prise en charge, il y a moins de complications, de saignements, d’infections et une récupération beaucoup plus rapide. » Le médecin illustre : « Là où il y avait de grandes cicatrices auparavant, on a maintenant des petits orifices d’un centimètre. ».

    L’humain n’est pas pour autant remplacé. « Ça ne signifie pas moins de personnel car nous sommes très attachés à l’hôpital public et à la qualité des soins pour nos patients », insiste le Dr Toledano, et parle même d’un « outil indispensable pour l’attractivité du 3e hôpital des Bouches-du-Rhône, sans lequel nous n’aurions pas pu renouveler notre pool de chirurgiens », estime-t-il.

    Un symbole de modernité

    Le sentiment de fierté habite les participants à cette démonstration. C’est le cas du Dr Luigi, président de la communauté médicale d’établissement de l’hôpital : « Je suis fier de ce symbole de modernité pour le bloc opératoire, qui voit 4 500 interventions par an. » « Quand on va au bloc on confie son corps et sa santé à l’équipe médicale, et pas juste à ce robot », rappelle-t-il.

    L’urgentiste pointe d’ailleurs un « paradoxe dans tous les hôpitaux de France, qui sont en déficit ». Car à près de 2 millions d’euros le système robotisé, sans compter les travaux d’aménagement nécessaire pour soutenir son poids pachydermique, c’est un investissement. Stéphane Luigi replace le contexte du « plan d’efficience et des économies qui nous sont demandées » et présente le robot comme un moyen d’y participer.

    Mais comme le rappelle le directeur Loïc Mondoloni, « ce n’est pas une folie » mais une réponse au « défi d’accompagner l’innovation et l’énergie de nos équipes ». Tout comme le défi de l’« attractivité pour faire tourner cet équipement » se pose avec « des chirurgiens libéraux qui pourront venir exercer » ainsi que ceux de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) pour lesquels « une convention de partenariat sera bientôt établie », dans le cadre d’« un projet universitaire territorial ».

    « Un rêve qui se réalise » pour le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux, insistant sur sa volonté d’avoir « le meilleur et l’égalité pour tous dans le droit à la santé et à se soigner ». L’édile considère le robot comme « un premier pas à d’autres compléments », au regard de l’extension immobilière et du conflit social à l’hôpital.